Les personnages sont à Masashi Kishimoto
Titre: Your Man
Genre: Romance/Léger Angst et Hurt/Comfort/Amitié/ Famille/Yaoi/Un soupçon de Yuri et quelques traces d'hétéro
Précisions supplémentaires: C'est un UA (hors du monde Naruto) et les personnages sont totalement OOC (Leurs caractères sont donc différents de ceux qui leurs sont attribués dans l'œuvre originale.).
Pairing: SasuNaru/ ?Naru et couples surprises
Raiting: Entre M et Ma...
Résumé: -Tu penses que quelque chose comme un coup de foudre à retardement ça existe ? Que tu peux tomber amoureux au premier regard de quelqu'un que tu as connu des années avant sans n'avoir rien senti ? Ou que tu peux tomber amoureux mais ne t'en rendre compte que des années plus tard en retrouvant cette personne ?
-Je pense qu'en amour tout est possible surtout lorsque comme toi et moi on est de véritables boulets !
Note 1 : J'ai eu plus de soutien que prévu pour ce TS et je tenais à vous dire que ça m'a vraiment beaucoup touchée et motivée ! Je ne suis pas au mieux de ma forme et je me dis toujours que l'écriture est la seule chose qui me permet de tenir mais en fait partager mes conneries et échanger avec vous m'apporte beaucoup aussi ! Vous m'apportez bien plus que vous ne le pensez, donc merci ! Du coup j'ai bossé cette nuit (oui il est quand même 2h28 du mat) pour mettre la dernière partie en ligne au plus vite!
Note 2 : Je sais que cette histoire est vraiment bizarre, que les personnages sont incroyablement étranges et que l'évolution du SasuNaru est limite tordue mais j'ai aimé écrire cette histoire, parce que les relations amoureuses sont toutes spéciales, particulières et parfois elles se déroulent de manière étrange !
Note 3 : J'ai beaucoup d'affection pour les personnages secondaires, c'est pour ça qu'on les voit autant et je pense écrire des bonus les concernant (entre autre) mais seulement avec la version de base car vu qu'il y a beaucoup de personnages inventés, je doute que ça intéresse pour ce fandom. D'ailleurs je reprécise que dans la version première Ren était inspiré de Daniel Sharman, Uta de Andy Biersack et pour les nouveaux de ce chapitre, Anya est inspirée de l'actrice coréenne Gong Hyo Jin, Tatsuya de Jared Leto et Ryouta de Jackson Rathbone. Pour Koji j'ai failli prendre Kiba mais vraiment, le personnage était trop spécifique alors j'en ai encore pris un inventé et physiquement si vous voulez vous faire une idée, c'est le japonais Seto Koji je dirais ! : ) Voilà c'est la première fois que j'écris avec autant de personnages à moi, mais ça s'est imposé. Désolée pour ceux que ça gêne !
Note 4 : Shino est vraiment psycho sur les bords ! Mais je l'adore ! Sinon Hinata n'est pas la cousine de Neji ici, Konan joue le rôle de la grande sœur de Sasuke et Shino a un jumeau ! Ce ne sont que des détails mais je précise pour que vous soyez préparés !
Note 5 : Alors vous savez que depuis mon dernier lemon (dans WTS) j'ai eu l'impression d'avoir un blocage et de ne plus jamais pouvoir en écrire. Celui ci est le premier depuis et sincèrement je suis bel et bien maudite ! Il n'est pas sexy ou hard ou émotionnel ou drôle, et même pas coquin ! Il est juste à effacer ! Donc bon je ne sais pas trop comment gérer mes futurs écrits du coup... N'en parlons pas pour le moment !
Note 6 : Il y a quelques mots un peu vulgaires ici et là, pour cadrer avec certaines scènes, rien de choquant mais autant prévenir !
Note 7 : Pour le tatouage, j'avais prévu une scène spéciale mais finalement j'ai changé de plan et je laisse du coup le loisir à chacun d'imaginer ce qu'il veut, même si j'ai parfaitement en tête ma version ! Peut-être pour un bonus ?
Note 8: Il y a beaucoup de fautes et la mise en page et à c*ier mais comme toujours je m'y pencherais plus tard ! Et bien sûr n'hésitez pas si je me suis trompée de fandom ! ^^
Note 9 : Merci pour votre soutien, quelque soit la forme et comme promis je bosse sur WTS !
Warning : Présence d'un lemon.
RAR : Alors vous le savez je ne réponds pas normalement aux reviews des personnes qui n'ont pas de comptes ff (sauf celles qui me laissent leur mails) mais une lectrice ayant abordé un sujet qui me semble important, et qui peut être vous intéresser aussi, j'ai décidé de faire une exception pour elle et une autre afin de répondre à une question plus légère ! Encore une fois merci à toutes les personnes qui commentent mes textes et si vous avez un moyen pour que je puisse vous répondre, n'hésitez pas !
Alexandra donc si tu passe par là : D'abord merci de lire mes histoires et surtout d'avoir pris la peine de me laisser ton message. Je pense que tu me prêtes un talent et des capacités que je n'ai pas et que tu es plutôt conciliante avec les nombreux défauts de mes écrits ! Maintenant pour répondre à ton message, je ne me considère pas comme une auteur de fanfiction. Je ne raconte pas d'histoires, je raconte toujours la même, parce que les choses que j'ai besoin d'aborder, d'extérioriser et d'explorer ne changent pas. Je pense que pour être un bon auteur il faut être généreux et autant j'ai la prétention de l'être dans la vie, autant lorsque j'écris je suis incroyablement égoïste. Je ne pense pas à créer ou offrir quelque chose de « bien », je ne pense même pas au fait que l'histoire va être lue (très longtemps j'ai gardé toutes mes histoires pour moi). Je pense uniquement au fait qu'écrire me permet de ne pas sombrer, et c'est les histoires qui s'imposent à moi et non moi qui décide de ce que je vais écrire. Je ne sais pas si ce que je dis est compréhensible, mais c'est un peu comme un peintre qui peindrait sans arrêt le même portrait, parce qu'il essaye d'exprimer quelque chose qu'il (il le sait) ne pourra jamais vraiment évacuer. Je partage donc totalement ton avis et c'est pour ça que j'ai si souvent envie de ne pas publier mes fictions, de supprimer celles déjà en ligne et que je me sens aussi chanceuse et surprise d'avoir des gens qui me lisent malgré tout. Je me sens même souvent coupable, parce que certains me soutiennent depuis mes débuts, malgré mes délais parfois sans fin et mes nombreux délires. Je pense qu'ils méritent mieux. Je ne peux même pas me relire pour retoucher mes textes et corriger mes fautes sinon tout finit à la corbeille ! C'est assez nul quand même… C'est difficile à expliquer surtout en si peu de lignes mais en tout cas, je doute qu'un jour mon histoire change. Merci encore pour ton message et désolée pour ma réponse chaotique !
Rin Cordelia : Oui j'ai vécu au Maroc plusieurs années, d'où le choix d'Oliveri lorsque je cherchais un glacier !
Your man
Partie 2
I don't care if my pride, life and thoughts all crumble down
XxxxX
"Ne vivre que pour une seule personne peut être dur
Si c'est pour toi, a-t-on besoin d'autres mots ?
Même si j'abandonne ma vie
Je suis ton homme, je veux être spécial
Je ne veux que toi, je n'ai aucun regret
Tu es comme une rose à une seule tige
Même si c'est bizarre et démodé"
XxxxX
Décembre
-Vraiment, vous êtes sûrs qu'ils vont le prendre ?
Naruto grimaça, son portable coincé entre son oreille et son épaule pendant qu'il mélangeait sa pâte.
-Très bien. Souffla-t-il. Oui si vous avez un autre appartement j'apprécierais que vous me préveniez.
Il raccrocha, déçu de voir qu'un nouveau bien lui passait sous le nez.
-Pourquoi tu cherches un appartement ?
Le blond sursauta, lâchant presque sa spatule.
-Oh Sas', j'espère que ce n'est pas moi qui t'ai réveillé.
L'autre fit non de la tête.
-Pourquoi cherches-tu un appartement ?
L'Uzumaki baissa la tête vers son saladier.
-Et bien je ne vais pas retourner vivre avec Ren et ici c'était provisoire donc il est temps que je me trouve un chez moi.
-Hors de question !
L'illustrateur écarquilla les yeux.
-Pardon ?
-Il est hors de question que tu vives seul !
-Je ne suis pas un enfant tu sais…
-HORS DE QUESTION !
Naruto n'avait aucune envie de vivre seul, c'était évident.
Il n'en avait jamais été capable et sa rupture avec Ren n'avait pas arrangé les choses.
Sasuke imaginait déjà le blond en train de déprimer seul dans un appartement désert, se soulant en écoutant des chansons déprimantes ou s'envoyant en l'air avec le premier venu avant de s'en rendre malade.
Il le voyait partir dans ses délires effrayants, succomber à ses crises de panique et se faire du mal dans un état second jusqu'à ce que la douleur ne le ramène sur terre.
Et toutes ces images l'oppressaient, l'empêchant de respirer correctement alors que la peur d'être séparé de lui s'ajoutait à ses craintes.
-Sas', je ne peux pas rester ici, il faut que je vous libère et que je pense à l'avenir.
-Mais rien ne presse !
-Ca fait déjà bien trop longtemps ! J'ai abusé de votre hospitalité et…
Il marqua une pause, hésitant légèrement.
-Ca sera mieux pour Gaa et Shino.
Le brun laissa planer un petit silence avant de répondre.
-Très bien ! Prenons un appartement !
-Quoi ?!
-Toi et moi, vivons ensemble ! Eclaircit l'écrivain comme si c'était la chose la plus évidente au monde.
-Mais enfin, tu n'as aucune raison de déménager, tu vis ici depuis des années ! Tu es chez toi !
-Ce ne sont que des murs, ce n'est pas chez moi ! Rétorqua tranquillement Sasuke. Il est temps que je songe à l'avenir aussi et que j'arrête de vivre comme un étudiant.
Naruto reprit le mélange de sa pâte, évitant ainsi de le regarder.
-Je ne vois pas en quoi quitter une collocation pour une autre marquera une quelconque évolution dans ta vie…
-Oh non Naru, pas à moi ! Rétorqua l'autre. Nous savons tous les deux que vivre à quatre ici et vivre à deux ailleurs sont deux choses totalement différentes. Ne fais pas comme si ça n'était pas une étape de plus vers l'avenir…
L'illustrateur ne dit rien, faussement concentré sur sa mixture qu'il malmenait sans doute un peu.
-Tu sais que c'est une idée géniale ! Continua l'écrivain. On a le même fonctionnement, le même mode de vie, on n'empiète pas sur la vie de l'autre, on est complices, complémentaires, on a aucun problème de communication et on adore être collés l'un à l'autre !
Il se rapprocha encore, contournant le comptoir.
-En plus ça sera l'idéal pour bosser sur notre manga !
Il posa sa main sur l'avant bras du doré, le stoppant dans le massacre de sa pâte.
-Aller, je sais que tu en meurs d'envie… Sourit-il. On est fait pour vivre ensemble !
Naruto lâcha sa spatule, se tournant vers lui.
-Je ne sais pas si je suis prêt à vivre avec quelqu'un.
-Je ne suis pas « quelqu'un ». Répondit simplement Sasuke.
-Justement… Je ne sais pas si je peux vivre avec quelqu'un comme toi, avec quelqu'un à qui je tiens autant…
L'écrivain posa une main de chaque côté de son corps, s'appuyant sur le comptoir, le bloquant sans pour autant le toucher.
-Non, le truc c'est que tu n'as envie de vivre avec personne d'autre que moi… Souffla-t-il. Et tu ne veux surtout pas vivre loin de moi…
Le blond posa une main sur le torse de Sasuke et lui-même ne savait si c'était pour le repousser ou non.
Dans tous les cas il ne fit rien de plus, les yeux rivés sur la chaine qui pendait au cou du brun.
C'était un cadeau de sa part, un pendentif en or, en forme de petit ours, comme ceux en gélatine que l'on trouvait dans les paquets de bonbons.
Sauf que celui-ci était bien plus lourd et coutait une fortune !
-Je ne suis pas en train de presser les choses ou d'exiger quoique ce soit… Murmura l'écrivain en se penchant vers lui. Tu le sais non ?
Naruto acquiesça en fermant les yeux et Sasuke déposa un baiser sur sa tempe.
-Alors, vivons ensemble !
W
Les choses ne s'étaient pas vraiment passées comme prévu.
A la base, Sasuke devait passer le 24 avec ses parents, Naruto et ses deux « mères » poules.
Seulement la grande sœur de l'écrivain avait décidé qu'elle aussi passerait noël avec eux.
Ou plus exactement, avec eux, son petit ami et la famille de ce dernier.
Et évidement il avait fallu qu'après des années à le côtoyer quasiment tous les jours, la jeune femme se mette en couple avec Shikuro, le frère jumeau de Shino !
Neji qui passait toujours les fêtes avec son meilleur ami mais qui cette année n'en avait plus très envie avait été convié, accompagné d'Uta, lui aussi trop loin de siens.
Et finalement le dîner en petit comité avait pris de l'ampleur.
Mais jusqu'ici tout le monde avait su se tenir et Sasuke se focalisait sur les choses positives.
Même si tout n'était évidement pas résolu avec ses parents, ils arrivaient à discuter et échanger sans querelles ni reproches, même en abordant des sujets comme l'écriture ou son avenir. Il était ravi de voir Konan rayonnante de bonheur au bras de Shikuro, Neji souriant comme un abruti à chaque souffle d'Uta et Sakura roucoulant au bras d'Ino.
Puis surtout, il était avec Naruto.
A chaque fois que la conversation devenait tendue, que Shino faisait une remarque, le blond trouvait le moyen de détourner son attention, l'apaisant pour l'empêcher de gâcher la soirée.
Il savait à quel point les tensions avec son ami l'affectaient et il faisait tout pour lui changer les idées et ne pas le laisser sombrer dans la déprime un soir aussi précieux que celui-ci.
-Au fait bébé, tu as eu des nouvelles de Temari, quand est ce qu'elle débarque ? Lança Sakura en piquant un marron dans l'assiette de sa compagne.
-Et bien je devrais tout juste avoir le temps de lui peindre un nouveau tableau ! Rétorqua l'Uzumaki.
-Je pensais que tu avais prévu de lui offrir le sublime portrait de Dei ?
-Oui, mais je l'ai offert à quelqu'un d'autre finalement.
La rosée lâcha sa fourchette sous le coup de la surprise.
-Tu as quoi ? S'exclama-t-elle. Ok, à quel point ce mec était canon ?!
L'illustrateur ne put s'empêcher de sourire.
-Je l'ai donné à un ami de Sas' et Gaa, il s'appelle Sasori.
-Sasori comme Akasuna Sasori ?! S'étrangla presque sa meilleure amie. Le nouveau modèle de « Taboo » dont le corps à moitié nu est accroché partout en ville ?! Le branleur au cerveau limité qui est incapable de penser avec autre chose que sa queue ?!
-Saku! Rosit Naruto en jetant un coup d'œil aux parents de Sasuke.
La sœur de celui-ci ne put s'empêcher de rire, amusée par la description de ce sale gosse.
-Est-ce que je dois m'inquiéter que parmi tous les Sasori que doit compter le pays tu aie immédiatement pensé à ce mec ou avoir pitié de lui au vu des termes que tu utilises pour le décrire ? Questionna Ino.
-Non, mais c'est forcement lui ! Il faut au moins être aussi canon que ça pour réussir l'exploit de ce faire offrir ce tableau ! Rétorqua sa petite amie. Naru a refusé de très grosses sommes pour le garder et juré que seule Temari pourrait l'avoir !
Elle se tourna vers le blond.
-Alors c'est lui n'est ce pas ? Insista-t-elle. Tu as craqué pour sa voix orgasmique et son sourire de tombeur?!
Instinctivement, Sasuke vint poser sa main sur celle de l'Uzumaki qui noua leurs doigts et Mikoto qui n'avait rien loupé de la scène sourit tendrement.
-Je ne le connais pas depuis longtemps mais je peux t'assurer qu'il n'est pas aussi superficiel que tu le penses. Répondit l'illustrateur. Et si je lui ai offert le tableau c'est parce que c'est le premier à réellement l'apprécier.
Sakura ne dit rien, mais elle en voulait plus et son meilleur ami le savait.
-Je détestais le regard qu'avaient les gens qui voulaient l'acheter et je détestais encore plus lorsqu'ils me demandaient si j'avais le numéro du modèle. Ajouta donc ce dernier. Sasori lui était réellement hypnotisé et touché par ce que j'avais essayé de capturer, de transmettre.
Il rit un peu.
-Et il semblait croire que j'avais peint une espèce de créature divine sortie tout droit d'un songe et non un être de chair et de sang ! Ca m'a beaucoup touché, aussi bien en tant qu'artiste qu'en tant que presque siamois de Dei !
La jeune femme le fixa encore quelques secondes, avant de reporter son attention sur l'assiette de Ino où elle se servait allégrement depuis le début du repas.
-Tema va te tuer !
-Elle n'est pas censée savoir que je devais lui offrir !
-Oui mais quand elle va apprendre que tu l'as donné…
Naruto haussa les épaules.
-Je fais ce que je veux de mes œuvres !
-Allons, allons, on sait tous qu'elle peut être très flippante lorsqu'il s'agit de son Deidara !
La conversation se poursuivit, chacun y allant de son commentaire pour finir par dévier vers d'autres sujets, mais Sasuke décrocha, concentré sur son père et son air détendu.
Il était heureux de le voir ainsi.
Sa mère était une femme en apparence dure car elle devait remplir le rôle de chef de famille et gérer l'entreprise d'une main de fer, son époux en étant incapable.
C'était un homme plutôt effacé, qui préférait gâter que punir et qui n'avait jamais dis du mal de personne.
Il était doux, compréhensif et c'est de lui que l'écrivain tenait sa sensibilité et son intérêt pour les autres.
C'était lui qui lui avait appris à prendre soin des gens chers à son cœur, lui qui lui avait appris à ne pas rester fâché avec ses proches, à ne pas avoir peur de faire le premier pas, même s'il n'était pas le fautif.
Mais dernièrement les choses étaient plus difficiles.
Machinalement son regard se tourna vers Shino qui était occupé à assassiner Naruto et Uta du regard.
Cette fois ci, Sasuke ne voulait pas être celui qui s'effacerait.
Il avait toujours mis ses propres reproches de côté, que ce soit avec ses parents, sa sœur ou ses amis, il avait toujours été celui qui effaçait tout, celui qui encaissait les blessures sans rien dire.
Mais aujourd'hui, il en avait assez.
Lui aussi avait le droit d'être en colère, de se sentir blessé et déçu.
Il était épuisé de se faire rejeter par Shino à chaque fois qu'il tentait de l'amener à lui parler de ce qui n'allait pas et il n'avait nullement l'intention de s'éloigner de Naruto pour faire plaisir à Gaara.
L'époque où il se mettait en quatre pour satisfaire les autres, quitte à s'oublier lui-même était définitivement révolue !
Il était inquiet pour le brun, mais il ne pouvait pas toujours allait vers lui pour essayer de le pousser à se confier et il ne pouvait plus faire comme si son comportement ne le blessait pas.
Alors cette fois ci ce serait à Shino de faire le premier pas.
Il attendrait que son ami soit enfin prêt à s'expliquer, ensuite ils pourraient régler leurs problèmes et finir par se retrouver.
Dernièrement, il avait compris qu'il pouvait être égoïste, qu'il avait le droit de songer à son bonheur, ses désirs et ses rêves.
Puisque le brun s'évertuait à le repousser alors il allait s'occuper de quelqu'un qui désirait son aide.
Naruto avait besoin de lui.
Besoin de quelqu'un qui l'empêche de sombrer, de faire des conneries qu'il regretterait, de quelqu'un qui lui fasse retrouver confiance en lui.
Il avait besoin d'un ami.
Besoin d'être aimé.
Et l'écrivain ne voulait laisser cette place à personne d'autre.
XxxX
-Oh vient ici mon gendre que je te fasse un gros câlin !
Sakura avait peut être un peu trop bu, c'est ce que tout le monde pensa en la voyant trébucher sur Sasuke pour l'enlacer avec force.
L'écrivain sourit, lui rendant son étreinte.
Il adorait ce petit bout de femme et sa moitié.
-Heureux que mon cadeau te plaise.
Elle déposa un baiser sur sa joue, laissant une belle trace rouge avant de rejoindre les bras de sa blonde, installée dans l'un des canapés.
Ils en étaient à l'ouverture des cadeaux et la rosée avait littéralement bondit de joie en découvrant une très vielle édition, quasiment introuvable et totalement hors de prix des Fleurs du Mal.
-Aller Sas' c'est à ton tour d'ouvrir un cadeau ! S'exclama Naruto
Le brun sourit, complètement sous le charme.
Le blond n'était pas ivre mais son niveau d'excitation dépassait largement celui de sa meilleure amie. Il avait été choisi comme père noël et c'est donc lui qui dans un déguisement dix fois trop grand s'amusait à distribuer les cadeaux, tournant autour du sapin en sautillant de joie.
La boite était très lourde et l'écrivain fronça les sourcils en la déballant, se demandant ce qu'elle pouvait bien contenir.
Lorsqu'il vit la machine à écrire, il leva immédiatement le regard pour croiser celui nerveux de Shino.
Sasuke avait craqué pour l'objet la dernière fois qu'ils avaient réussi à sortir tous les deux sans se disputer et il savait que le cadeau venait forcement de lui.
Il caressa l'objet en souriant avant de se lever pour rejoindre son ami qui se tortillait mal à l'aise au bout de son fauteuil.
-Merci…
Lorsque l'écrivain fut en face de lui, Shino n'eut pas d'autre choix que de se lever, un peu comme un automate.
L'autre l'attira contre lui, le serrant fort malgré son absence de réaction.
-Merci. Répéta l'Uchiwa
Alors d'abord hésitant, Shino finit par poser ses mains sur son dos, sentant un sanglot se coincer dans sa gorge.
Doucement, il l'enlaça à son tour, sans se soucier des larmes qui lui chatouillaient les joues.
Naruto sourit avant de faire silencieusement signe aux autres de rejoindre la salle à manger, ce qu'ils firent tous le plus discrètement possible, espérant que les deux autres puissent enfin s'expliquer.
Ces derniers restèrent enlacés encore de longs instants, avant que Sasuke ne se détache, sans pour autant s'éloigner.
Il offrit à son ami un petit sourire, essuyant ses larmes avec ses manches.
Mais alors qu'il s'apprêtait à parler, Shino déposa un baiser sur ses lèvres.
Le brun recula un peu en clignant des yeux, pas sûr de ce qui venait de se passer.
-Shino ?
-Je t'aime. Souffla le brun. Je suis amoureux de toi.
Sasuke comprit enfin l'expression « le ciel vous tombe sur la tête » car c'était exactement ce qu'il était en train de vivre.
Il regarda son ami, sous le choc, son cerveau au bord de la surchauffe à force de traiter les millions d'informations et de souvenirs qui l'assaillaient de toute part.
Oh mon dieu ! C'est tout ce qu'il arrivait à penser.
De longues minutes passèrent ainsi et Shino ne dit rien, lui laissant le temps d'intégrer l'information.
-Je savais que tu étais jaloux de Naru, mais tu l'es aussi d'Uta alors je… Et puis tu n'as jamais… Enfin on…
L'écrivain se tut, faisant quelques pas, tournant sur lui-même de manière assez risible.
-Mais depuis quand tu…
-La fin du lycée je suppose.
Sasuke vacilla, portant une main à son front.
Il n'arrivait pas à croire qu'il n'avait rien vu !
Shino était comme un frère pour lui, au même titre que Sasori et Hidan. Ils avaient tous grandis ensemble, presque comme une seule et même famille et jamais il ne les avaient vu d'un autre œil.
Jamais il n'aurait imaginé que l'un deux puisse le voir autrement.
C'était quelque chose de tellement incroyable que son cerveau ne pouvait y croire !
Même maintenant, même avec l'aveu du brun, il n'arrivait pas à le réaliser.
-Je…je suis désolé… Je…
-Je ne t'en veux pas, je l'ai parfaitement bien caché et je ne me suis jamais comporté avec toi différemment.
-En fait je pensais que peut être tu aimais Neji mais…
Le brun était totalement perdu et Shino réalisa qu'en effet, il n'avait jamais soupçonné ses sentiments pour lui.
