Titre : Il m'a tout pris

Auteur : Yuuki Momoru

Couple : NaruSasu

Rating : M

Disclaimer : Ils ne sont pas à moi !

Bonne lecture à tous !


brefs flash-back de Sasuke

Chapitre 1 : Frère


C'était il y a un mois.

Son frère.

Cette arme.

Ses cris.

La lune.

Et les médias qui par la suite ne l'avaient plus lâché, lui faisant revivre à chaque instant cette nuit.

Celle où il lui avait tout pris.

- Ça va aller ? Sasuke ?

Cet inconnu lui demandait s'il allait bien. Comment pourrait-il aller bien ? Son frère était quelque part, dans la ville ou ailleurs...son frère, celui qu'il avait admiré, celui qu'il avait aimé.

Celui qu'il haïssait par dessus tout était libre.

Et des types qu'il ne connaissait pas, des types qui ne savaient rien de ses sentiments, avaient la prétention de le guérir, on le prenait vraiment pour un con.
Son tuteur aussi, il le détestait, il avait voulu lui tordre le cou, lui ouvrir le ventre, lui faire cracher des cris. Comment pouvaient-ils se permettre de le toucher, de lui dire que tout irait bien ? Ses parents, sa famille. Tous étaient morts.

Il était si vide, et si fatigué. Il ne savait plus où aller, ce qu'il devait faire. Il voulait fuir, oublier, mourir et emporter son frère avec lui.

Naruto sentit Sasuke se crisper contre lui, mais il ne le lâchait pas. Il ne se doutait pas des pensées sombres de son protégé.

Un deuxième coup de feu, des cris venant d'un autre compartiment.

Un autre coup de feu, le deuxième, il vit sa mère tomber lourdement au sol, en murmurant son nom.

Sasuke se mit à trembler violemment, ses sanglots reprirent. Il se resserra contre cet inconnu, contre cette chaleur. Naruto ne savait pas trop comment agir, il ferma les yeux et tenta de calmer les battements de son cœur, il avait peur, terriblement peur, il ne voulait pas mourir. Il posa son menton sur le haut du crâne de Sasuke, comme pour le rassurer. Celui-ci ne dit rien.

Mais ses pensées restèrent sombres.

L'un des hommes leur annonça que la police était enfin arrivée. Le cauchemar continua, se prolongea dans un silence pesant.

Naruto et Sasuke n'entendirent pas les protestations de la police qui leur ordonnait de libérer les otages par un mégaphone. Certains d'entre eux pleurèrent, pris d'espoir. Les criminels s'en fichaient. Ils voulaient l'argent. Les vies de ces gens, leurs sanglots, leurs cris toute cette peur, ils s'en foutaient.

Tout comme lui s'en foutait.

« Tu es bien naïf, petit frère, si je fais ça c'est pour nous, tu comprends ? Tout ce que je veux, c'est ma liberté...je veux vivre comme je l'entends... »

Cette nuit-là, il n'avait pas comprit où son frère avait voulut en venir.

- Tout ce que nous voulons, c'est le fric, alors ramenez-le et on libéra les otages, cria l'homme via une vitre brisée.

Les policiers protestèrent, négocièrent mais rien n'y faisait. Ces malfrats étaient armés et n'avaient pas hésité à abattre quelques personnes.

Naruto déglutit, sentant comme un mauvais pressentiment, quelque chose allait se passer, quelque chose qui n'arrangerait en rien la situation catastrophique dans laquelle il avait été embarqué. Il pria tous les Dieux, espérant un peu de pitié d'un être divin qui pourrait le sortir de cette énorme merde.

Sasuke, lui ne priait pas. En fait, il ne priait plus. Ses pensées l'emmenaient loin, très loin de la réalité.

