Bonsoir,
Alors comme promis, voici le chapitre 1 ! Je viens de terminer la rédaction de la fiction, la parution sera donc rapide.
RaR : lesaccrosdelamerceri je suis contente que le prologe t'ait plu, j'espère quue la suite sera à la hauteur de tes attentes.
Sur ce , je vous souhaite une bonne lecture et j'espère que ce premier chapitre vous plaira !
Dix ans
21 janvier
La nuit était tombée sur la forêt. Cachée derrière un arbre, une silhouette entièrement vêtue de noir aux cheveux blancs courts s'était accroupie dans une position animale, fixant les arbres devant elle. Une coupure traversait son œil droit, tandis que le sang s'égouttait lentement au sol, aussitôt aspiré par la terre meuble. Le soufflée légèrement haché, la silhouette tourna la tête sur sa gauche pour voir une autre personne, plus massive et carrée, se glisser derrière un tronc en serrant sa main sur un Desert Eagle. Les rayons de la lune se reflétèrent sur le métal de l'arme avant de disparaître à nouveau à cause d'un cumulus tandis que la plus mince faisait un petit signe du menton en remontant l'étrange foulard qui pendait autour de son cou, cachant ainsi le bas de son visage. Un craquement retentit devant eux et elle retint son souffle, se penchant un peu plus vers l'avant, tel un lynx prêt à attaquer. Lentement, prenant soin de ne pas faire le moindre bruit, elle leva sa main gauche, prête à l'abattre sur ce qui s'approchait lentement. Du coin de l'œil, elle vit son acolyte lever son arme. Toujours aussi silencieuse, elle commença à se relever, restant en suspension dans les airs, avant de plisser les yeux quand les nuages cachant la lune se dégagèrent. Aussitôt, les rais clairs vinrent courir sur l'arme, renvoyant les éclats dans la forêt sombre, avant de venir illuminer les longues griffes de métal ciselées qui ornaient la main de la plus petite des deux. Immédiatement, le silence tomba, la créature qu'ils traquaient s'immobilisa, avant de grogner et de se précipiter vers eux. S'écartant d'un saut agile de la trajectoire, celle qui semblait la plus jeune se servit de sa main libre pour agripper le sol, freinant sa réception, avant de se baisser pour être presque couchée à terre, laissant la voie libre à son compagnon pour tirer.
- Il arrive.
La détonation troubla le silence mais la créature esquiva la balle d'argent en sautant sur sa gauche. Voyant le danger se rapprocher, la cadette se redressa brusquement avant de faire volteface pour empoigner la main de l'autre, commençant à courir entre les arbres. Dans leurs dos, ils pouvaient entendre le souffle rauque et chargé de rage qui se rapprochait. D'un même mouvement, ils se regardèrent avant de brutalement se séparer. La créature qui les poursuivait, surprise par cette action absolument non préméditée, s'immobilisa avant de s'élancer à nouveau, suivant l'odeur la plus enivrante.
L'éclair blanc jeta un regard par-dessus son épaule pour voir une masse sombre se rapprocher rapidement, sautant les obstacles par des sauts puissants. Grimaçant légèrement sous son masque, elle accéléra à nouveau avant de se servir de ses griffes d'argent pour changer de trajectoire, laissant une marque sur le tronc de l'arbre qui lui avait servi d'attache.
- Quand faut y aller…
Ce ne fut qu'au moment où les arbres se firent plus rares qu'elle calma légèrement sa course, vérifiant que son poursuivant était bien sur ses talons. En entendant un atterrissage plus lourd que les précédents, elle obtint sa confirmation, accélérant de nouveau le pas. Se baissant brusquement, elle se laissa glisser le long de la pente qui se présentait à elle, croisant un de ses bras devant son visage pour se protéger des branchages. Glissant dans la terre, elle vit une masse sombre sauter par-dessus elle, et quand elle cessa enfin de glisser, elle ne réussit pas à éviter la mâchoire de l'animal qui se referma sur son épaule. Quand les crocs s'enfoncèrent dans sa chaire, elle ne chercha pas à nier sa douleur. Se cambrant vivement, elle balança sa tête vers l'arrière avant de pousser un véritable hurlement qui ressembla plus à un rugissement qu'à autre chose.
x.X.x
A plusieurs lieues de là, l'homme qui avait réussi à s'échapper s'immobilisa en fronçant les sourcils, serrant nerveusement ses doigts sur l'arme qu'il tenait encore dans sa main. Réprimant un juron, il sauta dans la Jeep garée devant lui et écrasa l'accélérateur : il n'avait pas une minute à perdre.
x.X.x
Haletante, la jeune femme se redressa lentement pour faire face à l'étrange créature qui se trouvait face à elle, un morceau de son uniforme dans sa gueule. Le souffle court, l'épaule déchirée et sa gorge exposée, elle serra son poing avant de jeter un coup d'œil rapide autour d'elle, cherchant une issue. Ce fut en voyant le paysage s'éclaircir légèrement qu'elle prit une décision : cette forêt, elle avait grandi dedans, et il était temps qu'elle se la réapproprie. Mentalement, elle s'encouragea en se redressant, luttant contre la douleur de ses membres, avant de se jeter sur la créature. Trop surprise, elle se contenta d'ouvrir la gueule, lâchant le tissu et les lambeaux de chair qu'elle avait arrachés, avant de tenter de lui mordre la taille. Cependant, avant qu'elle n'ait pu refermer ses crocs, les griffes d'argent lui tailladèrent le flanc en profondeur. Glapissant douloureusement, elle s'affaissa, laissant la plus jeune se rattraper et s'enfuir en courant à travers le sous-bois. Alors qu'elle slalomait entre les pins, elle sentit son portable vibrer dans la poche de son pantalon. S'en emparant avant que le bruit se fasse trop important, elle grimaça avant de se baisser à nouveau.
