Bonjour à tous,
Voici le deuxième chapitre de Par delà le Mur. Je ne l'ai pas dit dans le premier chapitre mais j'ai écrit cette fanfiction il y a plus de trois ans, je l'ai déjà publié par le passé sur un autre site et je me suis dit que ça pouvait être une bonne idée de la poster ici.
En espérant que ce deuxième chapitre vous plaise,
A bientôt,
Colibrii
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Deuxième Eté
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En cet été 1868, Isla Black était plus qu'heureuse de retrouver la résidence d'été de sa famille. La jeune fille venait juste de passer ses BUSE et par conséquent recevrait ses résultats courant juillet. Toutefois, ce n'était pas cela qui préoccupait le plus Isla Black lorsqu'elle arriva au Manoir familial. La jeune fille cachait, en effet, un secret depuis près d'un an à sa famille. Un secret qui aurait pu paraître ridicule aux yeux de beaucoup mais qui aurait été synonyme de honte dans la famille Black.
La jeune fille avait rencontré au détour d'une promenade dans le parc un jeune garçon qui habitait le village voisin. Ceci aurait pu être simple si le garçon en question n'avait pas été Moldu et la famille Black très attachée au statut du Sang. Pendant les dernières vacances d'été, Isla l'avait donc fréquenté en secret découvrant chaque fois de nouveaux aspects du monde moldu.
Alors qu'elle regardait par la fenêtre de sa chambre, la jeune fille songeait à son ami moldu qu'elle n'avait pas vu depuis près de dix mois et qu'elle était pressée de retrouver. Elle avait rêvé de lui de nombreuses fois ces dernières nuits et ne pouvait s'empêcher de rougir en songeant à certains d'entre eux.
L'elfe de maison de la jeune fille frappa à sa porte pour la prévenir que le dîner était servi. Isla alla donc retrouver ses parents et sa sœur pour dîner. Son frère aîné, Phineas ne vivait plus avec eux depuis son mariage.
Iona Black demanda son avis à Mr Black pour le menu du Bal d'Eté. L'homme écouta attentivement ce que sa femme proposait et fit quelques remarques négatifs à l'encontre de certains plats ce qui vexa ostensiblement son épouse. Toutefois, cette dernière se reprit en esquissant un sourire et remercia Mr Black aimablement.
Elladora lança un regard sans équivoque à sa sœur. L'aînée essayait, en effet, depuis près d'un an de convaincre sa cadette que leur père avait une liaison. De plus, Elladora était persuadée que la maîtresse de leur père était une Impure ce qui, si cela se savait, salirait sans aucun doute leur nom. Isla, elle, ne pouvait voir leur père avoir une aventure ce qui agaçait prodigieusement son aînée. Cette dernière lui reprochait de ne pas voir leur père tel qu'il était.
Après le dîner, Isla alla directement se coucher. Elladora vint frapper à sa porte comme tous les soirs pour discuter avec elle.
— Entre, déclara la plus jeune en s'asseyant dans son lit.
Elladora pénétra à l'intérieur de la pièce et s'installa à côté de sa cadette.
— Nous ne nous sommes pas beaucoup parlées depuis la fin de l'année scolaire, remarqua Elladora.
Isla esquissa un sourire. Elladora et elle n'avaient fait que se croiser ces dernières semaines. Les révisions pour leurs examens les ayant accaparés. Les deux sœurs discutèrent ainsi de choses et d'autres et particulièrement des fiançailles de l'aînée. Ces dernières auraient, en effet, lieu au début du mois d'août quelques semaines après le Bal d'été.
Le lendemain après-midi, Isla quitta le Manoir pour aller retrouver Robert à leur lieu de rendez-vous. Le cœur battant, la jeune fille monta sur le mur et passa de l'autre côté. Il n'était pas encore là. Isla s'installa près de l'étang pour l'attendre.
— Bonjour Lucretia, lança une voix grave.
La jeune fille tourna son visage vers le nouveau venu. Robert avait grandi durant leur séparation et semblait encore plus impressionnant qu'avant. Il s'assit à sa gauche.
— Quand êtes-vous arrivée ? demanda-t-il.
— Hier après-midi, répliqua-t-elle en souriant. Vous n'avez pas amené votre canne à pêche ? s'étonna-t-elle.
— J'ai décidé de laisser un peu de répit aux poissons, répondit-il.
— Comment va le travail à la forge ?
— Père a engagé un apprenti en plus. Le marché est de plus en plus fréquenté, il faut dire. Et entre les fers à cheval et le pur travail de forgeron, on se perdait un peu. Et sinon votre année à Londres n'a pas été trop longue ?
— J'aime beaucoup Londres donc ça a été, rétorqua-t-elle. Bien que je doive avouer que nos discussions m'ont manqué, avoua-t-elle.
Robert rougit légèrement et se gratta la nuque.
— Je… J'aurais aimé… Il y a une sorte de bal organisé, dimanche prochain et je… je me demandais si vous… si vous vouliez venir, déclara le jeune garçon gêné.
Isla ne put s'empêcher de s'imaginer au bras de Robert en train de danser sur de la musique moldue. Son rythme cardiaque s'éccéléra quelque peu.
— Je suis désolée mais je ne pourrais pas, répondit-elle finalement.
— C'est pas grave, répliqua le jeune garçon.
Isla le vit esquisser un sourire malgré sa mine déçue.
— Une autre fois peut-être, lança-t-il en se passant la main dans les cheveux.
Robert s'étendit sur le dos et invita Isla à faire de même.
— Regardez ! Un cheval, dit-il en pointant le ciel.
