Blabla de l'auteur : Salut tout le monde. Bon j'imagine que vous devez tous vous demander pourquoi je n'ai répondu à aucune review cette semaine ? La faute au site qui ne fonctionnait pas. C'est redevenu normal (selon nouna) mais à titre exceptionnel, je réponds à tout le monde ici ok ? Merci d'avance (genre je vous laisse le choix lol) Bon comme promis dans ce chapitre les garçons arrivent et vous allez voir… C'est sympa comme rencontre lol. J'en dis pas plus. Un super très grand merci à Patmoll la seule à qui j'ai répondu par mail lol, Elodya (Salut miss. Je t'avais pas reconnue sous ton nouveau pseudo lool Tu vas vite comprendre où je vous emmène, crois-moi. Mais promis Mitchie va être moins déprimante à partir du chapitre trois, enfin j'espère que tu la trouveras moins déprimante disons lol. Bisous miss), nouna (Salut miss. Ouais elle va finir par s'y faire au fait qu'elle est nouvelle même si pour le moment… Ce n'est pas gagné lool. Enfin à sa place, je crois que je ferais pareil lool. Bisous choupine à tout chuite), et charl2ne (Salut miss. Et oui Mitchie est à plaindre avec son déménagement tout ce que ça engendre. Surtout que ce n'est pas la joie de déménager quand tu n'es pas d'accord lol. Mais tu devrais adorer ce chapitre, on y rencontre Shane, et Nate et Jason en bonus lool. Bisous) pour leur reviews. J'avoue que j'ai pas mal appréhendé en postant le prologue mais je suis ravie de voir qu'elle est plutôt bien accueillie pour le moment.

Disclaimer : L'univers, ainsi que ses lieux, et ses personnages, ne m'appartient toujours pas ! (Hélas) C'est toujours la propriété de Disney ! Je ne fais que l'emprunter un court instant ! Et naturellement, je ne touche absolument rien, mais vous avez le droit de me laisser votre avis ! :p Et les corrections de chris87

Merci également à nouna pour son avis sur cette fic. Et tous les commentaires qu'elle a mis lool

PS : Je ne le précise pas mais on ne voit que la version de Mitchie. Bon si finalement, je le précise !

Chapitre 01

Chaque jour, après mes cours, je rentrais directement à la maison, et aidais maman à nous installer. La maison prenait vie petit à petit, du moins le plus gros était fait. Les murs étaient tous couverts de papiers, ou de peintures, les meubles à leur place, et la plupart des trucs qui allaient dedans aussi. Ile ne restaient que quelques cartons à défaire, mais globalement nous étions installés.

Quand je rentrais le vendredi soir, après une dure semaine de labeur, j'eus la surprise de voir papa au salon. Je l'embrassais, et il me félicita pour l'aménagement. Bah c'est normal, je n'allais pas laisser maman faire tout toute seule. Ceci dit, je lui fis un autre bisou et il m'interrogea sur ma semaine.

« - Bof, hormis le décor et l'absence de Sierra, y a rien de différent. Les discussions insipides et soporifiques sont les mêmes. Les filles toujours accros à la mode et aux pages people et les garçons au baseball et aux voitures. Sauf que ce lycée est plus près. Oh et je ne me suis perdue que trois fois… Aujourd'hui !

