Chapitre 2 : l'organisation de la défense
Le voyage se passa relativement bien (à part quelques coups de gueules de John Crichton, et de nombreux heurts entre Jack et Harry) et ils furent vite en vue de la cité. Comme ils avaient envoyé un message sur Atlantis, dès que cela fut possible, un comité d'accueil les attendait.
La manœuvre d'atterrissage (ou d'atlantissage ?) fut bientôt terminée.
- Voila, cette satanée boîte de sardine est posée !
Jack applaudit :
- Comme une fleure, comme toujours avec toi John ! Bravo !
- Arrête de te foutre de moi Jack, un bébé aurait pu le poser. Tout est automatisé ici.
Jack ne le reprit même pas. Il aurait fallu toute la patience d'un saint pour expliquer à John le sens des hiérarchies militaires. Crichton demandait à ses propres hommes de l'appeler par son prénom. Cela lui valut de nombreux blâmes par ailleurs. Mais il était trop indispensable aux yeux de l'armée pour pouvoir être renvoyé. On le considérait un peu comme un original, et on le laissait travailler seul. Quand il y avait un problème de grande envergure, une mission suicide, c'est à lui qu'on faisait appel. Donc on lui passait ses excès tant qu'il ne dépassait pas les bornes. Il avait eut autant de blâmes que de décorations dans toute sa carrière, ce qui n'est pas peu dire !
Ils descendirent ensuite du vaisseau, O'Neill, Harry et John en tête, et SG-1 qui les suivait.
Le docteur Weir, Sheppard, Teyla, Ronon et Mac Kay les attendaient, interloqués. O'neill s'avança vers Elizabeth et lui tendit la main, qu'elle serra.
- Docteur Weir, c'est un joli petit studio que vous avez là ! Pourrions-nous discuter en comité restreint, dans un lieu plus confortable. Voyez vous, mes pieds me font un mal de chien et …
Elizabeth sourit à la boutade de Jack.
- Bien sur général, suivez moi.
Ils se rendirent directement en salles de briefing. Jack, Harry, John Crichton s'assirent suivit de Weir, Sheppard, Cameron, Carter, MacKay, Jackson, Teyla, Teal'c et Ronon. Elizabeth ferma la porte derrière eux.
- Général O'Neill, puis-je savoir ce qu'il se passe ?
Jack regarda autour de lui. Cette assemblée respirait la compétence.
- Harry Maybourne ici présent, ancien membre du NID, actuellement … chasseur de prime, a ce que j'ai cru comprendre, nous a informé de l'attaque prochaine de la cité d'Atlantis par les Ba'al et leurs troupes.
La stupéfaction envahit les visages des membres d'Atlantis. Sheppard se demanda si cette expédition n'était pas maudite. McKay s'enfouit le visage entre ses mains, tandis que le docteur Weir se demandait si elle ne préférait pas finalement une attaque des goa'ulds, plutôt que des Wraiths. Seuls Ronon et Teyla plissèrent les yeux et demandèrent en même temps :
- Les ?
Une explication longue et exhaustive s'en suivit, de la part de Daniel, Teal'c et Carter. Une fois cet éclairage nécessaire apporté aux membres aliens d'Atlantis, la conversation reprit, menée par Jack :
- Il va donc falloir s'organiser pour les faire rentrer chez eux à grands coups de pompes dans le derrière.
Zelenka entra soudainement dans la pièce, échevelé, le souffle court, à deux doigts de la crise de nerfs. Il posa ses mains sur les genoux pour récupérer de sa course tandis que le docteur Weir lui demandait :
- Que se passe t-il Zelenka ?
- Vingt vaisseaux viennent d'apparaître sur le radar de la cité !
O'Neill s'affala sur son siège :
- Ça commence ! Est-ce qu'ils seront là bientôt ?
- Deux semaines s'ils gardent leur vitesse actuelle.
O'Neill se leva, décidé.
- D'accord. Carter, McKay, Zelenka, trouvez nous une solution. Les autres, préparez la défense de la cité. Rompez.
*
Tout le monde était maintenant sorti de la salle. Il ne restait plus que Elizabeth et Jack. O'Neill était toujours assis, tandis que Weir s'était levée, faisant les cents pas dans la pièce.