- Qu'est-ce-que tu veux ?
Elle n'écouta pas vraiment la réponse, le sang battant trop fort à ses oreilles alors que son poursuivant se rapprochait à nouveau. Commençant à slalomer de façon irrégulière pour gagner un peu de temps, elle vit enfin les arbres s'écarter pour laisser apparaître un promontoire rocheux. Incapable de prononcer une phrase complète et cohérente à cause de sa gorge sèche, elle se contenta de prononcer quelques mots avant de jeter son téléphone sur le sol quand ses bottes touchèrent enfin la pierre.
- Promontoire… lac… viens.
Freinant brutalement, elle s'arrêta au bord de la pierre. Plus bas, elle vit la jeep s'approcher du bord du lac, ce qui lui arracha un sourire qui s'effaça bien vite quand un rugissement s'éleva derrière elle. Se retournant brutalement, elle eut uniquement le temps de plier les genoux et de lancer ses griffes vers l'avant avant que le corps composé de muscles ne la percute et qu'ils ne basculent dans le vide.
Sans prendre la peine de couper le moteur de son véhicule, l'acolyte de la plus jeune sortit de la voiture en courant pour s'approcher du lac. Horrifié, il la vit se jeter sur son poursuivant avant de basculer avec lui dans le vide. Le hurlement de terreur de la créature fut vite gâché par le flot de sang qui tâcha sa fourrure quand l'éclair blanc retira son arme de sa gorge, se séparant de lui pour tomber à moins d'un mètre dans l'eau, provoquant des éclaboussures gigantesques.
- SIAN !
Le hurlement lui échappa avant qu'il n'ait eu le temps d'y réfléchir, ôtant d'un geste rapide son harnais d'armes, il entra dans l'eau, rejoignant le plus rapidement possible l'endroit où il avait vu son amie tomber. Alors qu'il n'était plus qu'à quelques brasses, il vit quelque chose percer la surface, avant de replonger tout aussi sec. Jurant mentalement, il s'empara d'une des fusées qu'il gardait toujours sur lui avant de la craquer, replongeant sous l'eau. Là, il découvrit la chose la plus étrange qu'il lui avait été donnée de voir depuis qu'il avait quitté l'Académie. Sian, celle avec qui il travaillait, était en train de se battre avec la créature, lui entaillant la peau comme elle le pouvait afin de lui faire lâcher prise sur sa jambe. Quand elle planta ses griffes près de l'oreille de l'animal, ce dernier la relâcha, lui permettant de remonter rapidement. Soulagé, l'homme lui tendit la main, lâchant la fusée pour la rejoindre et l'aider à remonter. Seulement, avant que leurs doigts ne se touchent, Sian se cambra violemment en ouvrant la bouche, chassant tout l'air de ses poumons alors qu'un cri muet s'échappait de sa poitrine. Réalisant trop tard que son dos venait d'être littéralement déchiqueté, il réussit néanmoins à la rattraper pour remonter à la surface. Le souffle court, il nagea jusqu'à la berge où il étendit la jeune femme pour lui faire recracher l'eau avalée.
- Sian, bordel !
Il fallut attendre quelques instants avant qu'elle ne commence à tousser et à cracher, se redressant brutalement en plaquant sa main sur sa gorge, grimaçant quand le sable commença à lui piquer son dos déchiré. Le souffle court, elle écarquilla les yeux en se redressant, serrant sa main sur son pull en le déchirant légèrement involontairement. Grimaçant en tremblant de froid, elle ne protesta pas quand l'homme posa un gilet sur ses épaules non sans avoir auparavant nettoyé ses plaies. Délicatement, il glissa ses doigts dans ses cheveux avant de soupirer, rassuré.
- J'ai bien cru que cette fois-ci, tu n'en réchapperais pas.
La plus jeune pouffa à ces mots avant de se relever en prenant appui sur le capot encore tiède de la voiture. Les jambes flageolantes, elle déglutit nerveusement avant de s'approcher du siège passager sur lequel elle se laissa tomber. Ôtant les restes de son pull déchiré, elle attrapa un sac sur la plage arrière pour en sortir un débardeur qu'elle enfila, empêchant l'homme derrière elle de désinfecter ses plaies qui étaient déjà en train de se refermer.
- Le sable les empêchera de disparaître, tu sais ?
Elle haussa les épaules avant de lui jeter un coup d'œil par-dessus son épaule, souriant doucement, mélancolique, alors qu'elle ôtait son leggin pour enfiler un jean un peu lâche. Serrant la ceinture sur ses hanches, elle roula ses vêtements en boule avant de prendre place sur le siège.
