Note : Chers petits bouts d'arc-en-ciel, merci pour votre soutient précieux suite au premier chapitre. Voilà la suite de cette histoire grâce à laquelle je commence à avoir l'historique le plus louche du quartier (qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour ses lecteurs adorés). Plein de coeurs en chocolat pour ma bêta Nathdawn (celle là même qui publie en ce moment la merveilleuse fic La Mort vous va si bien). Les reviews et les MP de théories sont évidemment les bienvenues.


Lorsque Molly Hooper quitte son appartement sur Trinity Street, elle s'arrête deux fois dans les marches avant de retourner vérifier si elle a bien fermé la porte. Mrs. Chasemore du troisième s'est faite cambriolée il y a une semaine et depuis, la jeune médecin légiste a toujours cette peur irrationnelle qu'elle a donné un coup de clé dans le vide.

Bien sûr, ce n'est pas le cas, comme à chaque fois, et elle se sent légèrement idiote de l'avoir fait. Whittie doit bien se moquer d'elle lui aussi, mais comme Whittie est un chat, ce n'est pas très grave.

Elle aime bien sa rue, calme et si proche de la station de métro Borough. Et l'appartement est plus lumineux que le précédent. Elle aime bien le Ruse aussi, seulement à quelques mètres de chez elle, mais ses amis semblent tous noyés sous le boulot dernièrement, donc adieu la pinte habituelle du vendredi soir, entre fous rires est bavardages au bar du coin.

Elle passe sa carte Oyster sur la borne automatique et s'engouffre dans les longs couloirs, descend les escaliers, en remonte d'autre, avant d'arriver à son quai. À sa droite elle voit un homme en train de crier dans le micro accroché à ses écouteurs et elle repense à Stephen. Il fait toujours ça, les sourcils froncés et la main pincée autour du micro qu'il rapproche au maximum de sa bouche. C'est assez ridicule et ça l'a toujours fait beaucoup rire. Elle lui a dit pourtant, au moins cinq fois, qu'il ferait mieux de parler directement au combiné mais il lui a avoué dans une grimace de fierté que ça faisait plus homme d'affaire. Alors elle le laisse faire et sourit. Elle ne l'a pas appelé depuis cinq jours maintenant, et même si ce n'était qu'une rencontre occasionnelle à la base, elle se dit finalement qu'elle aimerait le revoir. Il est grand, bien trop grand pour elle bien sûr, mais il sait écouter et Molly aime ça. Elle se dit même que ramener un éditeur chez ses parents à Noël pourrait être une bonne idée. Elle sourit avant de pincer sa bouche (personne n'aime voir quelqu'un dans le métro sourire pour aucune raison, ça fait peur), et se décide : ce soir, elle l'appellera pour lui proposer d'aller boire un verre.

Lorsqu'elle arrive à St. Barth, elle croise le lot d'ambulanciers habituel, qui est cette fois bien plus bruyant - apparemment, Londres a gagné hier. Elle les salue, ment sans vraiment de mal en leur disant que oui elle a vu le match et que oui le goal était à chier, et remonte jusqu'au cinquième étage où elle se change rapidement dans les vestiaires. Elle pourrait sortir de chez elle avec un pull premier prix de chez Primark et un jean sans forme puisque de toute façon, elle enfile une blouse blanche arrivée au boulot, mais elle aime bien prendre soin d'elle. Se changer, ça lui donne l'impression d'avoir plusieurs vies, d'avoir une journée à rallonge, et vu le temps qu'elle passe au labo, c'est plutôt agréable. Elle se regarde dans le petit miroir accroché sur la porte de son casier en métal et attache ses cheveux en une queue de cheval. Les cheveux longs ça lui va, indéniablement, mais c'est vraiment pas pratique quand on passe la moitié de sa vie penchée au-dessus d'un cadavre ouvert en deux.

Enfin prête, elle quitte les vestiaires, fredonne cette chanson de John Legend qu'elle a entendu à l'accueil et remonte le couloir jusqu'à son laboratoire. Elle crie si fort en voyant John Watson assis sur un tabouret qu'il en fait tomber le journal qu'il lisait.