Quelque part, cet homme lui ressemblait. Il n'hésitait pas à sacrifier la vie d'autres personnes pour de l'argent, tout comme lui avait sacrifié la vie de tout son clan pour ne pas reprendre l'industrie familiale. Sasuke tourna doucement la tête vers le criminel, il le tua du regard. Il aimerait tant serrer son cou, l'étrangler, se délecter de ses gémissements, de ses supplications.

« Laissez-moi le tuer ! »

Naruto sentit le cœur de Sasuke battre à vive allure. Il crut qu'il se remettrait à pleurer, il caressa doucement ses cheveux, avec maladresse certes mais il pensait lui apporter un peu de réconfort, bien qu'il se demandait encore ce qu'il foutait là avec ce gamin dans ses bras. Il ne savait pas trop comment s'y prendre, et essaya d'oublier son malaise en regardant les autres passagers. Les jeunes lycéens semblaient en état de choc, et l'un d'eux se bouchait les oreilles. Le couple fermait les yeux. Ils avaient peur, tous, ils avaient tous peur de mourir.

Tout ce qu'il voulait, c'était arriver à la fac. Sakura l'engueulerait une fois de plus pour son retard, il aurait reçu un coup de poing dans la figure et ses amis auraient doucement sourit à cause de sa stupidité. Comme toujours. Et quand il leur raconterait cette histoire abracadabrante, un truc qui n'arrive que dans « Mission Impossible », ils le traiteraient de con et riraient encore.

Naruto soupira. Il y avait vraiment des jours où il faudrait rester couché.

Sasuke se laissa un peu aller à la tendresse de cet inconnu, retrouvant la douceur de l'étreinte de sa mère disparue. Sa mère qu'il aimait tellement. Cette mère qui a succombé à la mort. Cette image le rendit encore plus haineux. La haine, la haine, la haine, encore et toujours, plus forte, plus présente que jamais dans ses veines dans lesquelles le sang pulse à une vitesse incroyable. Il continua de fixer l'homme avec rage. Il lui ressemblait. C'était Itachi. C'était son frère. Il voulait le tuer...oui, le tuer pour avoir détruit tout ce qu'il aimait.

« Quand nous sommes seuls...ton père ne me parle que de toi. » Dit-elle en souriant.

Quelques secondes passèrent dans le silence le plus complet, quand soudain :

- I can't get no satisfaction, I can't get no satisfaction, 'Cause I try and I try and I try and I try, I can't get no, I can't get no...

Ce n'était pas un coup de feu, mais cela eut le même effet : tout le monde sursautèrent, apeuré. Jamais Naruto n'avait eu autant envie de se transformer en souris, assez petite pour se glisser entre les sièges.

- Et merde..., murmura t-il, tout en sortant son portable de sa poche, une sueur froide coulant le long de sa tempe.

Sasuke avait sursauté lui aussi, pris par surprise. Et pour la deuxième fois, il regarda ce jeune homme blond, en fronçant les sourcils. Il le traita mentalement d'abruti, mais il ne se détacha pas de lui pour autant. Quelque part sa présence avait quelque chose de très sécurisante, un sentiment que Sasuke croyait ne plus jamais éprouver. Seulement cela ne dura pas...

- P'tit con, murmura l'agresseur.

L'homme s'était très vite approché d'eux, il prit l'appareil et écouta les insultes de Sakura avec un sourire mauvais. Naruto se dit avec un certain cynisme que pour une fois, il avait une bonne raison d'être en retard. Seulement, il n'avait pas le temps de se détendre. Sakura ne cessa de proférer des insultes, que tous dans le compartiment pouvait entendre. Ils retenaient leurs souffles, voyant les épais sourcils de leur persécuteur se froncer.

Et puis sa voix s'éleva, annonçant la sentence :

- Hé, doucement poulette...ton mec a une arme pointée sur lui...parce qu'à cause de toi, il va mourir le premier...

Naruto écarquilla les yeux. Le temps se figea dans sa tête, alors que le calibre s'appuyait dangereusement sur sa tempe. Sasuke continuait de fixer Naruto, il le vit fermer les yeux et déglutir. Il tourna la tête vers leur kidnappeur et l'observa en train de parler au téléphone. Il avait arrêté de pleurer.

