Heyyy me revoilà avec une nouvelle chapitre d'Alias qui était supposé été une partie de l'intro mais c'était tellement long que j'ai préféré le couper en deux. Dans ce chapitre on parlera surtout de l'enfance de Sophie alias Mathieu, et comment tout c'est passer pour notre petit. Je tiens à prévenir qu'il y a des mentions de self-harm (aucune idée de comment on dit sa en français), ce n'est pas super graphique, mais je voulais prévenir quand même. Bref petite réponse au guest:
Je sais et je comprends que ça peut être un peu spécial et dur a suivre comme histoire, et je te le reproche c'est vrai que c'est une thématique délicate donc je comprendrai si tu ne veux pas la lire et tout et tout.
Bref. Bonne lecture!
Update: J'ai des fautes faites dans cette histoire qui sont dignes d'êtres punis.
À son entrée au collège, Sophie était décidée à faire plaisir à sa mère. Ça n'a vraiment pas marché, une faillite monumentale.
Elle avait tenté si fort d'être féminine, laissant ses cheveux poussés, parler à d'autres filles, être comme elles. Mais elle n'y arrivait pas. C'était si difficile de s'intégrer dans quelque chose qu'elle ne connaissait pas. Elle essaya tant bien que mal de le faire. Elle essaya pour voir le sourire de fierté que portait sa mère tous les jours, pour les compliments qu'elle lui offrait et pour... Mais pourquoi d'autres? Rien. Elle n'avait rien d'autre. Son père restait le même, et son frère s'éloignait d'elle, ne reconnaissant pas sa sœur dans ce masque.
Elle n'y arrivait pas. Elle avait beau se mentir elle n'y arrivait. Les filles qu'elle fréquentait la trouvait étrange et stupide, la laissant souvent seule. C'est ainsi qu'elle passa trois dure années de collège. Seule. Parce que les gens la trouvaient laide, insensible, trop brute. Elle avait craqué un jour dans son entrer en cinquième. Elle en pouvait tellement plus. Elle se trouvait si ridicule à pleurnicher pour si peu, elle venait à peine d'entrer au collège que c'était déjà l'enfer sur terre pour elle. Sophie en avait marre. Elle ne savait pas pourquoi elle ne pouvait devenir comme les autres. Une fille jolie, avec des amies et des garçons lui tournant autour, à parler de stars et se maquiller. Quelqu'un dont sa mère serait fière.
Elle avait honte d'elle-même ce soir-là. Assise dans le noir, à pleurer dans son lit de grosse larmes silencieuses pleine de douleur, de honte et de haine, les yeux fixés sur son bras où elle avait commis une grosse erreur qu'elle regrettait déjà. Elle avait honte, en voyant ces quatre lignes sur son bras, qui n'avait pas saigné mais qui lui avait fait mal. Elle avait tellement honte d'en être arrivé là, à lamenter sa bêtise et sa vie, et tout le monde.
Elle recommença trois fois de plus, et s'arrêta quand elle saigna.
Un des jours les plus redouter de sa vie fut l'arrivée de ses règles. Bon dieux qu'elle avait eu peur en se réveillant, des crampes douloureuses au ventre et du sang baignant son lit. Elle avait hurlé pensant qu'elle allait mourir, réveillant ses parents qui son venue la voir, alarmer par ses crient, même son frère était là. À la plus grande surprise de Sophie, sa mère commença à rire, suivit de son père et des beuglements de dégoût de son frère. Elle se rendit aussi compte que ce jour fatidique était le commencement de sa plus grande malédiction et la plus grande joie de sa mère : la puberté.
Elle était resté petite, et selon sa mère, une fois les règles arriver, rare étaient les chances de grandir plus que sa taille actuelle. Sophie était donc coincé à jamais à 1m60.
Et ce n'était que le commencement de sa torture aussi physique que mental.
La puberté était normal, elle savait bien ça. Le seul bon côté avec tout ce merdier - comme elle l'aimait l'appeler - était qu'elle pouvait enfin être libérée de sa mère qui était toujours sur son dos. Elle était devenue "une femme" - elle ne savait pas pourquoi cette expression la rendait si mal alaise - et pouvait donc être plus libre. Les baskets, sweat et tout ce que sa mère trouvait relativement masculin étaient de retour. Son frère lui avait même offert des vielles affaires à lui pour lui faire plaisir.
