Disclaimer : Rien ne m'appartient. Les personnages sont à ABC et l'histoire originale à Hunnyfresh (Lien vers l'histoire original sur mon profil.)
NdT : Coucou ! Comme promis, voici le chapitre deux de « A Fine Line », j'espère qu'il comblera vos attentes et restera aussi fidèle que possible à l'histoire. Merci à EvilQueen3381 et à Swann33 pour la relecture et la correction, vous êtes des chefs !
Bonne lecture.
RaR : Je tenais à remercier toutes les personnes anonymes (ou non) qui on prit le temps de laisser un petit mot pour me dire ce qu'il pensait du premier chapitre. Vous êtes vraiment formidable et chacun de vos messages m'a énormément touché ! Alors merci, MERCI A TOUS !
A Fine Line
[TRADUCTION de Hunnyfresh]
Après l'exil de Regina, la petite ville de Storybrooke devient protégée une fois de plus par un enchantement qui empêche quiconque de sortir ou d'entrer à Storybrooke. Emma et Regina se retrouvent au bord de la ville, souhaitant chacune un moyen de passer de l'autre côté.
- SwanQueen.
CHAPITRE 2
« Tu conduis quatre heures presque tous les jours pour venir ici ? » Demanda Emma alors qu'elles étaient assises toutes les deux près de la ligne.
« Trois, » répondit Regina en s'appuyant sur ses mains.
Emma gloussa, s'attirant un regard noir de la femme assise en face d'elle.
« Quoi ? »
« Tu es la raison du réchauffement climatique et de l'existence des limitations de vitesse. »
Regina roula des yeux avant de tirer la langue à la blonde.
« Ça doit être fatiguant de conduire autant, non ? »
« Je vais peut-être passer plus de soirées chez moi dans ce cas-là, » menaça la brune.
Emma leva les mains en signe de reddition, « Non c'est bon, je veux dire. Continue de venir. »
Elle vit le sourire bref et hésitant qui passa sur le visage de la brune et elle baissa les yeux vers la ligne pour masquer le sien. Alors que leurs regards s'accrochaient à nouveau, leurs mains se posèrent une nouvelle fois l'une contre l'autre. « Dès que j'aurai brisé cette barrière, je te rembourserai toute l'essence que tu as du utiliser. »
Regina rit et ce son résonna agréablement aux oreilles de la blonde. « Pourquoi ai-je l'impression que tu ne feras pas tout ton possible dans le seul but de préserver ton portefeuille ? »
« Hé, je suis la Sheriff, » lui rappela Emma.
« Et c'est moi qui ai fixé ton salaire, » souligna Regina. « Je suis prête à parier que ta mère n'a apporté aucun changement à ce que j'avais fait, mis à part le fait de faire revenir la ville à une époque archaïque. »
« M'en parle pas, » grogna Emma.
Lentement, elles séparèrent leurs mains et le picotement de la magie s'estompa lentement. Regina baissa les yeux vers sa main et poussa un profond soupir quand le picotement de la magie, dû au contact de leurs mains, disparut complètement. Elle releva les yeux vers la ligne et fixa l'autre côté de celle-ci avec envie.
« Hey, » commença doucement Emma, sentant le changement d'humeur de la brune. Elle leva la main avec l'intention de la poser sur le genou de Regina mais elle retint son geste à temps. « J'ai une idée. »
Les yeux de Regina brillèrent d'espoir. « Oh ? »
Confuse quant à la raison pour laquelle Emma souhaitait la rencontrer à six heures avec un petit panier repas, Regina était sur le point d'installer sa couverture le long de la ligne quand elle aperçut la voiture de patrouille d'Emma arriver. Elle essaya tant bien que mal de masquer le petit sourire qui étira ses lèvres quand Emma sortit de sa voiture.
La blonde avait l'air nerveuse même si elle marchait vers elle avec confiance, les mains dans les poches arrière de son jeans.
« Quelle est ta grande idée, Sheriff ? » Demanda Regina en regardant la barrière entre elles comme si celle-ci était tangible.
Les yeux d'Emma brillèrent de détermination. « Tu as quelque chose à faire maintenant ? »
« Excuse-moi ? » Demanda Regina confuse. « C'est toi qui m'a demandé de venir ici, tu te souviens ? »
Emma soupira roulant mentalement des yeux. « Si tu ne fais rien, j'ai pensé que nous pourrions peut-être aller nous asseoir quelque part toutes les deux, manger un morceau, écouter un peu de musique et, tu sais, parler de ce qu'on aime ou non. »
« Un rendez-vous ? » Regina retint difficilement son rire à l'explication détaillée de la blonde.