Neji avait raison, son comportement de salope en manque ne l'avait en rien aidé à transmettre ce qu'il ressentait vraiment.
-Je ne pensais pas te le dire, en fait je pensais même que ça finirait par disparaitre. Expliqua-t-il. Ce n'était pas douloureux, pas du tout même, mais quand Naru est arrivé, quand vous vous êtes rapprochés, ça l'est devenu…
Sasuke hocha machinalement la tête, toujours aussi troublé.
-Je suis désolé pour ce que j'ai dis et pour ce que j'ai fais ! J'étais juste blessé et en colère de voir que même si tu avais découvert ton attirance pour les hommes, tu continuais de te comporter de la même manière avec moi. Continua le brun. Je t'ai accusé de m'ignorer et de me délaisser mais c'était faux, tu étais toujours présent pour moi ! Seulement je n'en pouvais plus de te voir aussi gentil et tendre, je n'en pouvais plus que tu continue à me regarder comme un frère !
L'écrivain releva la tête vers lui, le visage inondé de larmes.
-Pardon ! Pardon ! Gémit-il. Je suis désolé de t'avoir fais du mal, de ne pas avoir compris !
Il s'en voulait et souffrait réellement en pensant à la douleur qu'il avait causé à quelqu'un de si précieux pour lui.
Il s'en voulait aussi de ne pas savoir quoi faire, ni comment réagir.
Et maintenant ?
Maintenant qu'il savait, comment allait-il bien pouvoir arranger les choses ?
Il était question de sentiments, d'amour ! Ce n'était pas une situation qui allait s'améliorer après une bonne discussion !
Shino s'avança vers lui, attrapant son visage en coupe pour le regarder dans les yeux.
-Ne pleure pas ok ? Il n'y a pas de raison de pleurer, ce n'est pas un drame, c'est une belle chose ! Le rassura-t-il. Ce que je ressens pour toi, c'est une belle chose.
-Mais je…
Sasuke le regardait, toujours aussi perdu.
-Je ne t'ai pas laissé l'occasion de me voir comme un homme et non comme un frère, mais maintenant tu peux ! Insista-t-il. Maintenant que tu sais ce que je ressens, tu peux arrêter de mettre des barrières entre nous, tu peux faire le point sur tes sentiments pour moi sans cette fraternité ridicule ! Tu peux me laisser une chance comme tu le ferais avec un autre !
L'autre recula, cherchant à s'éloigner, secouant la tête, complètement désemparé mais Shino ne le lâcha pas, déposant à nouveau un baiser sur sa bouche.
L'écrivain se tendit, restant droit comme un piquet mais le brun n'abandonna pas, l'embrassant plusieurs fois de la même manière, chastement mais avec tendresse avant de glisser ses doigts vers sa nuque, sa langue cherchant à faire de même avec les lèvres entre-ouvertes.
Sasuke ne savait pas ce qu'il devait faire.
Il se sentait coupable, malheureux et nauséeux.
Que devait-il faire ?
Comment ne pas blesser son ami ?
Il se laissa faire, participant au baiser malgré son envie de fuir, l'estomac contracté par de douloureuses crampes.
-Tu vois, il n'y a rien d'impossible… Sourit Shino lorsqu'il mit fin au baiser.
Il semblait vraiment heureux, cela faisait longtemps que l'écrivain ne l'avait pas vu avec une telle expression et son envie de vomir n'en fut que plus forte.
Incapable de prononcer le moindre mot, il quitta la pièce, fuyant cette situation cauchemardesque.
Le brun le laissa partir, conscient qu'il avait besoin de digérer tout ce qu'il venait d'apprendre.
Étrangement il n'était pas inquiet et c'est détendu qu'il rejoignit son frère qui se faisait encore maltraiter par sa petite amie.
Après tout si Shikuro et Konan avaient dépassé le stade « amis d'enfance », il n'y avait aucune raison pour que Sasuke et lui ne puissent en faire de même.
XxxX
-Je dérange ?
Sasuke se tourna vers Neji qui le regardait, cigarette à la bouche et écharpe autour du cou.
Il fit non de la tête et le brun vint s'asseoir près de lui sur le perron de la maison.
-Mikoto dit que je peux fumer à l'intérieur ou dans le jardin mais Uta n'aime pas l'odeur de la cigarette alors…
-Naru non plus… Souffla machinalement l'écrivain.
Neji acquiesça, soufflant sa fumée vers le haut.
-Est-ce que ça va ? Questionna-t-il.
Le brun attendit un peu avant de répondre.
-Tu penses que quelque chose comme un coup de foudre à retardement ça existe ? Que tu peux tomber amoureux au premier regard de quelqu'un que tu as connu des années avant sans n'avoir rien senti ? Ou que tu peux tomber amoureux mais ne t'en rendre compte que des années plus tard en retrouvant cette personne ?
-Je pense qu'en amour tout est possible surtout lorsque comme toi et moi on est de véritables boulets !
L'Uchiwa eut un petit sourire fugace avant de reprendre une mine sérieuse.
-Je ne sais pas si je suis tombé amoureux de Naru à la fac, quand cette fille lui a fait sa déclaration ou au moment où il a mit les pieds à l'appartement. Reprit-il. Est-ce que mes sentiments ont toujours été là et se sont réveillés à son contact ou est-ce qu'ils sont apparus lors de nos retrouvailles ?
-Et en quoi est-ce important ? Questionna Neji. Ce qui compte c'est que tu l'aimes, le reste on s'en fout !
-Je m'en suis rendu compte ce soir…
-Quoi tu viens à peine de comprendre que tu es amoureux de lui ?
Sasuke secoua la tête.
-Je savais que j'avais des sentiments pour lui, comme je sais qu'il en a pour moi.
-Alors ?
-Mais ce que je ressens, ce n'est pas juste « sortons ensemble et voyons où ça nous mène » ! Expliqua l'écrivain. Naru il sait ce que c'est, mais moi c'est la première fois que je suis amoureux, la première fois que je ressens toutes ces choses et ce n'est pas simple à comprendre et gérer.
-Tu veux être avec lui, tu veux une histoire sérieuse, être un couple mais tu sais que lui n'en est pas là…
-Il vient à peine de rompre avec Ren et ce n'est même pas parce qu'ils ne s'aimaient plus…
-Vous preniez votre temps, créant des liens sans chercher à aller trop vite mais maintenant c'est plus compliqué pour toi.
-Je n'ai pas envie de presser les choses, de tout foirer parce que je veux tout, tout de suite !
Neji écrasa sa cigarette avant de poser une main sur l'épaule de l'écrivain.
-Tu sais que je suis nul pour les histoires de cœur hein ?!
-Ouais, tu es même le dernier à qui je devrais me confier ! Rit l'autre. Mais tu m'as l'air d'avoir aussi trouvé ta perle rare non ?!
L'autre se passa une main dans les cheveux un peu gêné.
-Ouais, mais moi je ne sais même pas ce qui intéresse Uta ! Répondit-il. A chaque fois que j'essaye d'aborder le sujet de ses préférences je bégaye pour finir par changer de sujet.
-Attends toi tu perds tes mots, vraiment ?!
-Ouais… Je perds tous mes moyens face à ce mec !
Sasuke explosa de rire et Neji lui donna un coup.
-Hey je ne me suis pas moqué de toi moi !
-Non, ce n'est pas ça…
Il se calma avant de s'expliquer.
-C'est juste que je me suis souvenu que selon le groupe je dois finir marié à une bimbo que je n'aime pas et que je tromperais avec toutes les filles qui passe alors que toi tu te taperas tous les jeunes minets que tu trouveras jusqu'à crever d'un orgasme violent à 80 ans ! S'exclama-t-il. Et regarde-nous, là dans le froid et la neige à parler d'amour le soir de noël…
Neji rit à son tour, se souvenant qu'en effet c'était l'avenir que leur avaient prédit leurs amis.
-En même temps on ne peut pas leur en vouloir, il n'y a pas si longtemps on était plutôt d'accord avec eux !
-Est-ce qu'on était vraiment de tels connards à la fac ? S'interrogea l'Uchiwa.
-Des connards je ne sais pas, mais tu étais un collectionneur et je sautais sur quasiment toutes les queues que je trouvais !
-Je ne suis pas vraiment fier de cette époque…
-Tu t'es calmé juste après que cette fille t'ait largué d'ailleurs non ?
Sasuke fronça un peu les sourcils, pensif.
-Après que Naru l'ai envoyée balader plus exactement…
-Oh… Et bien je suppose que ça répond à ta question sur le coup de foudre ! Sourit l'autre.
L'écrivain acquiesça.
-Et sinon, comment tu vas mettre les choses au clair avec Shino ?
-Comment tu sais que…
-Qu'il t'a tout dis ? Intervint Neji. Il me suffit de le regarder, je le connais par cœur tu sais !
L'Uchiwa maltraita sa lèvre, les yeux vers le sol.
-J'ai toujours cru que c'était de toi qu'il…
-Je sais, c'est pour ça que tu me faisais sans cesse la moral en me gueulant de prendre plus soin de lui !
-Quand je pense qu'en fait c'est moi qui l'ai blessé toutes ces années…
-Tu sais les autres ne savent pas non plus, ce n'est pas comme si c'était évident !
-Naru sait lui, j'en suis sûr…
-Oui, je pense aussi.
-Il voulait que Shino me parle, que je sois sûr de ne pas vouloir envisager quoique ce soit avec lui ! S'exclama l'écrivain. Cet idiot sait qu'il souffrirait de me voir avec quelqu'un et pourtant…
-Tu ne peux pas lui reprocher de vouloir ton bonheur.
-Je voudrais qu'il pense un peu plus au sien !
-Et bien toi aussi tu as tendance à te sacrifier…
-Justement, c'est derrière moi cette sale manie ! Rétorqua Sasuke. Naru et moi on va être heureux, même si ça doit blesser des gens qui nous sont chers ! On ne peut pas être malheureux par pitié ou solidarité !
Neji sourit en lui tapant dans le dos.
-Apparemment tu sais déjà tout ce que tu dois faire !
-Oui, alors de ton côté n'attend pas vingt-ans pour faire comprendre à Uta qu'il te plait !
W
Janvier
Shino laissa trainer son regard sur ses élèves, pris en plein examen, s'assurant que tout se passait correctement avant de s'arrêter sur l'un d'eux en particulier.
Il sourit en voyant le jeune homme se battre avec la monture de ses lunettes d'une main, tout en continuant à écrire de l'autre, la mine concentrée, une petite moue sur les lèvres.
Juste avant les vacances, le gamin lui avait avoué être attiré par lui, et depuis Shino ne pouvait s'empêcher de le taquiner, s'amusant de chacune de ses réactions.
Il avait remarqué peu de temps après la rentrée que Koji rougissait et balbutiait en sa présence, évitant de le regarder dans les yeux ou de s'adresser directement à lui. Et si au début il avait respecté son besoin de le fuir, dernièrement après une petite phrase taquine de sa part, l'étudiant lui avait clairement avoué être attiré par lui.
Et depuis la rentrée, le brun multipliait les contacts, prenant plaisir à voir le châtain mal à l'aise et troublé lorsqu'ils étaient trop près.
C'était vraiment divertissant.
Ce n'était évidement pas la première fois qu'on lui portait de l'intérêt, mais généralement il attirait des hommes plus mûrs et surtout plus agressifs.
Il n'aimait pas les gamins timides, hésitants et inexpérimentés.
Koji était à l'opposé de son style avec sa bouille de chaton innocent et ses grands yeux mouillés incapables de soutenir les siens.
Mais c'était amusant de le faire réagir, ça lui occupait l'esprit.
Perdu dans ses pensés, il s'assit sur le rebord de son bureau, faisant glisser l'une de ses branches de lunettes entre ses lèvres au moment même ou son élève relevait la tête.
Ce dernier sursauta, rosissant et Shino ne put s'empêcher de lui offrir un sourire suggestif qui lui fit immédiatement baisser les yeux.
Le professeur rit avant de vérifier l'heure, caressant un instant la sublime montre offerte par Sasuke à Noël.
Est-ce que cette nouvelle année allait enfin lui apporter ce dont il rêvait ?
Il soupira en secouant la tête puis mis fin à l'examen en frappant comme à son habitude sur son bureau puis dans ses mains, attirant ainsi l'attention de ses élèves.
Il passa rapidement dans les rangés, vérifiant de loin que les copies étaient bien déposées sur la table, répondant aux questions qui fusaient un peu partout, sans perdre de vu Koji qui comme toujours rangeait méticuleusement ses affaires, se faisant distancer par tous les autres.
Voyant que certains trainaient encore, l'empêcher d'être seul avec sa « distraction » il les mit presque à la porte, coupant court à la discussion qu'ils avaient entamée.
Les élèves râlèrent, lui demandant s'il avait un rencard et il leur offrit un clin d'œil qui les fit siffler en réponse.
Koji tentait de ne pas le regarder, pensant pouvoir faire oublier sa présence.
Pourquoi fallait-il qu'il soit aussi maniaque ?
Pourquoi ne pouvait-il pas simplement balancer ses affaires dans son sac comme tout le monde ?
-Enfin seul… Souffla Shino, juste derrière lui.
Il sursauta, sa main froissant l'une de ses feuilles.
Le professeur s'avança encore, attrapant le papier, ses doigts touchant ceux de son élève.
-On est nerveux ? Chuchota-t-il à son oreille.
Le plus jeune se mordit la lèvre en fermant les yeux avant de se retourner vivement pour le repousser.
-CA SUFFIT !
Bien que tremblant et les paupières encore closes, il avait hurlé, surprenant Shino qui s'était retrouvé bousculé contre la table derrière lui.
-Ca vous amuse tant que ça de vous moquer de moi ?! Continua l'étudiant. Vous pensez que je n'ai pas remarqué votre soudain changement de comportement ?!
Le brun ne dit rien et Koji poursuivit.
-Si je vous ai avoué que vous me plaisiez physiquement c'était pour que vous compreniez pourquoi je vous évitais et pourquoi j'avais toujours l'air d'un abruti en votre présence, pas pour vous servir de divertissement !
Shino se redressa, soudainement mal à l'aise.
Il s'amusait en effet avec le jeune homme, mais se l'entendre dire c'était bien plus violent qu'il ne l'aurait cru.
-Je m'étais dis que vous n'étiez pas du genre à humilier les autres, donc même si j'étais mort de honte, j'ai…
Koji serra les poings, décidé à ne surtout pas pleurer, se sentant bien assez pathétique comme ça.
-Vous pensez que parce que je vous trouve sexy je vais me laisser traiter comme une merde ? Cracha-t-il. Que vous êtes le seul homme à me faire de l'effet, que vous avez un quelconque pouvoir particulier ?
Il attrapa rageusement son sac.
-Et bien apprenez que vous êtes vraiment comme tous les autres connards, professeur ! Lâcha-t-il en partant précipitamment.
Shino resta de longues secondes sans réagir avant de se laisser retomber contre la table derrière lui.
Il se sentait en effet comme le pire des connards.
W
-C'est vraiment n'importe quoi ! S'exclama Naruto en s'avançant dans le salon.
Il se dirigea directement vers l'immense baie vitrée qui donnait sur un jardin sans fin et une piscine gigantesque.
-Je n'arrive pas à croire qu'il me fasse faire ça ! Souffla-t-il, un petit sourire aux lèvres.
C'était sa deuxième visite et il n'en revenait toujours pas.
Sasuke était complètement fou !
Ils avaient visité plusieurs appartements sans trouver leur bonheur, puis finalement l'écrivain était rentré un jour tout excité en lui annonçant avoir trouvé la perle rare.
Et le blond qui s'était attendu comme prévu à un F2, s'était retrouvé dans cette villa immense, réplique parfaite du foyer de ses rêves.
Le genre de maison faite pour un charmant petit couple et leurs adorables enfants.
Pas pour deux hommes en collocation.
Pourtant il se retrouvait à visiter à nouveau l'endroit, comme s'il pouvait vraiment se permettre d'envisager vivre ici avec Sasuke.
-C'est parfait non ? S'exclama ce dernier en le rejoignant. Il y a même plusieurs cheminées, tout ce que tu aimes !
Il était surexcité.
-Mais qu'est ce que tu veux qu'on fasse de tout cet espace enfin ?! Rétorqua Naruto.
-Et bien on va y vivre !
-On est deux !
-Pour le moment ! Sourit l'écrivain.
L'Uzumaki haussa un sourcil.
-Il y aura notre chambre, deux pour les amis et celles pour nos trois enfants !
L'illustrateur secoua la tête en soupirant.
-Sas', je suis sérieux…
Le brun se contenta de lui prendre la main.
-Elle est parfaite et tu le sais… Souffla-t-il doucement. Tu as toujours voulu une maison comme ça, alors pourquoi devrais-tu attendre une situation particulière pour l'avoir ?
Il le tira doucement, l'entrainant au milieu du salon.
-On a tous les deux les moyens de se l'offrir, on a travaillé dur pour ça, sans rien demander à personne…
Naruto ne dit rien, regardant simplement autour de lui.
-On s'en fout qu'elle soit faite pour deux ou pour quinze, pour un couple ou une colonie ! Continua l'écrivain. Ce qui compte c'est ce que tu ressens !
Il serra sa main.
-Est-ce que tu t'imagines dessiner ici, près de la cheminé en regardant la neige tomber ? Est-ce que tu te vois attendre que le soleil décline, les pieds dans l'eau ? Te sens tu inspiré par l'image des feuilles mortes virevoltant, par le bruit de la pluie cognant contre la baie vitrée et la magie des premiers bourgeons du printemps ?
Le regard de l'illustrateur se perdait un peu partout, son imagination prenant le dessus.
-Est-ce que tu te vois dans cette cuisine, tentant de m'apprendre à faire cuir un œuf sans foutre le feu ? Sakura débarquant avec des prétextes foireux pour squatter le sauna, Sasori hurlant quasiment tous les weekends que c'est le lieu idéal pour organiser une soirée, Hidan et Karin s'envoyant en l'air dans chacune des salles de bains, Gaa ne quittant pas le coin barbecue, Neji à moitié mort dans le hamac et Shino insistant pour au moins débarrasser ?
Le blond ne put s'empêcher de sourire, les images défilant sans difficulté.
-J'ai vu ça et tellement plus la première fois que je suis entré ici… Souffla Sasuke. En fait, même au portail, avant d'entrer, j'ai senti que cette maison serait parfaite, qu'elle était faite pour nous.
Il passa un bras autour de la taille du doré en lui faisant face.
-On ne fait pas les choses dans l'ordre et alors ? Continua-t-il. On fait ce qu'on veut, c'est tout ce qui importe… Si commencer par vivre ensemble, ici, nous rend heureux, alors pourquoi s'en priver ?
Naruto eut une petite moue.
-Arrête d'utiliser tes talents d'écrivain sur moi !
L'autre rit en l'attirant contre lui.
-Ca dépend, est-ce que ça marche ?
L'Uzumaki grogna en appuyant son front contre son torse.
-Est-ce qu'on peut vraiment faire ça ? Est-ce qu'on peut juste faire ce qui nous plait ?
-Je ferais en sorte qu'on puisse…
Naruto avait très envie de faire confiance à l'écrivain et il savait parfaitement qu'une fois de plus c'est ce qu'il finirait par faire.
Alors il ferma simplement les yeux en se laissant enlacer.
W
Shino tenta de s'éclipser à nouveau, comme à chaque fois que Sasuke essayait d'amorcer une conversation sérieuse avec lui.
Le professeur était devenu plus tactile, le draguant ouvertement et sans aucune gêne, en particulier lorsque Naruto était présent, mais ne lui laissait jamais l'occasion d'avoir une réelle discussion sur leur relation, trouvant toujours le moyen de fuir.
Mais aujourd'hui, l'écrivain était décidé à ne pas le laisser s'échapper.
Il avait quelque chose d'important à lui annoncer et ne pouvait plus retarder les choses.
De son côté, Naruto faisait de même avec Gaara, vivant sans aucun doute un moment aussi douloureux et compliqué que lui.
L'Aburame comprit qu'il ne pourrait pas fuir cette fois, alors il retira sa veste, décidé à faire comprendre à son ami qu'il était trop tôt pour lui donner une réponse.
-Non, laisse-moi parler s'il te plait. Le devança l'écrivain. Crois moi, tu auras l'occasion de t'exprimer ensuite…
Bien que réticent, Shino acquiesça en s'asseyant.
-J'ai pensé à des centaines de façons différentes d'entamer cette conversation mais au final, peu importe ce que je choisis, ça restera difficile.
Il souffla, le corps crispé.
-Je préfère donc être le plus direct possible. Reprit-t-il Je t'ai blessé en n'étant pas clair, en ne comprenant rien à tes sentiments et je ne veux plus faire trainer les choses, je ne veux plus de non-dits entre nous.
Le professeur se tendit aussi, sentant qu'il n'aimera pas la suite, même s'il se savait déterminé à ne pas abandonner.
Sasuke le regarda droit dans les yeux.
-Je vais déménager.
-Quoi ?!
-Je vais
-NON ! S'exclama Shino. Tu n'as aucune raison de faire ça enfin ! C'est ridicule ! C'est puéril !
Il se releva, secouant les mains de manière exagérée.
-Ce n'est pas parce que je suis amoureux de toi que tu dois fuir ! Poursuivit-il. Ce n'est pas comme ça que les choses vont évoluer !
L'Uchiwa voulut parler mais il ne lui en laissa pas l'occasion.
-Je comprends que tu ais envie de prendre du recul pour penser à ce que tu ressens pour moi et je veux bien vivre ailleurs quelques temps pour te donner de l'espace mais déménager c'est… C'est n'importe quoi enfin ! C'est chez nous ici ! Je t'interdis de partir !
L'écrivain inspira.
-On s'est mal compris, je ne déménage pas à cause de toi. Rétorqua-t-il calmement. Tu es bien placé pour savoir que je ne suis pas du genre à fuir.
Shino fronça les sourcils.
-On a tous passé l'âge de vivre comme des gosses insouciants… Continua l'autre. Je m'en suis pris plein la gueule car je voulais réaliser mes rêves et au final je me suis figé à la moitié du chemin, mettant de côté tout ce que je désirais parce que j'avais peur de décevoir, peur de faire du mal à d'autres ou peur de l'échec.
Il marqua une très légère pause.
-Je ne veux plus jamais faire ça.
-C'est une excellente chose et je comprends parfaitement mais pourquoi déménager ?
-Je ne pense pas que tu comprennes vraiment…
Le professeur eut l'air vexé mais ne dit rien, assez surpris.
-Je veux un endroit où je me sente chez moi, un endroit où je finirais peut être même mes jours, un lieu pour construire quelque chose de solide…
-Tu… tu as une façon de dire ça qui…
-Naru déménage aussi… Souffla l'écrivain.
Shino mit quelque secondes à réaliser ce que cette remarque impliquait.
Il écarquilla les yeux, son souffle bloqué dans sa poitrine.
-Tu vas vivre avec lui ?! Hurla-t-il finalement. Tu me quittes pour t'installer avec ce type que tu connais à peine ?!
-Je ne quitte personne Shino.
-Mais vous n'êtes même pas ensemble enfin ! Continua l'autre sur le même ton. Tu te rends compte que tout ce qu'il veut c'est qu'on s'occupe de lui ! Toi ou un autre c'est pareil ! Il finira par t'abandonner dès que Gaara sera décidé à le récupérer !
Sasuke grimaça mais ne dit rien, décidé à rester le plus calme possible.
-Naru tourne une nouvelle page et j'ai voulu la tourner avec lui.
-Non mais tu t'entends parler ? Cria le professeur. On n'est pas dans un de tes putains de bouquins bordel !
L'autre se leva.
-Shino tu es comme un frère pour moi.
-LA FERME !
-Tu es mon frère et je t'aime comme j'aime Hidan et Sasori ! Insista l'Uchiwa.
-TA GUEULE !
-Je ne peux pas t'aimer autrement ! Je suis désolé, je voudrais pouvoir faire quelque chose pour toute la douleur que je t'ai causé mais
L'autre fit tomber les cadres présents sur le meuble à sa droite, observant le verre se briser à ses pieds.
-Tu oses me faire ça ! Hurla-t-il en bousculant Sasuke. Après toutes ces années tu oses me laisser tomber pour ce type qui a dû se faire passer dessus par toute la fac !