- Jack, la cité s'est déjà fait attaquée auparavant, mais là, 20 vaisseaux … ! Comment pourrions nous nous en sortir ?
- Ne jamais désespérer. Carter nous trouvera une solution.
- Et McKay.
- Oui, aussi. Disons que nous avons déjà travaillé avec lui et …
- Je sais. Mais il a montré ses compétences plus d'une fois ici. C'est lui le spécialiste de la technologie des anciens maintenant.
O'Neill s'étira, se leva, et alla s'installer devant une fenêtre, observant une partie de la cité et au delà l'océan. Une étendue d'eau probablement jamais exploitée par l'homme. La faune marine devait être énorme ! Une partie de pêche s'imposera d'elle-même après cette mission. Les bâtiments de la cité s'élevaient telle des flèches, reliant l'étendue d'eau bleue de la mer, au ciel azur. Quelle cité merveilleuse ! Il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour sauver les membres d'Atlantis d'une attaque massive des goa'ulds ! Même si c'était sa dernière mission !
- Elisabeth, ne vous en faite pas, nous avons vu des situations plus difficiles avec SG-1.
- Vous croyez ?
- Non, en fait s'était juste pour vous remonter le moral.
Le visage radieux de Jack, qui accompagnait cette dernière phrase amena le sourire aux lèvres d'Elizabeth. Cet homme était compétent, accompagné d'SG1, d'un ancien membre du NID et de l'équipage du Daedale … C'était faisable. Encore fallait il trouver un plan digne de ce nom.
- De toute façon nous avons deux semaines. C'est largement suffisant pour trouver une solution.
- Voila enfin une phrase censée ! Acquiesça Jack. Quoiqu'il arrive, nous ne pouvons pas leur laisser la cité. Si nous ne trouvons pas un moyen de nous battre, ou si notre plan d'attaque échoue, j'ai reçu l'ordre du SGC d'évacuer par la porte, et de détruire la cité.
- Je comprends tout à fait.
Le visage de Weir devint plus grave, mais résolu. S'il fallait faire sauter la cité, elle le ferait. Cela ne lui ferait pas plaisir, mais elle ne tremblerait pas. Il était hors de question de voir les goa'ulds reconquérir leur ancien pouvoir. Ce n'était pas envisageable. S'il fallait donner sa vie, elle le ferait. Le fléau Wraith dans cette galaxie, qu'elle avait réveillé en arrivant à la cité, suffisait. Elle ne serait pas responsable du retour des Goa'ulds !
Jack voyait cette résolution dans les yeux d'Elisabeth. Cette femme serait prête à tout pour sauver les siens. Il s'approcha d'elle, lui posa la main sur l'épaule.
- Mais nous n'arriverons pas à cette extrémité. Nous chasserons ces sales serpents visqueux d'ici, et nous leur donnerons matière à réfléchir…
**
Personne n'était inactif dans la cité. On ne dormait qu'une poignée d'heures par jour.
Tout devait être prêt à accueillir les goa'ulds.
Cet accueil allait être mémorable pour les deux partis !
Pendant que Crichton préparait le Daedale, pour qu'il puisse défendre Atlantis, Daniel étudiait la base de données des Anciens, et le reste d'Atlantis et d'SG-1 travaillait à armer la cité sous la direction de Maybourne qui avait convaincu Jack de lui laisser ce commandement. Enfin, c'était l'effervescence chez les scientifiques qui travaillaient à l'élaboration d'un plan pour combattre les goa'ulds :
- Zelenka ! Faites attention, espèce d'idiot ! Votre calcul est erroné !
Un juron bien senti, en Tchèque, répondit à McKay.
- Alors là si vous pensez que je n'ai pas compris !
- Vous avez finit vos enfantillages tout les deux !