Emma hocha vivement la tête. « Mais on ne l'appellera ainsi que si tu dis oui. »
La brune sourit en regardant son panier repas, comprenant finalement la raison de cet étrange rendez-vous. « Je suppose que je n'ai rien de mieux à faire. »
« Ne saute pas de joie surtout, » répliqua sarcastiquement Emma avant de faire un signe de tête vers la forêt. « Je sais que c'est un excellent restaurant. »
« Oh, vraiment ? » Regina laissa échapper un rire. « J'imagine que les réservations ont dû être impossibles à obtenir. »
Emma sourit avant de faire quelques pas vers la forêt, attendant que Regina la suive. « Je connais des gens qui connaissent des gens. »
« Il faut marcher en plus ? » Demanda Regina. « Notre rendez-vous commence mal. »
« J'ai pensé que nous pourrions prendre la route touristique. Combien de fois as-tu vu un arbre coupé en deux ? » Demanda Emma en désignant la forêt derrière elle.
« Je ne sais pas, cela dépend du nombre de fois où nous irons dans ce restaurant dont tu me parles tant, » ironisa Regina.
Emma grimaça, incapable de masquer le rouge qui lui montait aux joues. « Ça dépendra de ce que tu as apporté, j'ai entendu dire que le chef était le meilleur des environs. »
« Vu qu'il n'y a que toi et moi, je vais prendre cela comme un compliment. »
« Tu m'apprendras ? »
« Je ne suis pas prête à sacrifier mes appareils culinaires ou ma cuisine. »
Emma la foudroya du regard alors que Regina lui renvoyait son plus beau sourire.
« Henry. »
« Je ne cuisinerai plus jamais pour ce gamin, » marmonna la blonde.
« C'est mieux ainsi, » raisonna gentiment Regina.
Elle plissa les yeux quand elles arrivèrent dans une petite clairière entourée par les arbres. En son centre trônait une immense souche d'arbre fissurée en son milieu, là où avait eu lieu la séparation entre la ville et le monde extérieur. Regina remarqua la moitié de vase et les fleurs qu'Emma avait disposé tout contre la ligne de son côté de la souche. Elle tourna la tête vers la blonde qui se contenta de hausser les épaules et de lui offrir un sourire crispé avant de déclarer : « Bienvenue Chez Forêt. »
Elles marchèrent jusqu'à la souche d'arbre et Emma, après avoir sorti son téléphone de sa poche, lança la playlist de musique classique qu'elle avait préparé pour ce soir. Elle fit signe à Regina de s'installer de son côté. « Madame. »
« Pas de sièges ? »
Emma passa rapidement une main dans ses cheveux et grimaça à la réflexion de la brune. « A la japonaise ? »
Elle s'assit en tailleur de son côté de la souche et fut heureuse quand Regina installa sa couverture et l'imita. « Je dois bien avouer que je n'étais encore jamais allée dans un restaurant français en plein air et inspiré des traditions japonaises. »
Emma rit avant d'attirer son sac vers elle et de récupérer la moitié de bougie qu'elle avait installé contre la ligne. Elle l'alluma et rapidement un doux parfum de pomme et de cannelle flotta dans l'air qui les entourait. « Le menu est limité, mais commande ce que tu veux. »
Regina sortit de son panier un Tupperware de lasagne, du pain à l'ail et une bouteille d'eau.
« Waah, je veux la même chose, » gémit Emma en fixant les lasagnes de la brune alors qu'elle sortait un sandwich de son sac.
« Peut-être qu'un jour je t'en ferai, » déclara tranquillement Regina en jetant un regard significatif à la blonde assise en face d'elle.
Emma se crispa et offrit un sourire triste à la brune avant de le chasser et de sortir de son sac un verre à pied en plastique dans lequel elle vida le contenu d'une briquette de vin. Regina rit quand elle vit la blonde décrocher la paille en plastique de la boite et s'en servir pour briser l'opercule, l'enlever et verser le vin dans le verre. « Classe. »
Emma sourit avant de lever son verre vers Regina et de trinquer avec elle.
La conversation s'engagea facilement. Emma parla de comment Leroy tentait de séduire les bonnes sœurs, de Henry et de ses nombreuses activités - elle avoua même à Regina, qu'elle aimait lui parler de Paige dans le seul but de voir ses oreilles rougir. Elle lui raconta également qu'elle s'était mise à courir pour tuer le temps alors que la plupart des habitants pensaient simplement qu'elle était soucieuse de sa santé.
