Et pour commencer un petit Disclamer (On est jamais trop prudents, alors rendons à César ce qui appartient à César) : le monde de Harry Potter et ses dérivés sont la propriété exclusive de JK Rowling, je ne fais que les emprunter temporairement pour mon plus grand plaisir.
Réponses aux Reviews (Wahouuuuu ! J'ai eu des reviews !!)
: Merci beaucoup pour tes encouragements, comme ils sont arrivés un peu plus tard que tous les autres ils m'ont remis dans le bain à un moment où je me laissais vagabonder vers d'autres fics ! C'est donc en partie grâce à toi que je me suis remise le nez danscelle-ci. J'espère que cette seconde partie te plairait tout autant.
Loulou2a :Tu me conseilles de couper un peu ma fics en chapitres pour en faciliter la lecture, et tu as bien raison. Entre nous, tu vas rire mais, autant j'écris des fics depuis des années, autant c'est la première fois que j'en publie sur , et je dois dire que si j'avais su tout de suite comment séparer mon histoire en plusieurs chapitres je l'aurais fait kr kr. La vérité est que mon ordi est super lent à télécharger le fichier et à prendre en note la moindre petite modification, si je lui avais demandé de mettre en ligne plusieurs documents correspondant à plusieurs parties… je crois qu'il m'aurait fait un arrêt cardiaque. En tout cas j'ai été ravie de ton commentaire, merci beaucoup !
Ewilan Potter et Blackmoony83 :Mes deux premières reviews !!!!!! Merci mille fois, j'ai tenté de corriger la première partie en fonction des petites anomalies que vous aviez soulignées. J'ai beaucoup apprécié ce bilan positif/négatif, on sent les experts qui se cachent ;-) Vous espériez que la suite viendrait vite et serait aussi longue, je vous avouerai que j'ai eu un peu de mal à exhausser cette requête (mais si ça peut vous rassurer la troisième partie est déjà en cours d'écriture !)
2e Partie : Le poids des Responsabilités
Chapitre 1 : Les lois du mensonge
Les
Kitanans rentrèrent gaiement au refuge de l'Ordre, l'esprit tourné
vers leur mission du lendemain (leur toute première mission !).
Hermione laissa passer le joyeux groupe pour pouvoir parler en toute
discrétion à Harry, qui marchait un peu en retrait avec Neville.
Elle les observa avec attention :
- Incandescia, répéta
Londubat en fermant les yeux.
- Si tu n'es pas prêt, il n'y a
aucun souci Neville. Ce n'est pas parce que tu ne vas pas sur le
terrain que ton soutien est moins important, le rassura Harry en
plantant ses prunelles vertes dans les yeux fuyant de son ami.
-
Non... Non, non. Mes parents l'auraient fait, tu sais. Et je veux le
faire aussi. Je suis juste un peu... Hum, stressé !
Harry jeta un
coup d'oeil aux manches du pull de son ami, qui étaient totalement
ratatinées entre ses doigts moites, et qu'il tordait nerveusement.
-
Tu le caches bien, le rassura Potter.
Neville redressa la tête et
masqua un petit sourire de satisfaction.
- Harry, je peux te
parler un instant ? Demanda poliment Hermione.
Neville accéléra
le pas, leur conférant un peu d'intimité.
- Oui ? Fit Potter une
fois que Londubat eut regagné le reste de la bande.
- Je suis
inquiète pour Neville et les frères Crivey, lui avoua la jeune
fille. S'il leur arrive quelque chose nous serons responsables…
Surtout Neville, il va jouer un rôle capital en allant dans ce bar,
si jamais…
- J'ai confiance en Neville, plus qu'il n'a
confiance en lui, la coupa gentiment Harry. Il a besoin de retrouver
un peu de contenance, et puis Lee sera avec lui. En plus, ajouta-t-il
en baissant la voix, ce n'est que la première partie de la
mission, pas la plus dangereuse. Ne t'inquiète pas, tout se
passera bien… (Elle s'apprêtait à lui objecter un nouvel
argument, mais Harry la devança) : Et puis ne commençons pas à
agir avec lui comme Sirius et les autres se comportent avec nous. Tu
vois quel en a été le résultat... Je ne tiens pas à ce que notre
idée de créer un ordre en parallèle débouche sur un « chacun
pour soit puisque personne ne se fait suffisamment confiance ».
-
Moui... Reconnut Hermione. A ce sujet, comment comptes-tu justifier
la dispersion quasi-instantanée de dix adolescents dès leur arrivée
au Chemin de Traverse ?
- Prétexter une partie de cache-cache
peut-être, ou une chasse au trésor, je ne sais pas encore. Pour
tout te dire ce n'est pas ce qui me préoccupe le plus pour
l'instant, j'ai un autre objectif en tête, grimaça Harry.
-
Ah oui ? S'inquiéta son amie. Et quoi ?
Le garçon soupira en
repérant au loin la silhouette de Sirius discuter avec Rémus, à
l'entrée de la maison.
- Récupérer ma baguette.
Le
début de soirée se passa sans incident : les jeunes aidèrent les
adultes à préparer le repas et à mettre la table, ce qui
commença à susciter à la fois l'admiration de Mrs Wesley, et la
méfiance de Sirius et Rémus.
- Qu'est-ce qu'ils nous préparent
hein ? Se moqua tout à coup le loup-garou en adressant un coup
d'oeil à Ginie qui se mettait carrément à faire les poussières.
-
Je vais en faire des cauchemars toute la nuit, acquiesça Sirius.
C'est trop plat, trop calme, trop...
- ... Surfait. Je sais.
-
On a intérêt à les avoir à l'oeil demain. Ces monstres sont bien
capables d'essayer de monter un coup fourré...
Rémus leva un
sourcil surpris :
- Tu comptes les accompagner ?
- Moui, je
n'ai aucune confiance en ces petits diables, marmonna Sirius en
croisant les bras.
- J'avais cru comprendre qu'il t'était encore
difficile d'évoluer en pleine foule... Il y a des tas de gens
susceptibles de te reconnaître au Chemin de Traverse, souligna
calmement Lupin en s'asseyant confortablement dans un grand fauteuil.
Si tu es repéré par les journalistes, ils voudront à tout prix
faire une interview de toi, et ça risquerait de mettre en péril le
secret de l'existence de l'Ordre, tu ne crois pas ?
Charlie
Wesley s'approcha innocemment d'eux et s'incrusta dans la
conversation :
- Que se passe-t-il ? Des soupçons quant aux
efforts de nos jeunes recrues ? Sourit-il.
Rémus et
Sirius acquiescèrent. Charlie haussa les épaules :
- Boh,
je connais bien mes frères, et j'arrive à reconnaître quand ils
cachent quelque chose. Là, ils jubilent, mais je ne pense pas qu'ils
aient prévu quoique ce soit de risqué. Non, je parierais plutôt
sur une invention loufoque dans les bois ou une grosse farce à ma
mère en attente...
- Hm, fit Sirius, sceptique. (Soudain, il
s'étira bruyamment, un sourire naissant sur ses lèvres) De toute
façon, il y a un moyen radical de savoir s'ils mijotent quelque
chose...
- Ah oui ? Demandèrent en choeur Charlie, inquiet, et
Rémus, amusé.
- Oui... (Black se redressa et observa la
silhouette de son filleul avec des yeux de félin) Si Harry a prévu
quelque chose de dangereux pour demain, il cherchera par tous les
moyens à récupérer sa baguette.
Rémus suivit son regard et
posa ses prunelles sombres sur Ron et Harry qui s'affairaient au
repas, sages comme des images. Il ricana, en bon complice :
-
Effectivement, acquiesça-t-il avec un air de chat se délectant de
la situation. Je vois que tu n'as rien oublié de notre intrépide
jeunesse Patmol !
- Elle coule encore dans mes veines Lunard, lui
répliqua Black.
Puis ils pouffèrent de nouveau, partageant un
regard lourd de souvenirs. Charlie aussi sembla s'amuser de la
situation, mais dans les dernières notes, son rire sonna légèrement
faux.
Dix heures du soir sonnaient à l'horloge de
la maison de Lupin, plongeant l'ensemble de la troupe – jeunes et
moins jeunes - dans une légère somnolence.
- Code rouge, murmura
soudainement Charlie à l'oreille de George, tandis que celui-ci
jouait à un cache-cache effréné avec Fred.
Le dîner était
fini depuis une petite heure, et chacun commençait à bailler aux
corneilles, annonçant un départ massif au lit.
Le jumeau cessa
de sourire et lança un regard inquiet à son frère aîné, qui
venait de disparaître dans la cuisine. Il déglutit et se
dirigea vers Ron, le plus innocemment possible :
- Code rouge de
Charlie dans la cuisine, répéta-t-il, continuant ensuite sa marche
vers l'étage supérieur. FRED JE VAIS TE TROUVER !!! Hurla-t-il
ensuite, pour attirer l'attention de toute la tribu.
Les adultes,
qui s'étaient accoutumés au calme ambiant qui régnait depuis
de longues minutes, sursautèrent.
- Il est taré ce garçon,
lâcha Fol Oeil en plissant du nez et en se rendormant dans son
fauteuil.
Mr et Mrs Wesley eux-mêmes échangèrent un regard
éloquent. Fred et Gorge étaient tellement exubérants que parfois
ils se demandaient si leur santé mentale allait bon train. Ils
ignoraient que cette petite manoeuvre parfaitement calculée
avait permit à Ron de parler en privé à Harry.
Celui-ci
acquiesça et s'empara d'un saladier qui traînait sur la table,
le rapportant non-chalemment aux cuisines. L'échange avec
Charlie ne dura que quelques secondes :
- Que se passe-t-il ?
S'enquit Potter en couvrant le récipient de papier en aluminium.
-
Sirius se méfie. Il dit que si tu cherches à récupérer ta
baguette ce soir, ca veut dire que vous leur préparez un coup fourré
demain, enchaîna Charlie sur un ton alarmant. Il compte même venir
avec vous au Chemin de Traverse…
L'aîné Wesley n'était
pas spécialement fier de son rôle d'espion, mais Fred et George
avaient été trés clairs lorsqu'il avait découvert l'existence
de l'Ordre des Kitanans - à l'occasion d'une balade anodine
dans les bois qui l'avait conduit droit à une de leurs réunions.
S'il ne les secondait pas dans la protection de leur propre Ordre,
les jumeaux lui pourriraient la vie jusqu'à la fin des temps. A bien
y réfléchir, Charlie avait du admettre qu'ils en avaient les
moyens, et que la motivation ne leur manquait jamais. D'ailleurs il
comprenait la frustration de ses frères, et était légèrement
rassuré de "savoir" à peu prés ce qu'ils
manigançaient en secret. En cas de dérapage, il pourrait tout
révéler aux membres de l'Ordre du Phoenix - même s'il ne
participait pas vraiment à leurs réunions et qu'il ignorait le
contenu exact de leurs "missions". Pour l'instant, il se
contentait de céder aux menaces de ses frères et s'assurait que les
adultes ne devinent rien de l'Ordre des Kitanans...Il savait que ses
pairs ne lui pardonneraient jamais ce rôle "d'espion"
quand ils l'apprendraient, mais chaque chose en son temps : il ne
souhaitait pas devoir se rendre un jour au travail couvert de
pustules ou avec des cornes de bouc sur le crâne. Or c'était là le
domaine de prédilection de ses frères... Et puis après tout, ce
petit Ordre d'enfants ne pouvait rien manigancer de bien dangereux,
n'est-ce pas ? Lui de son côté, ne révélait rien des actions de
l'Ordre du Phoenix et se contentait de protéger le secret de
celui des Kitanans.
