Here comes the second chapter !

Disclaimer : Les personnages de Kingdom Hearts sont la propriété de Square Enix...


Ah, la fraicheur du mois de mars et de sa pluie qui vous fouette le visage…

Il tombait des cordes depuis le matin et c'est évidemment ce matin-là que je dus rater mon tram. Merci à , mon professeur de chimie adulé (sarcasme puissance 1000), qui s'arrange toujours pour distribuer ses photocopies en fin de cours après la sonnerie.

Je me résignai donc à rentrer à pied sous la douche printanière, tout en prenant bien soin de marmonner des insanités dont je vous ferais grâce à l'encontre de mon prof de chimie. Encore heureux que mon manteau avait une capuche et que je n'habitais pas très loin du lycée. La Cité du Crépuscule n'était pas une très grande ville, qui en ce moment portait bien mal son nom vu que la pluie sévissait depuis au moins cinq jours. Mais je l'aime bien, moi, ma petite ville, surtout en été où on peut admirer les couchers de soleil tout en dégustant une glace à l'eau de mer avec un ami. Ou seule, dans mon cas. Pas besoin de sortir les mouchoirs, ça m'arrange de partager ce moment en tête-à-tête avec ma glace. Le sommet du clocher de la gare est le meilleur endroit que j'ai dégoté pour admirer le crépuscule, il n'y a que moi qui sache comment y accéder et je n'ai vraiment pas envie de partager ce secret avec qui que ce soit, pas même Naminé. C'est mon petit coin perso où j'aime me ressourcer quand j'ai des problèmes. Mais pour le moment les caprices de la météo m'empêchent clairement d'y aller, vous vous en doutez.

Enfin, un sentiment de délivrance s'empara de moi lorsque j'atteignis la porte de chez moi. Après avoir bataillé pour trouver mes clés dans le fouillis qu'était mon sac à main, je rentrai en poussant un soupir de soulagement. Je laissai mon sac glisser le long de mon bras pour qu'il finisse sur le sol, entraîné par son poids, avant de retirer mon anorak et de le pendre au porte-manteau du couloir. Je récupérai mon sac et traversai le vestibule pour entrer dans la cuisine et poser mes affaires sur la table. Je dus allumer la lumière à cause du peu de luminosité naturelle (je suis une pro-écologiste qui déteste allumer la lumière en pleine journée, mais nécessité fait loi…). Je continuai mon blasphème écologique en poussant le chauffage électrique au maximum, avant de me diriger vers le réfrigérateur pour y chercher quelque chose à grignoter. Un post-it était collé à la porte, sûrement écrit par ma mère. J'aime bien ma mère. C'est normal, me direz-vous, autrement vous me traiteriez de sociopathe, mais par là je veux dire qu'on s'entend vraiment bien. Vu que les femmes sont dominantes à la maison depuis le départ de mon père, ma mère et moi sommes un duo de choc, même si elle devait souvent quitter la maison, parfois des jours entiers, pour son travail de directrice marketing dans une société d'import-export.

Xion, j'ai dû partir pour le boulot ce matin. Je serai de retour demain soir. Mets-bien le chauffage pour ne pas attraper froid et fais attention à ton frère. Bisous maman.

Rectification : j'aimais ma mère.

De toutes les tâches ingrates qui pouvaient me tomber dessus au foyer, m'occuper de mon frère était de loin la pire. Mon après-midi s'annonçait jouissive.

Mon frère, ou tortionnaire, répond au doux nom de Vanitas. Lui et moi sommes faux jumeaux en tous points…on n'a pas le même caractère, le même style, les mêmes passions, le même choix d'études, rien. Lui, il est un peu gothique sur les bords. Ses cheveux noirs sont en pétards et partent dans tous les sens, il a les yeux jaunes (jamais compris pourquoi) et a le talent pour dépenser son argent dans des achats aussi inutiles que moches. Il se balade avec des tas de breloques bizarres autour des bras et du cou qu'il achète je ne sais où. Sa dernière acquisition ? Un T-shirt noir avec un drôle de symbole qui ressemble à un cœur(1)…en bref, j'aime pas, mais je pense que vous l'aviez compris. Enfin, on a quand même quelques petits trucs en commun :

- Le jour de notre naissance.

- La couleur de nos cheveux.

- Nos parents.

Vu qu'il terminait ce jour-là une heure plus tard que moi, il ne me restait plus que quelques minutes de tranquillité avant que l'ouragan Vanitas ne vienne mettre du Rammstein à fond dans sa chambre. Je mis donc ce temps à profit pour boucler le peu de travail que j'avais pour le lendemain et organiser mes cours. Vers quatre heures cinq, j'eus terminé mon boulot et je montai dans ma chambre ranger mon sac avant de redescendre dans le salon, m'asseoir confortablement dans le canapé pour continuer mon roman SOS d'un simili en détresse, lorsque j'entendis la porte d'entrée claquer.

