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MY CORPORAL
Waiting for you
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Il avait prit l'habitude, à présent, de se rendre à l'appartement après ses cours, s'occupant de l'entretien de celui-ci et regardant les jours passer à travers la vitre. Plus le temps passait, plus son cœur se serrait de peur. Comment s'assurer qu'il allait bien ? Il faisait régulièrement des recherches sur Internet, écoutait les informations, lisait la presse, mais ce genre d'information étaient difficile à obtenir, et à chaque fois qu'il lisait le nombre potentiel de mort dans le camps japonais, il se sentait trembler.
Ce n'était pas une vie.
Il était toujours tenté de partir pour de bon, en laissant un message au caporal pour lui dire qu'ils ne se reverraient probablement plus, mais l'image de leurs étreintes lui revenait tel une bombe et il ne pouvait que patienter encore. Il voulait encore le voir, lui faire l'amour, toute la nuit, toute la journée. Profiter de sa présence, de sa chaleur, de ses sourires. C'était tout ce qu'il demandait.
Depuis maintenant près de huit mois qu'il était partit, Eren passait le plus clair de son temps libre dans le lit de Livaï, à observer d'un œil distrait le paysage derrière la baie vitrée. Il suivait à peine ses cours, ses notes dégringolant dangereusement et Mikasa s'interrogeant vivement sur son état. Mais il ne voulait rien lui dire, il n'y avait pas lieu de conversation de toute façon. Livaï lui manquait, c'était tout. Et le dire de vive voix risquerait vraiment de le plonger au fond du gouffre.
Il s'était familiarisé avec l'appartement, et y vivait presque. Il remplissait le réfrigérateur, avait sa place de vêtement dans l'armoire de la chambre, avait sans y penser mit ses produits hygiénique dans la salle de bain… Il se sentait presque chez lui, presque bien, il ne manquait plus que Livaï.
Il avait même trouvé quelques photos, Livaï était en uniforme – et cela lui allait divinement bien – en compagnie d'une femme et de trois hommes qu'il devinaient faire parties de son escouade. Ils semblaient proche, mais sur aucune des photos le caporal n'avait arboré le même sourire que durant cette nuit-là. Il avait toujours l'air strict, éloigné, voire même exigeant. Mais diablement attirant, et il avait vite rangé les clichés pour ne pas que la pointe de douleur n'étreigne son cœur.
Mais ça avait été trop tard.
Eren soupira lourdement en pénétrant dans l'ascenseur. Dix mois. Combien de temps encore jouera-t-il le rôle de la femme inquiète pour son mari ? Il n'en pouvait plus, son état s'était empiré depuis que le caporal était partit, des cernes entouraient ses yeux et son teint pâle lui donnait mauvaise mine. Il se reprit en se disant qu'il pouvait patienter tant que cela signifiait que Livaï était en vie.
Même s'il n'avait aucun moyen de le savoir.
Et voilà qu'il se plombait lui-même le moral. Il était fort pour cela en ce moment, lui qui était connu pour sa vivacité et sa détermination à toute épreuve devait certainement en décevoir plus d'un. Il marcha distraitement jusqu'à la porte et inséra la clé à l'intérieur pour pénétrer dans l'appartement, laissant tomber son sac de surprise. Sa respiration devint difficile et son corps trembla violemment. Il n'arrivait pas à le croire… Il était tenté de se pincer fortement le bras, le flanc, la joue ou n'importe quel autre endroit pour s'assurer que c'était bel et bien la vérité.
Livaï était là, juste au milieu du salon, encore habillé de son uniforme tâché de poussière et de saleté, voire de sang et son cœur faillit sortir de sa poitrine. Il ne l'avait jamais trouvé aussi beau. Le silence régna un instant, seulement entrecoupé par la respiration saccadée de Jaeger qui finit par s'avancer rapidement vers lui pour plaquer leurs lèvres ensemble, le faisant reculer sous l'impétuosité du geste et gémir brusquement. Leur langue s'était vite retrouvée, valsant avec ardeur et Livaï reculant toujours sans parvenir à retenir Eren.