Mais du côté plus sombre, il y avait la croissance de certaines protubérances qui s'étaient encore plus marquer avec le temps, à son plus grand désespoir. Elle haïssait les deux boules de graisse inutile que formait sa poitrine. Elle se voyait dans le miroir avant de se doucher tout le temps, et à chaque fois, cette vague de désespoir et dégoût l'envahissait et elle ne pouvait expliquer pourquoi. Elle n'en avait jamais parlé à personne. Et du coup, bien sûre, elle essayait de les cacher, ou les faire disparaître du mieux possible avec les sweats trois tailles trop grands de son frère et des t-shirts très amples.
Il y avait aussi les légères courbes que formait son corps mince, des courbes douces et somptueuses qui faisaient ressortir ses hanches et ses cuisses. "Tu ressembles à une fille." Avait dit une petite voix dans sa tête un matin. C'etait vrai, et pourtant ça lui avait fait mal. Elle n'a jamais su pourquoi.
Il y avait aussi l'épilage et rasage des poils indésirables du corps humain. Parce que c'est dégueulasse d'avoir ce genre de chose sur les femmes, parce qu'il fallait être belle pour plaire aux garçons, et avoir des poils partout c'est tout bonnement écœurant pour eux. Elle ne comprenait pas pourquoi elle devait le faire, la généralité "d'être une femme." Il n'y a pas de façon d'arrêter la puberté. Et ça c'était la chose la plus horrible que Sophie ait jamais entendue.
Il y avait ses cheveux aussi. Ils étaient beaux, oui, mais trop long, trop gênant. Elle les portaient toujours en une queue-de-cheval, parce que les voir la désespérait. Elle n'arrivait jamais à les coiffer et ils s'accrochaient toujours à tout. C'était vers la fin de sa cinquième qu'elle réussis à convaincre ses parents de se couper les cheveux. C'était le plus beau jour de sa vie.
Pendant les vacances d'été de cette même année, Sophie avait eu énormément de temps libres pour réfléchir. Elle n'avait nulle part où sortir, et encore moins avec qui, elle avait donc passé beaucoup de temps sur internet et avec son frère.
Internet - pas super exploitable à son époque - était surtout pour de la musique et des vidéos drôles qu'elle trouvait. La plupart du temps elle restait en blanc devant l'écran, sentant ces doigts bouger mais ne rien écrire. Elle avait la question, ou plutôt les questions, lui courant dans la tête. Pourquoi elle se sentait si mal avec elle-même? Pourquoi son propre nom la rendait mal alaise? Pourquoi? Pourquoi le seul fait de s'imaginer dans une vie différente, où elle n'était pas elle-même, où elle était quelqu'un d'autre, lui faisait mal au cœur car c'était ce qu'elle voulait? Elle avait peur des réponses qu'elle pourrait trouver.
"Si j'étais un gars, j'crois que j'm'appelerais Mathieu." Avait-elle dit un soir en regardant un film avec son frère. Elle ne savait pas d'où ça sortais, mais elle avait besoin de le dire. Elle y avait pensé plusieurs fois, mais elle ignorait souvent ce genre de pensée, elle lui faisait ressentir quelque chose au fond de son être, un sentiment pesant mais libérateur, mais elle ne voulait pas savoir ce que c'était. Et Florian était la seule personne à qui elle pouvait se confier.
"Mais tu t'appelles Sophie, et t'es une fille." Avait dit nonchalamment son frère. Elle sentit un déclic et de la gêne. Elle n'aimait pas entendre ça. Mais ce fut aussi un moment révélateur pour elle. Elle préférait ne plus y penser et se concentra sur le film.
"Pourquoi t'a dit ça?" Avait demandé l'aîné après presque vingt minutes de silence, faisant sursauter sa sœur.
Elle haussa les épaules, le regard dans le vide. Elle inspira profondément, réfléchissant aux paroles qu'elle utiliserait pour lui répondre, elle finit par lui poser cette question qui troubla son frère pendant longtemps :
"Est-ce que tu t'es déjà regarder dans un miroir et tu t'es dit 'cette personne-là, ce n'est pas moi'?"
Son frère n'a jamais su quoi lui répondre appart un "non" presque muet. Elle n'avait rien répondue non plus. Elle avait honte.
