Coucou tout le monde !

Avant tout, je voulais déjà remercier mille fois mes tout premiers reviewers (et vous encourager à continuer, bien sûr ! ;))

Mais trêve de démagogie, passons à la fiction ! Je poste la suite parce que le chapitre est déjà écrit et c'est trop duuuur d'attendre pour le poster ! Ce deuxième chapitre reste dans la veine du premier ; c'est encore surtout du « plantage de décors » MAIS notre Remus préféré apparaît pour de bon dans le chapitre 3 ! ;)

Bonne lecture !


Chap 2 : « Après-guerre »


Il y eut un deuxième bruit ; une sorte de craquement sourd qui fit légèrement trembler le mur adjacent à la chambre du lycanthrope, puis le silence revint, et elle eut une pensée pour le loup-garou enfermé dans sa propre chambre, à côté de la sienne. Même s'il avait plus ou moins le contrôle de son corps, c'était le loup qui était présent ce soir. Et un loup n'avait pas sa place dans une petite chambre d'une habitation sorcière.

Elle ne s'était jamais plainte de ces petits désagréments mensuels, ni n'avait envisagé de changer de pièce, malgré le nombre important de salles non occupées.

En premier lieu, car elle savait que ça gênerait terriblement le lycanthrope qui était d'un naturel discret et pudique et qui détestait sa condition de loup-garou -bien que ce ne soit pas un tabou dans l'Ordre. Et puis, dans le fond, ça ne la gênait pas vraiment. Quelques coups sourds de temps en temps, tout au plus. Elle l'avait entendu hurler une fois, la pleine lune passée, mais les désagrément s'arrêtaient là. Elle devinait parfaitement l'homme user de toutes ses forces pour maîtriser le loup, malgré son état certain de faiblesse.

De plus, elle avait passé près d'un an à vivre avec une petite tente miteuse pour seul toit, sans certitude de nourriture, ni savoir où ils passeraient les jours suivants, alors un lit avec des draps secs et 3 repas copieux par jour lui semblait être un luxe dont elle ne se plaindrait pas. Et comme elle bénéficiait gratuitement de bien plus que le strict minimum dans cette maison, elle était bien résolue à ne pas se plaindre.

La brune se blottit sous les couvertures fraîches, enfouissant son visage tiré dans les oreillers moelleux, songeant avec une pointe de mélancolie au temps où réussir ses devoirs de métamorphose et faire se rendre compte à cet empoté de Ron qu'elle était une fille était ses principaux soucis…

Ce temps semblait si loin… Elle en arrivait encore à se demander si elle avait put un jour être aussi insouciante, si loin des horreurs de la guerre. Sans parler des premières années passées chez ses parents moldus, où elle ignorait jusqu'à son statut de sorcière.

Elle n'était d'ailleurs plus avec Ron. Si ce n'était pas désespérant d'avoir passé tant de temps à prier pour qu'il s'intéresse avec, allant jusqu'à essayer de le rendre jaloux avec cet idiot de Cormac McLeaggen ! Pour Krum, ça avait été différent. Elle n'était pas vraiment amoureuse, mais elle appréciait réellement le bulgare, et puis il était une des rares personnes à ne pas la voir comme un rat de bibliothèque je-sais-tout, et le premier à s'intéresser à elle, en tant que fille. Elle avait été flattée, et avait passé d'agréables moments avec lui. Rendre Ron jaloux n'était qu'un petit plus non-négligeable.

Leur couple n'avait pas tenu bien longtemps avec le rouquin. Mais ils n'étaient pas restés suffisamment longtemps ensemble pour se quitter en mauvais termes. Ça avait plutôt été une décision commune, et ils avaient su conserver leur amitié intacte –et les disputes qui allaient avec aussi d'ailleurs, même si elles étaient moins fréquentes et moins virulentes.

En fait, le plus jeune fils de la famille Weasley s'était senti coupable de vivre le bonheur avec Hermione alors que sa famille était plongée dans le deuil de Fred, et il avait argué son mal-être pour ne pas poursuivre cette relation qui ne saurait être sereine. Il ne se sentait pas assez bien pour que son couple n'en subisse pas les conséquences, et avait préférer y mettre fin avant que les choses ne dégénèrent.

Hermione, de son côté, avait compris que si Ron aurait à jamais sa place dans son cœur, c'était en tant qu'ami, voir de presque frère comme Harry, mais pas comme amoureux. Elle se sentait stupide de ne pas s'en être rendu compte plus tôt. Elle s'était sentie idiote au vu du temps gâché, même si elle doutait d'avoir pu tomber amoureuse d'un autre garçon à Poudlard.

