Aujourd'hui, c'est une demande de Sarah Londubat-Rogue. Si vous n'aimez pas, je vous file son adresse ? Ceci dit, je n'ai jamais travaillé sur Ron avant, je la remercie donc de m'en donner l'occasion.

Bonne lecture !


Freedom.


.

"Malefoy."

Le Serpentard leva les yeux. Le regard du rouquin pourrait congeler une banquise mais ne le fit même pas frémir.

"Vaisselle."

Il accompagna sa sortie d'un sourire méprisant, ravi de le voir serrer les poings.

". Il faut qu'on parle."

"Crève."

La réplique était venue spontanément et déjà Draco se désintéressait de la conversation. Déjà, il se replongeait dans sa lecture, oublieux de la présence juste devant lui.

"Draco !"

Le grondement le cueillit au creux du ventre. Pourquoi fallait-il toujours ... ?

"Ne m'appelle pas ainsi !"

Il siffla, mauvais. Il se leva, les mâchoires déjà contractées.

"Casse toi, Weslaid. Dégage. T'inquiète, je penserais à toi quand je baiserais ta catin !"

Le poing le prit au dépourvu. Sérieusement. L'idée qu'il puisse se faire frapper en plein milieu de la bibliothèque ne lui était vraiment pas venue à l'esprit. Même, dans cet espace plus ou moins dissimulé, au fond. Et pourtant. On lui avait balancé un coup féroce, rapide, qui l'a précipité au sol. Il fallait reconnaître au rouquin une main véloce et une frappe puissante. Le rouge et or avait réagit sans se laisser le temps de réfléchir, de réagir. Il frappa, cassa un nez et ce fut sans doute le moment le plus jouissif de l'année. Le blondinet porta la main au visage, l'observa se maculer de sang.

"Mon père..."

"En entendra parler. Tout comme du reste."

Draco se figea. Sa température corporelle perdit au moins dix degrés. Il releva -lentement- la tête.

"Tu n'oserais pas."

"Et pourquoi pas ?"

Ron lui rendit son sourire le plus... Serpentard. La vengeance était brûlante et délicieuse, s'il en était. Draco le regarda encore un instant -l'air près à lancer des impardonnables à tout va- avant que le Gryffondor ne se décida à partir sans un mot de plus. L'autre passa la main sur le front. Ce mec allait le rendre fou, c'était certain.

.


.

"Que fais-tu là..."

Ce n'était même pas une question, ça sonnait trop comme une constatation. Hermione Granger sentit la chaleur s'accumuler sous ses joues devant l'air plus qu'ennuyé de son interlocuteur.

"Salut Ron."

"Casse-toi, tu veux ?"

Il l'avait coupée, l'avait contournée. Comme ça. Comme si ces derniers mois n'étaient rien, comme s'il ne ressentait rien.

"Ron !"

Il faut qu'on s'explique, elle voudrait... Mais lui s'en fichait. Il la regardait comme s'il lui avait perforé le cœur et c'était le cas, d'une certaine manière.

"Je suis désolée."

"Ok."

Ok. Ok. Juste ok. Ok ? Juste ce... ce n'était même pas un mot ! Il a lâché ce son avec désinvolture, chassant toute leur histoire d'une pichenette insouciante ! Ok ? C'était une blague, pas vrai ?

"Écoute, ce qu'il s'est passé avec Malefoy..."

"Pas un mot de plus. Je me retiens de t'agonir d'injures alors ne me complique pas la tâche, je t'en serais reconnaissant."

La phrase coupa la jeune fille dans son élan, la laissant salement médusée. Où le sorcier avait-il apprit à être si maître de lui-même, si mature ? Si... Vieux ?

"Mais..."

"Non."

Et l'homme s'écarta, le regard morne. Hermione cligna des yeux.

"RON !"

Elle lui a prit la main, l'avait forcé à s'arrêter. Et vraiment, il s'était retenu de justesse de la cogner comme un damné. Par Merlin tout puissant. Il tourna la tête, le corps complètement raidi, la main agitée de spasmes.

"Quoi ?"

"Je..."

Bon. Allez, ça suffisait. Ron se lâcha. Et si ce n'était pas physiquement, ce serait verbalement.

"Quoique tu penses, sache juste que je me fiche totalement de savoir que tu me trompes. Vraiment. Non, le problème, c'est que c'est Malefoy, tu vois. Malefoy. Tu pouvais coucher avec tous les Serpentards que je n'en aurais rien eu à faire. Vraiment. Toute l'école pourrait te passer dessus, pour ce que ça m'apporterait... Tu fais ce que tu veux de ta chatte et de tes seins. Mais pas avec lui. C'est tout."