Ce dernier caressait avec ferveur le corps du caporal, avançant à chaque pas en arrière que Livaï effectuait et finit par le coller au mur, redressant sa jambe pour caresser son bassin. Il n'entendait pas le caporal l'appeler – ou faisait semblant – pour lui demander d'arrêter et attrapa ses poignets pour les maintenir d'une main au dessus de lui. C'était si bon de le sentir à nouveau, de le revoir, il ne voulait plus relâcher ses lèvres de peur de le voir disparaître, de peur de le perdre à nouveau.
― Er-Eren… La, Mmh… La porte- Ngh…
Le caporal essayait désespérément de l'appeler, mais ses lèvres se faisaient happer au moindre son intelligible qu'il parvenait à énoncer. La chaleur d'Eren le gagnait indéniablement, et il se sentait fondre sous cette déferlante de désir. Le baiser était si violent et désespéré que ses lèvres en pâtissait, et les dix mois d'abstinence qu'il avait dû subir ne lui permettait pas de rester insensible à ce qui se passait.
Jaeger quitta à regret ses lèvres, la respiration bruyante, et il posa son front contre celui de Livaï, effleurant parfois ses lèvres rouges et gonflées des siennes.
― Livaï…
Encore complètement accolé l'un à l'autre, le caporal frémit imperceptiblement et essaya de reprendre son souffle sans le quitter des yeux. Ça avait été soudain, il ne s'y était vraiment pas attendu.
― Surprise, souffla-t-il simplement.
Il aurait pu l'appeler, mais il avait préféré le voir directement pour constater sa réaction, tout en craignant de trouver son appartement vide de toute présence. Sa réaction ne l'avait pas le moins du monde déçu.
― Tu t'es inquiété, c'est ça ?
Eren ne répondit pas, l'envie de l'embrasser encore présente en lui, et se contenta de relâcher ses poignets pour le prendre doucement dans ses bras, sous le sourire rassurant du caporal. Oui, c'était évident qu'il s'était inquiété, plus encore il avait eu peur.
― C'était pourtant censé n'être que le coup d'un soir, et pourtant je ne peux pas t'en vouloir…
Livaï avait raison, ce ne devait être que le coup d'un soir, une simple passade, une aventure quelconque, un geste stupide… Et jamais Eren n'aurait pu penser que ce simple instant changerait autant son quotidien.
― … Parce que moi aussi j'ai eu peur… que tu ne sois parti lorsque je reviendrais.
Jaeger écarquilla les yeux, le visage figé de stupeur. Livaï avait eu peur ? Que lui ne parte ? C'était insensé, il y avait peut-être pensé, brièvement, mais jamais il n'aurait fait cela. Comment pourrait-il se passer des moments passés dans les bras de Livaï ? Même si ça n'avait duré en tout et pour tout deux jours, ou plutôt une nuit et un jour.
― Moi j'ai eu peur pour ta vie… Commença-t-il en s'éloignant un peu de lui pour plonger dans ses yeux, et moi non plus je ne peux pas t'en vouloir. Parce qu'autrefois aussi j'avais voulu m'engager en tant que militaire.
― Mais tu ne le feras pas. Ordonna Livaï avec son air de caporal.
Eren sourit, amusé, et se baissa pour l'embrasser plus tendrement cette fois-ci, savourant d'une nouvelle manière sa bouche.
― Eren. Ce n'est pas que je n'apprécie pas nos émouvantes retrouvailles, mais j'aimerais vraiment prendre une douche. C'est dégueulasse.
― Mais-euh ! Je veux pas te lâcher ! Pleurnicha Jaeger en se collant à lui, frottant leur tête ensemble.
Livaï fronça les sourcils, le visage blasé. Comment pouvait-il se frotter à lui alors qu'il était couvert de merde ? Il écarquilla les yeux en le sentant embrasser sa nuque et tenta de le dégager, sans succès cependant. Mais ce n'était pas comme s'il y mettait de la conviction.
― Arrête ! C'est dégoûtant ! Mm...