- Il va bientôt faire jour… Je te dépose au bureau de ton père où fait comme on avait prévu ?
Relevant les yeux des notes qu'elle était en train de lire, Sian fixa son acolyte un instant avant de sourire en baissant les yeux, les joues légèrement rouges. SE laissant retomber contre le dossier de son siège, elle déglutit nerveusement avant de jeter un coup d'œil à l'heure affichée sur l'écran du GPS de la vieille Jeep.
- Non, on va à la maison… Je… je veux le voir en dehors du travail. Tu sais, ça va faire dix ans…
x.X.x
22 janvier
Quand le Shérif Stilinski rangea son assiette de petit déjeuner dans le lave-vaisselle, il fut pris d'un étrange pressentiment. N'y accordant pas d'importance particulière, il se contenta de terminer sa tasse de café avant d'appeler son fils pour qu'il ne soit pas en retard en cours. Tandis que ce dernier dévalait les escaliers en courant, il enfila sa veste en cuir avant d'ouvrir la porte de la maison en vérifiant qu'il avait bien pris son arme de service. Et c'est là qu'il la vit, ce vieux 4x4 datant de la guerre cabossé mais toujours vaillant. Il se souvenait d'avoir fait ses premiers kilomètres dessus avant de le mettre dans un vieux garage et de l'oublier en attendant d'obtenir une offre pour la vendre. S'il se souvenait bien, il avait même fini par la donner au propriétaire avec pour mission de s'en débarrasser et de ne plus l'ennuyer avec ça.
- Papa ? Pourquoi tu restes comme ça… Bordel, mais c'est le 4x4 de grand-père !
Le babillement joyeux de Stiles le ramena à la réalité. Et ce fut à cet instant qu'il remarqua la personne assise nonchalamment sur le capot de l'engin, une jambe croisée, l'autre pliée par-dessus. Avec ses cheveux d'un blanc éclatant, il ne l'aurait pas reconnue. Les yeux écarquillés, la bouche entrouverte, il resta immobile, les bras ballants, jusqu'à ce que l'inconnue se tourne vers lui pour le fixer de ses yeux whisky. D'une détente souple, elle sauta à terre avant de se redresser pour le fixer avec attention. Sur sa main droite, il remarqua quelque chose de brillant, mais l'éclat disparut aussi rapidement qu'il était apparu.
- Papa ? Tu la connais ?
Ne prenant pas le temps de répondre à son fils qui le fixait avec effarement, l'homme descendit les quelques marches de son perron comme un automate avant de s'immobiliser, laissant l'autre faire un geste. Ce fut au moment où elle glissa sa main dans sa nuque en lui offrant un petit sourire indécis qu'il comprit : sa fille était bel et bien de retour. Alors, sans même tenir compte du fait que cela pouvait paraître infantile pour un adulte comme lui, il s'élança et l'enlaça, la soulevant doucement pour la faire tournoyer avant de la reposer et de rester là, à la serrer contre lui, sous le regard médusé de son fils et attendri de l'homme qui était encore derrière le volant de la Jeep.
Stiles resta immobile, silencieux, en dévisageant son père, sa bouche s'ouvrant et se fermant sans que le moindre son ne puisse s'en échapper. Tremblant, choqué, il chercha une explication rationnelle à ce qui se passait, jusqu'à ce que John se tourne vers lui, les yeux humides de larmes. Comme un automate, il s'approcha quand le plus âgé tendit la main pur l'inviter à s'approcher : qui était cette femme ? Quand enfin le Shérif se décala, se détachant de l'inconnue, Stiles eut l'impression de recevoir un coup de poing dans l'estomac : face à lui se tenait sa mère ! Bien sûr, il pouvait déceler quelques différences malgré le choc de l'apparition : tout d'abord, il y avait les cheveux, Claudia les avait bruns et non pas blancs. Ensuite, il y avait son visage : elle avait les mêmes tâches de rousseurs que lui, or il les tenait de son père. Le reste résultait essentiellement en un souci de taille, de corpulence – l'inconnue était bien plus musclée et élancée que l'était sa mère – mais essentiellement d'âge…
- Papa ?
Détachant son regard de la silhouette fine qui semblait l'hypnotiser depuis son arrivée, le Shérif sourit un peu plus en passant son bras autour des épaules de son fils. Et c'est là que le jeune Stilinski comprit. Tremblant, il vit des images s'imprimer dans son esprit. Il revit son père en larmes au téléphone, sa mère droite et fière malgré les perles qui roulaient le long de ses joues, les deux adultes regardant une adolescente passer les portes d'un hall d'aéroport. Il revit ladite adolescente se pencher vers lui et l'embrasser sur le front un matin avant de partir pour le lycée. Il revit ses deux parents pleurer en lisant des lettres sur lesquelles on pouvait voir un peu de sang séché. Il se souvint des gémissements de son père qui s'arrachait les cheveux dans la chambre d'hôpital où se trouvait sa mère, alors qu'il espérait voir quelqu'un passer la porte. Mais personne n'était venu. Personne n'avait répondu aux appels désespérés du shérif après la mort de sa femme. Personne n'avait répondu à ses propres appels au secours. Alors quand la femme aux cheveux blancs se décala pour le fixer, il ne réussit pas à retenir sa colère et sa rancune, la foudroyant de ses yeux whisky avec sévérité.