Carter était exaspérée. Cela faisait 10 heures qu'ils travaillaient à sauver la cité. 10 heures passées à se concentrer pour travailler malgré les récriminations de Mckay et les insultes en Tchèque de Zelenka. La rivalité entre ces deux hommes allait finir par la rendre chèvre. La pique à l'encontre des deux scientifiques porta. Le tchèque s'excusa. McKay arrêta de houspiller Zelenka … pendant au moins un quart d'heure, avant que cela ne reprenne. Ils ne furent interrompus (au grand bonheur de Sam), que par l'arrivée de Jack et d'Elizabeth, qui venaient aux nouvelles.
- Alors, nous en sommes où ? demanda Jack qui entra en premier, les mains dans les poches.
Alors que McKay ouvrait la bouche pour une longue et exhaustive explication, ce fut Carter qui prit la parole.
- Au point mort. Nous cherchons une solution pour nous défendre, mais avec seulement le Daedale sous la main, nous ne tiendrons pas deux jours avec un seul EPPZ.
- Carter, intervint Jack, je veux que vous preniez en compte que dans le pire des scénarii, nous détruirons Atlantis. Ils n'auront pas la cité ! Le but étant, on est d'accord, de pulvériser ces parasites et de les renvoyer chez eux avec un lance-pierre.
Carter et Elizabeth sourirent. Rodney profita de ce temps de latence pour parler :
- Autant évacuer de suite la cité, si mes calculs sont exacts, il n'y a aucun moyen de défendre la cité à l'aide du bouclier, nous manquons cruellement d'EPPZ. Tous les générateurs à Naquada de l'univers ne suffiraient pas pour alimenter la cité. Ils fourniraient suffisamment d'énergie, mais à un débit moindre, insuffisant pour alimenter le canal …
- Oui oui, bien sûr, l'interrompit Jack, qui savait que les goa'ulds seraient là avant que Rodney s'arrête de parler. Y a-t-il une solution de rechange ?
- Si on prend en compte le gradient de …
Carter décida d'interrompre une nouvelle fois McKay. Elle savait que Jack n'aimait guère les explications à rallonge.
- Non mon général.
Sur ce, on entendit des pas, puis une tête hirsute apparue à la porte.
- Jack ! Justement, je te cherchais. La cité sera prête d'ici une semaine …
Maybourne s'interrompit alors qu'il avait devant lui des visages désespérés et fatigués (notons que O'Neill était encore plus désespéré que les autres depuis que Harry était rentré).
- Harry ! Tu n'aurais pas pu entendre 30 secondes dehors, c'est trop te demander ! Tu ne vois pas qu'on travaille là. C'est peut être toi qui va trouver un moyen de sauver la cité ?
- As-tu oublié mon contact qui peut nous faire entrer sur le vaisseau mère de Ba'al ?
- Non mais disons que je le garde en dernier recours. Quand tout le reste aura été abandonné … même le plan "évacuation" d'ailleurs. Mais vas y toi Harry, je ne te retiens pas.
Harry secoua la tête :
- Jack, tu me fais de la peine. Fais moi confiance !
Carter prit la parole :
- Attendez, on a une chance de monter à bord du vaisseau mère ? Cela change tout, on pourrait saboter le …
- Sam ! On parle de Harry…
Rodney décida de finir la phrase que Carter avait commencée :
- … vaisseau pour faire le plus de dégâts possible et ainsi …
- … paralyser l'attaque. Continua Carter.
- Je vais peut être me répéter, fit Jack irrité, mais : On-pa-rle-de-Ha-ry !
- Je sais mon général, mais nous n'avons pas d'autres solutions.
- Il y a 20 vaisseaux je vous rappel Sam, ça en fait 19 de trop.
Carter acquiesça.
- Je pourrais en neutraliser une dizaine, avec l'explosion, en amenant avec nous des réacteurs à Naquada… mais pas plus. Mais c'est le seul plan que nous avons.
Jack fit les cents pas dans la pièce sous le regard anxieux et interloqué de Sam, Rodney, Weir et Maybourne. Zelenka avait l'air particulièrement absorbé par ses recherches. Jack s'arrêta un moment, jeta un regard noir à Harry, puis continua de marcher. Au bout d'un moment, Weir intervint :
- Je pense que c'est une bonne idée Jack.
- Très bien ! Qu'il en soit ainsi !