Isla sourit en regardant les nuages. Depuis qu'ils se connaissaient, Robert proposait souvent ce jeu qui consistait à trouver des nuages qui pourraient avoir des formes insolites.
— Un dragon, déclara-t-elle en montrant un autre nuage.
— Pas mal, répliqua-t-il en souriant. Un chien, on dirait qu'il court après quelque chose, ajouta-t-il après quelques minutes de silence
— Après une licorne, proposa-t-elle.
— Vous aimez bien les animaux fantastiques, il semblerait, plaisanta-t-il.
Isla ne put s'empêcher de rire à sa remarque. S'il savait… Le bras de Robert touchait presque le sien. Leur proximité la fit rougir légèrement. Elle tourna son visage vers lui ne pouvant s'empêcher de le trouver séduisant. Elle détourna les yeux. Il fallait qu'elle se reprenne. Robert était Moldu. Elle était une sorcière. Il n'y avait aucune possibilité de mariage ou quoique soit d'autre entre eux. Elle se sortit rapidement ses réflexions de la tête et retourna au jeu.
Les deux jeunes gens continuèrent à plaisanter une bonne partie de l'après-midi. Isla prit congé après avoir fixé la prochaine date de leur rendez-vous.
— Au revoir, Miss Lucretia, déclara Robert en souriant.
Le cœur de la jeune fille se serra légèrement en entendant son deuxième prénom. Elle ne lui avait pas donné son prénom usuel et regrettait parfois de ne pas l'avoir fait. Isla se reprit. Elle avait préféré ne pas le faire par prudence. En effet, on ne savait pas qui pouvait côtoyer le jeune garçon.
Comme à chaque fois, Robert l'aida à franchir le mur et elle retourna chez elle pensive. Sa mère fit à peine attention à elle lorsqu'Isla pénétra dans le salon. Iona et Elladora établissaient, en effet, la disposition du buffet et de l'orchestre. Visiblement, Iona voulait changer ses habitudes.
— Et que pensez-vous de mettre l'orchestre, ici ? proposa-t-elle.
— Je ne sais pas, Mère. Ceci ne risque-t-il pas de désorienter les invités ?
— Isla ! Qu'en pensez-vous ?
— Cela risquerait de réduire la taille de la piste de danse, répondit-elle après quelques secondes de réflexion.
— N'ai-je donc personne dans cette maison pour me soutenir… s'exaspéra Iona dans un mouvement théâtral. Je vais demander son avis à votre père. Lui me dira ce qu'il en retourne ! Elfe ! Elfe ! appela-t-elle.
Un elfe de maison apparut dans un pop sonore devant sa maîtresse. La créature fit une révérence, son front touchant presque le parquet.
— Ramène-moi un verre d'eau ! Et plus vite que cela, s'agaça-t-elle en constatant qu'il n'avait toujours pas disparu.
Isla regarda sa mère tourner en rond dans la pièce. La jeune fille la trouvait de plus en plus irritable et insatisfaite ces derniers temps. Isla eut droit à un regard noir de sa mère lorsqu'elle capta celui de sa fille. Cette dernière baissa les yeux rapidement.
— Et au lieu de me regarder ! Aidez-moi ou disparaissez ! soupira-t-elle en se frottant la tempe gauche de l'index.
Isla quitta la pièce la tête basse et préféra aller se réfugier dans la bibliothèque. La jeune fille lut un traité d'astronomie en attendant le retour de son père et le dîner.
— Ah Isla ! Vous êtes là !
La jeune fille se tourna vers son père qui venait de pénétrer dans la bibliothèque familiale. Yilden Black approchait de la cinquantaine et malgré un port altier cela commençait à se voir. Sa calvitie était de plus en plus prononcée et quelques kilos en trop permettaient de comprendre que Mr Black faisait partis de ces hommes qui avaient réussi.
— Cela ne va pas, ma fille ? questionna-t-il visiblement inquiet. C'est votre mère, je me trompe ? ajouta-t-il semblant comprendre.
Isla préféra ne pas répondre se contentant de pencher légèrement la tête.
— Vous savez, Isla. Ce bal est l'occasion pour votre mère de briller au sein de notre société et Merlin seul sait combien Iona aime briller, déclara-t-il en souriant. Il faut lui pardonner son indélicatesse, mon enfant, ajouta-il.
Son père posa une main rassurante sur l'épaule d'Isla. Un sentiment de culpabilité envahit rapidement la jeune fille lorsqu'elle songea à la bonté dont avait toujours fait preuve son père. Elle le trahissait d'une certaine manière en fréquentant Robert.
— Vous venez ! Il est temps de dîner, dit-il en se dirigeant vers la porte.
La jeune fille suivit son père. Sa mère et sa sœur étaient déjà attablées lorsqu'ils pénétrèrent dans la pièce. Elladora lui fit un sourire d'encouragement tandis qu'Isla s'installait à sa place habituelle.
Le dîner se passa dans le silence qui était de rigueur la plupart du temps. Après une heure à lire dans le salon, Isla salua ses parents et regagna sa chambre. La jeune fille esquissa un sourire en voyant le hibou gris qui s'était installé près du sien. Elle se précipita vers lui pour récupérer sa lettre et lui offrit un biscuit en récompense.
Isla décacheta la lettre rapidement et commença à lire :
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Chère Isy,
Quel plaisir de savoir que tes BUSE se sont bien passées. J'espère sincèrement que tu auras les Optimal que tu mérites.
Je m'excuse d'ailleurs de ne pas t'avoir répondu plus tôt mais comme tu as dû l'apprendre dans les journaux, je viens d'accoucher d'un petit Bilius Weasley. Un ange aux quelques cheveux roux. Tu ne peux savoir à quel point, je suis heureuse.
