Disclaimer: Lovino, Antonio, Louise et Willem appartiennent à Hidekaz Himaruya! Regresa a mi est une reprise de Unbreak my heart interprétée par Il Divo.
Je suis vraiment désolée, j'ai oublié (une fois de plus -') les traductions après le chapitre un... Les voici donc.
Regresa a mi: reviens-moi (espagnol)
Mi amor: mon amour (espagnol)
Bastardo: bâtard (espagnol et italien)
Hola: salut (espagnol)
Mierda: merde (espagnol)
Perché, cazzo?: Pourquoi, putain? (italien)
Bastardo di merda: bâtard de merde (italien) (insulte Made In Niniel, je le crains...)
Cazzo... Ti amo, Antonio: Putain... Je t'aime, Antonio. (italien) (c'est fou comme ça donne rien en français oO)
Warning: yaoi, lemon (le plus explicite que j'ai jamais écrit, même s'il reste soft xD)
Je tiens à remercier les reviewers! Vous avez été plus nombreux que je ne l'espérais, tout comme ceux qui suivent désormais Regresa a mi ou qui l'ont ajoutée à leurs fic favorites. Vous ne pouvez pas savoir comme ça me rend heureuse TwT Mille fois merci :'D J'espère pouvoir compter sur vous pour ce deuxième chapitre aussi.
J'espère aussi que la suite de l'histoire sera à la hauteur de vos attentes... Ha, vous me faites stresser mais j'attends vos avis avec impatience x)
Bonne lecture, on se retrouve plus bas pour les traductions et autres!
Juillet 1956.
Tout avait été très vite. L'annonce aux parents de Louise, qui ignoraient tout jusqu'alors, les démarches administratives, les détails frivoles. Et un mois après la demande à peine forcée d'Antonio, Lovino pouvait contempler de dos la future femme de son amant et ce dernier depuis le premier rang de l'église.
Elle portait une robe blanche sans chichi, avec un voile simple. Elle avait relevés ses cheveux en chignon. Elle faisait une jolie mariée, l'Italien devait bien le reconnaître. Mais lui qui l'avait toujours appréciée, il ne pouvait s'empêcher de la détester, ce jour-là. Ce n'était certainement pas de sa faute, mais elle lui volait l'homme qu'il aimait, sans même en être consciente.
Antonio avait demandé à ce que Lovino soit son garçon d'honneur, ce que le plus jeune avait été forcé d'accepter devant les yeux suppliants de son amant. Il repensait à ce moment avec un petit sourire.
Ils étaient chez Antonio, Louise et lui réglaient quelques formalités et ils avaient appelé Lovino pour qu'Antonio lui en parle.
-J'aimerais que tu sois mon garçon d'honneur. avait-il dit très sérieusement.
Lovino avait d'abord haussé un sourcil.
-Hors de question que je me donne en spectacle.
-Mais Lovi! Il ne s'agit pas de cela, voyons! Juste de…
-Te donner les alliances, t'accompagner, danser avec la demoiselle d'honneur… Merci du cadeau, je préfère encore prendre la place de la mariée! avait-il dit sur le ton de la rigolade, en fixant cependant intensément Antonio dans les yeux.
Après une ou deux secondes de silence nostalgique, l'Espagnol avait dit, suppliant:
-S'il te plaît, Lovi… J'ai… J'ai besoin de toi à mes côtés.
Lui aussi l'avait regardé avec intensité. Alors Lovino avait grommelé:
-Ouais, bon, d'accord. Mais c'est qui la demoiselle d'honneur, Louise?
Elle n'avait pas encore choisi. Alors le matin même du mariage, il avait appris qu'il s'agissait d'une amie hongroise de Louise, que Lovino ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam, mariée à un Autrichien.
Elle était à côté de l'Italien, dans l'église, portant une jolie robe vert feuille, tandis que lui avait travaillé des heures et des heures à l'administration d'un charbonnage de la région en plus de son travail scolaire pour avoir de quoi s'offrir un costume noir tout ce qu'il y avait de plus classique.
Pour lui, le plus éblouissant restait Antonio. Il n'avait pas l'air particulièrement épanoui, plutôt soucieux en réalité, et son costume était lui aussi très classique –le même que celui de Lovino, qui avait choisi le sien sans savoir que c'était également le choix du marié– mais il était magnifique, l'adolescent ne savait pourquoi.