Regina lui parla de la ville, lui expliqua que parfois, alors qu'elle revenait de leur rencontre nocturne, elle restait debout et s'asseyait sur son balcon juste pour avoir le plaisir de voir le jour et la nuit se rencontrer, de voir le soleil se lever et inonder progressivement les rues de la ville de ses rayons. Elle lui parla du café qu'elle fréquentait et de comment le barman, à plusieurs reprises, lui avait laissé son numéro sur le bord de son gobelet.
Regina se plut à noter la manière dont Emma se tendit à son histoire, la manière dont ses yeux verts brillèrent de jalousie, de tristesse et de colère. La brune avança sa main vers celle d'Emma, voulant la rassurer et lui dire qu'elle n'allait là-bas que pour boire un café mais sa main fut repoussée par un choc électrique qui fit vaciller le vase de la blonde.
Une fois qu'Emma eut ramassé et replacé son vase au centre de la souche, un silence solennel plana entre elles. Les mêmes pensées traversèrent leur esprit. Pendant combien de temps pourraient-elles continuer ainsi ? Combien de temps avant que l'une d'entre elles ne se fatigue ? Avant que Regina n'en ait marre de faire les trois heures de trajet ? Avant qu'Emma n'accepte son destin et ne cesse de vouloir le fuir ? Aucune des deux femmes n'avait de réponse à offrir à l'autre, pas plus qu'elles n'en avait pour elle-même.
« Veux-tu danser ? »
Regina releva précipitamment la tête, sortant de ses pensées. Complètement confuse, elle ouvrit la bouche pour parler mais Emma la devança en se levant. Après que la blonde eut parcouru sa playlist, la voix douce et fluette de Heather Nova s'éleva dans l'air.
Elle attendit que Regina se lève avant de s'approcher le plus près possible de la ligne et d'y poser ses deux mains. Elle grimaça et recula de quelques centimètres lorsqu'elle reçu un petit choc de magie. Elle accrocha le regard de la brune. « Fais attention. »
Regina se rapprocha de la ligne et d'Emma le plus possible avant de coller ses mains contre celles de la blonde. Elles sentirent le picotement familier de la magie et sourirent devant l'acte de rébellion que représentait ce simple geste. Personne ne pourrait le leur enlever.
Emma commença à se balancer en rythme le long de la barrière. Mais quand elle voulut s'avancer, elle et Regina furent repoussées l'une de l'autre de quelques pas.
Emma gémit de frustration et passa rapidement une main dans ses cheveux. Regina revint simplement vers la ligne et déposa à nouveau ses mains contre la barrière et attendit qu'Emma fasse de même. Après avoir libéré sa colère en envoyant voler au loin un rocher, la blonde retourna auprès de Regina et posa ses mains contre les siennes. A nouveau, elle tenta de se balancer.
« Non, » murmura Regina.
« Mais ce n'est pas danser, » répondit tristement Emma.
Regina sourit tristement bien que de l'espoir continuait de briller dans ses yeux. « C'est assez. »
« C'est mon meilleur profil tu sais. »
« Tais-toi. »
Emma lui tira la langue alors qu'elle se réinstallait sur ses coudes, ses boucles blondes cascadant sur son épaule. Regina était assise en face d'elle, une lampe torche allumée posée à côté d'elle lui fournissait la lumière suffisante pour y voir clair, elle dessinait furieusement le nez plongé dans son carnet. L'air de pure concentration sur son visage fit sourire la blonde.
« Ca fait des heures que je suis dans cette position Regina, » se plaignit Emma.
« Alors allonge-toi. Je n'ai plus besoin que tu prennes la pose, » répondit un peu sèchement Regina en la regardant brièvement avant de se remettre à dessiner.
Mais Emma ne l'écouta pas de peur qu'elle se soit trompée. Au lieu de ça, elle se pencha un peu plus en arrière et joua du bout des doigts avec sa lampe qui éclairait Regina avant de tourner le regard vers le ciel et les étoiles au-dessus d'elle.
La blonde et la brune, qui s'étaient retrouvées assez tôt, avançaient lentement à travers les bois en portant chacune leur propre tente.
« J'ai changé d'avis, » lâcha Regina alors qu'elles cherchaient un endroit où installer leur campement. « Je ne veux plus faire ça. »
« Pourquoi ? »
« Je déteste le camping. »
« T'as déjà essayé ? Et puis, parfois, tu dors littéralement sur le bord de la route, » souligna Emma.