Elle s'était sentie mal à l'aise dans les bras de Ron. C'était chaud, doux, réconfortant, mais c'était une étreinte d'ami qu'elle avait besoin. Elle ne se sentait pas à sa place quand ils s'embrassaient, même si ce n'était pas désagréable. Tiraillée entre son malaise et la peur de lui briser le cœur, elle avait craint de lui avouer que ses sentiments n'étaient pas vraiment réciproques, et ce qu'il lui avait dit l'avait grandement soulagée. Elle avait alors eut le courage de lui expliquer ce qu'elle ressentait, et même si le roux en avait été peiné, cela n'avait heureusement pas effacé l'amitié qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre.

Harry, lui, allait mal bien sûr, mais il se remettait. Lentement, mais sûrement. Les horreurs qu'il avait vécues ne s'effaceraient pas en quelques jours, et beaucoup seraient devenus fous s'ils avaient eut à endurer la moitié de ce qu'il avait vécu. On pouvait donc considérer qu'il s'en sortait plutôt bien, en fait.

Le soutien de Ginny, malgré la perte de son frère, n'y était pas étranger. Elle s'était montré présente et avait su lui apporter la tendresse et l'amour qui lui faisait défaut. Bien sûr, elle, Ron et Remus étaient aussi la pour lui, mais c'étaient des amis et ils ne pouvaient pas remplacer à eux seuls la relation qu'il entretenait avec Ginny.

Ils seraient d'ailleurs ensemble à Poudlard cette dernière année, ce qui assurait au Survivant de ne pas se retrouver seul. D'ailleurs, il n'était pas le seul élève de la promotion du trio à revenir, l'année dernière ayant été pour le moins perturbée.

Neville, lui, avait trouvé un emploi à temps partiel dans une boutique de plantes médicinales, complété par une formation en botanique. Il commençait d'ailleurs la semaine suivante et était un peu anxieux, mais Hermione avait confiance en ses capacités. Elle l'avait d'ailleurs assuré qu'elle viendrait passer commande chez lui pour ses potions si le besoin se faisait de renouveler son stock.

Mais Luna, Dean et Seamus seraient aussi là, ce qui rassurait un peu Harry : après tout, il n'avait jamais fait ses études sans ses deux meilleurs amis et ce serait assurément différent. Mais il était déterminé à prouver ses capacités, même s'il n'excluait pas de prévoir quelques mauvais coups contre la maison des Serpentards. Après tout, il n'était plus en danger constante de mort, et il se devait bien d'honorer la mémoire de son père et son parrain, non ?

Hermione ferma les yeux, tentant de trouver une position confortable.

Avec Harry pour ami, elle avait eut pour habitude de se retrouver dans des situations extrêmes, dangereuses voir effrayantes.

Mais cette bataille finale avait été de loin la pire expérience de sa vie. Avec la torture de Bellatrix.

Elle avait du se battre et être sans pitié, car elle savait que le camp adverse ne ferait pas de cadeaux, quand bien même elle qu'une simple adolescente, ils n'en avaient que faire, encore moins sachant ses origines de moldues, et son amitié pour le Survivant.

En fait, l'année entière avait été éprouvante, encore pire que les années précédentes, déjà riches en émotions et pas des plus agréables. La quête, la faim, les tensions, Grigott's… Elle avait été torturée par cette cinglée sadique de Bellatrix, comme en témoignait la mince cicatrice blanche visible sur sa poitrine.

Mais dans le feu de l'action, la course, la peur, le stress, il n'y avait pas eu la place pour la réflexion. Pas le temps de se poser des questions, s'interroger. L'adrénaline permettait de tenir, d'une certaine façon. La nécessité et l'instinct de survie étaient plus forts que la fatigue et les atrocités à vivre. Peur, angoisse, étaient le lot quotidien, mais il y a avait des urgences qui ne permettaient pas de s'y appesantir.

Mais une fois la guerre finie, la pression retombait, comme une chape de plomb jusque là ignorée.

C'était tellement différent de jeter des sorts pour sauver sa peau. Tellement loin des cours et manuels théoriques, tellement si peu proche des petits duels pratiqués à l'école.

Non. Il fallait se battre, ne jamais faiblir, faire attention à tout, à chaque instant, sans jamais s'arrêter, même quand vos jambes ne vous portaient plus, quand chaque muscle vous faisait souffrir et que votre tête se vidaient sous le manque de sommeil.

Tuer ou être tué. Voilà la seule règle qui était de vigueur dans ces combats mortels.

Mais elle ne voulait pas avoir de mort sous la conscience. Elle n'était pas une assassine. Elle n'était pas comme eux, les Mangemorts, qui tuaient sans scrupules ni remords. Elle n'était qu'une gamine perdue dans cette guerre qui n'était pas la sienne mais dans laquelle elle était impliquée plus que la moyenne des gens.
Se défendre, attaquer, parer, blesser, mais sans tuer, sans impardonnables, tout en sachant que l'autre n'hésiterait pas un seul instant.