L'écrivain lui saisit fermement les poignets en le bousculant à son tour.
-Ca suffit ! Tu as le droit de m'en vouloir mais
-Sors-le de ta vie !
Shino se dégagea violemment, semblant au bord de l'hystérie.
-DÉBARRASSE TOI DE LUI !
-Pardon ?
-C'est ce que tu as toujours fais non ? Continua l'Aburame. Toutes ces filles que je détestais tu les as laissées non ? Tu m'as toujours choisi !
Sasuke ne savait même plus comment réagir.
-Ca n'a rien à voir, je
-SI ! Si c'est pareil ! Exactement la même chose !
- Shino, calme-toi, tu…
-Si tu m'aimes vraiment autant que tu le dis alors tu n'as pas besoin de lui ! Tu n'as pas besoin de nous avoir tous les deux dans ta vie !
L'écrivain contracta la mâchoire.
-Est-ce que c'est un ultimatum ?
-Je ne supporterais pas que tu vives avec lui, je ne veux même plus que tu lui adresse la parole ! Rétorqua Shino. Tu ne peux pas jeter tout ce qu'on a vécu ensemble comme ça !
L'Uchiwa recula, se retenant de hausser le ton.
-Tu ne sais plus ce que tu dis… Souffla-t-il. Je sais que ce n'est pas facile pour toi et
-Je suis parfaitement conscient de ce que je dis ! L'interrompit son ami. Tu ne vas tout de même pas tout détruire pour Naruto ?!
-Mais c'est toi qui détruis tout putain ! Hurla à son tour Sasuke. Je ne sais même pas si tout n'était pas déjà bousillé depuis longtemps…
L'écrivain était partagé entre l'envie d'exploser et celle de pleurer, affecté par la tournure des choses.
-C'est de sa faute, tu
-Je suis amoureux de Naru ! Trancha vivement l'Uchiwa. Et tu le sais parfaitement, tu le sais depuis le départ !
Il soupira.
-Je ne voulais pas te le cracher à la figure comme ça mais j'ai l'impression que c'est la seule solution !
Shino secoua vivement la tête, mais il continua.
-J'aime Naru, je veux vivre avec lui et lui laisser tout le temps nécessaire pour venir vers moi ! Ce que je ressens pour toi n'as pas changé et ne changera pas, mais c'est différent et je n'ai pas à choisir entre mon frère et l'homme que j'aime. Je ne vais pas
-Alors dégage ! Trancha froidement l'autre. Refuser de se décider c'est faire un choix, et tu n'as pas fais le bon !
-Shino ne
-VA VIVRE AVEC LUI ET OUBLIE MOI !
Sasuke attendit quelques secondes avant de s'éloigner.
-Je sais que tu ne le penses pas vraiment alors j'attendrais…
Shino ne dit rien, gardant une mine fermée et l'Uchiwa préféra quitter l'appartement, espérant que les choses aient été plus simples pour Naruto.
XxxX
-Tu te rends compte de ce que tu dis ?! Gronda Gaara. Vivre avec Sasuke ?! Tu m'as reproché de ne pas avoir pu assumer et tu comptes t'installer avec un mec qui a vécu comme un hétéro la moitié de sa vie ?!
-Que je vive ou non avec Sas', n'est pas la question.
-Bien sûr que si ! Je suis ton
-Mon meilleur ami ! Trancha l'Uzumaki. Tu as le droit de me conseiller de ne pas m'attacher trop vite mais tu n'as pas à m'interdire quoique ce soit, ni à me donner l'impression que je te quitte pour un autre !
Le roux serra les poings en se mordant la langue.
-Tu sais parfaitement que les choses ne sont pas aussi simples !
-Si, elles le sont ! Et c'est pour ça que j'ai cette discussion avec toi ! Rétorqua le blond. Ca ne concerne pas Sas', Ren ou Ayumi mais toi et moi.
-Très bien, parlons de nous alors ! Ca me va !
Gaara s'avança mais Naruto recula.
Ce n'était pas un moment facile, il n'avait encore jamais eu le courage d'aborder ce sujet avec son meilleur ami, repoussant depuis des années cette échéance douloureuse.
-C'est avec moi que tu dois prendre un appartement ! Déclara Gaara. Avec moi que tu dois vivre ! Ca fait des années qu'on attend ça et
-Non ! L'interrompit vivement le blond. Ce n'est pas ce que j'attends ! Ce n'est pas ce que je veux !
L'autre parut surpris, déstabilisé l'espace d'une seconde.
-Il faut que tu arrête de vivre dans le passé ! Que tu arrête de t'accrocher à des sentiments qui n'existent plus !
-Tu dis des bêtises, tu
-On s'est aimé il y a des années ! Hurla presque l'Uzumaki. On a eu notre chance et
-Tu m'en veux encore pour ça ? Le coupa Gaara. Je sais que j'ai été nul et j'aurais voulu pouvoir rattraper les choses avant mais il y a eu Ren et…
L'illustrateur soupira, il avait le sentiment de ne plus parler la même langue que son meilleur ami.
-Je ne dis pas que c'est de ta faute ou de la mienne… Souffla-t-il, un peu lassé. On a été ensemble, ça n'a pas duré et on en a beaucoup souffert tous les deux. J'ai rencontré Ren, tu es resté avec Ayumi et on a réussi à préserver notre amitié…
Le roux ne dit rien et il poursuivit.
-C'était il y a des années, alors pourquoi n'as-tu toujours pas tourné la page ?
-Parce que je t'aime !
Le doré eut un petit sourire triste.
-Plus automatique que ça comme une réponse, c'est impossible !
Il s'éloigna encore un peu.
-Je suis fatigué que tu te serves de moi comme excuse… Lâcha-t-il. Que tu m'utilises pour justifier tous tes mauvais choix et excuser les décisions que tu n'as pas eu le courage de prendre !
-Ce n'est pas ce que je fais !
Le blond secoua la tête.
-Je ne peux pas avoir cette conversation avec toi maintenant… C'est comme parler à un mur !
-Naru, je suis conscient d'avoir été un enfoiré à la fac mais là c'est différent !
Naruto attrapa la main de Gaara, le regardant droit dans les yeux.
-Je ne t'en veux plus de m'avoir brisé le cœur… Mais dernièrement tu n'as pas été un ami digne de ce nom et je ne suis pas sûr que ça, ce soit quelque chose que je puisse pardonner…
Gaara tressaillit et l'illustrateur lui embrassa la joue.
-Alors s'il te plait, arrête de vivre dans le passé… Souffla-t-il. Arrête de te rendre aussi malheureux !
Le roux resta un long moment sans réagir.
Son meilleur ami eut le temps de traverser le parc désert et figé dans la neige pour monter dans une voiture, Sasuke refermant la portière du côté passager.
Et enfin il sortit de sa transe, courant jusqu'à eux.
Il craignait que l'écrivain ne fuie en le voyant arriver mais ce dernier vint au contraire à sa rencontre, l'empêchant ainsi de rejoindre Naruto.
-Pousse-toi ! Gronda-t-il.
-Il n'est pas en état de finir votre conversation pour le moment.
-POUSSE-TOI !
Gaara voulut passer, mais une fois de plus le brun s'interposa.
-Tu crois pouvoir nous séparer ? Cria le roux. Tu le connais à peine et tu penses valoir plus que moi à ses yeux ? Moi, son meilleur ami ?!
L'Uchiwa eut un petit rire de mépris.
-Meilleur ami ? Railla-t-il. Alors toi qui le connais si bien, toi qui sais à quel point il est fragile et instable, où étais-tu quand sa relation avec Ren s'est effondrée ? Lorsqu'il rentrait en larmes avec l'impression de ne pas être assez bien pour être aimé ? Tu attendais la rupture, tu te disais qu'après ça tu pourrais ramasser les morceaux ?!
Gaara serra les poings et le brun continua en s'avançant encore vers lui.
-Qu'est ce que tu as fais pour l'empêcher de s'enfermer dans ses angoisses, de succomber à ses crises de paniques, de se couper à nouveau du monde ?! Et les marques sur son corps, as-tu cherché comment les arrêter?
Le roux eut l'air choqué et l'autre le bouscula légèrement.
-Quoi, tu pensais que puisque ses bras étaient nets, tout allait bien ? Poursuivit-il. As-tu regardé ses cuisses, ses flancs, ou étais-tu trop occupé à attendre que Ren ne le brise, comme tu l'as fais des années auparavant ?!
Sasuke ne laissait pas au programmateur l'occasion de répliquer, le forçant à reculer un peu plus à chaque phrase.
-Toi qui l'aime tellement, quelles solutions as-tu trouvé pour occuper ses nuits blanches sans fin, faire taire les voix dans sa tête et l'empêcher d'abandonner ses rêves ?! Quelles réponses lui as-tu offert quand il répétait ne plus jamais vouloir aimer, ne plus pouvoir être heureux, être incapable de vivre ?!
Il hurla, attrapant Gaara par le haut de son manteau.
-Et lorsque j'ai dû vider toute l'armoire à pharmacie et le serrer toute la nuit dans mes bras pour l'empêcher de bouger après qu'il ait débarqué en larmes, hurlant qu'il avait envie de faire une connerie, tu étais où ?!
Il serra plus fort le tissu rigide bleu nuit entre ses mains.
-En dehors de te bourrer la gueule pour pouvoir le toucher sans avoir à en assumer les conséquences, qu'est ce que tu as fais pour le soutenir ? Siffla-t-il durement.
Il planta son regard sombre dans le sien troublé.
-Dis-moi, qu'elle est la dernière chose que tu as faite pour ton si précieux meilleur ami ?
Le roux resta sans voix, amorphe et lorsque Sasuke le relâcha, il tomba au sol, les genoux dans la neige.
L'écrivain s'éloigna un peu, le visage toujours aussi fermé.
-Maintenant si tu veux bien m'excuser, je dois aller gérer les dégâts causés par ta fabuleuse amitié Lâcha-t-il avant de lui tourner le dos pour rejoindre la voiture où l'attendait Naruto.
Dans quel état allait-il le retrouver ?
W
Février
Sasuke déposa une tasse fumante près de Naruto qui grimaçait, les yeux rivés sur son dessin. Il se pencha doucement, passant une main dans ses cheveux, le sortant enfin de son monde
-Oh… Merci…
L'écrivain sourit, reportant son attention sur les ébauches éparpillées devant son colocataire.
-Qu'est ce qui te gêne ? Questionna-t-il. Quelque chose que tu as du mal à dessiner ?
-Non, je pensais à la suite de l'histoire… Souffla-t-il. On n'a pas encore décidé de l'évolution de leur relation et sans ça on ne pourra jamais se lancer !
Le brun hocha la tête, se laissant tomber sur leur confortable canapé d'angle bordeaux en cuir.
Instinctivement, son regard parcourut le salon à la recherche d'un détail qui lui aurait échappé.
Il adorait vivre ici et ne pouvait s'empêcher de s'assurer qu'il ne rêvait pas tant l'ambiance lui semblait surréaliste.
Ils avaient emménagés il y a peu, aidé par presque tous leurs amis, à l'exception de Shino et Gaara.
Le brun ne donnait plus de nouvelles, décidé à ignorer l'existence même de Sasuke, et le programmateur se contentait de rapports courtois et brefs avec son meilleur ami, donnant plus la sensation d'une relation superficielle que d'une amitié forte et profonde.
L'écrivain ne pouvait nier qu'il était blessé par le rejet de Shino, bien qu'il comprenait son état d'esprit mais Naruto était sans conteste le plus affecté des deux.
Il souffrait que sa relation avec Gaara se soit encore dégradée et se sentait horriblement coupable de la dispute entre Shino et l'Uchiwa.
L'illustrateur avait le don de se sentir responsable d'à peu près tout et n'importe quoi, surtout lorsque ça concernait ses proches. Portant sur ses épaules tout le poids de leurs malheurs, sacrifiant son propre bonheur en pensant ainsi les soulager un peu.
Naruto pensait ne pas avoir le droit de se plaindre et de penser à lui et à ses désirs avant ceux des autres.
Il pensait qu'agir ainsi pousserait les autres à s'éloigner de lui, à l'abandonner et Sasuke était persuadé que ses angoisses avaient un rapport avec son adoption.
« Si même mes propres parents n'ont pas voulu de moi, alors qui le pourrait ? »
Peu importe à quel point on est aimé et entouré, ce genre de question vient forcement nous hanter à un moment donné.
Qu'est ce que j'ai fais de mal ?
Qu'est ce qui n'allait pas chez moi ?
Pourquoi ne m'aimaient-ils pas ?
L'écrivain savait pertinemment qu'encore aujourd'hui, l'Uzumaki se posait ces questions, pensant que quelque chose clochait avec lui et poussait les autres à s'éloigner.
Ses parents adoptifs étaient des gens biens, mais très peu présents, son meilleur ami et premier amour l'avait quitté pour une fille en lui donnant l'impression de le garder comme une option et Ren l'avait laissé en lui préférant son ambition.
Il n'avait eu de cesse de les faire passer avant tout, avant lui-même et pourtant tous à leur manière ils l'avaient délaissé ou abandonné, aggravant ses angoisses et sa certitude qu'il était remplaçable.
Naruto se pensait de passage dans la vie de ses proches, comme si chacune de ses relations avaient une date de péremption.
« Un jour, lui aussi il partira. » C'était ce qu'il pensait à chaque fois.
Et ce qui peinait le plus Sasuke, c'était le fait qu'il y soit habitué, qu'il trouve ça normal.
Le blond se sentait tellement chanceux de faire partie de la vie de ses proches qu'il ne réalisait pas que pour eux aussi c'était un bonheur de pouvoir le côtoyer.
« J'ai déjà de la chance de l'avoir alors je ne devrais pas me plaindre »
Voilà comment l'illustrateur fonctionnait, intériorisant ses douleurs et ses craintes jusqu'à ce que le tout déborde et qu'il se retrouve à se faire du mal pour apaiser sa peine.
Sasuke avait toujours cru être trop gentil, avec une importante et ridicule tendance au sacrifice et à l'abnégation mais avec le doré c'était un tout autre niveau et ça le rendait complètement dingue.
C'était sans doute pour ça qu'il était encore plus dur avec Shino et Gaara.
Encore plus blessé et en colère !
Comment pouvaient-ils les traiter comme s'ils étaient des égoïstes insensibles alors qu'ils avaient vécu pour les autres si longtemps ?
Comment pouvaient-ils leur ordonner de se séparer alors qu'ils étaient enfin en train de goûter au bonheur ?
Remarquant que l'écrivain était silencieux, Naruto se tourna vers lui, se demandant où son esprit s'était perdu, prêt à le taquiner sur son absence. Mais sa mine fermée et son poing inconsciemment serré changèrent ses plans.
Il quitta sa chaise, le rejoignant sur le canapé.
-Sas' ?
Il avait presque murmuré, sa main détendant doucement celle du brun avant de s'y glisser.
L'autre papillonna des yeux, comme s'il se réveillait avant de tourner la tête vers lui.
-Tout va bien. Ajouta l'illustrateur sur le même ton.
Ce n'était pas une question, ça ne l'était plus depuis quelques temps déjà et Sasuke sourit en relâchant les épaules.
Ils restèrent sans un mot quelques minutes, la tête de Naruto appuyée contre la sienne, puis soudainement, il reprit la parole, réagissant enfin à ce que le blond lui avait dit plutôt, comme s'il n'y avait jamais eu de « pause ».
-En tout cas hors de question qu'on tombe dans les rencards clichés et réchauffés du genre cinéma ou patinoire !
-Hum… Fut la seule réponse de l'Uzumaki
L'autre tourna un peu la tête pour voir son visage.
-Quoi, tu avais prévu ça ? Questionna-t-il.
Naruto fit « non » de la tête, ses cheveux le chatouillant un peu au passage.
-J'ai juste réalisé n'avoir jamais vraiment eu de rencards comme ça…
Sasuke mit quelques secondes à percuter avant de se redresser complètement.
-Hein ?!
L'illustrateur haussa les sourcils en décollant à son tour le dos du canapé.
-Mais, comment ça tu n'as jamais…
Le brun ne finit pas sa phrase, toujours figé dans une pause plutôt risible.
-Et bien Gaa n'assumait pas donc les seuls fois où on est allé dans ce genre d'endroit c'était en groupe, entre « amis »… Répondit calmement l'Uzumaki. Puis avec Ren, au début on était fauchés et bien plus concentrés sur notre survie que sur le romantisme ou les rendez-vous. Ensuite quand on a commencé à gagner correctement notre vie, le temps des premiers rencards étaient passé…
Il haussa les épaules.
-On a voyagé et diné dans des lieux prestigieux, c'est tout aussi cliché je suppose… Mais j'avoue que lorsque je lis un manga ou que je regarde un film, les moments d'intense embarras lors des premiers rendez vous maladroits au cinéma m'attendrissent toujours un peu malgré le côté stéréotype !
Il releva les yeux vers Sasuke en riant, un peu embarrassé par son aveu et ce dernier eut l'air soudainement déterminé.
-Alors faisons ça ! S'exclama-t-il.
-Hein ?
-Un rencard ! Précisa-t-il.
Ce fut au tour de Naruto de prendre une pause comique, balbutiant sans réussir à sortir le moindre son.
-Hein ?! Répéta-t-il finalement.
C'était tout ce qu'il avait réussi à sortir après de laborieux essais.
Sasuke sourit.
-Je comprends ta surprise, vu notre façon de fonctionner j'aurais plutôt dû te demander en mariage avant de passer par la case rencard ensuite mais je me suis dis « soyons fous » !
Naruto grogna en lui donnant un coup sans réelle force dans les côtes.
-On passera une vraie journée de shôjo puis je te raccompagnerais sagement jusqu'à la porte en me contentant d'un chaste baiser sur le front ! Souffla l'écrivain en lui attrapant la main.
Le blond détourna le regard en mordillant sa lèvre.
-Tu sais, on peut avoir des dizaines voire des centaines de rencards avant de passer au premier baiser…
L'illustrateur tressaillit avant de refaire face à Sasuke qui gardait la même expression douce mais décidée.
-Quoique dans notre cas, ça ne sera pas vraiment le tout premier ! Rit ce dernier en lui offrant un clin d'œil.
L'Uzumaki le frappa à nouveau avant de se relever.
-C'est dans ces moments là que je comprends pourquoi tu écrivais des histoires perverses bon marché !
-Hey, ma perversité n'a absolument rien de low cost !
Sasuke ressemblait à un enfant vexé, il gonfla les joues, croisa les bras et tourna la tête sur le côté.
Naruto ne put s'empêcher de rire, se penchant doucement vers lui.
-C'est important d'être bien renseigné sur les sujets abordés lorsque l'on bosse sur un manga, donc je vais avoir besoin de ton aide ! Lança-t-il. Montre-moi tout ce qu'on ne doit surtout pas mettre comme rencard dans notre histoire !
L'écrivain sursauta, faisant basculer le blond en le tirant par les épaules vers lui.
-Vraiment ?! S'exclama-t-il tout excité.
-Vraiment… Sourit l'illustrateur, attendri. Fais-moi faire une overdose de cliché !
W
Shino posa maladroitement son verre sur le comptoir, conscient du regard insistant d'un grand blond à l'autre bout.
Il n'était pas totalement ivre mais il espérait bien l'être au plus vite.
Sortir, il ne faisait plus que ça depuis le départ de Sasuke.
De l'alcool et du sexe quasiment toutes les nuits, pour se persuader que rien n'était de sa faute, qu'il n'était pas celui qui avait tout foutu en l'air.
Il accusait Naruto de tous ses malheurs, souhaitait à Sasuke de se faire briser le cœur et crachait des horreurs à Neji dès que ce dernier essayait de lui parler.
C'était de leur faute, s'ils en étaient arrivés là !
Shino commanda un nouveau whisky, déboutonnant sa chemise en offrant un sourire au blond qui s'était déplacé jusqu'à lui.
C'était amusant de se laisser draguer et de voir les autres galérer un peu.
Le brun prenait rarement la peine d'aller vers les hommes qui lui plaisaient, il préférait les laisser venir et se démener un peu. Il se savait séduisant et n'hésitait pas à jouer de son physique avantageux pour obtenir ce qu'il voulait.
Il aimait attirer les regards, se sentir désiré et voir tous les efforts que les hommes étaient prêts à faire pour l'avoir.
Il disait souvent « non », exigeant et difficile en matière de partenaire, mais c'était jouissif de pouvoir décider et de ne jamais manquer de prétendants.
Nino, le charmant blond qui s'était présenté en lui offrant un scotch hors de prix était plutôt son genre.
Grand, bien bâti, viril, avec un regard perçant et un sourire coquin.
De quoi se divertir quelques heures…
Décidé à s'amuser, il ne lui accorda pas tout de suite son attention, son regard balayant le reste du pub.
Et c'est là qu'il remarqua une silhouette qui ne lui était pas inconnue.
Surpris, il cligna plusieurs fois des yeux, se penchant un peu, persuadé que l'alcool lui jouait des tours.
Mais non, il ne rêvait pas.
C'était bien Koji, son élève le plus réservé qui était installé à une table, riant avec une bande de personnes plus âgées que lui.
Il n'aurait jamais cru le jeune homme du genre à fréquenter les bars, lui qui se montrait si peu à l'aise en présence des autres.
Pourtant, là, il semblait complètement dans son élément, ses yeux mouillés par l'alcool étincelant de bonheur.
Il avait les joues roses, les cheveux coiffés en pétard et sa chemise violette était indécemment ouverte, dévoilant une bonne partie de son torse frêle.
C'était une image étonnante, à l'opposé de celle qu'il offrait tous les jours en cours.
Il fronça les sourcils, agacé sans comprendre pourquoi et tourna un peu plus son tabouret vers la table de son élève.
Une femme superbe, moulée dans un pantalon en cuir se plaça derrière lui, lui ébouriffant les cheveux avant de l'enlacer, coinçant son visage dans le creux de son cou.
Koji se laissa faire en riant et Shino se fit la réflexion qu'il ne l'avait jamais vu rire ainsi.
Le souvenir de leur dernier échange lui revint en mémoire et il sentit la honte le tirailler à nouveau.
Il ne s'était pas excusé, mais il avait arrêté de taquiner le jeune homme et ce dernier ne le regardait même plus, se contentant du strict nécessaire, comme un « bonne journée » lâché froidement en rendant une copie.
Et maintenant qu'il n'avait plus l'étudiant pour lui changer les idées, il pensait dix fois plus, son comportement lamentable s'ajoutant à la liste de toutes les choses qui le tourmentaient.
Alors il écumait les bars et les soirées à la recherche de coup d'un soir divertissant et si possible au physique proche de celui qui lui avait brisé le cœur.
Nino lui parla, sans doute décidé à entrer dans le vif du sujet mais le professeur n'était plus intéressé, il prit son verre et s'éloigna du comptoir sans un regard pour lui, se rapprochant sans hésitation de la table de Koji.
Les gens l'accompagnant avaient tous au moins dix ans de plus que lui, que faisait-il avec eux ?
Pourquoi ne trainait-il pas dans les bars étudiants comme tous les autres jeunes de son âge ?
Leurs regards finirent par se croiser lorsque le jeune homme tourna la tête et Shino put y lire la surprise avant qu'il ne détourne les yeux, reportant son attention sur la femme toujours accrochée à lui.
Shino n'avait aucune attirance pour les femmes, mais il devait avouer que la brune était magnifique, dégageant quelque chose de magnétique.
Tous comme les deux hommes assis avec eux.
Un grand blond coiffé d'une crête étrange, portant un jeans déchiré et un haut à capuche complètement ouvert sur son torse tatoué et un brun aux cheveux très longs et aux yeux bleus envoutants.
Les deux étaient totalement son genre, mais son regard restait pourtant fixé sur son étudiant coincé entre les deux adultes et la belle brune câline.
Koji avait beau avoir vingt-ans, à ses yeux il était encore un gamin et sa proximité avec ce trio étrange était en quelque sorte dérangeante.
Il grommela, pas sûr de ce qu'il était en train de marmonner, avant de s'installer à la table qui se libérait, juste en face de celle du châtain.
L'un des hommes, celui à la crinière sans fin se pencha vers l'étudiant, les sourcils froncés et l'autre finit par faire un mouvement de tête vers la table de Shino qui tressaillit légèrement lorsque le regard bleu glacial croisa le sien.
