Titre: Please don't stop the rain

Genre: Romance

Paring: HP/DM

Rating: M mais pas tout de suite.

Disclamer: Tout à la talentueuse JKR.

Note: Voici le deuxième chapitre de Please, don't stop the rain ! Pour rappel, cette histoire est présente en avant-première sur le site de Manyfics, ( à voir sur mon profil ), et donc cette histoire ne résulte pas du tout d'un quelconque plagiat. Au risque de me répéter, comprenez-moi, je préfère que les choses soient claires. Après ce petit moment sérieux, je vous souhaite une trèèès bonne lecture !

Please don't stop the rain

Chapitre 2 : Open your eyes

Je suis arrivé. Face à la mer, je retrouve avec délicatesse l'air marin, qui aimait me submerger d'émoi autrefois.

Je ne m'étais pas rendu compte à quel point cela m'avait tellement manqué durant toutes ces années.

Mais là, debout devant cette immensité, je n'ai de cesse de me demander comment j'ai pu m'en passer.

La mer, synonyme de lointain souvenirs auxquels je me raccroche désespérément. Elle me manque, cette époque-là.

Replongeant avec force et passion dans le tourbillon de mes souvenirs douloureux, je sens à peine les flocons qui se posent sur mon visage et qui me glace la peau et les lèvres.

Mais qu'est-ce qui s'est passé ? Quand est-ce que tout a commencé à m'échapper ? J'ai dépassé depuis longtemps le point de non-retour, et je ne me rappelle même plus pourquoi.

Quand j'ai quitté mes parents ? Quand je me suis marié ou alors, quand j'ai eu ma fille ? Ou plus tôt, lorsque j'ai quitté mon univers d'enfance et de bien-être pour basculer de l'autre côté, avec toutes les immondices qui vont avec…

Seul face à mes questions sans réponses, il me semble que je parais fortement dérisoire.

Peut-être n'ai-je vécu que pour cet instant-là, le moment où enfin j'allais me taire et que je me retournerais pour regarder derrière moi, et voir que les années qui ont défilées ne rimaient à rien, en fin de compte.

J'ai créé une vie, une famille, un amour et un foyer, et tout ça pourquoi ? Pour qu'on me le retire, à la fin.

Pour me retrouver seul comme avant. Comme toujours.

Comme si j'étais condamné à vivre une éternité à errer sans but et à effrayer les autres, un peu trop sensibles.

Qu'est-ce qu'il me reste à faire à présent ? Repartir d'où je viens peut-être, et recoller les morceaux avec mes parents. Ou continuer à me bercer d'illusions, chez moi, et à enfiler toute les bouteilles d'alcool possibles et inimaginables.

Ou me laisser porter par Hermione, et la suivre comme un automate jusqu'à ce que je réalise comme toujours, qu'elle a raison et qu'il faut que je me reprenne en mains.

Mais qui peut me dire comment repartir, à partir de rien. Parce que je n'ai plus rien.

Plus rien.

Et pas même les remontrances d'Hermione, les encouragements de Ron où la compassion des autres ne pourra y changer quelque chose.

Ma femme, et ma fille, sont mortes.

Et je n'ai plus rien.

J'ai fini par m'arrêter dans un petit Motel, 'Au Gré Du Vent', toujours aux abords de la Mer. Le nom me paraissait tout à fait adéquat.

Le Motel en lui-même n'est pas exceptionnel, mais il y fait bon-vivre et les propriétaires ainsi que le personnel sont chaleureux. Peut-être que la baisse des réservations y est pour quelque chose car en cette période, peu de personne ne s'aventure ici.

Dehors, la neige n'a toujours pas cessé de tomber et je redoute d'être coincé ici. Pas que je n'aime pas cet endroit, mais je ne voudrais pas donner raison à Hermione en la laissant croire que j'avais réellement besoin de venir me perdre ici… Foutaises. J'ai surtout peur de réanimer en moi certains besoins oublié…

Heureusement, le patron, qui fait office de cuisinier, décide d'interrompre le cour de mes désagréables pensées.

Je le vois s'avancer vers moi de sa démarche nonchalante, qui laisse néanmoins deviner que les années qui se sont découlées n'ont pas été de tout repos pour lui. On le voit également aux plis de son visage, près de la bouche et autour de ses yeux. J'ai remarqué la même chose chez sa femme.

Il a un visage agréable, et son vieil âge ne fait que renforcer le sentiment de bien-être qu'il procure autour de lui.