"Pourquoi ?"

Il ne répondit pas et d'un coup, Hermione comprit. Non mais quelle idiote, c'était tellement clair ! Il a fallut qu'elle le trompe avec son pire ennemi. Elle a couché avec le seul mec qu'il ne pourra jamais encadrer, jamais comprendre, jamais accepter. Quelle imbécile !

"Ron... Je suis tellement désolée..."

"J'en ai rien à foutre."

Il l'avait dit avec toute la sincérité du monde dans la voix. Elle tressaillit comme s'il l'avait frappée.

"Tu... t'en fiches ?"

"Je ne t'ai jamais aimée." il expliqua.

Les mots tombèrent comme des couperets et Ron partit, indifférent. Hermione déglutit et essaya de comprendre où est-ce-qu'elle s'était trompée.

.


.

"Harry."

Le brun était assis sur son lit, les yeux dans le vague et l'air légèrement perdu.

"Ron ?"

Non. C'était Godric Gryffondor devant toi. Il s'était juste fait un feeling avec le corps de ton meilleur ami.

"Comment tu te sens ?"

Ron ravala un grognement. Il n'avait pas besoin de sa pitié, sûrement pas ce soir. Alors, le survivant, le-garçon-qui-a-survécu, le si célèbre Harry Potter allait dégager de son lit, et tout de suite.

"Tu sais, Hermione..."

Oh, bordel. Pourquoi est-ce-que ça retombait sur le tapis, ça encore ? Il venait de se passer l'une des pires journées de sa vie alors s'il vous plaît. Laissez-le tranquille. Sérieusement. La seule personne qu'il avait envie de voir, la seule personne qu'il avait envie de serrer dans ses bras n'était même pas là. C'était vraiment pas le moment. Vraiment.

"Ron, je sais que..."

"Non. Harry, tu ne sais rien. S'il te plaît, laisse-moi me coucher."

"Je sais que si Ginny me trompait, je..."

"Écoute. J'en ai strictement rien à foutre d'Hermione."

La phrase surprit Harry mais pas assez pour qu'il ne puisse s'empêcher de bégayer :

"Mais... ! Vous sortez ensemble !"

Putain. Même lui n'avait rien vu ? Oh, il savait que Potter n'était pas une lumière mais là quand même, il n'y avait même pas assez d'électricité dans son cerveau pour recharger une pile de trois Volts.

"Enfin Ron, tu étais amoureux, vous parliez bébés, maison..."

"Non. ELLE parlait bébés, maison."

"Mais tu l'aimais !"

"Non."

"Si."

"Non."

"Si."

"Non !"

"Enfin Ron, ne renie pas tes sentiments ! Je sais que pour l'instant tu es blessé, autant dans ta virilité que dans ton amour propre ou dans tes sentiments mais vraiment, refuser d'accepter la blessure, c'est une mauvaise chose ! C'est sur que ça n'ai..."

...

Ron explosa. Il hurla d'un coup dans le dortoir désert :

"BORDEL, POTTER ! JE SUIS GAY !"

Harry en perdit toute voix. Il laissa sa bouche s'ouvrir sur le coup de la surprise et finit par déglutir. Quoi ?

"Hein ?"

"Je suis gay. Homo. Une tapette. Une folle. Une tarlouze. Un PD. Un suceur de bites. Un enculé. T'as compris ou tu veux un dessin ? ?"

Devant le regard de son meilleur ami, devant son air tellement abasourdi, Ron faillit se mettre à hurler. Sans pouvoir s'arrêter. Alors, il se cassa tout simplement. Il dévala les marches deux par deux, sauta les dernières, traversa la salle commune à toute vitesse, tendant l'oreille vers l'appel qui le ramènerait en haut. En vain.

.


.

"Qu'est-ce-que tu fous là ?"

"J'ai besoin de te parler."

Draco s'adossa à l'oreiller, le regard noir.

"C'est fait. Pars maintenant."

"Dra... Malefoy. Écoute."

"Ah, tu veux t'assurer de l'état de mon nez ? Il est bien cassé, merci de t'en occuper. Cassé par tes soins, dois-je te le rappeler ?"

"Malefoy."

Le ton inhabituellement sérieux du Gryffondor força son vis à vis à lui accorder une parcelle de son attention.

"Je l'ai dit. A Harry."

Le blondinet s'étrangla. Il ne venait pas d'entendre ça. Il ne venait pas d'entendre ça. C'était pas possible. Il n'a pas entendu ce qu'il croit qu'il a entendu.

