Salut tout le monde ! Normalement (je dis bien normalement, parce que la vie réserve parfois des surprises) je devrais reprendre un rythme de publications plus réguliers sur cette fic ! En effet, jusqu'à présent, je consacrais une grande partie de mon temps libre à la réécriture de Harry Potter et l'Enfant Maudit (certains d'entre vous sont peut être en train de le lire ?) et j'ai terminé justement hier soir ! Du coup, ce projet étant à présent terminé, je vais pouvoir logiquement retravailler plus activement sur les 100 pétales !
Mars
Lundi après-midi
Assis sur le rebord de la fenêtre ouverte, de façon à être suffisant à l'abris pour ne pas être mouillé, Sarpédon observe l'Ile qui s'étend au pied de la colline. Il n'y a pas encore eu de dégâts réellement importants, les Spectres et les Chevaliers font au mieux pour sécuriser l'endroit et quelque uns ont quitté provisoirement leur domicile placé non loin de la mer, pas précaution. Pour le moment, les maisons n'ont pas spécialement été inondées. Mais malgré toutes les précautions mise en place, si le niveau de l'eau continue à monter, même la Villa finira par être engloutie.
Dans une semaine, ça sera quasiment l'apocalypse si on ne parvient pas à stopper Poséidon. Les pertes humaines seront beaucoup plus importantes voire même inévitables.
Ses yeux verts se posent sur les plages où Albafica aime venir se promener en rentrant du travail. Il n'y a plus de sable visible, toutes ont été recouvertes par la mer et celle-ci continue de monter doucement et sournoisement le long des pentes aménagées et des murets de protection.
Trois jours… Il faut qu'on voie Poséidon d'ici trois jours, quatre maximum… Les dégâts seront encore évitables durant ce délai, mais au-delà…
Il ferme les paupières, les sourcils froncés. En se concentrant, il peut sentir l'Energie du Dieu des Mers présente dans la pluie et les océans.
Peut-être devrais-je intervenir moi-même pour stopper de force cette continuelle averse… ?
Non, je ne dois faire ça qu'en cas d'extrême urgence, il faut absolument tenter de régler le conflit à l'amiable. Autrement, mon intervention sera prise comme une provocation, voire comme une déclaration de guerre, et nous aurons alors encore plus d'ennuis.
- Est-ce que tu te sens mieux ?
Le rouquin rouvre les yeux et tourne la tête. Aiacos est nonchalamment appuyé contre le chambranle de la porte.
- Pardon ?
Le Garuda sourit et traverse la chambre pour le rejoindre :
- Est-ce que tu te sens mieux maintenant que tu as avoué avoir utilisé Kanon ?
Sarpédon hausse les épaules sans répondre.
Aiacos n'insiste pas et s'accoude à la fenêtre, un paquet de cigarettes à la main. Le rouquin jette un coup d'œil à son frère tandis que celui-ci extirpe l'un des cylindres de l'étui. Surprenant le regard, le Garuda lui tend sa cigarette et s'en prend une deuxième qu'il allume d'un coup de Cosmos dans la foulée. Il s'apprête également à allumer celle de Sarpédon et constate que celui-ci ne l'a pas attendu : une légère fumée s'élève déjà de l'extrémité incandescente.
Tient ? Sarpédon n'a pas sorti de briquet pourtant, il a donc fait comme moi ? Je ne l'ai jamais vu utiliser un Cosmos en lien avec le feu jusqu'à présent.
Bien que curieux, Aiacos ne pose pas la question de vive voix et préfère la garder pour plus tard, il en a une plus urgente à poser actuellement :
- Est-ce que tu as influencé d'autres trucs, de la même façon que tu as manipulé Kanon ?
Sarpédon prend le temps de réfléchir un peu, avant d'acquiescer :
- Oui. C'est grâce à moi que Pandore a su que Minos n'avait pas tué Albafica.
- Comment ça ?
