Bonjour chers lecteurs !

Merci à ceux qui m'ont ajouté dans leurs favoris, qui m'ont mis en suivi et à mes deux revieweur (ce mot est moche !).

Je ne souhaite pas tomber dans le chantage à la review, mais sachez que les petits commentaires que vous pouvez laisser sont un réel encouragement !

Bonne lecture !

PS : j'avais oublié de mettre l'explication du mot "appert". C'est un terme juridique que l'on peut traduire par apparait en français moderne^^

oOo

oOo

-Veuillez vous asseoir.

Le greffier pouvait voir que, contrairement à d'habitude, tous ceux qui étaient présents la veille étaient là aujourd'hui.

Stilted et Tattletale étaient arrivés en avance, ensemble. Ils avaient pu ainsi choisir leur place, un peu sur le côté, ni trop en avant, ni trop en arrière. De cette place, ils pourraient observer les visages de l'accusé et de la jeune Granger. Leurs journaux respectifs avaient suggéré qu'ils fassent la une, à condition que le contenu de l'article soit juteux. Et ça, ça dépendait du duo improbable.

Lorsque Drago entra dans la salle, Jane avait commencé à écrire machinalement. Costume sombre, chemise blanche, cravate, chaussures cirées. Cheveux propres, ongles courts.

Hermione s'était dirigée vers lui.

Jupe longue, chemisier, veste courte. Chignon.

-Je ne pensais pas qu'elle pouvait avoir l'air si classe, murmura Stilted.

-Elle ressemble à McGonagall comme ça, répondit Jane sur le même ton.

Hermione avait commencé à parler.

-... expertise de la baguette de monsieur Malfoy.

-Elle a eu lieu, et vous avez un rapport dans le dossier, mademoiselle !

-Excusez-moi, je voulais dire la baguette de monsieur Malfoy Père. J'espère que celle-ci a été placé sous scellés.

-Hum ! Je n'en ai aucune idée, en vérité. Aurors ?

Les dits Aurors se regardèrent, gênés. Aucuns d'entre eux ne savaient ou pouvait être la baguette de père de Drago. Quand ils étaient arrivés, il était mort, et ça ne leur avait pas semblé urgent.

-Bien. Le ton d'Hermione sur ce tout petit mot venait de rendre rouge de honte tous ceux qui étaient concernés par l'enquête. Elle poursuivi.

-J'aimerai savoir dans quelle mesure la famille Malfoy était soumise à la restriction de baguette. Et dans un second temps, comment le manoir était-il surveillé ?

Un homme se leva pour répondre.

-Auror Pristine. Je suis chargé de la surveillance du manoir. Nous avons placé l'équivalent de la trace sur les membres de la famille Malfoy. Par ailleurs, quatre aurors patrouillent en permanence dans le jardin, enfin... le parc. Nous avons restreint le périmètre pour avoir le manoir en vue à chaque instant.

-Ha.

À nouveau, d'un simple mot, Hermione venait de jeter un froid. Seulement, cette fois, les auditeurs ne savaient pas vraiment pourquoi.

-Puis je poser une question à madame Malfoy, monsieur le ministre ?

-Je vous en prie.

-Madame Malfoy, avez-vous des rideaux au rez-de-chaussée ?

-En effet.

-Les fermez vous ?

-Nous les fermions. Avant.

-Avant quoi ?

-Avant que l'on nous prenne les elfes. Les rideaux sont trop lourds pour être tirés à la main dans toutes les pièces.

-Et vous ne connaissez pas de sortilèges pour le faire vous-même ?

-Hum, voyez-vous, j'ai dû apprendre les sortilèges ménagers de base dernièrement. Cette histoire de rideaux... ça n'était pas une priorité.

-Bien. Et dans les étages ?

-La situation est la même.

-Merci. Hermione se tourna à nouveau vers l'auror Pristine. Récapitulons, si vous voulez bien. Patrouille à vue du manoir, visibilité vers l'intérieur de celui-ci et trace sur les habitants.

