Yo !
Alors pour être tout à fait honnête … Ce chapitre est prêt sur mon ordi depuis for for longtemps. Mais j'avais absolument oublié que je devais le poster. Voilà.
Bon, bonne lecture !
Deux gars.
Chapitre 2 : C'est quand qu'on va où ?
Ils montèrent six suites de marches en béton dans une cage d'escalier qui exhalait une odeur de pisse, de sueur et de tabac. Dans la joie et la bonne humeur. À l'aide d'un coup de pied bien placé, Vanitas ouvrit une porte de bois qui semblait déjà mal en point. Ils traversèrent un couloir au sol jonché de déchets et le brun ouvrit encore une porte –avec la main, cette fois. Une chambre, simple. Un sol dégagé en lino noir, des murs gris, un lit et une grande armoire ambrée. Plus simple que Ventus l'aurait cru, vraiment. Presque vide. Propre, surtout et ça il ne l'aurait pas deviné. Cette netteté contrastait avec le couloir, l'escalier, le bâtiment ou même la rue mal fréquentée, comme un lieu hors du temps et de l'espace de par son apparence purement fonctionnelle.
« Assieds-toi sur le lit. »
Ventus ne répondit pas, hésitant quelque peu. Lui ? S'asseoir sur le lit de quelqu'un d'autre ? Ce n'était pas… tendancieux ?
Songeant au fait que Vanitas était un garçon et à celui qu'il n'allait pas s'asseoir par terre pour être soigné, il obtempéra et prit place sur le lit aux draps noirs. Le brun prit une trousse dans son armoire et sortit quelques instants de la chambre, laissant le blond seul. Il revint avec une bassine d'eau, un gant de toilette et une serviette. Il trempa le gant dans l'eau tiède et l'approcha du visage de Ventus. Ce dernier eut un mouvement de recul.
« Tiens-toi tranquille.
—Hm…
—T'as perdu ta langue, gamin ?
—C'est que…
— « C'est que… » ? Poursuis, je t'en prie.
—Franchement, tu ne trouves pas cette situation… étrange ?
—Dans quel sens ?
—Ben, c'est-à-dire qu'il y a moins d'une heure on ne s'était jamais parlé, puis on a discuté, on s'est disputés, on s'est battus, frappés… et maintenant, tu soignes les plaies dont toi-même es la cause ? Tu effaces avec des attentions la marque de tes poings sur mon corps et dans mon cœur. Pourquoi tant de sympathie à mon égard ? Permets-moi d'être méfiant.
—C'est vrai que dit comme ça… c'est carrément chelou. Mais ça doit être dû au fait que tu causes comme une putain de pièce de racine dé-versifiée. Et puis fais pas l'con, t'as changé ces dernières heures.
—Mouais, possible…
—Tu vois le monde pareil ? Tu me vois pareil ? Tu te vois pareil ?
—Pas vraiment, mais je n'ai pas encore tout assimilé alors je ne suis sûr de rien.
—Il y a trois heures on m'aurait dit que j'te soignerai j'aurais cru qu'on s'foutait d'ma gueule.
—Comme quoi tout arrive.
—Ouaip.
—Tu trouves toujours que j'suis un gamin ?
—Hmm… ouais, mais un gamin presque sympa, alors ça va.
—Je vois. Tu n'es pas un gamin.
—Je le savais déjà.
—Si tu préfères j'admets que tu n'es pas un gamin.
—C'est déjà plus nouveau.
—Mais tu n'es pas totalement mature non plus.
—Oh… Alors je suis quoi, gamin ?
—Quelque part entre les deux, je ne sais pas exactement… Je suppose que c'est cet état d'entredeux que désigne le mot « adolescent ».
—Qui sera adulte.
—Pardon ?
—Adolescent. Ça veut dire « Qui sera adulte » en Latin.
—Tu fais du Latin ?