Harry quitta la cuisine comme si de rien
était, et masqua un sourire en voyant que Lupin l'étudiait du
regard. Il avait momentanément cru que leur attitude bon enfant
apaiserait les soupçons, mais il s'était complètement
trompé.
Quelques minutes plus tard, Ron et Hermione se trouvaient
avec lui dans sa chambre, tandis que de bruyants "Bonne nuit !"
s'échangeaient entre les autres enfants et les membres de l'Ordre du
Phoenix :
- Mais enfin comme va-t-on faire ? S'égosilla la
jeune fille. Tu ne peux pas te rendre à l'Allée des Embrumes sans
baguette, Harry !
- Pire, ajouta Ron, si Sirius vient avec nous
demain il va forcément nous coincer ! S'il vient, c'est pour
nous surveiller et rien d'autre ! On est fichus !
Harry se
laissa tomber sur son lit en soupirant, évaluant le plafond du
regard. Il avait sous-estimé la lucidité de son parrain.
Soudain, la silhouette plumée d'Hedwige entra dans son champs de
vision : le hibou venait de se poser sur le haut d'une armoire.
Potter sentit son esprit tourner à vive allure. Une esquisse de
sourire commença à naître aux coins de ses lèvres.
- Je serais
curieuse de savoir ce qui t'amuse autant dans les nouvelles de la
soirée, fit remarquer Hermione d'un ton bougon.
- Je sais comment
nous débarrasser de Sirius demain, déclara tout à
coup Harry en se redressant.
Il
y avait quelqu'un à la droite d'Harry, mais il ne savait pas qui.
Tout le monde les regardaient tour à tour, le regard pétillant de
fiéreté. Soudain, la silhouette inconnue prit la parole "Moi,
j'aimerais rajouter quelque chose".
Harry sursauta et se réveilla, le coeur battant la chamade. Il
connaissait cette voix ! Mais à qui appartenait-elle ? Ce n'était
pas celle de Ron, ni celle de ses frères. Pas celle de Neville non
plus, elle était trop pleine d'assurance ! Quelqu'un qui n'était
pas encore là, chez Lupin, alors ? Son rêve lui fit se triturer les
méninges pendant de longues minutes.
- Harry, réveille-toi mon
chéri, dit alors la voix de Mrs Weasley en entrant : nous partons
dans une heure !
Le jeune Potter s'étira longuement, tentant de
prolonger le délice de sa couette. Il ferma les yeux et repensa aux
directives des uns et des autres. Les paroles d'Hermione lui
revinrent en mémoire "Je m'inquiéte pour les frères Crivey et
pour Neville. Nous sommes responsables d'eux". Soudain on frappa
aux carreaux, ce qui le fit sursauter : il savait qu'étant au
deuxième étage il était improbable qu'un intrus essaie de
s'infiltrer dans la maison, mais le fil de ses pensées l'avait amené
petit à petit à se rendormir. Quand il reconnu Hedwige, il bondit :
- Que m'amènes-tu là, ma belle ? Demanda-t-il en la graciant
d'une caresse sur le torse.
Elle releva fièrement sa jolie tête
blanche et tendit une patte, à laquelle était attachée une petite
lettre. Harry sourit.
Quelqu'un toqua à sa porte, il releva la
tête :
- Alors, on joue les marmottes ce matin ? Lui lança
Sirius, moqueur.
Harry haussa les épaules :
- Désolé, je
fais des rêves bizarres ces temps-ci ! Expliqua-t-il en
rangeant discrètement la lettre dans la poche de son pantalon de
pyjama.
Les traits de son parrain se figèrent :
- Dès rêves
ou des visions ?
- Je sais pas. Des rêves je pense. Ils sont
plutôt heureux en fait... Rien à voir avec Voldemort.
-
Hm. J'espère qu'ils sont prémonitoires alors, ajouta Black en
entrant franchement dans sa chambre. (Il l'observa afin
d'étudier sa réaction) Je vais vous accompagner au
Chemin de traverse, tout à l'heure. J'en profiterai pour te montrer
un ou deux endroits que ton père et moi affectionnions tout
particulièrement quand nous avions ton âge.
Potter trouva la
force de sourire :
- Super ! Tu crois que Mrs Weasley nous
laissera nous balader à notre guise ?
Il se félicita
intérieurement de sa crédibilité. Sirius en revanche, parut
légèrement déconcerté :
- Et bien... Oui, pourquoi pas ?
-
Je ne sais pas. Elle est tellement sur-prudente parfois !
Bon, je vais me dépêcher d'aller sous la douche alors... A
tout de suite !
Il attrapa ses vêtements et laissa en plant
un parrain étonné. Harry pouvait lire sur son visage
l'hésitation, ce qui le ravissait.
Sirius, effectivement,
commençait à se demander s'il n'était pas en train de devenir
aussi parano que la mère de Ron. Si Harry était content qu'il les
accompagne, peut-être n'avait-il rien prévu de risqué ! Il était
vrai que le garçon n'avait pas cherché à récupérer sa
baguette... Soit Harry avait finalement hérité en partie
de la stabilité de sa mère, soit il était encore plus fûté que
son père pour cacher ses complots. Dans un cas comme dans
l'autre, Black sentait qu'il n'était pas au bout de ses surprises.
-
Sirius ! Appela soudain la voix de Rémus. Il y a du courrier pour
toi !
L'interpellé sursauta et redescendit au rez-de-chaussée, un
sourcil levé. Qui pouvait bien lui écrire ? Tous reconnurent
l'oiseau du Dr Macguiness, qui avait déjà étonné par sa
présence quelques semaines auparavant, quand Harry avait été
convoqué à la clinique Ste Mangouste.
- C'est encore cette femme, souligna Mrs Weasley d'un ton pincé, cette Talia que Harry a rencontré dans le train. On ne sait toujours pas comment elle sait où se trouve Harry et comment son oiseau parvient à se rendre ici !
Sirius plissa les yeux : là, Molly marquait un point. Il prit l'enveloppe et la détacha :
Cher Monsieur Black,
Faisant suite à notre rencontre précédente, je vous informe par ce courrier que les résultats d'analyse de sang de Harry sont extrêmement inquiétants. Ce qui me faisait penser qu'il pouvait être sujet à des visions me fait désormais croire qu'il pourrait lui arriver de souffrir de schizophrénie.
Je vous prie de bien vouloir me rencontrer aujourd'hui-même afin que nous discutions plus en détails des signes alarmeurs d'une telle attitude, ainsi que les moyens de la combattre. Il n'est pas nécessaire que Harry entende tout ce que j'ai à en dire. Vous remerciant par avance de votre réactivité,
Sincères Salutations,
Talia MacGuiness
Docteur et Chirurgien en Chef
Service des lésions magiques physiques et psychologiques.
Sirius replia la lettre, inquiet. Ses yeux grands ouverts et son teint blafard alarmèrent tout le monde :
- Allons donc, que se passe-t-il encore ? Aboya Fol Oeil, en s'emparant de sa baguette comme si le problème allait prendre une forme corporelle et les attaquer.
- Une mauvaise nouvelle ? Devina Lupin.
La famille Weasley et Tonks l'observèrent avec réserve, respectant son silence ahuri, jusqu'à ce que Molly craque :
- Mais enfin Sirius raconte nous !
Un murmure d'approbation parcourut le reste de sa famille.
- Je dois me rendre à Ste Mangouste dès que possible, expliqua Black. Apparemment Harry pourrait souffrir d'une maladie très particulière, et son médecin voudrait m'en informer.
Mrs Weasley porta une main sur son coeur, choquée. Tous échangèrent des regards consternés. Tandis que Sirius expliquait dans les grandes lignes l'historique de sa rencontre avec Talia et le bien fondé de son avertissement, Harry, Ron et Hermione, au premier étage, commençaient à avoir une discussion de plus en plus animée.
- Je n'arrive pas à croire que tu aies fait ça !!! Cingla Granger autant qu'un murmure le lui permettait.
- Chut ! Tu vas nous faire repérer, la reprit Harry. Viens, retournons dans ma chambre...
A peine la porte refermée, sa meilleure amie lui bondit dessus, poings fermés :
- C'est inhumain, et insensible, et ridicule; et dangereux d'avoir fait croire à tout le monde que tu étais sujet à la schizophrénie ! Enfin, combien de temps penses-tu qu'ils vont mettre avant d'informer Dumbledore ?
Ron pouffa :
- Vas y, repasse-moi la lettre que Talia t'as envoyée ce matin. (Harry lui tendit, et il la relut à voix haute) :
Cher Harry,
Merci pour ton courrier d'hier soir. J'ignorais que ton parrain était si fermé aux soins et qu'il était si remonté contre les hôpitaux. Si tu me dis que tes visions empirent et que la seule façon d'y remédier est de lui expliquer les risques que tu encours, je vais immédiatement le convoquer - lui et lui seul - pour le convaincre d'accepter nos soins. Ne t'inquiète pas, je ne lui dirai pas que c'est toi qui m'a demandé de faire cette démarche !
Bien à toi,
Talia
- C'est brillant, Harry, vraiment brillant, ricana Ron. Tu viens de nous débarrasser de Sirius en beauté !
- C'est pitoyable, Harry, vraiment pitoyable, rétorqua Granger en reprenant les mêmes intonations. Dès que nous sommes revenus du Chemin de Traverse, je veux que tu préviennes tout le monde qu'il ne s'agissait que d'un alibi !
- Bien sûr, et puis on leur parlera de l'Ordre des Kitanans aussi, se moqua Weasley. Franchement Hermione, parfois je me demande dans quel camps tu es...
Potter leva des mains apaisantes entre ses deux amis, comme pour endiguer le flot de répliques cinglantes qu'il sentait venir :
- Talia va expliquer à Sirius que ces soins sont primordials, sans se douter qu'ils sont du même avis. Sirius va se montrer réticent au début car il voudra avoir plus d'infos sur elle et sur comment elle a connu notre adresse...
- Et comment d'ailleurs ? Bondit Hermione.
Harry prit une brève inspiration pour mieux se préparer à la réaction de la jeune fille :
- C'est moi qui le lui ai donnée. Mais je lui ai fait promettre de dire qu'elle l'avait trouvée par hasard sur Le Répertoire Magique. Elle ne fera que rendre Sirius plus méfiant, qui jouera son rôle à la perfection.
- Harry, sermonna Granger avec l'air de Mrs Macgonagall lorsqu'elle réprimande un élève fainéant, je te promets que si tu ne révèles pas tout d'ici ce soir, c'est moi qui le ferais ! Et je suis énormément déçue par les risques que tu as pris ! Enfin, et si cette femme révélait à quelqu'un que tu es son patient, et ton adresse ?
- Elle est tenue au secret médical, contre-attaqua Potter. Et elle n'est pas bête, elle sait très bien qui je suis et contre qui je me bats ! Elle m'a déjà rendu de grands services je te rappelle…
Granger ferma les yeux, énervée, et se massa les tempes :
- Ca fait vraiment beaucoup de suppositions tout ça. Je sens que cette histoire va très mal finir...
- Ca ne peut pas finir plus mal que si Sirius était venu et qu'il nous avait surpris à regagner l'Allée des embrumes, fit remarquer Ron.
Hermione soupira bruyamment :
- J'espère que tu sais ce que tu fais, lâcha-t-elle à Harry, ignorant superbement la réflexion de Ron.
Ils sortirent sans ajouter un mot. Arrivés en bas de l'escalier, ils virent les adultes se disperser et fuir Harry du regard, ce qui agaça Hermione et amusa Ron au plus haut point.