- Quand Minos a réalisé qu'Albafica n'était pas mort, il est allé voir Luco pour poser des questions sur le muguet blanc. Luco est loin d'être un imbécile, il a eu un soupçon. De mon côté, désireux de faire payer Minos par jalousie, j'ai soufflé à Pandore d'aller interroger la Dryade. Ensuite, j'ai influencé Luco pour le forcer à avouer ses doutes et Minos a été puni ensuite…
Un vague sourire amusé étire les lèvres d'Aiacos :
- Donc tu es responsable des coups de fouet qu'il a reçu !
Un petit rire lui échappe, il continue :
- On va éviter de lui avouer ça, sinon il va être horriblement casse-pied.
Assis sur le canapé du loft, Albafica referme le carnet de Lugonis qu'il vient de terminer de feuilleter et le pose sur la table basse devant lui, avec les autres déjà parcourus.
Rien, rien et rien…
Avec un soupir, il enfouie le visage dans ses mains, un peu démoralisé. Cherchant à se rendre utile à sa façon, le jeune homme est monté dans cette pièce et s'est mis à étudier les écrits de son Maître avec le vague espoir de trouver de quoi aider les autres.
En même temps, si Saga ne trouve rien alors qu'il a accès à la Bibliothèque des Grands Popes au sommet du Mont Etoilé…
Il redresse la tête en regardant les cahiers déjà lus, puis ceux à étudier mais où il doute de trouver des informations sur Poséidon, et croise les mains sous son menton en soupirant.
Même Shion a maintenant accès à plus de connaissances que moi. Saga lui a donné l'héritage d'Hakurei, il a un accès totalement libre à Jamir, aux Armures et à leur mémoire et aux ouvrages là-bas. Il est devenu le bras droit du Grand Pope…
Albafica laisse son regard errer sur la pièce.
Les Juges ont accès au Manoir d'Hadès. Saga a les archives des Grands Popes et Shion peut aller à Jamir… et moi, je ne suis rien. Je n'ai pas d'incroyables connaissances à portée de main, je ne suis plus un Chevalier d'Or… Quel rôle dois-je tenir là-dedans ?
Déçu de se sentir inutile, le jeune homme plonge tout de même la main dans la boîte contenant les écrits. Il ouvre le cahier sur ses genoux et le découvre vierge.
Oh ? Je les pensais tous pleins.
Rapidement, Albafica fait défiler les pages et s'assure qu'il n'y a vraiment rien de marqué. Il s'apprête à le remettre dans la boîte et suspend son geste.
A défaut d'aider concrètement les autres, peut-être puis-je me faire témoin de cette époque exceptionnelle où la paix est instaurée avec Athéna mais avec Poséidon qui s'éveille ensuite.
Soudain très motivé, le jeune homme se laisse glisser du canapé et s'assoit sur le tapis, avant de pousser la pile de carnets étudiés. Il attrape le stylo posé à portée de main et ouvre le cahier à la première page. Avec soin, il note la date du jour et commence à écrire.
En tailleur, le jeune homme ne voit pas les heures s'écouler et noircit les pages sans prendre de pause, sauf pour allumer la lumière.
A la manière d'un journal intime, Albafica raconte rapidement les débuts de sa vie en compagnie de Lugonis, sa formation pour devenir Chevalier des Poissons, la mort de son Maître, la Guerre Sainte, son sang empoisonné… puis sa rencontre avec Minos, ce qu'il a appris sur les Spectres, sur Minos et les Juges. Il mentionne Milétos, Apollon, Héra et Zeus, la paix avec Athéna et l'éveil de Poséidon. Ensuite, il raconte leur séjour à Knossos, la découverte de l'existence de l'Orichalque, puis rempli plusieurs lignes concernant Sarpédon et termine avec le don de vision découvert récemment.
Toutes ses pensées, ses interrogations et ses impressions sont couchées sur le papier. Lâchant son stylo, le jeune homme remue ses doigts pour les détendre. Il tourne la tête en entendant des pas dans l'escalier conduisant au loft et aperçoit bientôt Minos.
- Décidément, tu es toujours fourré ici.