—Si on veut. Avant. »
Le blond ne répondit pas et laissa l'autre lui laver et lui essuyer le visage. Lorsque Vanitas arriva au niveau de son menton, puis du cou, il dit :
« Tu devrais au moins retirer ta veste. Dans l'idéal, si tu pouvais retirer ta chemise aussi ça m'arrangerait.
—Hein ? Q-Quoi ? Mais pourquoi ? protesta Ventus, rouge de gêne.
—C'est bon, gamin, j'vais pas t'violer.
—Mais j-je… »
Le blond avait maintenant baissé la tête et fixait ses poings, faisant blanchir ses jointures et rougir encore ses joues. Le plus âgé l'examina de ses deux orbes ambrées et soupira d'exaspération.
« Bon, t'embête pas gamine. Retire la veste et ça ira.
—Comment ça gamine ?
—Bah, à faire ta vierge effarouchée, aussi !
—Quoi ? »
Afin de contredire le noiraud, Ventus se défit successivement de sa veste et de sa chemise, provoquant le rire moqueur de son camarade.
« Quoi encore ?
—Rien, rien ! Tu es juste tellement prévisible, c'en est parodique !
—Mais tu vas arrêter, oui ? Tu veux bien me soigner ou je le fais moi-même ?
—Allez, gamin, t'énerve pas, j'vais mettre tes fringues à laver, j'reviens. »
Ventus se retrouva pour la deuxième fois seul dans la chambre du fumeur, et fixa son regard sur le lino au sol. Il avait un peu froid, torse nu. Il frissonna et enserra son torse de ses bras fins.
« T'as froid. »
Le brun était maintenant dans la même tenue que Ventus mais, à son contraire, ne semblait pas le moins du monde incommodé par la température basse. Le blond rougit encore et baissa les yeux. Vanitas lui lava le torse et les bras, les essuya et appliqua une pommade sur les ecchymoses bleutées. Il désinfecta les quelques plaies, tachetant le torse de Ventus de pansements lorsque c'était nécessaire. Dans le creux du cou, la brûlure trônait fièrement. C'était plutôt moche, mais moins grave que ça aurait pu. À peine Vanitas l'avait-elle touchée que le blond se tendit encore, sifflant entre ses dents. Il nettoya à l'eau et désinfecta, puis rinça encore et appliqua enfin la Biafine, ainsi qu'un pansement spécifique. Il se recula et admira son travail, satisfait. Le brun se rinça et se sécha également, mais ne prit pas la peine d'embaumer ni de désinfecter. Le blond frissonna encore. Notant la chair de poule du plus jeune, Vanitas se dirigea vers son armoire et en sortit deux T-shirts sombres. Il en lança un à Ventus.
« Enfile ça. J' te ramènerai ta ch'mise et ta veste demain. T'vas prendre un d'mes pulls aussi. »
Le blond enfila le haut sans un mot et alors que Vanitas s'apprêtait à faire de même, il l'arrêta.
« Attends.
—Quoi encore, gamin ?
—Reste comme ça… encore un peu.
—Tu veux mater ou quoi ? »
Le jeunet ne répondit pas à la provocation mais se saisit de la pommade au sol. Il s'en mit une dose raisonnable sur les doigts et se leva. Ventus étala la crème sur le torse avec un mélange d'application et de maladresse qui faisait trembler ses mains. Il reproduisit exactement ce qu'avait fait Vanitas quelques minutes plus tôt, ayant encore du mal à se rendre compte qu'il était responsable de toutes ces blessures. Vanitas se laissa faire, les joues moins pâles qu'à l'accoutumée. Le blond finit par se reculer, baissant légèrement les yeux. L'aîné enfila son haut et le regarda dans les yeux.
« Merci. », lâcha-t-il avec un rictus.
« Mes parents vont s'inquiéter. Je vais leur envoyer un message pour les prévenir que je rentrerai plus tard.
—Tu comptes donc rester, gamin ?
—Je peux pas rentrer dans cette tenue. Mes parents me poseraient trop de questions. Ça pose un problème que j'attende la fin de la lessive ?