- Ah te voilà, fit Sirius en s'étirant d'une façon très naturelle. Je, euh... Devais venir avec toi au chemin de Traverse mais euh...
Il le prit à part et lui murmura :
- Dumbledore vient de me confier une mission extrêmement urgente, je ne peux pas me dérober.
Potter joua la déception, bien qu'il dut admettre que son parrain était aussi bon menteur que lui.
- Oh... Je comprends... Mais quel genre de mission ? Risqué ? Je peux venir ?
Une fois encore il s'auto-congratula intérieurement de sa réaction, qui aurait été telle quelle si Dumbledore avait réellement demandé à Sirius quelque chose de ce genre.
- Je ne peux pas en parler, tu sais bien, lui répéta Black. Mais ce n'est pas très dangereux non, improvisa-t-il en haussant les épaules. Je viens juste d'être acquitté tu sais, il ne va pas me lancer sur des pistes risquées ! Du coup, Fol Oeil vous accompagnera à ma place.
Derrière Sirius, Ron et Hermione, qui suivaient tout de la conversation, levèrent les yeux au ciel. Le jeune Potter se retint de faire la même chose : ils n'arriveraient donc jamais à accomplir leur première mission ? Agacé, il décida de tenter le tout pour le tout :
- Quoi ? Parce qu'en plus tu pars en mission tout seul ? S'inquiéta alors Harry. C'est ridicule, comme tu le dis, tu viens tout juste d'être acquitté ! Ah non, je viens avec toi !
- Non, interdit fermement Black. C'est bien trop dangereux !
- Ah tu voix que c'est dangereux ! Tu ne me feras pas rester ici pendant que tu risques ta vie pour l'ordre du Phoenix, Sirius ! Soit tu m'emmènes avec toi soit tu restes ici !
Il avait l'air d'un gamin capricieux et il le savait, mais il n'avait pas le choix. Molly Weasley, qui avait entendu le haussement de voix de Harry, intervint :
- Allons Harry, ce sont des histoires de grandes personnes, et qui ne te re...
- Ne me dites surtout pas que ce sont des histoires qui ne me regardent pas !! Car je vous rappelle que c'est MOI qui suis au coeur de tout celà, c'est MOI qui me suis de nouveau retrouvée face à Voldemort cet été, c'est MOI qui à chaque fois...
Son éclat de voix avait attiré l'attention de tout le monde, et littéralement sidéré Ron, qui ne voyait pas trés bien où son ami voulait en venir. Hermione, elle, observait la scène avec réserve.
- Oui, oui, c'est bon, Harry, l'interrompit Sirius. On a déjà eue cette conversation, et je t'ai déjà dit que l'Ordre était aussi là pour te protéger.
- Et toi, qui est là pour te protéger ? J'ai déjà vaincu Voldemort plusieurs fois, je suis à même de...
- Harry, j'ai dit non ! Commença à s'impatienter Black.
- Tu ne pourras pas m'empêcher de te suivre, Sirius !
- Harry… Commença son parrain sur un ton menaçant.
- A moins que tu n'emmènes le professeur Maugrey avec toi ! Suggéra alors Harry, comme si cette idée le rassurait. Il réalise des missions pour l'Ordre depuis tout temps, ensemble vous serez plus fort !
En voyant que Sirius ne répondait rien, il croisa les bras d'un air mécontent :
- C'est soit lui, soit moi, mais pour une première mission il est hors de question que je flâne tranquillement dans les boutiques pendant que tu risques ta peau à chaque minute, alors...
- D'accord, d'accord ! Coupa Sirius. Puisque tu ne me crois pas capable de me défendre tout seul, Maugrey m'accompagnera. Tu es content ?
Harry sentit son égo se renflouer, tandis qu'il soupirait :
- Hm... (Il regarda Fol Oeil d'un air soupçonneux).
- T'inquiète pas vas, je vais pas le laisser crever ton parrain, le rassura l'Auror d'un ton bourrin qui lui valut les foudres de Mrs Weasley.
Ainsi furent décidées les choses : Sirius et Maugrey partiraient officiellement en mission - tandis que Sirius irait officieusement à Ste Mangouste - et Harry, la famille Weasley et les autres enfants iraient officiellement faire des courses au Chemin de traverse - tandis qu'officieusement, les Kitanans rempliraient leur toute première mission.
Neville, sur la demande d'Harry, s'était rapidement éloigné des conversations du rez de chaussée pour aller récupérer la baguette de leur chef, dans la chambre de Sirius. Il était redescendu quelques secondes après la fin de la conversation entre Harry et Black, un air triomphant sur le visage.
Potter n'avait pas eu à lui demander s'il avait trouvé ce qu'il était parti chercher, ni s'il était parvenu à remplacer la baguette de Harry par une copie en bois d'arbre fabriquée la veille dans la forêt, et embellie ce matin par un sort illusoire à la Hermione Granger. A son visage illuminé, il savait que son ami avait rempli sa part du contrat, et que Sirius ne possédait plus en otage qu'un sosie de baguette inutilisable.
- Fred, George, arrêtez de roupiller et préparez la cheminée, nous partons dans cinq minutes, ordonna Molly Weasley en donnant un bref coup de coude à ses fils, avachis sur la table de la salle à manger. Ginie, chérie, veux tu bien me ramener de la poudre d'escampille, il y en a dans la chambre d'Arthur.
- Je vais venir avec vous, fit soudainement Rémus Lupin. Il faut que je m'achète un ouvrage bien particulier.
Ses traits étaient tirés, nul doute que les pleines lunes de la semaine passée l'avaient affaibli.
Sirius acquiesça, serein, tandis que Ron lançait un regard inquiet à Harry, qui le lui retournait. A l 'avenir, lorsqu'il planifierait les missions de l'Ordre des Kitanans, il lui faudrait également prendre en considération les prétextes à sortir aux adultes. Vivement la fin des vacances, qui les amènerait à Poudlard et leur rendrait leur liberté ! Néanmoins, il se força au calme : Rémus représentait moins une menace que Sirius ou Fol Œil. Ils parviendraient peut-être plus facilement à détourner son attention. Hermione du penser la même chose car elle enchaîna :
- Quel ouvrage, Professeur ? Demanda-t-elle, l'air ostensiblement intéressé.
Une demi-heure plus tard, ils atterrissaient tous au chemin de Traverse.
Chapitre 1 : Esprit d'équipe
Hermione ne cessa de discuter avec le professeur Lupin, guettant comme tout le monde la dispute de Ron et Harry, qui marquerait le signal de dispersion de chacun des Kitanans vers leur première mission.
- Je me sens pas très bien, fit soudain Neville à voix haute, en touchant son ventre.
Mrs et Mr Weasley le dévisagèrent curieusement, tandis que Ginie et Hermione lui lancèrent un regard inquiet : si Londubat ne parvenait pas à dominer son stress et sa peur, il risquait de compromettre toute leur première mission. Soudain, Lee s'approcha de lui en posant également une main sur son estomac :
- Oui, moi non plus. Je crois que ce sont les chocogrenouilles de Fred et George… Tu sais s'il y a des toilettes dans le coin ?
Les Kitanans échangèrent alors des regards complices : la transition était manœuvrée de main de maître.
Hermione se tourna alors vers les adultes :
- Il y a une bibliothèque au bout de la rue. Je dois aller m'acheter un bouquin. Ginie tu viens avec moi ? J'aimerais te montrer l'ouvrage sur les Sorciers Sans Baguette Magique dont je t'ai parlé !
- Oh oui avec grand plaisir !
- Des Sorciers sans baguette magique ? Répétèrent George et Fred en chœur, oubliant qu'il devait s'agir d'un prétexte pour attirer les adultes loin de l'essentiel de la troupe.
Harry les foudroya du regard :
- Oui j'en ai entendu parler moi aussi. Certains sorciers sont capables de jeter des sorts sans baguette.
Rémus fronça légèrement les sourcils :
- Il n'a jamais été prouvé que ces sorciers existaient vraiment. Seuls quelques récits de voyage un peu nébuleux les mentionnent, intervint-il. Moi-même je n'en ai jamais rencontré.
- Des sornettes, coupa Ron en acquiesçant.
- Oui. Comme la victoire potentielle de la Bulgarie sur les Slaves, se moqua alors Potter.
Ron bondit :
- Ca s'est joué à une minute près Harry, et tu le sais très bien !
- Ron, quand bien même le match aurait duré trois heures de plus, les Bulgares n'auraient pas été fichus de gagner !
Molly Weasley leva le ton pour couper court à la dispute :
- Bon et bien, Ginie, Hermione, si vous allez à la bibliothèque, je vous accompagne. Nous achèterons les fournitures de tout le monde à ce moment là.
- Moi aussi, fit Lupin, qui devait acheter son propre livre.
- On vient avec vous, firent Fred et George d'une même voix. (Fred ajouta) : il y a un magasin de farces et attrape juste à côté.
- Nous sommes venus vous acheter des fournitures scolaires et des vêtements, pas des bonbons sèche-cours, gronda Molly Weasley.
- Mais maman, sans farce et attrape, on ne pourrait jamais réussir notre année scolaire ! Se révolta faussement George.
- Tu imagines dans quel désespoir nous sombrerions si… Continua Fred.
- D'accord, d'accord, trancha leur mère. De toute façon vous n'en ferez qu'à votre tête !
Ses fils sourirent jusqu'aux oreilles.
- Seule une mère connaît aussi bien ses enfants, murmura George à l'oreille de Fred.
Denis et Colin Crivey éclatèrent de rire.
- Bon, en route pour la bibliothèque alors, fit Arthur Weasley.
Tous prirent cette direction, tandis que Neville gémit, le teint vraiment pâlot :
- Moi je vous rejoins bientôt, il faut d'abord que je passe rapidement aux toilettes…
- Je viens avec toi, fit alors Lee en grimaçant. Je sens qu'il ne faut pas que je m'éloigne trop des toilettes non plus, ajouta-t-il en foudroyant faussement les jumeaux Weasley du regard.
- Désolé, Lee, la gourmandise… Commença Fred.
- … Est un vilain défaut, acheva George.
Arthur et sa femme échangèrent un regard :
- Alors je vous accompagne aux toilettes. Nous vous rejoindrons plus tard, lança Arthur à Rémus.
Les frères Crivey se portèrent volontaires pour attendre Lee et Neville. Tous acquiesçèrent et se dispersèrent.
De son côté, Sirius venait d'arriver à la Clinique Sainte Mangouste, le courrier du Dr MacGuiness dans la main. Lorsqu'il se présenta à l'accueil, il n'eut pas à expliquer quoique ce soit: cette fois-ci, la réceptionniste avait reçu des instructions bien particulières concernant l'arrivée de Sirius Black.
- L'ascenseur est tout à votre droite, aboya la jeune femme.
Sa voix suave et séductrice des semaines passées avaient laissé la place à un regard fuyant et des gestes nerveux : même s'il était innocenté, Sirius restait, dans les mœurs communes, un meurtrier au cœur noir.
Il acquiesça sans formalité et se rendit à l'étage des blessures magiques psychologiques. A peine avait-il frappé à la fameuse avant-dernière porte du couloir, qu'elle s'ouvrit :
- Bonjour Mr Black, fit le Dr Macguiness d'une voix plus ferme que dans son souvenir. Merci d'être venu. Asseyez-vous je vous en prie.
Sirius constata avec un soulagement relatif que son collègue indou n'était pas présent. Parfait, cela lui laisserait l'opportunité de poser toutes les questions qu'il voulait.