Albafica sourit tandis que le Griffon le rejoint.
- Pourquoi tu es assis par terre ? Le canapé n'est pas là pour faire joli.
- Je sais, mais pour écrire ce n'était pas pratique d'être penché sur la table basse.
-… Ecrire… ? relève Minos dont les yeux se posent sur le cahier ouvert devant son amant.
Sans attendre son autorisation, le Juge s'en saisit et feuillète les pages avec curiosité. Très intéressé par ce qu'il lit, il prend place sur le canapé et laisse Albafica s'adosser contre ses jambes.
Minos ne peut s'empêcher de sourire en parcourant les lignes écrites par le jeune homme.
C'est appréciable de le voir rectifier le tir au sujet des Spectres. Il a bien retenu tout ce que je lui ai dit sur nous et explique les raisons qui nous poussaient à nous battre dans cette Guerre Sainte, nous ne sommes pas dépeints comme des sales types qui agissent sans justification valable.
Il continue de lire ce témoignage, conscient qu'Albafica est vraiment unique avec son éducation de Chevalier d'Athéna qui partage maintenant sa vie avec des Spectres.
Albafica…
Parcourir ces pages lui fait prendre conscience du rôle important joué par ce dernier. Sans lui, ils ne seraient pas là, aujourd'hui.
Etrange comment une seule personne peut apporter et modifier bien des choses. Et le pire, c'est qu'il n'en a pas conscience lui-même.
Sa rapide lecture achevée, Minos referme le carnet et caresse les cheveux bleus :
- J'ai remarqué que tu te poses beaucoup de questions sur Knossos.
Le jeune homme reste assis par terre et appuie sa joue contre un genou du Juge :
- Ce que j'ai vu de ton époque ne correspond pas à ce que j'ai lu dans les livres d'Histoire…
- Tu as tapé juste cependant, nous étions dans une époque très antérieure à celle imaginée par les historiens.
La réponse fait réfléchir Albafica. Les mains du Spectre délaissent ses mèches pour venir se poser sur ses épaules et les masser.
- Je ne comprends pas. Ta civilisation était incroyablement avancée et pourtant les Hommes ont tellement perdu par la suite, ils ont même régressé ! Comment est-ce possible ?
Un sourire amusé étire les lèvres de Minos :
- Tu le sais, Alba. Tous les mortels connaissent l'histoire d'une civilisation particulièrement avancée qui a brusquement cessé d'exister… ça ne te dit rien ?
Le jeune homme fronce légèrement les sourcils. Une réponse s'impose dans son esprit, mais il n'ose y croire sérieusement.
- L'Atlantide… ? finit-il par répondre avec une expression des plus sceptiques.
Le Griffon acquiesce tout en continuant à le masser :
- Exactement, Sushi. Mon peuple vivait à une époque fertile et plutôt moderne par bien des aspects. La bénédiction du Seigneur Poséidon nous apportait énormément.
- L'Orichalque… devine Albafica.
- Oui, l'Orichalque n'est autre que le fameux « minéral » des légendes propres aux Atlantes. L'Orichalque, cadeau de l'Empereur des Mers, rendait nos terres fertiles et prospères. Il nous apportait l'énergie nécessaire pour vivre et c'était notre trésor le plus précieux. Parfois, Poséidon intervenait également en protégeant nos territoires d'invasions ennemies ou encore en veillant sur nos marins en déplacement. Tous ces éléments réunis donnent ce que l'on appelle l'Atlantide qui, à l'époque, englobait notamment le territoire de Santorin et la Crète.
Fasciné par ces révélations, Albafica se sent comme un petit garçon découvrant que les contes de fées sont réels. Il se redresse et s'assoit sur le canapé, à côté de Minos.
- Et que s'est-il passé ensuite ? Pourquoi est-ce que ça a pris fin ?
- Les mortels ont oublié les Dieux et leurs présents, ils ont commencé à se prendre pour les Maître du Monde. Poséidon a sévi, jugeant ces Hommes hautains, égoïstes et indignes de ses privilèges.