Il rit de mon résumé, et me proposa son aide pour les maths. Il est génial mon père. J'ai jamais rien compris à ce cours, mais grâce à lui, j'ai toujours eu le niveau. Nous montâmes dans ma chambre, et nous commençâmes. Il vérifia mes exercices des jours précédents et sourit en voyant mes fautes, énormes selon lui. Mouais, un jour faudra qu'il m'explique comment il fait pour y comprendre quelque chose. Ça me sera utile, quand j'aurais des enfants à aider, à mon tour. Oh et puis non, si mon mari est aussi nul que moi, je les enverrais voir leur grand-père pour les aider. Secouant la tête, je l'écoutais m'expliquer le cours que je ne comprenais pas. Durant deux heures, j'essayais d'appliquer toutes les formules, sans arriver à les retenir, puis maman nous appela pour manger. Nous descendîmes et je les écoutais parler. Papa commençait son nouveau travail lundi, et il appréhendait. Il n'avait jamais eu l'ambition d'être chef, sauf de sa propre boutique, mais devoir donner des directives à des personnes que quelqu'un d'autre avait embauchées à sa place, le rebutait légèrement. Ce que je comprends que trop bien. A sa place, j'en serais tout bonnement incapable. Malgré moi, j'occultais rapidement leur conversation, me concentrant sur ce qu'ils ne se disaient pas. Mes parents sont, pour moi, un modèle à suivre. Ils sont mariés depuis dix-huit ans et s'aiment comme au premier jour. Les regards qu'ils se lancent ne peuvent tromper. Je suis même certaine que maman ne se sent jamais aussi belle qu'à travers ses yeux. Je les imagine bien dans quelques années, partir en croisière autour du monde, se regardant dans les yeux, et se murmurant des « je t'aime » au creux de l'oreille. Il faut dire qu'ils ont l'un pour l'autre, des petites attentions qui entretiennent la flamme de leur amour. Ce n'est pas rare que papa rentre avec un bouquet de fleur, ou un parfum. Des fois même, il revient avec un bijou. Comme le bracelet que maman a au poignet. Il est tout simple, fin, avec juste une pierre au milieu, et ne signifie rien, enfin disons qu'elle ne l'a pas eu pour une fête particulière, et c'est justement ça qui le rend précieux à ses yeux. J'espérais, au fond de moi, qu'un jour, je vivrais une histoire similaire.

Après le repas, nous remontâmes terminer mes maths. Il ne me restait qu'un exercice et il fut bouclé en une demi-heure. Cependant papa s'attarda dans ma chambre, alors qu'habituellement, il allait aider maman à faire la vaisselle. Il me parla un peu, puis m'interrogea sur mes cours. Il resta une petite heure, puis finit par me laisser seule. Ce que je préférais. J'adore mes parents, entendons-nous bien, mais j'avais souvent l'impression désagréable de les déranger en pleine roucoulade. Ils ne me font aucun reproche et je lis dans leurs yeux tout l'amour qu'ils me portent. Pourtant, je suis toujours gênée de les trouver s'embrassant, au détour d'un couloir ou d'une pièce. Pas dans le sens ou pour un enfant c'est toujours désagréable de voir ses parents avoir des gestes tendres pour l'autre, mais plutôt comme si vous surpreniez votre meilleure amie, en train d'embrasser votre frère.

Chassant mes pensées, je me couchais rapidement, en songeant que le lendemain, je devrais m'attaquer à ma dissertation sur Shakespeare. Même si j'aime la pièce, je préférais m'occuper l'esprit par autre chose que les histoires tortueuses de Catarina et Bianca. Au fond, je souffrais peut-être d'un manque d'amour. Pas au niveau de ma famille, mais soyons réaliste, je n'ai jamais eu de copain, ni de coup de foudre. C'est comme si je n'avais pas de cœur. Ce qui est étrange à penser. Soupirant, je me tournais dans mon lit, oubliant rapidement que sans ma famille, j'étais seule, perdue dans cette ville qui me semblait dangereuse à chaque coin de rue.

Le week-end passa rapidement, entre mes devoirs, et mes moments musicaux, pendant lesquels je composais des mélodies de trente secondes ou d'un quart d'heure. J'ignorais d'où me venait ce goût pour la musique, j'étais juste attirée par elle. Pas seulement pour l'écouter, comme tous les jeunes de mon âge, j'avais besoin de l'inventer, de créer quelque chose à partir de cette base de huit notes, connue de tous. C'est pour ça que je pouvais passer des heures à jouer, inventant ou reproduisant tout ce qui me passait par la tête. A mes yeux, créer quelque chose de durable, c'est exister !