"Tu l'as dit. A Potter."

Bordel. Il savait que Ron n'avait pas inventé le poil à gratter mais bête à ce point, non. Il ne l'avait même pas envisagé.

"Dis moi Weasley, qu'est-ce-que tu n'as pas compris dans la phrase, deux points, ouvrez les guillemets : "Il ne faut rien dire. A personne." Dis moi, quel mot était difficile à appréhender ?"

Ron soupira.

"Je n'ai rien dit nous concernant !"

"Quel nous ?"

Ça, par contre, ça faisait mal. Ça blessait même sérieusement. Malefoy n'avait aucune pitié. Pas maintenant, en tout cas.

"Je lui ai juste dit que j'étais gay. C'est tout."

C'était affreux mais l'autre ressentit une vague monstre de soulagement. D'un coup. Ça ne le concernait pas. Il ne put s'empêcher de lâcher :

"Et en quoi ça me concerne ?"

Il aurait du se rendre compte que c'était de trop. Il aurait du se rendre compte qu'il allait finir par détruire leur relation. Il aurait du se rendre compte. Mais quand un éclat noir de haine s'alluma dans les yeux bleus du rouquin, il ne le vit même pas. C'était trop tard, de toute façon.

"Ça suffit."

La voix était tendue de colère. Ça aurait du lui mettre la puce à l'oreille.

"Tu veux jouer à ça, Malefoy ? Tu vas bien comprendre en quoi ça te concerne, crois-moi."

Ron se releva, l'air furieux. Malefoy aurait encore pu intervenir mais...

"Au fait, Draco."

Le blond ouvrit la bouche -pour protester contre cette appellation beaucoup trop familière- mais déjà elle fut envahie par une langue chaude et hargneuse. Le baiser ne dura qu'une demie seconde, même pas. Il n'eut même pas le loisir de protester que déjà la belette s'était éloignée.

"C'est toi qui m'as embrassé pour la première fois. Et c'est moi qui t'ai embrassé pour la dernière fois."

Le Serpentard déglutit.

"Ça veut dire quoi, ça ?"

Ron était déjà sur le pas de la porte. Il marqua une pose, juste le temps de lancer :

"Qu'on en est revenu à la situation de base. Sans complications."

Et il le planta là. Draco sentit sa gorge se serrer. Ça voulait dire quoi, ça ? Au pire, il s'en fichait, il s'en foutait, il s'amusait juste non ? Mais vu les larmes qui lui piquaient les yeux, non. Il ne s'amusait pas "juste".

.


.

Harry faisait les cents pas, attendant patiemment son meilleur ami. Il était gay. Gay ? Impossible, pas Ron ! Enfin Ron et ses blagues, son rire rauque et sa manière de regarder Hermione. Comme la cinquième merveille du monde. Comme si elle était... Notre balafré se stoppa net. Attendez. Il la regardait ainsi pendant la sixième année, c'était certain.

Mais maintenant ? Non. Il la regardait comme une amie, une soeur, tout ce que vous voulez, mais sûrement pas comme une amante. Enfin, c'était tellement visible ! Pourquoi n'avait-il rien noté quand Ron s'asseyait à coté de lui plus qu'à coté d'elle ? Quand il le sentait se tendre quand ils s'embrassaient ? Comment Harry Potter, le grand, le merveilleux Harry Potter avait-il pu rater ça ?! COMMENT ?!

...

C'est faux. Il n'avait rien raté. Il le savait parfaitement. Depuis le début, il le savait. C'est juste qu'il ne voulait pas le reconnaître. Leur vie était tellement parfaite depuis que le Mage Noir était mort, pourquoi fallait-il la compliquer inutilement ? Après tout, aucun des trois n'avaient connu d'adolescence normale. Ils n'avaient pas eu le temps de se concentrer sur ce qu'ils pouvaient ressentir, tout ce qu'ils pouvaient aimer. Et maintenant ? Maintenant, tout leur pétait à la gueule. Littéralement.

"T'es toujours pas couché ?"

Ron. Harry se tourna vers lui et tenta un sourire. Peine perdue. Son meilleur ami lui renvoya son regard le plus neutre, l'air d'attendre. Le binoclard prit la parole, hésitant :

"Ron... Par rapport à ce que tu m'as dit... C'est pas grave."

"Hein ?"

Sa voix était si surprise que c'en était triste. A croire qu'il s'imaginait déjà rejeté, moqué, ignoré. Triste.

"Que tu sois gay ou pas. Ça change rien."