Il n'avait d'yeux que pour lui. Il voulait que ces secondes pendant lesquelles il lui appartenait encore exclusivement restent gravées dans sa mémoire.
Antonio, quant à lui, devait se faire violence pour garder le dos tourné à son garçon d'honneur. Alors que le prêtre scellait son union avec Louise, il n'avait qu'une envie: saisir la main de Lovino, l'amener devant l'autel et l'embrasser devant les yeux de tous.
Lorsque le curé prononça les paroles traditionnelles concluant le mariage et invita les mariés à s'embrasser, Lovino détourna la tête. Il ne voulait pas voir ça. Il refusait de contempler ces lèvres qui avaient si souvent capturé les siennes embrasser celles de Louise ou de qui que ce soit d'autre.
Antonio se contenta du strict minimum pour satisfaire sa désormais épouse, autant par gêne que par respect et fidélité envers Lovino. Certes, il avait déjà embrassé Louise, mais à l'époque, la séduire était son but et non son devoir.
Lors du repas de noces, Lovino fut très heureux d'avoir accepté la proposition de son amant. Son rôle de garçon d'honneur lui donnait la place privilégiée située à la droite d'Antonio et, lorsqu'il eurent terminé de manger, leurs mains s'entrelacèrent tout naturellement sous la table et ne se séparèrent qu'en de rares occasions.
oOo
Janvier 1957.
Lovino était passé chez le boulanger chercher une galette des rois à partager avec Louise et Antonio, comme ce dernier lui avait demandé la veille. Avec la grossesse de Louise, il ne la quittait plus, de peur qu'elle soit seule au moment où l'accouchement s'annoncerait. Cela, Lovino pouvait parfaitement le comprendre et ça ne l'avait pas dérangé de se plier à la volonté de l'Espagnol.
Mais qu'on lui demande de venir pour une certaine heure et que, à l'heure dite, on le laisse poireauter dehors dans le froid de janvier sans aucune explication, il n'était pas prêt de le tolérer, ça non. Il sentait la colère monter en lui à chaque fois qu'il abattait violemment le bélier sur la porte et que personne ne venait lui ouvrir.
Il souffla par le nez. Ca commençait à bien faire.
Il allait de nouveau frapper sans délicatesse lorsque la porte s'ouvrit enfin.
-Cazzo, j'espère que t'as une bonne raison de…
Puis il se tut. Ce n'était pas Antonio, ni Louise, qui lui avait ouvert. C'était la sage-femme du village.
Le visage rougit par le froid de l'Italien se décomposa alors que la vieille lui disait:
-Monsieur et Madame Fernandez-Carriedo ne souhaitent pas recevoir de visite pour le moment, veuillez repasser plus tard.
Monsieur et Madame Fernandez-Carriedo. Lovino tiqua. Ca lui faisait toujours aussi mal… Mais il ne se démonta pas.
-J'sais pas qui c'est ce Devisite, en tout cas c'est pas moi, alors s'cusez mais j'rentre. J'me les gèle depuis un quart d'heure dehors, y en a marre!
Il poussa un peu la sage-femme sur le côté et entra dans la maison, sous les protestations de la femme plus âgée, qu'il fit taire d'un "chiudi il becco!" agressif.
Arrivé dans le salon, il découvrit une scène à laquelle il s'attendait plus ou moins depuis qu'il avait vu l'accoucheuse.
Louise, complètement décoiffée, les joues rouges, le front encore un peu humide de sueur, très peu vêtue, allaitait un nourrisson emmailloté dans des chiffons blancs, tandis qu'Antonio était assis à ses côtés et regardait avec émerveillement le fruit de leur union.
C'était donc cette intense activité qui l'avait empêché de bouger ses fesses pour ouvrir la porte à sa raison de vivre. Elle le prit très bien, d'ailleurs, la raison de vivre.
L'Espagnol finit par lever les yeux et s'apercevoir de la présence de son amant. Il caressa alors la joue du bébé et se remit prestement sur ses pieds, entraînant Lovino avec lui dans le hall, à l'abri des regards et de la jeune maman et de l'accoucheuse.