― Alors, si on prenait une douche ensemble ?
Les lèvres encore à quelques millimètres les unes des autres, Livaï s'immobilisa avant de sourire narquoisement, et ils s'embrassèrent à nouveau.
― Je pense qu'en effet une douche te fera du bien. Tu es malade ? Demanda le caporal avoir détaillé son visage.
Sa pâleur et ses cernes l'inquiétait, mais il était plutôt ravi de voir que sa fougue soit resté la même que dans ses souvenirs. Eren alla fermer la porte après que le caporal le lui ai demandé, honteux de voir que le choc lui ait fait oublié, et se rendit dans la salle de bain, voyant Livaï retirer déjà ses vêtements et en fit de même.
A peine Livaï pénétra-t-il dans la cabine qu'il sentit le torse d'Eren se coller à son dos et il tourna son visage par réflexe vers lui, donnant au Jaeger l'occasion de l'embrasser à nouveau. La main droite d'Eren maintenait son visage pour ne pas qu'il se détourne et de sa main gauche il ouvrit le jet d'eau, faisant sursauter Livaï.
Lui-même avait eu un léger spasme de froid.
Il régla rapidement la température de l'eau en grommelant, échauffé par les baiser du caporal contre son épaule. Chose faite il tira un coup sec les cheveux de Livaï sans pour autant lui faire mal et goûta sans retenu à sa gorge, la mordant avec délectation pour y apposer un suçon. Mais le caporal l'arrêta, lui ordonnant d'abord de terminer de se laver.
Pff, était-il maniaque ?
Il abdiqua, se saisit d'un flacon de shampoing et massa son cuir chevelu pour faire mousser le produit et passa rapidement ses mains sur son corps pour se nettoyer. Il se tourna ensuite vers le caporal et avec un sourire entendu décida de l'aider, se collant à lui et touchant son corps sans retenu. Ses lèvres rencontrèrent à nouveau les siennes, sensuellement, délicatement, avant que leurs verges n'en fassent de même.
Les mains d'Eren brûlaient la peau du caporal dont les mains s'étaient agrippées à sa nuque. Sa bouche rougie respira à grande goulée lorsque Eren s'attaqua à sa gorge. Dieu ce que sa bouche lui avait manquée… Ses mains aussi, et son impressionnante présence. Il sursauta en sentant la paroi glacée de la douche et noua ses jambes à la taille de Jaeger, gémissant en sentant la main d'Eren s'aventurer jusqu'à son intimité. Il descendit sa propre main jusqu'à leurs membres qu'il caressa ensemble, faisant grogner le châtain.
― Livaï… T'es chaud…
Oh oui, il l'était. Sa respiration était si saccadée et ses gémissements si sensuels qu'ils échauffaient Eren.
― Tu sais, je me souviens encore…
Il enfonça brutalement deux doigts en lui, se délectant de le voir se cambrer en criant de surprise et en crispant ses mains.
― … De comment te faire crier. Termina-t-il en souriant vicieusement.
― Alors fais en bon usage…
Il bougea rapidement ses doigts, regardant avec envie Livaï se tortiller sous le plaisir alors que leurs membres palpitaient. Il ne parviendrait pas à se retenir plus longtemps. La chaleur qui entourait ses doigts était réellement tentante, d'autant plus lorsqu'il l'avait déjà expérimenté. Il alla mordiller son lobe, grognant sous ses cris de jouissance et pesta contre la difficulté de la situation. Ce n'était pas chose aisée de le faire contre la paroi de la douche, l'eau faisait glisser le corps de Livaï qu'il devait maintenir et l'eau brûlante qui se déversait sur eux ne simplifiait rien.
Il retira ses doigts et décolla le caporal qui reposa pied à terre avant de fermer l'eau et d'embrasser voracement son amant tout en sortant précautionneusement de la douche.
― Mm… Qu'est-ce que… Ngh, tu fais…
― La chambre.