C'était quelques jours plus tard que Sophie avait réalisé les plus grandes différences entre les garçons et les filles. Elle, biensur savait les généralités : les garçons ont des bites, les filles ont des vagins, le bleu c'est pour les garçons, le rose pour les filles, les filles doivent avoir les cheveux longs, les garçons des cheveux courts. Mais c'était bien plus que ça. Masculinité et féminité. Ce n'était plus quelque chose de physique, c'était surtout dans la façon dont le cerveau des personnes pensait et travaillait. Sophie en était aussi effrayée qu'excitée.
Parce que peut-être qu'elle n'était pas Sophie.
Peut-être qu'elle était quelqu'un d'autre.
Peut-être que tout ce temps elle n'a jamais été Sophie.
La première fois qu'elle avait entendue - ou plutôt lu - ce mot, ça n'avait aucun sens. Elle était tombé dessus par hasard - c'est ce qu'elle se disait comme excuse - sur une page web sur lequel elle était atterrit.
Transgenre.
Elle était resté une demi-heure à lire l'article. Ça n'avait aucun sens. Soit on est une fille, soit on est un garçon, on ne pouvait pas devenir l'un ou l'autre. C'était impossible.
Mais plus tard, cette nuit-là, dans le noir de sa chambre, coucher sur son lit, elle passa sa main sur sa poitrine. Savourant l'aspect plat que la graviter créait virtuellement.
Elle n'etait pas un garçon.
À la rentrée en quatrième, elle avait fini par lire tout ce qu'il y avait à lire au sujet. Elle ne savait toujours pas si ça pouvait être elle. Mais elle avait lu, et elle avait eu un déclic qu'elle a tant bien que mal tentée d'ignorer. Le même déclic qu'elle avait ressenti en parlant à son frère, le déclic qu'elle avait enfoui dans un coin. Mais elle avait décidé de ne pas l'ignorer cette fois. Même si elle avait peur, mais si ça pourrait lui faire du mal, elle avait décidé de s'écouter.
Elle avait principalement décidé de faire quelque chose de stupide. Absolument stupide. Elle avait lu plusieurs fois, tellement de fois qu'elle ne pouvait plus les compter, les avertissements d'à quel point c'était dangereux et nuisible de porter des bandages sur sa poitrine. Elle allait le regretter elle le savait, elle allait avoir mal, elle le savait aussi, mais à ce point là, plus rien avait l'air d'avoir un sens ou de l'importance dans sa vie.
C'est mal mal mal mal mal j'aurais jamais dû faire ça mais quelle conne, s'était-elle dit. Mais même en ce le répétant, elle était quand même aller au Carrefour du coin après les cours. Elle achète et remplit son cartable de dix paquets de bandages élastiques et sors. Elle rentre chez elle comme si de rien n'était, personne ne demande pourquoi son sac a l'air si lourd - elle avait probablement beaucoup de devoirs après presque un mois de cours - et se cachât dans sa chambre. Elle jeta les paquets au sol, les comptants encore et encore puis soupira lourdement en laissant échapper un sanglot.
Elle n'a jamais été découverte.
Pas découverte.
Pas un garçon.
Pas une fille?
Ce manège infernal continua longtemps, trop longtemps. Ça ce voyait, sur son corps, sur sa poitrine qui ne finissait sa croissance, mal traitée par les bandages trop serrés. Des bleus recouvraient sa peau, des griffures, les traces du tissu qui n'avaient pas le temps de s'effacer. Mais ce voir tous les jours dans un miroir, le torse plat, virtuellement masculine malgré ses cheveux longs qui avaient poussé depuis sa première coupe de cheveux. Elle n'avait jamais vraiment eu beaucoup de poitrine, mais on ne pouvait vraiment plus les voir. Et elle pleurait, de douleur, de soulagement et de joie, parceque les deux malédictions ne se voyaient plus, même si ça faisait mal, ça lui faisait tellement de bien. Et sa dura, longtemps, et longtemps elle en souffrit.
Ça en devenait plus dur quand elle se regardait dans un miroir avant de se doucher. Elle finissait toujours par pleurer des larmes qui lui brûlaient les joues comme de la lave. Elle se torturait elle-même, tirant, griffant, frappant sa poitrine déjà endommagée par les bandages. Elle détestait ça, elle les haïssait.
"Barrez-vous putain putain dégagez je veux pas de vous putain." Elle sanglota. Personne ne l'entendait, elle le savait.
