Parce que le prologue est très court, je mets le premier chapitre en ligne.
J'espère que cette fiction vous plaira.
Chapitre 1
Pov Bella
A genoux sur le sol, je frottais une tache de sang : mes maîtres tenaient à ce que tout le bâtiment soit impeccable, irréprochable. Et la peur d'une correction faisait que je m'activais comme si ma vie en dépendait. En fait, non : ma vie dépendait de mon travail.
Je suis née à Forks, dans l'état de Washington. Ma mère m'a emportée lorsque j'avais un an, et depuis, je vivais en Arizona. J'allais rendre visite à mon père tous les ans, pour les vacances d'été. Mais il y a deux ans, j'avais effectué un voyage en Italie avec ma classe, et la visite incluait un château en centre-ville, transformé en bureaux. Nous avions rencontré Aro Volturi et ses frères dans une grande salle ronde en pierre, et notre guide, une dénommée Heidi, avait parlé avec ces trois hommes pâles. Puis le cauchemar avait commencé : les portes doubles s'étaient fermées avec fracas, et des hurlements avaient commencé à se faire entendre. Tous les élèves et le professeur couraient dans tous les sens, poursuivis par des hommes ou des femmes au visage inhumain, un rictus horrible aux lèvres. Personne ne s'était intéressé à moi, et lorsque les bruits se turent, je fus la seule debout, tétanisée, en dehors des italiens.
-Et voilà la grande gagnante ! s'était exclamé le chef, Aro. Comment t'appelles-tu ?
Ses yeux pâles m'hypnotisaient mais des frissons me parcouraient. Les cris de mes camarades résonnaient encore en moi, et tout le sang que je voyais me donnait la nausée, voire pire.
-Bella, réussis-je à murmurer.
Aro sourit et me caressa le visage.
-Eh bien Bella, bienvenue parmi nous !
Je ne vis pas la suite, parce que l'odeur du sang et le spectacle auquel j'avais assisté me firent perdre connaissance.
Par la suite, je m'étais réveillée dans une chambre, et Aro était là. Il m'avait expliqué qu'ils étaient des vampires, et que tant que tel serait leur bon plaisir, je devais les servir, lui et ses frères. Depuis ce jour, je fus leur esclave. Les premiers temps, je fus soumise à des vampires qui devaient essayer leurs dons sur moi, mais par miracle, aucun ne parvenait à me faire du mal par ce biais. Cependant, si je faisais quelque chose qui ne plaisait pas, si je disais un mot plus haut qu'un autre, si je ne baissais pas la tête lorsqu'un vampire était devant moi, j'étais battue par d'autres humains qui servaient aussi le clan Volturi. Mes parents me manquaient, mais je savais que je ne pourrais jamais les revoir. Aro avait bien insisté sur le fait que si jamais je parvenais à les contacter, d'une manière ou d'une autre, ils seraient mis à mort. Alors, pour ne pas les mener à une mort certaine, je tentais de les oublier.
Et depuis deux ans, j'ai peur. Peur de faire une faute, peur de faire un faux pas, peur qu'ils ne décident que j'étais inutile. J'étais assez nourrie pour ne pas être malade, mais pas assez pour me sentir repue. Je n'avais aucune liberté, et je dormais quelques heures dans la journée. Et surtout, j'étais seule.
-Tu as oublié une tâche, là !
Jane pointa une tâche de sang en éclatant de rire. Elle aimait voir les humains humiliés, et j'avais l'impression que c'était pire avec moi. Aro la gourmanda.
-Allons Jane, laisse notre Bella tranquille ! Ce n'est pas parce qu'elle est insensible à tous nos dons qu'elle est pour autant une simple humaine. J'ai de grands projets pour elle.
Un frisson me parcourut au ton qu'il avait employé. Tentant d'occulter les vampires qui m'entouraient, je continuai à frotter le sol. Le rire de Jane redoubla avant qu'elle ne quitte la pièce. Un soupir de soulagement m'échappa, mais Aro n'apprécia pas.