-Exact madame.

-Depuis combien de temps monsieur Malfoy était mort à votre arrivée ?

-Je ne sais pas.

À ces mots, un brouhaha monta des bancs où se tenaient les membres du Magenmagot. Bien que vieux et parfois sourds, ils venaient de comprendre que le procès, qui s'annonçait relativement simple, risquait de durer plusieurs jours. Et la plupart d'entre eux n'avaient pas prévu ça.

Rebondissement dans l'affaire Malfoy !

La jeune Hermione Granger a ébloui la cour aujourd'hui, en relevant plusieurs incohérences de l'enquête pourtant menée selon les aurors, « sans précipitation » !

Alors que Shacklebolt ordonnait précipitamment une suspension de séance, plusieurs enquêteurs partaient de la salle, probablement pour essayer de se couvrir !

Vêtue d'un ensemble très dix-neuvième, celle que l'on pourra qualifier d'avocate à partir d'aujourd'hui a su faire preuve d'aplomb face à la vénérable assemblé de vieillards.

Portant leurs célèbres capes avec fierté, mais ayant oublié le rôle qu'elles leurs confèrent, nos vieux sorciers ont redécouvert aujourd'hui que la justice ne se rend pas en moins de temps qu'il ne faut pour dire Quidditch !

-Tu n'as pas peur d'avoir dévoilé tes cartes trop tôt ?

-Non, il y a encore des détails troublants. De toute façon, je ne pense pas qu'ils vont retrouver la deuxième baguette, rien qu'avec ça je peux faire durer le temps nécessaire pour lire quelques grimoires sur la justice magique.

-Pense à dormir et à manger Hermione, tu ne seras d'aucune utilité à Drago si tu t'évanouis au cours d'une audience !

Les mots d'Harry avaient fait rire la famille Weasley au complet, attablée devant un festin, comme souvent. Ce qui n'était pas habituel, c'était l'immense salle à manger qui contenait la non moins immense table sur laquelle ils prenaient leur repas.

Hermione avait en effet décidé de loger au manoir puisqu'elle allait certainement dormir dans la bibliothèque. D'une certaine manière, cela avait obligé Ron et Harry à faire de même.

En entendant ça, Molly avait exigé de venir, car « vu les déclarations de Lady Malfoy, vous risquez de mourir de faim, et Merlin sait dans quel état est le manoir si c'est elle qui s'en occupe... ».

Arthur avait refusé de la laisser habiter là-bas sans lui.

-J'en profiterai pour fouiller un peu à la recherche d'artefacts de magie noire.

Lorsque les parents Weasley avaient prévenu leurs enfants, Percy avait déclaré qu'Hermione ne s'en sortirait pas sans son aide (le regard vers Ron et Harry avait été particulièrement dédaigneux), Ginny avait crié qu'il était hors de question qu'elle ne suive pas Harry (les oreilles de Ron avaient rougi), Georges avait marmonné que sans lui personne n'allait jamais se détendre.

Bill, présent pour un court séjour au Terrier, après avoir froncé les sourcils, avait envoyé un message à sa femme pour la prévenir qu'il ne rentrerait pas immédiatement, « affaire de famille ! » selon lui.

Quand Charlie avait découvert que toute sa famille allait loger dans un manoir, peu importe que ce soit celui des Malfoy, il avait décrété qu'il devait venir pour « voir ce que ça fait d'avoir chacun sa chambre et chacun sa salle de bain ».

En découvrant la cuisine du manoir Malfoy, Molly était resté bouche bée avant que Percy ne la bouscule à cause de la pression des autres qui attendaient de voir ce qui pouvait faire taire leur mère.

L'état de stupeur avait duré un certain temps, parce que Narcissa avait décrété qu'elle profiterait de la présence de Molly pour enrichir ses connaissances en sorts ménager et en sorts de cuisine.

Le résultat était sur la table, une profusion de plats, trois sortes de pains différents et même, dans chaque assiette, un pliage de serviette différent.

