2- Une carrière prometteuse

- Bonjour Ace, tu vas bien ?

Le jeune homme la regarde, interloqué, les yeux écarquillés et la bouche grande ouverte. Robin esquisse un sourire avant de croiser les bras.

- Tu comptes me laisser dormir ici ou je peux entrer ?

- Oh, heu, oui pardon. Entre…

Il referme la porte pour enlever le loquet de sécurité et rouvre à la brune qui entre immédiatement. Après avoir refermé la porte à clef, il l'invite d'un geste à s'assoir sur le fauteuil en cuir qui trône dans la pièce. Il part dans sa chambre enfiler vite fait un jean et un tee-shirt blanc avant de la rejoindre dans le salon.

- Et bien dis-moi, pour quelqu'un qui ne veut pas se faire remarquer, tu vis plutôt bien non ? Fauteuil en cuir, home cinéma, bar, et… mais… qu'est-ce que c'est que ça ?

Le regard de la brune se pose sur un pan de mur sur sa droite. Juste en face du bar, il y a… toutes les armes que le sniper a utilisé jusqu'à présent, exposées, avec chacune la photo de l'homme à abattre et la balle conservée dans un petit flacon de verre.

- Ace ! C'est quoi ça ?

- Je… je peux t'expliquer Robin, mais assieds-toi, ça risque d'être un peu long… tu veux boire quelque chose ? J'ai du bourbon si tu veux.

- Va pour un verre. Mais dis-moi tout de suite ce que ça fait là !

Tranquillement, l'ex-tireur d'élite sert deux verres et les porte sur la table basse. Il expire longuement avant de se lancer, pas très sûr de savoir par où commencer. Finalement, il se dirige vers les étagères et prends une photo où l'on voit un homme au visage très dure, à l'épaisse barbe noire et un Beretta 92 complété d'un silencieux.

- Je venais tout juste d'avoir 8 ans. Shanks m'avait repéré alors que j'étais en train de fuir un groupe d'étudiants qui voulaient me racketter. Comme j'avais rien, ils ont voulu me tabasser mais j'ai riposté et ça a fini en bagarre. Comme il a été prévenu de la rixe par un riverain, il est venu m'aider et a été surpris par la hargne que j'avais. Il m'a donc emmené aux urgences après avoir arrêté les étudiants et lorsque j'étais en train de me faire soigner, il s'est présenté et m'a demandé si je ne voulais pas devenir flic moi aussi. Il m'a pris sous son aile et s'est rapidement que j'excellais au tir lorsqu'il m'a laissé essayer son arme lors d'une séance d'entrainement. Je devais avoir 12 ou 13 ans… Ce premier coup de feu a agi sur moi comme un détonateur. Tout de suite, j'ai su que c'était mon devoir d'apprendre à utiliser les armes de toutes sortes et de protéger les citoyens de Grand Line. Je me suis entraîné sans relâche pour réussir l'examen de tireur d'élite et à mes 17 ans, j'étais près et le meilleur tireur de toute la promotion. On m'a envoyé sur le terrain directement. Ma cible était un politicien véreux qui n'avait pas hésité à faire du trafic d'enfants pour financer ses campagnes. Marshall D. Teach… Aussi bien connu sous le nom de "Barbe Noire". Un coup simple. On l'avait coincé lors de l'une de ses "réunions" et comme il a tenté de fuir en nous tirant dessus, j'ai eu permission de tirer à vue. Moins de quinze minutes plus tard je l'ai coincé sur le toit et je l'ai descendu d'une balle en pleine tête.

Il repose l'arme et la photo à leurs emplacements et prends ensuite une autre photo; celle d'une femme aux épais cheveux bouclés d'un bleu outremer. À côté, il prend un petit flacon en verre remplit d'un liquide transparent. Seulement, le couvercle est soudé et recouvert de cire.

- Pourquoi toutes ces dispositions ? Ne me dis pas que…

- Si. C'est du cyanure d'hydrogène. Je l'ai fait boire à l'assassin qui se faisait appeler "Miss DoubleFinger". Comme je suis aussi un tueur à gage, elle m'a permis de m'approcher d'elle, mais il m'a fallu plus de 6 mois avant qu'elle accepte de me faire confiance. J'ai même du participer à quelques-uns de ces meurtres pour pouvoir l'aider. Enfin… Pas vraiment des meurtres vu qu'à chaque fois c'était des acteurs qui faisaient semblant de mourir. Elle a eu des soupçons mais pas envers moi. Enver son ancien équipier, Daz Bones, aussi connu sous les noms de "Mister One" et "l'assassin". C'était un grand baraqué métis avec des cheveux blancs rasés et un tatouage sur le torse. Elle l'a abattu sans hésiter, sans remord. Et pour seul commentaire, elle a dit qu'elle n'aimait pas qu'on se foute d'elle et qu'elle détestait les jaloux. En fait, je crois qu'elle pensait que son partenaire était jaloux de moi, une nouvelle recrue à peine arrivée et déjà admise dans leur petit cercle. Finalement, j'ai réussi à mélanger le cyanure à sa bière. Si tu avais vu son regard quand elle a compris ce que j'avais fait… heureusement que je ne l'ai pas manquée…

Viennent ensuite les photos de tout un gang d'hommes… poissons… Avec pour arme deux MP7 munis de chargeurs de 40 coups.