Puis se tournant vers Harry :
- Mais je te promets, si c'est encore une de tes magouilles, tu regretteras de m'avoir rencontré un jour.
Le visage d'Harry s'orna d'un magnifique sourire.
- C'est déjà le cas, Jack.
O'Neill montra ses dents, dans ce qui voulait être au départ un sourire. Puis il tourna les talons et se dirigea vers la porte. Il avait à peine la main sur la poignée qu'un cri en Tchèque l'arrêta. Il se retourna vers Radek qui fit pivoter son ordinateur portable, relié à la console des anciens, pointant du doigt le bas de son écran.
- Ils ont accéléré leur cadence, ils seront là d'ici une semaine au plus !
***
Un homme marchait dans les couloirs du vaisseau, la tête basse, les mains dans le dos, réfléchissant. Il venait de donner l'ordre aux ingénieurs de pousser les moteurs. Il ne fallait pas qu'ils découvrent son double jeu !
Que feront-ils de lui une fois la mission réussie ? Seront-ils gratifiants pour l'aide que leur a apporter la confrérie, ou se débarrasseront-ils de cet allié fort encombrant ?
Il en avait mare de se faire commander par deux clones goa'ulds imprévisibles et par une agence gouvernementale déchue ! Mais la vengeance sera bientôt consommée ! La confrérie l'avait chargé de cette affaire que pour une seule raison et il le savait : il était remplaçable.
On lui avait dit que c'était une mission pour lui, que seul un homme de sa trempe et de sa qualité pouvait la mener à bien. Mon œil oui !
Ils l'avaient cru trop naïf, trop malléable. Maintenant ils allaient tous le regretter amèrement ! Tous !
Si tout se passait comme Harry avait prédit, la flotte serait détruite et lui : disparu. Il referait sa vie quelque part sur une planète chaude avec des cocotiers ! Y avait-il des cocotiers sur d'autres systèmes ? Peu importe, il ferait avec.
Mais Harry n'avait-il pas sous-estimé la force des Goa'ulds ? Il lui avait dit que seulement 10 vaisseaux attaqueraient la cité. Ce n'était pas 10 mais 20 engins qui filaient, les moteurs poussés à fonds, vers Atlantis. Harry ne serait-il pas pris de court ?
Peu importe, il fallait mettre le plan de Maybourne en marche, ils seraient bientôt sur la cité.
****
- Jack ! Je penses que mon plan va marcher, insista Harry, mais j'avais sous estimé le nombre de vaisseaux envoyés. Avec 10, c'était réalisable. Mais 20 ! Il faut trouver une diversion.
Ils marchaient tout les deux dans un couloir de la cité, accompagnés par Weir. Ils venaient de quitter le laboratoire, laissant Carter la tête dans les bras tandis que Radek et Rodney se houspillaient. Jack depuis lors, n'arrêtait pas de secouer la tête. Dans quoi Harry allait-il l'entraîner cette fois ci ?!
- Une diversion ? C'est un très bonne idée ça. On pourrait faire sauter le Daedale. Pendant qu'ils applaudiraient en jouissant du spectacle, nous on en profiterait et on ferait sauter les vaisseaux !
- Jack ! S'il te plait ! Je suis sérieux là !
- Ben, tu n'as qu'à la trouver toute seule ta diversion ! Amuses toi biennnnn arg !
Jack fut interrompu brusquement en percutant un Daniel surchargé de dossiers à l'angle d'un couloir. Des papiers volèrent dans tout les sens, Daniel et O'Neill finirent par terre.
- Daniel ! Justement je vous cherchais. Où en êtes vous ?
Daniel réajusta ses lunettes, qui avaient glissés le long de son nez lors de l'impact, puis dit :
- Je n'ai rien fait de spécial, j'étudie les derniers rapports de missions d'Atlantis. J'étudie les Wraith et leur capacité à …
- Vous n'avez rien trouvé d'autre à faire ?
- Ben … non. Comme tout le monde en est au point mort, je revois tous les dossiers, je finirais bien par tomber sur quelque chose.
Les deux hommes se relevèrent.
- Donc, la technique, c'est le pifomètre ?
- Ouuui, on peut dire ça.
Jack soupira.