-Ca… commença Lovino. C'est arrivé… murmura-t-il, tête baissée.
Antonio allait répondre un grand "oui" rayonnant, mais devant la mine déconfite de l'Italien, le prit dans ses bras et le serra fort contre lui.
-On le savait, Lovi… Ca arriverait un jour ou l'autre. répondit-il.
-Tu vas me ressortir le discours de la couverture, c'est ça? grogna l'Italien.
-Je ne pouvais pas refuser ça à Louise indéfiniment… Elle aurait finit par se douter de quelque chose…
Encore un mensonge, murmuré à mi-voix à l'oreille de Lovino. Antonio se jura une fois de plus de ne jamais lui avouer que c'était antérieur au mariage.
-Mais je te l'ai déjà dit… Que je sois père ne m'empêchera pas de t'aimer. Tu le sais, Lovi. A jamais…
-J'ai peur… marmonna-t-il, au bord des larmes. J'ai peur qu'avec Louise et ton enfant, il n'y ait plus de place pour moi dans ton cœur…
Antonio lui releva la tête d'un doigt sous le menton.
-Louise est mon amie, ma femme par hasard. Alice est ma fille. Elles n'ont pas leur place dans mon cœur. Pas la même que la tienne. Jamais.
Il embrassa un Lovino complètement surpris:
-Alice? Ta fille?
-Oui, c'est une fille et c'est ainsi que nous avons décidé de l'appeler.
-Alice… répéta Lovino à l'italienne. Et ça s'est bien passé? Je veux dire, elles vont bien? Elle est arrivée vachement à l'avance…
-C'est vrai… répondit Antonio en se grattant l'arrière du crâne. Mais elle va bien. Et Louise récupère de ses efforts.
Lovino ne put réprimer un sourire à ces annonces. Malgré tout, il était soulagé que tout se soit passé sans aucune complication et il n'aurait pas voulu qu'il arrive quoi que ce soit au bébé ou à Louise. Il s'agissait de la fille d'Antonio, quand même… Il en aurait été abattu.
Quant au jeune papa, il comptait sur l'ignorance de Lovino en matière d'enfants pour qu'il ne trouve pas trop étrange qu'Alice ait la taille et le poids moyens des bébés nés à terme.
-Je peux les voir? demanda timidement Lovino.
-Bien sûr! répondit Antonio avec enthousiasme. Louise, couvre-toi, Lovino arrive! dit-il en passant la tête dans le salon.
Il savait très bien que Lovino ne risquait pas de se rincer l'œil, mais il se doutait que Louise n'aurait pas été à l'aise si le meilleur ami d'Antonio la contemplait à moitié dévêtue.
Lovino put remarquer une fois de plus qu'à son grand plaisir, l'Espagnol n'interpellait son épouse que par son prénom, sans lui donner de surnom affectueux ou pire, l'appeler "ma chérie" ou "mon amour". Peut-être qu'Antonio disait vrai: malgré leur mariage et leurs devoirs conjugaux, elle restait seulement une amie à ses yeux. L'Italien l'espérait, en tout cas.
Lorsque la jeune femme fut visible, ils entrèrent dans le salon et Lovino félicita chaleureusement la maman. La petite fille s'était endormie et l'Italien la trouva très mignonne. Elle avait les cheveux bruns d'Antonio, mais le teint clair de Louise qu'il pouvait distinguer même si elle n'avait pas encore pris de bain et était donc encore rouge par endroits.
Lovino tendit la galette des rois à Antonio, qui se chargea de la couper à la cuisine, tandis que l'Italien restait au salon et admirait le petit être.
Louise, rayonnante, Alice endormie contre sa poitrine, demanda:
-Antonio t'en a parlé?
-Hein? De quoi? demanda à son tour le jeune homme, dont les sourcils se froncèrent immédiatement d'anxiété.
-J'ai ma réponse, on t'expliquera après.
L'Espagnol revint effectivement et fit distribution de la pâtisserie au moment où la sage-femme décidait que Louise et la petite étaient entre de bonnes mains et les laissait seuls.
Lovino et Antonio s'assirent côte à côte dans un fauteuil et dégustèrent un moment en silence, puis le plus âgé prit la parole.