« Désolé Molly, si j'avais su que je te ferais peur à ce point, j'aurais mis une pancarte à l'entrée ! »

« Non, ce n'est rien, excuse moi... qu'est-ce que tu fais là ? », demande-t-elle dans un rire nerveux.

Ils se penchent en même temps pour ramasser le journal et se sourient, à genoux près du sol.

« Je me suis dis que je pourrai passer te rendre visite. »

Molly sourit, parce que la dernière fois que John est venu la voir, on n'avait pas fêté la nouvelle année et Baby George n'était encore qu'une chimère optimiste d'un peuple en manque de ragots royaux. Ils se relèvent de concert avant qu'elle ne lui demande :

« Tu veux un café ? »


John avait oublié à quel point le café de St. Barth n'avait absolument aucun goût. Il grimace et son amie rit tout haut. C'est si surréaliste de le voir ici que la douce hystérie l'envahit. Il trouve ça terriblement touchant, et se rend compte à quel point elle lui a manqué. Ils croisent quelques vieilles connaissances, et des nouvelles têtes que John salue de la sienne. Il pose beaucoup de questions à Molly car la vérité est qu'il se sent terriblement honteux de ne pas lui avoir donné de nouvelles avant. En même temps, il n'a rien à lui dire, et cela, il s'en rend enfin compte. Lorsqu'elle lui dit :

« Je suis allée à Barcelone deux semaines en septembre dernier, c'était magnifique ! Et cette Sagrada Familia, c'est vraiment spécial quand même. »

Il se rend compte qu'en huit mois, il n'est pas allé plus loin que Oxford Street. Lorsqu'elle lui dit :

« J'ai fini par déménager tu sais, les fissures se multipliaient dans l'autre appart', du coup j'ai pris l'offre de l'agence immobilière. »

Il se rend compte qu'il lui avait promis qu'il l'aiderait à faire ses cartons, mais qu'il ne l'a jamais recontacté. Lorsqu'elle lui dit :

« J'ai rencontré quelqu'un. Un ami d'ami, on s'est rencontré à une soirée. On se voit de temps en temps. Il est très gentil. »

Il se rend compte qu'il n'a plus d'amis depuis longtemps déjà. Quant aux rencontres et-plus-car-affinités, il préfère ne même pas y penser.

Il sourit et inspire en redressant son torse mais en baissant les yeux, parce qu'il n'est pas fier, de rien de tout ça, et l'idée d'être passé à côté de la vie pendant huit mois le rend soudain nauséeux. Ou peut-être que c'est le café. Il pose le verre en plastique à côté de lui sur le bureau de Molly.

« Je suis heureuse de te voir. Vraiment. »

« Je suis désolé. », et le dire le libère d'un poids si lourd qu'il a l'impression de réapprendre à respirer.

Elle attrape sa main et l'oblige à la poser sur le bureau avant d'entrelacer leurs doigts. C'est un geste qu'ils auraient dû avoir à la morgue il y a huit mois de ça, et pourtant, ça ne semble pas être trop tard. Ça lui fait même du bien.

« Ne t'excuse plus jamais. Et viens avec moi samedi soir à l'anniversaire de Gregory. »

« Vous avez continué à vous voir ? », demande-t-il dans un sourire discret, déjà conquis par l'idée de ne plus parler de ses longs mois de silence radio.

« De temps à autre. On s'entend bien. »

Le docteur sourit et doucement relâche la main frêle qui a été plus forte que la sienne. Il n'est pas un homme adepte des longs discours, alors, ils en restent là. Tant mieux, il a autre chose en tête.

« Dis Molly, je me demandais, comment as-tu connu Sherlock ? »

« Oh ça devait être il y a cinq... six ans peut-être ? J'étais encore en stage ici. J'étais avec mon référent, Mr. Ferry et on était sur un cas de... je ne m'en rappelle même plus. Bref, est arrivé Gregory, un très bon ami de mon maître de stage et Sherlock. Ils ont un peu parlé tous les trois, avant que Ferry ne leur laisse jeter un coup d'oeil au corps qu'on autopsiait. Ah oui ! Je me souviens ! On pensait à un meurtre, et Sherlock s'était penché vraiment très près du corps. Je pensais au début que c'était un proche mais il avait un tel... aplomb à l'inspecter de la sorte que ça m'avait juste... choquée. À la fin il s'est relevé en disant 'Un suicide !', avant de tourner sur lui-même pour repartir... C'était tellement théâtral, j'ai pensé à une caméra cachée, tu sais. »

John rit de bon cœur à l'évocation du souvenir ; ça, c'est quelque chose qu'il peut totalement imaginer. Le nombre de fois où il a compris que Sherlock a besoin de se donner en spectacle, comme n'importe quel acteur de Covent Garden...