- Mais je vous promet, enchaîna Daniel, les Wraith ont une étonnante aptitude à …
- Je m'en fous comme de ma première chemise ! A part si ils ont une qualité cachée qui consisterait à être attiré par la viande de Goa'uld.
Jack ricana de sa blague, alors que Daniel s'en allait vaquer à ses occupations.
- Bon, reprit Jack, où en étions-nous, tu parlais de diversion Harry je crois.
Une étincelle s'alluma dans les yeux de Maybourne.
- Mais bien sûr !
- Quoi encore ! demanda Jack sèchement. Puis ses pupilles s'étrécirent. Non, tu ne comptes tout de même pas …
- ça à de grandes chances de marcher, acquiesça Weir, mais c'est sacrément risqué !
O'Neill se prit les cheveux à pleine main, comme s'il voulait les arracher.
- C'est du suicide !
Harry le regarda en souriant, tandis que Weir hochait la tête.
- D'accord, abandonna Jack, je convoque les équipes …
*****
- C'est du suicide !
Rodney venait une seconde fois de donner son avis sur la décision du général O'Neill, alors que lui, Sheppard, Teyla et Ronon, venaient tout juste de sortir du vortex. Ils avaient abandonné leur Jumper et partaient en reconnaissance.
Un désert de sable les attendait. A perte de vue, il n'y avait pas un seul endroit ombragé. Seulement des dunes se répétant à l'infini. La lumière était si forte, que McKay avait mis deux pairs de lunettes, l'une sur l'autre, au grand amusement de John.
John avait eut du mal à digérer le plan de Jack. Cela pouvait marcher … Mais il y avait tant de chance qu'un rouage grippe. Si petit soit-il, il pouvait faire exploser la machine, et ruiner de ce fait Atlantis et ses occupants. Mais il ne devait penser qu'à sa mission ! Une mission dangereuse, mais SG-1, Crichton, et ceux qui resteraient dans la cité allaient connaître des péripéties différentes mais non moindres. Mais si il n'y avait ne serais-ce qu'une chance sur 100 … Cela valait la peine d'essayer. Il avait confiance en Jack. N'était-ce pas grâce à lui qu'il avait accepté de partir sur Atlantis ?
- McKay ! On a déjà discuté de ça, vous n'aviez qu'à nous pondre un meilleur plan.
McKay répondit, sarcastique :
- Un meilleur plan ? Oh oui ! C'est une bonne idée. Je me demande bien pourquoi je n'y ai pas pensé, quoique un plan meilleur que mourir dans d'atroces souffrances …
Le ton de Sheppard se fit suppliant :
- McKay … !
- Chut tout les deux, demanda Ronnon, en se baissant, alors qu'ils arrivaient en haut d'une colline de sable, ils sont tout prêt.
- Oui, acquiessa Teyla, l'air lointaine, fermant les yeux, je les sens.
Ils avancèrent en rampant jusqu'en haut de la dune. Deux immenses infrastructures s'étalaient devant leurs yeux. Leur forme était caractéristique. Deux vaisseaux ruches Wraith. Autour, cela grouillait de Darts qui s'afféraient, tels des mouches sur une carcasse, pour trouver de quoi se ravitailler.
McKay hocha la tête.
- Cette planète doit être sacrément peuplée pour que les deux vaisseaux ruches Wraith se posent au lieu de rester en orbite, ils comptent rester un sacré bout de temps.
- Ou un problème technique peut être ? suggéra Ronnon.
- Cela ne nous arrangerait guère fit remarquer John.
- Une question idiote me vient à l'esprit, annonça McKay avec son petit sourire plein de sarcasme, vu le nombre de Darts qui tournent autour de ce vaisseau, quels sont nos chances de rester camouflés deux minutes de plus, sur une dune, comme quatre crocodiles dorant au soleil ?
- McKay à raison, nous connaissons leur position, retournons au Jumper
- Major Sheppard ? Regardez !
Teyla indiquait du doigt deux villages fumants, et plus loin trois autres villages encore intacts.
- Il faut faire quelque chose, insista t-elle. Puis elle se leva. Sheppard lui saisi le genou et la fit se recoucher.