- Denis, Colin, parlez plus fort ! Chucota Neville. Sinon le père de Ron va nous entendre ! Il observa d'un air anxieux Lee ouvrir la lucarne des toilettes aussi discrètement que possible.
- Si tu te dépêches pas de te changer, c'est sûr qu'il va nous coincer, brailla son ami. Là, c'est bon, ajouta-t-il en rangeant sa baguette.
Neville finit de se salir la peau, puis ils échangèrent un regard. Tout deux étaient méconnaissables, ainsi vêtus.
- J'ai l'impression de ressembler à un Zombi, bouda Londubat.
- Moi à un vampire, pouffa Jordan. Tu as refermé les serrures des portes des toilettes ?
- Oui et j'ai lancé le sortilège de répétition, qui va repasser en boucle l'enregistrement des dernières secondes. Tout ça tiendra pendant trente cinq minutes.
- Je pense pas que le père de Ron va mettre trente cinq minutes à comprendre qu'on est plus là, et que Denis et Colin discutent avec un répondeur magique, grimaça Lee Jordan. Mais l'essentiel, c'est que nous puissions commencer à nous familiariser avec le bar. Allez viens…
Ils
escaladèrent la paroi, passèrent par la lucarne, et la refermèrent.
Une fois au sol, ils rabattirent leurs capuches et se rendirent à
l'endroit prévu, échangeant des paroles incohérentes aux mots
clefs redoutables.
Mr Weasley, pendant ce temps-là, était plongé
dans l'observation d'un passe temps moldu que lui avait donné
Harry le matin même : un cube en plastique de toutes les
couleurs, dont le concept consistait à remettre toutes les couleurs
du même côté – SANS utiliser de magie.
- C'est impossible, grogna Arthur, tandis que les silhouettes de Neville et Lee disparaissaient au coin de la rue.
Le plus jeune des frères Crivey sortit des toilettes et fit mine de s'intéresser au jeu afin d'accaparer totalement l'attention de leur gardien.
La fameuse librairie du Chemin de Traverse était gigantesque. Sur plusieurs étages, bondée de sorciers en tout genre, il était bien facile de s'y perdre. L'endroit idéal pour semer deux sorciers séniors à l'affût de la moindre entourloupe.
- Vas-y, je te couvre, murmura Ginie à Hermione, tandis que la jeune fille disparaissait entre deux grandes rangées de bouquins en direction d'une porte de service.
- Maman, lança alors la cadette Weasley en faisant se retourner tout le monde. Je vais faire un tour au rayon des BDs, je reviens !
Molly eut un instant d'hésitation. Elle n'avait pas vraiment les moyens d'acheter une bande dessinée à sa fille, en plus des livres scolaires qu'elle était déjà en train de payer.
- D'accord, fit-elle à contre-coeur. Mais ne traîne pas trop, et rejoins Rémus et moi-même comme convenu, à l'entrée de la bibliothèque dans un quart d'heure.
Ginie plissa le nez :
- Vingt minutes ?
Sa mère, qui venait de voir son fils cadet faire tomber une étagère pleine de livres, lui fit un signe de la main approbateur.
Ron et Harry firent effectivement leur possible pour attirer l'attention de Lupin et Weasley, et quand au bout d'une heure et quart Molly leur ordonna de ne plus rien toucher à cette bibliothèque et de rejoindre Fred et George au magasin de Farces et attrapes, ils n'étaient pas peu fiers.
- Tu crois qu'Hermione a pu regagner la boutique de l'Allée des Embrumes ? Sourit Ron en marchant la tête haute sur les pavés qui menaient à la boutique de Farces et Attrapes.
- Oui.
- Et Neville et Lee ?
- Probablement, répondit pensivement Harry en jetant des coups d'œil par la fenêtre de la bibliothèque.
- Et Fred et George, tu penses qu'ils ont pu acheter le portoloin ?
- Hum.
- Harry, s'agaça Ron, tu m'écoutes ou tu fais semblant ? Et qu'est-ce que tu cherches ?
- Je ne vois plus Rémus Lupin, lui avoua Potter d'un air soucieux. Ce qui ne me dit rien qui vaille.
- Oh. (Il regarda autour de lui aussi) Ca veut dire qu'on ne peut pas retourner à la forêt où Fudge s'était fait attaquer ?
Ils avaient mis en place ce petit plan quelques minutes auparavant, sans en parler aux autres.
- Non, ca devra attendre, fit Harry avec une grimace vaincue, après plusieurs secondes silencieuse et un débat intérieur animé.
- Qu'est-ce qui devra attendre ? Releva soudainement une voix grave et douce.
Les deux jeunes garçons se retournèrent :
- Professeur Lupin, sourit innocemment Ron. On se demandait si vous saviez où nous pourrions acheter de la nourriture pour hibou ?
- Vendeur ! S'écria Hermione Granger en entrant dans la boutique de magie noire.
Elle se demanda si sa voix n'était pas un peu trop agressive pour être crédible. Soudain, un miroir tournant lui renvoya son reflet, et elle sursauta : Ses cheveux emmêlés et grisonnant, ainsi que son sortilège de vieillissement avaient fait des ravages. Ses lèvres recouvertes d'un rouge sang lui donnaient un air sauvage.
Un vieil homme apparut, les yeux plissés, dégageant une méfiance toute professionnelle :
- Que puis-je faire pour vous Madame ?
Elle s'appuya sur le comptoir et le fixa dans les yeux :
- J'ai appris qu'il y avait encore, dans l'Allée des Embrumes, des serviteurs loyaux. Prêts à cacher ce qui pourra peut-être plus tard servir à notre Seigneur tout puissant.
Le vendeur la regarda d'un air dubitatif :
- J'ignore de quoi vous voulez parler, Madame.
Granger sentit sa déception et ses hésitations s'unir en elle pour mieux l'envahir. Mais que faisait-elle là ?! Estimant qu'il valait mieux tenter le tout pour le tout avant de prendre la poudre d'escampette, elle sortit vivement sa baguette et la pointa sous la gorge de son interlocuteur :
- Si tu n'es pas des nôtres, tu ne mérites pas de vivre, vermine ! Tonna-t-elle avec une dureté qui la surprit elle-même.
Enfin, le vendeur perdit de son aplomb :
- Ne nous énervons pas, Madame. Il suffisait de vous expliquer clairement…
- Et comme ça, je suis assez claire ? Minauda Hermione en appuyant un peu plus sur la baguette.
- Tout à fait bien sûr, déglutit l'antiquaire. Puis-je voir l'objet en question ?
Granger eut un sourire satisfait :
- Lucius avait peut-être raison finalement. Peut-être êtes vous dignes de confiance…
Le vendeur sursauta :
- Vous venez de la part de M. Malfoy ? Mais il fallait le dire tout de suite, voyons ! La réunion a commencé il y a dix minutes !
Hermione ouvrit de grands yeux et rentra la fiole de venin de serpent qu'elle avait commencé à sortir.
- Ah… Ah déjà ? On ne m'avait pas communiqué d'heure exacte, ajouta-t-elle d'une vox vacillante. (Sentant une pointe de perplexité émerger chez le vendeur, elle reprit d'un ton brutal) : Voilà qui ne me plait guère ! Et bien qu'attends-tu ?
Ses changements d'humeur imprévisibles eurent raison du peu de lucidité de l'antiquaire, qui se recula doucement et la conduisit à un local remarquablement bien masqué dans l'arrière boutique. Après une sordide incantation que Hermione mémorisa, il fit s'ouvrir une porte et s'inclina respectueusement pour la laisser passer. La jeune fille s'executa, le cœur battant à tout rompre.
- Mais voilà de nouveaux visiteurs, minauda alors la voix satisfaite et très aigue d'une femme svelte entièrement vêtue de noire.
Devant Hermione se tenaient une dizaine de sorciers, tous capés et silencieux. Granger sentit les battements de son cœur redoubler d'intensité : la femme qui venait de prendre la parole n'était autre que Bellatrix Lestrange.
- Quand vous dites le Répertoire Magique, vous n'êtes pas sérieuse, n'est-ce pas ? Se moqua Sirius. Harry n'est nulle part mentionné dans cet annuaire.
Peut-être prenait-il des risques en lui montrant qu'il n'était pas stupide, mais quelque chose ne tournait pas rond dans leur conversation, et ce depuis son arrivée.
Talia Macguiness poussa un long soupir :
- Bon très bien. Effectivement, c'est Harry qui m'a donné son adresse, en me précisant bien qu'elle était hautement confidentielle et que seuls les oiseaux recouverts du sortilège d'invisibilité pouvaient s'y rendre. (Elle fronça les sourcils) : Mais le fait qu'il aie eut à s'en cacher n'est pas normal, Mr Black. Vous devez comprendre qu'Harry a besoin de ces soins, c'est une question de temps.
Soudain, Sirius eut un très, très mauvais pressentiment.
- Que voulez-vous dire ?
- Et bien comme je vous explique depuis une heure, ces visions peuvent dégénérer en…
- Non, ca j'ai très bien compris. Que voulez-vous dire par « Je dois comprendre que » et « Il n'aurait pas du à s'en cacher » ?
Talia resta muette un instant, pesant le pour et le contre : si elle jouait franc jeu et lui révélait que Harry l'avait informée de son rejet des hôpitaux et des soins, elle risquait de perdre la confiance d'Harry. Mais n'était-il pas tout aussi primordial de gagner celle de son parrain, qui était juridiquement responsable de lui ?
- Harry m'a tout dit, lâcha-t-elle alors.
- C'est-à-dire ?
Black sentit un profond malaise s'emparer de lui. Il amorça un mouvement pour se lever, prêt à courir en direction du Chemin de Traverse.
- Il m'a écrit hier soir, fit-elle en lui tendant un courrier.
Sirius lui arracha des mains et survola les grandes lignes :
- Le sale gamin ! S'écria-t-il en bondissant.
Talia se leva à son tour et lui barra la route :
- Je ne vous laisserai pas sortir tant que vous n'aurez pas signé un accord pour la prise en charge de ses visions ! Il a besoin de se faire soigner, Mr Black.
- Eloignez-vous de moi, je n'ai pas le temps de vous expliquer !
- Je me fiche de vos explications, je veux votre approbation ! Ne m'obligez pas à appeler la sécurité !
Sirius s'approcha dangereusement d'elle, son visage n'étant plus qu'à quelques centimètres du sien :
- Je SUIS pour la pratique de l'occlumancie pour mon filleul, docteur, et je n'ai rien contre les hôpitaux. Je viens juste de réaliser que Harry a monté cette rencontre de toute pièce pour pouvoir se débarrasser de moi cet après midi. Le connaissant, il doit être à l'Allée des Embrumes en ce moment. Maintenant dégagez de là, ou je vais devoir passer par la force.
Il n'en avait aucune envie. Ainsi prêt d'elle, il pouvait sentir son parfum et voir le détail de ses yeux clairs ravageurs.
Elle lui céda le passage :
- Revenez, lui demanda-t-elle.
Il y avait derrière cette demande un écho de désir et de prière. Ou étaut-ce son imagination ? Il acquiesça, s'attardant soudain sur ses lèvres, puis se précipita dans le couloir, décontenancé par tant d'émotions contradictoires et nouvelles.
15h sonnèrent à la grande horloge qui surplombait toutes les boutiques du Chemin de Traverse.
- Mon dieu, bientôt trois heures que nous sommes arrivés, gémit Molly. Ah ces courses, une corvée chaque année ! Ron tu as bien tous tes livres ?
- Oui, Maman, et ceux de Neville et de Colin aussi, bougonna son fils en portant une pile de dix livres à bout de bras.