Il ne flancha pas, soutenant tout de même l'iceberg qui le sondait et alors que le brun semblait prêt à venir le voir, Koji lui retint le bras, faisant de même avec le blond qui s'était à son tour tourné vers lui.
Shino grogna.
Quoi, ils comptaient jouer les grands frères protecteurs ? Lui casser la gueule ?
Finalement ce fut la belle brune qui vint jusqu'à lui et il vit son étudiant soupirer en tentant de la retenir.
Bien que complètement gay, le professeur suivit le balancement de ses hanches, souligné par le cuir de son pantalon et son tee-shirt qui ne couvrait pas totalement son ventre.
Il y avait vraiment quelque chose de fascinant chez cette femme.
Elle s'arrêta juste devant sa table, se penchant pour s'y appuyer et le brun remarqua que beaucoup de regards avaient déviés sur sa chute de reins et ses fesses.
Contrairement à ce qu'il avait cru, elle ne dit rien, se contenant de le regarder en silence et étrangement il ne dit pas un mot non plus.
Il n'était pas vraiment à l'aise, le regard perçant de la brune semblant le sonder sans aucune difficulté.
Koji lui avait sans doute parlé de son comportement pitoyable et il ne se sentait donc pas particulièrement sûr de lui.
Mais bien évidement, hors de question de le montrer !
Il ne flancha donc pas, ses yeux toujours ancrés dans ceux de la brune.
Qui était-elle d'abord ?
-Je m'appelle Anya ! Lança spontanément la jeune femme.
Shino tressaillit à nouveau.
Est-ce qu'elle lisait dans les pensés ?
Il secoua la tête, là il délirait complètement.
-Le brun c'est Tatsuya et le grand avec la crête c'est Ryouta. Continua-t-elle. Merci de prendre soin de notre bébé.
Le professeur fronça les sourcils.
« Leur bébé » ?
Qui étaient-ils pour considérer Koji ainsi ?
Elle sourit, comme si elle avait suivi le fil de ses pensés avant de se redresser.
-Il n'aime pas trop faire ça devant des gens qu'il connait donc si tu as prévu de jouer avec le blond désespéré au comptoir, c'est le moment de filer !
Et sans attendre de réponse, elle s'éloigna, ses longs cheveux lui fouettant presque la figure.
« Faire ça ? »
De quoi parlait-elle exactement ?
Machinalement il tourna la tête vers le bar, tombant directement sur Nino qui ne le lâchait effectivement pas des yeux, la mine presque suppliante.
Il grimaça, en détournant le regard.
Là il n'avait vraiment plus rien d'attirant !
Koji se leva soudainement, accaparant toute son attention et il le suivit des yeux jusqu'à la petite scène où jouaient souvent des groupes d'amateurs.
Est-ce que c'était le cas du châtain ?
Lui si timide et fuyant face aux regards des autres ?
Pourtant, alors que Tatsuya s'installait au piano, l'étudiant se plaça devant le micro, l'arrangeant pour qu'il soit à sa hauteur et Shino ne put s'empêcher de sourire.
Il était vraiment petit !
Mais il ne tremblait pas, concentré malgré l'attention portée sur lui, affrontant la salle avec détermination.
Il semblait si différent du jeune homme qu'il côtoyait à la fac…
Une mélodie triste avec un quelque chose d'hypnotique s'éleva dans le bar, les doigts de Tatsuya pianotant agilement sur les touches tandis que son regard était fixé sur Koji.
Regarde un peu mon corps
Regarde mes mains
Il y a tant ici que je ne comprends pas
Shino frissonna lorsque ce dernier chanta enfin.
Sa voix était plus grave que lorsqu'il parlait, elle était éraillée, presque écorchée et profonde.
Tes promesses qui te sauvaient la face
Chuchotées comme des prières
Je n'en ai pas besoin
Je n'en ai pas besoin
Le brun savait que cette chanson allait lui parler, il sentait déjà qu'elle remuait quelque chose en lui et il était tenté de fuir, peu désireux de faire face à ce qui menaçait de le submerger. Mais son corps ne lui obéissait pas, ne suivant plus que la voix douloureuse du chanteur.
Car j'ai tant été trahi,
J'ai si longtemps été trahi
Comme si je devenais intouchable
Koji ferma les yeux et Shino tressaillit, quelque chose se serrant au fond de lui alors que l'image de Sasuke dansait devant ses yeux.
Son sourire enjôleur, son rire enfantin, sa moue boudeuse, sa présence rassurante, sa voix apaisante, son toucher presque insoutenable…
Tout lui revenait clairement, les souvenirs se mêlant aux fantasmes, l'amertume et la colère se cognant à l'amour et au manque.
Le mépris aime le silence,
Il prospère dans l'obscurité
Avec de fines vrilles sinueuses
Qui étranglent le cœur
Le chanteur était vraiment habité par sa chanson, sa voix transmettant toute sa peine, faisant écho à celle de son professeur.
C'était vibrant, réel, presque palpable.
Il y avait tellement dans ces quelques mots, tellement d'eux que Shino s'était immédiatement senti connecté à son élève.
Comme si sa voix tissait doucement quelque chose entre eux, comme si un lien particulier commençait à éclore.
Ils disent que les promesses adoucissent le coup
Mais je n'en ai pas besoin, non je n'en ai pas besoin
J'ai tant été trahi,
J'ai été trahi si longtemps
Comme si je devenais intouchable
Le brun s'était senti seul avec sa douleur.
Tout ce qu'il avait ressenti en voyant Sasuke lui échapper, en le voyant se rapprocher de Naruto et en tomber amoureux, il avait dû y faire face seul, sans personne pour le soutenir.
Neji ne comprenait pas sa peine, lui répétant seulement de tout lui avouer ou d'abandonner, le jugeant même parfois pour son comportement. Gaara ne voyait rien, la tendresse de Sasuke le blessait plus encore et la sollicitude de l'illustrateur était insoutenable.
A qui parler ?
Qui pour le comprendre et le soutenir ?
Pourquoi cette impression d'être seul ?
Cette impression qu'ils étaient tous contre lui ?
Mais ce soir, cette chanson là, ce quelque chose de poignant dans cette voix en particulier…
Il avait le sentiment qu'on s'adressait directement à lui, que pour une fois quelqu'un s'intéressait enfin à ce que lui pouvait ressentir.
Je suis une fleur fanant lentement
Gelant dans l'heure jusqu'à la mort
La douceur devenant amertume
Et intouchable
J'ai besoin d'obscurité,
De douceur
De tristesse
De faiblesse
Oh j'en ai besoin
Il avait le droit d'être en colère, le droit d'être amer, d'être méchant et même cruel.
Ca ne faisait pas de lui quelqu'un de mauvais de vouloir être choisi par celui qu'il avait désiré si longtemps.
Pourquoi personne ne semblait prendre en compte sa douleur ?
Pourquoi c'était un quasi inconnu qui au travers d'une chanson lui apportait le réconfort que ses proches n'avaient pas su lui offrir ?
Être irrationnel, irréfléchi, entêté et blessant, c'était normal dans sa situation non ?
Et puis pourquoi parlait-on toujours de cœur brisé ?
Lui avait plutôt l'impression qu'on avait arraché ses poumons, l'empêchant de respirer alors qu'il agonisait sans échappatoire.
C'était une déchirure effroyable, une souffrance sans pareil qui peu à peu se propageait dans tout son corps, affaiblissement la moindre parcelle de son être.
Son cœur ?
Il ne le sentait même pas…
Est-ce qu'un jour il pourrait à nouveau ?
J'ai besoin d'une berceuse, d'un baiser pour m'endormir,
D'un « mon ange »
D'un « doux amour de ma vie »
Oh j'en ai besoin
Est-ce que tu te souviens de la façon dont tu me touchais
avant ?
Toute la douceur tremblante que j'aimais et adorais ?
Tout ce qu'il avait toujours voulu c'était que Sasuke l'aime et même en passant une partie de sa vie en pensant ça impossible il s'était contenté de l'avoir près de lui, de prendre tout ce qu'il avait à lui offrir.
Et lorsque enfin une occasion s'était présentée, lorsque enfin il avait cru pouvoir avoir plus, cru pouvoir réaliser son plus précieux rêve, un inconnu était venu tout détruire.
Qu'importe que Naruto n'y soit pour rien, à ses yeux il était celui qui avait piétiné ses rêves et il ne pouvait s'empêcher de lui en vouloir.
Comme il ne pouvait s'empêcher de détester Sasuke de l'avoir choisi ou d'espérer que finalement il lui revienne.
Il n'était pas amoureux de lui, il en aimait un autre.
Ce n'était pas un crime mais pour lui c'était ce qu'il y avait de pire au monde.
C'était presque condamnable !
Tes promesses qui te sauvaient la face
Chuchotées comme des prières
Je n'en ai pas besoin
Je n'en ai pas besoin
J'ai besoin d'obscurité,
De douceur
De tristesse
De faiblesse
Oh j'en ai besoin
Qu'avait-il fait de sa vie à part aimer aveuglement Sasuke ?
Est-ce que se rendre compte qu'il avait mis son existence entre parenthèse pour un rêve qui ne se réaliserait jamais n'était pas le pire ?
Est-ce que s'avouer qu'il était le plus coupable de tous n'était pas le plus horrible ?
Il n'aurait jamais l'homme de sa vie, il avait sans doute perdu un frère et il était à deux doigts de perdre son meilleur ami.
Ecumer les bars tous les soirs de la semaine pour finir dans les bras d'inconnus tout en pensant à Sasuke ?
Espérer vivre à ses côtés comme un simple colocataire sans songer à son avenir et à ses désirs ?
Est-ce que c'est tout ce qu'il pensait mériter ?
Est-ce que c'est tout ce qu'il avait prévu comme bonheur ?
J'ai besoin d'une berceuse, d'un baiser pour m'endormir,
D'un « mon ange »
D'un « doux amour de ma vie »
Oh j'en ai besoin
Est-ce assez sombre ?
Peux-tu me voir ?
Me veux-tu ?
Peux-tu m'atteindre ?
Où je m'en vais
Il méritait plus.
Il méritait mieux
Il méritait d'être désiré, aimé, chéri et protégé.
Il méritait qu'un jour quelqu'un le dévore des yeux comme Neji le faisait avec Uta.
Qu'on craigne de le perdre comme Hidan avec Karin.
Qu'on lui offre les mêmes sourires chargés d'amour qu'Ino réservait à Sakura.
Il méritait que comme Sasuke avec Naruto on l'aime au point de pouvoir l'attendre, au point de pouvoir tout recommencer, pardonner et supporter.
Il avait envie de ce genre d'histoire, de sentiments et de courage.
Il voulait être capable d'aimer à nouveau. De se déclarer sans attendre, de se battre pour qu'on ne lui enlève pas celui qu'il désirait.
C'était en partie de sa faute si son amour à sens unique avait duré si longtemps et pris tant d'ampleur.
Aimer Sasuke, ne voir que lui, l'attendre en sachant pertinemment que rien ne se passerait jamais, tout cela était devenu naturel, comme une habitude dont on ne cherche même plus à se défaire.
Où étaient la passion, le frisson, l'excitation et l'envie ?
Toutes ces choses qu'il avait ressenties à la naissance de ses sentiments et qui l'avaient rendu si heureux et fébrile, où étaient-elles ?
Depuis combien de temps la douleur, la lassitude et la résignation les avaient remplacées ?
Il méritait mieux et il avait mieux à offrir.
Koji rouvrit doucement les yeux, croisant ceux de Shino, sans qu'aucun ne songe à couper le contact.
Le chanteur était toujours ailleurs, pris dans sa chanson, l'émotion qui l'habitait et qu'il transmettait à la foule et Shino prenait plaisir à se noyer dans son regard humide et magnétique.
Il avait su dès le début que cette chanson lui parlerait.
Tu ferais mieux de te taire, et retenir ton souffle
Embrasse-moi maintenant, tu saisiras ta mort
Oh je le pense
Oh je le pense
Quelques secondes de silence passèrent avant que les applaudissements ne se fassent entendre. Puis Tatsuya se leva, attrapant la main de Koji, l'embrassant dans le cou avant de le tirer hors de l'estrade.
Le jeune homme le suivit docilement, encore un peu perdu et ce fut au tour de Ryouta et Anya de lui offrir un câlin lorsqu'ils se levèrent pour rejoindre la scène.
La brune se mit au micro, une guitare en main, Tatsuya fit de même et le blond s'installa à la batterie.
Mais Shino restait focalisé sur son étudiant, qui buvait presque machinalement son cocktail, les yeux dans le vide.
Quelque chose de mouillé fit frissonner le brun et en portant une main à sa joue il se rendit compte qu'il pleurait.
Sous le choc, il appuya plus franchement sur son visage trempé, réalisant qu'en effet, c'étaient ses larmes qui ruisselaient.
C'est le moment que choisit Nino pour s'asseoir en face de lui, déposant une bouteille couteuse sur la table, un sourire presque pervers aux lèvres.
Il ne fut pas vraiment délicat ou compréhensif et c'est au moment où il envoyait assez crûment le blond se faire voir que Koji passa près d'eux pour rejoindre son groupe, lui lançant un regard où oscillaient mépris et déception.
Shino serra les poings.
Cette fois ci c'était sûr, Nino allait regrettait d'être entré dans ce bar !
W
Mai
-Et quand est ce que vous compter officialiser les choses ? Questionna Sakura, agenouillée devant Naruto pour s'occuper de l'ourlé du pantalon de costume qu'elle lui faisait essayer.
La jeune femme organisait des mariages de A à Z, c'était une véritable célébrité dans son domaine et toutes les stars et têtes couronnées passaient par elle.
Son meilleur ami ayant à peu près la même carrure que l'un des mariés dont elle s'occupait, il avait été réquisitionné pour les retouches.
Le blond détestait ça, mais personne ne disait non à Sakura, surtout pas lui !
Il hésita, ne connaissant lui-même pas la réponse.
-Est-ce qu'on va vraiment faire ça ?
Elle releva les yeux vers lui.
-Tu te fous de moi ?
Il mordilla comme à son habitude sa lèvre.
-Je veux dire… Est-ce qu'il ne va pas se lasser ? Lâcha-t-il timidement. Je ne suis pas encore prêt à…à plus… Alors forcement il va en avoir marre et trouver beaucoup mieux et très vite !
Sakura enfonça légèrement son épingle dans son orteil.
-Aie !
-Non mais tu t'entends ? Lança-t-elle. Tu n'en as pas marre de débiter de telles conneries ?!
Il ne dit rien, se contentant de la regarder, un peu perdu et elle se releva en prenant soin de ne pas abimer sa jupe Dior.
-Il vous a trouvé une maison ! Pas un studio ou même un loft, une maison ! S'exclama-t-elle. Une belle demeure familiale qui sent les promesses d'éternité, les enfants courant partout et les parties de sexe sans fin devant la cheminé !
Naruto rougit, les images clairement ancrées dans son esprit.
Il ne pouvait nier y avoir pensé aussi…
-Quelqu'un qui fait ça, n'est pas prêt de laisser tomber ! Continua la jeune femme. Je suis sûre que l'idée ne l'a même pas traversé !
-Et moi ?
-Quoi, toi ?
-Est-ce que je mérite quelqu'un comme Sasuke ? Est-ce que je pourrais vraiment me lancer à nouveau dans une histoire ?
Il détourna le regard, tombant sur son reflet dans le miroir géant en face d'eux.
-Je n'arrive pas à ralentir ou arrêter les choses mais… Qu'est ce que j'ai à lui offrir ? Qu'est ce qu'un névrosé étrange, bourré d'angoisse et instable peut lui apporter ? Lorsqu'il comprendra ça il va
-Hey ! Ce n'est pas Ren, ok ?! L'interrompit Sakura. Et ce n'est pas Gaara non plus !
-Je sais mais, ça vient de moi non ?
L'Uzumaki crut presque entendre sa meilleure grogner.
-Gaa était un connard sans couille et Ren n'était pas apte à te comprendre, ça n'a rien à voir avec toi ! On tombe tous sur des enfoirés ou des mecs qui ne nous méritent pas, on est en rien responsables !
L'illustrateur ne dit rien, baissant simplement la tête et Sakura sut qu'elle ne pourrait pas le convaincre que rien ne clochait chez lui.
Elle essayait en vain depuis des années…
-Bébé, oublions ça ok ? Souffla-t-elle doucement. Concentrons-nous sur toi et ce que tu ressens.
Il releva les yeux vers elle.
-Tu es bien avec Sasuke non ? Tu aimes ce qui se tisse entre vous, le rythme de votre relation et votre nouveau chez vous ?
Naruto hocha la tête et elle eut l'impression de faire face à un enfant timide.
-L'idée de sortir un jour avec lui, de former un couple, elle te plait ? Tu sais que tu serais heureux avec lui et tu y penses non ? Tu imagines ce que serait votre vie si vous étiez ensemble ?
L'autre fit à nouveau oui de la tête et elle lui sourit.
-Alors c'est la seule chose qui compte ! Rétorqua-t-elle. Qu'importe que vous fassiez les choses différemment des autres, vous avez tous les deux envie d'être ensemble et vous savez qu'au bout du compte c'est ce qui arrivera alors profitez ! Profitez de chaque moment qui vous rapproche du jour où vous serez officiellement un couple et envoyez le reste du monde se faire voir !
Le blond ne dit rien, enlaçant simplement sa meilleure amie qui le serra contre elle en soupirant.
Sakura était la seule qui ne jugeait pas leur relation étrange et leur façon si particulière d'évoluer.
-Tu mérites tout ce que tu désires trésor, Sasuke compris !
Ils restèrent l'un contre l'autre de longues minutes, sans prononcer le moindre mot, jusqu'à ce que la jeune femme ne se détache doucement.
-Rhabille toi ou tu va chopper la crève !
Il acquiesça, enfilant rapidement son pull avant de retirer délicatement le pantalon retouché par la jeune femme.
Elle l'attrapa pour le mettre sur un cintre avec la veste assortie, faisant attention à ce qu'il ne plisse pas trop.
-Ah au fait, j'ai une cliente qui réclame tes talents !
L'Uzumaki fronça les sourcils et elle précisa.
-Shino m'a envoyée une amie à lui qui se marie et elle a un modèle très précis de robe en tête. Expliqua-t-elle. Il lui a parlé de notre relation et de ton job et lui a conseillé de se tourner vers toi, donc je joue les messagers !
-Shino ? Tu es sûre ?
-Oui, évidement !
Le blond grimaça, ne comprenant pas pourquoi le professeur lui enverrait une cliente.
-C'est étrange…
-Qu'importe bébé, j'ai carte libre pour l'organisation et la mariée est adorable, donc tu dois absolument m'aider !
-Mais je n'ai jamais dessiné de robe de marié !
-Tu as dessiné la mienne il y a des années ! Contra-t-elle.
-Mais c'est totalement différent, c'était juste comme ça, pas dans le but de la…la… C'était juste un dessin quoi !
Elle secoua la tête.
-Tu te trompes, j'ai bel et bien l'intention de porter ton chef d'œuvre le jour où je passerais la bague au doigt d'Ino !
Naruto ne put s'empêcher de sourire.
-Et tu organiseras ton propre mariage pour être sûre que rien ne foire ?
-Ah non ! Je te laisserais tout gérer avec Tenten!
Il roula des yeux, peu surpris par sa réponse.
-Bon, elle veut quoi cette cliente si spéciale ?
W
Sasuke était concentré sur ses légumes, les coupants presque au ralenti, comme s'il tenait un couteau pour la première fois de sa vie.
A ses côtés Naruto souriait, amusé de le voir faire tant d'efforts pour l'aider à cuisiner.
Tous les deux savaient que ce n'était pas nécessaire et que l'écrivain n'était pas d'un grand secours mais ce n'était pas le but, ils voulaient seulement partager encore plus de moments ensemble.
-Oh tu sais qui est la fameuse fiancée dont je dois dessiner la robe ?!
Le brun trancha son petit bout de carotte avant de se tourner vers lui.
-C'est une star ? Proposa-t-il. Sakura en a beaucoup non ?
-Oui, mais là c'est quelqu'un qu'on connait…
L'autre haussa les sourcils.
-Ne me dis pas que Hidan a enfin demandé Karin en mariage ?!
Naruto rit.
-Non ! Puis si tu veux mon avis, je pense que c'est plutôt elle qui fera la demande !
-Pas faux…
L'Uchiwa s'attaqua à ses tomates.
-Pas comme ça… Souffla le blond.
Il posa ses mains sur les siennes pour lui montrer.
-Dans ce sens là, sinon tu en mets partout et tu risques de te faire mal.
L'écrivain tourna un peu la tête pour lui voler un bisou sur la joue avant de reprendre son travail comme si de rien n'était.
Le doré s'appuya plus franchement sur son épaule en fermant les yeux quelques secondes.
Il s'habituait vraiment trop facilement à ce genre de moments…
-Alors, qui est cette mystérieuse future mariée ? Questionna le brun. Sasori a mis une fille enceinte ?!
-Hinata !
-Qui ?
L'illustrateur se figea presque.
-Tu plaisantes ?
-Je suis censé savoir qui sait ?
L'Uzumaki soupira en s'essuyant les mains pour sortir son téléphone de sa poche.
-Hinata ! Insista-t-il en tendant l'appareil à son colocataire pour lui montrer une photo.
Ce dernier l'observa en détails, visiblement concentré.
-Ca me dit quelque chose mais…
-Je n'arrive pas à y croire ! S'exclama le blond. Je ne sais même pas si je dois rire, m'énerver ou m'inquiéter pour ta santé !
L'autre eut l'air perdu.
-C'est la fille qui t'a quitté ! Tu sais, celle qui est venue me déclarer sa flamme !
Sasuke ouvrit grand la bouche, toujours aussi théâtral.
-Ah oui ! Mais elle a changé quand même ! Lâcha-t-il. Avant elle était plus…. Moins…
-Tu étais vraiment un enfoiré ! Souffla le doré en balançant son chiffon.
L'écrivain baissa la tête, pas vraiment fier ou en position de nier quoique ce soit.
Il avait collectionné tellement de conquêtes qu'il se souvenait à peine de leurs visages.
C'était vraiment minable comme comportement !
-Tu m'as fais toute une histoire parce qu'elle est venue vers moi et tu n'es même pas capable de la reconnaitre !
-Oui mais je me souvenais de toi ! Répliqua machinalement le brun.
Naruto se tut, relevant le regard vers lui.
-Toi je ne t'ai jamais oublié… Marmonna timidement l'écrivain. Je sais bien que mon comportement était nul, mais au final tout le monde oublie ce qui n'a pas compté non ? C'est la vie ! Tant qu'on se souvient de l'essentiel…
Le blond s'en voulait de se faire avoir aussi facilement. D'être si faible face aux mots prononcés et au regard tendre posé sur lui.
Il s'en voulait de se sentir aussi heureux.
Ca en devenait ridicule !
Il tourna donc la tête, cachant son embarras et ses joues rosies.
-Bref… Elle te passe le bonjour…
Amusé de le voir aussi gêné, Sasuke se pencha vers lui, rapprochant son visage du sien.
-Vraiment ?
L'illustrateur saisit son chiffon pour lui mettre sur la tête en le repoussant.
-Retourne à tes tomates où on n'est pas prêts de dîner !
L'autre rit, mais obéit.
-C'est quand même fou que vous vous retrouviez comme ça… Remarqua-t-il.
-Et bien c'est Shino qui lui a conseillé les services de Sakura et mes dessins…
-Shino ?
-Étrange n'est ce pas ?
L'Uzumaki avait tenté de sourire mais ça ressemblait plus à une grimace.
-Il n'est pas vraiment du genre à vouloir me trouver du boulot…
Le brun fronça les sourcils.
-Pourquoi est-il en contact avec Hinata ?
-Apparemment son frère est dans sa fac.
-Hun…
-Ne fais pas une tête pareille Sas', c'est plutôt cool et très sympa de sa part d'avoir pensé à moi ! S'exclama Naruto. Shino a toujours été un type bien non ? Il lui a même demandé de ne pas nous dire que ça venait de lui !
Sasuke resta encore un peu crispé avant de finalement se détendre en acquiesçant.
Oui, Shino était un ami génial et même s'ils étaient en froids il n'avait aucune raison d'être surpris par son geste !
Il sourit donc, retournant à ses légumes, l'esprit plus apaisé.
W
Juin
Shino avait le sentiment d'être un stalker.