- Teyla ! Vous savez bien ce qu'on allait trouver ici ! L'équipe d'exploration nous avait prévenu. Maintenant, si on réussi notre mission, ils seront momentanément sauvés. Après … Nous verrons ce qu'on peut faire. Cependant, si on échoue … On finit en bouffe déshydratée, et Atlantis devient le nouveau Dakara des goa'ulds
Teyla sourit, puis baissa la tête en signe de reconnaissance.
- Merci major !
- Vous me remercierez une fois qu'on aura réussi à faire décoller ces deux vaisseaux Wraith.
Alors que Sheppard tournait la tête pour rebrousser chemin, deux Wraith apparurent dans son champ de vision, à quelques pas de là …
******
Jack regarda la porte se fermer sur l'équipe de Sheppard. Il secoua la tête. Il les avait envoyé à une mort certaine. Cette mission était suicidaire. Mais il le savait, ils sauveraient Atlantis, quoiqu'ils leur adviennent. Jack aurait voulu partir avec eux, mais sa place était ici.
Lui et Sheppard s'étaient croisés dans un couloir, dix minutes avant ce départ. Jack relevait alors sa braguette.
- Bonne chance, avait il dit à Sheppard, lui tendant la main.
Sheppard avait ri et avait répliqué :
- Mon général, on en a vu d'autre vous savez… Et je vous serrerais la main à mon retour, lorsque les goa'ulds seront en fuite, ou détruits et …
Son sourire s'élargit :
- … et surtout quand vous vous serez lavés les mains mon général.
Jack avait ri. Mais il ne riait plus maintenant. L'heure n'était plus aux plaisanteries. Sheppard était parti. Se protégeant derrière sa carapace, faite de sourrires et de boutades. Oui, Jack connaissait ça. Sheppard et son équipe avait un sacré poids sur les épaules … Mais ils n'étaient pas les seuls. SG1, lui, le Daedale, Atlantis … Chacun avait sa part de travail dans ce qui s'annonçait comme une bataille épique, ou le plus malin l'emporterait. Il fallait jouer au plus fin. Une idée jaillit soudain dans l'esprit de Jack, avec la force d'un cours d'eau en crus.
Il griffonna une note rapidement, s'aidant d'un mur, et la donna au premier technicien qui passait par là.
- Amenez là à Crichton, vite !
*******
- Mais monsieur … on part dans deux heures …
- Arggg, Jimmy, j'ai dit que je voulais que vous me fassiez un topo sur les moteurs subliminiques, je ne vous ai pas demandé l'heure qu'il était !
Quand Crichton parlait comme cela … on l'écoutait.
L'ingénieur hocha la tête et sortit en trottinant, regrettant Caldwell.
Crichton, ne perdit pas plus de temps et partit en direction de la salle des machines voir ou en était Hermiod.
Un ingénieur courait a coté de lui pour s'accorder à ses grandes enjambées, lui montrant ses notes.
- Monsieur, lors du dernier diagnostique, nous avons rencontré un problème avec les batteries de canons du Daedale. Voulez vous qu'on s'en occupe ?
Crichton stoppa net sa progression et lui jeta un regard dépourvu d'aménité.
L'ingénieur baissa la tête puis bafouilla.
- Ok … je vais m'en … occuper.
- A moins que vous ne vouliez qu'on se batte contre les goa'ulds avec nos sabres lasers, crétin !!
John repartit en maugréant.
- Abrutis … initiatives … bandes d'incapables … !
Il arriva en vue d'une porte à qui il donna un grand coup de pied car elle ne s'ouvrait pas assez rapidement à son grès.
- On en est où ici !
Avant que Hermiod ait pu lui répondre, un ingénieur d'Atlantis, exténué et à la surcharge pondérale certaine, arriva dans la salle, donna une feuille à Crichton, et posa ses mains sur ces genoux, soufflant comme un bœuf.
John lu la missive en deux secondes, en fit une boule qu'il jeta à travers la salle. Puis fit demi tour.
- Vous ne vouliez pas savoir … ? commença l'Asgard
- Pas le temps, changement de plan, on part dès que possible.