-As-tu quelque chose à dire Bella ? demanda-t-il sévèrement.
-Non maître.
Mon ton humble le rassura, et il me fit signe de me remettre au travail. Le jour allait se lever, et j'avais presque fini de nettoyer les témoignages de leur repas. D'ici une heure, je pourrais aller me coucher, si tout allait bien.
Pov Alice
Je savais que j'étais différente. J'avais rencontré plusieurs vampires, et aucun n'était comme moi. Je veux dire : aucun d'eux ne semblait dégoûté par le fait de boire du sang humain. Alors que moi, oui. J'avais donc décidé de boire du sang animal, même si c'était dur de résister au sang humain.
Je ne savais rien de ma transformation, ni de mon créateur. Je m'étais éveillée comme ça, un beau jour, sans souvenir. Il paraît que la transformation fait mal, mais de cela non plus je n'ai aucun souvenir. Une autre chose me différencie : je vois. Avec mes yeux, certes, mais j'ai aussi des visions. Je vois quelqu'un, qui m'attend. Mais je ne sais pas où le trouver.
Lorsque j'en ai parlé à un autre vampire que j'ai rencontré cinq jours après ma naissance, il m'a conseillé d'aller voir le clan Volturi. Eux connaîtraient peut-être celui que je cherche, et qui est important pour moi, je le sens. Aussi ai-je décidé d'aller en Italie, rencontrer ce fameux clan.
Cependant, j'ai été mise en garde contre le clan royal, ou du moins considéré comme tel : ils sont toujours à la recherche de dons, et le mien était, à première vue, très intéressant. En cheminant, je cherchais donc un moyen de monnayer sans être perdante au change.
Dix jours après ma transformation, j'arrivai enfin à Voltera, de nuit. Dans les rues obscures, je sentais d'autres vampires, dont certains m'observaient. Soudain, un vampire à l'allure jeune apparut devant moi.
-Bonjour, commença-t-il en s'inclinant, je me nomme Alec.
-Bonjour Alec. Je suis Alice. Sais-tu où je pourrais trouver les Volturi ?
Un sourire illumina le visage de mon interlocuteur.
-Bien sûr ! Je fais partie de leur garde personnelle.
Visiblement, faire partie de cette garde devait être un honneur, vu la fierté du jeune homme. Il me fit signe de passer devant, comme un gentleman, puis se posta à mes côtés.
-D'où venez-vous Alice ?
-De très loin. Amérique plus précisément.
-Je vois. Et vous venez pour entrer au service d'Aro ?
J'esquissai un sourire pour seule réponse. En déambulant dans les rues, Alec me parlait de ses exploits et de son don. Il fit aussi référence à sa sœur, Jane, qui possédait un don assez néfaste. Enfin nous arrivâmes devant un vieux château, et nous passâmes les portes sans aucun problème.
Nous croisâmes des dizaines de vampires, tous aussi bien habillés les uns que les autres. Alec leur faisait soit un signe de la main, soit un signe de tête. Il vérifiait souvent que je le suivais, mais j'avoue que je prenais mon temps : j'admirais le style de décoration. C'était très chic, un mélange de moderne et d'ancien, mais qui rehaussait le bon goût du cadre.
Enfin nous arrivâmes devant une double porte en bois massif.
-Ils sont en train de se nourrir. Veux-tu attendre ?
-Si ça ne te dérange pas, oui. Je préfère m'abstenir de sentir le sang.
Alec me regarda avec effarement et dégoût.
-Ne me dis pas que toi aussi tu bois du sang animal !
-Moi aussi ? Il y en a d'autres ?
-Eh bien… Le seul que je connaisse est Carlisle Cullen. Lui aussi vient d'Amérique d'ailleurs. Peut-être que vous les américains n'êtes pas normaux… Quoiqu'il en soit, c'est un travers peu apprécié ici.