J'ai parlé à Perceval du besoin pour notre fils d'avoir un parrain et une marraine et il se trou…
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On frappa deux coups discrets à la porte qui firent sursauter Isla. Elle cacha précipita sa lettre dans son corsage et invita sa sœur à entrer.
— Tiens ! Tu as reçu du courrier, remarqua-t-elle en jetant un coup d'œil au hibou gris.
— C'est Ann, répondit Isla.
Elladora se contenta d'hausser les épaules et alla s'asseoir sur le lit de sa cadette.
— Ça va comme tu veux Isla ? demanda-t-elle l'air de rien.
— Si tu es venue me parler de Mère. Père s'en est déjà chargé ne t'inquiète pas. Et je vais bien.
— Mère est comme ça avec tout le monde, Isla, tu le sais, déclara tout de même Elladora.
— Elladora, s'il te plaît. Je n'ai pas envie d'en parler.
— Comme tu veux… Où étais-tu cet après-midi ? Je t'ai cherché dans le parc…
— Tu as dû mal chercher, rétorqua Isla en souriant. Je dessinais, je ne sais où…
— Tu dois avoir raison. Ce parc est tellement grand !
Les deux sœurs discutèrent de choses et d'autres une petite heure puis il fut temps pour chacune d'entre elle d'aller se coucher. Isla attendit qu'Elladora soit sortie de sa chambre pour récupérer sa lettre. La jeune fille chercha rapidement où elle avait été interrompu dans sa lecture et reprit :
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… un parrain et une marraine et il se trouve que j'ai pensé à toi. Tu es une si bonne amie, mon amie la plus chère. Tu as été la seule à ne pas tourner le dos lorsque j'ai décidé de me marier avec Perceval et je t'en serais à jamais reconnaissante. Ainsi, je pense que le petit Bilius ne pourrait avoir de meilleure marraine que toi. Dis oui, par pitié, Isy !
J'aimerais tant te montrer mon fils qu'il rencontre sa marraine (car je suis persuadée que tu ne peux que dire oui, ma chère Isy) mais je sais que malheureusement cela est impossible. J'aurais tellement aimé que tu puisses transplaner à la maison et que nous puissions ainsi discuter de choses autour d'une bonne tisane. Malheureusement comme je l'ai dit plus haut, cela est impossible.
Quand je pense que le bal d'été a lieu dans à peine plus de trois semaines et que je ne peux pas venir. Je sens que nos remarques sur les robes des invités et tout ce qui rendait ce bal intéressant vont me manquer. En espérant que tu ne t'ennuies pas trop.
En parlant de cela, te rends-tu compte que cela fait presque un an que Perceval et moi sommes mariés ! Comme le temps passe vite. Il y a un an, je songeais seule dans ma chambre à la manière de t'annoncer ma décision. J'imaginais ta réaction, celle de ma famille ou encore celle de la société. J'avais peur mais j'étais déterminée et je ne regrette rien.
Ne trouves-tu pas que j'ai déjà assez parlé de moi ? Je te demande donc : Comment se passe ce début de vacances ? Etes-vous déjà au Manoir Black ? As-tu reçu tes résultats de BUSE ?
Je te laisse et espère avoir bientôt de tes nouvelles,
Bien à toi,
Azyla Weasley
PS : Pourrais-tu saluer Leopold de ma part si tu le vois au bal d'été ? Je te remercie par avance.
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La jeune avait pour le moins été surprise de certaines nouvelles que contenait la lettre. Ainsi Azyla voulait qu'elle devienne la marraine de son fils. Comment pouvait-elle savoir qu'elle ferait une bonne marraine ? Après tout, Isla ne s'était jamais occupée de personne. Et puis, il faudrait aussi organiser la cérémonie. Quand allait-elle la faire ? Comme Azyla l'avait précisé dans sa lettre Isla ne pouvait pas transplaner. Il faudrait qu'elle lui pose toutes ces questions. La jeune fille soupira légèrement avant de ranger sa correspondance à l'abri des regards.
Isla enfila sa chemise de nuit. Elle ouvrit la fenêtre pour que le hibou d'Azyla et sa chouette puissent aller chasser et alla se coucher. Elle eut à peine le temps de poser la tête sur son édredon qu'elle dormait déjà.
Pendant les trois premières semaines de juillet, Isla et Robert se virent dès qu'ils le pouvaient. La jeune fille appréciait de plus en plus le Moldu et sa culpabilité ne cessait de la ronger après chaque rencontre. A chaque fois les mêmes questions revenaient : devait-elle lui dire la vérité sur son identité ? Et si elle lui avouait comment prendrait-il son mensonge ?
Le bal d'été arriva bien plus vite qu'Isla ne l'aurait désiré. La jeune fille pénétra dans la salle de réception et comme l'année passée, le valet, engagé spécialement pour l'occasion, annonça son entrée après celle de son frère et de sa femme et celle d'Elladora et de son fiancé. Tous les regards se tournèrent vers eux et particulièrement vers elle. Les elfes de maison avaient travaillé dur pour confectionner la robe qu'elle portait. Isla remarqua que sa mère esquissait un sourire satisfait. Isla savait parfaitement que sa mère avait demandé cela pour capter l'attention d'un potentiel fiancé et particulièrement celle de Harfang Londubat. Le cœur d'Isla battait la chamade tandis qu'elle se dirigeait vers le centre de la pièce et par conséquent vers sa famille.
— Mesdames, Messieurs ! commença Iona Black. Bienvenue à la trente-et-unième édition de notre prestigieux bal d'été qui je l'espère le sera encore plus que l'année passée. Sur ce, je vous laisse apprécier pleinement la musique.