Pendant que les deux femmes apprenaient à se connaître en cuisine, les autres Weasley, Hermione et Harry avaient investi le manoir.

Ron et Georges avaient découvert la salle de bal et l'avaient aménagé pour en faire une salle de détente. Quelques balais ensorcelés pour le vol en intérieur (pour éviter de s'assommer contre le plafond par exemple), des canapés moelleux près de la cheminée, une bibliothèque contenant uniquement des bandes dessinées moldues, un espace délimité par des runes de protections pour s'entraîner au duel.

Hermione avait disparu dans la bibliothèque avec Ginny et Percy, Arthur et Charlie avaient fait les lits dans les chambres du premier couloir du premier étage et Bill, après avoir eu l'autorisation de madame Malfoy, s'était plongé dans les papiers de feu monsieur Malfoy, avec l'aide d'Harry.

Le repas était donc le bienvenu, et les piques que s'échangeaient les amis permettaient d'alléger l'ambiance.

Ils faisaient tous un léger écart en passant devant la porte du petit salon encore sous scellés.

Comme chacun avait pu le prédire, il fallait presque faire manger Hermione de force.

Pendant la nuit, elle interrogea Narcissa, puis les deux femmes prirent un bref temps de repos. Il était déjà l'heure de retourner au Magenmagot.

-Mademoiselle Granger, avez-vous encore des questions à poser ?

-Je suis loin d'avoir fini, hélas !

Un gros soupir marqua l'exaspération du ministre.

-Veuillez commencer dans ce cas, j'ai d'autres affaires en cours !

Hermione fronça les sourcils en comprenant que la plupart des membres de l'assemblé ne tenait pas à ce que le procès se déroule bien. Ils voulaient qu'il se déroule, certes, mais vite et de préférence avec la condamnation de Drago à la fin. Elle n'était peut-être pas de taille.

-Premièrement, avez-vous mis la main sur la baguette de Lucius Malfoy ?

-Non. Elle semble avoir disparue.

-Oh. C'est dommage. Passons. J'aimerais interroger madame Malfoy.

-Faites donc !

Le ton impatient du ministre provoqua la surprise de l'assemblé. Bien sur cette famille n'inspirait pas la sympathie, mais personne ne voulait d'une condamnation arbitraire, une de plus ! Un seul regard sur Potter et les vieillards se souvenaient de la mise en garde qu'il leur avait adressé après la réhabilitation de Sirius Black. Détruire le Magenmagot pourrait être un mal nécessaire. C'était ses mots.

Et Jane qui était présente ce jour-là s'en souvenait parfaitement.

-Stilted, je pense que nous allons avoir un nouvel angle d'attaque, bien dans vos cordes !

-A quoi est-ce que vous pensez Tattletale ?

-Schaklebolt veut en finir.

-Je suis d'accord, mais pour autant je ne vais pas faire un article là-dessus.

-Non, vous allez en faire un sur Potter et Black...

-Vous êtes brillante, soupira-t-il.

-Ça vous dérange ?

-Pas vraiment. Mais vous pourriez écrire autre chose que des articles de mode.

-C'est un peu ce que je fais grâce à vous, dit-elle en souriant. Peut-être que nos patrons vont enfin voir plus loin que ma figure...

-Madame Malfoy, avait repris Hermione, pouvez-vous nous dire ce qui s'est passé après le procès de votre famille ?

-Pourquoi si loin ? Objecta un inconnu en cape prune, Quel intérêt ?

-Monsieur, si vous avez les cheveux blancs, c'est bien parce que vous avez vieilli ! Vous n'êtes pas né ainsi. Elle reprit : Madame Malfoy ?

-La situation a été très dure. Nous étions mal habitués. Plus d'elfes, plus de repas, plus de ménage. J'ai dû emprunter un livre à la bibliothèque pour la première fois de ma vie ! Pour apprendre des sorts qui nous permettraient de surmonter l'aspect matériel de nos vies. Lucius était absolument furieux et il est devenu... irritable. Colérique en fait.