Puis il saisit le technicien ventripotent par le col et le redressa.
- Va dire à O'Neill que je fais décoller cet engin dès que possible, mais qu'ils se dépêchent !
********
Le Daedale venait de s'éloigner, se perdant à l'horizon, alors que le soleil se couchait. Jack l'avait regardé partir, priant pour la réussite de son équipage. La bataille se ferait donc de nuit. En effet, les vaisseaux alliés bientôt arriver, d'ici une poignée d'heures.
Jack regarda sa montre .Une heure de passé déjà depuis le départ du Daedale. C'est tout de même curieux comme le temps nous file entre les doigts alors qu'on voudrait qu'il stoppe sa marche inéluctable.
- Oui Jack, c'est vrai, le temps est capricieux, à nous de lui faire entendre raison. Notre raison ! Il faut faire des choix si l'ont veut optimiser le peu de temps qui nous reste. C'est l'histoire de toute vie humaine.
Ah tient, c'est curieux, il ne se rappelait pas avoir dit à voix haute le fond de sa pensée. Il faudrait qu'il fasse attention la prochaine fois, cela pourrait être très embarrassant dans certaines situations.
- Vous avez raison docteur Weir, même si je crois que je n'ai pas tout compris.
Weir sourit alors qu'ils arrivaient devant la porte du laboratoire qu'ils ouvrirent.
- Alors, où … commença Jack.
- Je voulais justement vous appeler, l'interrompit Radek, il faut que vous sachiez que d'après mes estimations, ils seront là d'ici une heure.
- C'est ce que vous aviez prévu avec Carter et Rodney. Tout est donc en ordre.
- Oui, il ne nous reste plus qu'à attendre que Sheppard et son équipe se manifestent, d'ici 24 heures, pour pouvoir passer à la deuxième partie du plan.
- Très bien.
Alors qu'il quittait la pièce, la radio de Jack se mit soudainement à grésiller.
« Jack ? On vient juste de finir d'organiser la défense de la cité. Tout Atlantis est quadrillé. On est prêt pour soutenir un siège. »
- Merci Harry.
« Je … je … »
Maybourne avait l'air de ne pas savoir quoi répondre. C'était bien la première fois que Jack lui montrait de la sympathie. Son vieil ami se serait il ramollit ?
- Le major Lorne est avec toi ?
La voix du major Lorne se fit soudainement entendre à la radio.
« Oui, mon général ? »
- Surveillez-moi bien Harry. Vous en êtes responsable. Je ne veux pas que ce sal type en profite pour se tirer !
Sur ce, il éteignit sa radio et quitta la pièce en claquant la porte.
*********
Ba'al était au post de commande, fixant le jeu de lumières et d'ombres se dessinant à l'extérieur du vaisseau en hyperespace.
Il était absorbé par ses pensés, se parlant à lui-même alors qu'il sentait son but à porté de main :
« Bientôt, nous verrons enfin apparaître ce pourquoi nous avons fait tout ce voyage.
Atlantis ! Et son lot de merveilles. Nous trouverons bien un moyen d'alimenter ses moteurs, pour partir avec cette cité volante reconquérir notre pouvoir ! Les humains n'y étaient pas arrivés, ces incapables ! Ce qui ne voulait pas dire que c'était impossible.
Ils en feraient une tête tous ces Sholvas ! Pas des dieux nous ? C'est juste une question de sémantique, pas de pouvoir !
Le NID les avait rudement bien aidé sur ce coup là. Il faudrait penser à les remercier.
Quelques bombes au Naquada enrichi suffiraient.
Qu'est-ce qu'ils croyaient ceux là ! Partager le pouvoir avec des dieux ? Non, il n'y avait qu'une sorte de dieux ! Non, plus les Goa'ulds ! Mais nous ! Les Ba'al !
Notre nombre nous permettra de conquérir l'univers entier, un règne sans partage. Les autres Goa'ulds s'inclineront devant notre puissance. »
Les moteurs décélérèrent soudain.
Le jeu de lumière disparu, laissant apparaître une planète à dominante bleue, recouverte presque entièrement par les océans.
La bataille pour Atlantis allait enfin commencer !
