Je ne sais pas trop quoi penser de ce chapitre-là. J'espère sincèrement qu'il vous plaira, en tout cas. Il répond au prompt "Les Nuits d'Orage".
Encore merci à Souky pour son bêtatage! :D
Bonne lecture!
Chapitre 2.
L'orage m'efface
Je ne suis plus.
Cette phrase se répète en moi, inlassablement, alors que je prends pleinement conscience des conséquences de ces mots. Je ne suis plus. J'ai cessé d'exister, autant à tes yeux qu'aux miens. Il ne me reste plus qu'à disparaitre complètement de ta vie, à m'effacer, à m'oublier…A me faire oublier. Parce que je ne suis plus.
Alors, tandis que l'orage gronde et me rappelle douloureusement cette nuit où tout s'est effacé, je songe à ce qu'aurait pu être ma vie si je n'avais pas eu cette folie de t'aimer, ce désir de vouloir t'embrasser, de te serrer contre moi, cette envie d'oublier qui nous sommes, toi et moi, pour nous réunir en un tout. Un tout à ton innocence, et à ma mauvaise langue. Un tout à l'irréalité douloureuse. Parce que nous ne sommes pas, nous ne sommes plus, et nous ne serons jamais.
Et si cela ne m'avait jamais transpercé, si tu étais restée ma simple amie trop pure pour son bien, je ne serais pas là, à fixer la pluie qui tombe, et à sentir mon cœur se tordre au rythme des orages qui grondent.
Ces orages qui me hantent, qui résonnent en moi, murmurant sournoisement, « Tu n'es plus. » Parce que oui, je ne suis plus, j'ai cessé d'exister sur cette terrasse trop grande, face à ces étoiles moqueuses, et ton regard clair et innocent, Daphné.
Le souvenir de ce regard qui me tue, lentement, doucement, avec autant de force que le ferait le plus efficace des poisons. Ton regard fera ma mort, et cette lueur d'innocence dans tes yeux a signé ma déchéance. Je ne suis plus, et n'espère même plus renaitre, afin de voir d'une nouvelle façon ce monde qui me heurte, et dont tu fais partie, Daphné. Inconsciemment. Tu ne te rends compte de rien. Tu es inconsciente, innocente.
Je ne te connaitrais pas, Daphné, je prendrais cette ignorance, qui fait du mal, pour de l'indifférence. Et, au fond, je ne sais lequel je préfèrerais. Supporterais-je mieux de voir de l'incompréhension innocente dans tes prunelles d'un bleu délicat, presque autant que toi ? Ou bien serait-ce ton indifférence et un vide d'émotion qui me meurtriraient davantage? Par quel regard me blesserais-tu le plus ?
Tu sais, Daphné, voilà deux semaines que je ne suis plus. Deux semaines que tu as disparu de ma vie. Deux semaines que ce fichu regard me torture. Sincèrement, tu vas finir par me tuer.
Toi, si naïve, qui ne se doutais de rien, qui écoutais nos dires, et les acceptais en silence, trop timide pour réagir. Toi, qui es si simple, si fragile, comme une fleur qu'on aurait peur de toucher, ou même d'effleurer, pour ne pas la malmener. Tu écoutais tout, et nous aimais en souriant, car c'est ainsi que tu es. Tu nous offrais maintes choses, rougissante, avec un visage à croquer qu'on ne saurait refuser. Tu tentais de nous aider, de tout bien faire, d'être douce et prévenante. Pourtant, en souhaitant nous plaire, tu nous a blessé profondément. Mais, charmés, nous ne pouvions rien te reprocher.
Et là, alors que je ne suis plus, que je me perds, et que la douleur vrille mes sens, je ne peux rien te dire, parce que ton regard s'impose en moi, et me torture violemment.
Ce regard, Daphné, qui fera ma mort. Ce regard, aux prunelles ensorcelantes, mélange de tristesse et de naïveté, représentation brute de ta douceur, de ta simplicité. Tes yeux reflètent ton âme, Daphné. Et moi qui n'ai jamais cru à ce genre de chose ne peut que m'incliner, ici. A cause de toi. De tes yeux. De ce regard qui sourit et s'inquiète pour toi.
Et, Daphné, si seulement ton regard était le seul de tes atouts, je ne serais peut-être pas réduite en une flaque de douleur, blottie contre ce siège, à trembler avec le tonnerre. Si tes lèvres n'étaient pas si belles, si tes joues n'avaient pas cette rougeur constante qui fait ton côté mignon, si tes cheveux n'étaient pas si beaux, si fins, si blonds. Pourtant, si tu n'avais pas tout cela, tu ne serais pas toi. Et, à choisir, je préfère t'avoir et souffrir.
Alors, oubliant que pour toi je ne suis plus, je me terre dans mon lit. Les yeux fixés sur l'horizon noirci, je me remémore encore et encore les lignes de ton visage, que jamais plus je n'effleurerai du regard, la beauté de tes yeux, que je ne verrai plus, et tout ce qui fait que tu es toi, et que je t'aime si fort. Malgré tout.
Note:
Voilàà...J'espère que vous avez aimé! :D
A bientôt!
Ju'