Rémus portaient ceux de Lee, de Denis et d'Hermione, ce qui le fit demander :
- Et où sont passées nos deux jeunes lectrices ?
Mrs Weasley se tourna vers lui :
- Ginie était au rayon bandes dessinées, elle m'a dit qu'Hermione avait le nez plongé dans l'Histoire de la Magie.
- On a qu'à regagner la cheminée, elles nous y rejoindront, suggéra Ron.
Rémus sentit soudain que quelque chose se tramait. Il se tourna vers Harry :
- Où est Hermione ?
- Je ne sais pas, répondit immédiatement Potter. C'est bien le genre d'Hermione de passer une journée entière dans un bouquin ! Je suis d'avis de regagner la cheminée et de retrouver tout le monde.
- Oui, ce n'est peut-être pas plus mal, commenta Mrs Weasley en lorgnant sur les trois cents personnes qui allaient et rentraient de la librairie. Si on y retourne, on risque de se perdre de vue. De toute façon, elle finira bien par se rendre compte qu'il est l'heure de partir ?
Mais Rémus ne lui répondit pas, il se contenta d'observer très attentivement le visage débordant d'innocence de Harry.
- Je n'aime pas ça, lâcha-t-il tout à coup.
- Moi non plus, fit Potter avec une honnêteté qui apaisa un peu les soupçons de Lupin.
Et c'était vrai. Le lieu de rencontre avait du être regagné depuis bientôt une heure, l'absence d'Hermione ne présageait donc rien de bon. La troupe se dirigea vers leur point d'arrivée d'un pas vif, tandis qu'Harry et Ron échangeaient un regard peu rassuré. Leur malaise tripla lorsqu'ils arrivèrent au dit point de rencontre et virent que personne n'y était.
- Ca, c'est pas normal, fit Ron à voix haute, la peau plus blanche que jamais.
- Et nous voilà ! S'écrièrent en chœur Fred et George, qui venaient de transplaner devant leur mère, un sac bien rempli sous le bras.
- Savez-vous où sont Ginie et Hermione ? Demanda Rémus.
- On a vu Ginie sortir de la bibliothèque il y a deux minutes, elle venait par ici, sourit Fred.
- Et Hermione ?
- Pfff, vous posez la question ? Se moqua George. Il est évident qu'elle a du se noyer dans un bouquin à la bibliothèque !
Rémus leur remit les livres de la jeune fille et de Lee Jordan :
- Bon, ca commence à faire beaucoup de suppositions et de coïncidences, tout ça, s'impatienta le professeur. Je retourne à la bibliothèque. Je suis là dans cinq minutes.
Et il partit.
Mrs Weasley le regarda s'éloigner, un semblant d'angoisse apparaissant petit à petit sur ses traits :
- Mais où est Arthur ?
Les Kitanans se consultèrent du regard : les deux heures étaient VRAIMENT très largement passées. Il y avait un problème…
C'est alors que Ginie arriva :
- Maman !
- Ah, Ginie, chérie, où étais-tu ?
- A la bibliothèque avec Hermione ! Cette fille est incroyable, elle n'est pas capable de lâcher un livre ! Je lui ai dit que je partais, car c'était le seul moyen pour la faire quitter la bibliothèque : elle m'a dit qu'elle nous rejoignait d'ici un petit quart d'heure.
Sa mère sembla soudain plus rassurée. C'est alors que Arthur Weasley apparut dans leur champ de vision, les cheveux totalement décoiffés, la veste à moitié défaite, et le visage débordant de culpabilité :
- Vous avez vu Lee et Neville ? Demanda-t-il d'un ton suppliant.
Les frères Crivey apparurent à leur tour, le visage baigné d'un semblant d'inquiétude et de laxisme – curieux mélange aux vues des circonstances actuelles.
- Bien sûr que non, répliqua Molly, ils sont partis avec toi aux toilettes !
- Je ne les ai pas vus depuis au moins une heure et demi, je les ai cherchés partout ! Denis et Colin étaient avec moi à l'extérieur, ils n'ont rien vu non plus…
- Quoi ? Mais…
Rémus Lupin apparut alors :
- Je reviens de la bibliothèque, Hermione n'y est plus.(Il se tourna vers Harry) : J'exige une explication Harry !
- Et bien…En fait…
Mrs Weasley attrapa sa fille par l'épaule :
- Ginie ?!
Neville et Lee arrivèrent en courant à cet instant précis :
- Houhouuuuu ! On est là !!
Mr Weasley poussa un grand soupir de soulagement, portant une main sur son coeur, tandis que Ron se précipitait à leur rencontre :
- Vous nous avez foutu une de ces frousses ! Murmura-t-il en devançant tout le monde. Où est Hermione ?!
- Hein ? Fit Neville.
Rémus et les parents Weasley les rejoignirent à cet instant, la même interrogation à l'esprit:
- Bon il ne nous manque plus qu'Hermione alors, fit Molly, exaspérée, Rémus, tu es sûr qu'elle n'est pas à la biobliothèque ?
- Oui, aboya Rémus.
C'est alors qu'une pluie d'étincelles jaunes explosa dans le ciel, en dehors du chemin de Traverse, au cœur de l'Allée des Embrumes.
- Qu'est-ce que… Commença Lupin, surpris.
Harry, Ron, Ginie, Neville et les jumeaux Weasley se précipitèrent au travers de la foule pour rejoindre la source de ces étincelles, sans se donner la peine d'expliquer quoique ce soit. Les frères Crivey tentèrent de retenir les adultes, mais il était évident que l'intégralité du plan était en train de tomber à l'eau.
- Ron ! Harry ! GINIE ! Revenez-là enfin ! S'égosilla Molly.
- Harry ! HARRY ! Cira Lupin à son tour.
Son instinct lui dicta de sortir sa baguette et de se tenir à l'affût. Il ignora donc superbement les frères Crivey et courut à la suite du premier groupe de jeunes.
Des cris retentirent bientôt en provenance de l'allée des embrumes. Harry et le reste de la bande courraient à toute allure, bousculant les gens, renversant certains étalages :
- HERMIONE ???? Hurla soudain Ron, la voix légèrement raillée par l'inquiétude.
- JE SUIS LA !!! Retentit immédiatement l'intonation familière de Granger.
Potter pila, la cherchant du regard. Neville, qui continuait sa course folle, le percuta de plein fouet, puis se fut autour de Fred, puis de George. Ils tombèrent tous. Seul Ron put s'arrêter à temps et se précipita en direction d'Hermione, qu'il venait d'aperçevoir cachée dans une ruelle. Lorsqu'il ne fut plus qu'à quelques pas d'elle, la jeune fille se jeta dans ses bras, affolée :
- Oh mon dieu, j'ai eu si peur !
- A qui le dis-tu, gémit le cadet Weasley.
Ginie rappliqua :
- Qu'est-ce qui s'est passé, pourquoi tu n'es pas revenue à la bibliothèque ?
- C'est une excellente question, cingla la voix de Rémus Lupin en les rejoignant, tenant fermement Harry par le col du pullover.
- Aie ! Rémus, s'il te plait, arrête ! Se débattit Potter.
- Toi, tu vas me faire le plaisir de te tenir à carreaux jusqu'à ce que ton parrain s'occupe de ton cas, s'énerva Rémus en resserrant sa poigne. Tes parents ne sont pas morts pour que tu joues aux apprentis Aurors à la première occasion ! Hermione, Ron, Ginie, Fred, George, Neville : on retrouve Molly et on rentre !
A peine arrivés au quartier général de l'Ordre - et puisque aucun d'eux n'était décidé à donner les raisons de l'absence d'Hermione, de Neville et de Lee - ils furent tous consignés dans leur chambre, baguettes confisquées et avec interdiction formelle de mettre un pied hors de la maison. Mrs Weasley raconta le détail de ses péripéties au professeur Maugrey qui n'avait fait qu'approuver les cris de Mr Weasley envers chacun de ses enfants.
- Mais enfin, croyez-vous que c'est un jeu ? Avait tonné Arthur au visage de Ginie et d'Hermione, les dernières sur sa liste.
- PERSONNE NE CROIT QUE C'EST UN JEU ! Avait hurlé Ginie, sentant les larmes lui monter aux yeux. MAIS NOUS AVONS AUTANT LE DROIT DE NOUS BATTRE QUE VOUS !! ET CE N'EST PAS EN NOUS TENANT ENFERMÉS ICI QUE VOUS NOUS EMPÊCHEREZ DE PRENDRE LES ARMES, AU CONTRAIRE !!!
- Elle était obligée de répondre ça ? Murmura Ron à l'oreille de Harry, quelques chambres plus loin.
Les deux amis échangèrent un regard compatissant, mais ce qu'ils redoutaient arriva : un bruit de coup étouffé retentit, puis des pleurs beaucoup plus bruyant.
- JE T'INTERDIS DE PARLER COMME CA A TON PERE !!!
- Roh là là, cette première mission est un désastre, gémit Ron en enfouissant sa tête dans les couvertures du lit de Harry.
- Ca je n'en suis pas si sûr, releva Potter. Fred et George ont ramené et caché le Portoloin. Et pourquoi est-ce qu'Hermione… ?
Il ne finit pas sa phrase : après un bruit de porte qu'on claque, ils virent passer Neville, que Lupin poussait devant lui sans ménagement :
- Puisqu'il faut vous trouver des occupations saines pour ne pas faire de bêtise, vous allez me faire le plaisir de recopier le règlement à l'usage des jeunes sorciers toute la nuit ! Neville, Harry, Fred, Lee, Hermione, Denis, vous recopierez ce satané bouquin une fois entière, George, Ginie, Colin, Ron, vous nettoierez la cave de fond en comble ! (un bref coup d'œil en direction de Harry, puis) : RON TU TE DÉPÊCHES DE SORTIR DE LA ET DE PRENDRE UN BALAIS OU IL FAUT QUE JE TE TRAINE PAR LA PEAU DES FESSES ?!
- Non, non, non ! Se précipita Ron.
Il disparut de la chambre d'Harry, qui hérita d'un ouvrage poussiéreux de deux mille pages et d'un regard noir de Lupin – finalement, cela se voyait qu'il avait un côté loup-garou - puis, enfin, un grand silence s'installa. Même les pleurs de Ginie avaient cessé. Seul le bruit des Kitanans de corvée de nettoyage résonnaient dans la cage d'escalier : le grattement répétitif du balais brosse qu'on passe du haut des marches jusqu'au plus profond de la cave. Parfois, l'écho d'un « Taisez-vous ! » maternel retentissait, témoignant qu'en dépit de la punition et de la distance, les jumeaux avaient perdu leur bravache, mais pas leur langue.
C'est alors que la poignée de la porte de chambre de Harry s'ouvrit en douceur. Quelques mèches de cheveux bouclés passèrent en premier, faisant deviner au jeune homme que son invité n'était autre qu'Hermione Granger. Harry se redressa :
- Hermione !
Elle referma discrètement la porte derrière elle :
- Je ne peux pas rester longtemps, mais il faut que tu saches, Harry…
- Oui, oui, la pressa Potter, qui n'attendait que ça.
- L'antiquaire est bien plus impliqué qu'on ne le croyait dans les complots des Mangemorts : figure-toi que j'ai pu assister à une réuion. Il y avait Bellatrix Lestrange, Harry ! Et…
C'est alors qu'une voix d'homme tonitruante résonna dans toute la maison :
- HARRY JAMES POTTER !!!
Les deux jeunes gens échangèrent un regard choqué. Harry s'obligea à refouler ses questions et à retrouver son calme.
- Euh… C'était Sirius, ça ? S'inquiéta Hermione.