Depuis qu'il avait vu Koji chanter, il s'était mis à éviter le plus possible les contacts directs avec lui tout en l'observant de loin dès qu'il en avait l'occasion.
Ou plutôt dès qu'il créait une occasion de le faire.
Ce qui arrivait de plus en plus souvent.
Un professeur traquant presque un de ses étudiants ce n'était pas vraiment très professionnel…
Lui suivant un gamin, c'était carrément ridicule !
Pourtant il ne pouvait s'en empêcher.
Ca n'avait rien de malsain ou de sexuel, c'était plus une envie voire un besoin d'en apprendre plus sur lui et de le protéger.
Depuis qu'il l'avait entendu chanter, depuis que toute sa douleur avait fait écho à la sienne il ressentait une affection particulière pour le jeune homme et c'est le désir de comprendre pourquoi qui l'avait d'abord poussé à le « surveiller » de près.
Et tout ce qu'il avait découvert l'avait attendri.
Koji était une catastrophe ambulante.
Le genre à ne surtout pas laisser seul au milieu d'objets fragiles, capable de tomber plus d'une dizaine de fois dans un couloir ou de se tuer en descendant une marche.
Combien de fois l'avait-il vu trébucher, glisser, casser des choses ou faire tomber ses livres ?
Il était aussi trop gentil et serviable et malgré sa timidité et sa discrétion il avait beaucoup d'amis et se montrait très sociable.
Les compliments le faisaient rougir, il préférait les lieux calmes, passait une bonne partie de son temps ses écouteurs vissés aux oreilles, ne supportait pas les grosses chaleurs mais se montrait facilement frileux et perdait ses lunettes au moins une fois par jour.
Il parlait doucement, d'une voix presque féminine, à l'opposée de lorsqu'il chantait, semblait désespéré par son indomptable chevelure et mettait souvent inconsciemment ses doigts dans la bouche, comme un enfant.
Il était assidu, bon élève, maniaque pour certaines choses et totalement bordélique pour d'autres, quittait presque toujours les salles de cours ou les amphis en dernier et détestait lorsque toute l'attention était focalisée sur lui.
Dans ces moments là, il fermait presque les yeux, un peu comme il le faisait sur scène juste avant de chanter.
Il n'avait aucune endurance, n'était absolument pas sportif, mangeait comme un moineau et était sans doute l'un des élèves les plus petits de la fac.
Même la plupart des filles étaient plus grandes que lui !
Il ressemblait à un gamin perdu parmi des étudiants gigantesques et c'était assez adorable à voir.
Même très adorable pour être complètement honnête.
Alors forcement Shino avait voulu en apprendre toujours plus, et c'est pour ça qu'aujourd'hui, pour la première fois, il avait carrément suivi le jeune homme à l'extérieur de l'université.
Il était officiellement un stalker !
Koji avait un petit boulot, et pas dans un café branché ou une boutique à la mode.
Non, il gardait des enfants !
Et bien que surpris, le brun se dit que ça paraissait évident.
Le voir dans ce parc, allongé dans l'herbe, s'amusant autant que les bambins vautrés sur lui avait vraiment quelque chose d'apaisant.
Alors il s'était assis avec un café sur un banc, oubliant qu'il lui restait encore deux cours en fin de journée.
W
Sasuke avait enfin vu Hinata !
Il ne supportait plus de savoir Naruto seul avec elle et enfin il avait pu les empêcher de se retrouver encore en tête à tête.
Il savait que son angoisse était ridicule, que l'illustrateur n'avait aucun intérêt pour les femmes et que la brune allait se marier, mais malgré cela il n'arrivait pas à se raisonner.
Sans compter que jusque là le blond avait toujours refusé de le laisser venir la saluer, le poussant à se demander ce qu'il cherchait à lui cacher.
Mais aujourd'hui, alors qu'il travaillait sur la future robe dans le hall d'un grand hôtel, le doré avait accepté que Sasuke passe le chercher et ainsi prendre un café avec lui et la jeune femme.
Ils avaient discuté de leur carrière, de ce qu'ils avaient fait après la fac et c'est ainsi qu'il avait appris que la brune avait fait fortune en créant des applications et jeux pour smartphones qu'elle revendait ensuite à de grandes entreprises.
Sasuke avait laissé échapper qu'il ne l'aurait pas cru si intelligente, provoquant son rire alors que Naruto s'excusait pour lui en le tapant.
L'ambiance était détendue, donnant l'illusion de vieux amis heureux de se retrouver.
-N'empêche je n'arrive pas à croire que vous êtes ensemble ! S'exclama Hinata. Au début je trouvais ça fou mais en vous voyant comme ça… C'est évident en fait !
L'écrivain n'avait pas prévu de nier ou de lui expliquer qu'ils n'étaient pas encore ensemble. Il passa donc simplement un bras autour de la taille du blond, l'attirant contre lui, tout en souriant à la jeune femme.
-Je comprends mieux pourquoi je n'avais aucune chance avec toi Sasuke !
-C'est toi qui m'a quitté. Rétorqua simplement l'écrivain.
-Et tu as mis moins de deux jours à m'oublier non ?!
Il ne dit rien, mais ce n'était pas nécessaire.
-Je t'avoue que j'ai été assez vexée que tu me traites comme les autres ! Je pensais que vu que j'étais la première à te larguer, tu te souviendrais de moi, tu chercherais à me récupérer ou quelque chose du genre… Expliqua-t-elle, plus amusée que gênée. Sans compter que se faire repousser par un mec qui nous balance préférer notre ex…
Sasuke se tourna vivement vers Naruto.
-Tu lui as vraiment dis ça ?!
L'autre se mordilla la lèvre en évitant son regard.
-J'ai dis que je ne séparais pas les couples et quand elle m'a dit avoir rompu, j'ai répondu que dans ce cas, je serais plus apte à accepter une déclaration de ta part… Souffla-t-il, mal à l'aise. C'était ma façon de lui dire que j'étais gay, c'est tout, ça ne voulait rien dire de particulier !
-Mais pourquoi je n'ai pas entendu ça ?!
Cette fois ci ce fut l'illustrateur qui releva précipitamment la tête.
-Tu étais là quand elle est venue me faire sa déclaration ?!
-Évidement ! Je voulais voir pour qui elle me larguait !
Hinata rit en déplaçant ses cheveux sur le côté, dévoilant sa clavicule tatouée.
-C'est là que tu as eu le coup de foudre pour Naruto ?
-Non, non il
-Sans doute… Souffla Sasuke.
Le blond se figea, crispant sans s'en rendre compte ses doigts sur le pantalon de l'écrivain.
-Mais je ne l'ai compris que des années plus tard !
-Pas étonnant venant de toi ! S'amusa la jeune femme.
Il acquiesça en souriant tandis que l'Uzumaki ne bougeait toujours pas.
Le brun caressa alors tendrement les cheveux sur sa nuque en embrassant sa tempe.
-Donc j'ai participé à votre histoire !
-C'est une façon de voir les choses…
Hinata se pencha un peu vers le couple.
-En tout cas, en te revoyant comme ça, je me dis que j'ai vraiment eu tord de te quitter…
Naruto sortit de sa transe, se redressant en foudroyant instinctivement la brune du regard, alors qu'il se collait plus franchement contre le brun.
Loin d'être vexée ou effrayée, la jeune femme rit encore.
-Ah je comprends enfin pourquoi tu ne voulais absolument pas que je revois Sasuke !
Un peu perdu, l'écrivain fronça les sourcils, passant du visage rougi du blond à celui de Hinata.
Celle-ci précisa alors.
-Il avait peur que je t'enlève à lui !
Le brun sentit son cœur exploser dans sa poitrine et Naruto bondit presque du canapé.
-Je…je…toilette ! Balbutia-t-il avant de fuir.
Sasuke le regarda s'éloigner, toujours pas remis avant de finalement revenir à lui.
-Excuse-nous un instant…
Hinata hocha la tête en attrapant son jus de fruit et l'écrivain rejoignit rapidement son blond.
Ce dernier se mouillait le visage en tentant de reprendre ses esprits.
Il était vraiment mort de honte !
Lorsqu'en relevant la tête vers le miroir il vit Sasuke qui venait de bloquer la porte, son angoisse augmenta encore de plusieurs degrés.
Il inspira, se retournant malgré son envie de disparaitre.
-Je suis désolé ! Lança-t-il. Je sais que ne nous sommes même pas ensemble et que c'est de ma faute en plus, que donc je n'ai aucun droit de…
L'écrivain avait rapidement franchi la distance qui les séparait, posant ses lèvres sur les siennes comme quelques mois plutôt dans leur ancien appartement.
Et comme à cette époque, Naruto ne se posa aucune question, répondant au baiser en s'accrochant de toutes ses forces.
Le baiser pourtant était totalement différent du précédent.
Il n'y avait plus aucun doute ou questionnement.
Sasuke n'était plus quelqu'un de paumé, cherchant à comprendre sa sexualité et ce qu'il ressentait pour le blond.
Et Naruto ne se demandait plus si un jour il serait à nouveau capable d'aimer de tout son cœur blessé.
Ce n'était pas une pulsion, un coup de tête dont ils ne reparleraient pas.
C'était une envie trop longtemps retenue, le premier acte d'une toute nouvelle histoire.
-Je t'aime… Souffla l'écrivain à l'oreille de Naruto qu'il venait d'asseoir sur le rebord des éviers.
L'autre tressaillit, se retenant au pull de son partenaire pour être sûr de ne pas défaillir.
L'Uchiwa sourit avec tendresse en lui embrassant le bout du nez.
-Ne panique pas et ne commence surtout pas une histoire farfelue dans ta jolie petite tête !
Il tapota délicatement sa tempe avant de glisser ses doigts vers sa joue pour lui relever le visage.
-Je ne te demande pas de me dire que tu m'aimes aussi, ce n'est pas ce que j'attends… Souffla-t-il doucement, comme s'il parlait à un enfant. Tu m'as dis que tu ne voulais plus jamais aimer aussi fort et je comprends, je comprends que tu aies peur d'être encore abandonné et de te retrouver seul avec ton cœur brisé…
Naruto voulut parler, même s'il ne savait pas vraiment quoi dire, mais Sasuke déposa un léger baiser sur ses lèvres avant de reprendre.
-Tu as toujours été celui qui donne tout, qui fais tous les efforts et qui souffre en silence…
Il baisa toujours aussi délicatement sa joue, puis son front avant de revenir vers sa bouche.
-Alors, cette fois-ci, laisse-toi simplement aimer… Reprit-il. Ne pense à rien, ne te force pas à faire ce que tu ne veux pas, n'essaye pas de faire plaisir à tout prix, ne garde pas tes douleurs et tes peurs pour toi en pensant que tu n'as pas le droit de te plaindre ou que ça va me faire fuir et ne laisse personne, pas même moi passer avant ton bien être. D'accord ?
Il sourit encore, passant ses pouces sous les yeux du doré pour essuyer ses larmes.
-Tu veux bien faire ça pour moi, me laisser t'aimer ?
L'illustrateur eut un sanglot comme simple réponse. Il essayait difficilement de se retenir, mais l'émotion lui enserrait la gorge.
Il n'aurait jamais cru que de simples mots puissent provoquer tellement de choses en lui. Qu'ils puissent à ce point là toucher ses peurs les plus profondes et ses désirs les plus secrets.
Il pensait depuis toujours ne pas mériter ce genre de paroles, ce genre d'amour et pourtant il avait toujours rêvé les entendre.
Il avait toujours rêvé être aimé ainsi.
Incapable de parler, secoué de sanglots, il hocha vivement la tête, s'accrochant de toutes ses forces à la chemise de Sasuke.
Celui expira profondément, comme soulagé, avant de l'attirer contre lui, le laissant passer ses jambes autour de son bassin.
Ils restèrent ainsi un long moment, même les gens tentant d'entrer dans les toilettes ne les ayant pas fait bouger d'un millimètre.
Puis lorsque les larmes de Naruto furent complètement taries, ils se décolèrent doucement.
Sasuke embrassa une dernière fois les lèvres encore mouillées du blond avant de s'éloigner plus franchement.
-Tu nous rejoins quand tu es prêt ? Questionna-t-il doucement.
L'illustrateur acquiesça en descendant du rebord et le brun sourit avant de débloquer la porte, rejoignant Hinata sans se soucier du regard outré de l'homme apparemment pressé d'uriner.
La brune vit tout de suite à sa démarche qu'il était bien moins « amical » que lors de leur café et elle n'en fut pas surprise. Elle avait senti dès le début qu'il se forçait pour ne pas éveiller les soupçons de Naruto.
-Bon, maintenant que nous sommes seuls, tu vas me dire ce que tu cherches exactement ! Lâcha-t-il en arrivant à sa hauteur.
-Une robe de mariée exceptionnelle !
Il eut un rictus de mépris.
-Ne me prend pas pour un con ! Nous ne sommes pas des stars mais nous sommes tous connus dans notre domaine et il est impossible que l'un de nous se marie sans que le moindre article n'en parle, or si j'en crois la presse et tes fans, tu es célibataire !
Elle reposa sa tablette.
-La robe n'est en effet pas pour moi !
-Alors qu'est ce que tu veux ?!
-Rien de mal je t'assure ! Rétorqua-t-elle. Quand j'ai appris qu'il y avait un truc entre vous, ça m'a paru tellement dingue que j'ai voulu voir ça de mes propres yeux, c'est tout !
Il fronça les sourcils et elle comprit qu'il ne la croyait pas.
-J'étais censée foutre le bordel d'une façon ou d'une autre, mais ça n'a jamais été mon intention ! Je le jure !
-Foutre le bordel ?
Elle hésita un peu.
-Shino est venu me parler de toi et Naru, de ce que ça lui faisait et il semblait penser que j'étais encore en colère contre toi ou un truc du genre alors… Mais j'ai refusé directement !
-Tu es en train de me dire que Shino t'a demandé de… De quoi d'abord ?! De me séparer de Naru, c'est ça ?!
Il avait hurlé, attirant l'attention de nombreuses personnes dans le hall et Hinata s'était enfoncée dans son siège.
-Shino a fais quoi ?
Sasuke se retourna vivement, tombant sur Naruto qui regardait la brune, sous le choc.
-Tu ne te maries pas ? Souffla-t-il. Tu… Tout est faux ?
-Naruto ce n'est pas ça du tout ! Tenta-t-elle. Je sais que les apparences sont contre moi mais j'ai vraiment besoin d'une robe ! L'une de mes meilleurs amies se marie et comme je voulais vraiment vous revoir, voir si vous étiez réellement…
Le blond ne dit rien de plus, attrapant simplement ses affaires pour rejoindre la sortie.
-Je ne suis vraiment sorti qu'avec des salopes ! Cracha Sasuke en le rejoignant rapidement.
Hinata baissa la tête.
Rien n'avait changé, comme à l'époque elle finissait toujours par se faire détester par les gens qu'elle appréciait.
-Naru ! Naru attend !
L'écrivain retint le doré par le bras mais ce dernier se dégagea.
-Je… J'ai besoin d'être un peu seul…
Surpris et un peu blessé malgré lui, Sasuke le regarda partir, jusqu'à ce que sa silhouette ne disparaisse complètement.
W
Sasuke savait que le dernier cours du jeudi de Shino se terminait à 17h30 et dans d'autres circonstances le brun aurait certainement été ravi que l'écrivain s'en souvienne.
Seulement dans le cas présent, il n'eut même pas l'occasion de se réjouir.
Le brun entra comme une furie dans l'amphi désert et son poing trouva immédiatement la joue du professeur.
Jamais encore il ne l'avait frappé.
Jamais comme ça.
C'était violent, brutal, chargé de colère, de déception et peine.
Shino était au sol, son dos ayant cogné violemment contre l'immense tableau derrière lui, mais Sasuke le releva immédiatement en le tirant par son pull.
-Comment tu as pu me faire ça ? Siffla-t-il les dents serrées. COMMENT ?!
Déboussolé, le brun ne comprenait pas, incapable de répondre donc.
-Je te parle de Hinata ! Hurla l'écrivain. Hinata que tu as envoyée pour me séparer de Naru !
L'autre écarquilla les yeux alors qu'il était plaqué sans douceur, son haut hors de prix effaçant les mots qu'il avait noté pour ses élèves lors de son cours.
-Dis-moi que ce n'est pas vrai ! Dis-moi que c'est juste une erreur !
Le professeur baissa un instant le regard, cherchant ses mots et Sasuke pesta en le relâchant avant que son poing ne retrouve à nouveau son visage.
-Je n'arrive pas y croire !
-Sas', je t'assure que ce n'est pas… C'était il y a longtemps, bien avant que tu ne déménages !
Shino essuya son sang en grimaçant.
-Je faisais n'importe quoi à cette époque tu le sais ! Plaida-t-il. Je suis allé voir Hinata c'est vrai, mais elle a dit non et même si j'ai insisté pour qu'elle y repense…
Il marqua une pause, le regard de son ami lui broyant le cœur.
Jamais il n'aurait pensé un jour qu'il puisse le regarder ainsi.
C'était bien plus douloureux que les coups qu'il venait d'encaisser.
-Je te jure que je pensais que le sujet était clos ! Gémit-il. J'aurais dû la rappeler pour être sûr c'est vrai, mais…. j'avais plein de choses en tête dernièrement et j'ai oublié !
Il s'avança vers l'Uchiwa.
-Je t'assure que je ne savais pas du tout qu'elle était entrée en contact avec vous… Je sais que c'était pitoyable comme idée et je…
-Et si elle avait dit oui ? L'interrompit Sasuke. Si dès le départ elle avait accepté ton plan, qu'est ce que tu aurais fais ?
Il ne dit rien, comme figé par la question et l'écrivain eut un rictus.
-Et tu oses prétendre m'aimer… Lâcha-t-il. C'est vraiment ça ta conception de l'amour, vouloir à tout prix me séparer de celui que j'aime ? Vouloir m'enlever la seule chose qui me rend enfin heureux ?
Shino ne répondit toujours pas.
-RÉPOND MOI ! Hurla l'Uchiwa. « Si je ne t'ai pas, personne ne t'aura », c'est ça que tu appelles de l'amour ?!
-Sas' je suis désolé je…
-Ca suffit ! Je n'en veux pas, je n'en veux plus… Souffla Sasuke. Que ce soit comme un amant, un frère, un ami… Arrête !
L'Aburame releva les yeux vers l'écrivain, plongeant dans les siens.
-Arrête de m'aimer ! Cracha ce dernier durement.
Il lui tourna le dos, s'éloignant sans hésiter.
-Finalement tu as eu ce que tu voulais, c'est toi qui as choisi l'issue de notre relation !
Et sur ces derniers mots il disparut.
Shino ne réagit pas tout de suite, peinant à réaliser ce qui venait de se passer, une partie de lui tentant même de nier et d'enfouir l'événement dans un coin de son esprit.
Mais rapidement, il n'en fut plus capable et la douleur le submergea totalement.
Il se courba, comme victime d'un coup invisible dans l'estomac, portant une main à sa poitrine alors qu'il respirait difficilement.
Il haleta, de plus en plus fort et bruyamment, se retenant à son bureau avant de s'effondrer à genoux, faisant tomber son cartable en cuir.
Comment faisait-on pour respirer ?
C'était comme s'il avait oublié et chaque filet d'air se faisait plus rare et douloureux à chaque inspiration.
Koji qui était comme toujours le dernier dans l'amphi et que Sasuke n'avait pas remarqué lors de son entrée en force se décida à venir en aide à son professeur en le voyant incapable de refréner sa crise de panique.
Il se précipita vers lui, s'agenouillant à sa hauteur en lui tendant le sac qui avait contenu ses derniers achats à la papeterie.
-Respirez là dedans. Demanda-t-il doucement mais avec fermeté.
Le brun saisit le sachet en carton, ses mains tremblantes accrochées à celle de l'étudiant.
Mais il n'arrivait pas à se calmer, son souffle était toujours aussi chaotique et laborieux.
-Respirez, monsieur ! Insista le châtain. Comme moi, juste comme ça !
Shino regarda Koji, ancrant son regard dans le sien et il se concentra pour inspirer et expirer au même moment et exactement de la même manière que lui.
Ce n'était pas compliqué et pourtant ça lui parut d'abord impossible à réaliser seul.
Puis peu à peu, alors que la main fraîche du jeune homme était appuyée sur sa nuque et que l'autre l'aidait à tenir son sac, il réussit à reprendre un rythme plus normal, sa respiration se calant sur celle de son sauveur.
Ce dernier lui retira doucement le sachet en se laissant retomber sur les fesses, s'asseyant en face de lui.
-Ca va mieux ?
Shino acquiesça.
-Vous devriez rapidement soigner votre œil et votre nez, parce que ça ne va pas être joli à voir !
Koji souriait.
Il ne se réjouissait pas du malheur de son professeur mais n'avait pas l'air non plus choqué ou curieux.
Il fouilla dans la sacoche du brun sans lui demander la permission pour y sortir son téléphone.
-Bon, qui dois-je prévenir ?
-Hun ?
-Vous n'êtes clairement pas en état de conduire, donc qui dois-je appeler pour venir vous chercher ?
Le professeur détourna le regard.
-Je… Je n'ai plus personne qui voudra venir…
L'étudiant se contenta de secouer la tête en fouillant dans le portable un instant avant de finir par taper un rapide message.
-Qu'est ce que
-Neji, c'est lui qui viendra !
-Pourquoi ?!
-Et bien j'ai regardé dans le journal. Rétorqua simplement le jeune homme. Plus de cinquante appels en quelques jours, c'est forcement quelqu'un qui viendra quoiqu'il arrive !
Shino se mordit la lèvre.
-Vu comme je l'ai traité…
Le téléphone vibra et Koji sourit avant de le tendre à son professeur.
-Il est en route !
Le brun écarquilla les yeux avant de détourner la tête.
Il ne devait surtout pas pleurer !
Pas devant le jeune homme !
Celui-ci se leva puis lui tendit la main pour l'aider à en faire de même.
Shino voulut rétorquer qu'il n'avait pas besoin d'aide, mais le simple fait de prendre appuie au sol le faisait souffrir.
Puis ce n'était pas désagréable de sentir la si petite main de l'étudiant dans la sienne.
-Est-ce que tu as vraiment vingt-ans, tu as le corps d'un gosse ! Lâcha-t-il spontanément.
D'abord surpris, Koji finit par soupirer en secouant la tête.
Il saisit son sac balancé dans un coin.
-Attend ! Cria Shino. Ce n'était pas un reproche ou…
-Je m'en fous, j'ai l'habitude ! Rétorqua l'étudiant. Puis plus rien de ne m'étonnes venant de vous maintenant…
Le brun se dit qu'étrangement, ça aussi c'était très douloureux.
-Mais comme votre grand amour à sens unique vient d'encore vous le briser le cœur je vais me contenter de faire comme si je n'avais rien entendu ! Ajouta le châtain.
L'autre le regarda un peu interloqué.
-Ce n'est pas difficile à comprendre au vu de votre… discussion !
Shino hocha la tête, soudainement honteux que le jeune homme ait assisté à tout ça.
-Bonne soirée Professeur.
-Attend ! Lança à nouveau le brun.
Mais avant qu'il ne puisse parler, Neji fit son apparition, complètement essoufflé.
Sasuke l'avait prévenu avant même de prendre la direction de la faculté.
Koji salua d'un signe de tête le brun et quitta l'amphi sans un regard pour Shino.
W
Juillet
Un pique-nique.
C'était déroutant au vu des derniers événements, voire même un stupide, donc c'était forcement une idée de Hidan.
Approuvée par Sasori, bien évidement !
Et tout le monde était là.
Les deux idiots, Karin, Sakura, Ino, Neji, Uta, Konan, Shikuro, Gaara et même Hinata !
La brune s'était excusée et expliqué tellement de fois que Naruto lui avait pardonnée, ce qui avait poussé Sasuke à la tolérer.
Shino aussi était présent, c'était même lui qui avait choisi le lieu du déjeuner.
Oui, ils étaient tous là.
L'Uzumaki avait réussi à raisonner l'écrivain qui avait accepté d'écouter les explications du professeur et ils avaient fini par « clore » le sujet.
Cependant ils ne s'étaient pas revus depuis et ne se parlaient toujours pas.
L'Uchiwa n'était pas encore prêt à oublier ce que son ami avait fait et ce dernier préférait ne pas passer trop de temps avec lui pour pouvoir enfin cesser de le considérer comme le centre de son univers.