Au signal, la musique démarra et comme tous les ans, Iona et Yilden Black ouvrirent le bal suivis de près par Phineas et sa femme puis Elladora et Aurelus Lestrange. Harfang vint vers Isla et fit une révérence avant de l'inviter à danser.
Isla songea que chacun dans la salle devait s'imaginer la future alliance entre les deux prestigieuses familles. Une alliance qui ne se serait effective que dans deux ou trois ans si elle se concrétisait. En effet, même chez la grande famille Black, il fallait attendre la fin de ses études à Poudlard avant de pouvoir songer mariage. Et Isla devait l'avouer cela rassurait quelque peu.
— Vous êtes resplendissante, chuchota Harfang.
— Merci, répondit-elle en rougissant légèrement.
— J'ai attendu cette danse toute la journée, ajouta-t-il dans un murmure.
Isla sentit ses joues devenir cramoisies. Harfang était bien audacieux. Il esquissa un sourire amusé face à la gêne de sa cavalière.
— Vous êtes bien impudent ce soir, Mr Londubat, osa-t-elle répliquer.
Harfang ouvrit la bouche pour rétorquer quelque chose mais la danse prit fin. Isla exécuta une révérence polie avant de se faire inviter par le frère cadet d'Azyla Potter.
— Avez-vous des nouvelles ? demanda-t-il impatient.
— Retrouvez-moi dans le jardin derrière le gros chêne dans une heure, répondit-elle en souriant.
— Dois-je vous rendre à votre cavalier ? demanda-t-il. Il ne semble pas avoir envie de partager.
— Non, cela pourrait paraître suspect. Continuons de parler comme si nous nous amusions, répliqua-t-elle en riant doucement.
— Vous faites une bonne comédienne, remarqua le jeune homme en souriant.
— Je suis une Serpentard, se contenta-t-elle de répondre.
A la fin de cette danse, les deux jeunes gens se quittèrent après la révérence d'usage. Isla remarqua qu'Harfang fixait Leopold Potter, l'air sombre. La jeune fille chercha sa sœur du regard et la trouva au bras de son fiancé, Aurelus Lestrange. Elle esquissa un sourire et alla retrouver le bord de la piste. Elle n'y resta pas longtemps car Alister Malefoy vint l'inviter puis de nouveau Harfang pour deux danses d'affilées. Son futur beau-frère valsa une fois avec elle avant d'aller retrouver sa bien-aimée. Elle fut invitée encore pour deux danses avant l'heure de son rendez-vous, puis dut partir retrouver Leopold.
Lorsqu'elle arriva derrière le chêne, le jeune Potter faisait les cent pas visiblement impatient.
— Ah ! Vous êtes là ! Alors ? s'exclama-t-il. Pardonnez mon empressement, se reprit-il. J'attends de ses nouvelles depuis tellement longtemps.
— Je comprends. Ne vous inquiétez pas ! Elle m'a envoyé une lettre pour vous, répliqua-t-elle.
La jeune fille se détourna pour chercher le parchemin qu'elle avait caché dans son corsage.
— Isla ! Isla ! Etes-vous là ? appela une voix masculine.
— Cachez-vous ! murmura-t-elle en poussant Leopold dans la pénombre.
La jeune fille sortit de derrière le chêne pour aller à la rencontre d'Harfang.
— Ah ! Vous êtes là ! Je vous cherchais, lança-t-il en souriant. Rentrons ! ajouta-t-il en la prenant par le bras.
Isla le vit jeter un coup d'œil vers le chêne et en conclut qu'il n'avait pas été dupe. Toutefois, il ne lui fit aucune remarque et une fois dans la salle de réception, l'entraîna sur la piste de danse.
Les lueurs de l'aube apparaissaient lorsque les derniers invités quittèrent le Manoir Black. Isla monta les escaliers menant à sa chambre les jambes fatiguées d'avoir danser toute la nuit. L'elfe de maison l'aida à se changer et elle put enfin aller retrouver le doux pays des songes.
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oOoOo
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Isla retrouva Robert, le mardi suivant. Le jeune garçon était déjà arrivé lorsqu'elle franchit le mur. Assis au bord de l'étang, la canne à pêche à la main, Robert attendait que les poissons mordent. Il tourna son visage vers elle et la salua en souriant. La jeune fille y répondit et s'installa à sa droite.
— Ça mord ? demanda-t-elle.
— Pas vraiment. Je crois qu'ils ont fini par comprendre, répliqua-t-il en haussant les épaules. Comment s'est passé votre bal ? demanda-t-il après plusieurs secondes de silence.
— Plutôt bien… Bien qu'il m'ait paru un peu long, avoua-t-elle.
— Vous n'aimez pas les mondanités ?
— C'est que… Je… L'un des invités n'a pas arrêté de me faire la cour, expliqua-t-elle en rougissant légèrement.
La jeune fille jeta un coup d'œil dans la direction de Robert. Le visage du jeune garçon s'était fermé quelques secondes avant qu'il ne remarque qu'elle le regardait. Elle esquissa un sourire. Se pourrait-il … ? Elle se sortit bien vite de l'esprit cette pensée peu digne d'une jeune femme de son rang.
— Et ce garçon ne vous convient pas ou… ?
— Il… Je ne sais pas… Il fait parti de ces hommes qui plaisent à la plupart des membres du sexe opposé, expliqua-t-elle. Et puis, mes parents aimeraient sans aucun doute que je l'épouse.
— Vous l'aimez ? interrogea Robert soudainement.
— Pardon ?
— Est-ce que vous l'aimez ?
— Là n'est pas la question, répliqua-t-elle. Si mes parents veulent que… que je l'épouse, je… je n'ai rien à dire là-dessus.
