Merci beaucoup de suivre cette histoire, cela me motive et m'encourage donc merci 3
Sandou : Tu n'as pas eu à attendre six mois pour la suite ;) j'essaye d'écrire assez régulièrement donc patience 3 Et oui je souhaitais bien poser le contexte pour que la suite soit beaucoup plus facile à lire :)
J'espère que la suite vous plaira, bonne lecture 3
C'est une mauvaise idée. Une très mauvaise idée. Je n'aurais jamais dû venir ici. Le terrain vague est assez vaste et pourtant une foule compacte se tient au centre. Un feu est allumé et ses flammes dansent au rythme des pulsations de musique. De nombreuses motos entourent les invités et je me demande combien il y a de serpents. Je m'avance en abandonnant mes dernières réticences. Je ne suis plus Betty Cooper, je ne suis qu'une fille qui a envie de s'amuser.
Je dois jouer des coudes pour m'infiltrer parmi les invités. De nombreux regards glissent sur moi. Il faut dire que j'ai troqué ma chevelure blonde pour un carré plongeant noir avec une frange droite. Je possède cette perruque depuis de nombreuses années, j'avais convaincu mes parents que c'était pour un projet d'exposer que je devais incarner un personnage. Je n'avais pas eu le courage de leur dire que j'avais simplement été attiré par elle. Ce carré plongeant strict et sexy, cette couleur sombre et envoûtante, comment aurais-je pu leur confesser cette attirance ?
Ma tenue est également tirée de ma boîte en carton. Un body en dentelle noire avec une jupe en cuir exposant une fermeture sur le devant. Ce qui n'a rien à voir avec mon style vestimentaire habituel qui est plus sage. D'habitude c'est les pulls couleur pastel avec des jeans slim clairs. Mon comportement frôle la schizophrénie, et à la place de la peur que je devrais éprouve je ne ressens que de l'excitation.
Archie n'est pas difficile à trouver. Ses cheveux roux ressortent dans ce paysage sombre. Je m'avance d'un pas décidé avec des talons aiguilles noirs. Après tout si un serpent m'attaque je pourrais toujours le poignarder. Avant que je ne puisse approcher de mon obsession, une paire de bras me soulève et m'emporte loin de lui. La première réaction de Betty Cooper aurait été de paniquer, de hurler et de demander de l'aide. Celle que je suis ce soir ne dit rien. Elle sait très bien ce qui va se passer. Malheureusement.
Il ne faut que quelques pas à mon bourreau pour me retirer de la foule et me coincer entre lui et, je présume, sa moto. Je lève un regard sévère vers un homme grand et musclé, abordant un blouson en cuir qui me confirme son appartenance aux serpents. Ses longs cheveux bruns retombent sur ses épaules et je serais presque tenté de les lui empoigner pour lui réclamer des excuses.
- Dit moi ma belle on ne se connaît pas ? Tu es une nouvelle ?
Je le fixe avec un air dédaigneux.
- Pour un mec qui me semble peu intelligent, tu poses beaucoup de questions.
Ma langue claque comme un fouet et cela n'échappe pas à mon ravisseur.
- Je vois, tu es du genre dur à cuire, mais je suis sûr que tu es juste une pétasse comme les autres non ? Dit-il en avançant son visage du mien.
- À vrai dire je pense que la plus pétasse de nous deux, c'est toi.
Il n'en faut pas plus pour que cette brute se rapprocher de moi avec un air menaçant. Ses bras se posent de chaque côté et je me retrouve écrasé contre son torse et sa moto.
- Je peux savoir à quoi tu joues !? Rage une voix masculine dans son dos.
Cela ne semble pas déranger mon agresseur qui ne bouge pas. Je sens que je commence à étouffer.
- Doug ! Avertis la voix masculine.
Mon corps tombe lamentablement sur le sol, et je reste couché en toussant. Quel piètre spectacle, je suis ridicule. Je tente de contrôler mes larmes, mais ces dernières arrivent à glisser sur mes joues.- Tu peux m'expliquer ce que tu fous putain !? Demande à nouveau cette voix masculine.