- Son double maléfique et psychopathe, tu veux dire, répondit Potter, les yeux agrandis par la peur. Tu dois repartir, vite !
Jamais une voix ne lui avait paru aussi furieuse : même les intonations rageuses de l'oncle Vernon passaient pour un miaulement inoffensif face à une telle explosion vocale. Ils entendirent des bruits de pas fracassant monter les marches quatre par quatre.
- Très bien, ça attendra demain, lâcha Hermione à toute allure en partant aussi silencieusement qu'elle était venue.
Très exactement dix secondes plus tard, sa porte s'ouvrit à la volée :
- Est-ce que tu te fiches de moi ?! S'écria Sirius.
Il reclaqua la porte derrière lui, mais c'était bien inutile : toute la maisonnée pouvait clairement suivre la conversation.
- Sirius, attends, laisse-moi t'expliquer, fut tout ce qu'Harry trouva à répondre dans l'immédiat.
- Oui bien sûr ! Explosa son parrain. COMMENCE PAR CA !
Il lui mit sous le nez sa lettre que lui avait montré Talia, à l'intérieure de laquelle Harry décrivait Sirius comme un homme légèrement paranoiaque et anti-soins. Le garçon déglutit et releva les yeux, penaud :
- Excuse-moi… Dit-il dans un murmure. C'est tout ce que j'ai trouvé pour t'empêcher de nous accompagner au Chemin de Traverse
La franchise de Harry était déconcertante, mais pas suffisamment pour apaiser la colère de Black.
- Trois leçons à retenir de cette journée, Harry, lança-t-il en faisant le signe « trois » de ses doigts. PRIMO, ne jamais m'envoyer paître loin de tes manigances : soit tu m'inclues dans tes plans, soit tu te contentes d'en rêver – tu peux dire adieu à tes sorties scolaires à Pré au Lard pour tout le premier semestre.
Le garçon se retint de jurer : lui qui se faisait une joie de pouvoir enfin y aller avec Ron et Hermione en toute légalité ! Cela allait être la première année que Sirius aurait un pouvoir de tuteur, il lui avait paru clair qu'il se montrerait plus compréhensif que Vernon. C'était sans compter ce revirement de situation… Le pire avec Sirius, était que contrairement à sa famille moldue, il connaissait redoutablement bien Poudlard et savait exactement où frapper pour faire mal. Enfin, Harry disposait toujours de sa cape d'invisibilité…
- DEUSIO, Brailla Sirius, interrompant ainsi le cours démoniaque de ses pensées, ne jamais TRAHIR MA CONFIANCE car elle est très longue à se restaurer – tu me feras le plaisir de prendre des cours d'occlumancie intensifs jusqu'à la fin de tes vacances, et n'espère pas pouvoir mettre un pied dehors avant de retourner à Poudlard.
Potter aurait bien soupiré, mais il sentait que le « TERCIO » lui réservait des surprises. Effectivement :
- Et TERCIO Harry, lorsque je te sanctionne une fois (il sortit la fausse baguette du garçon, que Neville avait mise à la place de la véritable, et la brisa de ses deux mains), ne t'avises surtout pas de me désobéir à nouveau ! Maintenant donnes moi immédiatement ta véritable baguette,ton hibou, ET la cape de James.
Harry sursauta, Hedwige hulula, comme si elle avait compris le contenu de la conversation et s'en offusquait.
- ILLICO PRESTO !
- Rémus a déjà ma baguette, se dépêcha de répondre le garçon, lui tendant la cage de son hibou.
- Ta cape ! Insista Sirius, impatient.
Harry fronça du nez et la sortit de dessous on lit, attardant son regard vert sur cette amie si précieuse. Puis il la donna à Sirius qui s'en empara sans plus de cérémonie et la mis sur la cage d'Hedwige. Il observa l'ouvrage qui trainait sur le bureau de son filleul :
- Je vois que Rémus a déjà mis son grain de sel. Combien de fois dois-tu copier ce livre ?
- Une fois entière ! Se révolta Harry.
- Je double : n'espère pas pouvoir manger quoique ce soit tant que je n'ai pas vu au moins le premier exemplaire !
Cette fois-ci, les paroles du garçon sortirent sans prévenir:
- Tu ne crois pas que tu en fais un peu trop ? Tu étais pire que moi quand tu avais mon âge !
- L'Allée des Embrumes, Harry ?! Non, même moi je n'y suis pas allée avant dix sept ans, et j'avais dans mon bagage bien plus de sortilèges que tu n'en as aujourd'hui, et surtout pas toute une armée de Mangemorts à mes trousses. ET JE N'AI PAS A ME JUSTIFIER !! Maintenant au boulot !!
Harry sursauta et s'attabla, trempant sa plume dans de l'encre. Il faillit la laisser tomber quand Sirius claqua une ultime fois la porte, faisant trembler toute la maison.
Chapitre 3 : Révélations
Quatre heures du matin approchaient quand Harry posa enfin sa plume. Il avait à peine atteint la moitié de l'ouvrage, mais il était incapable de continuer à écrire quoique ce soit. Se laissant petit à petit aller à ses pensées et à sa fatigue, il sombra dans un profond sommeil.
La pièce était plus grande que dans son souvenir, plus éclairée aussi. Il n'y avait plus seulement des bougies : quelques rayons de soleil traversaient de fins rideaux, éclairant ainsi de larges murs recouverts d'inscription et de photos moldues.
- Non, je ne pense pas que ce soit une bonne idée, intervint Harry en secouant la tête. Ils savent, désormais.
Il était avachi dans un immense fauteuil de velours vert foncé, les traits tirés par la lassitude, ses deux mains recouvrant ses paupières et se massant les tempes.
- Moi je suis d'accord, dit alors Hermione en s'approchant de lui, les cheveux étrangement lisses. C'est maintenant ou jamais, si nous parvenons à nous introduire dans le manoir ce soir, nous saurons tout des plans de Voldemort !
- J'ai dit non, s'entêta le jeune Potter. C'est hors de question !
Il sentait une forme d'inquiétude s'emparer progressivement de lui et enchaîner petit à petit sa gorge, prête à l'étrangler. Tout le monde se tourna alors vers une tierce personne, que Harry ne pouvait toujours pas voir. Il pouvait seulement la sentir. Et justement, il ressentait une multitude de choses… Confiance, peur, excitation… Complicité.
- Moi non plus, ca ne me réjouit pas je te signale ! Mais on a pas le choix ! Répliqua alors la tierce personne.
De nouveau, Harry se réveilla dans un sursaut. Cette voix ! Il la connaissait ! Mais enfin à qui appartenait-elle ?
La porte de sa chambre s'ouvrit alors, provoquant un léger grincement. Le jeune Potter se redressa en poussant un grognement mécontent : il s'était effondré sur sa table de chevet et était couvert de courbatures. Son irritation s'envola dès qu'il reconnut Hermione :
- Alors ? Bellatrix Lestrange ? Enchaîna immédiatement le jeune Potter.
Son amie lui répondit d'un coup d'œil fier :
- Je sais où les Mangemorts ont prévu de frapper désormais Harry !
Hermione lui expliqua en détail son intrusion, la façon dont elle s'était fait passer pour une commerçante de produits magiques illicites et très difficiles à se procurer, ainsi que la raison de ce meeting secret : il y allait prochainement avoir une cérémonie, à l'intérieur de laquelle de nouveaux serviteurs seraient accueillis.
- De nouveaux serviteurs ? Répéta Harry, inquiet. Quels nouveaux serviteurs ?
- Les membres de chaque famille Mangemort qui ne portent pas encore la marque devront jurer fidélité à Voldemort, y compris les enfants et les vieillards ! Récita Granger d'un ton impérial. Mais ce n'est pas tout. Harry, Lestrange a fait un tour de table pour savoir si on connaissait…
Elle s'interrompit, mal à l'aise, comme si elle mesurait pour la première fois le poids véritable de ces propos.
- Oui ? La pressa Potter.
- … Ils veulent rassembler toutes nos connaissances en matière de… Vampires.
Harry resta immobile et muet un instant.
- Ah parce que ça existe vraiment ? S'entendit-il demander, un soupçon d'incrédulité déplacée dans sa voix.
- Je n'en ai jamais été sûre ! Répliqua Hermione en se mettant soudainement à faire les cent pas dans sa chambre. Bien sûr l'Anthologie des Créatures Magiques mentionne l'existence d'hybrides tels que les centaures, les loups-garous, les licornes, les sirènes ou « autres espèces répertoriées dans le décret ministériel de définition des créatures non-moldues », mais cette mention est très vague ! Ceci étant dit, au début je ne croyais pas non plus aux dragons et aux araignées géantes…
- Hermione ? Tenta de l'interrompre Harry.
- Mais les Vampires n'ont pas de potentiel magique à proprement parler, donc peut-être qu'il faudrait d'avantage se fournir un ouvrage de croyances et mythes ! Ou alors au contraire, il existe certaines créatures, qu'on baptise vampire, qui se nourrissent tout simplement de sang et qui ont eux-mêmes des aptitudes magiques ! Auquel cas il me faudra me procurer d'avantage un bouquin de magie noire – comme tu t'en doutes je n'ai pas ça chez moi - mais un vampire est-il vraiment un monstre ou est-ce un humain qui a été…
- HERMIONE STOP ! S'imposa son ami en la prenant par les épaules, la forçant ainsi à sortir de son monologue.
Elle sembla s'apitoyer un peu plus sur elle-même :
- Oh Harry, cela fait tellement de questions pour si peu de réponses…
- Mais cette information là est déjà extrêmement importante, Hermione. Il faut prévenir l'Ordre du Phoenix.
Cette dernière phrase sembla remonter le moral de la jeune Granger :
- Oh, j'ai prié pour que tu dises ça, sourit-elle, soulagée.
- Hors de question de garder de telles nouvelles pour nous, voyons… Nous devrons juste trouver un moyen d'avertir les adultes sans qu'ils n'apprennent pour autant l'existence de notre ordre.
Le soulagement initial d'Hermione laissa place à une expression d'incompréhension. Les garçons n'étaient donc pas capables de faire les choses simplement ?
Il n'était pas encore tout à fait huit heures du matin lorsque l'intégralité des ordres du phoenix et des Kitanans s'était retrouvé dans la grande salle pour le petit déjeuner. Les plus jeunes évitèrent les regards noirs des plus âgés, se servant à volonté de céréales,morceaux de pain, toasts, œufs et charcuterie. Ils étaient bien contents que les menaces de Rémus et Sirius ne se soient pas avérées sérieusess, car aucun d'entre eux n'avait encore fini le premier exemplaire de copie du bouquin - et aucun d'entre eux ne se voyait passer encore une demi journée privé de repas.
- Et sur ce graphique, que vois-tu ? Demanda la voix douce du Docteur Talia MacGuiness.
Harry soupira. Cela faisait une heure et demi que son médecin en occlumancie lui montrait différents dessins et lui demandait de partager ses impressions. Le garçon jeta un coup d'œil aux taches d'encre noire difformes et entremêlées.
- Le feuillage d'un arbre ?
Sirius les observait patiemment dans un coin de la pièce. Harry ne savait pas trop s'il devait sa présence à son côté protecteur, ou à un attrait ostensible pour la femme médecin.
- Est-ce qu'on peut s'arrêter, s'il vous plait ? Bougonna le garçon. On y a déjà passé deux heures hier, et cela fait bientôt une heure et demie…
Black s'apprêtait à lui rétorquer qu'il avait tout intérêt à faire profil bas depuis son incartade à l'Allée des Embrumes la semaine précédente, mais Molly Weasley surgit soudainement, entrant dans la pièce les bras chargés d'une assiette de gâteaux secs :
- J'ai préparé des cookies ! Une petite pause peut-être ?