-En fait, je me disais… Et Louise est d'accord avec moi… Qu'en tant que mon meilleur ami, tu pourrais être le parrain d'Alice.
-Le… parrain?
-Hum hum. acquiesça Antonio. A son baptême. Puis être un modèle et un soutien dans sa vie, tout ça…
-Un modèle, moi? Celui qui jure comme un charretier?
-Si tu en est conscient, rien ne t'empêche de changer! remarqua Louise avec amusement.
-Alors, reprit Antonio, quelle est ta réponse?
Lovino était pris de court. Il jeta un œil à l'adorable enfant qu'il appréciait déjà, fit la moue et lâcha:
-J'veux bien essayer, mais je ne promets rien.
oOo
Février 1958.
-Vous êtes sûrs que je peux vous la laisser? demanda Louise pour la énième fois en une heure.
-Mais oui, ne t'inquiète pas! Elle reste avec son père et son parrain, rien ne peut lui arriver! la rassura Antonio.
-Et en plus, renchérit Lovino, tu ne l'allaites plus depuis longtemps. Si elle a faim, on va pouvoir se débrouiller pour la nourrir.
-Exactement! Allez, file, tu vas être en retard! la pressa Antonio.
Louise fit la moue, puis se résolut à faire ce que son mari lui disait. Elle l'embrassa et Lovino se raidit imperceptiblement, puis elle fit la bise à l'Italien et s'en alla.
Pour la première fois depuis la naissance de leur fille, Louise avait été invitée chez Elizabeta et Roderich, deux de ses amis qui fêtaient leur cinquième anniversaire de mariage. Antonio l'avait encouragée à aller à ce dîner, malgré la réticence de la mère qui estimait Alice trop jeune pour se passer d'elle. Finalement, son mari l'avait convaincue et avait même pris une précaution supplémentaire: il avait demandé à Lovino de passer la soirée chez eux pour qu'en cas de besoin, Antonio ne soit pas tout seul pour paniquer.
Bien évidemment, ce prétexte avait surtout été une bonne raison pour inviter Lovino sans éveiller le moindre soupçon. Certes, ce n'était pas le genre de Louise de soupçonner son mari d'infidélité (si elle savait…) et encore moins de la tromper avec son meilleur ami, mais quand Willem se trouvait dans les parages, ils évitaient de se retrouver seuls sans raison que le blond estimerait valable. Or, ce soir-là, c'était lui qui se chargeait de passer chercher et de conduire Louise à sa soirée. Il n'était pas rentré dans la maison –il ne le faisait jamais quand Antonio s'y trouvait et qu'il pouvait l'éviter, mais il se souciait assez de sa nièce que pour demander avec qui elle restait pendant que sa mère s'amusait.
Ils s'assurèrent qu'elle était bel et bien partie avec son frère puis fermèrent la porte d'entrée à double tour. Lovino ferma aussi tous les volets pendant qu'Antonio allait vérifier que sa fille était endormie. Lorsqu'il redescendit les escaliers, il fit un petit signe affirmatif de la tête et se rua aussitôt sur son amant.
Ils échangèrent des baisers fiévreux et passionnés au milieu du salon.
-Ca a été dur… De me passer… De tes lèvres… murmura Antonio en entrecoupant sa phrase de baisers.
Certes, comme il l'avait promis à Lovino avant son mariage, ils s'étaient vus aussi souvent qu'avant. Il passait presque tous les jours chez le couple, pour un rien ou même sans raison, parce que Louise était au courant de l'affection qu'Antonio portait à son "meilleur ami". Mais chez eux, ils n'avaient que rarement l'occasion d'être aussi proches qu'ils l'auraient voulu, Louise étant toujours plus ou moins dans les parages. Ils profitaient de chaque seconde d'inattention ou d'absence de sa part, mais ça ne leur suffisait pas.