- Ce n'est qu'une pute qui m'a allumé réplique le dénommé Doug.
- Ce sont toujours elles qui t'allument et se retrouvent agressées hein Doug ?
Mon agresseur garde le silence. J'essuie mes larmes et tente de me calmer.
- La prochaine fois que tu toucheras encore une fille, je te le ferai payer. Maintenant, dégage !
Je suis toujours à terre quand je sens deux bras me soulève de terre. Ma tête rencontre un torse et je n'ose croiser le regard de mon sauveur. Il marque un temps d'arrêt, il s'attend à ce que je proteste. Mais je ne dis rien, je suis encore sous le choc et il m'emporte loin de la soirée. Le simple fait qu'il porte une veste cuir me confirme que c'est également un serpent, qui semble avoir une certaine autorité sur les autres membres, du moins sur un.
- Pour une fois que j'assistais à une soirée des serpents, je murmure davantage pour moi que pour lui.
- Tu ne rates rien d'intéressant crois-moi. Me répond froidement la voix de mon sauveur.
Je tente de me redresser dans ses bras pour mieux le contempler. J'observe la forme de son visage et sa couleur de peau qui a été exposée au soleil plus souvent que la mienne. Une mèche de ses cheveux noirs retombe sur le côté gauche de son visage, je n'ai jamais aimé les hommes aux cheveux longs, mais mon sauveur en est l'exception. Bien que ce qui m'intrigue davantage soit son bonnet gris. Les bords se terminent en pointe et sont redressés pour former une sorte de couronne.
- Ton bonnet en couronne, ça fait de toi une sorte de roi ?
Le serpent ne peut s'empêcher d'émettre un rire franc avant de secouer légèrement la tête.
- Tu viens de te faire agresser et tu te retrouves dans les bras d'un serpent, tu ignores où il t'emmène et la seule chose qui te préoccupe c'est mon bonnet ?
Je souris en entendant sa question. Betty Cooper aurait sans doute agi de cette manière, mais pas la fille qu'il tient dans ses bras. On finit par arriver à un pick-up rouge que nous contournons pour que mon sauveur me dépose à l'arrière du véhicule avant de se diriger vers le côté conducteur. Je reprends peu à peu mes esprits, et passa ma main sur ma gorge. Je suis sûr qu'il a laissé des traces, je peux encore sentir sa main me serrer.
- Comment tu te sens ? Doug n'a pas eu le temps de… Il ne termine pas sa phrase. Nos regards se croisent et j'ai le malheur de comprendre que je ne suis pas la première.
- Non. Il n'a pas eu le temps grâce à toi.
Pour toute réponse mon sauveur me tend une bouteille d'eau.
J'observe le serpent vêtu d'un jean déchiré, surmonté d'une chemise à carreaux enroulée autour de sa taille, et son t-shirt blanc qui dessine parfaitement bien ses muscles.
- Je ne m'attendais pas à boire de l'eau à une telle soirée. Ma main la saisit quand même, tous ces événements m'ont asséchée.
- Une fille dans ton genre ne devrait pas venir ici. Dit-il en prenant place à mes côtés.
Je manque de m'étouffer, m'aurait-il reconnu ? Bien que cela soit peu probable puisque je ne fréquente pas le south side.
- Une fille dans mon genre ?
Ses lèvres s'ouvrent, mais se referment aussitôt. Il semble hésiter et mon cœur s'accélère en songeant qu'il a peut-être reconnu la fille du maire.
- Ça crève les yeux que tu cherches les ennuis non ?
Mon rythme cardiaque ralentit et j'esquisse un sourire.
- Tu peux me croire ce n'était pas l'objectif de la soirée, dis-je en fixant l'horizon ou plutôt le south side qui s'offre à moi.
- Alors quel est-il ? Souffle-t-il en enfonçant ses mains dans la poche de sa veste.
- Je devais voir un garçon…
Le serpent semble déçu par ma réponse, mais cela ne dure qu'un instant avant de reprendre un visage fermé.