—Non, du tout. Tu veux manger là, aussi ?
—Je t'ai déjà dit de pas te fiche de moi.
—Je suis sérieux, gamin.
—Mes parents n'accepteront pas.
—C'était juste une suggestion.
—Il est déjà seize heures, je vais devoir faire mes devoirs.
—Tu peux pas les faire ici ? Mais s'tu peux pas, personne ne te force.
—C'est vrai. Et puis j'ai entendu que je devais te donner des cours particuliers, on peut tout aussi bien commencer maintenant.
—Rêve pas, gamin. Ici, on est dans mon monde. Je suis les cours de personne. Surtout pas ceux d'un gamin.
—Tu en as besoin !
—Non.
—Tes résultats l'attestent.
—Ils attestent juste que je m'en branle, blondin !
—Tu pourrais faire un effort ! Les professeurs s'inquiètent pour toi !
—Que dalle ! Ils s'en foutent royalement ! C'est juste qu'ils m'aiment pas, ces cons.
—Tu vas au moins faire tes devoirs ! Correctement !
—Tu n'as aucun droit de me donner des ordres, gamin. Ici, t'es pas chez toi, t'es même pas en terrain neutre. Fais gaffe à toi.
—C'est une menace ?
—Un avertissement, plutôt.
—Je devrais peut-être y aller.
—Gamin effarouché et fuyard ! On n'arrête pas le progrès !
—Tu aurais peut-être préféré que je te force à faire tes devoirs ?
—Ça dépend. Qu'est-ce que tu veux ?
—Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
—Est-ce que tu veux vraiment que je fasse mes devoirs ?
—Je ne comprends pas, je t'ai déjà dit que oui.
—Est-ce que tu y tiens vraiment ?
—Oui.
—Tu es sûr ? Tu n'as pourtant pas l'air d'y tenir autant que tout à l'heure tu tenais à me dire à quel point je suis un trouillard, une tapette. Ça manque de convictions. Tu es donc sûr que tu veux vraiment que je bosse ?
—Je… Je sais pas.
—C'est bien.
—Je vais prévenir mes parents que je passe la soirée chez un ami. Je lui donne des cours particuliers.
—C'est pas bien de mentir, gamin.
—C'est toi qui dis ça ?
—Mais enfin moi je n'mens pas. Pas souvent du moins.
—On y croit tous. Tu vas faire tes devoirs, donc ?
—Je sais pas. Tu vas m'forcer ?
—Peut-être. Ça ne te dirait pas de les faire ensemble ?
—Non. Mais j'veux bien t'aider si t'y arrives pas.
—Ok. T'as ton livre de Maths ?
—Ouais. »
Le blond sortir successivement sa trousse, une pochette et son agenda.
Il se saisit dudit livre de mathématiques et s'attela à résoudre des équations ou à en trouver, sous l'œil amusé du plus grand. Alors qu'il bloquait depuis plus de cinq minutes sur une équation pourtant relativement simple, le noiraud posa son doigt sur un chiffre.
« Tu le sors d'où ton cinq ? »
Le blond regarda étrangement son comparse, puis son cinq et rectifia le tir, corrigeant l'équation. Il passa à la suivante et continua son exercice. Plusieurs fois encore, le brun le reprit ou le débloqua, et il vint rapidement à bout des quelques exercices. Il se tourna ensuite vers Vanitas.
« Pourquoi tu ne fais pas si bien aux contrôles ?
—Parce que je m'en fous.
—Et pourquoi tu m'as aidé alors ?
—T'as fini plus vite, ça m'ennuyait.
—Tu aurais pu faire les tiens.
—À quoi bon ?
—Améliorer tes résultats, tes appréciations.
—C'est bien ce que je dis, à quoi bon ?
—Bah c'est pour… t'assurer un avenir !
—Qu'est-ce qu'on avait dit tout à l'heure ? Pense, réfléchis avant de l'ouvrir. Essaye d'exprimer tes propres idées, pas celles des profs ou de tes parents.