-Est ce qu'il n'était pas déjà quelqu'un de plutôt dur ? Je pense que la cour sera d'accord avec moi pour dire que nous ne l'imaginons pas... tendre !

-Oui. Mais il a toujours su paraître impassible. La colère était rentrée, il ne se montrait pas violent gratuitement. Pas ouvertement.

-N'a-t-il pas usé de sortilèges sur votre fils dans son enfance ?

-L'éducation chez les sangs pur est faite pour que les futurs chefs de famille soient... parfait. L'usage de la correction fait partie du jeu. Alors oui, mon fils a subi des punitions violente.

-Alors, qu'est ce qui a changé ?

-Après le procès, Lucius semblait habité par la rage. Nous l'évitions.

-Pourquoi ?

-Parce que malgré les précautions du ministère, Lucius a utilisé le Doloris sur Drago. À plusieurs reprises.

Hermione continua bien que le silence soit troublé par de nombreux chuchotements.

-Et pas contre vous ?

-Une fois. Et Drago s'est jeté entre nous.

-Diriez-vous que le climat de votre maison était tendu ?

-J'étais terrifiée, et je crois que Drago aussi, même s'il ne l'aurait jamais admis. Lucius ne prévenait pas. Il entrait dans une pièce et tout à coup, il jetait le sort.

-Merci.

Se tournant vers l'assemblée, Hermione repris.

-Je note donc, utilisations de sortilège impardonnable en toute impunité, sans aucune réaction ni des aurors présents, ni du ministère qui a pourtant posé la trace.

Consternant.

Elle retourna s'asseoir à côté de Drago, pendant que le ministre essayait de faire taire les membres du Magenmagot.

Les journalistes eux voyaient venir l'affaire du siècle, et les plumes à papote usaient un grand nombre de parchemins.

-Madame Malfoy est très pâle.

-Drago n'a pas l'air bien non plus...

-On reste sur Black ?

-Oui, parce que sinon, ce procès n'ira pas jusqu'au bout...

Les deux complices Mode et Justice avaient bien l'intention de permettre un procès équitable à Drago Malfoy, ancien prince des Serpentards.

Échappe-t-on à un nouveau procès Black ?

C'est en effet une question légitime que doit se poser le Magenmagot.

Alors que nous nous attendions à un procès vite expédié, force est de constater que mademoiselle Granger fait ressortir le pire de notre célèbre institution de justice.

Le Magenmagot se reposerait il sur ses lauriers ?

Au fur et à mesure que les faits sont déroulés, nous nous apercevons que l'enquête a été menée à la va vite, en faisant la part belle aux évidences. Encore une fois, les aurors, loin de chercher LA vérité, ont cherché LEUR vérité. En sautant aux conclusions et en ignorant délibérément, à ce qu'il nous semble, des éléments curieux de l'affaire.

Ainsi, allons-nous assister à un procès Black ?

Allons-nous voir encore une fois la justice passer par-dessus la vérité ?

Aurons-nous encore besoins d'un procès en réhabilitation dans quelques années, lorsqu'un étudiant curieux voudra savoir ce qui a bien pu passer par la tête de Drago Malfoy ?

Sirius Black a perdu douze ans de sa vie parce qu'il était le coupable idéal. Combien d'année sommes-nous prêts à faire perdre à Drago ?

L'accusation aura la parole dès demain, et nous pourrons rapidement constater le degré d'honnêteté déployé par les robes prunes.

-Tu as parlé à la presse ? Demanda Harry à Hermione.

-Tu connais mon amour pour les journalistes, Harry. Ce n'est pas moi. Mais ça me rend service. Qui a signé ça ?

-Tattletale et Stilted. Connais pas.

-C'est vrai ? Intervint Ginny, Tattletale ? Elle écrit à la rubrique mode normalement ! Qui est son acolyte ?

-Inconnu pour moi ! Répondit Ron, et le reste de sa famille haussa les épaules pour signifier la même chose.

-Narcissa ?

-Désolée Hermione, ça ne me dit rien, mais vous pouvez demander au syndicat des journalistes.

