Qui a dit que j'allais faire de Kolya un affreux méchant pas bô, hein, qui ? Moi, j'aime pô les perso unidimensionnels d'abord, non mais ! Pfiou, lectrices de peu de foi ...
oOo
Si le commandeur Kolya Acastus était un des meilleurs leaders militaires que les forces Géniis aient connu, il n'en tirait cependant aucun orgueil. Il faisait ce qui devait être fait, ni plus ni moins. Il tuait s'il devait tuer, il torturait s'il devait torturer. Il n'éprouvait aucun plaisir sadique – ou sexuel, comme certains de ses détracteurs aimaient à le laisser entendre – ses actions guidées uniquement par la nécessité de parvenir aux résultats attendus, des résultats qui se résumaient, dans la plupart des cas, à l'affirmation suivante : victoire pour les Géniis, quel qu'en soit le prix. Et il avait souvent payé cher, très cher cette victoire.
Il avait accepté de perdre beaucoup, tout au long de ces années, famille, amis, amantes et amants, mais il avait toujours raisonné qu'il n'y avait une personne qu'il refuserait toujours de sacrifier : lui-même. Ce qu'il était devenu était la seule chose à laquelle il pouvait encore se raccrocher.
Ce qu'il était devenu … les adjectifs pour le décrire étaient nombreux et pas tous flatteurs. Inhumain, était celui qui revenait le plus souvent. Monstrueux, ignoble suivaient de près. Tuer de sang froid, un homme, une femme, un enfant était sa marque de noblesse. Il le faisait pour la nation Génii, pour le bien des siens. Même de ceux qui ne se reconnaissaient pas en lui … mais il y a des contestataires dans toutes les nations, non ?
Oui, il était cet homme, ce monstre au cœur froid, dont on ne comptait plus le palmarès d'exécutions, tueries, massacres, hommes, bêtes ou wraiths confondus.
Et c'est avec cette image de lui, rassurante parce que parfaitement maîtrisée, qu'il accepta de mener cette embuscade contre les imposteurs occupant Atlantis.
L'affaire avait été rondement menée. Les Géniis avaient un réseau d'espions sur des centaines de monde et l'information avait vite circulé : une équipe de scientifiques se trouvait sur Galménia, une planète désormais inhabitée en raison de son instabilité sismique. Cowen espérait récupérer quelques armes pour pouvoirs les étudier et surtout quelques scientifiques pour qu'eux étudient pour le compte des Géniis. Kolya quant à lui, s'était persuadé qu'il faisait cela pour la raison d'Etat et non pour se venger de ses deux précédents échecs. Tout se serait passé normalement, s'il n'y avait pas eu McKay.
Kolya l'avait immédiatement repéré parmi les hommes qui se trouvaient là et il se surprit, presque involontairement, à l'observer. Il se rappelait de l'homme terrifié qu'il avait rencontré deux ans plus tôt, lors de la tentative avortée pour prendre la Cité des Ancêtres. Terrifié, mais capable de lui mentir et de lui tenir tête, se jetant devant Elisabeth Weir lorsqu'il avait menacé de l'exécuter. Puis plus tard sur Dagan, il se rappelait de McKay se livrant pour éviter la mort de ses coéquipiers, ne perdant jamais son sang-froid, concentré sur sa recherche du Potenta. Il devait bien l'avouer, McKay l'intriguait, couard et à la fois courageux, babillant sous la torture et en même temps capable d'une force de caractère étonnante.
Force … oui, il émanait une incroyable force de McKay. Oh, pas celle que l'on rencontre chez un soldat, comme Sheppard par exemple, non, pas cette force propre au militaire de carrière enseignée à coup de « marche ou crève », chez McKay c'était … différent. Il était un scientifique, un intellectuel, non entraîné au combat. Et c'était cela qui attisait la curiosité de Kolya. D'où venait cette force ? Serait-il capable de la détruire ? Kolya se posait toutes ces étranges questions en observant le scientifique. Pourrait-il briser McKay ?
Et Kolya commit sa première erreur. La plus terrible … il perdit de vue son objectif premier : servir la nation Génii. Il se laissa porter par son désir de savoir, savoir ce que cela prendrait pour briser McKay. La suite …. Il soupira. La suite fut une suite d'erreurs, comme cette première fois, dans la cellule du scientifique.
Kolya avait décidé de procéder avec McKay comme avec n'importe quel prisonnier : affaiblir la chair pour affaiblir l'esprit. Règle classique, extraordinairement efficace dans sa simplicité. Il avait donc donné des ordres pour que ne soit donné au scientifique que le minimum pour survivre : assez d'eau pour éviter la déshydratation, assez de nourriture pour éviter de mourir de faim, une couverture pour ne pas mourir de froid mais jamais tout à fait assez pour se sentir rassasier ou au chaud. Tout se déroulait bien, sauf qu'il y avait eu un petit désagrément qu'il n'avait pas prévu. McKay était tombé malade. Il avait d'abord pensé utiliser cela à son avantage mais le médecin qui avait vu McKay avait eu l'air réellement alarmé. Kolya avait donc décidé de jauger l'état de McKay par lui-même.