- Fils, viens là…
Obéissant à l'ordre donné d'une voix douce, Stiles ne réussit pas à s'empêcher de ressentir de la jalousie : jamais il ne l'avait regardé avec un tel soulagement. Cependant, il garda le silence, se contentant de s'arrêter à une distance raisonnable de la vieille guimbarde et de sa nouvelle propriétaire.
- Stiles, tu te souviens de Sian ? Ta sœur…
Le simple fait d'entendre ces quelques mots pourtant si inoffensifs, si innocents, suffit à faire exploser toute la rage qu'il contenait depuis quelques minutes. Retenant, malgré tout, les larmes qui menaçaient de s'écouler – élan de fierté masculine – il se redressa pour toiser la plus âgée. Mal-à-l'aise, Sian ne prononça pas le moindre mot, se contentant de le regarder en pesant le pour et le contre, se demandant si avancer pour l'enlacer était une bonne idée ou s'il allait la mordre.
- Une sœur ? Papa, tu es vraiment sûr de ça ? Car après tout, quelle fille, quelle sœur, raterait l'enterrement de sa mère et ne réapparaîtrait pas pendant dix ans malgré les suppliques !
Le jeune humain ne cacha pas sa satisfaction quand il perçut l'éclat blessé dans les yeux noisette de son aînée qui laissa immédiatement retomber la main qu'elle avait commencé à lever. Déglutissant, Sian réussit néanmoins à garder contenance, dévisageant son cadet avec douceur et désolation.
- Je sais que j'ai fait des erreurs et tu as tous les droits de m'en vouloir, Genim, mais…
- Ne m'appelle pas comme ça ! Ne m'appelle plus jamais comme ça, la seule personne qui aimait ce nom était ma mère et elle est morte, alors n'ose plus jamais prononcer ce prénom, Sian.
Décontenancée par l'éclat de voix du plus jeune, la Chasseuse resta silencieuse et le regarda s'éloigner presque en courant vers sa Jeep. Sans un regard en arrière, il sauta derrière son volant avant d'écraser l'accélérateur, s'éloignant dans un crissement de pneus. Derrière lui, John adressa un sourire navré à sa fille qui elle, fixait les traces de pneus de son frère en silence, ne cachant pas sa tristesse.
x.X.x
26 janvier
John supporta les silences furieux de son fils pendant quatre jours avant de finalement décider d'avoir un tête-à-tête avec lui. Confiant le poste pour la matinée à son adjoint Parrish et au coéquipier de Sian, Mihaël, il prit une demi-journée de congé et appela le lycée pour annoncer que son fils ne s'y rendrait pas non plus.
- Stiles, descends, s'il-te-plait !
Une cavalcade se fit entendre et quelques secondes plus tard, l'adolescent entra dans la cuisine, plissant le nez devant les pancakes et le sirop d'érable déposés à sa place. S'asseyant tout en interrogeant son père du regard, il lui demanda pourquoi il ne le disputait pas pour le retard, se renfrognant immédiatement quand il lui annonça qu'ils devaient discuter.
- Écoute, fils, je sais que tu en veux à ta sœur, mais tu ne crois pas que tu devrais lui laisser une chance ? Au moins celle de s'expliquer…
Tout en engloutissant une énorme bouchée de pâte, le lycéen fronça les sourcils en reposant ses couverts sur la table avec un peu trop de force. Ne se souciant guère du regard incendiaire de son père, il se leva et commença à gesticuler en tous sens.
- Une chance ? Parce qu'elle nous en a laissé une, elle, à la mort de maman ? Non, elle n'est même pas rentrée. C'est elle qui nous a sortis de sa vie, je ne vois pas pourquoi e devrais faire un effort quand elle revient la queue entre les jambes !
Puis, sans laisser le temps à son père de répliquer, il se rua hors de la cuisine, attrapant son sac de cours qu'il jeta sur son épaule en se dirigeant vers le hall. Seulement, alors qu'il posait sa main sur la poignée de la porte pour l'ouvrir et quitter la maison, John le rejoignit.
- C'est ta mère qui l'a persuadé de partir il y a dix ans, parce que rester ici la détruisait.
La mention de sa mère suffit à rendre Stiles immobile mais le Shérif ne réussit pas à se sentir coupable de son coup bas. Profitant du silence inhabituel de son fils, il s'approcha et posa sa main sur son épaule dans l'espoir de le faire baisser les armes. Il savait que ce n'était pas à lui de parler de ça, mais il savait aussi que Sian ne le ferait jamais, alors il prit le parti de prendre la responsabilité de trahir, momentanément, la promesse de Claudia.
- Il y a dix ans, Sian a été droguée, puis violée. Au matin, elle ne se souvenait de rien sinon un visage, mais comme tu le sais pour m'avoir souvent aidé dans mes enquêtes, ce ne sont pas des preuves matérielles suffisantes pour ouvrir une enquête. Seulement, la connaissance des faits et l'incapacité de s'en souvenir, d'avoir une certitude, ont fini par rendre Sian malade. Ta mère et moi ne nous en sommes pas rendus comptes parce qu'elle était une excellente comédienne et que tu n'allais pas bien, occupant à son plus grand plaisir, toute notre attention.