Isla remarqua que sa réponse semblait déranger Robert. Toutefois le garçon ne dit rien se contentant de détourner le regard. La jeune fille préféra changer de sujet mais constata que Robert n'était plus aussi enthousiaste qu'au début de leur entretien. A quoi pensait-il ? Croyait-il qu'il pourrait se passer quelque chose entre eux ? Le rythme cardiaque d'Isla s'accéléra à cette pensée. Elle se sentit rougir mal à l'aise. Elle n'osa pas regarder dans la direction de son ami préférant fixer l'étang. Peut-être que si elle le fixait assez longtemps, ses pensées peut avouables finiraient par s'envoler.
Finalement, les deux jeunes gens se séparèrent après que Robert est appris à Isla qu'il ne pourrait pas venir à leur rendez-vous du jeudi suivant car il ne restait pas sur le village ce jour-là. Comme à chaque fois, il aida Isla à passer par-dessus le mur.
Quelques jours plus tard, le jeudi, Isla passa le mur. La jeune fille avait, en effet, profité de l'absence de Robert au village pour donner rendez-vous à Azyla à l'auberge du village. Lorsqu'elle pénétra à l'intérieur, Azyla était déjà installé à l'une des tables, une chope posée devant elle.
La jeune Mrs Weasley tourna son visage vers son amie et sourit en la voyant. Elle se leva pour l'accueillir, oubliant toute décence, Isla l'enlaça.
— Cela fait tellement longtemps, murmura la jeune fille avant de s'éloigner de son amie.
Le regard d'Isla se posa sur la petite créature qui dormait paisiblement dans la poussette.
— Alors c'est lui mon filleul, déclara-t-elle en se penchant vers l'enfant. Il est tout petit, ajouta-t-elle.
— Il a pourtant bien grandi, répliqua Azyla.
— Il a quel âge déjà ?
— Sept semaines.
— Sept semaines. Et tu es sûre que c'est une bonne idée de l'avoir amené ? s'inquiéta la jeune fille.
Azyla se contenta de sourire pour toute réponse.
— Tu prendrais bien un verre ? proposa-t-elle en faisant signe à la jeune serveuse. Une bière, s'il vous plaît ! Cela ressemble un peu à la bièraubeurre, ajouta-t-elle lorsque la moldue se fut éloignée. Alors ce bal ? Il paraît qu'Harfang Londubat n'a pas arrêté de te faire la cour.
— Qui est-ce qui te l'a dit ?
— A ton avis ? J'ai vu Leopold, il y a peu. Il a pris un malin plaisir à me décrire la mine déconfite de Harfang lorsque vous aviez dansés ensemble lui et toi. Je crois que mon frère t'aime bien, Isy.
— Leopold aime tout le monde, la reprit Isla. Merci, ajouta-t-elle à l'adresse de la serveuse. Et sinon, la vie de famille ?
— Comme je te l'ai dit dans mes lettres, Perceval est entré au Ministère au département de contrôle des créatures. Il s'y plaît bien.
— Et toi tu comptes travailler ?
Azyla fit une légère grimace.
— Avec Bilius, je ne peux pas trop me le permettre surtout que nous n'avons pas vraiment les moyens de nous payer un elfe, avoua-t-elle. Peut-être que dans quelques années… Au fait comment as-tu connu cet endroit ?
— J'ai… Je suis venue ici, l'année passée, répondit-elle.
— Un membre de la famille Black dans un village moldu, plaisanta son amie.
— J'étais curieuse de savoir comment vivaient les moldus, expliqua l'autre gênée.
— Fais attention à toi Isla.
— Ils ne se doutent de rien. Ne t'en fais pas, essaya-t-elle de la rassurer.
La porte de l'auberge s'ouvrit. Isla qui était dos à la porte fut prise d'un mauvais pressentiment.
— Bonjour Tommy ! Bob ! Comment allez-vous ? demanda la serveuse.
— Ça va ti, rétorqua une voix masculine.
— Tu nous serre une bière, s'il te plaît, Lila, demanda une voix qu'elle connaissait bien.
— Ça ne va pas, Isla ? questionna Azyla inquiète.
— Euh… Si… Si… On devrait peut-être partir, déclara-t-elle dans un murmure.
— Pourquoi ?
— Tu as de l'argent moldu ? interrogea Isla en faisant signe à la serveuse.
— Ils n'ont pas le même argent que nous ? s'étonna Azyla.
— Vous désirez ? demanda la serveuse poliment.
— Euh… Je… N'acceptez-vous que les livres streling ? questionna Isla.
— Cela dépend, répliqua la jeune fille. Vous désirez payer comment ?
— Je…
— Laissez ! Je vous l'offre, intervint une voix masculine.
Le cœur d'Isla rata un battement en reconnaissant la voix de son ami moldu. Elle déglutit difficilement.
— C'est bien aimable à vous, sir, répliqua Azyla
— Tu es tellement gentil, Bob, intervint Lila admirative.
— Merci sir, déclara Isla en sortant de sa léthargie.
Elle tourna son visage vers le jeune homme et se força à lui sourire. Robert la fixait étrangement. Leur échange fut coupé par les pleurs du petit Bilius.
— Eh bien ! Mon bonhomme, on a un gros chagrin, lança Azyla en se penchant vers la poussette.
Elle le prit dans ses bras et le berça doucement.
— Il a déjà tout plein de cheveux roux, remarqua Isla en souriant.
— Le portrait de son père au même âge, répliqua Azyla. Du moins, c'est ce que dit ma belle-mère.
— Comment s'appelle-t-il ? demanda Robert.
— Bilius, Septimus, Leopold Weasley, répondit la maman alors que le petit se calmait. Tu veux le prendre, Isla ? demanda-t-elle.
