Ce que je redoutais est finalement arrivé. J'aurais du me fier à mon instinct. Mais cela s'était passé de façon tellement naturelle que je ne l'avais même pas vu venir. La veille on se parlait comme de bons amis, et le lendemain il m'embrassait. Moi. YunGi. C'était improbable. Et comment refuser un baiser espéré depuis si longtemps ? C'est impossible. Alors j'ai foncé sans me poser de question. Ce que je n'osais pas espérer était en train de se réaliser, je ne pouvais l'ignorer. Même s'il avait déménagé loin de moi, je m'en fichais. Les sentiments que j'éprouvais pour HoSeok étaient réciproques, et c'était tout ce que je demandais.

Ces sentiments, jamais dit clairement. Peut-être que tout a commencé là. Il ne m'avait jamais clairement dit ses sentiments, mais je les lisais dans ses yeux, et dans ses actions. Du moins, c'est ce qu'il me semblait. Les mois passaient, la distance faisait souffrir, et on ne se contactait pas si souvent que cela, mais je faisais avec. Je m'estimais déjà heureux de l'avoir. J'étais stupide. Car quand j'y repense, notre relation n'avait pas tant changé que ça. Bien sûr, il y avait les marques d'attention en plus, les baisers, etc. Mais nous discutions toujours aussi peu par texto, et les seules fois où on se voyait, on n'avait pas non plus beaucoup de conversations. Quelques blagues par ci, quelques vannes par là. On profitait juste du moment ensemble.

Mais comment une relation pouvait durer comme cela ? Sans plus de dialogue ? Sans se confier l'un à l'autre ? Oh bien évidemment, on parlait de nos petits soucis quotidiens, mais cela n'allait jamais très loin. Seulement, en dépit de tout cela, je voulais croire que ça pouvait durer. Car j'étais juste heureux d'être avec lui.

Quelle erreur.

Durant cinq mois j'étais sur un petit nuage. La chute ne prit que quelques secondes.
Un appel. Des mots. Mais pas ceux que j'attendais. Ceux que, au contraire, je craignais le plus.

« YunGi… Je voudrais qu'on en reste là. »

L'effet d'une bombe. De plus car c'était annoncé après plusieurs semaines sans nouvelles.
Je ne réalisais pas. Etait-il sérieux ? Aurait-il était capable de faire une blague de ce genre ?
Non. Le timbre de sa voix m'avait bien fait comprendre que cela n'était pas une farce, qu'il était plus que sérieux. J'aurais tant aimé le contraire… Puis il proposa ce qu'il ne fallait pas.

« J'aimerais qu'on reste ami. »

Sur le coup j'avais dis « Oui » mais qu'il me faudrait du temps. Du temps. Combien ? 3 jours ? 3 semaines ? 3 mois ?
Non. Au fond, je savais que ce n'était pas possible. Si j'avais dis oui, c'était car que je ne voulais pas le perdre complètement. Je voulais une échappatoire. Un moyen de me dire que je pourrais toujours le voir. Je savais cependant au fond de moi que je serai incapable de le regarder à nouveau comme un simple ami.
Tout simplement parce que je l'avais jamais vu comme cela.

Au final, cette amitié que je souhaiter protéger, aura été brisée.