« Je ne fais pas ça. » Ses yeux brillèrent de défi.
« Allez, ce sera comme cette fois où nous nous sommes toutes les deux endormies, sauf que cette fois, ce sera plus confortable. » Emma lâcha son sac, sa chaise et sa tente, qu'elle commença à installer dans la petite clairière qu'elles venaient d'atteindre.
Regina installa sa chaise et regarda Emma s'activer autour de sa tente, appréciant de voir les muscles de la blonde se tendre sous l'effort.
« Peux-tu arrêter de me mater et commencer à t'installer ? » Taquina Emma en lui tournant toujours le dos.
« Je ne mate pas, » rougit Regina.
« C'est ça, Regina, » rit la blonde alors qu'elle se dépêchait de finir d'installer sa tente pour pouvoir avoir tout le loisir de voir Regina se débattre avec la sienne. Voir la brune dans un environnement inconnu la faisait toujours sourire malicieusement. Il y avait quelque chose dans cette femme agitée qui lui donnait envie de rire et en même temps la faisait se sentir mal.
« Fini. »
Emma se retourna incrédule et aperçut la petite tente deux personnes de Regina montée et bien ancrée sur le sol. « Comment tu as fait ça ? Tu as utilisé la magie ? »
La brune roula des yeux. « Combien de fois devrai-je te dire que je n'ai plus de magie ? »
« Il n'y a aucun moyen pour que tu aies pu finir avant moi, » déclara Emma d'un ton accusateur en pointant sa propre tente.
« Compétitive Miss Swan ? » Demanda Regina amusée alors qu'elle s'asseyait dans son fauteuil et qu'elle faisait un signe de tête en direction de la tente de la blonde. « Je t'en prie, très chère, montre-moi comment tu fais ? »
Emma pencha la tête sur le côté et lui lança un regard noir. « C'est une tente instantanée. »
Regina roula à nouveau des yeux. « Dépêchez-vous, Miss Swan. »
Elles installèrent leurs tentes aussi proche que possible de la ligne avant qu'Emma ne sorte sa lampe anti-moustiques et n'installe un petit lampion près de leur tente. Elles s'allongèrent dedans, la tête à l'extérieur.
« Je n'ai toujours pas vu ce que tu as dessiné l'autre jour, » déclara Emma.
« Je n'ai pas fini. »
« Je veux le voir quand tu auras fini. »
« Patience, » répondit Regina. Elle baissa la voix et se mit à chuchoter, ne voulant pas briser le calme de la forêt. « Où Henry pense-t-il que tu vas ? »
« Il sait, » répondit-elle simplement tout en continuant à dessiner dans la poussière.
« Tes parents ? »
Emma se figea. « Quoi mes parents ? »
« Ils savent ? »
« Non, » répondit avec hésitation la blonde.
La brune s'y était attendu. Après tout, elle était la Méchante Reine, et si Snow et Charming savaient qu'elle venait si près de la ville dans le seul but de voir leur fille près de cinq fois par semaine, ils auraient sûrement agi pour changer les choses.
« C'est peut-être mieux ainsi, » commença Regina pour apaiser la culpabilité de la blonde. « Ils pourraient vouloir t'enfermer en haut d'une tour. »
Emma laissa échapper un rire. « Viendras-tu me sauver en grimpant à mes cheveux ? »
« Si ils arrivent de ce côté, » plaisanta Regina.
Le visage d'Emma se ferma brusquement et elle se remit à dessiner, plus brusquement cette fois, dans la poussière. « J'ai pratiqué - »
« Je sais, » se précipita de dire Regina.
« J'essaie - »
« Emma, » déclara un peu plus fermement Regina lui faisant comprendre que tout allait bien. « Je sais. »
Les nuits devenaient de plus en plus froides et à en juger par le changement de couleur des feuilles, l'automne s'installait doucement. Les nuits n'étaient également plus aussi claires que ce dont elles avaient l'habitude et, bien que toujours installées sur leurs couvertures, elles se retrouvèrent obligées de s'emmitoufler sous plusieurs couches de vêtements et de s'enrouler dans d'épaisses couvertures.
Mais malgré cela, elles continuaient de se voir, de s'allonger face à face sur leurs couvertures installées de part et d'autre de la ligne. Parfois, elles finissaient par s'endormir et presque à chaque fois, l'une des deux se retrouvait violemment projetée en arrière car elle avait essayé de se blottir contre la chaleur de l'autre dans son sommeil.