Aussi quand lundi arriva, je soufflais un grand coup. Mes devoirs étaient faits et j'avais rattrapé une semaine de cours. Il faut dire qu'étant de nature solitaire, j'avais une passion pour l'apprentissage, et je pouvais passer des heures à apprendre au travers de livres. C'est peut-être pour ça que j'ai sauté une classe. J'ai un an de moins que chacun de mes camarades, et pourtant, je me sens plus mature qu'eux. C'est paradoxal ! Sûrement la vie qui veut ça.

Je me levais, et me préparais rapidement, avant de descendre à la cuisine. Papa n'était pas encore parti. Il commençait une heure après moi, et proposa de m'emmener. Parfait, je n'aurais pas à monter dans le car scolaire comme ça. Pas que je n'aime pas, c'est juste que je ne sais pas, je ne me sens pas à mon aise entouré de gens. Un comble quand on va au lycée, si vous voulez mon avis. Mais, je ne veux pas en parler à mes parents, ils ne comprendraient pas. Je garde donc mes impressions pour moi. Comme celle de ne pas être à ma place dans ce monde. J'aurais peut-être du naître à une autre époque, ou dans un autre lieu. Après avoir terminé mon petit-déjeuner, je montais finir ma toilette, pris mon sac au passage, et rejoignis mon père. Arrivée devant mon lycée, il plaisanta sur la drôle de ressemblance qu'il avait avec le zoo de Salt Lake City.

« - Marrant, je n'avais pas remarqué avant, mais maintenant que tu le dis, c'est vrai qu'il y a de sacrées similitudes, dis-je en souriant. Merci de m'avoir accompagné !

Je sortis, et rejoignis le cours de biologie. La salle était encore fermée, mais ça ne me posait aucun problème. Debout face à elle, j'écoutais les bruits de couloir. Trois filles s'arrêtèrent à quelques centimètres de moi, et je me reculais doucement. Je n'aimais pas qu'on soit trop proche de moi. Une vague histoire de cercle intime infranchissable.

« - Non, mais attend, il est à tomber ! Et son jeans… Ma parole, qu'est-ce que je donnerais pour être à sa place, soupira la plus petite.

Vouloir être à la place d'un jeans c'est vachement étrange comme envie je trouve non ? Faut être un peu tordu pour préférer la vie d'un vêtement, qui est plutôt éphémère, à celle d'un être humain.

« - Si tu le dis, pour ma part je trouve Jason beaucoup mieux. Cette lueur d'amusement qu'il a au fond des yeux… A chaque fois qu'il me regarde en espagnol, je fonds, soupira une rouquine.

« - Désolée la belle, mais Nate est franchement mieux. Avec son petit air intello, et mystérieux. J'adorerais savoir ce qu'il pense. Il a toujours l'air concentré sur quelque chose comme s'il voyait quelque chose de plus important que le lycée.

Et voilà ! Encore trois qui ne parle que d'eux. Le eux en question, c'est trois garçons, les plus populaires du lycée. Enfin pas populaire comme dans les films, genre beau à tomber par terre, aussi intelligent que leurs pieds et amateur de foot et de bière, non loin de là. En fait, je dois reconnaître qu'ils sont mignons tous les trois, d'un point de vue objectif, en aucun cas je n'ai craqué pour l'un des trois. De toute façon, quand bien même ça m'arriverait, de craquer j'entends, je n'ai aucune chance. Je ne sais pas trop grand-chose d'eux. Enfin si, juste qu'ils sont amis depuis longtemps. Y en a un, celui à l'air sérieux, c'est Nate. Il est avec moi en biologie, devant moi même, et il est toujours concentré. En fait, rien ne semble l'empêcher de travailler. Ensuite, il y a Jason, dont la rouquine a parlé. Je n'ai aucun cours avec lui, mais, c'est le plus grand, en taille, des trois. Il a l'air de rire beaucoup, et d'aimer se tourner en ridicule, mais bon, ne le connaissant pas, je fais des hypothèses. Enfin le dernier, Shane. Me demandez pas les noms de famille, je ne les connais pas. Mais bref, donc Shane. Pareil, je sais à quoi il ressemble mais je ne partage aucune de ses classes. Il a toujours l'air ailleurs aussi, mais autant Nate semble attentif à son environnement, autant Shane semble complètement planer. Enfin planer, vivre ailleurs, disons, comme s'il avait un monde rien qu'à lui. J'ai aussi appris qu'ils sont musiciens, et qu'ils se sont rencontrés au Conservatoire. Et pour finir, ils ont la majorité des filles à leurs pieds. Oh et et comme, en plus d'être mignons, ils ne prennent personne de haut, et semblent toujours prêts à aider. Les autres garçons du lycée ont de la concurrence. Même les sportifs n'ont pas autant de « groupies » qu'eux. Pour ma part, je ne vois pas ce qu'elles ont à baver devant eux. Ces filles me font penser à des chiens devant la devanture d'une boucherie. C'est triste… Mais les trois coqueluches ne semblent pas se lier à d'autres élèves. Ils discutent avec tout le monde, mais sont toujours ensemble. Parfois avec un paquet de filles qui gloussent pour un rien, mais sans plus.