Il voulut lui refuser l'accès à la chambre car ils étaient trempés, mais ne pu piper mot tant Eren semblait pressé et désireux de le posséder. Jaeger claqua la porte d'un coup de pied et accompagna Livaï qui tomba dos contre le lit, remontant ardemment ses jambes contre le bassin d'Eren qui caressa fiévreusement ses cuisses sans lâcher ses lèvres. Il frotta leurs érections entre elles, gémissant contre l'oreille du caporal et mordit violemment sa nuque pour y laisser une trace.
Sans attendre il le pénétra directement, Livaï glapissant de douleur et fusillant Eren du regard. Ses mains se fermèrent en un poing en serrant les coussins un peu plus hauts, les mains tremblantes.
― T'as jamais été doucereux à ce stade là toi…
― Que veux-tu, si tu n'avais pas été aussi désirable peut-être que j'aurais pris plus mon temps. Mais putain, toi t'es toujours aussi serré…
Décidant de finalement attendre un peu pour prendre en compte la remarque de Livaï, Jaeger captura ses lèvres déjà meurtries pour les rougir plus encore, sa main droite pompant son membre pour le détendre.
― Han… Hmm, bouge… Dépêche !
Ce ton suppliant eu raison de lui et il s'évertua à donner de larges coups butoirs, ravi de le voir se cambrer sous lui. Il était presque plus jouissif de voir le caporal ainsi que de se sentir en lui. Ses coups n'avaient rien de tendres et tentaient toujours d'aller plus loin et de les combler, faisant gémir les deux amants et grincer le lit.
N'y tenant plus, sa prostate se faisant malmener, Livaï se cambra une énième fois en se libérant entre eux, gémissant en sentant la semence de son cadet s'insérer brutalement en lui et glissant contre ses cuisses. Il n'eût pas le temps de reprendre son souffle, que la bouche d'Eren dévasta la sienne avant de se retirer délicatement pour se coucher à côté de lui, un bras contre ses yeux. Sa main droite alla rencontrer celle du caporal qu'il serra affectueusement.
Livaï s'était mit sur le flanc, fermant déjà les yeux de fatigue en calant son visage contre le cou du châtain et caressait de son autre main le torse de Jaeger. Eren sourit en se mordant la lèvre, frissonnant sous le souffle hachée du caporal et ses furtives caresses.
― Ma parole tu le fais exprès…
Eren se redressa sur un coude et embrassa délicatement la nuque du caporal, remontant doucement jusqu'à sa mâchoire alors que Livaï souriait d'amusement. Ses mains caressaient le torse de Jaeger avant d'effleurer sa gorge.
― C'est pour tenter de te faire pardonner que tu te montres si tendre, maintenant ?
Il sentit son cadet mordre sa jugulaire, le faisant imperceptiblement grimacer et voulu repousser Eren, mais ses mains furent emprisonnées au dessus de sa tête.
― Eren… Arrête… Mm, ah ! Sursauta-t-il en le sentant enfoncer ses dents dans sa chair.
Jaeger plaqua leur corps ensemble et changea de zone pour réitérer son geste. Les légers soupirs de son caporal rendaient sa respiration profonde et ses gestes plus passionnés. Il se recula lentement pour poser son front contre le sien, lèvres contre lèvres.
― C'que t'es sexy… Souffla Eren en effleurant sensuellement ses lèvres.
Il ne pouvait s'empêcher de vouloir le toucher, l'embrasser, encore et encore, se coller à lui pour le sentir près de lui, tout en sachant qu'ils étaient un peu fatigués après ce qu'il venait de se passer. Livaï eût un bref sourire, ses mains toujours emprisonnés et releva l'une de ses jambes pour caresser son flanc nu. La provocation avait du bon, parfois.
― T'as les lèvres si rouges, ça me donne envie de les embrasser encore.
Alors qu'il allait céder à son envie, Livaï détourna le visage, le laissant rencontrer sa joue, près de ses lèvres. Jaeger eût une moue boudeuse, prêt à réitérer le geste pour cette fois-ci réussir à ravager ses lèvres mais le caporal parla avant.
― Eren, il faut qu'on parle.
Oulà, ça sentait le roussi…
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Karrow.