—Mais… Si c'est pas pour l'avenir, c'est pour quoi ?
—Pour rien. C'est c'que j'essaye de t'dire depuis tout à l'heure.
—Je sais ! C'est pour être égaux au niveau de l'éducation !
— « Si l'école ça rendait libres et égaux, l'gouvernement décid'rait qu'c'est pas bon pour les marmots. »
—Hein ?
—Renaud. « C'est quand qu'on va où ? »
—C'est pas joyeux.
—C'est réaliste.
—Ça revient au même.
—C'est c'que tu dis qu'est pas joyeux.
—C'est réaliste.
—Ça revient au même.
—Ouais.
—Ça c'est pas cool gamin.
—Quoi donc ?
—Hn. Ta chemise doit être sèche. »
Le brun sortir de la pièce et revint une dizaine de minutes plus tard, une chemise dans une main et une veste dans l'autre.
« J'en ai profité pour la repasser vite-fait. Elle doit être encore un peu humide, j'te conseille d la r'mettre plus tard.
—Merci.
—C'est moi qui l'ai dégueulassée, aussi. On est quittes.
—J'ai pas lavé ton T-shirt.
—Mais moi ma mère s'en branle, p'is tu m'as soigné.
—Mais toi aussi tu-
—Tu veux tant que ça avoir une dette envers moi ? J'te dis qu'on est quittes, l'affaire est réglée. Tu ne me dois rien.
—Merci.
—Bon, tu veux un truc à goûter ?
—Ah, oui, je veux bien s'il-te-plaît.
—Bien, tu prends quoi d'habitude ?
—Euh, du thé. Tu en as ?
—Sûr. Thé noir, vert ou rouge ?
—Qu'est-ce que tu as en rouge ?
—Bourbon.
—Je veux bien ça, alors.
—Ça marche ! Tu manges quoi ?
—Comme toi. »
Le brun sourit et disparut encore de la vue du blond. Il prépara le thé et sortit une bière du frigo. Vanitas posa les boissons et quelques gâteaux sur un plateau, qu'il porta à la chambre. Il trouva là-bas le blond à moitié allongé sur le lit, les bras écartés, et se dit qu'il ressemblait à un ange. Et il était jaloux de ses ailes. Pour un peu, il pourrait les lui arracher. Ce serait d'une aberrante facilité. Mais il ne le fit pas. Un sourire amer déforma ses lèvres et il posa le plateau au sol en fixant le plus jeune.
« Debout, gamin. Ton thé est là. »
Le blond se releva et posa un regard endormi sur le goûter, puis sur le noiraud.
« Tu prends de a bière ?
—Non, en fait, c'est de la limonade 86.
—Ah, d'accord.
—Gamin.
—Quoi ?
—Je suis en train de me foutre de ta gueule. Royalement. Bien sûr que c'est de la bière.
—L'alcool c'est-
—Gamin. Fais gaffe à c'que tu dis.
—L'alcool peut créer des dépendances. Commencer trop tôt pourrait nuire à ta santé. C'est bête.
—Ça t'regarde pas.
—Si. Ça m'inquiète.
—Ça devrait pas. T'es pas ma mère gamin.
—Non, mais comme elle n'a pas l'air de s'inquiéter pour toi, il faut bien que quelqu'un le fasse.
—Non. Sûrement pas. J'm'en sors très bien tout seul. Et si t'es v'nu ici parc 'que t'as pitié de moi, tu peux dégager.
—J'ai pas pitié !
—On dirait, pourtant.
—Je m'inquiète juste pour toi !
—J'te dis qu'j'ai pas b'soin d'ça !
—Moi si ! »
Un silence suivit la réplique du blond. Vanitas le regarda avec étonnement, puis malice.
« Quoi ? L'ange blond a besoin d'aider pour se sentir utile ? Forcément, ça améliore son karma !
—C'est pas ce que j'ai dit !