« J'ai ris malgré moi. C'est à ce moment qu'il s'est retourné et pour la première fois, je voyais vraiment son visage. Il était très différent à l'époque tu sais, il était... plus maigre. Il m'avait fait un peu peur même. Il a commencé à me regarder et je me suis sentie comme... agressée. Juste avec son regard ; je sais, c'est idiot. »

« Ce n'est pas idiot Molly, c'est exactement sa manière de faire. »

« Mais Gregory est intervenu et lui a dit 'Non, pas elle.'. J'avais vraiment cru qu'il allait m'insulter ou me frapper et puis, le temps passant, j'ai compris que sa petite particularité consistait à décrire exactement la personne concernée plutôt qu'à lever la main... », chantonne-t-elle dans un sourire mélancolique.

John sourit à son tour et regarde les longs doigts fins tapoter le bureau en bois. Il a toujours apprécié la jeune femme car il n'a jamais vu quelqu'un aussi patient qu'elle (et pour affronter Sherlock six ans sans broncher, c'est vraiment une prouesse digne du Guiness Book). Dans le fond, même si Sherlock a joué au con plus d'une fois, il sait que lui aussi apprécie la médecin légiste, et pas seulement pour sa gentillesse. Il y a quelque chose chez elle de précieux, et même le sociopathe l'a compris.

Il finit par avaler d'une traite le restant de café et se perd dans ses pensées quelques secondes. Ils ont besoin de ça aussi, de silence, rien qu'un peu, parce qu'après six mois sans donner de nouvelles, tout ne revient pas comme avant. Il se repasse déjà la conversation qu'ils viennent d'avoir en tête et réalise : il n'arrive pas à parler de Sherlock au passé. C'est normal, vu qu'il sait.

« John, je voulais te dire... Moi aussi, je suis désolée. »

« De quoi ? »

Il fronce ses sourcils en relevant le nez vers la plus jeune.

« Je n'ai pas été très amicale avec toi. J'étais... jalouse. »

« Jalouse ? »

Il épelle le mot avec une attention particulière parce que vraiment, il ne le comprend pas.

« Tu le connaissais quoi, depuis... dix minutes ? Et il t'a proposé d'emménager avec lui. En six ans d'amiti-... de connaissance, il ne m'a jamais invité à aller boire un café. »

« Tu ne peux pas comparer Molly, c'est... particulier, il... »

« Il ne m'a jamais considérée comme une amie, je sais. Il a mis trois ans à se rappeler de mon prénom. Mais bon, il était comme ça... »

Il est comme ça, corrige mentalement le médecin.

« J'ai fini par lui pardonner...Depuis la chute. »

Ses yeux fuient le regard du médecin, et cette fois, il sait que c'est le moment de parler de la raison qui l'a poussé à sortir de Baker Street.

Parce que quelque chose ne colle pas dans cette histoire. Ça fait huit mois, et bon sang, quelque chose ne colle pas. Il l'a vu sauter de ce foutu toit, il l'a vu allongé sur ce foutu trottoir, il a vu ce foutu sang envahir ses chaussures et ces foutus yeux fermés. La suite est floue, tout s'est passé trop vite (on ne laisse pas un corps au milieu du passage, certes) : il l'a vu glisser sur une civière, il l'a suivi de loin dans les couloirs, s'est effondré à deux reprises. Il se rappelle avoir vu Molly pourtant ce jour-là, courir d'une pièce à une autre, avant de revenir vers lui et de le prendre dans ses bras, et de serrer et serrer fort. Il se rappelle au moins de ça : Molly ne lui a jamais rien dit. Elle s'est contenté d'utiliser son corps comme une barrière pour l'empêcher d'aller plus loin, d'affronter l'inaffrontable, et lui a conclu que c'était fini. Mais il n'a même pas vu le rapport de l'autopsie.