Quelqu'un frappas à la porte.
"Chérie, Sophie, tout va bien?" Dit la voix de sa mère derrière la porte.
"Oui maman. J'vais bien. J'vais prendre une douche." Ce n'était pas un mensonge.
Mais c'était la cinquième douche qu'elle prenait aujourd'hui. Sa peau était rouge et sensible à force de frotter, comme toutes les blessures sur son corps. Elle essayait d'enlever la fille, la féminité comme si c'était de la crasse sur sa peau qui la rendait sale. Elle entra dans la douche une nouvelle fois, et pleura silencieusement en posant sa tête contre le carrelage froid du mur. Elle frotta violemment son corps avec le savon et la fleur de douche, laissant des traces rouges derrière leur passage. En sortant elle se sécha rapidement, prit un paquet de bandage qu'elle avait pris avec elle. Elle inspira profondément, rentrant sa poitrine et enroula le bandage par-dessus en serrant fort, trop fort.
En se regardant de côté dans le miroir, elle pouvait voir sa peau ressortir à cause du bandage et devenir violet, la circulation de sang étant presque impossible, mais aussi par les bleus causés par tout cette torture. Mais au moins c'était plat.
Plat plat plat.
Pas une fille.
Pas un garçon.
En milieu du deuxième trimestre de quatrième, elle avait connu un garçon, il s'appelait Damien, et tous deux sont vite devenus amis. Elle rencontra aussi une amie à lui plus tard, Clara. Ils étaient les premiers vrais amis qu'elle ait eus depuis longtemps. Bien sûr elle n'avait pas le courage de tout leur dire, mais elle n'était plus seule. Depuis que Florian avait déménagé, elle c'était vraiment senti abandonner. Oui, ils se parlaient toujours grâce à leurs emails et il passait souvent à la maison pour les voir, mais ce n'était pas pareil.
Mais elle avait Damien et Clara maintenant. Ses parents étaient contents de la voir sourire plus souvent et d'avoir enfin des amis. Ils étaient beaucoup inquiètés pour elle, mais tout avait l'air d'aller pour le mieux maintenant, ça leur faisait chaud au cœur.
"J'en aie ras-le-bol de mes cheveux." Avait dit un jour Sophie en regardant son reflet sur une fenêtre, essayant de recoiffer ses cheveux du mieux possible. Ils avaient poussé depuis la dernière fois, ils lui arrivaient un peu plus bas des épaules, et pour la châtaine, c'était beaucoup trop long à son goût.
"Coupe-les alors, non?" Avait proposée Clara.
"Ouais mais après sa dépend de mes parents, ils voudront pas me les re-coupé."
"Mais c'est tes cheveux, pas les siens, c'est pas comme si tu coupait les cheveux à toute ta famille."
"Ouais, t'as raison…"
Sophie n'était pas forcément quelqu'un d'influençable. Mais son amie avait raison, ce n'était pas comme si en se coupant les cheveux, le reste de sa famille subirait la même chose. Mais elle savait pertinament qu'elle ne devrait pas le faire. Mais vraiment vraiment vraiment vraiment absolument pas faire ça.
Mais la porte de la salle de bain est fermé à clé. Des ciseaux dans une main et le raseur électrique de son père dans l'autre. Elle ne devrait vraiment pas faire ça.
Elle le fit quand-même.
Coupe.
Buzz.
Snip.
Plus là.
Tout est partis, elle s'était mise à rire d'angoisse et de joie, passant une main dans sa nouvelle et absolument horrible coupe de cheveux. Trop décoiffer vers le haut et trop court sur les côtes. C'était moche, mais c'était court. Elle regarda les mèches châtaines qui recouvrait le sol et se mis à rire plus fort. Elle allait se faire démonter par ses parents. Mais putain qu'elle en avait rien à foutre.
C'était parti.
Plus là.
Elle ne s'était jamais senti aussi bien dans sa propre peau, elle ne ressemblait plus à une fille.
Pas une fille. Et elle sourit.
Bref voili-voilu le chapitre 2 est terminer, vous tenez le coup? J'espère que vous aimer. Bref faites le moi savoir dans les reviews! Le prochain chapitre devrait pas tarder non plus donc à très bientôt!
Cont update: ce chapitre était le plus drôle à écrire je m'en rappelle.