La sonnerie me ramena au présent et la journée débuta. Une heure de biologie, où je rendis à Nisrine, ma voisine, ses cours. Ils m'avaient pas mal aidé. Je m'intéressais ensuite à la leçon du jour. Le prof partit dans ses explications, avec des mots compliqués, quand je notais une erreur. Timidement, parce que je déteste être le centre d'attention, je levais la main.

« - Vous avez une question, mademoiselle Torrès ?

Naturellement, tout le monde se tourna vers moi, et je déglutis.

« - Oui, je… Sur le tableau, vous avez mis l'anaphase en dernière position, alors que d'après le livre, c'est la télophase qui termine la… La boucle de la mitose en quelque sorte !

Tous les regards se tournèrent vers le tableau et je respirais mieux d'un coup. J'avais cependant noté que Nate ne m'avait pas fixé, comme si, j'avais un écriteau « Bête de foire » sur le front. Il s'était tourné quelques secondes à peine, avant de vérifier sur son cahier, à son tour. Le professeur corrigea son erreur et me remercia. Ouais, pas de problème, songeais-je. Le cours se termina peu après, et je rangeais tranquillement mes affaires, quand une voix m'interrompit :

« - Bien joué pour l'anaphase. Je m'en étais pas aperçu, sourit-il.

Je hochais simplement la tête. Qu'aurais-je pu faire d'autre ? Lui dire que ce n'était rien ? Qu'il aurait fini par découvrir son erreur ? N'ayant pas d'idée, j'avais acquiescé en souriant légèrement avant de reprendre mon activité.

« - Je m'appelle Nate, ajouta-t-il. Nate Callaway.

« - Je sais… Bonne journée !

Je partis aussitôt, pour rejoindre le cours suivant. C'était des maths et pour une fois, je n'avais pas peur que la prof m'interroge. Même si je n'avais pas compris sa leçon, je savais que mes exos étaient bons, mon père avait vérifié, après tout.

Le reste de la matinée passa tranquillement, même si le sport était toujours une épreuve. J'étais pressée que décembre arrive. Pour Noël, d'abord, mais aussi pour qu'on change d'activité. Le prof nous avait promit une initiation en boxe. Ce qui est plutôt cool, je trouve. J'ignore si je serais douée, mais ça change des autres activités qu'on pratique tous les ans.

Alors que j'étais dans les vestiaires, j'entendis une conversation qui attira mon attention. Habituellement, je n'écoute pas les « il paraît que… » seulement, mon nom venait d'être cité. Pas le prénom, puisqu'ils ne l'avaient entendu qu'une seule fois.

« - Qui, tu dis ?

« - Je sais pas, Torrès quelque chose, soupira l'autre. Tu sais, c'est la nouvelle ! Celle qui a l'air de vivre en marge des autres. Nate lui a parlé et tout, et elle, tout ce qu'elle a fait, c'est de partir.

« - Ouais, elle ne sait pas encore qui il est. Et puis, si ça se trouve, elle préfère un des deux autres.