« Je voulais te parler de quelque chose Molly. »

« Oui ? »

Elle sort un paquet de biscuits déjà entamé du tiroir de son bureau et lui en propose un, qu'il accepte avec plaisir.

« C'est bien toi qui a fait l'autopsie de Sherlock ? »

Cette fois, le paquet se recule et John voit les petites pépites de chocolat s'éloigner - ça lui brise le coeur. Il relève le visage et capte le regard plus sombre de son amie. Elle tousse un peu, se redresse sur son tabouret et range les biscuits. Et merde.

« Non... je l'ai vu, j'ai prononcé le décès mais... je n'ai pas pu pratiquer l'autopsie. »

John croise ses bras et redresse son torse par réflexe, ses sourcils froncés. Le docteur en lui s'efface pour laisser place au soldat.

« J'étais persuadé que c'était toi. »

« John, non, je n'aurais jamais pu... »

Il faut encore quelques secondes au docteur pour comprendre que Molly n'aurait vraiment jamais pu le faire, malgré son professionnalisme irréprochable. Ça l'emmerde, car ça complique la chose.

« Je vois... Qui l'a faite alors ? »

« Et bien, Vincent. »

Elle le regarde avec une assurance telle qu'il n'est pas sûr que les mots Es-tu profondément abruti ? ne brûlent pas la bouche couverte de rouge à lèvre.

« Vincent ? »

« Vincent Vaore, tu l'as croisé ici plusieurs fois, non ? Il remplaçait Mark Braly pendant son congés maladie. »

John fouille dans sa mémoire endormie depuis huit mois, mais pourtant, rien ne lui revient. Il secoue sa tête pour lui faire signe qu'il ne voit pas, et elle se lève pour allumer son ordinateur. Par-dessus son épaule, il la voit ouvrir quelques dossiers, entrer des mots de passe dont il ne perçoit que les astérisques, et entrer dans une petite fenêtre le nom Sherlock Holmes. La petite roue arc-en-ciel tourne et tourne, à lui en donner le vertige, car si aucun fichier n'en sort, alors, il aura sa première preuve. Mais le Dieu de la Pomme ne l'écoute pas et fait retentir un petit ting dans le silence de la pièce, avant qu'une fiche ne s'ouvre.

« Tu veux la lire ? », demande Molly en le regardant par-dessus son épaule.

Il opine du chef et elle presse la touche pour imprimer aussi sec. Ce n'est pas quelque chose avec lequel elle est à l'aise, et ça ne loupe pas à John. Bien sûr que c'est gênant de devoir cacher au meilleur ami que le mec dont il pleure la mort depuis huit mois n'a en fait jamais mis les pieds à la morgue, pense-t-il si fort que son crâne lui fait mal.

Le papier imprimé, elle se retourne et lui tend. Il y a la date qu'il inspecte en premier lieu (une erreur et si vite arrivée), puis lit l'ensemble :

« Je soussigné, Docteur VINCENT VAORE, remplaçant du chef du service Médecine légale Mark Braly ; certifie avoir procédé ce jour, en vertu de la réquisition sus-citée ; à l'examen médico-légal (et l'autopsie) du cadavre du (de la) nommé(e) ;

SHERLOCK HOLMES

L'examen médico-légal (et l'autopsie) du cadavre a (ont) mis en évidence :
-un hématome périorbitaire bilatéral
-un cadavre couvert de sang
-une fracture du crâne siégeant au niveau de la région occipitale avec fracas osseux complexe
-des traces de réanimations médicale »

Ça devrait lui faire mal, au-delà des mots, de lire ceux-là, mais, tout parait si faux qu'il repose la feuille, l'ombre d'un rictus se cachant au coin de ses lèvres.

« Okay, donc, ce... Vaore, tu peux m'en dire plus ? »

« Il est resté jusqu'en septembre, je crois. Tu sais, entre les médecins légistes d'ici qui connaissaient trop Sherlock pour pouvoir toucher à son corps, et ceux qui le détestaient trop pour le respecter, demander l'aide d'un remplaçant a été la meilleure des idées. »

« Tu sais où il est maintenant ? »

« Aucune idée... je ne suis même pas sûre qu'il soit encore à Londres. »

« Comme par hasard... »

Il est resté calme jusqu'à présent, mais le rire ironique qui s'échappe de ses lèvres fait comprendre à Molly que quelque chose n'est pas totalement normal.