— Je…
— Tiens-lui bien la tête, la prévint Azyla en lui posant le bébé dans les bras.
— Il est vraiment minuscule, déclara-t-elle en souriant.
— Il a quel âge ? questionna Robert.
— Sept semaines, répliqua Isla avant qu'Azyla n'ait pu ouvrir la bouche.
— Voulez-vous le prendre ? questionna la jeune maman.
— Je peux ?
— Bien sûr, répondit-elle en prenant le petit des bras de sa marraine.
La sorcière plaça son fils dans les bras du moldu.
— Faites attention à sa tête, Robert, l'avertit Isla.
La jeune fille ne put s'empêcher de rougir légèrement en se rendant compte de ce qu'elle venait de dire. Azyla lui lança un regard interrogatif.
— Ne vous inquiétez pas ! Ce n'est pas la première fois que je porte un bébé, répondit-il, l'air de rien
— Il est tellement mignon, souffla Isla.
Robert se baissa légèrement pour mettre l'enfant à la hauteur de la jeune fille. Les deux jeunes gens échangèrent un long regard qui fit rougir la jeune fille. Elle détourna le regard pour reporter son attention sur le nourrisson qui les regardait avec curiosité.
— Je vous rends votre fils, déclara Robert en le posant dans les bras d'Azyla.
La jeune femme lui fit un grand sourire avant d'installer le petit garçon dans sa poussette. Elle jeta un coup d'œil à sa montre à gousset et arqua un sourcil visiblement surprise.
— Perceval est à la maison. Il va falloir que je rentre, remarqua-t-elle.
— Si tôt ? répliqua Isla déçue.
— Perceval risquerait de s'inquiéter, expliqua Azyla. Au revoir Messieurs, Dames et encore merci sir, ajouta-t-elle à l'adresse des moldus.
Ces derniers saluèrent les deux jeunes femmes qui quittèrent l'auberge. Isla sentit le regard de Robert pesant sur son dos alors qu'elle passait la porte de l'auberge.
— Tu connaissais ce Moldu ? interrogea Azyla.
— Non pourquoi ? mentit-elle.
— Vous sembliez vous connaître. Tu connaissais son prénom.
— La serveuse l'a utilisé, argua-t-elle.
— Elle a seulement dit son surnom !
Isla détourna le regard mal à l'aise.
— Je le connais, en effet. C'est… On s'est rencontré l'année passée…
La jeune fille lui raconta rapidement les événements.
— Tu n'en parleras à personne ? s'inquiéta-t-elle.
— Pour qui me prends-tu ! Bien-sûr que je ne dirai rien ! Toutefois, il va falloir que tu lui dises la vérité maintenant.
— Sans doute, oui… Sans doute, murmura la jeune fille.
Les deux amies se saluèrent avant qu'Azyla ne transplane à l'abri des regards indiscrets. Isla passa devant la forge alors qu'elle retournait chez elle. Robert était en train de poser des fers à un cheval. Leur regard se croisèrent quelques secondes avant que la jeune fille ne poursuive son chemin.
Lorsqu'elle entra dans le manoir, elle retrouva ses parents en train de discuter dans le salon.
— Où étiez-vous encore ? Cela fait deux heures que les elfes vous cherchent ! s'agaça Mrs Black.
— Je… Désolée… Je suis navrée, Mère, s'excusa la jeune fille. Que désiriez-vous me dire ? s'enquit-elle poliment.
Isla vit sa mère fondre en larme sous son regard effaré. Elle jeta un coup d'œil à son père qui passait son bras autour des épaules de sa femme.
— Le fiancé de ta sœur a eu un accident de potion… Il… Il est décédé, expliqua-t-il la voix grave.
— Elladora est dans sa chambre ? questionna-t-elle.
L'homme hocha la tête et la jeune fille se précipita à l'étage. Elle ouvrit doucement la porte de la chambre d'Elladora. Cette dernière était étendue sur son lit et pleurait à chaudes larmes.
— Qui est là ? demanda-t-elle la voix entrecoupée de sanglots.
— C'est moi, Ella, répliqua sa sœur en pénétrant dans la pièce.
— Isy…
Elladora se redressa et se jeta dans les bras d'Isla lorsqu'elle s'assit sur son lit. La jeune fille caressa le dos de sa sœur doucement. Elle n'arrivait même pas à imaginer la douleur que sa sœur pouvait ressentir. Elle préféra donc ne rien dire et attendit que les pleurs de sa sœur se calment.
— J'ai mal, tellement mal, Isy, chuchota Elladora. Crois-tu que cela finira par passer ?
— Avec le temps…
L'enterrement d'Aurelus eut lieu quelques jours plus tard. Isla resta près de sa sœur, lui tenant la main pour la soutenir tandis qu'ils descendaient le cercueil. Elle savait que sa sœur aurait dû mal à s'en remettre et se détestait parfois de vouloir retrouver rapidement son Moldu. Avec la mort d'Aurelus, la jeune fille n'avait pu, en effet, avoir une discussion avec le jeune garçon et égoïstement espérait le revoir dans les jours prochains.
Un après-midi, environ deux semaines après l'enterrement d'Aurelus, Elladora déclara à Isla qu'elle se trouvait bien égoïste d'empêcher sa sœur de faire ses balades quotidiennes. La jeune femme expliqua donc à sa cadette que cela ne la dérangeait pas qu'elle reprenne ses habitudes. Après maintes hésitations et poussée par son aînée, Isla quitta donc sa sœur essayant de cacher la joie intérieure qu'elle éprouvait. Elle allait enfin retrouver Robert, lui expliquerait tout, s'excuserait et espérait que tout rentrerait dans l'ordre.