Souvent aussi, ils se retrouvaient sur le terril, encore et toujours. Antonio modifiait un peu ses horaires sans en avertir Louise, et Lovino s'arrangeait pour terminer aussi tôt que possible à l'école. Ils avaient ainsi une heure, parfois deux au mieux, pour se retrouver seuls et rattraper le temps perdu, deux ou trois fois par semaine. Il était loin le temps où ils se voyaient tous les jours aussi longtemps qu'ils le voulaient sans que personne ne les dérange ou ne les empêche de vivre leur amour…
Lovino serra un peu plus Antonio contre lui, approfondissant encore leurs baisers et signifiant par la même occasion qu'il avait eu autant de difficultés que son amant pour supporter ces longs mois où ils avaient dû sans cesse être vigilants à chaque baiser volé.
Cette fois, ce fut Lovino qui prit les devants. Il dénoua la cravate de son amant et l'envoya par-dessus son épaule, avant de s'attaquer aux boutons de sa chemise. Il devait être minutieux pour ne pas les faire sauter dans son impatience… Antonio devrait pouvoir se rhabiller après.
Non, ne pense pas à "après". Pense à ce moment. Ne te soucie de rien d'autre.
Une fois complètement ouverte, il la fit glisser le long des bras de l'Espagnol, qui frissonna et fit pareil avec celle de Lovino. Ce dernier s'acharnait déjà sur la fermeture de son pantalon, qui ne tarda pas à tomber aux pieds de son propriétaire.
Antonio recula alors jusqu'au canapé et assit Lovino à califourchon sur ses genoux. L'Italien s'arc-bouta pour ôter lui-même son pantalon devenu subitement trop étroit, l'Espagnol l'ayant délaissé au profit de son dos qu'il caressait doucement de ses doigts, faisant frissonner son amant.
Le plus jeune renversa Antonio sur le dos sans arrêter de l'embrasser, puis abandonna ses lèvres pour descendre dans son cou, sur ses épaules, toujours plus bas, couvrant chaque centimètre carré de peau de baisers, alors que l'Espagnol se retenait de gémir et s'amusait avec le caleçon de Lovino.
Ce dernier écarta les jambes de son amant et s'occupa de sa virilité, prévenant avec un sourire mutin auparavant:
-Je te rappelle que ta fille dort à l'étage… Et pense aux voisins… Tâche d'être discret, d'accord?
-Humpf… rétorqua Antonio qui se mordait déjà les lèvres pour contenir des gémissements de plaisir.
Lorsqu'il eut terminé, Lovino, tremblant et fébrile d'excitation et de plaisir, se laissa tomber contre le torse de son amant, qui s'empressa de reprendre le contrôle de leurs ébats. Il les fit se retourner et fit glisser le sous-vêtement de l'Italien le long de ses cuisses effilées. Enfin, il regarda le plus jeune dans les yeux qui lui murmura:
-P… Prendimi… Tout de suite…
Antonio, surpris, s'arrêta un moment. Mais son amant était déterminé et le voulait.
-A tes ordres…
Alors, en essayant d'être aussi doux que possible, il le prit. Lovino s'agrippa à son dos, ses yeux se remplissant de quelques larmes puis, peu à peu, d'étincelles de plaisir. Quand il se fut habitué à la présence d'Antonio, celui-ci accéléra la cadence et l'amplitude de ses coups de bassin, s'appliquant à lui procurer du plaisir malgré la douleur, jusqu'à ce que la jouissance les frappe tous les deux et qu'il se laisse tomber, en sueur et pantelant, sur le torse et dans les bras de l'Italien.
Ils reprirent leur souffle et restèrent un long moment blottis l'un contre l'autre.
Remis de leurs émotions, Antonio se redressa, remis son caleçon et s'adossa à l'accoudoir du fauteuil, invitant Lovino à faire de même et à venir s'asseoir entre ses jambes.
L'Italien ne se fit pas prier et s'appuya contre le torse de son amant, entre ses bras puissants. Leurs doigts s'entrelacèrent et ils profitèrent un long moment de la chaleur de leurs corps, de la respiration de nouveau calme de l'autre, de sa présence.
-Je voudrais que ce moment ne finisse jamais… murmura Antonio à l'oreille de l'Italien.
Lovino ne répondit pas. Il ferma les yeux et s'abandonna totalement à cet instant. Antonio sourit à cette vue.
oOo
Ils étaient toujours dans la même position quand Lovino rouvrit brutalement les yeux et se redressa d'un bond.
-J'entends la voiture, cazzo!
Antonio se releva aussitôt et ramassa son pantalon, sa chemise et sa cravate, les renfilant rapidement, imité par Lovino.