—Alors qu'as-tu dit ? Explique-toi ; pourquoi as-tu besoin de t'inquiéter pour moi si ce n'est pas pour faire une B.A. ?
—Je sais pas.
—Menteur. Tu veux juste pas l'admettre. L'être humain recherche toujours le danger, la peur, le système sécuritaire d'aujourd'hui ne le satisfait pas. Alors il s'attache à des choses interdites. À des gens dangereux, sous le prétexte de faire une bonne action. Comme un défi, cap ou pas cap d'aider un taré à s'en sortir ? Je suis dangereux, selon certains. T'as besoin de moi parce que t'as la trouille de moi.
—Tu ne me fais pas peur !
—Que tu crois !
—Tout ce que tu as dit, c'est également valable pour toi, tu as peur de toi-même, de ton herbe et de tes Doc'. Parce que tout ça, tout ce que tu montres, que tu essaie d'être, tout ça c'est bien plus fort que toi, au fond.
—Donc tu admets avoir peur de moi ?
—Ne dévie pas ! Et arrête de croire ça, bordel ! J'ai pas peur de toi, j'ai peur pour toi ! »
Sa réplique, encore une fois, jeta un blanc. Vanitas se reprit tant bien que mal, mais ses yeux toujours ébahis contrastaient avec son sourire mi-moqueur.
« Ha ! Dis pas d'conneries, gamin. Tu sais pas qui j'suis. On se parle depuis quelques heures à peine, et tu commences déjà à jurer.
—C'est une mauvaise chose, selon toi ?
—Non. Mais c'est pas moi qui compte, gamin. Pas pour toi, en tout cas. Ceux qui comptent, c'est la société, tes parents et tes profs.
—Arrête de te victimiser, « moi ça compte pas » et puis quoi encore ? Tu vas nous faire une crise existentielle du « personne ne m'aime » ?
—Je m'en fous, que personne ne m'aime. J'ai l'habitude, et puis ça m'arrange bien, au fond ! Comme ça j'peux finir dans un caniveau sans m'inquiéter de personne, ça te regarde pas.
—J'veux pas.
—Quoi ?
—J'veux pas !
—Quoi ?
—J'veux PAS !
—Mais tu veux pas quoi, bordel ?
—Que tu finisses au fond d'un caniveau sans penser à personne. Sans penser à moi.
—Égoïste, va. Tu m'oublieras. J'vais m'foutre en l'air, j'te dis, et c'est sûrement pas un gamin égoïste comme toi qui va m'faire changer d'avis.
—Qui d'autre, alors ?
—Personne.
—Ta mère ?
—Non.
—Ton père ?
—Je répète, comme t'as oublié : « qui ça ? jamais entendu parler. ».
—Ta … petite amie ?
—Certainement pas. Je ne veux rien avoir à faire avec ces créatures bruyantes.
—Oh. Ton petit ami, alors ?
—J'en ai pas.
—Tes amis ?
—Non plus.
—Pas moi ?
—...
—Pas moi ?
—J'sais pas.
—C'est cool.
—Encore une fois, c'est ma réplique.
—Pas exactement. Je ne la dis pas pour les mêmes raisons.
—Pourquoi, alors ?
—C'est cool parce que ça veut dire que tu peux encore changer d'avis.
—Hm. »
Un silence s'abattit sur les deux jeunes hommes qui se regardaient dans les yeux. Au bout de plusieurs minutes, Vanitas lâcha :
« Ton thé est froid »
Le blond porta ledit thé à ses lèvres, et grimaça légèrement. Un peu froid, en effet.
« Tu veux que j'te l'fasse réchauffer ?