Le rouquin sentit ses genoux le lâcher d'un coup. Il était tellement soulagé ! Au final, ça l'aurait tué d'entendre son meilleur ami le rejeter. Lui dire que ça changeait tout, qu'il ne pouvait plus le regarder comme avant, que... Qu'être gay n'était pas normal.

"Ça va ?"

Merde Harry, il allait se mettre à chialer. Merde. Merde, merde, merde.

"Hey..."

Il sentit une main fraiche toucher son front brûlant, un quart de seconde.

"Poto, viens te coucher."

Et cette main, ce bras puissant le releva, le tira. Ne le lâcha pas avant qu'il ne fut couché.

"Merci Harry."

"Y a pas de quoi."

.


.

Draco n'arrivait pas à dormir. A cause de Ron, d'une certaine façon. Il pensait, retournait cette dernière phrase encore et encore dans sa tête. "Sans complications." Est-ce-que leur histoire n'avait été qu'un gigantesque problème pour lui ? Putain... Il n'aurait jamais cru être le largué, dans tout ça. Il pensait que Ron resterait. Jusqu'au bout. Jusqu'à la fin.

Mais non. Le rouge et or avait une fierté. Mal en point, mais une fierté tout de même. Il l'a relevée, l'a brandie comme un étendard et la lui a balancée à la gueule. Et maintenant... Maintenant, Malefoy voudrait hurler; Malefoy voudrait pleurer, Malefoy voudrait supplier. Mais il ne le fera pas. Parce que malgré tout, les Serpentards aussi ont un amour-propre.

Et puis, il y avait cette lettre surtout. Elle n'était pas neuve cette lettre, elle datait d'un à deux mois mais elle lui donnait toujours envie de vomir, cette lettre. Il la haïssait déjà. Il la haïssait déjà cette fille bien comme il faut que ses parents ont dégotté. Astoria. Il la connaissait de nom seulement et il n'avait aucune envie de plus. Alors, se marier avec elle ! Quelle connerie ! Il n'en avait aucune envie, de cette vie bien comme il faut que les parents lui préparaient. A croire qu'il n'aura plus qu'à se glisser dedans dès la fin de sa scolarité. Oh, ça avait toujours été ainsi. Mais aujourd'hui, il avait plus de mal à l'accepter, ce rôle déjà tout prêt. Aujourd'hui, il comprenait enfin qu'il n'avait qu'un rôle de marionnette. Et ce n'était pas lui qui tirait les ficelles.

Oui, il détestait cette idée. Il voudrait hurler, envoyer tout balader, s'enfuir, aimer sa vie et en profiter. Comme tout adolescent normal. Pourtant il ne fera rien. Draco Malefoy ne fera rien. Il n'ira pas contre le souhait de ses parents, il acceptera le mariage, le gosse, l'amour qu'il devra lui porter à cette femme. Parce que Draco Malefoy était un lâche et qu'il le savait parfaitement. Qu'il l'assumait parfaitement.

.


.

"Hermione."

"Ron."

Harry glissa un regard vers ses deux meilleurs amis. Merlin. La tension entre eux était telle qu'il ne faudrait quasiment rien pour l'enflammer, il en était sûr. La jeune fille s'assit en face d'eux, le regard résolument planté dans son livre.

"Passé une bonne nuit Hermione ?"

Elle leva la tête vers le petit brun. Etait-il stupide ou faisait-il exprès ?

"Ah mais oui, parfaite. Je viens d'apprendre que mon petit copain ne m'a jamais aimée, on m'a traité de catin dans tout le dortoir parce que j'ai osé coucher avec Malefoy mais oui, sinon, parfaite."

Ron s'étrangla avec son jus d'orange.

"Ah, une catin ?"

"Quelque chose à dire, Ron ?"

Ça te va bien lui disaient ses yeux bleus. Elle plissa les siens, mauvaise.

"Faut dire que j'avais du mal à être satisfaite avec toi."

Ce fut Harry qui s'étrangla à ce moment-là. Il toussa sur sa gaufre, priant pour disparaître pendant que Ron répliquait :

"En même temps, tu donnes pas envie."

Oh. Potter ferma les yeux. Tout. Tout mais pas ça. Il avait envie de hurler à Hermione de se la fermer. Il fallait stopper cette conversation avant qu'elle ne devienne vraiment gênante. La jeune fille ouvrit la bouche, prête à cracher tout son fiel quand un hurlement la coupa dans son élan :

"TU VAS TE MARIER ?!"