Il avait écouté les enregistrements faits du prisonnier et avait été plutôt satisfait de la manière dont les choses évoluaient. Il avait notamment trouvé une des faiblesses de McKay : le silence. Le scientifique semblait nerveux, terrifié, moins en raison de son emprisonnement qu'en raison du silence gardé par ses geôliers. Cela ne l'avait pas étonné ! Il avait toujours trouvé que McKay parlait trop. Et puis bien sûr, il y avait cette confiance qu'il avait en ses amis, en Atlantis. Oui, Kolya allait s'occuper de tout cela, il allait détruire un par un les espoirs de McKay et après … après, il renverrait peut-être ce qui resterait de lui sur Atlantis, il rendrait au Colonel Sheppard son précieux astrophysicien.
Kolya avait ouvert la porte de la cellule et malheureusement, rien ne s'était passé comme il l'avait prévu …
Flash Back
Kolya avait été surpris par le regard que McKay avait posé sur lui. Les yeux bleus avaient un peu de mal à se focaliser sur lui, clignant sans cesse, mais ce qui le surprenait le plus c'était ce qu'il voyait là : pas de peur, non, juste de la résignation. Et ce n'était pas ce qu'il attendait de McKay. Il voulait l'entendre beugler comme un animal que l'on égorge, crier son nom, supplier … pas cette chose à moitié morte, sans réaction. Sans peur, sans émotion.
Il s'installa sur le lit et examina son prisonnier.
Les yeux le dévisageaient, attendant qu'il prenne une décision, qu'il fasse quelque chose. Kolya aurait pu poser ses mains sur le cou fragile et serrer, serrer, serrer jusqu'à ce que les yeux se révulsent puis se ferment. Définitivement.
Non, ce serait trop rapide …
Kolya observa les mouvements de la poitrine de McKay. Elle se soulevait a intervalle régulier, McKay produisant un son horrible à chaque inspiration. Le scientifique n'était vêtu que d'une simple chemise en coton. Comme pour le reste, Kolya ne lui avait fourni que le strict minimum. La chemise s'ouvrait en col v et à chaque mouvement de sa poitrine, Kolya pouvait voir quelques boucles brunes. Sans réfléchir, il tira brusquement sur le drap qui recouvrait McKay. Il y eu un petit frémissement de surprise de la part de ce dernier mais rien d'autre. Aucune tentative ne fut faite pour récupérer le drap, aucune question ne fut posée, les yeux bleus ne contenaient toujours aucune trace de peur.
Kolya examina l'homme qui se trouvait allongé devant lui. La chemise lui arrivait aux genoux. Kolya posa sa main sur la cheville gauche puis en une caresse qui était presque un frôlement, remonta le long du mollet, puis de la cuisse et, après une légère hésitation, passa sous la chemise. La respiration de McKay s'accéléra immédiatement. Kolya sourit. Une réaction, enfin ! Il releva la chemise.
McKay était un peu plus musclé qu'il ne l'avait pensé, plus massif et sa peau … sa peau était pâle, presque translucide, les deux tétons formaient de petites auréoles sombres, lui rappelant deux insectes posés sur une fleur. Sans qu'il s'en rende compte, ses mains se mirent à jouer avec les deux petites excroissances, ses mains s'aventurèrent un peu plus bas suivant la ligne brune, jouant avec les bouclettes, s'étonnant de la douceur des poils pubiens, oui, c'était ce qu'il voulait, ce corps, cette chaleur, pour lui, pour lui seul, passive, offerte … et soudain le commandeur Kolya Acastus s'était réveillé.
Fin du flash back
Kolya se souvenait qu'il s'était relevé, serrant dans ses bras le drap chiffonné, les yeux bleus de McKay toujours posés sur lui. Le scientifique n'avait proféré aucun son, il était resté complètement immobile sous ses mains.
Et cette absence de réaction le rendait fou …
C'était ça qu'il voulait de McKay. Qu'il s'anime sous ses mains, qu'il reconnaisse son pouvoir, qu'il le reconnaisse lui !
Il était retourné le voir plusieurs fois depuis ce jour là. Ses gestes s'étaient faits plus enhardis, plus désespérés …. Il avait titillé, caressé, mordu mais il n'était jamais parvenu à faire naître autre chose sur le visage de son prisonnier qu'une intense stupéfaction. Il pouvait lire l'interrogation sur le visage de McKay, le hurlement silencieux : pourquoi ?
Pourquoi en effet … parce qu'il en avait le pouvoir. Il pouvait faire tout cela sans être inquiété par qui que ce soit. Oui, il pouvait …
Kolya posa son front sur la vitre devant lui. Il éclata soudain de rire.
Le pouvoir … quelle illusion ! Il ne détenait aucun pouvoir, et il le comprenait enfin.
Il n'avait pas réussi à briser McKay en fin de compte, non, c'était McKay qui l'avait brisé lui.
oOo
C'est l'équipe de Lorne qui retrouva Rodney, inconscient et malade, près de 9 semaines après sa disparition, sur une des planètes avec laquelle Atlantis faisait du commerce depuis presque deux ans. Lorsqu'il était sorti de l'infirmerie, Sheppard lui avait donné le message qui avait été trouvé sur lui. Quatre mots griffonés là.
Je n'ai pas pu.
Rodney avait eu la réponse à sa question en fin de compte.
Fin (pour de bon !) Humpf, voilà, maintenant je peux dire j'ai fait un Kolkay. Bon avant de me faire trucider, je m'en retourne à mes fics en cours : laquelle vous ferait plaisir ?