« Il commence à faire froid, » déclara Regina d'une voix détachée.
« Je sais, » répondit Emma alors qu'elle était assise sur le capot de sa voiture.
L'accord tacite flotta entre elles. L'hiver approchait. Elles ne pourraient plus se voir tous les jours. Elles s'étaient mises d'accord cet été, une fois l'hiver arrivé, elles réduiraient le nombre de leurs rendez-vous mais aucune des deux ne savait si elles en seraient capable.
Elles restèrent immobiles et silencieuses, Emma assise sur le capot de sa voiture, Regina appuyée contre sa portière, cherchant désespérément une autre solution.
Elles ne se rencontrèrent plus que pour des occasions spéciales ou les jours où la température annoncée était plus clémente malgré la neige qui recouvrait le sol, mais le fait d'habiter dans le Maine réduisit considérablement ce genre d'occasion.
Regina ne voulait pas qu'Emma, qui n'avait jamais réussi à s'habituer au froid malgré les trois ans qu'elle avait passés à Storybrooke, n'attrape froid lors de leurs rencontres et Emma, quant à elle, ne voulait pas que Regina fasse les allers-retours entre Boston et Storybrooke alors que les routes étaient enneigées et verglacées.
Malheureusement pour elles, la neige se mit à tomber mi-novembre et l'occasion spéciale la plus proche était noël. La seule chose qui les empêcha de se rendre de nouveau à la ligne fut que, chaque soir, Emma appelait Regina sous couvert qu'Henry souhaitait lui parler.
La veille de noël, Regina fit, prudemment, les quatre heures de route qui la séparaient de Storybrooke, ses cadeaux bien emballés sur la banquette arrière de sa voiture. Un sourire heureux illumina son visage quand elle arriva et vit la voiture de patrouille d'Emma l'attendant.
Dès qu'elle vit la Mercedes de Regina approcher, Emma, vêtue de son bonnet à pompon et de sa veste d'hiver, sortit rapidement de sa voiture un immense sourire plaqué sur le visage - qui lui donna un air un peu idiot. Henry sortit plus lentement et dignement de la voiture et c'est ensemble qu'ils se dirigèrent vers la ligne pour saluer la brune.
Regina marcha à leur rencontre, le cadeau de Henry et Emma sous le bras et s'étonna une nouvelle fois de voir son fils de quatorze ans ressembler un peu plus à un homme chaque jour.
« Joyeux Noël, maman, » la salua Henry de sa voix grave.
« Joyeux Noël mon chéri. » Elle sourit et désigna son cadeau de la main. « Je sais que tu ne peux pas l'avoir tout de suite- »
« Ouvre-le pour moi, » coupa Henry. Il échangea un regard avec Emma et la brune comprit qu'il savait ce qu'Emma essayait de faire.
Elle déballa le cadeau pour lui et fut heureuse de voir son air surpris. Henry voulut se rapprocher d'elle mais Emma le repoussa en arrière juste à temps. La brune lui lança un regard reconnaissant avant de lever le cadeau de son fils - un casque d'équitation personnalisé.
« Merci, maman ! » sourit-il.
Regina replaça le casque dans son sac, heureuse que son fils apprécie son cadeau.
Le froid les empêcha de rester ensemble aussi longtemps qu'ils l'auraient souhaité mais Emma et Henry eurent tout de même le temps de finir le thermos de chocolat chaud qu'ils avaient apporté et Regina de boire son verre de cidre chaud.
Quand Henry retourna s'installer dans la voiture, Regina et Emma firent quelques pas sur le côté alors que la neige commençait à tomber doucement.
« J'ai quelque chose pour toi, » admit timidement Emma.
« Moi aussi. »
« Toi d'abord. »
Regina déballa le cadeau d'Emma les doigts tremblants. Elle le sortit de son emballage et le présenta à la blonde. Elle avait fait encadrer le dessin d'Emma qu'elle avait fait quelques mois plus tôt et la blonde sourit largement quand elle remarqua l'ajout que la brune avait fait à son portrait : elles étaient assises toutes les deux l'une contre l'autre, Regina dans ses bras, son dos appuyé contre sa poitrine.
Regina évita le regard d'Emma, elle sentit ses joues chauffer et se prépara à recevoir les moqueries ou les rires de la blonde. Après une minute de silence, une fine couche de neige commença à recouvrir le cadre. Regina vit la main d'Emma s'avancer vers le cadre avant de s'arrêter, la blonde serra les dents en pensant à la raison pour laquelle elle ne pouvait pas toucher le cadre, à pourquoi elle ne pouvait pas tenir la femme en face d'elle de la même façon que sur le tableau.