Avec un verre de cognac, il décide de venir se joindre à ma table où je suis en train de dîner. Ils ne doivent pas avoir beaucoup de compagnie ces derniers temps.

La chaise fait un bruit sec quand il se pose dessus. C'est lourd, le poids des années.

« -Alors mon petit, dis-moi, c'est l'appel du grand air qui t'amène dans ce trou perdu ? »

Il a une voix rauque de grand homme, ça me plait beaucoup. Comme mon grand-père autrefois…

« -C'est à peu près ça, oui…

-Oh tu sais y en a beaucoup des comme toi, mais généralement ils ne viennent pas seuls. Ils louent une chambre pendant deux ou trois jours et puis hop, envolés !

-Ah bon.

-Tu n'es pas très bavard, toi, comme gars.

-Hum… Oui, je sais. Désolé.

-Mais ne t'excuse donc pas voyons ! A partir du moment où on m'écoute moi, ça me va.

-Comment est-ce que vous vous appelez ?

-Je m'appelle Marty, comme le marin de la côte. C'est pas très original mais qu'est-ce que tu veux, ça faisait fureur à une époque. Et ma ravissante femme que tu as pu apercevoir près de la réception, c'est Marine. Marty et Marine, la classe non ? Quand elle est avec ses copines, c'est une vraie pie mais bon, tu sais les femmes hein…

-Oui, j'imagine ce que vous voulez dire. Ça fait longtemps que vous êtes ensemble ?

-Oh, j'ai arrêté de compter les années. Tout ce qui m'importe aujourd'hui, c'est de garder intact l'amour qui nous unit. Ça fait pas trop viril de la part d'un homme comme moi, ça c'est vrai mais… Vois-tu, une femme avec laquelle on peut se permettre de dire qu'on l'aime comme au premier jour, il faut la garder. Tu crois pas ?

-Certainement… Et ne pas prendre à la légère le dicton qui dit qu'il faut vivre chaque jour comme si c'était le dernier. Croyez-moi, j'en sais quelque chose. On croit toujours avoir le temps, mais quand on dépasse le point de non-retour, il est alors trop tard.

-Hum… Bien dit petit gars. Et toi, c'est quoi ton nom ? D'où est-ce que tu viens ?

-Je m'appel Harry. Harry Potter. Et je viens… D'assez loin en fait. J'ai fait pas mal de route pour arriver jusqu'ici et je vous avoue que je suis littéralement exténué.

-Alors qu'est-ce que tu attends pour aller te reposer ? Vas te coucher et demain matin, je ferai des pancakes pour ma femme et toi. Ça te dis ça, qu'on déjeune tous ensemble ? Je suis sûr qu'elle meurt d'envie de connaître 'le mystérieux jeune homme tout de noir vêtu'.

-Je… Euh, oui bien entendu. C'est d'accord pour demain matin dans ce cas.

-Elle sera contente. Tu sais elle se sent toujours un peu seule à cette période de l'année, y a jamais grand monde. Allez, passe une bonne soirée petit gars !

-Merci, vous aussi. Bonne nuit. »

Il délaisse finalement ma table, non sans jeter un regard en arrière avec un sourire en coin. Etrangement, cette courte discussion m'a apaisé. Je me sens beaucoup moins nerveux que tout à l'heure.

Mais même si mon agitation intérieure s'est calmée, ma situation n'en reste pas moins inchangée. Je n'ai aucune idée… De ce que je devrais faire.

Tout en me couchant dans le lit, je repense à ce drôle de vieux couple, Marty et Marine. Je ne les connais pas très bien, mais ils sont touchants. La complicité qui émane d'eux rendrait jaloux plus d'une personne, ça c'est certain.

Je me demande si… Si ma femme et moi aurions pu établir une relation semblable. Une relation où règne une totale confiance et où les inconvénients de la vie sont pris avec un recul et une bonne humeur sans égale.

Mais je ne crois pas. Si je veux être honnête avec moi-même, je peux facilement admettre qu'entre ma femme et moi, ça n'allait plus. Le sexe et la passion étaient toujours présent, mais pas l'amour. Que pouvions-nous faire ? Nous avions une vie, une famille, des amis… Et ma fille.

Et on ne vivait pas trop mal… Jusqu'à cet accident.

On avait établis une règle tacite entre nous, qui disait quelque chose du genre 'Si on en parle pas, il n'y a pas de problème'. C'était une belle connerie. Mais ça nous a permis de tenir.