Elle passa le mur mais Robert n'était pas là. La jeune fille se dit qu'elle pourrait sans doute le retrouver à la forge et rentrer assez tôt si elle se dépêchait.
Robert était en train de ferrer un cheval lorsqu'elle arriva au village. Leurs regards se croisèrent, elle l'entendit dire à son père qu'il revenait dans dix minutes quand il eut terminé de s'occuper du cheval.
La forêt était non loin et Isla décida que c'était le meilleur endroit pour discuter.
— Qu'est-ce que vous voulez ? demanda-t-il d'une voix posée.
— Je… Je vous ai menti…
Elle le vit esquisser un sourire ironique.
— Vous m'avez menti, en effet… Et ?
— Je pense que je vous dois la vérité. Je…
— Je ne sais pas si j'ai envie de l'entendre, rétorqua-t-il en faisant mine de partir.
— Robert, s'il vous plaît ! Laissez-moi…
— Et pourquoi devrais-je vous écouter ? Je ne vous ai pas menti, moi !
— J'avais peur ! lâcha-t-elle.
— Peur ? Peur de quoi ? Vous vous fichez de moi !
— J'avais peur que mes parents l'apprennent, avoua-t-elle. Mes parents… Je ne suis pas la gouvernante des enfants des propriétaires. Je suis la fille des propriétaires ! Je… Je m'appelle Isla Black, Lucretia est mon deuxième prénom. Mes… Mes parents n'aiment pas… Ils n'aiment pas les gens de votre statut.
— Et vous aviez peur qu'ils apprennent que vous fréquentiez un rien-du-tout !
— Oui ! Non ! Je… Mes parents sont des gens puissants, ils sont dangereux…
— Alors pourquoi continuer à nous voir ? Nous ne sommes pas du même monde après tout !
Isla baissa les yeux tandis que Robert observait sa réaction.
— Nous ne sommes pas du même monde, en effet. Mais cela nous empêche-t-il d'être amis ?
— Vous n'avez rien compris, Lu… Isla, se reprit-il. Je ne veux pas de votre amitié.
La jeune fille écarquilla les yeux de stupeur avant de se reprendre.
— Si vous ne voulez pas mon amitié, je pense que…que je vais partir, déclara-t-elle avant de lui tourner le dos.
— Je vous aime, Isla, lâcha-t-il.
Isla s'arrêta de marcher le cœur battant. Lentement, elle se retourna. Robert n'avait pas bougé et la fixait avec espoir.
— Vous n'y pensez pas, souffla-t-elle.
— Si ! J'y ai pensé mais vous non visiblement.
— Robert, commença-t-elle ne sachant que dire.
En déclarant qu'elle n'avait jamais songé à lui de manière romantique, Isla mentirait effrontément mais elle ne savait pas si avouer la vérité était la solution.
— J'ai compris. Ne vous en faites pas ! Mon père va m'attendre, répliqua-t-il.
Il s'arrêta devant la jeune fille réfléchissant et avant qu'elle n'ait pu s'en rendre compte déposa un baiser sur sa joue pâle.
— Au revoir, Isla, murmura-t-il.
Elle le regarda s'éloigner le cœur battant, ne sachant que faire. Songeuse, elle porta ses doigts à sa joue qu'il venait d'effleurer de ses lèvres. La fille cadette de la famille Black était tombée amoureuse d'un Moldu. Horrifiée par cette constatation, Isla décida de rentrer le plus rapidement possible chez elle.
La jeune fille retrouva sa sœur et sa mère installées autour du salon de jardin. Elladora l'invita à s'asseoir avec elles et lui servit le thé poliment. Isla remarqua que les yeux de sa sœur étaient encore rougis par ses pleurs bien qu'un léger sourire ornait son visage.
— Ta promenade s'est bien passée ? interrogea-t-elle.
— Très bien. Cela m'a fait du bien, mentit Isla.
— Tant mieux. Tu ne dois pas… Tu ne dois pas arrêter de vivre à cause… à cause de ce qui est arrivé à Aure…à Aurelus, bredouilla-t-elle.
Elladora ne put s'empêcher de verser quelques larmes sur la fin de sa phrase. Mrs Black tendit le bras pour lui caresser le sien mais Elladora se dégagea.
— C'est bon, Mère. Je… Je vais bien, déclara-t-elle en se reprenant.
Elladora tendit sa tasse à sa sœur et commença à discuter de tout et de rien. Isla devina que la jeune femme faisait un grand effort sur elle-même et ne pouvait que l'en admirer davantage.
Cette nuit-là, Isla eut du mal à trouver le sommeil. La jeune fille ne pouvait s'empêcher de repense à la déclaration de Robert et au baiser plus doux qu'une plume qu'il lui avait donné. Elle songea ensuite à la tristesse de sa sœur depuis le décès d'Aurelus. Elladora lui avait dit sans détour qu'elle regrettait désormais de ne pas avoir profité plus de lui. Toutefois, la jeune fille savait que si elle s'engageait dans cette histoire il n'y aurait sans doute aucun retour possible. Mais y avait-il de toute manière un retour possible désormais ?
La jeune fille ne put aller voir Robert le jour suivant ni encore celui d'après. En effet, elle avait dû aller acheter ses fournitures avec sa mère et sur le chemin de traverse et avait rencontré Harfang et la sienne. Cette dernière avait pris des nouvelles d'Elladora avant de les inviter à venir prendre le thé le lendemain.
Harfang l'invita à faire une balade dans le parc de leur manoir. Par politesse, la jeune fille dut accepter et plaça sa main au-dessus de celle du jeune homme.