-Par chouette discrète... je vais faire ça ! Et Harry partit vers la volière bien pourvue des Malfoy.

Hermione était préoccupée. Bien sûr elle avait soulevé des points importants et des failles énormes dans l'enquête, mais le Magenmagot n'allait pas se laisser faire par une gamine. Leur intérêt voulait que le procès se termine vite, en minimisant les dégâts. Elle ne serait pas surprise de voir que les journalistes n'avaient plus accès au procès. Elle devait réfléchir pour garder la main sur les débats. Il faudrait que Drago se décide à lui parler pour commencer.

Élucider cette histoire de baguette également. Quelque chose la dérangeait vraiment sans qu'elle parvienne à mettre la baguette dessus. Oh, elle venait de faire un jeu de mots sans le vouloir en plus...

Elle voulait pouvoir faire une analyse des traces magiques du petit salon aussi, mais pour cela, il fallait obtenir la levée des scellés et un expert neutre. Y avait-il seulement encore un expert neutre dans ce pays ? Peut-être que le MACUSA serait d'accord pour en désigner un. Elle avait faim. Est-ce que Drago avait mangé ? Ça aussi c'était un problème et il allait falloir trouver un moyen de régler ça. Peut-être demander une mise sous surveillance rapprochée à domicile. Pendant les procès post-guerre, certains Mangemorts en avaient bénéficié. Relire le dossier sur ce sujet. Un sandwich poulet mayonnaise. Dommage qu'elle ne soit pas à Poudlard, elle n'aurait eu qu'à demander. Elle fit une grimace à cette pensée, bien loin de la S.A.L.E. En prenant l'angle de la santé mentale peut être que ça pouvait marcher. Drago allait la tuer ensuite, mais bon. Il n'avait probablement plus une once de magie en lui vu son état d'épuisement. Il faudrait aussi racheter de l'encre et du parchemin. Et faire lever la restriction magique sur Narcissa. De toute manière elle avait prouvé que ça ne servait à rien, alors autant permettre à Narcissa de se servir correctement de sa baguette. Disons qu'elle n'aurait toujours pas l'autorisation de transplaner, mais que chez elle, sous la surveillance de Harry... ça pouvait marcher ça ! Et rétablir la présence d'un ou deux elfes de maisons. Molly ne pouvait pas entretenir ce … truc ! Quelle idée d'habiter un monument pareil ! Enfin, la question n'était pas là. Zut. Hermione décida de se coucher. Il était une heure du matin.

Ooo

ooo

ooo

Le procureur, enfin celui qui tenait ce rôle devant le Magenmagot, savait qu'il allait devoir frapper fort et vite. Il avait déjà dû supporter les remarques de quelques vieux croûtons furieux sur le déroulement inattendu du procès et l'efficacité de cette gamine à peine sortie de Poudlard. Le lait lui sort du nez ! Voilà la phrase qui revenait sans arrêt à ses oreilles. Le problème dans cette histoire, c'est qu'il n'était pas tellement plus vieux, qu'il n'avait aucune formation en droit, puisque de toute façon, les dés étaient jetés avant même le procès, et qu'il n'avait pas vraiment lu l'acte d'accusation. C'était toujours pareil, il fallait une tête d'hippogriffe et comme d'habitude, c'était lui !

Il avait décidé de faire son boulot le mieux possible, même si ça devait lui coûter sa carrière. De toute façon, aussitôt cette affaire terminée, il retournait chez les moldus, faire du droit moldu. Eux au moins, ils avaient un système judiciaire. Imparfait, peut-être, mais qui avait un sens.

Foi de Poufsouffle, la justice irait dans le bon sens. Il faudrait juste que ça soit discret, pour ne pas être remplacé par un de ces vieillards persuadés d'être au-dessus de tout à cause de leur âge. La ruse, c'était plutôt Serpentard. Il devait reprendre contact avec un vieil ami. En attendant, il était l'heure de se jeter dans l'arène.