Le Griffon s'allonge tout en attirant son amant contre lui :
- Il a déclenché un terrible tremblement de terre qui a engendré une double conséquence : le volcan de Santorin est entré en éruption et a provoqué moult dégâts à lui seul. Ensuite, un raz de marée s'est à son tour abattu sur la Crète. Bien entendu, Poséidon a récupéré son Orichalque, privant les survivants de son énergie bienfaitrice.
- Que sont devenus ces survivants… ?
- Certains ont pu fuir en Egypte, un pays allié qui a pu les accueillir. Ceux qui sont restés en Crète ont été massacrés par les Grecs, jaloux d'eux depuis longtemps, et décidés à profiter de ce territoire maintenant affaibli pour en prendre possession et l'empêcher de redevenir une grande puissance.
Le silence retombe entre eux. Choqué, Albafica réfléchit aux confidences de Minos. Il ne peut s'empêcher d'être triste pour ce peuple qui a tout perdu en peu de temps.
Certains s'étaient détournés des Dieux, mais sûrement pas tout le monde non plus… Beaucoup d'innocents ont péri injustement.
Ses yeux se posent sur son cahier. Il mettra par écrit tout ce que vient de lui raconter le Juge, mais pas ce soir.
Minos parle de tout ceci avec un tel détachement, c'est presque incroyable comme situation. Il fait partie d'un peuple disparu qui laisse aujourd'hui encore les historiens et scientifiques perplexes. Il a également l'air de se sentir à peine concerné par ce qui est arrivé à son propre pays.
La main du Juge se balade librement dans le creux de ses reins.
En même temps, qu'est-ce que je voudrais qu'il fasse d'autre ? Il ne va pas rester attaché à quelque chose qui s'est produit il y a des milliers d'années… En attendant, Poséidon me parait très caractériel et facilement irritable, négocier avec lui pour libérer Athéna ne va pas du tout être facile.
- Tu as mangé, Poisson ?
- Pas encore…
- Alors remédions à cela, décrète le Griffon en se redressant dans le canapé. J'ai aperçu de magnifiques entrecôtes dans le frigo, tu vas me cuisiner ça.
Trop habitué aux exigences de Minos pour songer à protester, Albafica lui emboîte le pas et descend l'escalier.
Un volcan qui entre en éruption, suivi d'un raz de marée…
Presque instantanément, il se remémore la vision de son enfance.
« Il vole, juché sur un grand animal blanc. Les puissantes ailes battent régulièrement l'air en l'emportant dans le ciel et en décrivant des cercles autour d'une zone en particulier. Curieux, il baisse les yeux et voit une île.
La Crète est magnifique vue d'ici !
Le palais de Knossos étincèle, joyau lumineux au milieu de cet écrin de verdure.
Pourtant, le ciel s'assombrit. Inquiet, il voit la mer se déchaîner, le volcan de Santorin entre en éruption et provoque un raz de marée qui s'abat sur l'île. Tétanisé et impuissant, il regarde l'île perdre son éclat et se faire envahir par les Grecs qui viennent empêcher les Crétois survivants de redevenir le puissant peuple qu'ils ne sont plus. L'île perd son pouvoir, son influence et sa réputation. Le palais tombe en ruines.
- Pourquoi… ? murmure-t-il.
- Les Hommes ont oublié les Dieux et leurs présents, ils ont commencé à se prendre pour les Maîtres du Monde. Les Dieux ont sévi et punis ces misérables créatures. Les Humains méritent d'être éradiqués ! Ils sont trop nombreux à présent, trop hautains et égoïstes !
Albafica baisse les yeux vers sa monture qui vient de lui répondre un Griffon.
- C'est injuste ! proteste-il. Certains sont innocents ! »
Le jeune homme pénètre dans la cuisine, troublé.
En fait, cette étrange vision m'en a montré énormément à l'époque Sans même le connaître, j'ai vu Minos, la civilisation de l'Atlantide et sa fin. Je me demande quel est l'élément déclencheur de ces visions.