J'avais écouté le jeune homme en essayant de ne pas paraître choquée ou surprise, et je dus réussir puisqu'il changea de sujet.
-J'espère que tu resteras ici un bon moment. C'est rare de nos jours une jeune femme aussi sympathique et belle.
Je ris.
-Je suis certaine qu'il y a mieux que moi.
-Mais bien pire aussi.
Je lui fis un clin d'œil, peu encline à continuer sur cette voie. Lorsque le silence se fit derrière la porte en bois, Alec frappa. Une jeune femme nous ouvrit : elle avait encore quelques traces de sang autour de la bouche, qu'elle essayait d'essuyer avec sa langue.
Alec demanda s'il pouvait entrer, et la porte s'ouvrit en grand. Alec, toujours aussi gentleman, me fit signe de passer devant. Dans la pièce se trouvaient une dizaines de personnes habillées avec goût : robes, talons et bijoux pour les femmes, costumes pour les hommes en général. Au fond, trois trônes que rejoignaient trois hommes.
Alec s'inclina devant le trio, assis à présent, et je l'imitai.
-Aro, je vous présente Alice …
-Brandon, terminai-je à la place d'Alec et en me relevant. Je suis à la recherche d'un vampire.
Le dénommé Aro me sourit et hocha la tête, m'incitant à continuer.
-Je ne connais pas son nom, juste sa description physique, mais on m'a dit que vous pourriez peut-être m'aider.
Les deux autres restèrent silencieux, ne montrant aucun signe d'intérêt.
-Et puis-je, jeune Alice, te demander la raison de cette recherche ? questionna Aro, visiblement le chef.
-Ma foi…
Que dire ? Et surtout, que pourrait faire Aro en cas de mensonges ?
-Est-ce important ? continua le chef.
-Oui, pour moi.
Aro se leva, et juste à cet instant toutes les têtes se tournèrent : une jeune fille, humaine, venait d'entrer avec un seau d'eau à la main. Elle s'inclina rapidement, et tout en gardant la tête baissée, elle commença à frotter le sol, enlevant le sang séché.
-Ne fais pas attention, me dit Alec.
Aro s'avança jusqu'à moi tout en gardant un œil sur la jeune fille, puis il me présenta sa main.
-Vois-tu, Alice, j'ai le don de pouvoir lire les esprits grâce à un contact. A travers cela, je vois le présent et le passé de la personne.
Je lui tendis ma main et il s'en empara avidement. Je savais qu'il pouvait voir le vampire que je recherchais, mais comme je ne savais pas pour quelle raison je devais le trouver, j'étais sûre que ça ne l'avancerait pas beaucoup.
Il retira sa main rapidement.
-Tu es très intéressante Alice. Tu n'es pas comme les autres. Ta naissance à elle seule est une énigme, et je ne parle même pas de ton don ! Je pense que je peux t'aider.
Il s'arrêta et regarda la jeune fille qui frottait de toutes ses forces le sol. Elle transpirait et son cœur battait très vite. Pourquoi était-elle là ? Aro reporta son regard sur moi.
-J'accepte de t'aider, à la condition que tu m'aides.
-De quelle manière ?
J'étais curieuse, mais je savais qu'il allait me proposer quelque chose en rapport avec mon don.
-Je souhaiterai que tu te joignes à nous.
-Pour combien de temps ?
Le vampire fit mine de réfléchir, même si j'étais persuadée qu'il avait déjà réfléchi à sa proposition depuis le début.
-Je dirais bien pour toujours, mais je suppose que tu ne serais pas d'accord.
-C'est vrai. Et puis, je ne vois pas en quoi je pourrais vous être utile.
-Tes visions ma chère !
-Elles ne se commandent pas, et restent toujours évasives. Je ne sais pas ce qui les détermine.