-Monsieur Malfoy, pouvez-vous nous dire ce qu'il s'est passé le jour de la mort de votre père ?

Drago ne tourna même pas la tête vers le jeune procureur.

-Monsieur Malfoy ne souhaite pas s'exprimer, répondit Hermione à sa place.

-C'est bien pratique si je peux me permettre !

-Mais c'est comme ça.

Le ton d'Hermione n'avait même pas été vindicatif, elle faisait juste un constat, qui s'appliquait aussi à elle.

-Je souhaite interroger l'auror Justice.

Celui-ci se leva et vint s'asseoir sur un banc au premier rang.

-Monsieur Justice, êtes-vous arrivé le premier sur les lieux ?

-En effet.

-Pouvez-vous me dire ce que vous avez vu ?

-Le défunt était allongé au sol, face contre terre. L'accusé était assis sur un fauteuil, euh, un peu dans la même position que maintenant.

Drago, les jambes légèrement écartées, avaient les coudes posés sur les genoux et le front dans les mains. En entendant l'auror, il avait juste relevé la tête, pour le regarder un bref instant dans les yeux.

-Hum ! Donc à ses pieds, il y avait la baguette qui est ici (il montrait les preuves, posées sur une console). Et madame Malfoy, euh, était vers la fenêtre.

L'interrogatoire se poursuivait de la sorte, de questions évidentes en réponses hésitantes.

-Jane, cette journée ne va rien nous apprendre.

-Stilted, si vous commencez à m'appeler par mon prénom, j'aimerais connaître le vôtre.

-Certainement pas, mon nom est court, facile à prononcer. Il est suffisant.

-Oh, aller, dite le moi ! Ce n'est pas un secret honteux !

-Elvendork.

-Oh. C'est ...

-Ne dites rien.

-Nous pouvons toujours broder sur les insuffisances de cet auror, Justice ! Il n'est pas vraiment sûr de lui...

-Nous devrions enquêter sur les aurors chargé de la surveillance du manoir et de ses habitants. Quand je pense qu'un pauvre gamin de premier cycle peut être convoqué par le ministre pour un petit sort effectué en vacances, et là ! Rien ! Pas même un petit signal, rien ! Qui est chargé des traces posées sur les Mangemorts, au ministère ?

La journée s'était poursuivie par une suite de questions qui ne faisait que souligner ce que chacun savait déjà. Le procureur paraissait sans but et sans ligne directrice et en sachant qu'il aurait encore la parole le lendemain, un certain nombre des journalistes accrédités avaient décidé de ne pas revenir.

-El, un hibou à la fenêtre !

Installés dans un petit salon anonyme, Jane et Elvendork travaillaient sur le prochain article sur le procès.

-El !

.Ré .

-Aller ! C'est fou d'être mauvais joueur comme ça ! Jane râla en se levant pour ouvrir la fenêtre. C'est pour vous !

Elle tendit une lettre à son collègue, qui s'en saisi tout en continuant d'écrire.

-Qu'est-ce que c'est ?

-Oh je pense qu'en regardant vous pourrez répondre vous-même à la question.

-Vous boudez ?

Jane fronça les sourcils sans lui répondre. Elle savait très bien à quel point les hommes sont démunis lorsque les femmes décident de ne pas leur parler.

Mais sans plus lui prêter attention, Stilted décacheta le courrier et se figea.

-Nous avons un problème. En quelque sorte.

-Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Jane était impressionnée par l'attitude de son collaborateur. Et curieuse aussi. Comment pouvait-il paraître encore plus raide que d'habitude ?

-J'avais un ami à Poudlard.

-Oui, jusque-là je ne vois pas de problème.

-Nous n'étions pas de la même maison.

-Et ?

-Il s'appelle Granville Jugson.

-C'est une blague ?

Si la situation n'avait pas été aussi tendue, la tête de Jane aurait probablement fait rire Stilted.

-Fermez la bouche. Il veut... « rétablir l'équilibre de la justice », je cite.