- Naruto, si c'est une blague, elle n'est vraiment pas drôle..., entendit-il.

L'homme lui répondit, calmement, avec un sourire malsain, des yeux mauvais.

- Ce n'est pas une blague...mais c'est très drôle.

Ça l'excitait de tuer ? Est-ce que Itachi était lui aussi impatient d'en finir ?

Sasuke se souvint de son regard alors que sa mère était tombée au sol.

Il sourit à la vue du sang, ses yeux noirs, éteints, croisèrent les siens. Son sourire s'élargit.

Oui, ça lui avait fait du bien. Sasuke prit une moue dégoûté, sa respiration se fit plus lente, plus intense. Sans s'en rendre compte, il serra le sweat-shirt du jeune homme blond, et trembla de colère.

Naruto ferma les yeux en attendant sa sentence, son cœur battait la chamade. Il sentit Sasuke se resserrer dans ses bras. Alors c'était la fin ? Comment pouvait-on être aussi malchanceux ? Pourquoi avait-il fallu que ce soit ce train ? Pourquoi fallait-il toujours que ça tombe sur lui, hein ? Qu'avait-il fait au monde entier pour connaître une mort aussi injuste et indigne ?

Lui qui voulait mourir dans les bras d'une belle brune à forte poitrine, et lui dirait comme dans les films un : « Je t'aime, vis ta vie et sois heureuse...Pamela... ». Oui, il avait toujours trouvé que Pamela était un nom sexy.

Mais au lieu de ça, ce serait un gamin qu'il ne connaissait pas qui entendrait ses derniers mots.

La vie était décidément trop cruelle.

- Un dernier mot, peut-être ? Lui dit l'homme avec un sourire.

« Une dernière volonté, petit frère ? »

Les yeux noirs de Sasuke s'étrécirent à ce souvenir pénible, son frère pointait son revolver contre sa tempe, il voulait le tuer, il allait le tuer, tout comme il avait tué ses propres parents. Naruto pinça les lèvres, décidé à ne pas dire un mot, pensant fort à ses amis qui verront son cadavre à la télé...ah, lui qui rêvait de passer au moins une fois dans sa vie aux infos...

Quelle ironie.

Sasuke releva la tête vers lui, sa respiration était saccadée. Il ne voulait pas voir la seule personne qui avait cherché à le protéger sans hypocrisie.

Plus rien n'avait d'importance.

Il fixa l'homme avec intensité, ses yeux écarquillés.

- Itachi, murmura t-il.

Un regard noir, un regard fou. Il voulait sa vengeance. Il en avait rêvé des nuits entières, avait ruminé sans cesse son désir de le tuer.

- C'est Itachi.

Il en était sûr et certain. Itachi cherchait toujours à éliminer les personnes auxquelles il tenait.

Son frère était devant lui, il pointait son arme sur quelqu'un qui l'avait protégé. Impardonnable. C'était impardonnable. Il l'aurait coûte que coûte, quitte à mourir pour de bon.

Une détonation, un silence pesant et les cris des passagers résonnèrent de nouveau. Naruto s'écroula contre l'épaule de Sasuke, reprenant son souffle.

- Putain de bordel de merde, jura t-il sous le choc.

Tout s'était passé en un millième de seconde.

Sasuke tenait le calibre dans sa main, la balle avait brisé la fenêtre derrière eux. Le ravisseur restait figé par la surprise, ses yeux étrecis, assis au sol. Sasuke tremblait tellement il était en colère, tellement sa rage le brûlait de l'intérieur, lui bouffait les entrailles.

Il avait eu le temps de pousser l'homme et de se saisir de l'arme avant que ce dernier n'appuie sur la détente.

Sasuke était debout face à son frère, le revolver pointé sur cet homme qui le révulsait.

