Chapitre 1: Aargh! Ouvre-toi, bon sang!
Je m'installai sur mon lit examinant le coffre d'un peu plus près. Les chaînes et les cadenas qui le recouvraient, étaient dans un état de rouille avancé. Je n'aurais donc pas trop de mal à les briser avec une bonne paire de tenailles pensais- je, grave erreur ! Malgré leur piteux état apparent, elles ne cédèrent pas. J'avais beau y mettre toute ma force et ma volonté., rien n'y faisait.
D'ailleurs, j'étais plutôt forte pour une fille, adorant me bagarrer, j'avais acquis pas mal de force dans les bras et les jambes. Mon apparence de frêle jeune fille était un gros avantage lors des bastons: il ne faut jamais sous-estimer les effets d'un coup de pied retourné bien placé. Bref, revenons en à notre caisse voulez-vous.
J'étais toujours à m'acharner dessus comme une forcenée sans que les liens ne bougent d'un pouce! Aargh! Pourquoi ne cassaient-ils pas? Je me calmai et réfléchis un peu à ce que je faisais. Mes yeux allèrent de mes pinces aux chaînes, répétant le mouvement quelques instants pour se poser de nouveau sur les chaînes. Quelque chose clochait. Je m'approchai un peu plus pour me rendre compte qu'elles n'étaient pas en métal mais en pierre, une sorte de granit bleuâtre aussi résistant que le diamant, dégageant une drôle d'odeur iodée. Je regardais ensuite les cadenas, même matière inconnue: Génial ! Comment j'allais faire moi pour ouvrir cette satanée caisse ! Énervée, je me laissai tomber lourdement sur mon lit. Réfléchis, réfléchis, réfléchis... me dis-je, quand, miracle, me vint une idée de génie! Je n'avais qu'à crocheter les serrures! Pourquoi n'y avais-je pas pensé plus tôt? m'interrogeais-je tout haut, exaspérée par mon manque de jugeote. Bon je n'avais plus qu'à trouver un cintre, à le bidouiller un peu et hop...
Quoi? Non, je ne suis pas une délinquante! Je suis plutôt du genre sage comme une image, enfin c'est ce que les gens pensent, étant studieuse et sociable en public. Mais comme on dit, les apparences sont parfois trompeuses, non? En fait, je suis plus garçon manqué que petite fille modèle mais personne ne le saura jamais. J'avais appris tous ces trucs, en l'occurrence à me battre et à crocheter les serrures, en regardant des films d'actions et d'espionnage et les testaient ensuite sur de pauvres garçons m'ayant approchée d'un peu trop près ou sur de vieux portails cadenassés. Vous devez trouver ça totalement débile ou quelque chose dans le genre mais vous savez, quand on demande de vous des choses hors de votre portée, qu'on vous répète sans cesse que le travail, c'est le santé (laissez-moi rire!) et qu'on vous force à bûcher comme une tarée, se défouler devient vite nécessaire voire même vital. Et moi, je passais mes nerfs en pratiquant toutes sortes de sports de combats: boxe, judo, karaté en passant par l'escrime et le kendo (mon sport de prédilection étant le tir à l'arc). Et pour la grâce et la souplesse, je faisais aussi de la gym et un peu de danse. Donc non, je ne suis pas une cleptomane folle à liée ou je ne quoi d'autre! Fin de la petite parenthèse.
Je cherchais donc un cintre métallique (ben ouais, le plastoc c'est pas le top pour ces choses-là), le désossai, le bidouillai, le glissai dans un des 5 gros cadenas qui retenaient les chaînes puis j'entrepris de le déverrouiller.
Le mécanisme était un peu grippé mais céda après quelques minutes à mes bons soins. Je me dirigeais vers les suivants, les forçant un à un. Il n'en restait plus qu'un, je m'y attaquai donc. Il me donna un peu de fil à retordre mais ne me résista pas très longtemps: il fallait se rendre à l'évidence, il ne faisait pas le poids face à moi, Myriam la reine de la carambistouille*! Je retirai les liens et mis une main un peu tremblante sur le sommet du coffre, me préparant à l'ouvrir.
*ne cherchez pas ce mot dans le dico, c'est une expression de ma région natale qui signifie : bidouillage, bricolage maison (système D)...