-Il est fou. Il peut perdre son poste et complètement... Ça peut avoir un impact sur le procès n'est-ce pas ?

-Vous n'imaginez même pas à quel point. C'est complètement illégal.

Pendant ce temps, au manoir Malfoy, Hermione avait reçu une lettre, elle aussi.

Un hibou express du ministère.

-Harry ! Elle avait crié dans le couloir, un peu au hasard en espérant qu'il ne soit pas trop loin dans cette immense demeure.

-Harry !

Son ton, à la fois impatient et inquiet, avait fait arriver Harry assez vite à la bibliothèque.

-Tiens, lis ça ! Je veux que tu m'accompagne chez Shacklebolt, il t'aime bien, et tu es presque auror, alors tu vas appuyer ma demande !

-Quelle demande, Hermione ?

-Je vais demander la sortie de Drago. Il doit revenir ici, sinon il va mourir dans cette prison avant que le procureur ait fini de poser ses questions sans intérêt !

À ces mots, Harry se mit à lire la lettre que Hermione lui avait mis dans les mains. Drago venait d'être emmené à Ste Mangouste, dans l'aile des prisonniers, après avoir fait un malaise dans sa cellule.

Ooo

La secrétaire ne comprit pas immédiatement que sa journée venait de prendre un tournant désagréable.

Elle avait d'abord vu arriver un couple. Une grande femme très élégante avec une robe qui aurait davantage convenu pour un cocktail, avec un homme mince en costume noir, tempes grisonnantes. Elle avait directement cherché les alliances et froncé les sourcils en voyant que l'homme seul en portait une.

Le couple avait exigé de rencontrer monsieur Shacklebolt. Au moment où elle les avait fait asseoir, le martellement furieux de talons dans le couloir avait averti la secrétaire qu'elle devait ajouter des chaises.

Hermione ne jeta même pas un regard sur les personnes présentes dans la salle d'attente et se jeta sur la secrétaire.

-Dites à Shacklebolt que je suis là et qu'il doit me recevoir immédiatement !

Harry soupira, les mains dans les poches, tout en regardant le couple assis. Il les avait déjà vu quelque part. Faisant venir une chaise d'un discret informulé, il s'assit, pendant que Hermione faisait les cents pas.

La secrétaire, au bord des larmes face à l'agressivité dégagé par Granger essayait en vain de contacter son patron.

-Oh, j'y suis ! Vous êtes les journalistes qui avez écrit l'article sur le procès Black !

En entendant Harry, Hermione se calma et regarda le couple. Elle voulait les rencontrer, mais certainement pas se donner en spectacle.

-Enchanté, ma collègue Jane Tattletale, je suis monsieur Stilted.

Jane pouffa, s'attirant un regard noir de Stilted et un regard curieux de Hermione. Harry, lui, avait froncé les sourcils.

-Stilted. Votre nom est sur une coupe de la salle des trophées ! Quidditch n'est-ce pas ?

-En effet, poursuiveur.

Jane avait posé sur lui un regard surpris et il faisait son possible pour éviter son regard. Il savait qu'il allait encore avoir une conversation sur son passé, il n'y échapperait pas, mais il devait faire en sorte que ce moment arrive le plus tard possible.

Pour éloigner le danger, il regarda Hermione et lui demanda :

-Vous êtes ici pour quelle raison ?

-Comme si j'allais parler à des journalistes ! Je reconnais que vous êtes plutôt sympathique à priori, mais vous n'avez pas encore ma confiance.

-Et si je vous dis ce qui nous amène ?

La proposition de Jane surprit à la fois Stilted, Harry et Hermione.

Après un instant de stupeur, un nouvel informulé fit venir un dernier fauteuil, et Hermione mis en place un assurdiato autour d'eux.

-J'étais en classe avec le procureur, Granville Jugson.

Stilted avait ouvert la discussion.

-Ce matin j'ai reçu une lettre. De lui. Avec des informations sur le procès. Même si j'avais caressé le projet de le contacter pour étoffer nos articles, j'y ai renoncé pour une question d'éthique. Mais il a apparemment une vision du déroulement du procès assez sombre. En tout cas il n'est pas d'accord avec la manière dont l'instruction a été menée.