Ils avaient tous les deux besoin de temps et de distance pour espérer sauver leur amitié.
Ce serait long et laborieux, ils en avaient pleinement conscience.
Naruto lui n'avait pas encore eu l'occasion d'avoir une vraie discussion avec Gaara, leurs rapports bien que plus réguliers restaient superficiels et même s'il souffrait de la situation, le blond avait enfin compris que c'était hélas un processus inévitable.
Eux aussi avaient besoin de laisser faire les choses…
Malgré les soucis, les tensions et tout ce qui avait pu se passer, ils étaient tous heureux d'être ensemble et l'ambiance était bonne, chacun déballant ses affaires dans la bonne humeur.
-Ca va ? Demanda Neji à son meilleur ami.
Shino sursauta, rosissant légèrement, ce qui surprit le brun.
-Ouais, ouais bien sûr !
-Tu es sûr, tu regardes partout autour de nous comme si un danger nous guettait !
Le professeur rit de manière exagérée.
-Ne dis pas de bêtises enfin ! Je ne regarde pas du tout partout !
L'autre l'observa encore un peu se démener avec son jeans qu'il essayait de retirer, sans avoir préalablement ôté ses chaussures, puis il reporta son attention sur Uta.
-Courage… Lui souffla Sakura à l'oreille alors qu'il bloquait sur l'image offerte par le photographe.
Ce dernier était torse nu, son jeans entrouvert sur le tatouage qui se perdait vers son aine, la tête rejetée en arrière, ses lunettes de soleils sur le nez et sa bouteille d'eau délicatement pressée sur ses lèvres entre-ouvertes.
Neji souffla en secouant la tête.
Il était capable de rester de marbres face à toutes les images pornographiques qui peuplaient le net, alors pourquoi se mettait-il dans un tel état pour une scène aussi clichée ?!
La rosée rit, amusée de le voir aussi perturbé avant d'être à son tour subjuguée par sa moitié.
Est-ce que cette déesse était réellement la sienne ?
La blonde portait un deux pièces noir banal et pourtant elle semblait tout droit sortie d'un magazine de mode.
Ses longues jambes fuselées, son ventre plat, sa poitrine ferme, sa taille fine, ses courbes sensuelles, sa peau légèrement dorée, sans aucune imperfection…
-Ferme la bouche ! Gronda Karin en cognant son petit ami dans l'estomac.
Comme Sasori, ce dernier, n'avait pu s'empêcher de détailler Ino, provoquant l'agacement de sa chérie.
-Quoi, toi aussi tu as maté ! Rétorqua le jeune homme. En plus tu as plus tes chances que moi !
-Pas faux… Sourit Karin.
-Oh, tu viendrais jouer avec nous alors ? Lança Sakura en se collant à sa femme.
-Hey, fille ou non c'est hors de question ! Bouda Hidan en tirant sa petite amie vers lui.
-Tu viens vraiment de dire non à une partie à trois entre filles ? S'offusqua Sasori.
-Toi tu auras le droit de donner ton avis quand tu seras capable de garder une nana plus de quelques jours !
Le mannequin eut l'air horrifié.
-Qui voudrait garder une fille plus longtemps que ça ? Rétorqua-t-il.
Konan soupira.
-Le pire c'est qu'il est sérieux…
-Hey, tu veux que je te rappelle le nombre de mecs que tu t'es…
Sasori fut interrompu par le ballon que la jeune femme lui envoya « malencontreusement » à la figure.
Les autres rirent alors qu'il criait que c'était une preuve de plus que les femmes ne devaient jamais rester trop longtemps dans leurs vies.
XxxX
Sasuke était appuyé contre un arbre, bien à l'ombre, avec un parasol en plus, pour « être sûr »
En effet, il s'était fait tatoué il y a peu et n'avait donc pas le droit au soleil, ni aux baignades.
Naruto l'avait engueulé de ne pas avoir attendu l'hiver et de lui avoir caché une telle chose, mais l'écrivain tenait vraiment à lui faire la surprise, alors même si l'autre avait boudé, il tenait bon, attendant que tout soit parfaitement cicatrisé pour lui montrer ce qu'il avait choisi de graver définitivement sur sa peau.
Pour lui montrer qu'il s'était fait tatouer le dessin qu'il lui avait offert à son anniversaire.
Il sourit doucement en imaginant son expression lorsqu'il le découvrirait et naturellement son regard se fixa sur l'illustrateur qui chahutait dans l'eau avec Hidan, Sasori, Ino et Uta.
Sakura était installée sous le parasol, à sa droite, sa peau sensible réclamant de l'ombre et de la fraicheur et Neji à sa gauche, dévorait du regard son photographe.
-Tu n'as toujours rien tenté ? Question Sasuke.
-Son ex s'appelle Jude alors…
-Alors ?
-Je n'ai aucune chance !
-Tu sais que Jude est un prénom unisexe hein ?
-Vraiment ?!
-Il est même plus souvent porté par des mecs…
Le brun parut excité quelques secondes avant de laisser son dos cogner contre l'arbre derrière lui en soupirant.
-Il repousse toujours les mecs qui le draguent…
-Pas les filles ?
Neji fronça les sourcils.
-Peut-être, je ne sais pas trop… Mais il a déjà plusieurs fois laissé échapper des « ma chérie » au téléphone.
-Naru appelle Sakura comme ça parfois et même moi ça m'arrive…
-Tu crois que j'essaie juste de me défiler ?
Sasuke regarda quelques secondes le sourire rayonnant de Naruto avant de répondre.
-Je crois qu'il n'y a aucun conseil qui puisse réellement t'aider. On est tous paumés lorsqu'on est amoureux…
Neji hocha la tête.
-Et pour Naruto et toi ?
L'écrivain remonta ses genoux vers lui, appuyant son visage sur ses bras.
-Vous êtes ensemble ?!
Le brun sourit en acquiesçant.
-Mais c'est génial ! Pourquoi vous n'avez rien dit ?!
-Parce qu'on prend notre temps… Souffla l'Uchiwa. Tout est encore fragile et je ne veux pas tout gâcher maintenant…
-Vous êtes en modes rencards romantiques, baiser timides et sourires ridicules sur les lèvres ?
Le ton de Neji n'avait rien de moqueur et l'écrivain était à deux doigts de glousser.
-On se tient la main, on parle pendant des heures, on est incapable de se décoller l'un de l'autre et je n'échangerais ça pour rien au monde !
-Et bien après tout Naru est ton premier amour et lui doit tout redécouvrir donc ce n'est pas une mauvaise chose de jouer les collégiens ! Rit son ami. Je vous envie même presque !
-Presque parce que tu es incapable de te passer de sexe !
-N'essaie pas de me faire croire que ce n'est pas l'enfer à gérer pour toi ! Je parie que ta main droite doit être sacrément active !
Sasuke donna un coup de coude dans les côtes de Neji et ce dernier continua de rire en le taquinant.
-De toute façon, c'est toujours mieux que moi qui baise des mecs sans les regarder en imaginant Uta à leur place…
la remarque calma les deux hommes et l'écrivain passa un bras autour de ses épaules.
-Il faut que tu fasses quelque chose mec ! Lança-t-il. Je ne sais pas quoi mais…
-Ah les hommes, de tels boulets ! S'exclama Sakura en fermant son livre d'un coup sec.
-Merci de les avoir interrompus, j'en pouvais plus de leur conneries ! Commenta Konan en sortant de nulle part.
Les garçons se turent, abasourdis.
Les deux « tornades » se regardèrent avant de se diriger d'un pas décidé vers Neji et de le tirer chacune par un bras.
-Debout ! Ordonnèrent-elles en cœur.
Bien qu'un peu angoissé, Neji obéit, lançant un regard désespéré à l'écrivain lorsqu'il se fit trainer plus loin par les jeunes femmes.
Ce dernier les suivit des yeux un moment avant de secouer la tête amusé et de reporter son attention sur Naruto.
Le blond était heureux et c'était un spectacle dont il ne se lassait pas.
Shikuro et son frère arrivèrent quelques secondes après et le brun se sentit tout de suite mal à l'aise d'être presque seul avec Sasuke.
Il attrapa une bière, plus pour se donner contenance que par soif et l'Uchiwa ne tourna pas la tête vers lui.
Shino voulait aller se baigner pour fuir l'ambiance un peu pesante mais la raison de sa présence ici fit soudainement son apparition.
La veille, il avait entendu Koji dire qu'il serait près de cette rivière aujourd'hui et c'est pour ça qu'il avait choisi ce lieu pour le pique-nique.
Oui, il avait traqué son étudiant jusqu'ici.
Qu'est-ce qui n'allait pas chez lui ?!
Le jeune homme était encore avec son « groupe » l'étrange trio exhibant sans complexe leurs corps de rêve alors que le châtain était toujours en jeans et tee-shirt.
-Pro…professeur ?
Koji avait balbutié et Shino trouva cela absolument délectable. Surtout lorsqu'il comprit que c'était de le voir si peu vêtu qui le troublait.
Depuis combien de temps n'avait-il pas vu son élève aussi gêné et rougissant en sa présence ?
-Un de tes élèves ? Questionna Shikuro s'avançant.
Machinalement, le brun mit son bras en travers de sa route pour le forcer à rester en arrière.
Son frère lui volait toujours inconsciemment la vedette. Même s'ils étaient jumeaux, l'autre était plus grand et pour beaucoup plus beau et viril que lui, ce qui finissait toujours par évincer sa présence.
Mais pourquoi ne voulait-il pas que son étudiant rencontre Shikuro ?
Ca n'avait pas de sens !
Lorsqu'il prit conscience de son comportement il se figea, les sourcils froncés.
-Shino ? Insista son frère.
-Hein ? Ah oui ! Oui c'est l'un de mes élèves.
-C'est dingue de le retrouver ici !
Le professeur se pinça les lèvres.
Son jumeaux était peut être le plus séduisant des deux, mais ça restait le roi des boulets !
-Oui, vraiment dingue… Sourit Ryouta en se collant à Koji.
Ce rockeur à deux balles avait tout compris, c'était évident !
Il devait avoir l'air d'un prof pervers qui rêvait de se faire son étudiant alors qu'en réalité il…il…
En réalité, il était incapable d'expliquer son comportement.
Ca ne lui ressemblait pas du tout !
Ses pensés furent à nouveau interrompues.
Cette fois-ci par Naruto, qui débarqua complètement trempé, son habituel sourire aux lèvres.
Les regards se portèrent naturellement sur lui, le détaillant sans pudeur et lorsqu'il vit que Koji semblait aussi subjugué, Shino sentit à nouveau sa rancune et sa colère pour le blond prendre le dessus.
Il serra les poings, la mine fermée, se mordant la langue pour ne surtout rien dire d'horrible.
-Salut… Sourit Tatsuya en offrant un regard affamé à l'illustrateur.
Anya roula des yeux et le brun se rapprocha, tendant sa main à l'Uzumaki.
-Tatsuya !
Mais avant que le blond ne puisse répondre et le saluer correctement, une serviette l'enveloppa totalement, les bras de Sasuke fermement enroulés autour de son corps.
L'écrivain le tourna vers lui, le poussant à oublier le brun que lui-même avait ignoré.
Il le frictionna vigoureusement en grognant que même en juillet il fallait être inconscient pour se balader trempé.
Naruto se laissa faire en riant.
-Professeur, je peux vous demander quelque chose pour le prochain examen ? Questionna Koji.
Shino écarquilla les yeux avant de suivre son étudiant qui s'éloignait.
-Oui, oui bien sûr !
Ils marchèrent un peu en silence.
-Alors, qu'est ce que tu voulais savoir ?
-Rien ! Répondit le jeune homme. Je voulais juste vous épargner une scène douloureuse…
Le brun suivit son regard, tombant directement sur Sasuke toujours occupé à sécher consciencieusement le doré.
-Oh… Je vois… Souffla-t-il. Si même toi tu tiens à me préserver, c'est que je dois vraiment être pitoyable…
-Je n'ai pas l'intention de vous plaindre alors ne vous épanchez pas sur mon épaule !
Et malgré la remarque qui pouvait paraitre dure, Shino rit, étrangement réconforté.
XxxX
Sasuke était tellement occupé à cacher Naruto aux regards des autres qu'il ne remarquait même pas qu'il attirait autant de coups d'œil appréciateurs et le blond était partagé entre l'envie de rire et celle de crier à Tatsuya, Ryouta et Anya d'arrêter de fantasmer sur son petit ami !
Et finalement il choisit sans réellement en avoir conscience la seconde option, crachant quelque chose en rapport avec des « yeux arrachés ».
Il y eut quelques secondes de silence, chacun se demandant s'il avait bien compris puis le rire de Konan et celui de Sakura résonnèrent, le pauvre Neji coincé entre les deux.
-Mon petit frère est tombé sur un chéri vraiment jaloux ! Rit l'ainée des Uchiwa. Tu caches bien ton jeu en fait !
Bien que gêné, l'illustrateur la regarda droit dans les yeux, enroulant ses bras autour du cou de l'écrivain.
-Je n'ai rien caché du tout et ceux qui s'approcheront de trop près comprendront que je suis très sérieux !
-Ah je le savais ! Hurla-t-elle presque, surexcitée.
L'Uzumaki pencha un peu la tête sur le côté, ne comprenant pas vraiment son excitation soudaine.
Sasuke qui avait un sourire béat aux lèvres et semblait flotter sur un nuage, l'éclaira sur la situation.
-Tu te rends compte que tu viens de dire à tout le monde que l'on sort ensemble ?
Et là, l'illustrateur perdit toute son assurance, son cœur s'emballant alors qu'il rougissait à vu d'œil.
Il balbutia, cherchant à se détacher de l'écrivain, mais ayant anticipé sa réaction ce dernier le souleva pour s'éloigner malgré son cri de protestation.
Sakura les regarda partir, attendrie.
Konan s'appuya sur elle, tout aussi ravie.
-Bon entre eux ça à l'air d'aller…
-Je t'avais dis que malgré le rythme étrange, ça se passait bien !
-Donc on va pouvoir se concentrer sur Neji !
Le brun trembla presque face aux regards perçants des deux « démons » posés sur lui. Il se remettait à peine de la discussion qu'ils venaient d'avoir au sujet d'Uta.
Non, en fait il n'était pas sûr que l'on puisse se remettre d'une telle conversation !
-N'oublions pas qu'il faut caser Shino aussi et libérer Gaara de sa mascarade avec Ayumi ! Ajouta Sakura
-Ah enfin quelqu'un qui est d'accord avec moi ! Décidément tu es vraiment ma jumelle !
-On a dû être séparées à la naissance !
Shikuro roula des yeux avant de sentir l'effroi l'envahir doucement.
Sa petite amie était déjà terrifiante alors associée à une autre furie…
Il tressaillit, secouant la tête pour chasser les images horrifiantes qui l'avaient assailli.
-Ils sont plutôt intéressants… Souffla Anya en souriant.
Ryouta haussa les épaules.
-Allons nous baigner, ces histoires me gavent !
-Je vais chercher Koji pendant que vous nous trouvez un coin où se poser ! Déclara Tatsuya.
La brune lui saisit le bras.
-Laisse, il reviendra quand il en aura envie.
-Tu veux le laisser avec ce prof ?
Konan se rapprocha d'eux en même temps que Sakura.
-Quel prof ? Questionna-t-elle. Avec Shino ?
-Notre bébé est l'un des étudiants de votre ami…
Le ton et l'expression d'Anya exprimaient tellement de chose que sa réponse sembla plus longue qu'un roman pour les deux amies qui se regardèrent rapidement avant de reporter leur attention sur la jeune femme.
-Et si vous vous installiez avec nous ? Sourit Sakura
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Sasuke s'était un peu enfoncé dans la forêt.
Connaissant bien l'endroit puisqu'il venait avec le groupe depuis l'enfance, il avait sans mal retrouver un coin qui avait tendance à être souvent désert car trop loin de l'eau.
Bien qu'abîmée, la table sur laquelle lui et ses amis avaient gravé tant de bêtises était encore là, et il s'y assit, Naruto installé sur ses genoux.
Ce dernier n'avait toujours rien dit, le visage enfoui dans son cou.
-Alors sois tu es en train de te dire que tu as tout balancé sans me demander mon avis et tu culpabilise, sois tu penses que maintenant que c'est officiel ça rend les choses plus réelles et ça te fait peur !
L'Uzumaki releva la tête pour croiser le regard de l'écrivain.
-Mais te connaissant je pense que c'est un peu des deux… Conclut celui-ci.
Le blond ne dit rien mais l'autre savait qu'il avait visé juste.
-Tu sais, pour ma part je suis ravi que les autres le sachent… Si ça ne tenait qu'à moi je l'aurais déjà crié sur tous les toits !
Il sourit, ses doigts glissant sous le pull qu'il avait prêté à son petit ami, caressant ses côtes.
-Et si tu es vraiment jaloux…
-Je suis jaloux ! L'interrompit instinctivement Naruto.
L'Uchiwa se mordit la langue.
Il n'allait pas glousser comme une collégienne tout de même !
-Merde… Souffla-t-il. Je crois que ça me fait beaucoup trop plaisir…
L'illustrateur grimaça et le brun pressa légèrement sa nuque pour avoir son attention.
-Qu'est ce qu'il y a ? Questionna-t-il. Ca t'inquiète que les autres sachent, tu regrettes ?
Le doré secoua la tête.
-C'est juste que tu m'offres tellement alors que moi… Moi je suis juste un type dépressif qui s'angoisse encore pour son ex et te force à te contenter d'une relation de gamin !
Sasuke soupira.
« Une relation de gamin »
C'est vrai que pour beaucoup ça pouvait ressemblait à ça, mais lui ne voyait pas les choses comme ça, au contraire il était en train de vivre sa relation la plus mature et profonde.
Il avait connu tellement d'histoires qui commençaient et se concluaient par du sexe, qui ne tournaient qu'autour de ça ou personne ne prenait le temps de réellement connaitre et comprendre l'autre qu'il en était presque arrivé à croire qu'il n'existait que ça.
Mais il était tombé amoureux de Naruto et tout en découvrant l'amour il s'était souvenu de ses premiers émois, de l'époque où il n'était qu'un gamin timide, maladroit qui avait peur de mal s'y prendre et de faire fuir l'autre.
Trouver le courage d'aborder l'autre, se tenir la main, la sensation d'un premier baiser, d'un premier rendez vous…
Les discussions sans fin pour apprendre à se connaitre, les regards volés, les sourires niais, les contacts fébriles, le partage des passions, la découverte de l'autre.
Prendre le temps d'apprécier chaque instant, chaque échange sans chercher plus, sans essayer à accélérer les choses ou brûler les étapes.
Se couper un peu du monde, se laisser emporter dans une bulle ou seul l'autre existe avant de finir par affronter à nouveau la réalité, à deux cette fois.
« Nous »
C'était quelque chose de complètement nouveau pour Sasuke et il avait pleinement conscience que sans l'étrange évolution de leur relation ils n'auraient jamais pu en arriver là.
Alors il n'avait pas honte de le dire, cette « histoire de gamin » le rendait incroyablement heureux et il ne l'échangerait pour rien au monde.
Rien qui ne soit pas en rapport avec Naruto du moins.
Celui-ci avait écouté sa réponse sans prononcer le moindre mot, l'écoutant exprimer à voix haute et sincèrement ce qu'il ressentait, se demandant encore s'il méritait vraiment toute cette affection et cette patience.
S'il méritait vraiment l'écrivain.
-Mais si tu penses encore à Ren… Poursuivit ce dernier. Si tu crois que vous…
Il ricana en baissant la tête.
-Non ! Je ne peux pas dire ça ! Sourit-il péniblement. Je voudrais pouvoir paraitre cool et te dire des choses comme « si tu l'aimes encore alors fonce le voir » mais…
Ses mains se crispèrent sur les hanches de Naruto, comme pour le retenir.
-Choisis-moi d'accord ? Supplia-t-il presque. Même si tu ne tombes jamais vraiment amoureux de moi je te rendrais toujours plus heureux que lui ! Je te le promets !
Le blond se détestait.
Il se haïssait d'avoir à ce point là poussé Sasuke dans ses retranchements.
De l'avoir fais douter, fais souffrir et d'être la cause de l'angoisse et la douleur qu'il lisait dans ses yeux.
Il avait eu tellement peur d'être abandonné une fois de plus, tellement peur d'avoir à nouveau le cœur brisé qu'il n'avait songé qu'à lui, testant l'affection du brun sans penser à ce qu'il pouvait ressentir.
Il était pire que Gaara et Ren réunis !
Il se releva, quittant les genoux et les bras de l'écrivain.
Celui-ci sentit son estomac se soulever, serrant les poings, ses ongles enfoncés dans ses paumes.
Il s'imaginait déjà le blond s'éloigner en lui expliquant qu'il était incapable d'oublier Ren.
Mais en réalité ce dernier cherchait les mots et le courage pour lui expliquer ce qu'il ressentait.
Lui expliquer qu'il éclipsait tout autour de lui lorsqu'il apparaissait.
Que ses yeux ne pouvaient plus se détacher de sa silhouette, et que même de loin, il tremblait à sa simple vue.
Ses membres s'engourdissaient, le temps semblait ralentir et son cœur cognait comme un fou contre sa poitrine, comme s'il cherchait à tout prix à rejoindre le sien.
Il aimait le regarder écrire, ses mains pianotant avec agilité sur son clavier, son expression concentrée, ses lunettes tombant sur le bout de son nez, sa lèvre inférieure pincée et le tic nerveux de sa paupière gauche.
Il aimait le voir danser, son corps tendu dans l'effort, mêlant virilité et grâce, force et délicatesse.
C'était un spectacle fascinant dont il était impossible de se lasser.
Voir Sasuke aussi passionné et rayonnant l'emplissait d'un sentiment de satisfaction et de bien être indescriptible.
Lorsque l'écrivain souriait, lorsqu'il était heureux, Naruto ne pouvait s'empêcher de sourire aussi, traversé du même bonheur.
Et puis il y avait sa voix.
Sa voix qui s'adressait toujours à lui avec douceur et tendresse, qui se montrait patiente et compréhensive.
Son timbre grave résonnait toujours comme la plus belle mélodie à ses oreilles.
Chaque mot prononcé le faisait frissonner, chatouillant son ventre, tordant son estomac, enflammant son épiderme et accaparant tout son être.
Un seul petit son et il savait que c'était lui. Que c'était cette voix si particulière qui n'appartenait à personne d'autre.
Il était sûr que même perdu au milieu d'une foule bruyante il saurait la reconnaitre et trouver son chemin jusqu'à elle.
C'était aussi pour ça qu'il aimait parler pendant des heures avec Sasuke, parce qu'il adorait sa voix et toutes les sensations magiques qu'elle lui procurait.
Lui qui était angoissé et insomniaque se détendait immédiatement lorsque l'écrivain prenait la parole, que ce soit pour lui lire un nouveau chapitre ou simplement lui raconter une bêtise.
Et souvent, il finissait par s'endormir avec la sensation agréable d'être à la fois bercé et caressé par les mots qui glissaient délicatement jusqu'à lui.
Puis lorsque Sasuke riait alors Naruto oubliait réellement le reste du monde.
Tous ses problèmes, ses douleurs et ses craintes s'effaçaient.
Ses envies de se faire du mal, ses idées noires, son mal être, plus rien n'existait.
Juste cette chaleur vive au creux de ses reins, cette sensation puissante d'être vivant et le sentiment incroyable que la vie était belle.
Il n'y avait rien de plus beau, rien de plus magique et précieux.
Le rire de l'écrivain, c'était son antidépresseur personnel.
Même lorsqu'il criait, lorsqu'il boudait ou qu'il chantait faux, Naruto restait fasciné, complètement sous le charme de cette voix qui semblait décider du rythme auquel devait battre son cœur.
Et comment lui expliquer ce que son odeur provoquait en lui ?
Ce parfum si subtil mais néanmoins plus puissant que n'importe quelle drogue lui faisait totalement perdre la tête.
Il se retrouvait complètement chamboulé, aussi troublé qu'apaisé, traversé par des milliers de sensations contradictoires mais délicieuses dont il ne se lassait pas.
L'odeur de Sasuke était rassurante, elle lui donnait l'impression d'être protégé de tout ce qui pourrait le blesser.
Il aimait porter les vêtements de l'écrivain pour avoir en permanence cette sensation rassurante avec lui.