-Peut-être une prise de décision, suggéra l'un des deux autres vieux vampires.
Aro se retourna, avant de revenir à moi.
-Peut-être Marcus, peut-être. Si par exemple… Je pensais à tuer …
D'un bond, il fut sur la jeune humaine, la prenant contre lui, prêt à lui mordre le cou. Celle-ci ne bougea pas, l'air horrifié. Son cœur avait encore accéléré, et je supposai que ce n'était pas bon pour sa santé.
-Si je décide de tuer Bella, que vois-tu ?
J'attendis, mais rien ne vint.
-Je ne vois rien.
Aro parut surpris, mais il relâcha Bella, puisque tel était son nom, qui s'effondra au sol en sanglotant. Je la regardais, ne pouvant m'en empêcher. Elle était pâle et tremblait de tout son corps. Ses pleurs me fendaient le cœur, et je ne savais pas quoi faire pour l'aider.
Mais je me repris vite et reportai mon attention sur Aro.
-Vous voyez, je ne peux pas vous aider.
Le vampire sembla frustré, et ses yeux se froncèrent. Il réfléchissait.
-Je vous propose quelque chose, intervins-je. Je vous laisse une journée pour vous décider et savoir si vous m'aiderez ou non.
-Qu'est-ce qui me garantira que tu reviendras ?
-Oh, mais je ne pars pas ! Je crois que je vais m'installer ici quelques jours.
Visiblement ils n'avaient pas l'habitude d'un tel comportement car les autres vampires, que j'avais presque oubliés, riaient. Mais Aro les fit taire d'un geste.
-C'est d'accord Alice. Je t'offre l'hospitalité pour deux jours. Alec, donne une chambre à cette charmante personne.
Soudain ses yeux se posèrent sur Bella qui sanglotait toujours discrètement.
-Bella ! aboya-t-il.
La jeune fille releva son visage déformé par la peur et les pleurs, et ses yeux se firent implorants.
-Tu serviras la jeune Alice. Et gare à toi si elle n'est pas satisfaite !
-Oui maître !
Elle se prosterna au sol, et je crois qu'elle aurait rampé si elle avait pu. J'avais mal pour elle, et je comptais bien être gentille avec elle. Je souris à Aro et fis demi-tour. Alec me tendit le bras que je pris, et nous nous dirigeâmes vers la porte en bois. Derrière nous, j'entendais la petite humaine qui tentait de retenir ses sanglots, mais je savais que tant qu'Alec serait là je ne pouvais l'aider.
-Tu verras, tu vas tellement te plaire chez nous que tu ne voudras plus partir, disait le jeune vampire. Au fait, évite de tuer Isabella, Aro tient à elle.
-Pourquoi la tuerai-je ?
-Tu n'as rien senti ? Je peux t'assurer qu'une fois seule avec elle, dans un espace clos, tu comprendras. Elle sent… divinement bon !
En disant cela, il s'était retourné, faisant hoqueter de peur la jeune fille. Il se mit à rire, avant de s'arrêter devant une porte.
-Voilà ta chambre. Elle est insonorisée, comme toutes les chambres ici, sinon il serait difficile de se concentrer lorsque les couples décident de s'envoyer en l'air ! Bref, tu peux faire tout ce que tu veux. Si tu as besoin de quoi que ce soit, demande-lui, et sinon, fais-moi appeler !
Il me fit un clin d'œil avant d'ouvrir la porte.
-Je te laisse, je dois aller voir ma sœur. A plus tard !
Et il partit en sifflotant. J'entrai dans la chambre, suivie de Bella, et fermai la porte. Mauvaise idée !
Alors ? Des idées sur la suite ?
Puisque les samedi et les dimanches sont pris par mes deux autres fictions, je mettrais mercredi comme jour de parution pour celle-là.
A mercredi alors (dans deux jours, si j'ai plusieurs reviews ^^, sinon, dans une semaine).
Bisous