Tout en parlant, John se remémora le moment où ils avaient pris conscience du mal-être de leur fille. Il avait l'impression que la douleur était toujours aussi forte, même après dix ans. Déglutissant nerveusement, il s'obligea tout de même à continuer.
- Un soir, elle n'est pas rentrée à la maison. Après t'avoir déposé chez Mélissa, nous avons ratissé la ville dans l'espoir de la retrouver, jusqu'à ce que je reçoive un appel de la part de mon adjoint, m'informant qu'elle avait été emmenée à l'hôpital suite à un accident de la route.
Les images de la chambre où Sian était restée frappèrent le shérif de plein fouet, nouant désagréablement sa gorge alors qu'il s'obligeait à continuer tout en baissant les yeux : Stiles avait beau lui tourner le dos, il n'avait pas envie de lui montrer à quel point il était encore touché par cet évènement.
- Ce soir-là, tout lui était revenu. Bien entendu, ta mère et moi avons tenté de la convaincre de nous parler, mais elle est restée muette, apraxie du langage si j'ai bonne mémoire. Ça a duré plusieurs mois, le temps qu'elle se remette de ses fractures et qu'elle soit jugée stable mentalement pour sortir. Le jour où elle a recommencé à parler, ça a été pour nous annoncer qu'elle ne pouvait pas continuer. Bien sûr, Claudia a tout de suite compris. Pas moi. Je n'arrivais pas à me faire à l'idée que ma propre fille pouvait avoir vécu tout ça et n'arrivait pas à en parler.
Sentant le nœud dans sa gorge se resserrer un peu plus, il se hâta de continuer, ne voulant pas prendre le risque d'être coupé au milieu de son récit à cause de ses émotions. Alors il déglutit et serra les poings avant de passer une main sur son visage, soupirant longuement dans l'espoir de calmer ses angoisses.
- C'est pour ça que Claudia a tout organisé en cachette. Elle a trouvé une école, un logement, des personnes de confiance, et a organisé son départ, seule, même si cette séparation la déchirait. Et elle est partie. Sans rien dire parce qu'elle n'arrivait pas à dire « adieux », parce qu'elle ne voulait pas y croire. Tu sais, ce jour-là, si je n'étais pas rentré plus tôt du travail parce que tu étais malade, je ne l'aurais jamais rattrapée… Dans le fond, c'est grâce à toi qu'on l'a vue, même si ça a été la dernière fois. Alors je t'en prie, ne la condamne pas sans savoir.
Le nœud dans sa poitrine étant trop gros pour être ignoré, John se tut, attendant que son fils se retourne vers lui. Les yeux pétillants d'espoir, il tendit la main pour la déposer sur l'épaule du plus jeune qui se dégagea aussitôt, les yeux plissés et les dents plantées dans ses lèvres. Sans vraiment se retourner, il se contenta d'ouvrir la porte pour sortir, lâchant uniquement une phrase qui déchira un peu plus son père.
- Elle n'a pas cherché à savoir ce qui nous est arrivé pendant dix ans, papa. Je suis désolé, mais je ne peux pas lui pardonner. Pas maintenant, et peut-être même jamais
Et la porte claqua derrière lui, plongeant le salon dans un silence pesant. Désemparé, John resta là, dans le hall, les bras ballants, à fixer la porte, jusqu'à ce que des pas s'élèvent dans son dos doucement.
- Ne lui en veux pas. Ça fait beaucoup à digérer en un seul coup, tu sais… Je ne sais pas comment j'aurais réagi à sa place et à son âge. Rappelle ce qui s'est passé quand maman m'a révélé qui elle était vraiment…
L'homme rit légèrement en essuyant ses yeux baignés de larmes. Pour se souvenir, il se souvenait parfaitement : des cris avaient retentit dans la maison pendant deux jours, accompagnés de portes qui claquent, jusqu'à ce qu'elle réussisse à se calmer et qu'elle vienne s'asseoir sur le canapé pour une discussion sérieuse qui avait duré jusque tard dans la nuit, exemples et mises en pratiques à l'appui.
- Je ne sais toujours pas comment elle a réussi te calmer, tu étais une vraie furie ce jour-là.
Un rire plus léger bien que légèrement rauque s'éleva en retour alors que Sian se décalait de l'encadrement de la porte du salon pour venir derrière son père, posant doucement sa main sur son épaule tout en le regardant avec tendresse.
- C'était maman.
L'homme haussa les épaules à ces mots, attrapant sa veste en cuir pour aller à son tour au travail, soupirant longuement en se mordant l'intérieur de la joue : parfois, il aurait tout donné pour que sa femme soit à ses côtés. Lisant la tristesse sur le visage de l'unique parent qui lui restait, la policière l'embrassa sur la joue avant de le précéder jusqu'à la moto qu'elle avait emprunté à Mihaël pour ne pas éveiller les soupçons de Stiles au cas où il aurait deviné que quelque chose se tramait. Pourtant, sur le perron, elle s'arrêta et lança un sourire à son père par-dessus son épaule.