« Pourquoi toutes ces questions ? »

« Parce que j'ai compris Molly. »

Il se lève, pose sa main sur le bureau, écrase ainsi le semblant de rapport d'autopsie et s'approche d'elle. Cette fois, elle tremble et se recule légèrement. Il reprend, le regard planté dans celui apeuré :

« Sherlock est vivant. »

Trois mots, et le visage du médecin légiste blanchit et se retourne dans une grimace de stupeur et de dégoût.

« ... Quoi ? »

« Oh pour l'amour de Dieu, arrête de jouer les idiotes, et dis moi où il est ! », hurle-t-il, son poing cognant fermement le bureau qui sursaute sous l'assaut.

Le soldat a tellement peu utilisé sa voix ces derniers mois qu'elle est encore légèrement enrouée. Son visage s'est soudain refermé, son regard s'est durci et cette fois, Molly a vraiment peur de lui. Elle se dégage de cette proximité inquiétante et va s'appuyer contre le mur du fond, les bras croisés contre son torse, dans une position de protection qui fait soudain mal à John.

« Désolé, je ne voulais pas te faire peur... encore une fois. »

« Es-tu réellement en train de m'accuser d'avoir... quoi... caché la survie de Sherlock ? »

« Il n'est pas mort. »

« Il est mort ! Il s'est brisé le crâne, et s'est retrouvé sur cette table, avec son sang qui se vidait sur ce sol ! J'ai pris son poignet dans ma main et j'ai serré et serré, et rien John, rien ! Il s'est jeté de ce foutu toit et il s'est tué, devant toi, devant nous tous ! Bon sang, mais qu'est-ce qui ne va pas chez toi ?! », crie-t-elle enfin, et même si les mots brûlent l'âme du soldat, il comprend que c'est la première fois qu'elle les exprime.

Elle inspire bruyamment, détourne le visage sur laquelle elle passe sa main tremblante pour cacher ses larmes discrètes qui n'ont pas échappé à John, et il se recule. Tout est encore trop flou pour qu'il soit certain du plus infime des détails. Sherlock aurait honte en le voyant aussi mauvais pendant un interrogatoire, alors il profite que son amie soit encore dos à lui pour attraper le rapport qu'il plie avant de le glisser à la poche intérieure de sa veste.

« Excuse-moi pour le dérangement Molly. »

Il boutonne sa veste avant de marcher vers la porte d'entrée. Il l'entend se rasseoir et ralentit ses pas à côté de la table d'autopsie qu'elle a indiquée du bout de son index tremblant.

« Qu'est-ce que je dis à Lestrade, tu m'accompagneras à son anniversaire ? »

Sa voix tremble encore, mais sa patience hors-norme a encore une fois excusé en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, l'attitude violente d'un de ses proches.

« Ça me ferait très plaisir de t'accompagner. Je vais aller lui dire moi-même. Merci Molly, on s'appelle plus tard. »

Discrètement, il passe sa main sur le métal froid et presse ses doigts. Sherlock n'y a jamais posé sa tête, il le sent. Il salue la jeune femme et s'enfonce dans le dédale de couloir.

Bordel Sherlock, mais comment tu fais pour savoir si quelqu'un ment rien qu'en regardant leur manucure ? Merde, ses ongles, je ne les ai même pas regardés. Et je ne lui ai pas demandé plus d'informations sur ce Vaore. Je suis rouillé... Dieu merci Sherlock, t'es pas là pour voir ça. Mais ce n'est que partie remise n'est-ce pas, parce que je vais te retrouver, et je te botterai le cul si fort que tu regretteras d'être né... et d'être mort.

John inspire l'air pollué de la capitale une fois sur le trottoir, et doit s'empêcher de ne pas se mettre une gifle. Parler à un Sherlock fictif est un poil flippant, il voudrait mieux qu'il ne recommence pas. Il lui parlera en vrai, lorsqu'il le retrouvera. Il remonte son col et se repasse mentalement le chemin le plus court pour aller à Scotland Yard.