Il tendit à Harry la lettre.

Hermione regarda Jane, puis Stilted, avant d'ouvrir la bouche.

-Malfoy refuse de parler et de se nourrir et il a été hospitalisé à Ste Mangouste.

Les deux partis avaient pris un peu de temps pour digérer la conversation.

-Mais, reprit Hermione, pourquoi venir dénoncer le procureur ? Vous auriez pu simplement ne pas lire la lettre et informer Jugson que vous ne souhaitiez pas poursuivre dans cette voie !

-Non Hermione, j'ai lu la lettre, reprit Harry. Les informations qui y sont, tu es sur le point d'en découvrir certaines, et les autres, si tu les obtiens de manière illégale, tu peux perdre le procès. Et ce qui vous a fait venir ici, c'est la dernière phrase n'est-ce pas ?

-Oui. Il a sûrement pensé qu'en tant que Serpentard, je n'hésiterai pas à me servir de sa lettre mais il a oublié quelque chose d'important. Ma femme. Elle était chez Gryffondor. La menace et le chantage, elle ne supportait pas, et elle m'a ramolli, je le crains !

En disant ceci, Stilted avait eu un demi sourire triste, et personne ne voulut rompre le silence nostalgique du moment.

Malgré elle, la secrétaire s'en chargea.

-Excusez-moi, dit-elle, hésitante, monsieur Shacklebolt est de retour.

Les journalistes après s'être regardé, avaient décidé de laisser Hermione et Harry passer.

Stilted donna rendez-vous à Harry dans la soirée. Le petit côté Serpentard de Harry et le petit côté Gryffondor de Stilted semblait vouloir se combiner pour résoudre l'épineux problème Jugson.

-Comment pouvez-vous prétendre que la situation est sous contrôle ! attaqua sans plus de détails Hermione en entrant dans le bureau du ministre.

-Calmez-vous, mademoiselle Granger ! Malfoy est pris en charge il ne va pas mourir !

-Je dépose une requête d'assignation à résidence.

-Pardon ! Le ministre était offusqué.

-J'appuie la demande, intervint Harry. Je n'hésiterai pas à m'adresser à la presse s'il le faut. L'état de Drago est lamentable, il était temps de le faire hospitaliser.

-Je ne peux pas permettre la libération de Malfoy. C'est un meurtrier.

-Excusez-moi, vous êtes en train de me dire que quoi qu'il arrive vous allez condamner Drago ? Vous avez à ce point l'envie de vous venger ? Vous êtes à ce point-là, partial ? Vous préférez qu'il meurt en prison, comme ça, fin de la discussion ? Viens Harry, nous allons discuter avec nos amis journalistes.

-Vous ne sortirez pas de ce bureau.

-Calmons le débat, essaya Harry, nous pouvons trouver un terrain d'entente.

-Drago doit sortir de prison. Il peut être assigné à résidence, comme il l'était jusqu'à la mort de Lucius. Je suis prête à m'adresser à la Confédération Internationale des Sorciers pour m'assurer que les droits de Malfoy seront respectés.

-J'appuierai la demande d'Hermione à la CIS. Vous n'avez pas à condamner quelqu'un simplement en vertu du fait que vous ne l'aimez pas. Et afin que les choses soient bien claires entre nous, nos souvenirs seront déposés à Gringotts. En cas de litige, c'est une assurance. Je suis déçu, reprit Harry, je pensais que vous étiez intègre.

Hermione avait posé la main sur l'épaule de Harry, puis elle donna un parchemin déjà rempli au ministre.

-Signez là. Nous irons directement à Ste Mangouste, en passant par votre cheminée.

Shacklebolt serra les dents et signa, puis Hermione et Harry allèrent à sainte Mangouste.

Harry partit rejoindre Stilted et Hermione prit des dispositions pour permettre à Drago de rentrer chez lui.