- Et aussi, ce jour-là, elle m'a dit que tu avais littéralement hurlé comme une fillette en te cachant derrière le canapé quand elle t'avait montré sa forme transformée.
John rougit jusqu'aux oreilles à ce souvenir et Sian ricana légèrement en enfourchant le bolide pour l'empêcher de la rattraper. Et la dernière chose que John entendit au milieu de ses jurons fut le rire léger de sa fille.
x.X.x
Quand Stiles arriva finalement au lycée, il rejoignit directement ses amis à la cafétéria, toujours énervé à propos des paroles de son père. Pardonner à sa sœur ? Il croyait vraiment ce qu'il disait ? Furieusement, l'adolescent s'empara d'une assiette emplie d'une substance inconnue avant d'aller poser violemment son plateau sur la table, faisant sursauter chacun de ses amis.
- Où étais-tu ce matin ?
Ignorant ouvertement la question de Lydia, l'hyperactif commença à manger la substance collante jaunâtre qui ressemblait vaguement à de la purée sous les yeux éberlués de ses compagnons qui n'avaient pas l'habitude de le voir avaler quoi que ce soit préparé par la cantinière.
- Sérieux, Stiles, tu devrais apprendre à gérer tes émotions, tu pues la colère et la rancune à des kilomètres à la ronde, je t'assure que c'est pire que l'odeur du sexe…
La voix moqueuse d'Erica le ramena sur terre et il releva brusquement la tête, semblant prendre conscience de l'endroit où et il se trouvait, ainsi que des regards posés sur lui. Déglutissant nerveusement dans l'espoir de détourner l'attention de ceux qui n'appartenaient pas à la meute, il prit le temps de rincer sa bouche de la gelée sans goût qui lui collait aux dents avant de parler.
- Sian est de retour.
Scott écarquilla les yeux à ces mots alors que les autres échangeaient des regards perdus : de qui parlait-il ? Seulement, sans leur laisser le temps de répliquer ou de demander des explications – à la plus grande déception de Lydia – il enchaîna.
- Depuis quand ? Mec, tu devrais être content, tu as espéré ça pendant des années !
Recommençant à mâcher la nourriture qui n'en était pas, Stiles se renfrogna en plissant le nez, sentant ses yeux se mouiller de larmes : oui, il l'avait espéré, mais il s'était résigné et avait décidé de la haïr après l'enterrement de Claudia.
- Est-ce-que quelqu'un pourrait m'expliquer de qui on est en train de parler ?
L'intervention de Boyd fut suffisante pour sortir l'unique humain de la bande de sa léthargie et il grimaça légèrement quand Scott lui donna un coup de coude pour l'inciter à répondre. De mauvaise foi, il reposa ses couverts, repoussant définitivement son plateau bien trop dégoûtant pour le commun des mortels ayant un minimum de goût.
- Ma sœur. Sian est ma sœur aînée. On a onze ans de différence à peu près. Il y a dix ans, elle est partie et n'a plus donné le moindre signe de vie. Mes parents recevaient parfois des lettres, mais c'était tout. Et un jour, elle a cessé d'écrire. Puis ma mère est morte, et elle n'est pas rentrée. Je pensais qu'elle était morte ou qu'elle refaisait sa vie loin de nous, mais il y a deux jours, elle est revenue.
Et ce fut comme un déclic pour l'humain de la meute. Les yeux écarquillés, le cœur battant trop vite dans sa poitrine, il tourna la tête vers Scott pour le supplier du regard, ses yeux s'embuant lentement. En entendant son rythme cardiaque s'affoler, les loups se redressèrent, grondant sourdement alors qu'Allison, Kira et Lydia échangeaient des regards inquiets.
- Bordel, bro, elle est de retour.
Et il éclata en sanglots sous les regards perdus et désolés de la meute qui forma un barrage autour de lui pour le protéger des coups d'œil surpris et moqueurs des autres lycéens. D'un simple grondement, ils se comprirent : il fallait protéger Stiles.
x.X.x
03 févier
Sian soupira longuement en lançant un regard ennuyé à Mihaël quand il revint s'asseoir face à elle avec trois verres dans une main et trois bouteilles de bière dans une autre. S'emparant de l'unique boisson aux fruits rouges – souvenir de son voyage en Europe – elle coinça la fermeture contre le rebord de la table avant de la décapsuler d'une simple pression, ne prenant pas la peine d'en verser dans son verre, préférant avaler une bonne gorgée à même le goulot. Son père se racla la gorge en fronçant les sourcils sous le ricanement de son coéquipier qui poussa le contenant en direction de son ami tout en lui lançant un clin d'œil.
- T'es sérieux, papa ? J'ai vingt-huit ans…
Se contentant d'hausser les épaules, John lui intima de ne pas recommencer d'un simple regard menaçant. Grognant légèrement qu'elle avait passé l'âge de ces gamineries, elle s'exécuta avant de reporter son attention sur les feuilles étalées devant elle.
- Vas-tu enfin me dire la raison de ton retour ?