- Que…?

- Tout le clan du dénommé Arlong. Trop simple à mon goût… On a frappé fort cette fois-là. En gros, ils m'ont parachuté en plein milieu de la villa de leur boss et j'ai tiré dans le tas. Les quelques survivants purgent maintenant des peines d'emprisonnement à vie dans la prison la plus sécurisée du pays; Impel Down. Quant à leur boss, il s'est pris plusieurs balles; il est mort sur le coup. Par contre, un truc qui était étrange avec eux, c'est qu'ils c'étaient tous fait opérés pour devenir des hommes-poissons. Une race "supérieure" soit disant. Ils faisaient du trafic d'arme et de cocaïne. Sans compter les meurtres de tous leurs concurrents et la pression qu'ils infligeaient aux habitants de leur quartier.

Il repose les armes et les photos avant de soupirer. Il regarde un moment une photo avec un sourire moqueur et la montre à Robin. Il s'agit d'un homme blanc d'une trentaine d'année, le crâne chauve caché sous un bandana blanc et des lobes d'oreilles étonnamment étirés… Plus de trente centimètres à vrai dire. Avec deux losanges d'or pur pour boucles d'oreilles. En un sens, on se demandait comment il s'y était pris pour faire ça… Et là, plutôt que de sortir une arme à feu ou une quelconque autre arme, il prend un stylo noir simple, posé sur l'étagère à côté des autres armes.

- Prochaine cible: Ener. Officiellement, il dirigeait l'une des plus grosse entreprise d'électroménager du monde. Officieusement, il tenait un vaste réseau de proxénétisme qui visait à faire de lui l'homme le plus riche et le plus puissant du monde. Il se prenait carrément pour un dieu. Un vrai taré. Le trouvé a été vachement plus dur que les autres car il n'hésitait pas à utiliser des sosies pour nous berner. La mission de reconnaissance a duré plus d'un an, et encore, on l'a eu grâce à un coup de chance. En fait, on revenait de Skypiea lorsque j'ai dû aller aux toilettes de l'aéroport. Et là, en sortant des toilettes, je tombe nez à nez avec Ener ! Du coup, je me suis dépêché d'aller les prévenir et on n'a plus qu'à le cueillir à la sortie. Seulement, il a tenté de s'enfuir durant son transfert vers notre véhicule. Je lui ai balancé un stylo dans la nuque et j'ai réussi à le toucher à un endroit précis, ce qui l'a fait tomber dans les vapes directement. On a dû appeler une ambulance pour l'amener du coup. C'est vraiment trop drôle quand j'y repense !

Il se met à rire tandis que Robin baisse la tête, cachant ses yeux derrière sa frange. Elle sert les poings et se met à trembler furieusement. Croyant qu'elle se retient de rire, le jeune homme repose la photo et le stylo et est quelque peu surpris lorsqu'il se prend un coup de poing magistral dans la mâchoire. Et il se retrouve le cul par terre, sa main massant sa joue sans même s'en rendre compte, faisant face à une furie dont l'aura meurtrière quasiment visible le laisse sans voix.

- Non mais quel enfoiré ! Tu n'as pas de cœur ou quoi ? Depuis tout çà l'heure tu me parles de ta brillante carrière et des personnes que tu as arrêtées mais tu n'as pas pensé un seul instant que c'était des êtres humains ? Tu me dis que tu les as tués et pourtant tu restes impassible, comme si tu me disais que tu venais de faire les courses ! Pire encore, tu en ris ! Comment tu peux être sans cœur à ce point ? Je sais que c'est ton boulot mais quand même !

Il met un sacré moment avant de comprendre ce que lui a dit la jeune femme et quand il réalise enfin, son visage se ferme brusquement. Robin se calme immédiatement, pressentant une catastrophe.

- Si justement, il y a une affaire où j'ai été touché. Directement… L'affaire Crocodile… Tu vois la dernière photo sur l'étagère ? C'est celle de Crocodile. Et celle d'à côté, le blond coiffé en épis, c'est Marco, mon amant. Enfin c'était…

- HEIIIIIIIIIIIIIIIIN ?

À SUIVRE