- P'tin de temps de merde…Entendis-je maugréer mon cher frère dans le couloir.

Je ne pris pas la peine de commenter et retournai à ma lecture. Cependant, je ne m'attendais pas à ce que de grosses gouttes d'eau viennent s'écraser sur la page que je lisais.

- Maman est pas là ?

Je levai la tête et tomba nez à nez avec Vanitas dont les cheveux dégoulinaient d'eau. Parce qu'évidemment, Môsieur Vanitas est trop cool pour mettre une capuche et cacher sa fantastique crinière de jais.

- Non, elle est partie pour affaires. Elle reviendra demain soir. L'informai-je en me relevant pour éviter une douche.

- J'vais dans ma chambre. Me dit-il en quittant le salon.

- Molo sur la sono !

Mon avertissement demeura sans réponse. Irritée, je montai à mon tour les escaliers pour dire ma façon de penser à ce sale gosse gâté à présent retranché dans ses quartiers. Je m'arrêtai devant sa porte, le poing levé, prête à frapper, mais finalement je me ravisai en soupirant. Je n'avais pas envie de me retrouver dans cette antre satanique où Vanitas se complaisait chaque jour dans son linge sale, ses jeux vidéo gore et ses sites internet aux contenus…divers et variés.

Je finis par tourner les talons et m'isoler dans ma propre chambre. Elle n'était pas grande : un lit, un bureau, quelques étagères remplies de livres et une garde-robe. Une chambre normale quoi…

Mais alors que je m'étais allongée sur mon lit, quelque chose me vint à l'esprit : j'avais oublié mon livre, cruche que j'étais. Je descendis donc le chercher, mais pendant que je revenais à mes quartiers, un son qui m'était alors inconnu chez moi me frappa de plein fouet : le silence.

Quoi ? Me prenez pas pour une folle, le silence ça n'existe PAS quand vous vivez dans une maison avec un autre ado gothique en plein chaos hormonal. Mes hormones à moi ? Elles se portent très bien, merci.

Enfin bref, j'étais tout simplement abasourdie par le calme plat qui régnait dans la maison. Pas un son ne sortait de la chambre de Vanitas. Pas un « argh » de zombie qui mourrait une seconde fois, pas de coups de feu, pas de black metal, nada. Ce silence oppressant commença même à m'inquiéter. Je frappai donc à la porte de la chambre-caverne de mon frère pour vérifier qu'il était toujours là. J'attendis de longues secondes, mais personne ne vint m'ouvrir. Je commençai à sérieusement à avoir une poussée de stress, il fallait que je sache si Vanitas n'était pas accidentellement passé par la fenêtre ou autre chose. J'ai donc pris mon courage à deux mains et j'ai ouvert la porte, pour y trouver mon crétin de frangin, assis à son bureau, en train de me regarder avec des yeux de merlan fris.

- Mais qu'est-ce que t'as, à me regarder comme ça ?! M'énervai-je sur lui malgré mon soulagement intérieur. J'ai frappé et t'es même pas venu, j'ai cru qu'il t'était arrivé quelque chose !

- Et qu'est-ce qu'il pourrait m'arriver ici ? Me demanda-t-il avec un air hautain.

- J'en sais rien moi ! D'habitude tu mets toujours la musique à fond et…Tu regardes ton bureau ?

Je lui désignai l'écran de son ordinateur portable, sans aucune fenêtre ouverte.

- Je euh…je…j'organise mes icônes ! Tenta-t-il de m'expliquer.

- Tu organises tes icônes ?

- Humhum !

- D'accord…je vais lentement sortir d'ici…et ne plus remettre les pieds dans cette chambre pendant au moins un an j'espère…

Je sortis donc en refermant soigneusement la porte derrière moi. Et j'aurai juré entendre mon frère souffler derrière sa porte. Il me cachait quelque chose et j'allais le découvrir de ce pas…me restait à savoir comment j'allais m'y prendre.

Une fois de retour sur mon lit, je laissai mon esprit dériver, les yeux rivés au plafond, qui soit dit en passant n'était commençait à virer du blanc au jaune à cause de l'âge…faudrait que je demande à maman de m'acheter de la peinture pour arranger tout ça un jour. Mais je m'égare encore, là…Cela vous est-il déjà arrivé de penser à trop de choses en même temps ? Personnellement, ça m'arrive souvent dans mon lit avant de m'endormir. J'ai tendance à faire le point sur ma vie (bravo à mon âge l'introspection) ou plus fréquemment sur ma journée, et tout a tendance à se mélanger dans ma tête quitte à donner des phrases totalement incohérentes du genre « Vanitas n'a pas encore pris de patate aux crayons ? » ou « Ai-je bien répondu au caleçon sale de la prof de math ? ». A ce moment précis c'était ce qui se passait dans mon cerveau, alors que je devais au plus vite réfléchir à un plan d'action pour espionner mon frère. Il y a des jours comme ça, où mon cerveau frôle le burn-out…