- ASSASSIN ! SALOPARD ! Crie t-il d'une voix cassée.

Naruto avait la respiration saccadée, il ne comprenait pas ce qui se passait dans la tête de ce type. D'un coup de pied, Sasuke éloigna le criminel, le bloquant entre la porte du train et lui. Les passagers n'en croyaient pas leurs yeux.

Ses mains étaient moites, il n'arrivait pas à tenir l'arme correctement à cause de ses tremblements. Il n'avait jamais tenu un objet pareil de sa vie. Contrairement à Itachi.

- Qu-Qu'est-ce tu fous...avec ça ? Balbutia l'homme d'un air pathétique.

« Qu'est-ce que tu cherches à faire, petit frère ? »

Des deux mains, Sasuke serra le revolver pointé dangereusement sur le criminel. Ses yeux noirs étaient baignés de larmes, mais il ne sanglotait pas.

- Pourquoi est-ce que t'as fait ça ?! Demanda t-il désespéré, pensant s'adresser à son frère.

L'homme ne semblait pas comprendre, il leva les mains en signe de paix.

- Je vois pas de quoi tu parles, gamin. Pose ça maintenant.

Ses lèvres tremblaient à l'image de ses parents morts sur le sol, à l'image de son frère et de son calibre encore fumant. Et ses larmes coulaient.

Naruto regardait, interloqué.

- Rend-moi mes parents ! Hurla t-il, REND-MOI LES MOI, ITACHI !

Tous écarquillèrent les yeux à ce nom. Tout Konoha était au courant de la terrible histoire du massacre. Quelques chuchotements s'élevèrent tels que : « C'est lui ? » ; « Le pauvre... » ou encore « Mon Dieu, il a tourné fou... ».

Encore eux, encore des hypocrites qui se permettaient de dire qu'ils pouvaient comprendre, qu'ils pouvaient le consoler. Il avait soudainement envie de vomir.

Naruto ne comprenait pas trop ses messes basses, mais Sasuke si. Il se tourna brusquement vers eux et pointa l'arme sur chacun d'eux en hurlant comme un dégénéré.

- VOUS NE SAVEZ RIEN ! BANDE DE CONS ! JE VOUS TUERAI TOUS !

Le ravisseur en profita pour tenter de l'approcher, mais Sasuke fût plus rapide :

- BOUGE PAS !

Il essuya rageusement ses yeux avant de se concentrer sur son frère.

Naruto commençait doucement à comprendre. Ce gamin..., il avait entendu parler de son histoire pendant près d'un mois sans interruption. Il respira le plus calmement possible. Il murmura le plus doucement qu'il pouvait, en essayant vainement de ne pas trop trembler.

Mon dieu, s'il s'en sortait avec son caleçon sec, il se jurait de ne plus jamais reprendre le train.

- Ca-calme-toi Sasuke, ce n'est pas ton frère.

L'interpellé se retourna violemment vers lui, Naruto leva les mains comme pour se protéger et déglutit.

- TOI ! Tu...

Ses mots se perdirent dans sa gorge. Les larmes affluaient de nouveau. Un silence pesant s'installa, alors que Sasuke fixait Naruto. Celui-ci ne savait pas quoi dire. Ce garçon a connu le pire des cauchemars il y avait à peine un mois.

Que pouvait-il dire ? Qu'il comprenait ? Cela ne l'énerverait que davantage.

- ...tais-toi..., finit Sasuke, en tremblant.

Il n'allait pas tuer la seule personne qui avait voulu le consoler, la seule personne sur qui il pouvait compter dans ce train. La tension avait descendu d'un cran, mais le silence régnait toujours. Les policiers s'activaient dehors, mais tous avaient les yeux rivés sur ce jeune homme qui perdait peu à peu la raison.

Naruto respirait finalement. D'une main, Sasuke tenait l'arme et la dirigea vers le ravisseur qui restait figé.

Soudain, un de ses complices entra dans la porte du fond.


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