Harry et son parrain échangèrent un regard à mi chemin entre l'agacement et l'amusement : c'était quasi maladif, dès que Talia et Harry se retrouvaient seuls quelques minutes, il fallait qu'elle intervienne. Sirius la soupçonnait d'être jalouse de la relation de confiance qui s'instaurait entre Talia et Harry, même si Molly assurait à tout le monde qu'il ne s'agissait que de méfiance professionnelle envers une femme qui avait gagné l'Ordre du Phoenix un peu trop rapidement à son goût. A bien y réfléchir, c'était assez compréhensif : Molly avait représenté la figure se rapprochant le plus d'une mère pour Harry, et elle-même se plaisait à le considérer comme un fils supplémentaire. Craignait-elle que Talia lui vole son rôle de femme adulte protectrice ? Il était vrai que les échanges de regards et les sourires entre Sirius et Talia n'étaient passés inaperçus aux yeux de personne, et faisait de la femme médecin une rivale de poids.
- Oui, pourquoi pas, fit le Dr Macguiness à contre cœur. Si tu veux qu'on s'arrête un peu… Je te laisse goûter, je dois parler à Rémus.
Sirius leva un sourcil, surpris. Il se demandait ce que Talia pouvait bien avoir à raconter à son meilleur ami. Il fit quelques pas en direction des escaliers par lesquels avait disparu la jeune femme, et tendait l'oreille, aux aguêts.
- Parrain ? Fit alors Harry avec une voix doucereuse.
Black plissa les yeux et ne se retourna même pas.
- Toi, quand tu commences comme ça, c'est que tu as quelque chose à me demander. Ce qui tombe très mal puisque tu n'es pas en posture d'obtenir une faveur quelconque.
Le garçon masqua un sourire et alla le rejoindre. Un peu plus bas, ils entendaient très clairement Talia et Rémus discuter d'une petite fille qui avait été mordue par un loup garou deux semaines auparavant.
- En fait, je me disais… Tu crois qu'il serait possible de passer à Gringotts retirer quelques gallions avant que je ne retourne à Poudlard ? Je n'y ai pas pensé la dernière fois que nous sommes allées au Chemin de Traverse, or je vais en avoir besoin pour l'année qui s'annonce.
- Bien sûr que si tu y avais pensé, réctifia Sirius d'un ton anodin. C'était même ton prétexte pour remettre les pieds à l'Allée des Embrumes et poursuivre ta petite enquête.
Harry se râcla la gorge. Parmi tous les sorciers de l'univers, pourquoi avait-il fallu que son père lui choisisse comme parrain un homme aussi clairvoyant et adepte des entourloupes que lui ?
- Hm… Initialement, peut-être, se força à reconnaître le jeune Potter. Mais le fait est que j'ai vraiment besoin de cet argent…
Pour la première fois, son parrain lui accorda un regard.
- Bien. Nous irons samedi matin alors. Seulement toi et moi, et seulement l'aller retour, insista-t-il d'un ton sans équivoque.
Harry acquiesça. Il n'en attendait pas d'avantage.
Lorsque Talia revint, ils recommencèrent leurs exercices d'observation. Personne ne voyait trop comment de simples images pouvaient être une introduction à l'art de l'occlumancie, mais Harry et Sirius se sentaient en confiance – et à vrai dire, ils n'avaient pas le choix. Pour finir, la femme médecin lui montra un dessin d'enfant, qui représentait un paysage de forêt. On y voyait une petite prairie au loin, à l'intérieure de laquelle broutaient quelques vaches, ainsi qu'un petit ruisseau, d'où sautaient des poissons, et des arbres qu'escaladaient des écureuils. Prés du fleuve, une petite fille semblait faire coucou à quelqu'un : l'observateur du dessin sûrement. A sa droite, sur le sol, gisait une petite branche.
- C'est un joli dessin, est-ce c'est une de vos patientes qui…
Soudain, la branche se mit à bouger. Harry se tut. Jusqu'à présent Talia ne lui avait montré que des dessins moldus, comment se faisait-il que…
Ce n'était pas une branche. C'était un serpent. Quelle drôle d'idée d'avoir rajouté un serpent sur ce dessin : il n'était pas loin de la fillette en plus ! C'est alors que la bête mua et mua jusqu'à prendre la moitié de la feuille. Elle regarda Harry et parla en Fourchelang : « Je te vois »… Soudain la petite fille prit forme humaine et devint Ginie, son visage respirant la peur et sa bouche s'ouvrant pour pousser un hurlement. Le serpent cracha en guise de réponse et fonça sur elle.
- Oh mon Dieu !! Hurla Harry en se levant d'un bond et faisant bruyamment tomber sa chaise.
En moins d'une seconde, Sirius était à ses côtés, et une bonne partie de l'Ordre l'observait à l'entrée de sa chambre, leurs mines toutes plus inquiètes les unes que les autres.
Talia rentra le dessin dans une pochette.
- Intéressant, fit-elle avec le plus grand calme.
- Qu'est-ce qui se passe ? Harry, qu'as-tu vu ? Lui demanda son parrain.
Le jeune Potter ferma les yeux et secoua la tête.
- Je veux le revoir, ordonna-t-il à son médecin.
Talia sembla réflechir à la requête quelques secondes, puis ressortit lentement le croquis :
- Je ne m'attends pas à ce que tu aies une nouvelle vision Harry, lui murmura-t-elle.
Il s'empara du dessin et en détailla chaque partie, en vain : aucun flash ne lui revint.
Il expliqua à Talia et Sirius ce qu'il avait vu dès que Rémus eut fait déguerpir tout ce beau monde.
- Un serpent, répéta Talia. Bien sûr… C'est donc par là que nous commencerons la prochaine fois. Maintenant je dois y aller. Harry s'il te plait, note quelque part ce que tu as vu aujourd'hui – je vais faire de même.
Sirius racompagna Talia à la porte – Harry se doutait qu'il devait la harceler de questions, mais il ne s'en plaignait pas : il avait besoin d'un peu de solitude. Il ferma la porte et alla s'allonger sur son lit, sourcils froncés. Il replaça le dessin devant lui et se concentra de toutes ses forces. Le sommeil répondit présent bien avant qu'une quelconque vision apparaisse.
- Non mais tu plaisantes ? Camille vient à peine d'arriver à Poudlard ! Et puis c'est une Serdaigle je te signale ! Se moqua Harry tandis qu'il… passait la serpillère dans un long corridor obscur.
- Eh ! T'en as oublié là ! Râla alors la voix. Essaie pas de m'arnaquer : jusqu'à la commode c'est ta partie !
Potter leva les yeux au ciel :
- Ok, ok… Voilà. Content ? Se moqua-t-il en lavant une petite parcelle de pierre qui avait échappé au premier passage.
- Oh ça va hein, ferme là. C'est de ta faute si on est là je te rappelle !
- Oh, pauvre petite chose…
Un bruit de pas résonna derrière lui : Harry se retourna vivement et éclata de rire.
- En garde ! Lança alors son interlocuteur d'un ton joueur, toujours invisible.
- Tu veux qu'on se batte avec des balais ? Tu débloques ma parole ! C'est un coup à ce que Rogue nous…
Le balai s'effondra sur son avant bras et lui fit pousser un cri, mélange curieux d'amusement, de surprise et de douleur.
- Tu l'auras voulu !
Harry ouvrit les yeux, en douceur. Il ne soupira même pas. A quoi lui servirait-il de s'énerver de toute façon ? Peut-être que cette voix n'existait pas en réalité. Peut-être qu'il lui semblait la connaître car il l'avait rêvée depuis longtemps, sans se rappeler de ses songes les années passées.
On toqua à sa porte.
- Oui ?
- C'est nous, fit la voix d'Hermione.
Harry sourit.
- Entrez…
Il se doutait que Ron serait avec elle, en revanche il n'avait pas prévu que Neville, Fred, George et Ginie se joindraient à eux. Revoir la jeune fille aux cheveux roux en pleine forme lui fit le plus grand bien néanmoins.
- qu'est-ce qui s'est passé ? Demanda alors ron. On a entendu un cri, puis du bruit, mais les adultes nous ont empêché de venir…
- Pas pendant longtemps apparemment, ricana Harry, fier de ses amis.
- Dumbledore vient d'envoyer une missive au Professeur Maugrey, ils sont tous en réunion, expliqua Hermione. Alors ?
Le garçon s'assit sur son lit, ébouriffant ses cheveux pour bien se réveiller. Le fait que Ginie vienne s'asseoir à ce moment là juste à côté de lui eut d'ailleurs un effet encore plus direct.
- Oui euh, alors, commença Harry. En fait, vous vous souvenez de ce que Hermione nous a expliqué sur l'occlumancie la dernière fois ?
Tous acquiescèrent, et Potter leur raconta dans les grandes lignes ce qui s'était passé, n'oubliant pas de préciser qu'il retournerait au chemin de traverse très prochainement.
Le samedi matin arriva bien vite, d'autant plus qu'il s'agissait du dernier week-end avant la reprise des cours.
- Nous serons rentrés pour midi, promit Sirius à Molly et Rémus qui les regardaient passer le bas de la porte d'un air anxieux.
- Faites attention à vous, ajouta Arthur en lançant un coup d'œil suspicieux à Harry.
Le garçon retint un sourire : comme si après trois semaines d'occlumancie forcée, de réflexions en tout genre et d'interdiction de sortir il allait jouer les filles de l'air ! Il était magouilleur et aventurier – pas suicidaire. La donne aurait peut-être été différente si Sirius n'avait pas été son accompagnateur… Mais en ce samedi matin, ses intentions étaient tout ce qu'il y avait de plus nobles.
- Tu as le papier de James et Lily pour retirer ton argent ? Se renseigna Sirius après quelques pas.
- Oui.
- Bien. Harry ?
- Oui ?
- Si tu me fais une entourloupe dans la matinée, je te jure que je te ramène à la maison par la peau des fesses, et que ce sera vraiment ta fête.
Son filleul lui servit un sourire moqueur :
- Moi aussi je t'aime mon parrain adoré.
Black ricana et posa une main ferme sur sa nuque tandis qu'ils traversaient la route pour se rendre au métro. C'est ainsi que Harry réalisa que c'était la première fois qu'il se rendait au Chemin de Traverse par un autre moyen qu'une cheminée.
- Comment… ?
- Je souhaite te montrer comment ton père et moi nous rendions au Chemin de Traverse, coupa son parrain. Il faut que tu saches que le réseau de Cheminées est très pratique, mais pas infaillible.
Ils descendirent les marches qui menaient au métro de l'arrêt Ste Cécile, puis observèrent la faune du métro. Harry remarqua qu'il n'y avait personne d'autre qu'eux et un vieux couple. Tandis qu'il se dirigeait vers le quai, son parrain l'attrapa par la manche du pull :
- Non, pas par là, sourit-il d'un air farouche.
Ils se rendirent tout au fond de la salle froide et carrelée de partout, pour déboucher sur un étroit corridor. Ils arpentèrent le couloir pendant cinq bonnes minutes, puis débouchèrent sur un panneau d'achat de tickets de métro moldu. Sirius plaça son filleul devant l'écran :
- Alors ? A ton avis ?
Mais le garçon ne cessait de se retourner pour s'assurer que le vieux couple ne les avait pas suivi :
- Ne t'inquiète pas, le rassura Sirius, dès que nous franchissons l'entrée du corridor, une illusion se dégage nous montrant prendre la sortie.