Il se sentait plus fort, plus sûr de lui et déterminé lorsqu'en plongeant le nez dans une écharpe ou un pull, le parfum viril du brun emplissait ses narines.
Il adorait enfouir son visage contre le cou de son petit ami, aussi bien pour dormir qu'en pleine journée, lorsqu'il se collait à lui, poussé par le besoin vital de se sentir enveloppé par sa puissance, teintée de douceur.
Dans son lit, dans leurs canapé, leur fauteuils, sur ses oreillers, il avait fait en sorte que son parfum soit partout afin d'être sûr de ne jamais avoir à en manquer.
C'était une dépendance dont il ne souhaitait absolument pas se défaire.
Et puis le désir, le plaisir et la plénitude qui l'envahissaient lorsque Sasuke le touchait, c'était quelque chose qu'il n'avait jamais connu avant.
Pas même avec Ren ou Gaara.
Le contact de leurs deux peaux, faisait trembler tout son être, bouleversant à chaque fois quelque chose de profond en lui.
Comment pouvait-il être à la fois fébrile et apaisé ?
Désireux et détendu ?
Il frissonnait et pourtant son épiderme semblait s'embraser à chaque toucher.
La peau de Sasuke était plus pâle que la sienne, mais plus masculine dans un sens et pourtant elle était douce, agréable et toujours très chaude.
C'était comme s'il ne connaissait pas le froid.
Lui qui était frileux, plus « bronzé » et marquait facilement adorait les contrastes de leurs deux peaux, la façon dont leurs corps enlacés formaient un tableau harmonieux aux nuances délicates.
Il aimait lorsque l'écrivain le serrait contre lui, que sa chaleur l'enveloppait dans une bulle protectrice et rassurante.
Ou la chair de poule que ses doigts provoquaient lorsqu'ils s'aventuraient vers les zones sensibles de son corps, stimulant son désir et ses fantasmes.
Et plus que tout, il adorait la façon dont leur corps s'emboitaient, comme s'ils avaient été créés pour ne faire qu'un.
Il adorait la sensation inexplicable et sans pareille d'être enfin à sa place qu'il ressentait à chaque fois que Sasuke l'enlaçait.
Et comment lui expliquer la façon dont ses baisers le faisaient fondre ?
Il se retrouvait à chaque fois sans force, incapable de tenir debout, obligé de s'accrocher à lui pour ne pas s'effondrer.
Un bourdonnement étrange mais agréable résonnait dans son esprit, effaçant toute pensé cohérente, toute logique, tout ce qui n'était pas lui.
Ses lèvres parfois douces, parfois gercées à force d'être mordillées, leur texture pleine et sensuelle, leur façon d'épouser les siennes, de s'y presser avec tendresse ou force.
La fièvre qui le prenait lorsque leurs langues se cherchaient avec fougue et passion, faisant bouillonner son sang et exploser son cœur.
Les frissons qui le parcouraient lorsqu'il couvrait son corps de baisers, que ses dents s'attardaient parfois sur certaines zones, le mordillant pour laisser sa marque.
Lorsque son instinct possessif le poussait à suçoter sa peau jusqu'à ce qu'il s'abandonne entièrement, laissant échapper des sons indécents.
Leurs baisers même les plus chastes, les plus innocents et tendres étaient un vrai délice.
Jamais personne ne l'avait embrassé ainsi avant Sasuke.
Il y avait tellement d'amour, de force et de promesses sur les lèvres de l'écrivain qu'à chaque fois Naruto se sentait à deux doigts de pleurer de bonheur, flottant sur un nuage dont il ne voulait surtout pas redescendre.
Il avait aimé très fort et donné énormément de lui mais jamais il ne s'était senti réellement aimé en retour.
Même s'il savait que c'était injuste envers Ren et Gaara, ce que Sasuke lui transmettait, ce qu'il lui faisait ressentir, était quelque chose de totalement nouveau.
C'était comme si chaque regard, chaque geste, chaque mot et même silence de l'écrivain était une déclaration.
Comme si chaque mouvement était un « je t'aime ».
Il se sentait tous les jours un peu plus fort et confiant grâce au brun, grâce à son amour et il espérait pouvoir un jour lui offrir autant et même plus que ce qu'il avait offert aux autres.
Que ce qu'il lui offrait tous les jours.
Mais comment trouver les mots pour exprimer ça clairement ?
Pour se faire comprendre et transmettre ce qu'il ressentait réellement ?
Il y pensait depuis des semaines mais tout restait toujours bloqué dans sa gorge, écrasé contre son cœur.
Sortant doucement de toutes ses pensés qu'il avait eu à voix haute en entendant un son semblable à un sanglot étranglé, il se tourna vers Sasuke.
Ce dernier avait la main devant la bouche et les yeux légèrement baissés.
Comment pouvait-il rester « cool » et impassible après avoir entendu tout ça ?
C'était bien plus que ce dont il avait rêvé !
Même en s'imaginant plusieurs années dans le futur il n'aurait jamais cru entendre un tel aveu.
Il avait vraiment envie de pleurer là…
Et de sourire béatement en sautant partout comme un idiot aussi !
Il inspira, relevant la tête vers le doré qui l'observait l'air inquiet.
-Tu sais que tu viens de me faire une putain de déclaration là ?!
Le blond cligna des yeux, comme s'il n'était pas totalement réveillé et Sasuke se leva brusquement pour le rejoindre.
Il tremblait, l'émotion le rendant fébrile et il trébucha presque en arrivant à la hauteur de son petit ami.
Celui-ci suivait le moindre de ses mouvements, sans prononcer un mot et l'écrivain sourit en posant délicatement ses mains sur ses joues.
-Moi aussi je t'aime… Sourit-il avant de l'embrasser.
W
Août
Shino était devenu un stalker surprotecteur.
Non seulement il passait quasiment tout son temps libre à suivre Koji, mais en plus il le couvait comme une mère poule.
A quel moment avait-il décidé qu'il ne laisserait rien ni personne faire du mal au jeune homme ?
Et d'où venait ce besoin ridicule de le protéger ?
Il n'en avait aucune idée.
De toute façon, cela faisait bien longtemps qu'il ne se comprenait plus !
Il avait pourri la vie d'étudiants qui avaient involontairement bousculé Koji, faillit se faire démasquer plusieurs fois en tentant de rattraper les catastrophes qu'il provoquait et s'était même blessé en l'empêchant de se retrouver presque enseveli sous une piles de vieux livres.
Il surveillait ses fréquentations comme une maman surprotectrice et grognait dès qu'un garçon se rapprochait trop, tel un père protégeant l'innocence de sa progéniture !
C'était ridicule !
Mais la vie était plus douce depuis que son étrange obsession avait débuté.
Il souriait à nouveau, il faisait des projets, ne buvait plus comme un trou, reparlait à son meilleur ami, ne sautait plus à la gorge de ceux qui l'approchaient et il avait même cessé de s'imaginer assassinant Naruto dans d'atroces souffrances.
Le blond et Sasuke étaient en couple, c'était officiel.
Et malgré la nouvelle, il ne s'était pas effondré.
Son monde tournait encore.
Ou plutôt son monde tournait enfin à nouveau.
Et c'est ce constat qui lui avait fait prendre conscience que depuis qu'il avait commencé à suivre Koji, ses pensés habituellement toutes focalisées sur Sasuke s'étaient peu à peu tournées vers l'étudiant.
Au fil des semaines, des mois, le jeune homme avait accaparé son temps et son esprit, l'empêchant de ressasser sa peine, sa déception et son amertume.
Il avait été très surpris, presque choqué de voir que quelqu'un avait réussi d'une certaine façon à effacer un peu l'écrivain de son esprit puis il s'était sentit reconnaissant envers l'étudiant qui sans le savoir lui avait permis de surmonter des moments pénibles et douloureux.
Évidement c'était étrange de soigner un cœur brisé en suivant un jeune homme dont il était le professeur mais il se rassurait en se disant que ça ne faisait de mal à personne et qu'aucune pensé malsaine ou déplacée ne le motivait.
C'était juste que Koji l'apaisait.
Seulement les vacances d'été étaient arrivées, les cours supplémentaires s'étaient terminés et Shino avait cru devenir fou sans sa dose quotidienne.
Il s'était demandé ce que faisait le jeune homme, avec qui, s'il partait en voyage, s'il continuait de chanter, qui lui tournait autour, s'il trainait toujours avec le trio étrange et une multitude d'autres questions ridicule.
Mangeait-il à sa fin ? S'était blessé ? Arrivait-il à retrouver ses lunettes et ne plus se tromper de bus ?
La liste était sans fin.
Il avait tenu deux jours avant d'attendre à l'adresse indiquée sur son dossier.
Et le grand Aburame Shino habitué à passé son été entre Ibiza, Saint-Tropez, Macao et Los Angeles se retrouvait à suivre un jeune homme de vingt-ans aux allures de lycéen.
Il s'était même mis à prendre des photos !
Son comportement était effrayant, il en avait conscience mais c'était plus fort que lui !
Et puis pour sa défense, c'était de la faute son étudiant !
Il avait un sourire rayonnant et un visage incroyablement expressif, le genre qui donne forcement envie de prendre des dizaines de clichés.
Et peut-être une ou deux vidéos…
En plus il était vraiment photogénique !
Le brun n'était pas très doué pour prendre des photos, surtout des volées, mais sur chacune d'elle, le châtain était parfait !
Puis bon, ce n'était pas comme s'il le prenait dans des positions ou situations compromettantes !
Shino n'avait aucun désir, aucune attirance pour le jeune homme.
Il n'utilisait pas d'images perverses pour fantasmer ou se soulager, il se contentait seulement de se remonter le moral avec des sourires rayonnants et des yeux pétillants.
Ce n'était pas si grave, si ?
Koji avait jusque là passé ses vacances chez un couple aisé pour surveiller leurs trois enfants et étrangement Shino qui les avait suivis quasiment tous les jours, avait passé un excellent été.
Il avait fait du surf, essayé tous les parcs d'attractions de la région, visité plusieurs fois la ville en « petit train » et vu presque tous les films d'animations sortis pendant cette période.
Il avait avalé une tonne de sucreries, redécouvert le plaisir de manger un beignet les pieds enfoncés dans le sable chaud ou de bronzer en lisant une bande dessiné, rattrapé son retard sur les mangas et Disney récents et pu profiter de la voix de Koji qui connaissait tous les génériques de dessins animés par cœur.
Même s'il les avait observé de loin, prenant bien gaffe à ne pas se faire prendre, Shino ne s'était pas une seule fois senti seul et aucune idée noire n'était venue assombrir son humeur.
Oui, c'était pour ça qu'il suivait son étudiant.
Pour retrouver cette innocence et insouciance qu'il avait perdues il y a des années et qui -il s'en rendait compte maintenant- lui avait terriblement manquées.
Et même s'il avait l'air d'un détraqué, installé au volant de sa voiture, surveillant Koji qui disait au revoir aux enfants avec qui il avait passé une grande partie de son été, il se dit que ça valait le coup.
Une décapotable noire s'avança dans l'allée et reconnaissant Anya au volant, Shino se baissa pour ne surtout pas se faire remarquer.
La voiture s'arrêta pile devant l'étudiant et Tatsuya sauta sur le trottoir sans même ouvrir sa portière pour saisir ses valises et les mettre dans le coffre.
-Alors, prêt pour les vraies vacances maintenant ?! S'exclama Ryouta avachi sur la banquette arrière en le tirant vers lui.
Koji se laissa entrainer sur son corps sans résister, son sourire si lumineux aux lèvres.
-Plus que jamais !
Anya poussa un petit cri en démarrant tandis que Tatsuya augmentait le volume de la radio, le refrain de « highway to hell » faisant vibrer les amplis.
Shino leur laissa un peu d'avance avant de prendre la route à son tour, bien décidé à les suivre.
Quelque chose de désagréable fourmillait dans son ventre et il n'aimait pas cette sensation.
W
Sakura ne savait pas si elle devait rire ou aller cogner les idiots près d'elle.
Gaara prenait et posait son portable toutes les deux secondes, composant les premiers chiffres d'un numéro avant de finalement tout effacer en soupirant.
Shino tournait en rond, incapable de rester en place, laissant échapper des grognements aussi étranges qu'agaçants.
Et Sasuke secouait nerveusement la jambe en tapotant sans la moindre pause son porte clé sur le rebord de la table où il était installé.
Seul Neji était silencieux, comme perdu dans autre monde, sa bière à la main perdant de sa fraicheur pendant qu'il gobait les mouches, le regard vide.
Comment pouvait-elle se concentrer sur le futur mariage qu'elle devait concevoir dans de telles conditions ?
Gaara regarda intensément son téléphone, comme si le menacer du regard allait changer quoique ce soit.
Devait-il l'appeler ?
Mais pour lui dire quoi ?
Il soupira à nouveau, s'ébouriffant complètement les cheveux.
Hinata.
Six lettres qui avaient détruit ses neurones.
Comment une créature pareille pouvait exister ?
Elle était belle, sexy, classe et bourrée de charme.
Elle avait un cerveau encore plus brillant que le sien, travaillait dans le même domaine que lui et c'était une véritable geek.
Jamais encore il n'était tombé sur une fille à la fois sublime et incollable sur tout ce qui touchait aux jeux vidéos et nouvelles technologies.
Ses gouts étaient parfaits, ses créations géniales et son sens de l'humour aussi noir que le sien.
Elle adorait manger, connaissait ses sagas préférées sur le bout des doigts et pouvait rendre n'importe quel sujet barbant incroyablement bandant.
Pour être honnête, le lendemain de leur première rencontre au lac pour le premier pique nique de l'été, il avait cru avoir rêvé.
Ils avaient beau avoir passé toute l'après midi à discuter, complètement isolés du reste du groupe et sans voir le temps filer, une fois rentré chez lui, il avait cru à un mirage tant la journée lui avait parue magique.
Parce qu'encore une fois, comment une créature pareille pouvait exister ?
Lorsqu'elle l'avait appelé pour l'inviter à se faire un marathon Star Wars dans son loft il s'était pincé si fort qu'il avait crié dans le combiné avant de rougir piteusement, secoué jusqu'aux entrailles par le rire que la belle lui avait offert en réponse.
Et malgré leurs emplois du temps chargés ils s'étaient vu ou téléphoné presque tous les jours, échangeant des banalités, discussions sérieuses sur leur projets professionnels ou avis de geek sur leurs passions communes.
Ils n'avaient eu aucun rendez-vous classiques, rien de propice à la séduction ou la romance.
Hinata ne s'était jamais fais « belle » pour lui, l'accueillant chez lui en tenue décontractée à l'effigie de ses personnages de jeux vidéos favoris ou débarquant à son appartement en short de sport et débardeur trop large, les cheveux toujours négligemment attachés en chignon ou queue de cheval.
Pourtant Gaara l'avait trouvé à chaque fois plus belle et rayonnante, complètement sous le charme, à la fois de sa personnalité et de son physique.
La brune ne jouait jamais un rôle, restant fidèle à ce qu'elle était en toute circonstance.
Elle se fichait du regard des autres, malgré leur tendance à vouloir l'évincer ou la cataloguer.
Elle était trop « canon » pour aimer les jeux vidéo et trop « femme » pour en créer.
Les filles avaient tendance à la jalouser donc la détester sans raison et son caractère trop franc et direct lui causait souvent des problèmes avec les autres.
Les autres prenait sa confiance en elle pour de l'arrogance et sa franchise pour de l'indélicatesse et elle se retrouvait alors la cible des pires rumeurs.
C'était comme ça depuis le collège et malgré ça, elle n'avait jamais dévié du chemin qu'elle s'était tracé.
Jamais abandonné ses rêves ou tenté d'être une autre.
Et le roux trouvait ça admirable.
Lui qui avait été si lâche, qui avait blessé la personne la plus chère à son cœur et mis sa vie entre parenthèse parce que justement il n'avait pas osé être lui-même, se trouvait subjugué par tant de force et de détermination.
Hinata était impressionnante mais elle avait aussi un côté fragile, sensible et angoissé qui lui avait donné envie de la soutenir.
Mais pour prétendre à une telle chose, il devait lui-même devenir plus fort.
Alors il avait affronté son meilleur ami.
Ils avaient parlé longtemps et pour une fois, il l'avait écouté, sans interrompre, sans s'emporter et forcer le dialogue dans son sens.
Il avait reconnu ses erreurs et s'était excusé plusieurs fois, conscient que son comportement lamentable ne méritait aucun pardon.
Comme lui avait craché Sasuke à la figure, il avait considéré Naruto comme une option, une carte sur qui on peut toujours compter, à ressortir en cas de besoin sans se soucier de ses souffrances.
Il avait voulu récupérer ce qu'il considérait comme « sien » et au lieu de soutenir le blond dans sa crise de couple et sa rupture il s'en était réjouit, attendant dans l'ombre de pouvoir saisir cette opportunité.
Son comportement avait laissé des traces et même si le doré lui avait pardonné, il sentait qu'il lui faudrait se rattraper et faire ses preuves pour récupérer entièrement sa confiance.
Mais il était prêt à faire ce qu'il fallait.
Même s'ils ne seraient plus jamais autre chose que des amis, Naruto restait l'une des personnes qu'il aimait le plus au monde et leur amitié était ce qu'il avait de plus précieux.
Et lui prouverait à nouveau.
Il avait aussi fait face à Ayumi, s'excusant sincèrement de l'avoir en quelque sorte utilisée et même si le moment avait été pénible il s'était senti soulagé d'avoir enfin pu mettre fin à cette histoire qui avait déjà bien trop duré.
La jeune femme n'avait pas été surprise mais ça ne l'avait pas empêché de pleurer et il s'était senti coupable de l'avoir si longtemps fait souffrir.
Même s'il n'avait jamais été amoureux, il avait beaucoup d'affection pour elle et en voyant ses larmes il s'était senti pitoyable et avait écumé les bars pour oublier avant de débarquer complètement ivre chez Hinata, réveillant au passage tout son voisinage.
La brune l'avait écouté geindre, se plaindre et avouer toutes ses faiblesses et mensonges, tout le mal qu'il avait fait à Naruto et son ex.
A son réveil il avait tenté de fuir, terrorisé à l'idée qu'elle ne veuille plus jamais le voir.
Mieux valait partir de lui-même que se faire jeter dehors.
Mais Hinata n'avait pas changé de comportement.
Elle lui avait servit une aspirine et un café en le taquinant à l'aide d'une réplique de film culte que seuls quelques initiés pouvaient saisir et ils n'avaient plus jamais abordé le sujet.
Ils étaient proches.
Ils étaient amis.
Leurs cerveaux étaient parfaitement compatibles et Gaara était persuadé que leurs corps le seraient tout autant.
Seulement sous les yeux il avait un article qui assurait que Hinata sortait depuis peu avec un acteur très en vu, des photos du « couple » bronzant aux Maldives faisant la une de certains sites people.
Il n'avait pas eu de nouvelles depuis plusieurs jours et ce matin il était tombé sur cette « bombe » en tapant -comme il en avait pris l'habitude- son nom sur internet.
Devait-il ou non l'appeler ?
S'il le faisait, pourrait-il se retenir de lui poser des questions sur les rumeurs ?
Avait-il le droit de demander ?
Voulait-il vraiment savoir ?
Si elle répondait que tout était vrai, que ferait-il ?
Voila le genre de questions qui le torturaient alors qu'il maltraitait son téléphone en espérant une illumination soudaine.
Shino lui était en manque.
Koji avait disparu et il devenait dingue !
Enfin pour être plus précis, l'étudiant était parti en vacances avec l'affreux trio !
Lorsqu'il avait débarqué chez lui le lendemain matin pour attendre de le voir apparaitre, il n'avait vu aucun signe de vie et au bout de plusieurs heures d'attentes, il s'était approché, inquiet du calme inhabituel.
Finalement une mamie bavarde et en manque de compagnie l'avait kidnappé pour lui offrir une citronnade et il avait pu apprendre beaucoup de choses sur son étudiant, dont son voyage prévu depuis longtemps avec son groupe.
Yumi, la grand-mère gâteaux avait apparemment un tas d'information sur le jeune homme et il va sans dire que Shino avait fait tout son possible pour qu'elle succombe à son charme et devienne l'une de ses sources les plus sûres.
Une semaine.
Koji était parti depuis à peine une semaine et pourtant le brun avait la sensation que des mois s'étaient écoulés.
Ses journées étaient affreusement longues et ennuyeuses et toutes les sorties nocturnes qu'il avait tentées s'étaient conclues par lui rentrant tôt pour visionner des dessins animés en mangeant des bonbons !
Même le sexe était devenu chiant !
Il était tellement désespéré qu'il avait songé à partir le rejoindre !
Mais l'Australie c'était plutôt grand et il avait plus vite fait de l'attendre ici, accroché à son portable.
Yumi avait promis de le prévenir dès que l'étudiant poserait ses valises devant la porte de l'immeuble et pour être sûr il allait la voir plusieurs fois par semaine, espérant toujours tomber sur celui qui ne voulait plus quitter son esprit.
Ce qui lui arrivait était tellement étrange…
Sasuke était là, tout près de lui et il ne se sentait pas fébrile, gêné, excité ou même blessé.
Il ne le dévorait pas du regard comme il l'avait si longtemps fait et il n'avait même remarqué qu'il était aussi torturé que lui.
La seule personne à laquelle il pensait, c'était ce sale gosse adorable avec lequel il avait été si cruel quelques mois auparavant.
Koji était si maladroit et tête en l'air que l'imaginer dans un pays tel que l'Australie lui donnait des sueurs froides !
Et s'il lui arrivait quelque chose ? S'il se blessait gravement ?
Yumi qui avait des nouvelles quasi quotidiennes lui faisait un rapport à chaque fois, lui assurant qu'il se portait comme un charme mais malgré cela, il s'inquiétait, poussant même ses délires une fois jusqu'à imaginer le jeune homme enlevé par des aliens.
Oui, l'ennui le faisait complètement délirer.
Ou alors c'était le manque…
Mais comment ne pas se faire du souci en le sachant au bout d'un monde avec deux prédateurs affamés et sans scrupule ?!
Tatsuya et Ryouta étaient toujours collés à lui et à chaque fois le trio lui donnait l'impression de dégager quelque chose de presque érotique, la délicate silhouette de l'étudiant coincée entre les corps virils et puissant des deux « vieux » charognards.
Il secoua la tête en grognant.
Ca ressemblait à un mauvais porno !
Il sursauta presque sur le canapé, inconscient du regard meurtrier de Sakura.
Non ! Ce n'était pas le genre de Koji !
Le jeune homme était très certainement un romantique ! Le genre à aimer les balades romantiques, les déclarations timides et les baisers volés.
Il devait prendre son temps, ne pas oser aller vers l'autre et ne pas remarquer tout de suite lorsqu'on essayait de le séduire.
Puis enfin lorsqu'il s'en rendait compte, il devait rougir, détourner le regard en s'humidifiant les lèvres comme à chaque fois qu'il était nerveux.
Il aimait sans doute les caresses délicates et les rythmes langoureux.
Tout devait être doux et sensuel, sans empressement ni violence…
Cette fois ci il se leva carrément, bondissant en donnant un coup involontaire dans la table basse.
-Hors de question ! S'exclama-t-il vivement.
A quoi pensait-il enfin ?!
Un jeune homme pouvait parfaitement partir en vacances sans forcement s'envoyer en l'air !
Il n'y avait pas que le sexe dans la vie !
Ses amis le regardèrent complètement ahuris, le suivant des yeux jusqu'à la cuisine où il se servit un grand verre d'eau fraiche.
-Il ferait mieux de réviser au lieu d'aller batifoler avec le premier venu !
Sakura roula des yeux.
Elle était entourée de cas désespérés !
-Puis quelle idée d'aller en Australie avec tous ces surfeurs à deux balles qui ne pensent qu'à sauter sur tout ce qui bouge !
Agacé, il ouvrit la porte du lave-vaisselle pour le vider et ranger ce qu'il y avait à l'intérieur, bien qu'il ne soit pas chez lui.
Ranger lui permettait de canaliser ce qu'il ressentait !
De toute façon le propriétaire des lieux était bien trop dévoré par ses propres angoisses pour se soucier de lui.
En effet, Sasuke ne pensait qu'à une seule chose.
Naruto était en train de boire un café avec Ren.
