chapitre 2: le match de Quidditch

Les premiers jours de cours et le rythme scolaire occupèrent une grande partie du temps de nos jeunes amis. Et bien que la menace de Voldemort demeurât omniprésente, leurs esprits étaient centrés sur leurs nouveaux apprentissages. La rancune de Hermione à l'égard de Ron s'était apaisée et tout semblait être rentré dans l'ordre. Pourtant, au fond d'eux, chacun se préparait au pire. Leurs expériences passées leur avait appris que l'important n'était pas de gagner le plus de points pour faire gagner leur maison, ni même de réussir leurs examens, mais d'emmagasiner suffisamment de connaissances pour affronter les épreuves que la vie leur réservait. Et cette année plus que jamais, ils gardaient cela à l'esprit.

Harry se montrait particulièrement attentif au cours de Défense Contre les Forces du Mal sachant que les leçons dispensées par Dumbledore s'adressaient à lui en particulier. Le grand mage tachait de leur enseigner les moyens de parer les plus puissants sortilèges, car il ne doutait pas que Harry et ses amis auraient à affronter Voldemort tôt ou tard.

*

Les semaines passaient et les entraînements de Quidditch avaient repris au grand plaisir de Harry. Il adorait voler, cela lui permettait de se défouler, d'extérioriser tous les sentiments qui l'assaillaient: la haine, la douleur, la peur. Le premier match de la saison approchait, opposant l'équipe des Gryffondor à celle des Serpentard. Harry avait hâte d'affronter Malfoy et de lui rabaisser son caquais une fois de plus. Hermione, quant à elle, se montrait beaucoup plus angoissée, craignant qu'il ne trouve une sournoise manière d'éliminer Harry. Suite à leur aventure au Département des Mystères, ils avaient dénoncé Lucius Malfoy comme étant un actif partisan de Voldemort. Mais bien qu'ayant fait l'objet d'une enquête approfondie, aucune preuve n'avait pu être apportée. Lucius Malfoy avait conservé son poste au ministère et il vouait une haine féroce à Harry Potter, à l'égal de son fils.

- Harry, je ne crois pas que ce soit une bonne idée, tenta Hermione. Lucius Malfoy sera dans les gradins et je suis sûre qu'il aura manigancé quelque chose.

- Alors tu penses que je ne devrais pas jouer? répondit Harry, incrédule.

- Non, je trouve que ce n'est pas prudent quand des mangemorts sont dans les parages!

- Il n'osera rien faire en public. Et surtout pas avec le ministre assis à côté de lui, assura Harry.

- Mais tu as pensé à Drago? Son père a très bien pu lui apprendre un maléfice destiné à t'éliminer!

- Drago Malfoy ne me fait pas peur. Je peux me charger de lui.

Deux jours plus tard, Hermione et Ron encourageait Harry depuis la tribune des Gryffondor. Les Serpentard menait 70 à 30, contre une équipe qui ne semblait pas au mieux de sa forme. Harry s'était juré de faire gagner son équipe et il poursuivait le vif d'or du mieux qu'il pouvait, Malfoy constamment sur ses talons. Soudain, le vif d'or se mit à tournoyer autour de Harry avant de s'élever vers le ciel. Harry inclina le manche de son balais vers le haut et s'élança à sa poursuite. Il ne pouvait apercevoir Drago dans son champ de vision et il dut résister à l'envie de se retourner pour vérifier si son adversaire était toujours derrière lui, de peur que s'il quittât le vif d'or des yeux, ce dernier lui échapperait. Il se trouvait déjà à une hauteur d'environ 30 mètres, et le vif d'or continuait son ascension. Harry donna une poussée d'accélération à son balais mais alors qu'il se rapprochait de la balle, Drago Malfoy surgit devant lui, venant de nulle part. Surpris, il eut à peine le temps de se demander quels mots Malfoy venaient de prononcer en agitant sa baguette dans sa direction. Il sentit sa vitesse décroître brutalement lorsque son balais devint entièrement mou, puis chuta. Il voulut redresser mais lorsqu'il inclina le manche, celui-ci se tordit. La panique commença alors à s'emparer de lui tandis qu'il tentait de se maintenir sur son balais. Il lui semblait qu'il était assis sur une grosse corde, pliant sous son poids. Il n'avait plus aucun contrôle et il amorçait sa descente avec une rapidité effrayante droit vers la tribune des Gryffondor. Alors qu'il se rapprochait dangereusement, il lâcha tout et ferma les yeux.