On avait vanté son courage. Son talent.

Conneries !

Elle avait reçu une belle médaille, et son visage était maintenant presque aussi connu que celui d'Harry Potter lui-même. Il fallait dire qu'il avait insisté pour qu'on reconnaisse à ses amis autant de mérites qu'à lui-même, ce qui avait été accordé sans protestations. C'était une demande de l'Élu, et après tout il était vrai qu'elle et Ron avaient apporté une contribution importante à la victoire. Harry avait aussi fait réhabiliter le nom de Sirius, ce qui avait été difficile à encaisser pour la population sorcière. Le Survivant était déçu de ne pas avoir réussi à lui faire accorder un Ordre de Merlin. Il avait aussi rendu un hommage à Severus, mais rien de pompeux. Après tout, l'ex mangemort ne l'aurait de toute façon pas apprécié.

« Mais en réalité, songea-t-elle et pas pour la première fois, ce qui étonne vraiment les gens, ce n'est pas que je sois si jeune, mais que je puisse être fille de moldus. Je serais d'une famille aristocrate, on vanterait la noblesse de mon sang, mais là… »

Le monde sorcier était malheureusement encore plongé dans de nombreux stéréotypes d'ordre racistes. Et, quelque part, elle était contente de les déranger un peu.

Elle ne se sentait pourtant pas une héroïne.

Dobby avait agit en héro, et pourtant personne ne parlait de ce courageux elfe de maison qui avait donné sa vie. Personne n'acclamait Lupin, alors qu'on l'avait relégué au rang de monstre, qu'on l'avait sans scrupule associé à Voldemort, quand depuis le début il se battait contre les forces du mal. Personne ne songeait à décorer Hagrid le garde chasse, parce qu'il avait du sang de géants dans les veines.

Ce qu'elle avait fait, elle l'avait fait, voilà tout, sans fausse modestie aucune.

Elle savait, bien sûr, que d'autres ne seraient pas restés, auraient fui ou seraient morts. Mais elle se devait de le faire. Par amitié, par orgueil peut-être aussi, car elle avait cette envie qui lui collait aux tripes depuis toujours de prouver sa valeur au delà de ses origines, ce sentiments qui l'accompagnait partout et dans tout ce qu'elle faisait, parce qu'elle était différente.

Différente.

Ce petit mot recouvrait bien à lui seul l'étendue de son écartèlement entre deux mondes, sa sensation de perpétuelle solitude. Trop bizarre pour le monde moldus –encore que maintenant, elle savait mettre des mots sur ces drôles de phénomènes qui se manifestaient lors d'émotions fortes, et elle était de surcroît capable de se contrôler- mais le monde sorcier lui reprochant ses origines.

Écartelée entre deux mondes, sans vraiment faire partie d'un seul à par entière, sans avoir une place vraiment pleine dans aucun des deux, même si elle devait reconnaître que sa position au sein de la guerre l'avait relevée à un rang supérieur. Privilège que ne partageaient pas les autres « sangs de bourbe ». Elle se savait peut-être un peu plus amère qu'auparavant, mais bizarrement, elle commençait aussi à plaisanter davantage, comme si rire avec les autres pouvaient lui retirer ces zones sombres qu'elle ressentait en elle. Elle n'avait bien sûr pas la prétention de reprendre le flambeau des jumeaux Weasley –de toute façon, les blagues n'étaient pas vraiment son truc- mais elle avait acquis un nouveau sens de la répartie. Elle aimait se laisser à faire de l'humour, avec Harry et Ron. Peut-être sentait-elle inconsciemment leur besoin de parler de sujets légers, de temps à autres ?

Mais elle ne pouvait s'empêcher de ressentir de la colère à l'égard des sorciers qui, même après la défaite de Voldemort, continuaient à jeter à la tête des gens leurs idées désuètes sur la prétendu pureté du sang. Comment pouvaient-ils croire à cette supposée supériorité des vrais sorciers que prônait Voldemort, alors qu'il était lui-même de sang mêlé ?

Malgré tout, elle savait que son cœur penchait pour la communauté sorcière, quelques soient les gens et leurs réactions face à ses origines.

Parce que la magie faisait partie d'elle-même et qu'elle ne saurait le nier. Parce qu'il était aussi inconcevable qu'impossible qu'elle vive sans, malgré sa profonde affection pour ses parents.

Penser à cela lui fit sans surprise vite penser à ses parents justement, le petit bout de famille qui était encore proche d'elle.