La jeune femme échangea un regard avec son coéquipier avant de se laisser retomber contre le dossier moelleux du canapé en buvant une nouvelle gorgée de bière en soupirant. Nerveusement, elle fit glisser son pouce sur les feuilles des dossiers qu'elle avait amenés depuis Tokyo avant de finalement s'emparer d'une photo et de la faire glisser en travers de la table jusqu'à son père.
- Qu'est-ce-que c'est ?
Terminant sa boisson d'une simple gorgée, elle s'empara de la bouteille de Mihaël en lui tirant la langue – douce vengeance ! – avant de glisser sa main dans ses cheveux blancs en soupirant longuement.
- C'est une créature hybride. Un goravass(1), une créature possédant les forces occultes les plus puissantes à notre connaissance. Les Gardiens l'avaient sous observation depuis des années mais il y a un mois, il a brusquement disparue.
John fronça les sourcils en observant avec plus d'attention la photographie. La créature capturée sur la pellicule n'avait rien de la beauté d'un succube, se contentant d'avoir dans ses yeux une folie comparable à celle décrite dans L'Île du Docteur Moreau(2). Lisant son questionnement dans ses yeux, Sian lui tendit d'autres photographies qui achevèrent de le faire déglutir nerveusement.
- Maman t'a expliqué qu'en tant que Gardien, on hérite d'un territoire à protéger. Sans surprise, j'ai choisi Beacon Hills, et Mihaël, en tant qu'ami et que mentor, m'a accompagnée.
- Alors tu es de retour pour de bon ?
L'espoir dans les yeux de son père lui serra le cœur et elle baissa la tête en détournant le regard pour cacher son embarras. Comprenant qu'elle lui cachait une information importante, le shérif fronça les sourcils en lui prenant doucement la main, cherchant à savoir ce dont il s'agissait.
- Parle-moi…
Mais elle resta silencieuse, se mordillant la lèvre inférieure en fuyant les yeux bleus de l'homme. Voyant qu'il n'arriverait pas à obtenir de réponse de la part de sa fille, l'homme de loi tourna la tête vers son second adjoint, l'interrogeant silencieusement.
- D'une certaine façon, oui, elle reste pour de bon. Mais la puissance de cette créature est telle que le jour où elle arrivera ici, nous n'avons, elle comme moi, que très peu de chances de nous en sortir en vie.
John écarquilla les yeux à ces mots, fixant avec incrédulité son aînée qui prenait à présent soin d'éviter son regard, trouvant les explications techniques sur les pouvoirs de la créature – fiches qu'elle connaissait déjà par cœur pour les avoir étudiées durant des heures – soudainement très intéressantes.
- Vous êtes revenus pour mourir…
Puis, comme si prononcer cette phrase à voix haute l'aidait à réaliser, le shérif la répéta à plusieurs reprises avant que Sian le fasse sursauter en décapsulant sa bouteille sur le coin de la table basse, buvant une gorgée au goulot.
- Pas dans l'immédiat. Mais à terme, c'est ce qui risque de se passer. La meute de Scott n'est pas assez puissante pour lutter face à une telle menace, elle sera décimée en quelques minutes à peine, peut-être moins si ce nécromancien réussit à lever une armée de créatures surnaturelles.
Accusant le choc des révélations, John finit par soupirer en baissant les épaules : en épousant Claudia, il avait accepté ce destin, et quand elle lui avait annoncé être enceinte d'une petite fille, il avait compris que ce funeste destin se répèterait. Toutefois, il ne s'attendait pas à ce que ça se passe si vite, alors qu'il venait à peine de la retrouver.
- Pourquoi êtes-vous si sûrs qu'il va… je veux dire… peut-être qu'il ne viendra pas ici, à Beacon Hills.
Il grimaça en réalisant que lui-même ne croyait pas à ces paroles. Sian lui sourit tendrement en serrant ses doigts sur les siens alors que Mihaël pouffait tristement en passant sa main dans sa nuque.
- Le Néméton. Depuis ces histoires de sacrifices, Beacon Hills est devenu un aimant à créatures surnaturelles. Ce goravass prendra le temps qu'il faudra, mais tôt ou tard, il viendra ici.
Choqué, le Shérif Stilinski se laissa retomber en arrière, s'enfonçant dans le dossier sous le regard attristé des deux autres policiers qui le fixèrent tristement : le monde surnaturel pouvait être parfois d'une grande cruauté.
John avait à peine repris du poil de la bête – à grand renfort de whisky – quand son fils rentra du lycée avec ses amis et les trouva tous les trois assis en train de discuter d'un dossier. N'accordant pas le moindre regard à sa sœur qui avait immédiatement relevé le regard vers lui, il s'approcha de son père pour l'embrasser sur la joue.
- Tu n'es pas censé être au travail, toi ?
- Je commence dans une heure, on bossait un peu sur un… dossier. Tu sais ce que c'est le boulot à la maison.
Stiles esquissa un sourire forcé en dévisageant sa sœur alors qu'elle ramassait les documents pour les fourrer dans un sac en bandoulière qu'elle referma une fois plein. Ne détournant pas le regard, elle attendit de voir s'il faisait le premier pas. Voyant qu'il ne bougeait pas, elle s'empara de la bouteille de bière encore plein avant de saluer son père et de prendre le chemin de la sortie. Cependant, avant qu'elle n'ait quitté la pièce, l'adolescent la rappela, la toisant durement.