Il n'y avait pas d'haine entre nous, on ne se détestait pas. On s'était juste tant et si mal aimé durant une époque que les vestiges qu'il en restait était profondément ancrés en nous, bien que douloureux. D'une certaine manière. Alors on sauvegardait les apparences, davantage pour que nous nous prouvions à nous-même que nous étions capable de mener une vie normale que pour le regard des autres.

Et pour notre fille, par-dessus tout. Ma merveilleuse fille… J'aurais tout fait pour elle. J'aurais décroché la lune, le soleil et même les étoiles si elle m'en avait fait le caprice. Et elle n'est plus à présent…

Sur ces pensées douloureusement aiguisées, je décide de m'endormir et de mettre fin momentanément au gouffre qu'est devenu ma vie.

Le lendemain, le réveil se fait lentement et j'accepte alors avec délice la douce euphorie qui me guette. Pour la première fois depuis des mois, je ne me demande pas qu'elle est la raison qui me pousse à me lever.

J'ai réellement bien dormi. Mieux que toutes mes autres nuits depuis… La nuit des temps. Oui, c'est le cas de le dire.

Dès que je passe le pas de la porte de ma chambre, l'odeur de la cuisine m'accapare et j'entends mon ventre grogner derechef. Je souris, un peu bêtement.

Dans la salle de restaurant, une grande table a été récemment aménagée avec de nombreux mets dessus. J'ai tellement faim que je sauterais bien dessus.

Un peu gêné et un peu gauche, je ne sais pas trop quoi faire. Personne n'est en vue mais j'entends des bruits qui proviennent des cuisines. Je ne sais pas si je dois me montrer ou simplement attendre.

Mais bien vite, toujours perdu dans mon grand dilemme, Marine arrive, les bras chargés d'un nouveau plat.

« -Monsieur Potter ! C'est bien 'Potter' votre nom n'est-ce pas ? Ou peut-être pourrais-je vous appeler Harry… Qu'en dites-vous ?

-Euh, oui naturellement. Vous pouvez m'appeler Harry… Marine ?

-Exactement ! Je vois que mon mari s'est déjà plain de moi auprès de vous ! A celui-là ! Avez-vous bien dormi ?

-Comme un bébé. Cet endroit est vraiment très charmant.

-A qui le dites-vous ! C'est un peu petit certes, mais on s'y sent bien. Allez venez ici, ne restez pas planter là. On sera un peu plus nombreux que prévu. Une petite famille est arrivée tard hier soir, complètement lessivée donc on leur a proposé le déjeuner de la maison. J'espère que cela ne vous dérange pas ?

-Bien sûr que non ! C'est déjà vraiment trop aimable de m'autoriser à me joindre à vous…

-On adore faire de nouvelles rencontres. C'est nous qui vous remercions d'avoir accepté. Je sais quelques fois que nos manières ne sont pas très conventionnelles… Cependant la famille qui va certainement arriver d'une minute à l'autre est habituée à venir ici. Ils viennent chaque année à la même période, juste avant les fêtes. Vous verrez, ils sont très sympas.

-D'accord. Et votre mari, il n'est pas là ?

-Ce gros paresseux à bien du mal à sortir de son lit, mais foi de Marine, dans 10 minutes il sera assis à cette table avec tout le monde. Tenez en attendant, asseyez-vous et servez-vous à manger.

-Je vais vous attendre, je ne vais pas commencer votre festin sans vous. Ca paraîtrait terriblement malpoli venant d'un mystérieux inconnu n'est-ce pas… ?

-Eh, je le vois bien votre petit air rieur, on ne la fait pas à une vieille femme comme moi ! Ah, je vous aime bien vous. Tiens, voilà enfin la petite troupe qui daigne enfin se montrer ! »

Et effectivement, Marty, accompagnés de la dite famille venaient vers nous, tout sourire de voir que tout était déjà prêts.

Lorsque que tout le monde fût attablé et que chacun se servait dans son assiette, je laissai mon regard vagabonder sur toute cette bande d'inconnus en me sentant étonnement à l'aise. Tout le monde riaient de bon cœurs, sans tabous ni préjugés. Et ça faisait un bien fou.


Deuxième chapitre, terminé ! Doucement mais sûrement, l'histoire se met en place à présent. Qu'est-ce que vous en pensez ? Byyyye