Ron et Hermione avait perdu Harry des yeux au cours de son ascension et ils ne virent pas Drago Malfoy contourner le terrain afin de tendre un piège à leur ami. Hermione commençait à montrer des signes d'inquiétude lorsqu'elle entendit un cri. Levant la tête, elle aperçut Harry tombant droit sur eux. « Harry! » Hurla-t-elle. Aussitôt, tous les membres de Gryffondor suivirent son regard, puis se précipitèrent pour évacuer la tribune dans un mouvement de panique.

- Fais quelque chose! la pressa Ron paniqué.

Harry n'était plus qu'à quelques mètres de son point de chute quand Hermione prononça:

- Immobilis!

Harry flottait maintenant dans les airs, trois mètres au-dessus de ses amis. Hermione rompit le charme et il put finir sa chute sans trop de mal. Elle se jeta aussitôt sur lui, voulant s'assurer qu'il n'avait subi aucun dommage, et l'assaillit de questions sur ce qu'il s'était passé.

- Je t'avais bien dit que ce n'était pas prudent! le sermonna-t-elle. Tu as bien faillît te briser le cou! »

- Ça va. Je n'ai rien, la rassura Harry.

- Il vaudrait quand même mieux t'emmener à l'infirmerie, affirma-t-elle.

Alors qu'ils se dirigeaient vers l'escalier, le bruit d'un objet tombant avec fracas les fît se retourner. Le balais de Harry venait d'atterrir, se brisant au contact des gradins, anéantissant ainsi toute preuve de la culpabilité de Malfoy.

*

- Quelques bleus et quelques bosses, conclut Madame Pomfrech après avoir examiné Harry. Vous pouvez filer jeune homme!

- Merci Madame, répondit Harry. Puis, il se tourna vers Hermione avec un sourire ironique: Tu vois, je t'avais dit que je n'avais rien.

- Oui et bien tu as eu de la chance que j'étais là. Ce Malfoy ne perd pour rien pour attendre! lui répondit-elle, énervée.

- Détends-toi, Hermione! Harry n'a rien, calma Ron, agacé.

- Que je me détende? Mais enfin, Harry a bien failli être tué sous nos yeux! Si on n'est pas en sécurité à Poudlard, où le sera-t-on? continua la jeune fille.

Ron fronça les sourcils et regarda par la fenêtre. Passé le premier choc de son meilleur ami tombant du ciel et après avoir été rassuré qu'il ne s'était pas blessé dans sa chute, Ron avait remarqué le dévouement et la tendresse qu'avait manifesté Hermione envers Harry et il se demandait si elle aurait agi de la même manière avec lui. Etait-il aussi important que Harry à ses yeux? Ou bien ressentait-elle autre chose que de l'amitié envers Harry? Bien sûr, ils étaient tous trois de véritables amis et ils avaient toujours veillé les uns sur les autres. Hermione avait un grand coeur et ne supportait pas de voir quiconque souffrir. Elle n'hésitait pas à se mettre elle-même en danger pour défendre ses amis et il ne doutait pas qu'elle donnerait sa vie pour sauver Harry. Mais pour lui? Après tout, il n'était qu'un Weasley, et pas un des meilleurs. Il n'était pas Préfet de Gryffondor comme son frère aîné Percy avant lui. Contrairement aux jumeaux, il ne faisait pas partie de l'équipe de Quidditch. Même sa jeune soeur montrait de plus grands talents en sorcellerie que lui. Et Harry! Harry était une légende! Celui qui a défait Voldemort! Celui dont le destin était d'accomplir de grandes choses! En y repensant, elle avait toujours été plus proche de Harry que de lui, plus protectrice aussi. Non pas que Ron soit jaloux de son ami, mais parfois envieux d'être à ce point important pour Hermione. Comment Ron Weasley pourrait-il avoir autant d'importance pour quelqu'un?

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Ce chapitre étant vraiment court, je m'empresse de poster le prochain.