« Tu l'accrocheras pour moi ? » Demanda Emma dans un sourire malgré ses yeux plein de larmes.
Regina releva la tête et fut soulagée quand elle vit l'expression d'Emma. Elle acquiesça avant de serrer le tableau contre sa poitrine.
Emma enfonça sa main dans sa poche et en sortit une petite boite étonnamment bien enveloppée dans un papier rouge orné de petits bonhommes de neige. Elle déchira vivement l'emballage qu'elle laissa tomber sur le sol avant de révéler la petite boite à bijoux en velours. La blonde lutta un peu pour l'ouvrir avec sa main gantée et quand elle eut réussi, elle déposa la boite ouverte dans le creux de sa main avant de la tendre vers Regina. A l'intérieur, la brune découvrit une mince chaîne en argent sertie d'un anneau, celui-ci était incrusté de centaines de petits diamants - enfin, la blonde ne savait pas s'ils l'étaient vraiment mais la manière dont le bijou brillait l'avait fait craquer.
Elle retira son gant avec ses dents avant de se saisir délicatement du bijou et de le laisser pendre dans l'air. « Je ne savais pas si tu préférais l'or ou l'argent ou- »
Regina serra le cadre plus fort contre sa poitrine. « Tu le porteras pour moi ? »
Emma retira son autre gant et lutta quelques instants pour ouvrir le fermoir avec ses doigts engourdis. Elle réussit finalement à accrocher le collier et ajusta le pendentif près de son propre collier.
« Il ressemble au tien, » commenta Regina.
« Oh. » Emma, gênée, retira sa main de son cou. « Je n'y avais pas fait attention. »
Elle enfonça ses mains profondément dans ses poches et se mit à divaguer. « J'ai pensé que tu ne voudrais pas un cœur, on sait tous que les cœurs peuvent être brisés alors que les cercles, ils sont ... »
Elle laissa sa phrase en suspens, se sentant soudainement stupide.
« Je sais. » Regina lui offrit un sourire rassurant. Elle fit un signe de la tête vers le collier. « Je l'aime beaucoup. »
Emma creusa la neige du bout de sa botte et, sans même lever les yeux, elle posa sa main contre la barrière. Regina l'imita et après quelques instants, elles sentirent la magie réagir à leur contact, cherchant à les séparer.
Regina la regarda tristement puis jeta un rapide regard vers la voiture où son fils était assis. Sans un mot, elle se retourna et se dirigea vers sa voiture. Elle ne se laissa aller que quand elle fut à plusieurs kilomètres de Storybrooke.
Il était plus de six heures du soir et la tempête qui faisait encore rage dehors avait coupé l'électricité dans l'appartement de Regina. Elle essayait désespérément de se dépêcher, cherchant ses habits les plus chauds et les plus attrayants à la lueur d'une bougie. La sonnerie de son téléphone coupa cependant son effervescence et elle traversa rapidement la pièce pour attraper l'appareil.
Elle décrocha, s'attendant à entendre la voix grave de Henry mais fut accueillie par le « Hey » hésitant d'Emma.
« Emma ? » Demanda Regina en se laissant tomber sur son lit. « Tout va bien ? Henry- »
« Henry va bien, » coupa rapidement Emma.
« Il y a un problème ? »
« Les infos disent que c'est la tempête du siècle. »
« Elle n'est pas si horrible que ça, » répondit automatiquement Regina avant de regarder par la fenêtre de son appartement et de voir les lumières de la rue vaciller, d'énormes nuages gris menaçaient les gratte-ciels et la neige tombait à gros flocons recouvrant ainsi la ville d'un épais manteau blanc.
« Je ne veux pas que tu conduises, Regina. »
« Emma- »
« C'est trop dangereux, » déclara fermement la blonde.
« Je conduirai prudemment. »
« Non et ce n'est pas négociable, » soutint Emma. « Reste chez toi. »
« Non. »
« Regina. »
« Emma, » commença farouchement la brune, le ton grave. « Je ne t'ai pas vue depuis Noël. »
« Et je veux pouvoir te voir au prochain Noël, pas aller visiter une tombe sur le bord de la route. »
Regina fulmina en silence.
« S'il-te-plait, » supplia Emma. « Le temps est horrible ici aussi, je ne veux pas que tu conduises là-dessous. »
La brune souffla avec colère et retomba sur son lit. « Bien. »
« Merci, » souffla Emma avec soulagement.