— Je suis heureux que votre mère ait accepté l'invitation de la mienne, avoua-t-il après plusieurs minutes de silence. Votre sœur… Votre sœur se remet-elle du décès d'Aurelus ?
— Elle est plus forte qu'elle en a l'air, répliqua Isla.
— Isla, je dois vous avouer quelque chose… La mort d'Aurelus m'a permis de me rendre compte de mes priorités. Et… Et vous faites partie de ces priorités, Isla. Je vous aime, Isla !
Il s'arrêta pour lui faire face avant de continuer :
— Et si vous me permettez… J'aimerais…
Doucement, il avança son visage vers celui de la jeune fille. Isla tourna le visage et les lèvres de Harfang se posèrent sur sa joue. Il se recula surpris.
— Vous ne voulez pas… ?
— Il est peut-être encore un peu trop tôt pour cela, Harfang, répondit-elle le cœur battant.
Elle avait eu tellement peur qu'il réussisse à l'embrasser. Il y avait encore quelques mois, la jeune fille n'aurait sans doute pas refusé un baiser mais désormais…
— Je comprends, déclara-t-il. Pardonnez-moi mon audace, Isla.
Toutefois, Isla devina qu'il ne pensait pas un mot de ce qu'il venait de dire.
— Ce n'est pas grave, Harfang, rétorqua-t-elle tout de même. Continuons à marcher, voulez-vous ?
— Bien-sûr, lança-t-il en lui offrant de nouveau son bras.
Le reste de la balade se passa dans un silence gêné seulement ponctuer de quelques remarques sur le temps ou les fleurs qui poussaient sur le domaine. Isla fut heureuse de quitter le manoir Londubat pour le sien. La jeune fille alla retrouver sa sœur dans sur la terrasse où elle brodait. Elladora lui demanda des nouvelles de Harfang. La jeune fille répondit qu'il semblait aller très bien mais omit de parler de sa déclaration d'amour et de sa tentative ratée de baiser.
Le lendemain, une semaine avant la rentrée des classes et donc quelques jours avant son départ pour Poudlard, Isla réussit à s'éclipser pour aller voir Robert. Le garçon n'était pas visible de l'extérieur de la boutique et devait donc sans doute être en train de travailler dans le fond de la forge. La jeune fille décida d'attendre devant le commerce. Quelques minutes plus tard, l'apprenti Tommy revint de l'auberge.
— Bonjour Miss, la salua-t-il. Vous désirez ?
— Bonjour sir. Je cherche Robert, répondit-elle.
— Il est à l'auberge… Il paye… répliqua-t-il peu sûr de lui. Va pas tarder.
— Merci, déclara-t-elle en souriant sans remarquer la gêne de son interlocuteur.
Robert sortit de l'auberge quelques secondes. Il eut l'air surpris en la voyant devant la forge mais se contenta de venir vers elle.
— Que faites-vous là ? demanda-t-il.
— Je suis venu vous parler.
— Allons dans la forêt, chuchota-t-il. Je reviens Tommy.
— Pas de souci, Bob, rétorqua l'autre.
Isla partit devant tandis que Robert la suivait à quelques pas derrière elle. La jeune fille s'arrêta là où ils avaient discuté quelques jours plus tôt.
— Que désirez-vous me dire cette fois ? interrogea-t-il d'un ton qu'il voulait sans doute détaché.
Le cœur d'Isla battait fort de sa poitrine. Elle devait être courageuse.
— Je pense que… J'ai… Je dois avouer que… qu'il est fort possible que j'ai des sentiments pour vous aussi, Robert, lâcha-t-elle finalement.
— Je peux ? demanda-t-il timidement.
— Tu peux, répondit-elle dans un murmure.
Le jeune homme se pencha et timidement posa ses lèvres sur celles d'Isla tout en effleurant de ses mains les hanches de la jeune fille. Il esquissa un sourire en s'éloignant d'elle.
— Tu pars bientôt ?
— Dans trois jours, avoua-t-elle. Je… Je suis en pensionnat pendant l'année scolaire.
— Tu m'écriras ? interrogea-t-il avec espoir.
— J'essaierai, commença-t-elle, mais je ne te promets rien, ajouta-t-elle en voyant son regard joyeux. Et tu n'auras pas le droit de me répondre.
Le garçon arqua un sourcil surpris tandis qu'un léger sourire naissaient sur ses lèvres.
— Je dois t'avouer que je trouve ton exigence assez étrange. C'est parce que c'est un pensionnat de bonnes sœurs ? Je suis bête, les pensionnats pour les filles sont toujours tenus par des bonnes sœurs.
Bien qu'elle ne comprenne pas un traitre mot de ce qu'il avait voulu dire, la jeune fille esquissa un sourire.
— Bob ! Bob ! appela la voix de Tommy plus loin.
— Je suis là Tommy, répliqua le jeune garçon.
— Ton père te demande, Bob ! Il veut que tu reviennes tout de suite.
— Je vais devoir y aller, déclara-t-il à l'adresse d'Isla.
Il jeta un coup d'œil dans la direction de Tommy.
— Euh… On t'attend là-bas, lança-t-il avant de s'en aller.
— On se revoit l'an prochain alors, souffla Robert lorsqu'il fut parti.
Isla se contenta d'hocher la tête. Robert se pencha pour lui embrasser les mains. Isla se sentit frissonner alors qu'une partie d'elle aurait apprécié qu'il l'embrasse à un autre endroit.
— Je… Au revoir Isla, déclara-t-il.
— Je me débrouillerai pour t'écrire, promis.
Robert esquissa un sourire avant de commencer à s'éloigner. Isla le regarda partir le cœur lourd. Cette année à Poudlard serait peut-être plus longue que les autres.