Ron sentit son sang se glacer dans ses veines. Il tourna la tête -lentement- vers la table des Serpentards et plus précisément vers Blaise Zabini. Blaise Zabini qui dévisageait son meilleur ami, les yeux écarquillés. Il ne venait pas d'entendre. Il ne venait pas d'entendre ce qu'il venait d'entendre, tout de même ? Mais si. Draco Malefoy, ce triste fils de pute de ses deux, fit un rapide signe de tête avant de se lever. Draco Malefoy allait se marier. Il se foutait de sa gueule. Il se foutait de sa gueule. Il se foutait de sa gueule. Leurs regards se croisèrent un instant. Et Draco partit, s'enfuit.

.


.

"T'allais me le dire quand ?"

Il avait tellement changé. En quelques années, il était passé de ce gamin trop grand, efflanqué et avec ce tarin impossible, ce gamin immature, cet abruti qui se vexait trop facilement, à un homme mature. Dur et solide comme un roc. Inébranlable, toujours là, sans émotions, presque. Même dans les affres de l'amour, il avait apprit à se contenir.

"Jamais."

Pourtant aujourd'hui, Draco voyait un frémissement dans tout son être, dans tout son corps, dans toute sa tête. Un vacillement, une fêlure qui allait imploser.

"Ah. Donc, tu te fous vraiment de ma gueule, pas vrai ?"

La voix était encore calme mais il la sentait prête à se briser, à exploser, à tout détruire.

"Non."

Putain, il n'en pouvait plus. Il le voulait. Il le voulait lui et personne d'autre. Il le voulait tellement qu'il allait en crever, sûr. Ron ferma les paupières, inspirant et expirant calmement. Ravalant les larmes qui lui piquaient les yeux aussi quand il demanda :

"Non ?"

Il ne vit même pas Draco avaler sa salive et enfouir ses mains dans ses poches pour les empêcher de trembler.

"Ron, on... Il n'y a plus rien entre nous, pas vrai ?"

Et c'est une raison, peut-être ? Il a envie de hurler. Il a envie de le frapper.

"Non. Plus rien."

"Bien."

Mais alors, il allait falloir lui expliquer pourquoi leurs lèvres se rencontrèrent violemment, abruptement. Pourquoi Draco fut-il bloqué contre un mur, jeté sur la pierre, pressé contre un corps trop brûlant pour que ce soit normal. Pourquoi ses hanches encaissèrent une pression telle que les doigts allaient sûrement y laisser des traces ?

"Ah putain !"

Le Serpentard s'agrippa à ses bras, ses épaules, ses cheveux, il allait tomber. Ses genoux plièrent et ils se retrouvèrent au sol, incapables de comprendre ce qu'ils faisaient. Les mains partirent découvrir une peau déjà connue, un corps déjà familier. Deux être mortellement heureux de se retrouver. Un coeur qui bat, bat, bat, trop vite, trop fort, trop vivement. Des frissons qui les clouèrent au sol, qui les forcèrent à serrer les dents pour ne pas gémir. Et puis Ron sentit une langue souple et douce l'envahir, il sentit des mains légères et délicates s'enfoncer dans ses cheveux. Et il perdit toute retenue.

.


.

"Draco."

Il était déjà debout, se rhabillant rapidement. Il s'arrêta devant lui, l'air de vouloir dire quelque chose. Il finit par déclarer :

"Je n'irais pas contre la volonté de mes parents."

Quelque part, Ron sentit un truc voler en éclat. On appelait ça l'espoir ou un truc du style.

"Bien sûr. T'es un tel lâche."

L'autre ne réagit même pas, déjà décidé. Ron enchaîna :

"Allez va. Retourne chez papa, maman, va retrouver ta future femme, engrosse-la. Et puis surtout, ne pense-pas à ma vie que tu viens de foutre en l'air de toutes les façons possibles et inimaginables."

"Je n'ai pas..."

"TU SAVAIS CE QUE TU FAISAIS !" rugit soudain Weasley, hors de lui. "TU SAVAIS ! Tu as détruit tout ce que je pensais savoir, détruit mon couple et maintenant, t'as été jusqu'à défenestrer mes sentiments ! T'es un putain d'enfoiré, tu le sais ça ?!"

"Trop de mièvrerie, Vaisselle."

Il fallait qu'il le tape. Pour que Draco se sente mieux, en droit d'épouser cette femme, de l'oublier. Mais Ron ne le frappa pas. Il lui lança un regard dégoûté et partit. Comme ça. Sans éclats, sans sang, sans hurlements. Silencieusement. Et ce fut fini.

.


Épilogue :


.

"Draco Lucius Malefoy. Voulez-vous prendre pour épouse Astoria Greengrass ici présente ?

- ... Non."