Elle était fille unique, n'avait donc si frère ni sœur et ses parents avaient des contacts limités avec les autres membres de leur famille. Elle n'avait que pour unique grand-mère une vieille femme aigrie qui reniait son fils pour avoir épousé une « traînée » selon ses charmants dires. Inutile de préciser que les ponts avaient eu du mal à rester reliés…
Quant à ceux qui restaient, ils avaient sans doute été un peu effrayés par les bizarreries de cette petite fille aux cheveux ébouriffés et aux incessantes questions.
Ses parents qui d'ailleurs à l'heure actuelle n'étaient même pas conscients d'avoir une fille, exilés sans le savoir en Australie. Sa gorge de serra un peu.

Elle n'avait jamais eut beaucoup d'amies, et c'était plutôt un euphémisme. Actuellement, les attaches au monde moldu semblaient bien fines…

Sa gorge se serra encore davantage.

Elle ne regrettait rien de son enfance, qui, si elle avait été plutôt teintée de solitude n'avait pas été malheureuse pour autant, ses parents étant aussi aimants qu'on pouvait l'espérer, même si parfois fort pris par leurs obligations professionnelles et ayant appris très vite à s'occuper seule, en particulier en se plongeant dans les lectures, qu'elle adorait depuis sa plus tendre enfance.

Tôt ou tard, il faudrait qu'elle aille les chercher, et leur rendre la mémoire…

Bientôt, se promis-t-elle.

Elle appréhendait leurs réactions.

Son père et sa mère n'étaient pas hostiles à la magie, juste… dépassés. Ils faisaient de leur mieux pour essayer de comprendre leur fille et ses bizarreries, mais la vérité était qu'ils ne saisissaient pas les enjeux de l'univers de leur fille. Ils n'avaient pas compris que son monde entrait en guerre, qu'elle était impliquée, quoi qu'ils en disent, quelque soit son âge.

Bien sûr que c'était insensé.

Mais la guerre ne cherchait pas à faire des choses cohérentes et justes.

Harry n'avait pas demandé à être désigné par une prophétie l'engageant à devenir assassin, à être orphelin et porter un si lourd poids sur ses épaules de jeune homme de 17 ans.
Il n'était pas juste que la famille Weasley et ses 7 enfants soient dans le besoin lorsque l'enfant unique qu'était Malefoy était pourri jusqu'à la moelle. Il était profondément immérité que Remus se soit fait mordre par Greyback tout juste enfant, tout comme le fait que Tonks, Maugrey, Dumbledore… soient morts.

Mais la vie était injuste et l'on y pouvait rien.

Ils savaient, bien sûr, que le monde magique était plongé dans un début de chaos au cours de la scolarité d'Hermione, même s'ils n'arrivaient pas vraiment à le réaliser. Et puis il fallait dire qu'elle ne leur avait pas tout raconté non plus –comment auraient-ils pu saisir ce que recouvrait le simple terme "Voldemort" de toute façon ?

Ils étaient dépassés, voyant petit à petit leur fille unique s'éloigner d'eux jusqu'à en devenir une semi étrangère qu'il fallait réapprendre à connaître durant deux courts mois de grandes vacances. Oh, ils étaient agréables ces moments en famille, elle ne pouvait le nier. Il fallait dire que l'ambiance des vacances et les voyages associés faisaient partie de ce petit cocktail réussi, mais ces quelques semaines semblaient bien peu comparé à tout le temps passé à Poudlard en compagnie de ses deux meilleurs amis, ses frères de cœur.

Sans parler du fait que ça faisait une petite éternité qu'elle ne rentrait plus chez elle ni à Noël ni à Pâques. Elle écrivait régulièrement, certes, et ses parents répondaient toujours des lettres riches en anecdotes et questions soucieuse de son bien-être, mais des simples mots tracés à l'encre sur du papier ne pouvaient remplacer une vraie conversation, des moments ensemble.

Elle avait voulut les protéger avant tout, en les rendant amnésiques pour un temps. D'abord parce qu'ils étaient une cible potentielle pour Voldmort, mais aussi car elle ne voulait surtout pas entrer dans un conflit les opposant sur sa volonté d'aider Harry. C'étaient ses parents mais jamais elle n'aurait pu rester à ne rien faire et ne pas apporter à son meilleur ami tout le soutien dont elle était capable. Certain auraient pu dire qu'elle était lâche, et dans le fond, il y a avait un peu de vrai dans ces accusations. Elle leur avait expliqué la situation, bien sûr, mais quoi qu'il n'arrive sa décision était irrévocable.

Elle avait voulut les protéger avant tout. Parce qu'elle les aimait, même si petit à petit, la famille Weasley avait prit l'image d'une seconde famille dans son cœur...


Voilaaa, c'est déjà tout pour aujourd'hui !

C'est assez introspectif, mais comme ça vous connaissez un peu l'état d'esprit d'Hermione ! ;)

ça vous a plut ?