Celui-ci, pantalon et chemise encore ouverts, se précipita à la rescousse de son amant qui boutonnait sa chemise pour renouer sa cravate en catastrophe.
Louise cherchait ses clefs dans son sac, ils l'entendaient derrière la porte. Paniqués, Antonio termina de se rhabiller, Lovino courut à travers la maison lançant à l'Espagnol:
-J'vais aux toilettes!
Pour sa part, le mari à nouveau présentable s'arma d'un sourire qu'il espérait sincère et se rendit dans le couloir pour accueillir son épouse.
-B… Bienvenue à la maison. bredouilla-t-il à la jeune femme.
-Bonsoir! Tout s'est bien passé?
-Bien sûr, pourquoi aurais-tu voulu que ça se passe mal?
Il rit, d'un rire qui lui parut hystérique, en pensant qu'ils n'avaient pas écouté une seule fois les pleurs potentiels venant de la chambre d'Alice et qu'il n'avait vérifié qu'une fois qu'elle dormait toujours. Quel père responsable il faisait…
-C'est vrai, tu es un père responsable après tout. dit-elle avec un sourire.
-Haha, évidemment! Ahem… Comment était ta soirée?
-Géniale! Ca m'a fait plaisir de revoir Elizabeta. Elle avait invité beaucoup d'autres de nos amis, évidemment, donc je…
Antonio ne l'écoutait déjà plus. Il réalisait avec peine que cette soirée de liberté était déjà terminée.
-Merci de m'avoir encouragée à y aller! entendit-il cependant. Au fait, où est Lovino?
-Aux…
-Je suis ici. répondit l'intéressé en revenant, habillé décemment, de la direction des toilettes. Excuse-moi, j'étais aux toilettes. dit-il avec un petit sourire.
-Merci d'être resté avec Antonio! le remercia Louise.
-Oh, c'était avec plaisir, vraiment…
Il ne mentait pas. Cette soirée dans les bras d'Antonio avait été une des meilleures de sa vie.
oOo
Octobre 1962.
-Le 11? Pourquoi le 11? C'est le 12, ton anniversaire. remarqua Lovino, étonné.
-Je sais bien, merci! répliqua Antonio en riant.
-Avec toi, on ne sait jamais…
-Lovi, t'es méchant! fit l'Espagnol, faussement outré.
-Alors? reprit le plus jeune. Pourquoi vous n'allez pas au restaurant le 12?
-Louise travaille.
-Le soir? s'étonna Lovino.
-Travailler, c'est un grand mot, mais oui! confirma la jeune femme. L'école organise un repas pour les enseignants et les parents. Je ne veux pas imposer ça à Antonio le jour de son anniversaire, la date tombe vraiment mal.
"Parle pour toi." songèrent les deux amants.
-C'est dommage en effet. dit Lovino. Il n'y a pas de souci, je surveillerai Alice le 11.
La petite fille, qui s'appliquait jusqu'alors à manger un biscuit, se montra très enthousiaste à cette idée et se mit à sauter partout autour de Lovino en criant des petits "youpies" aigus. L'Italien finit par la prendre dans ses bras pour l'arrêter. Elle enroula ses mains autour de son cou, et son parrain reprit la parole:
-Ca veut dire que tu seras seul avec Alice pour ton anniversaire?
-Oui…
-Qu'en dis-tu, Louise, je peux te les emprunter une soirée?
-C'est à dire?
-Ils pourraient venir manger à la maison. Feliciano se fera un plaisir de cuisiner pour quelqu'un d'autre que moi…
-Excellente idée! s'empressa d'approuver l'Espagnol.
-Ouiiii! On va voir Tonton Feli! fit Alice d'une voix ravie.
Ils se tournèrent tous les trois vers leur amie, épouse et mère qui les regardait en souriant.
-Bien sûr, dit-elle, faites ce que vous voulez! Depuis quand me demandes-tu mon avis avant de sortir, Tonio? Tu as bien le droit de passer du temps avec ton meilleur ami!
oOo
-Amusez-vous bien! leur souhaita Lovino alors que le couple embarquait dans la voiture.
Louise lui adressa un sourire et un signe de la main, Antonio le remercia et mit le contact.