- C'est quoi le plan ? Papa t'a pardonnée donc tu reviens ici et t'espère que je vais faire pareil ? Seulement, désolé d'te décevoir mais ça ne fonctionnera pas comme ça.
Ne laissant rien paraître, la jeune femme se retourna lentement vers lui pour le dévisager avec attention, ses yeux noisette analysant froidement les émotions qui passaient sur le visage de l'hyperactif. Lentement, après avoir bu une nouvelle gorgée de bière, elle s'approcha, attirant les regards de la meute qui durent se retenir de gronder.
- Tu as le droit de m'en vouloir, Stiles. Tu as même le droit de me condamner sans savoir, je ne t'en tiendrai pas rigueur car tu as été blessé. Mais s'il y a une chose que je t'interdis de faire, c'est de le blesser.
L'humain écarquilla les yeux à ces mots, avant de lui hurler qu'elle n'était pas en position d'exiger quoi que ce soit, surtout depuis qu'elle était partie. L'éclat de voix fut si surprenant que même les loups ne réagirent pas, se contentant de dévisager le frère et la sœur avec attention et effarement.
- Tu sais, ça a toujours été mon rôle de vous protéger, même de loin. Alors oui, je n'ai pas toujours réussi, et ce n'est pas pour les raisons que tu imagines, mais si e suis ici aujourd'hui, c'est pour honorer un serment. Alors que tu le veuilles ou non, je vais être dans tes pates.
John esquissa un sourire triste en entendant la voix cassante de sa fille tout en se faisant la réflexion qu'elle s'était bien calmée en dix ans. Cependant, Stiles ne sembla pas partager son avis et bientôt, il traversa le salon pour s'approcher de sa sœur qu'il empoigna par le col de sa veste. Sans même tressaillir, elle plaqua sa main sur le poignet qui la maintenait, serrant jusqu'à ce qu'il la relâche.
- Tu ignores tout de moi, Stiles, de ce que j'ai vécu et de ce que j'ai traversé. Tu refuses de me laisser m'expliquer et tu préfères me condamner. Soit, je ne me battrai pas contre toi à ce sujet. Mais je vais tout de même te dire une chose : tant que tu n'écouteras pas ce que j'ai à te dire, tu ne me comprendras pas, et tu ne comprendras pas non plus notre mère, ni ce qui lui est arrivé.
Choqué de ces quelques mots, Stiles se recula précipitamment, la bouche ouverte sans que le moindre son ne s'en échappe. Le toisant plus durement qu'elle l'aurait peut-être souhaité, Sian finit par tourner les talons, laissant la porte d'entrée se refermer dans son dos dans un claquement lourd.
Et voilà pour ce premier chapitre ! Alors qu'en avez-vous pensé ? A-t-il été à la hauteur ?
J'en profite juste pour préciser un ou deux éléments :
(1) un goravass : c'est une des créatures les plus malsaines qui soient. Elle se délecte des souffrances de ses proies en les torturant avant de les laisser mourir à petit feu. Possédant une magie particulière, il est capable de provoquer d'intenses douleurs d'un simple regard. Sa vitesse et sa force en font un adversaire redoutable s on parvient à portée de sa lame.
(2) L'île du Dr Moreau : unique survivant d'un naufrage, Edward Prendick est secouru par Montgomery, passager d'un navire faisant route vers une île tropicale avec une cargaison d'animaux. Montgomery est l'assistant du docteur Moreau, un scientifique obsédé par la vivisection et la transfusion sanguine. Prendick découvre avec effroi que, depuis dix ans, les deux hommes se livrent à des expériences sur les animaux, en réalisant des greffes et de multiples interventions chirurgicales, afin d'en faire des hommes capables de penser et de parler. Les hommes-bêtes vivent dans un village et obéissent à « La Loi », un ensemble de règles leur interdisant les comportements primitifs et prônant la vénération de Moreau, qu'ils appellent « Maître ».
« Ne pas marcher à quatre pattes. C'est la Loi. Ne sommes-nous pas des Hommes ? » « Ne pas laper pour boire. C'est la Loi. Ne sommes-nous pas des Hommes ? » « Ne pas manger de chair ni de poisson. C'est la Loi. Ne sommes-nous pas des Hommes ? » « Ne pas griffer l'écorce des arbres. C'est la Loi. Ne sommes-nous pas des Hommes ? » « Ne pas chasser les autres Hommes. C'est la Loi. Ne sommes-nous pas des Hommes ? » »Mais Prendick découvre que certaines créatures transgressent la Loi en dévorant des lapins. L'assassinat du docteur Moreau par une de ses « expériences », l'Homme-Puma, remet en cause l'équilibre fragile de l'île. Montgomery est tué à son tour et Prendick, désormais seul avec les créatures, va réussir à se faire respecter et à ramener le calme… Il parvient finalement à s'échapper à bord d'un radeau et à retourner en Angleterre. Mais traumatisé par l'expérience qu'il vient de vivre, il continue de voir le reflet des monstres de Moreau parmi les hommes.
Voilà pour ces petites précisions post-lecture. Alors, une petite review en attendant la suite ?