Harry acquiesça, fasciné, et reporta enfin son attention sur l'écran tactile. Il y avait une multitude d'arrêts possibles, et aucun ne lui semblait famillier : Draupold, Tisremine, Taverne Désir & Mech, Aurel Pard…
-
Comment veux-tu que je sache quel arrêt nous conduirait au Chemin de
Traverse ? S'agaça Harry. C'est la première fois que je
mets les pieds dans…
- Réflechis, insista Sirius, amusé.
Harry passa sa main par-dessus l'écran. Son parrain le mit en garde :
- Attention. Si tu touches l'un des arrêts, nous nous y retrouverons de suite.
- Un Portoloin, traduisit Harry, encore plus excité. Mais comment… ?
Il ne finit pas sa phrase.
- Ce sont des anagrammes ! Comprit-il soudainement. Là, c'est le centre ville de Londres, là c'est la clinique ste Mangouste ! Et Draupold, c'est Poudlard !
- En fait il fait arriver un peu à l'entrée de la Cabane Hurlante, précisa son parrain. Mais effectivement, les lettres de chaque lieu sont inversées.
- Tisremine, par contre… ? Questionna Potter.
- Le Ministère, expliqua Sirius. Mais il est préférable de ne pas s'en servir pour se rendre dans des lieux aussi formels : la plupart de ces portoloins ont été disséminés en Angleterre il y a plusieurs siècles, et ne sont connus que de quelques familles de sorciers, qui leur font changer d'apparence et s'assurent de leur bon fonctionnement. Dès que le Ministère apprend l'existence d'un de ces moyens de communication indétectables par leurs services, il en ordonne la destruction. Soit disant pour contribuer à la sécurité générale.
- Tu n'y crois pas vraiment ?
Sirius appuya sur la case « Taverne Désir & Mech » :
- Je pense que le Ministère veut contrôler un maximum de sorciers, et qu'il ne se rend pas compte que de telles informations, mises entre de mauvaises mains, peuvent tous nous conduire au désastre.
Il n'en dit pas plus : leurs corps commencèrent à se compresser et ils se sentir soulever du sol.
Le chemin de Traverse était encore à deux rues plus loin. Ils s'y rendirent en silence, Sirius jetant des coups d'œil méfiants de part et d'autre, Harry s'émerveillant du centre ville moldu de Londres. Sa famille s'était déjà rendue plusieurs fois dans cette ville faire les boutiques pour Dudley, mais évidemment, lui n'avait pas eu la même chance. Ils entrèrent dans un café bondé et se rendirent dans l'arrière boutique de façon tout à fait naturelle : Sirius sortit sa baguette et effleura quelques dalles à toute allure. Le mur disparut et ils se retrouvèrent pas très loin de la boutique d'animaux pour sorciers du Chemin de Traverse.
- J'adore la magie, s'émerveilla Harry. Je ne m'en lasserais jamais ! Merci de m'avoir montré ce portoloin. Peut-être qu'un jour ça me sera utile… Je pourrais peut-être venir te voir de Poudlard des fois ?
Son parrain eut une esquisse de sourire, puis reprit son sérieux :
- Comme je te l'ai dit, moins l'existence de ce portoloin est connue, mieux c'est. Disons que tu ne t'en servirais qu'en cas d'extrême urgence !
Il l'attrapa par l'épaule et tous deux tournèrent à droite :
- La Banque Gringotts est au bout de cette ruelle.
- Est-ce qu'elle est toujours tenue par les Gobelins ? Enfinje veux dire, après ce que nous avons entendu avec Hermione et Ron la dernière fois : comme quoi ils étaint partisans de Voldemort désormais.
- Partisan est un bien grand mot pour des Gobelins. Ils tolèrent les directives de ceux qui servent le mieux leurs intérêts, voilà tout. Pendant longtemps, cela a été le Ministère, puis comme avec toute institution Fudge a fini par resserrer l'étau et les fonds qu'il leur allouait. C'est ainsi que la proposition de Voldemort est devenue plus alléchante. Tu sais Harry, les Gobelins n'ont jamais vraiment été appréciés des humains, et vice versa. Fudge a mis en place sous son mandat plusieurs lois obligeant les créatures non humaines, tels les Elfes, les Hybrides, ou les Gobelins, à vivre cachées. Pour la plupart d'entre elle, elles nourrissent un profond dédain pour le régime politique actuel. Voldemort sait parfaitement où trouver ses alliés, crois-moi.(Il soupira) : Mais pour répondre à ta question, il y a encore des Gobelins à Gringotts, qui travaillent de pair avec une poignée de sorciers du Ministère et sous la surveillance d'Aurors.
Harry réfléchit à ce que Hermione avait entendu lors de sa venue à la dernière réunion et toussota.
- Quand tu dis hybrides, tu penses aux loups-garous, centaures… Vampires ?
Son parrain ricana :
- L'existence des vampires reste à prouver Harry, comme l'existence de dragons domestiques, ou de sorciers aux pouvoirs sans baguette magique.
- Ah. Et si tu devais vérifier où irais-tu ? Demanda son filleul, d'un ton tout aussi amusé.
- Hm… Je demanderai à Dumbledore. Et au Service d'enquête du Ministère, qui est chargé de répertorier les morts suspectes, pour voir s'il y avait des cas de morsures particulières. Il y a aussi les journaux et leurs archives, qui contiennent des tas d'informations… Pourquoi cette question ?
- Comme ça… Un cauchemar que j'ai fait…
Mais bien sûr. Voilà comment Harry pouvait mettre en garde l'Ordre du phoenix : en parlant de ses découvertes comme de rêves. L'effet chez Sirius ne se fit pas attendre :
- Un cauchemar ? Sur Voldemort et les vampires ? Pourquoi tu ne nous en as pas parlé avant ? S'alarma-t-il.
- Je l'ai fait cette nuit, mais je ne me rappelais plus l'avoir fait. C'est quand tu as commencé à parler des décrets sur les Hybrides que les flashs me sont revenus…
- Et alors ? Qu'as-tu vu exactement ? Le pressa Black, sourcils légèrement froncés en signe d'inquiétude.
- J'ai rêvé qu'une réunion extraordinaire se tenait quelque part - je ne sais pas où - et que plusieurs Mangemorts discutait des derniers ordres de mission reçus par Voldemort.
Il lui raconta ce qu'Hermione lui avait dit de retour de l'Allée des Embrumes, prenant bien soin de décrire les faits comme un rêve.
- « Réunir toutes leurs connaissances en matière de vampires », répéta alors Sirius, songeur, après plusieurs minutes de discussion et tandis qu'ils arrivaient à la Banque. Hm… J'en parlerais à Dumbledore ce soir.
Son filleul sursauta. Il avait un mauvais pressentiment.
- Tu veux dire que tu lui écriras ce soir ? S'enquit-il.
- Non. Dumbledore se joindra à nous ce soir, rectifia Sirius en ignorant royalement sa mine inquiète. Il y a plusieurs choses dont il veut discuter avec nous et avec vous. Rogue sera là également d'ailleurs, ajouta-t-il d'un air moins réjoui.
Potter sentit ses méninges tourner à toute allure, tandis qu'ils passaient le bas de la porte de Gringotts sous le regard observateur de deux Aurors. Si Dumbledore débarquait ce soir au quartier général, cela allait probablement lui valoir des ennuis. De gros ennuis. Ils étaient tous parvenus à duper les adultes sur l'existence de l'Ordre des Kitanans et de leurs missions, mais parviendraient-ils à en conserver le secret en la présence du Directeur de Poudlard ? Et ses visions, il allait devoir en parler ! Il devait à tout prix mettre en garde ses amis contre la venue de Dumbledore. Et mettre également en garde Charlie, leur espion de prédilection qui avait eu beaucoup de mal à ne pas tout répéter aux adultes après leur petite incartade de la dernière fois.
Ils se dirigèrent vers un comptoir d'accueil, tenu par un Gobelin et une jeune sorcière portant un badge de stagiaire.
Le petit banquier aux oreilles pointues leva vers eux un regard empli de dédain, attendant que leurs visiteurs expliquent la raison pour laquelle ils venaient le déranger, mais la stagiaire prit la parole :
- Bonjour Messieurs et bienvenue à la Banque Gringotts, dit-elle gaiement. Que pouvons-nous faire pour vous ?
Le gobelin lui lança un regard assassin, qui ne la mit pas du tout mal à l'aise.
- Je viens retirer de l'argent, à ce compte, expliqua Harry en tendant le papier qui contenait ses coordonnées bancaires.
- Oui… Alors… Nom : Harry Potter. Résidence…
C'est alors qu'elle releva subitement la tête vers lui et rougit.
- Oh euhh… Je ne vous avais pas reconnu, excusez-moi, balbutia-t-elle.
Cette fois, Sirius et le Gobelin levèrent les yeux au ciel d'un mouvement similaire.
- Euh, y a pas de mal, répondit Harry, tout aussi gêné.
La stagiaire reprit sa recherche avec un sérieux redoublé.
- Chambre 412 ? Demanda-t-elle au Gobelin pour validation.
Son absence de réaction lui témoigna qu'elle avait vu juste. En cas d'erreur il se serait fait un malin plaisir de lui rappeler immédiatement que les membres envoyés par le Ministère étaient des incapables, surtout les stagiaires.
Elle les conduisit à la Chambre où étaient stockés les Gallions de Harry. Par respect, Sirius se tint à une distance respectueuse de la porte d'entrée. Le jeune garçon prit une somme assez large, sachant que son année scolaire allait être probablement plus coûteuse du fait de l'Ordre que les années précédentes.
Ils regagnaient calmement la sortie de la banque lorsque, juste après que la stagiaire leur ai dit au revoir et soit partie regagner son poste, ils croisèrent une femme grande et élégante. Sirius se contracta immédiatement.
La femme le toisa froidement :
-
Tiens donc. Ils acceptent les criminels maintenant dans cette
Banque ?
- Apparemment oui puisque tu t'y trouves, rétorqua
Black. Ton mari n'est pas avec toi Narcissia ?
Harry percuta. Narcissia Malfoy.
- Oh, peut-être ne le sais-tu pas, mais il a disparu depuis plusieurs semaines. Une méprise terrible…
- Tu m'en vois ravi. Navré, je veux dire.
Elle posa ensuite son regard plein de venin sur Harry.
- Comme c'est touchant. Tu essaies d'être un père pour lui ? Le pauvre. Condamné à perdre tous ceux qu'il aime les uns après les autres…
Black mit la main sur sa baguette, mais Harry l'empêcha de la sortir :
- Elle n'en vaut pas la peine, Sirius. Son sarcasme, c'est tout ce qui lui reste ! Déclara-t-il d'un ton tranchant.
S'il y avait une chose qu'il ne supportait pas, c'était qu'on s'en prenne à ses amis et son parrain.
- Erreur, lança alors une voix jeune et masculine. Malheureusement pour toi, Potter, elle m'a encore, moi, explicita Drago Malfoy en prenant place à côté de sa mère, un petit sac rempli de Gallions sous le bras. Mais la relation entre une mère et son fils, tu ne sauras jamais ce que c'est, n'est-ce pas ?
Harry vascilla. Non pas parce que Drago venait d'être particulièrement blessant. Non pas parce que Narcissia les regardaient avec des envies de meurtre. Non pas parce que Sirius avait de plus en plus de mal à garder son calme. Non… Harry sentit la tête lui tourner car il venait enfin d'identifier la voix de ses rêves, la présence invisible mais curieusement complice qu'il avait cherché à reconnaître dans ses visions depuis toutes ces semaines. Drago Malfoy.