—Ouais. »
Le brun s'absenta encore et Ventus lorgna sur sa bière. Pourquoi buvait-il ça ? c'était bon ? Selon son père, oui. Mais sa mère soutenait que c'était immonde et amer. Il n'existait qu'un seul moyen pour trancher. Le blond ouvrit la canette noire et or et but quelques gorgées du liquide alcoolisé. Ce n'était pas la première fois qu'il buvait de l'alcool, il avait déjà bu une au deux coupes de champagne à Noël ou le jour de la St Sylvestre mais cela restait… inhabituel. Et quand le blond sentit la chaleur monter d'un cran, il se souvint de la raison pour laquelle il ne buvait pas, outre son éternel esprit moralisateur. Ainsi, quand le brun fut de retour dans sa chambre, il eut la surprise de voir Ventus arborer un sourire imbécile et sa bière ouverte.
« Gamin, j't'en supplies, dis-moi pas qu't'es pompette avec même pas une bière !
—J'suis pas pompette juste… content !
—Bon, bah hein, tant que t'es joyeux, ça devrait aller. Main reste pas à jeun, prends des gâteaux. Et bois ton thé tant qu'il est chaud.
—Oui Maman.
—Quoi ?
—Oui ?
—T'as dit quoi ?
—Ben, « oui ».
—Non, tu m'as appelé « Maman », gamin. Elle te manque tant que ça ?
—Qu-Quoi ? Non, pas du tout, c'est de ta faute tu es trop … Maternel.
—Moi ?
—Non le pape.
—Ah, cool.
—Tu sais que je me fiche de toi ?
—Ben ouais gamin, je comprends l'ironie, tu sais.
—Qu'est-ce que ça veut dire ?
—Juste ce que ça dit.
—Mais non tu dis- attends… mais t'as juste évité le sujet dont tu ne voulais pas !
—Et tu le remarques maintenant ? Gamin, tu m'impressionnes.
—Je ne me ferai pas avoir cette fois. Tout ça parce que tu ne veux pas admettre que tu me maternes.
—Je ne materne personne !
—Bien sûr que si ! Et « reste pas à jeun » et « bois ton thé tant qu'il est chaud », si ça c'est pas materner !
—C'est pas materner ! Tu es bien plus proche de me materner avec tes « j'ai peur pour toi » et « ça m'inquiète » ! Bientôt tu vas me dire de porter une écharpe en hiver !
—Et ça me paraîtrait normal parce que sans être ta mère je tiens à toi.
—Tu ne me connais pas !
—Nos conversations tournent en rond, c'est insupportable !
—Ça prouve que le sujet nous tient à cœur !
—Ouais, avant je ne te connaissais pas mais je commence un peu, non ? Et ça me regarde, si je m'attache vite, O.K. ?
—Non, gamin, parce que tu m'emmerdes avec tes inquiétudes à la con et tes « je tiens à toi » vides, O.K. ?
—Ah parce que toi, tu ne m'emmerdes pas avec tes « égoïste », « t'as pas de personnalité » insultants ?
—C'est parce que tu peux changer.
—Toi aussi, Van.
—Non, gamin, c'est trop tard pour moi.
—C'est jamais trop tard. Et j'suis pas un gamin.
—Oh que si.
—Appelle-moi Ventus.
—Trop long.
—Pas plus que « gamin ».
—Mais « gamin », ça te correspond, ça compense.
—Alors Ven.
—Non, gamin.
—Si, Van.
—M'en fous.
—Donc tu vas m'appeler Ventus ? Ven ?
—Non. Gamin.
—Mais tu – tu as encore changé de sujet !
—C'est toi qui as commencé, gamin. »
Le blond ne répondit pas, devinant petit à petit combien l'autre tenterait de rester campé sur ses positions. Il but son thé et prit quelques gâteaux. Le breuvage était tiède mais buvable. De toute façon, s'il le faisait réchauffer encore une fois, il deviendrait immonde. Vanitas but les quelques gorgées restantes de sa bière et alla en chercher une autre, qu'il entama rapidement.
Voilà. Il ne se passe pas grand-chose (voire rien, en fait) dans ce chapitre et en plus je ne sais pas trop ou couper du coup j'arrête là …
Bref !
Hésitez pas à dire ce que vous en avez pensé, même en deux/trois mots !
Mata nee ^^ !