Je n'en écoutais pas plus. Ce que les filles peuvent être stupides. Je sortis du vestiaire, et rejoignis rapidement le réfectoire. Comme chaque midi, je fis la queue pour me servir un plat infect, et le payer en plus. Si vous voulez mon avis, ils devraient plutôt nous payer pour qu'on goûte leurs expériences culinaires, mais bon, comme je le dis souvent, mon avis ne pèse jamais lourd dans la balance. Une voix attira, une nouvelle fois, mon attention. C'était celle du fameux Nate.

« - Oui bon, je suis pas une machine non plus.

« - Ouais, enfin ce genre de truc, c'est ton bouleau, se moqua, jason.

« - Et le tien c'est quoi ? Te mettre un nez rouge et parader dans la rue peut-être, le taquina son ami.

« - Très drôle ! Alors comme ça, la nouvelle est meilleure que toi… Je me demande quelle tête, elle a, réfléchit le comique à voix haute.

« - Celle-ci, fit mon voisin de biologie en me désignant.

J'avais observé la scène du coin de l'œil, et d'une oreille, l'autre étant occupée à écouter ma musique. Jason commença à s'excuser, mais je payais mon repas en haussant les épaules. Il n'avait rien fait de mal après tout, et puis je faisais tout pour qu'on m'oublie, donc dans un lycée de mille élèves et quelque, c'est normal qu'il ne sache pas à quoi je ressemble. Ceci dit, je vais alimenter les rumeurs à ne jamais leurs répondre. Enfin presque, puisque après tout, j'ai dit à Nate que je savais qui il était. Songeant à ça, je m'assis à la même table que la semaine dernière, et me forçais à manger en écoutant le dernier album de TJ Tyler. J'aimais beaucoup son style légèrement plus rock que les précédents.

Dix chansons plus tard, je me levais et allais déposer mon plateau avant de sortir, les yeux sur mon livre du moment qui traiter de la psychologie enfantine, et comment interpréter les dessins. Moi qui voulais devenir psy plus tard, j'avais du pain sur la planche pour tout savoir. M'asseyant dans un coin au soleil, je posais mon sac à mes pieds, totalement absorbée par ce que je lisais.

L'après midi passa rapidement. Je n'étais pas trop fan du cours de civilisation, mais nous étudions l'assassinat de JFK, et comme cette histoire m'avait toujours intriguée, j'écoutais avec une passion non feinte, avant d'aller en espagnol. Je ne voyais pas trop l'utilité de ce cours pour moi, puisque maman étant Mexicaine de naissance, elle m'avait appris sa langue natale en même temps que l'anglais. Ça me permettait d'avoir de bonnes notes, sans le moindre effort. Finalement, ce n'était pas plus mal. Sauf que je m'ennuyais durant cette heure. Quand la sonnerie salvatrice retentit, je me levais doucement. Papa travaillait jusque vingt heures, quant à maman elle avait dit qu'elle serait sûrement absente à mon retour, donc je n'étais pas spécialement pressée. Cependant, en notant la pluie qui tombait et l'absence de mon parapluie, je courus pour rejoindre le bus. Seulement, celui-ci ne me vit pas et démarra. Je me stoppais trop brusquement, et tombais sur le trottoir glissant. Pestant, in petto, contre la pluie, alors qu'habituellement, j'adorais la regarder tomber, je commençais à ranger mes affaires quand deux mains vinrent m'aider. Elles me secondèrent pour ramasser tous mes cours, et à tout remettre dans mon sac. Me remettant debout, je levais les yeux pour voir qui je devais remercier, et tombais nez à nez avec Shane. Le seul qui n'avait pas parlé durant cette brève conversation au réfectoire.

« - Je… Merci, dis-je.

Je me dirigeais aussitôt sous l'arrêt, les joues rouges, et attendis patiemment le prochain bus. Bon au moins, je ne monterais pas dans le car scolaire, c'est un mal pour un bien. Me rejoignant, il s'assit et prit la parole.

« - De rien, ce fut un plaisir.

Le tout accompagné d'un petit sourire que je pourrais qualifier de sincère.

