Je reprécise que je fais des fautes et je m'en excuse, j'essaye tout de même que ça soit lisible et compréhensible malgré tout.
Je monte dans le bureau du grand patron avec un peu d'appréhension. La secrétaire me fait à nouveau entrer et je reste planté là comme un ahuri. Monsieur Écu-de-Chêne me fait signe de m'asseoir. Je m'exécute alors qu'il est toujours plongé dans le dossier.
Quelques minutes interminables passent durant lesquelles il tourne les pages et les examine, moi pendant ce temps je me triture nerveusement les mains. Il finit enfin par lever la tête et me regarde. Nos regards se croisent un court instant mais je détourne les yeux. Ce n'est pas correct de soutenir le regard de son patron.
Il reste à me fixer tandis que je fixe un point imaginaire sur le côté. Il lance enfin:
«-C'est très bien. Désolé de vous avoir fait travailler autant en si peu de temps.
-Ce n'est rien.
-Je vous donne une semaine de repos pour vous remettre. Je pense que vous en avez besoin vue dans l'état dans lequel vous vous trouvez.»
Je m'inspecte en rougissant, c'est vrai que je n'ai pas l'air de grand-chose là. Il reste de marbre et enchaîne:
«-Très bien, alors vous avez une semaine à partir de demain. Et encore bon boulot, vous avez été rapide et très efficace, pile ce à quoi je m'attendais.
-Merci monsieur.»
Je me lève et pars. Je suis surpris qu'il ai pu s'attendre à quoi que ce soit venant de moi car nous sommes plusieurs comptables et jusque là je n'avais jamais eu à faire de dossiers si importants. Du moins pas tout seul.
Je passe le reste de la journée à terminer les quelques dossiers sur mon bureau. Je termine le dernier en poussant un soupir de soulagement. Je vais être tranquille pendant une semaine. Sept jours sans dossiers, sans pression, à pouvoir dormir et manger comme je veux et de façon régulière.
Je rentre chez moi sur un nuage. Je commence par prendre un bain relaxant qui m'arrache un soupir de volupté. Mon dieu que l'eau chaude et la mousse détendent les muscles. Béni soit ce moment. J'enfile un peignoir en éponge puis m'en vais dans la cuisine. Après inspection de mon frigo je me lance dans l'audacieuse mission de me préparer un steak avec des haricots verts et des pommes de terre. Je mange tranquillement sur la table de la cuisine, savourant chaque bouchée.
Une fois mon repas terminé je vais me coucher. Je prend mon livre sur ma table de chevet. Je l'ai commencé il y a presque un mois, et j'ai eu tant de travail qu'une couche de poussière s'est formée sur le dessus. J'essuie la poussière et me replonge dans l'histoire.
Au bout de trois chapitres passionnants mes yeux me brûlent comme jamais. C'est le signal, je range donc le livre et ne tarde pas à m'endormir.
Le lendemain je suis heureux de pouvoir dormir autant que je veux. Je me réveille naturellement, pas besoin de ce réveil de malheur qui m'arrache toujours à un sommeil bienfaiteur et parfois des rêves très agréables.
La matinée est déjà bien entamée puisqu'il est dix heure et demi. J'ai une pensée pour mes collègues en plein boulot et je l'avoue, un petit sourire cruel à la pensée que moi je ne travaille pas. Je prend un thé et des biscuits en lisant le journal du matin. Ensuite je m'habille puis décide d'aller au marché. J'ai envie de bouger et puis c'est une occasion non? Après un moment à flâner entre les stands je reviens chez moi avec un saucisson, un fromage et des poires. Je range mes achats et regarde mon appartement.
L'opération rangement est lancée. Je retrousse mes manches et je me jette dans la mêlée. Une pause bien méritée à midi me fais sourire. J'avale des pâtes et une tranche de jambon puis je reprend mon bazar à bras le corps. À l'heure du thé je suis heureux de constater que le désordre ambiant de mon appartement n'est plus qu'un mauvais souvenir. Je me pose dans mon fauteuil plus que confortable ce qui me fait soupirer d'aise.
D'humeur rebelle et courageuse aujourd'hui j'allume la télé en buvant mon thé et en mangeant des biscuits secs. Je zappe jusqu'à trouver un film qui a l'air intéressant. Je me laisse prendre au truc et je suis déçu quand le mot fin apparaît. J'aurais aimé que ça continue, c'était une si belle histoire d'amour.
Bon, après le rangement il faut faire du ménage. Je me lance donc dans l'astiquage de mon appartement. En fin d'après-midi je sors victorieux de cette activité. Une douche est la bienvenue et je l'accueille comme ma meilleure amie. Je l'aime tellement après une telle journée que je lui ferai presque l'amour si elle était une vraie personne. Je glousse à cette idée.
Je me rend alors compte qu'avoir des jours de congés me transforme et que ça en devient dangereux. Plus déraisonnable que jamais je m'habille et je pars pour le pub le plus proche, les mains dans les poches.
Je commande une pinte de blonde, j'avoue que là, je ne me reconnais plus. Je commence à siroter le breuvage en regardant distraitement les clients. Une jeune fille me regarde avant de baisser légèrement les yeux en rougissant. Je souris ce qui la fait bêtement glousser et elle me fait un léger signe de la main. Mon sourire s'élargit, si je ne savais pas ce que je sais je penserais qu'elle me drague. Elle se lève et s'approche de moi:
«-Bonsoir.
-Bonsoir mademoiselle.
-Je m'appelle Perogane.
-Moi Bilbon.
-Je vous paye un verre?
-C'est très gentil, mais avant que vous ne vous fassiez de fausses idées je préfère vous prévenir que je suis homosexuel.
-Ah… tant pis, je vous paye un verre quand même. Comme ça j'aurais l'air moins stupide de m'être levée pour vous parler, en plus vous avez l'air sympathique.
-Merci.»
Elle me paye une autre bière, reprend une Tequila Sunrise et nous parlons un moment. Je lui explique soudain qu'un jeune homme bien plus séduisant que moi est en train de la dévorer des yeux un peu plus loin. Elle se tourne discrètement, regarde le garçon en question et me souris avant de partir. Je les regarde avec un air amusé puis je m'en vais.
Une fois chez moi je m'ouvre une boite de raviolis, je l'avale devant un film d'action puis je vais lire avant de m'endormir.
Ma semaine se passe tranquillement. Je lis, je regarde la télé, j'écoute de la musique et je m'occupe même des quelques plantes en pot que j'ai sur mon balcon. Mais je suis heureux qu'elle touche à sa fin, je m'ennuie un peu tout seul.
Je me couche et soupire à la fois de déception et d'excitation. Je suis un peu déçu que la semaine soit passée si vite mais je suis aussi excité à l'idée de reprendre le travail demain. Je règle mon réveil puis plonge dans un sommeil pleins de rêves amusants et étranges si on essaye de leur trouver un sens.