L'Italien referma la porte de la maison et leur fit signe par la fenêtre, Alice dans les bras. Quand ils eurent disparu de leur champ de vision, il la posa au sol et lui dit:
-On mange et après, on joue à ce que tu veux!
Ce n'était pas la première fois que Lovino était de garde pendant qu'Antonio et Louise étaient absents. Et s'il préférait de loin le cas de figure où Antonio restait avec lui, ça ne le dérangeait absolument pas. Finalement, il remplissait parfaitement son rôle de parrain. Il adorait sa filleule et elle le lui rendait bien. Ils étaient proches, presque comme un père et sa fille. Lorsqu'elle avait commencé à parler, Alice l'avait d'ailleurs appelé "papa" pendant un bon moment. Louise avait beau lui expliquer qu'elle n'en avait qu'un et que c'était Antonio, "parrain" était longtemps resté un mot trop difficile à prononcer. Cela avait perturbé Lovino. Encore un peu et il se serait mis à croire qu'Alice était leur fille à tous les deux…
Elle était toujours contente quand il était là. Lorsqu'une petite catastrophe à ses yeux d'enfant se produisait, il suffisait que Lovino apparaisse pour que ses pleurs s'apaisent.
Leur repas fut animé de la conversation bruyante et parfois sans queue ni tête de la petite fille, puis, quand Lovino eut lavé et rangé la vaisselle, il s'assit à côté d'elle sur le canapé et demanda:
-Alors, à quoi veux-tu jouer, Alice?
Elle riait à chaque fois qu'il l'appelait par son prénom. Il avait une façon particulière de le prononcer, à l'italienne, comme il disait.
-A la princesse et au prince!
Lovino se détendit quelque peu. Il détestait jouer à la poupée, heureusement elle avait décidé de lui épargner cette corvée, pour une fois.
Toutefois, ça n'arrangeait pas ses affaires. Il n'avait jamais été un prince charmant, il ignorait comment s'y prendre.
-Qu'est-ce que je dois faire?
-Je suis la princesse enfermée dans une tour et gardée par un dragon, et toi tu me sauves! Comme dans le livre que maman m'a lu hier!
-Ha. acquiesça Lovino, sceptique. Heu… Tu as un dragon sous la main?
La fillette réfléchit un moment puis annonça, dépitée:
-Non.
-Hé bien tu sais quoi? On jouera à ça une autre fois. Je ferai le dragon et Antonio sera le prince, d'accord?
-Non! râla Alice. C'est toi mon prince!
Lovino sourit. C'était mignon, l'innocence et la possessivité de l'enfance… Non, son prince elle ne l'avait pas encore trouvé. Et si un jour elle le trouvait, ce qu'il lui souhaitait d'ailleurs, il faudrait qu'elle comprenne qu'il était difficile d'être auprès de certains princes charmants…
-Bon, hé bien je serai le prince et Antonio le dragon… Tu veux que je te lise une histoire, en attendant?
oOo
Lorsque Louise et Antonio rentrèrent de leur dîner au restaurant, ils s'étonnèrent de constater que Lovino n'était pas au rez-de-chaussée. Ils montèrent alors discrètement, et arrivés sur le pas de la porte de la chambre d'Alice, ils purent se rendre compte que leur fille dormait à poings fermés… Et qu'elle n'était pas la seule.
Lovino, l'entourant de ses bras et tenant entre ses mains un livre d'histoires, s'était assoupi en pleine lecture. Alors que Louise arborait un sourire attendri, Antonio songeait que s'il ne s'agissait pas de sa fille âgée de cinq ans, il aurait été jaloux.
Traductions:
Chiudi il becco: littéralement "ferme ton bec" c'est l'expression qui traduit les "ta gueule", "ferme-la" du français. (italien)
Prendimi: prends-moi (italien)
Il y a encore un ou deux "cazzo" qui se perdent, je crois que ce n'est plus nécessaire que je les traduisent ici ;)
J'espère avoir été crédible, cohérente et surtout, à la hauteur de vos attentes... Donenz-moi vos avis!
Je rappelle aussi que je suis à votre disposition si vous avez la moindre question.
A la semaine prochaine pour le dernier chapitre :D