Mais une image revenait sans cesse, nette et précise, contrairement à tout ce que je pouvais penser d'autre. Ce garçon blond qui m'a percutée (utilisons ce terme, c'est nettement plus classe que « rentrer dedans ») et son air paniqué semblable au mien…je dois avouer qu'il était plutôt beau, même si je n'ai pas observé ses traits en profondeur. Ce dont je me souvenais le plus, c'étaient ses flamboyants cheveux blonds comme le blé…

Oh mon dieu, ça tournait au vinaigre. Je commençai à faire des métaphores mielleuses. Pense à ton plan. Pense à ton plan !

La chambre de Vanitas était une forteresse quand ce dernier y était. A l'exception d'aujourd'hui, y entrer relevait de l'épreuve de force. Quoique non, y entrer n'était pas le plus difficile. C'était d'y rester. Soit le propriétaire des lieux vous jetait dehors à coups de tatanes ou alors la puanteur infecte qui se dégageait des monceaux de linge sale et les posters glauques qui recouvraient les murs avaient raison de votre santé mentale. Non, je n'exagère pas.

Il me fallait donc pénétrer dans cet antre infernal pendant que son propriétaire serait occupé ailleurs. En autre temps cela aurait été facile, ma mère s'en serait chargée malgré elle, mais vu qu'en ce jour elle n'était point-là, la situation s'annonçait un peu plus corsée. Il me fallait trouver une autre diversion…Tout en réfléchissant, je descendis à la cuisine pour y préparer le dîner. Je ne suis pas une cuisinière hors pair, ce soir-là ce serait pâtes bolognaise…

Et là, l'idée lumineuse, ou plutôt devrais-je dire le plan diabolique, surgit dans mon esprit. Je me précipitai dans la salle de bains pour ouvrir la petite armoire à pharmacie fixée au-dessus du lavabo. Après avoir fureté entre les boîtes pendant deux bonnes minutes : je trouvai enfin l'arme du crime : des laxatifs en poudre…

Donc vous avez deviné mon plan : pour une fois les rôles s'inverseraient, ce serait moi qui ferais chier mon frère (2). Hahem…

Je planquai un sachet dans ma poche et je descendis à nouveau au rez-de-chaussée. Une fois dans la cuisine, j'ouvris un des placards pour m'emparer d'un paquet de spaghettis et d'une casserole. Je remplis cette dernière d'eau et la plaçai ensuite sur la taque électrique pour porter le liquide à ébullition. Pour passer le temps j'ai allumé la télé, histoire d'avoir un fond sonore pendant que je préparais la table, ou la scène de crime si vous préférez. Après avoir placé les couverts, je mis les pattes dans l'eau bouillante avant de chauffer la sauce bolognaise dans une autre casserole, juste à côté. Une dizaine de minutes plus tard, je vidai l'eau de cuisson dans l'évier et servis les pâtes dans nos assiettes, avant de répandre une dose généreuse de sauce bolognaise et de saupoudrer le tout de parmesan frais.

- VANI, LE DÎNER EST SERVI !

Point de réponse, comme prévu. Etant donné que Vanitas était toujours en retard pour manger, j'avais largement le temps de servir sa part et de…l'assaisonner généreusement. Je déchirai la partie supérieure du sachet et versai son contenu sur la sauce de mon frère afin qu'elle se confonde avec le parmesan (une chance que la couleur soit la même). Comme si de rien n'était, je m'installai à table et commençai à manger. Finalement, au bout de cinq minutes, la victime pointa le bout de son nez et s'attabla en face de moi sans dire un mot. A croire que le mutisme est une affaire de famille, chez nous. Sans même m'en rendre compte, je ralentis de plus en plus en mangeant, lançant un regard béat à Vanitas qui à son tour me regarda avec un regard que l'on pourrait interpréter comme un qu'est-ce que t'as à me regarder comme ça espèce de folle ?

- Quoi ? Me lança-t-il.

- Ha, euh, rien, rien du tout…Balbutiai-je avec le charisme d'une patate pas mûre.

- T'es vraiment bizarre toi aujourd'hui…T'as mangé un truc pas frais ou quoi ?

- Non, pas que je sache.

- Naminé t'as refilé de la coke ?

- QUOI ? T'es malade, Naminé ne toucherait jamais à de la drogue !

- Mouais, c'est ce qu'on dit, mais cette fille est tellement joyeuse qu'on dirait qu'elle est sous extasie.