- Un serpent ?
- Non… mon meilleur ami
Il hoche la tête et se contente de regarder vers l'horizon. Un doux silence s'installe entre nous, la musique et les rires sont justes dernière nous et semblent pourtant si loin.
- Tu n'as pas répondu à la question de Doug, brise-t-il le silence en me regardant
- Toi non plus tu n'as pas répondu à ma question.
- Non, je ne suis pas un roi enfin… je n'ai pas la richesse d'un roi.
Sa réponse me laisse perplexe j'aimerais en savoir davantage, mais il ne me laisse pas le temps.
- Qui es-tu ? Tu veux être une charmeuse de serpent ?
- Une quoi ?
Son rire se fait à nouveau entendre découvrant ses dents blanches parfaitement alignées.
- Ton prénom… dis-moi ton prénom
- Pourquoi tu veux le connaitre ?
Je reste méfiante. Même si il a réussi à me sauver des sales pattes de ce Doug il n'en reste pas moins un serpent.
- Peut-être parce que j'aimerais te revoir
Sa réponse déclenche une vague de chaleur et je dois tourner la tête pour cacher ma surprise.
- Be… Veronica !
Je ne peux pas lui donner mon vrai prénom. Il affiche un air déçu, sans doute s'attendait il à un prénom moins formel. Ou peut-être a-t-il des doutes sur ma vraie identité.
- Étrangement j'aurais pensé à un autre prénom
- Et toi ?
Je tente de détourner la conversation.
- Jughead Jones
Un frisson parcourt ma colonne vertébrale, sans doute l'adrénaline de ma mésaventure. Pourtant il me semble que j'ai déjà entendu ce nom. Il affiche un air de fierté, confirmant mes craintes. C'est un serpent et il semble en haut de la hiérarchie.
- Tu es quelqu'un d'important si je comprends bien.
J'ose tenter ma chance avec un sourire provocateur.
- On peut dire ça oui.
Sa réponse est trop vague pour que je puisse en tirer des conclusions, mais mon instinct ne me trompe pas. Jughead Jones cache des secrets.
- Tu n'as pas l'air d'apprécier ça, je me trompe ?
Un faible sourire se dessine sur ses lèvres.
- On ne peut rien te cacher. Et toi ? Es-tu quelqu'un d'important ?
Je retiens un rire nerveux, j'aimerais tellement lui dire qui je suis.
- Non. Je suis juste une fille banale.
- Tu es loin d'être banale… tu es même troublante.
Mes joues se colorisent en découvrant ses yeux pétiller et son sourire franc.
- Les filles troublantes, ce sont les plus intéressantes.
Comment un inconnu peut-il vous charmer et vous révulser en même temps ? C'est le pouvoir de Jughead.
- Ne me dit pas qu'il manque de filles troublantes chez les serpents ?
Il émet un rire franc avant de me sourire.
- Elles sont dangereuses, mais pas troublantes.
Un nouveau silence s'offre nous, mais cela ne nous dérange pas. Après tout on se sent bien avec quelqu'un quand on peut partager des silences sans en avoir peur.
- Parfois j'aimerais juste être quelqu'un d'autre, que personne ne sache qui je suis et... que je puisse juste être moi. Ma voix tremble, mais je ressens un soulagement d'avoir dit cette confession. Je n'avais jamais osé le dire auparavant. Il est plus simple de se livrer à un inconnu qu'à ses proches.
- Je ressens la même chose. Chaque jour je voudrais… j'aimerais disparaitre. Ne plus exister. Ne plus rien sentir.
Avant que je ne puisse prendre la parole, une voix s'élève derrière nous et mon monde s'effondre.
- Je peux savoir ce que tu fais là !? Et c'est quoi cette tenue !?
Je me retourne et découvre Cheryl, tenant un verre dans sa main et l'autre sur sa hanche. Pas besoin de vous préciser qu'elle n'a eu aucun mal à me reconnaître et qu'elle se délecte de ce délicieux spectacle.