Regina rampa jusqu'à sa tête de lit, se glissa sous les couvertures et appuya son téléphone contre son oreille. « Comment s'est passée ta journée ? »
Elles parlèrent sans s'interrompre pendant des heures, parlant aussi bien des petites choses, comme les nouveaux et merveilleux pinceaux que Regina venait de s'acheter, que des grandes choses, comme la façon dont Emma avait réussi à se téléporter au poste du Sheriff un matin où elle était en retard. Au moment où l'électricité revint dans l'appartement de la brune, il était déjà plus de minuit et les deux femmes se contentaient de rester au téléphone avec l'autre, elles n'échangèrent pas un mot, profitant simplement de la compagnie de l'autre.
Regina remarqua finalement l'heure et soupira tristement dans le téléphone, elle regarda le cadre qu'elle gardait sur sa table de nuit et murmura tout bas pour la blonde à l'autre bout de la ligne. « Joyeux anniversaire, Emma. »
A peine les premiers signes de la fin de hiver étaient-ils arrivés, qu'Emma et Regina se retrouvèrent au bord de la ville et aucune d'entre elle ne put ignorer le grand sourire timide qui ornait le visage de l'autre, même si Emma n'avait trouvé aucune solution pour briser ce fichu dôme qui entourait la ville.
Chaque fois qu'elles se rencontraient, il devenait de plus en plus dur de se quitter et l'idée qu'Emma n'était pas assez puissante pour briser le sort s'insinuait progressivement dans leur esprit. Les semaines passèrent et elles n'en parlèrent pas, mais la nuit, quand elles ne souhaitaient rien d'autre qu'être ensemble, être dans les bras l'une de l'autre, sentir leurs doigts s'entrelacer et leur main se lier les laissaient en manque de l'autre, un désir ardent brûlant en elles.
La plupart des nuits, Regina dormait à moins d'une heure de la ville pour pouvoir rester plus longtemps avec Emma et Henry quand celui-ci venait. Presque tous les soirs, Emma apportait son dîner à la ligne et elle ne fût pas surprise de voir Regina l'imiter rapidement.
Mais cette nuit, cette nuit Emma en avait assez d'être enfermée dans cette ville et elle désespérait de trouver un jour un moyen de passer cette ligne. Elle n'avait pas remarqué que sa mère avait noté son comportement inhabituel et qu'elle l'avait discrètement suivie.
Alors qu'Emma était près de la ligne, sa main pressée contre celle de Regina, Mary Margareth arrêta sa voiture et sortit rapidement de celle-ci en criant. « Ecarte-toi d'elle ! »
La voix aigüe les fit sursauter et, instinctivement, Regina voulu tirer Emma derrière elle pour la protéger mais la barrière l'envoya voler en arrière.
« Regina ! » Cria Emma en voyant l'autre femme allongée sur le sol.
Mary Margareth attrapa le bras de sa fille et la força à se tourner vers elle. « Qu'est-ce-que tu fais ? »
Emma se dégagea d'un coup sec de l'étreinte de sa mère et se retourna vers Regina qui avançait vers elle en boitant. « Tu vas bien ? »
« Pourquoi ça t'intéresses ? Elle est démoniaque, Emma, » lui rappela Snow.