- Donc pour être normal il faut être triste ? Digne d'un gothique…

- Je suis pas gothique. Je suis…

- Vanitas, oui. Tu m'as déjà fait cette feinte narcissique des milliers de fois…maintenant tais-toi et mange.

- Oui môman…

Je levai les yeux au ciel avant de continuer mon repas. Le dîner se poursuivit avec le journal télévisé en fond sonore. Au programme : la bourse d'Illusiopolis avait encore enregistré une chute de ses actions de 5%, une interview du maire du Jardin Radieux sur la propreté de sa ville et d'autres réjouissances du même style.

Nous nous relevâmes de table après avoir terminé et Vanitas ne prit pas, comme à son habitude, la peine de m'aider à débarrasser la table. En d'autres circonstances j'aurais piqué une crise mais sa punition arriverait bien assez tôt…En effet, cinq minutes après être remonté dans sa chambre, j'entendis Vani se précipiter vers la salle de bains et fermer la porte à double tour. Ah, douce vengeance…Je laissai tomber la vaisselle illico presto et partit à l'étage, pour trouver la porte de la chambre de Vanitas grande ouverte et qui implorait qu'on la franchisse…

Vu que la générosité envers les portes était une chose très importante, j'exhaussai son vœu silencieux et entrai dans l'antre de mon frère en mode furtif, comme dans l'un de ses jeux vidéo, Assassine Screud (3) ou un truc dans le genre. Après avoir enjambé deux ou trois jeans sales, j'aboutis à son bureau, où son pc portable projetait une lumière blafarde sur le mur d'en face. Apparemment mon cher frangin était en grande conversation sur Skype. Et là mon cœur rata un battement : le contact de Vanitas n'était autre que le garçon de ce matin.

Alors comme ça mon frère connaissait ce garçon…et plutôt bien, à en juger par les messages qu'ils s'envoyaient. D'habitude Vanitas n'était pas un mec très ouvert, qui la plupart du temps ouvrait sa bouche pour se nourrir ou envoyer une pique bien sentie. Mais dans cette conversation, c'est comme si je découvrais une nouvelle facette de sa personnalité. Smiley abondants, petits surnoms (en l'occurrence « Ven-touse»), traits d'humour, parfois douteux il faut l'avouer…Enfin soit, ils semblaient très amis. Soudain un « pop » résonna dans la pièce et un nouveau message apparut sur l'écran, émanant du dénommé « Ven-touse » (remarquez la profondeur du surnom, mais bon vous savez ce qu'on dit, chassez le naturel il revient au galop…) :

« Tu m'as pas dit que tu avais une sœur ? »

OOOOOH, Vanitas parlait de moi à Ven-touse ? Heureusement que j'étais assise, sinon je me serai brisé le coccyx en tombant sur les fesses. C'était peut-être l'occasion de m'introduire auprès de ce charmant jeune homme…

« Oui, elle est cool, c'est un sacré numéro :) »

Ben quoi ? C'est la vérité !

« Cool, apparemment mon frère lui serait rentré dedans ce matin »

HEIN ?! Son frère aurait exactement la même tête que lui ? Ah mais oui, si ce sont des jumeaux. Quelle cruche…mais comment je ferais pour les distinguer si je les recroise, moi ?! Sérieux, pourquoi il fallait toujours que je me mette dans des situations pareilles…Ca me dégoutait de l'avouer, mais si je voulais renouer contact avec le garçon bulldozer (oui c'est comme ça que je l'appellerais dorénavant), il me faudrait demander l'aide de Vanitas, qui devait certainement le connaître par le biais de son frère...

Toujours en fixant l'écran je me relevai et enfin tournai la tête vers la porte…où se tenait Vanitas, dans l'encadrement, une expression pas très amicale sur le visage. Ne sachant pas quoi faire, je lui servis un sourire niais.

- Par la porte ou par la fenêtre ? Dit-il froidement en s'approchant de moi.

- Je peux sortir toute seule ? Demandais-je avec une piteuse petite voix.

Il me saisit par le bras et me poussa à l'extérieur de sa chambre avant de claquer la porte. Oh, quel malotru, vraiment. Enfin, je venais de profaner son sanctuaire et de me mêler de sa conversation privée…

Désormais, je pourrais toujours me gratter pour avoir de l'aide de sa part…


(1) : Vous avez bien sûr reconnu le symbole Unversed :)

(2) : Feinte à la fraicheur douteuse, certes...

(3) : Dédicace à mon amie qui a massacré le titre de ce jeu xD. Je t'aime fort Nono !

Alors, comment Xion s'y prendra-t-elle ? D'ailleurs s'intéresse-t-elle vraiment au frère de Ven-touse ?

Pour le savoir, rendez-vous au prochain chapitre...prochainement.

En attendant...Reviews ? :3