« - Tiens, il y a ça aussi que tu n'as pas ramassé, ajouta-t-il en me tendant mon livre de psychologie.

Je le remerciais d'un signe de tête, puis prit l'objet avant de le ranger dans mon sac avec le reste. J'allais mettre mon deuxième écouteur, quand il reprit :

« - Tu comptes devenir psychologue ?

J'acquiesçais simplement avant de mettre ma musique. Je décidais de fixer le décor d'en face. Une sorte d'entrée de parc, je crois, afin de penser tranquillement. Je commençais à regretter sérieusement ma ville natale. Je n'avais rien contre Akron, mais je m'y sentais perdue, comme une fleur tropicale qu'on aurait déracinée pour la planter dans un jardin à New York. Une main passa devant mes yeux, et je repris pieds dans la réalité. Me tournant vers Shane, j'enlevais un écouteur.

« - T'es nouvelle, il paraît ?

C'était pour me sortir cette phrase qu'il me délogeait de mes pensées, me demandais-je en haussant les sourcils. Soupirant doucement, je hochais la tête.

« - Tu viens d'où ? Enfin, j'imagine que tu viens d'emménager à Akron, sinon tu n'aurais pas changé de lycée. Mais tu viens de l'Ohio ou d'un autre état ?

« - Utah !

Je n'ajoutais rien, et repris ma musique. Deux minutes plus tard, mon bus arriva. Lui faisant signe, je montais sans saluer le jeune homme. Durant le trajet, je pensais au son de sa voix. Agréable à entendre. Grave mais pas trop, et surtout mélodieuse. Je savais qu'il jouait de la musique, j'ignorais l'instrument, mais se pouvait-il qu'il chante ? Peut-être. Secouant doucement la tête, je notais que je descendais quatre arrêts plus loin.

De retour à la maison, j'enlevais mes vêtements humides, et enfilais un large jogging. Il était en coton blanc bien agréable, et après avoir pris l'eau, c'était plaisant. Faisant sécher mes vêtements de la journée, je m'accordais cinq minutes de répit avant d'attaquer mes devoirs. Je n'avais pas grand-chose à faire, mais c'était toujours de trop. Me servant un grand verre de jus de fruit frais, pressé du matin, je soupirais longuement comme pour savourer l'instant. Quand mon verre fut vide, je montais à l'étage et m'attelais à mes devoirs. En fait, je n'avais qu'un exercice en math, ainsi qu'un en espagnol que je fis en moins de dix minutes. On devait juste passer de la forme active à la forme passive. Le programme est ridicule, c'est un truc qu'on apprend au collège*, pourquoi le revoir en dernière année de lycée ?

La clé tourna dans la serrure et je refermais mon livre de math. J'essayais depuis une demi-heure, environ, de comprendre l'équation que j'avais sous le nez mais, si mon brouillon étaient couverts de calculs, tout plus faux les uns que les autres, je n'avais toujours pas la réponse. Je rejoignis maman et vins l'aider en notant qu'elle avait les bras chargés de courses.

« - Merci ma chérie ! Tu as passé une bonne journée ?

« - Ouais. Sauf que si tu veux donner des cours d'espagnol, ne te gêne pas. Ma prof est vraiment nulle. Elle n'a même pas d'accent, soupirais-je. Autant te dire que quand elle m'a demandé la réponse, et que j'ai parlé comme tu m'as appris, elle se pâmait presque !

Elle rit, puis je l'aidais à ranger les courses en songeant à Shane, et à pourquoi il avait tenté de faire la conversation ? Il ne pouvait pas faire comme les autres et m'oublier, simplement ? Apparemment non.


* Oui, je sais en Amérique, le collège c'est après le lycée, mais je ne sais pas comment ils appellent notre équivalent du collège donc… Donc d'après chris87 : Middle School, le lycée c'est High School et l'université c'est College^^

Et voilà, j'espère que ça vous a plut ? Comme promis, Shane est arrivé, enfin ! Même si c'est pas encore la grande entente pour le moment lool.

Miss Tagada (L)