« Elle n'est pas démoniaque, » répliqua rapidement la blonde. « Regina ! »
La brune de l'autre côté de la ligne dévisagea la femme aux cheveux courts et fit quelques pas en boitant vers la blonde malgré la douleur qui lui vrillait la cheville. « Je vais bien, Miss Swan. »
Snow attrapa à nouveau le bras de sa fille et la tira vers leur voiture. « Reste loin de la ligne, Emma. Tu pourrais te faire mal. »
« C'est déjà fait ! » Cria Emma. « Je suis coincée ici, Mary Margareth ! Je n'ai nulle part où aller ! Et ça, ça me fait bien plus mal qu'un choc électrique et quelques égratignures ! »
« Nous avons convenu- »
« Et c'était un accord stupide ! » Hurla Emma, laissant exploser toute sa haine et son dégoût. « Ouais, personne ne peut entrer dans la ville mais je ne veux pas vivre à Storybrooke jusqu'à la fin de ma vie. Je ne veux pas vivre dans la Forêt Enchantée. Je ne veux pas être prise au piège et ici, je le suis. »
« A qui la faute ? » Demanda Snow en jetant un regard noir à Regina. « Cela la garde aussi loin de nous. Souviens-toi de ça, Emma. »
« Je sais, » haleta Emma. « Chaque fois que je viens ici je me rends bien compte que ni elle ni moi ne pouvons franchir cette ligne. »
Snow plissa des yeux et fit aller et venir son regard de sa fille à la femme de l'autre côté de la ligne. « Depuis combien de temps vous vous retrouvez ici ? »
« Quelle importance ? » Emma secoua la tête tristement et chuchota. « On ne peut pas franchir la ligne. »
« Pourquoi ... » Snow se tendit et fixa les deux femmes. « Depuis combien de temps cela dure-t-il ? »
Elle marcha vers la ligne et pointa un doigt menaçant vers Regina. « Nous t'avons donné de nombreuses chances. Tu as été bannie, Regina ! »
La brune pencha la tête en avant et ricana. « Tu crois que je ne le sais pas, très chère ? »
« Reste loin de ma fille. »
« Non. »
Snow se retourna vers Regina quand elle entendit sa réponse. « Pardon ? »
« J'ai arrêté de recevoir des ordres de toi, de ton royaume et de cette ville le jour où j'ai franchi cette ligne. Tu peux me menacer autant que tu le veux, Snow White, mais tu ne pourras pas m'empêcher de faire ce que je veux de mon côté de la ligne. » La voix de Regina était basse et menaçante, en tout point similaire à celle qu'elle utilisait quand elle était encore l'Evil Queen.
« Très bien. » Snow se retourna et tira sa fille avec elle. « Je t'interdis de la revoir, Emma. »
« Quoi ? » Hurla la blonde en dégageant vivement son poignet de la poigne de sa mère. « Je suis adulte, Mary Margareth. Tu ne peux pas m'interdire de voir qui que se soit. »
« Elle est l'Evil Queen, Emma ! » Cria Mary Margareth. « Et même si elle a changé, tu ne peux pas être avec elle ! »
Les yeux verts d'Emma la regardèrent avec défi. « Regarde-moi. »
Aucune des deux brunes n'eut le temps de réagir avant qu'Emma ne s'élance en courant vers Regina. Pendant un bref instant, Emma pensa qu'elle allait réussir, qu'elle allait réussir à franchir cette ligne et pouvoir partir avec Regina.
Mais la barrière magique l'envoya voler à une dizaine de mètres et elle retomba en glissant sur le sol dans un bruit sourd et écœurant.
« Emma ! » Cria Regina les yeux écarquillés et en s'avançant rapidement vers la ligne.
Snow se précipita vers sa fille et s'agenouilla près d'elle pour l'aider à se relever mais Emma la repoussa et courut une nouvelle fois vers la ligne. De nouveau, elle fût renvoyée violemment en arrière et elle roula plusieurs fois sur le sol avant de s'arrêter.
« Emma, arrête ! » Hurla Regina depuis son côté de la ligne et sa vision fût brouillés par les larmes quand elle vit Emma lutter pour tenir debout.
Mais la blonde s'obstina. Ses joues avaient beau être éraflées et sa veste déchirée, elle boita une nouvelle fois vers la ligne et fut, cette fois encore, renvoyée violemment en arrière.
« Arrête ! » Regina porta rapidement ses mains vers son visage quand elle vit le filet de sang qui coulait sur le front d'Emma.
Snow se dirigea une nouvelle fois vers elle mais Emma cracha un peu de sang avant de se relever et la bouscula quand elle se dirigea lentement vers Regina.
« Emma, s'il-te-plait, » supplia la brune.
La blonde frappa la barrière avec son poing et cria quand elle sentit la résistance invisible et le choc de magie qui la parcourut malgré ses tentatives pour contrôler sa magie. Elle maintint le contact, luttant contre la magie mais elle fut rapidement à bout de force et tomba à genoux près de la ligne.
Regina, le visage baigné par les larmes, s'accroupit devant la blonde et fixa son visage meurtri plein de larmes et de sang.
« Emma, s'il-te-plait, arrête d'essayer, » supplia doucement Regina.
Emma rassembla ses dernières forces et releva la tête, exposant son front éraflé et la bosse qui y grossissait de plus en plus. Regina put lire dans les yeux pleins de larmes de la blonde le même désespoir et la même impuissance qui l'habitaient.
« Non. »
NdT : Si vous avez des remarques, des questions ou des idées pour m'aider à m'améliorer, surtout n'hésitez pas. Sinon, vous pouvez juste me laisser vos impressions ! (Quelles soient bonnes ou mauvaises, que se soit juste un mot ou roman, un bonjour ou un merci ...)
A la semaine prochaine ! :)