Cette simple phrase suffisait à expliquer tout le trouble qui l'animait depuis des heures, ou plutôt depuis que son petit ami lui avait annoncé qu'il allait voir son ex.
Il avait fait bonne figure et assuré au blond que c'était une bonne idée et même une initiative qu'il encourageait, mais en réalité il s'était imaginé enfermer l'illustrateur à double tour pendant qu'il hurlait à Ren de repartir s'occuper de sa carrière à l'autre bout du monde.
Sa relation avec Naruto était géniale et il avait confiance en lui, seulement le blond ne lui avait jamais caché les sentiments qu'il ressentait pour son ancien amant et il savait parfaitement que ce n'était pas le manque d'amour qui les avait poussés à rompre.
La séparation était assez fraiche, des sentiments étaient forcement encore présents et lorsqu'il les imaginait tous les deux en tête à tête…
Peut-être se remémoraient-ils tous les bons moments partagés, toutes leurs première fois et les épreuves qu'ils avaient traversées ensemble.
Peut-être partageaient-ils le manque de l'autre qu'ils avaient ressenti et la douleur de l'absence qui les avaient tenus éveillés la nuit.
Ils étaient face à face, les yeux dans les yeux, à fleurs de peau, l'émotion les submergeant doucement.
La nostalgie les envahissant doucement, le besoin de toucher l'autre se faisant ressentir plus vivement, chacun cherchant l'accord de l'autre dans son regard.
Il suffisait d'un simple effleurement pour que tout s'enflamme…
Sasuke gémit douloureusement en laissant retomber son porte clé, mettant fin au bruit qui avait rendue folle Sakura.
Mais cette dernière ne s'en réjouit pas, inquiétée par son expression douloureuse.
Cet idiot était sans aucun doute en train d'imaginer le pire !
Elle soupira avant de jeter un coup d'œil vers la baie vitrée.
-Il pleut ! Lâcha-t-elle simplement.
Évidement aucun des quatre idiots ne réagit.
-Sas', il pleut ! Insista-t-elle en balançant son stylo vers l'écrivain.
Ce dernier réagit mollement, tournant la tête vers elle par simple réflexe.
-Je pense que tu devrais aller chercher Naru, il déteste conduire sous la pluie !
Sasuke n'eut aucune réaction, la regardant droit dans les yeux, amorphe.
Elle déposa bruyamment son dossier en soupirant avant de se lever pour le rejoindre.
-Naru n'est pas en train de vivre un moment magique et émouvant avec son ex, alors au lieu de faire semblant d'être un type cool et compréhensif tout en dépérissant dans ton coin, prend ta putain de bagnole et va chercher ton mec !
Le brun sursauta, comme s'il venait de prendre un coup de jus et une fois la surprise passée, il bondit de sa chaise pour se précipiter vers l'entrée.
-Oh puis par pitié, envoyez-vous enfin en l'air ! Ajouta Sakura. Je veux bien que vous la jouiez romantique et tout mais quand même, encore un peu et vos couilles vont finir par exploser !
La porte d'entrée claqua et elle secoua la tête en se réinstallant.
-Sans compter qu'il y a une telle tension sexuelle entre vous que c'est toujours votre entourage qui finit par baiser comme des bêtes… Souffla-t-elle. Pas que je me plaigne, mais bon…
Le calme revenu, Shino reporta son attention sur son balai brosse et Gaara recommença de maltraiter son téléphone alors que Neji n'avait toujours pas quitté son air d'abruti.
Tombant sur son expression ridicule et voyant que même son coup d'éclat ne l'avait pas sorti de sa transe, la jeune femme se sentit à deux doigts de le cogner avec son énorme classeur.
Elle se contenta de lui donner une claque à l'arrière du crâne.
-Bon il a quoi simplet ?!
Le coup et le surnom n'empêchèrent pas le brun de sourire comme un idiot.
-Uta m'a demandé de poser pour lui… Souffla-t-il d'un air béat. Il trouve que j'ai un beau corps et que je dégage quelque chose…
-Pas sûr s'il te voyait à cet instant précis qu'il ne regrette pas son choix ! Siffla Sakura.
Neji gloussa.
-C'est pour une expo et il va prendre des photos de moi, nu !
-Nu ? S'exclama la jeune femme. Et bien, il va avoir une surprise de taille lorsque tu banderas ! Enfin j'espère qu'elle sera de taille…
L'autre fronça les sourcils.
-Pervers comme tu es, je suis sûre que tu as un côté exhibe ! Expliqua-t-elle. Si le mec sur qui tu fantasmes te regarde avec attention pendant que tu es totalement à poil, tu va forcer réagir !
Le brun eut quelques secondes d'absence avant de prendre une expression horrifiée.
-Oh mon dieu je suis dans la merde !
W
Naruto et Sasuke étaient trempés.
L'écrivain était bien allé chercher son petit ami sauf qu'il n'avait pas pris de voiture et ils avaient dû rentrer en taxi.
Taxi qui les avait déposés au bout de la rue car elle était bloquée, les forçant à courir sous une pluie diluvienne pour atteindre leur maison.
Mais leur malchance ne s'arrêtant pas là, le blond n'avait pas retrouvé ses clés et l'autre n'avait même pas pris les siennes.
Ils se retrouvaient donc dans leur garage, l'illustrateur ayant renversé tout son sac sur le capot d'une voiture pour retrouver son trousseau.
Ils pouvaient accéder à l'intérieur de la villa d'où ils étaient, mais l'Uzumaki tenait à retrouver ses clés, mal à l'aise à l'idée de les avoir perdues je ne sais où.
Sasuke lui avait l'esprit totalement ailleurs.
Il était uniquement concentré sur la cambrure du blond, appuyé sur le bolide de collection acquit il y a peu, sa chute de rein mis en valeur par la position, ses fesses indécemment moulées dans son jeans noir.
Sa chemise blanche trempée et collée à sa peau était remontée, dévoilant son dos, son tatouage contrastant avec la couleur de sa peau.
Comment avait-il fait pour se retenir aussi longtemps ?
Ils se désiraient depuis le début, depuis leur rencontre même, mais malgré l'évolution de leur relation ils n'avaient pas encore pu assouvir ce désir.
Seulement maintenant que tous leurs problèmes semblaient résolus, qu'ils étaient sûrs de leurs sentiments et de leurs rêves communs, que Shino et Gaara leur avaient offert leur bénédiction et qu'aujourd'hui Naruto avait dis adieu à son amour pour Ren, Sasuke sentait toute sa frustration revenir en force.
Le blond n'avait rien dis en le voyant devant le café où il avait fait ses au revoir à son ex et ils s'étaient baladés main dans la main avant d'aller diner en amoureux dans un petit restaurant de quartier.
Mais l'écrivain avait eu du mal à se concentrer, affreusement conscient de la présence de son petit ami, son envie de lui prenant le pas sur tout le reste.
Il avait fantasmé toute la soirée, se retenant difficilement de lui sauter dessus, surtout lorsqu'ils s'étaient retrouvés collés l'un à l'autre à l'arrière du taxi.
Et là, dans ce garage sombre, inconscient du désir qu'il éveillait en lui, concentré sur la recherche de ses clés, l'illustrateur semblait plus désirable que jamais !
Contrairement aux apparences, la plupart des voitures présentes étaient à Naruto, c'était lui qui s'y connaissait, lui qui les collectionnait.
Sasuke n'avait pas d'attirance particulière pour les bolides.
Mais voir son petit ami ainsi cambré sur celui qu'il retapait en ce moment avait quelque chose de très excitant.
Et il était très excité.
Le calme de l'écrivain finit par interpeller le doré.
-Et toi tu es sûr que tu n'as…
Sa phrase resta en suspend lorsqu'il croisa le regard du brun.
Son corps entier fut pris de frissons et il s'appuya plus franchement d'une main sur sa voiture, prenant le temps d'à son tour détailler son compagnon.
Il ne portait qu'un simple débardeur qui en plus de dévoiler ses bras puissant et ses larges épaules, moulait entièrement ses abdominaux, le tissu trempé collé à son corps comme une seconde peau.
Naruto déglutit, sentant ses joues s'échauffer.
Sasuke avait travaillé dur pour retrouver son corps de « jeune » homme, mais en réalité il était dix fois plus beau et séduisant qu'à l'époque.
L'âge, la maturité mais aussi la paix intérieure qu'il avait enfin trouvée, lui avaient apporté l'équilibre parfait entre virilité, charisme, douceur et sex-appeal.
Il n'avait plus un seul kilo superflus mais sa carrure était bien moins fluette qu'à l'époque, plus massive mais encore délicate, la danse lui permettant de se muscler avec grâce, sans aucun excès.
Son visage faisait moins juvénile, plus « mâle » mais il avait gardé son air doux et rassurant ainsi que son regard pétillant de malice.
Ses cheveux étaient plus longs et il continuait de les laisser pousser pour faire plaisir au blond qui le trouvait encore plus séduisant ainsi.
Dans le garage, l'air était devenu presque irrespirable.
Personne n'avait bougé, ils se regardaient droit dans les yeux, lisant tout le désir qu'ils ressentaient pour l'autre.
C'était comme si le moindre geste risquait de tout faire basculer.
La gorge sèche, Naruto s'humidifia les lèvres et Sasuke suivit le mouvement des yeux, le corps tendu.
L'écrivain caressa du regard le torse de son petit ami presque entièrement dévoilé par sa chemise transparente, tout en défaisant lentement sa ceinture.
L'illustrateur tressaillit lorsqu'elle tomba, le bruit de la boucle en métal touchant le sol semblant résonner dans tout le garage.
Il ne quitta pas le brun des yeux, ce dernier remontant doucement son tee-shirt, dévoilant peu à peu son torse parfaitement sculpté, avant de retirer complètement le tissu mouillé.
Instinctivement l'Uzumaki se détacha de la voiture, se redressant en laissant échapper un gémissement d'envie qui électrisa son compagnon.
Sasuke le rejoignit sans se presser, malgré l'impatience qui le rongeait et Naruto ferma les yeux avant même qu'il ne le touche, comme pour réussir à ne pas succomber trop vite.
Délicatement, les doigts de l'écrivain effleurèrent les joues de son amant, puis ses lèvres et celui-ci entrouvrit la bouche pour les accueillir.
Il joua d'abord timidement avec le bout, puis le prit en entier, suçotant, aspirant, relâchant la peau entre deux mordillements.
La main libre de Sasuke se crispa sur sa hanche et il papillonna des yeux en relâchant ses otages, la bouche affamée du brun se pressant déjà sur la sienne.
D'abord il se contenta de la lécher, de grignoter la chair pulpeuse et humide, faisant déjà complètement perdre pied à Naruto, avant d'enfoncer sa langue soudainement, comme par surprise.
Le baiser était violent, passionnée, à l'opposé des caresses que ses mains prodiguaient à la nuque et aux reins de l'illustrateur, accroché à lui comme si sa vie en dépendait.
Mais le rythme ralentit peu à peu, l'échange devenant plus doux et langoureux tandis que Sasuke rapprochait encore leurs corps, cherchant à se fondre contre son amant.
L'Uzumaki accrocha ses mains autour de la nuque de l'écrivain, laissant doucement glisser ses lèvres vers sa mâchoire puis son cou lorsqu'ils mirent fin au baiser.
Sasuke l'enlaça délicatement, comme s'il craignait de le briser et le blond frotta son nez contre sa clavicule, comme l'aurait fait un animal.
Il inspira profondément, laissant l'odeur si particulière de son petit ami emplir ses narines avant que son attention ne soit attirée par sa carotide qui pulsait avec force.
Savoir qu'il était la cause de l'affolement de son pouls le grisa et il titilla presque instinctivement la zone du bout de la langue, avant de l'aspirer plus franchement.
Sasuke haleta contre son oreille et il entreprit de mordiller la peau jusqu'à la gorge puis le creux de l'épaule ou il laissa un suçon plus prononcé que les précédents.
Son amant le pressa contre lui, ses mains crispées contre ses fesses et il se frotta alors à son corps, ses dents continuant de marquer sa peau.
L'écrivain le laissait faire, gémissant et soupirant de plaisir, jusqu'à ce que le blond ne finisse par reculer légèrement, apparemment satisfait de son œuvre.
Il passa les doigts sur la peau rougie par sa faute et Sasuke lui saisit la main, leurs regards connectés.
Il porta son poignet à ses lèvres, baisant délicatement le tatouage gravé dans le creux, puis la paume, avant de la déposer sur son propre cœur.
Naruto tressaillit en sentant le rythme cardiaque effréné de son amant, faisant parfaitement écho au sien et il répondit au sourire de ce dernier avec la même émotion au fond des yeux.
Il ne bougea pas, laissant sa paume sur la poitrine de son homme et celui-ci entreprit d'ouvrir les boutons de sa chemise.
Le blond frissonnait à chaque contact des doigts brulants de l'écrivain avec sa peau glacée, retenant difficilement ses soupirs d'envie.
Le regard de Sasuke accrocha tout de suite à l'anneau accroché au téton droit.
Le piercing était assez récent et il n'avait même pas encore pu le voir de près.
Lorsque l'illustrateur lui avait parlé du bijou il avait immédiatement durci, oubliant qu'ils étaient en public et que son érection était plus que visible, moulé dans son caleçon de bain.
Il haleta, fermant quelques secondes les yeux pour résister à l'envie de jouer avec l'anneau tout de suite et Naruto sourit, sachant pertinemment ce qui le mettait dans un tel état.
Une fois la chemise complètement ouverte, l'écrivain reprit la main du blond, la serrant contre la sienne avant de lever son bras et de le faire tourner, comme s'ils dansaient.
Bien qu'un peu surpris, l'autre se laissa faire, se retrouvant dos à son amant.
Celui-ci se rapprocha de lui, le collant presque et il tressaillit en sentant son souffle contre sa nuque.
Le brun déposa un baiser à l'arrière de son oreille, sa langue en retraçant les contours et le doré gémit plus fortement en se cambrant contre lui.
Sasuke sourit, ses doigts glissant sous le col de la chemise, puis enfin ses mains au niveau des épaules, délestant complètement son petit ami du vêtement mouillé.
Naruto soupira de bien être lorsque le torse bouillant de l'écrivain se colla à son dos.
L'autre semblait toujours chaud, emplis de fièvre alors que lui était froid, comme gelé de l'intérieur, mais à chaque contact, il se sentait fondre, son corps et son esprit s'embrasant avec force.
Il adorait cette sensation.
L'Uchiwa embrassa délicatement sa nuque et son épaule, ses ongles griffant superficiellement son torse, tournant autour de ses tétons sans jamais les toucher, tandis que son autre main jouait avec son nombril, ses doigts titillant l'orifice.
Ce n'était pas facile pour l'écrivain de garder son calme avec son amant qui pressait inconsciemment ses fesses sur son érection, mais il tint bon, s'attaquant doucement au bouton du jeans de ce dernier.
Lorsque son pantalon fut ouvert, Naruto sentit le brun le pousser vers l'avant et il suivit le mouvement, se retrouvant courbé contre sa voiture.
Sasuke passa sa jambes entre le siennes pour les écarter et il se laissa retomber sur le capot, frissonnant lorsque sa peau nue entra en contact avec le métal froid.
L'écrivain l'observa quelques instant, appréciant le contraste entre le gris particulier du bolide et le doré de la peau de son amant, notant que sa position semblait tout droit sortie d'un magazine érotique.
Un rictus affreusement sexy déforma ses lèvres qu'il essuya du bout du pouce avant de se pencher à nouveau sur le blond, pressant son torse contre son dos, appuyant ses mains sur les siennes.
Ils frissonnèrent tous les deux et la langue de Sasuke cajola délicatement la nuque de son petit ami.
L'Uzumaki ondulait sur la voiture, cherchant toujours plus de contact avec le corps de l'écrivain qui embrassait, léchait, mordillait et suçait chaque petit bout de peau s'offrant à lui, jusqu'à ce qu'il finisse par buter contre le jeans.
Il caressa alors les hanches de l'illustrateur, lui arrachant des soupirs d'impatience, puis fit doucement glisser le vêtement, dénudant les fesses légèrement bombées de son amant.
Depuis que ce dernier s'était mis au sport avec lui, il avait pris du muscle et du volume à des endroits insoupçonnés et ce n'était pas pour lui déplaire.
Naruto ne portait jamais rien sous ses jeans.
Combien de fois cette simple pensé l'avait rendu aussi dur et fébrile qu'un adolescent face à ses premiers émois ?
Pour être honnête, il n'avait pensé qu'à ça lors de leur dîner.
Le pantalon ultra moulant, coincé pile sous les fesses, les mettait encore plus en valeur et Sasuke n'attendit pas plus longtemps pour les attraper à pleine mains.
L'illustrateur se cambra, l'invitant à plus et il ne se fit pas prier, joignant ses lèvres à ses caresses.
Il les embrassa et les cajola avec tendresse, comme un bien incroyablement précieux et l'Uzumaki se sentit aussi ému que frustré.
Puis soudain, les mains de Sasuke lui plièrent les jambes, le forçant à se mettre à genoux sur le capot, son jeans ne pendant plus qu'à l'une de ses chevilles.
Son érection enfin libérée et la position aussi gênante qu'excitante le firent gémir bruyamment et il tourna la tête vers son amant pour comprendre pourquoi il ne bougeait plus.
Ce dernier lui offrit un sourire coquin, comme s'il avait attendu que le blond le regarde pour agir.
Naruto ne le quitta donc pas des yeux, impatient de sentir à nouveau sa peau contre la sienne.
L'écrivain se baissa, s'agenouillant presque, collant son dos contre l'avant de la voiture et l'illustrateur fronça les sourcils avant de finalement comprendre ce qu'il prévoyait de faire en le voyant remonter doucement, son dos toujours plaqué contre la carrosserie.
Il était allongé sur la voiture et s'arrêta pile au moment ou son visage fut en dessous de l'érection du doré dont le sexe pulsa violement.
La langue du brun caressa d'abord le nombril, puis le tatouage sur l'aine avant de glisser presque paresseusement sur la longueur dure qui n'attendait que ça.
Le blond se crispa, poussant un petit gémissement et Sasuke suçota le bout du gland, découvrant doucement et pour la première fois le goût de son amant.
Naruto aimait les belles voitures pour un nombre incalculable de raison, mais il ne pouvait niait que l'une d'elles était qu'il les trouvait incroyablement sexy, sauvages, sexuelles et bandantes.
Et là, il se retrouvait sur le capot d'un bolide, dans une position absolument indécente, son sexe enfoui dans la bouche de Sasuke comme s'il était la meilleure friandise au monde.
C'était sans conteste l'expérience la plus excitante de toute sa vie !
L'écrivain le suça avec plus d'ardeur, son doigt caressant les contours de son intimité sans la toucher et il dut s'accrocher au haut de sa voiture, heureux de ne pas avoir encore remis de par brise.
Il se cambrait et haletait de plus en plus fort, à mesure que sa hampe s'enfonçait dans la gorge de son amant dont l'une des mains crispée sur ses fesses le griffait délicieusement.
Le plaisir montait de plus en plus violemment, lui faisant perdre la tête alors qu'il se déhanchait de lui-même, baisant la bouche de l'écrivain qui continuait de le frustrer en refusant de toucher le petit trou qui n'attendait que ça.
Son corps était pris de soubresauts et pourtant ce n'était toujours pas assez.
Plus, il en voulait toujours plus.
Les mains de Sasuke bloquèrent ses hanches, le coupant dans ses mouvements et avant qu'il ne puisse grogner de mécontentement en sentant son sexe quitter la chaleur humide de l'écrivain, ce dernier aspira ses testicules en enfonçant enfin un doigt en lui.
Naruto couina, sa tête cognant contre le métal et il glissa rapidement l'une de ses mains jusqu'à son sexe pour se masturber rapidement, ses bourses pleines toujours malmenées par la bouche avide de son amant.
Et lorsque le doigt en lui s'enfonça plus loin, il jouit puissamment, son sperme maculant le métal brillant de son bolide.
Mais alors qu'il s'était replié sur le côté, presque en fœtus, Sasuke qui lui était à nouveau debout ne lui laissa pas le temps de se remettre.
L'écrivain, plongea sans hésiter son doigts dans la semence de son amant, le portant ensuite à sa bouche en le regardant droit dans les yeux, le faisant rougir jusqu'aux oreilles.
-Tu as été impatient, je n'ai pas pu te goûter… Souffla le brun en lui offrant un clin d'œil coquin.
Naruto gémit, hypnotisé par le sexe impressionnant que ce dernier venait de laisser sortir de son sous-vêtement.
Il se mordit la lèvre en se redressant, les jambes indécemment écartées.
L'Uchiwa sourit avec gourmandise, sa main s'activant doucement sur son sexe bandé.
-Sas'… Lâcha plaintivement l'illustrateur alors que l'autre se masturbait plus franchement, toujours sans le quitter des yeux.
Naruto sentait son bas ventre s'enflammer à nouveau, le désir le faisant violemment frissonner.
A son tour, il enduit ses doigts de son sperme, les dirigeants sans hésiter vers ses fesses.
Le regard de son amant s'assombrit lorsqu'il comprit ce qu'il comptait faire, les mouvements sur son sexe se faisant plus brusques.
L'Uzumaki appuya son dos sur la carrosserie, les pieds à plats et les cuisses grandes ouvertes, ses phalanges déjà enfoncées en lui.
Il couina, sa main libre tirant sur son anneau, ses tétons fièrement dressés et Sasuke laissa échapper un grondement presque bestial.
L'écrivain retira rapidement les vêtements qui l'entravaient encore avant de se rapprocher, se collant au bolide et le doré glissa un peu vers lui en se redressant, de façon à pouvoir continuer à se toucher, tout en caressant son érection.
La position n'était pas des plus simples à tenir mais le blond avait toujours eu beaucoup d'imagination et d'endurance lorsque ça touchait au sexe.
Sasuke le laissa faire, appréciant autant la vue que les caresses, ses doigts glissant dans les cheveux blonds, tirant parfois quelques mèches sous l'afflux de plaisir.
Ce n'est que lorsqu'il se sentit à bout, la vue de la verge de son amant à nouveau dressée et des trois doigts s'activant profondément en lui l'allumant plus que de raison qu'il attrapa le poignet de Naruto, le tirant vers lui en le soulevant presque, pour lui voler un baiser.
Le blond se redressa le plus possible, s'accrochant au cou de l'écrivain, avant de passer une jambe autour de ses reins, pendant que l'autre l'allongeait complètement en dévorant ses lèvres.
L'illustrateur ondulait sous lui, leurs érections frottant l'une contre l'autre et Sasuke plongea vers sa nuque en grognant, son bassin frappant plus durement contre le sien.
Ils gémirent de concert, les ongles de Naruto enfoncés dans le dos musclé de son petit ami qui maltraitait sa gorge, l'éraflant du bout des dents.
L'Uzumaki n'avait pas l'habitude d'être aussi peu actif, mais son amant le faisait totalement fondre, l'empêchant presque de respirer et il se plu à penser que ce n'était pas si mal de se laisser consumer ainsi parfois.
Les mains de l'écrivain glissèrent le long de ses côtes, s'arrêtant sur ses hanches pour le maintenir contre le capot, l'empêchant d'onduler contre lui et il grogna de frustration.
Sasuke sourit, soulevant doucement son bassin au niveau des fesses, les écartant pour s'y glisser.
Naruto tressaillit, son corps tendu et fébrile, mais l'autre ne le pénétra pas, se contentant de se frotter doucement contre la peau sensible, son gland butant à chaque fois contre le petit trou que son amant avait pris soin de préparer pour lui.
Ce dernier saisit l'ours en or qu'il lui avait offert et qui pendait à son cou pour le tirer vers lui, enfonçant sans douceur sa langue dans sa bouche, ses jambes déjà nouées dans son dos, comme pour l'empêcher de se défiler.
Sasuke lui mordit la lèvre en le sentant s'ouvrir lentement pour lui, son érection accueillie par sa chaleur et son étroitesse.
Même préparé, c'était douloureux et les doigts de l'écrivain s'amusèrent avec les tétons bien durs qui pointaient comme un appel, laissant le temps au blond de le prendre entièrement en lui.
C'était la première fois et même s'ils savaient qu'il y en aurait beaucoup d'autres, toutes meilleures les unes que les autres, celle-ci était particulière.
Elle resterait à jamais spéciale.
Sasuke sentit sa gorge se serrer, l'envie de hurler au blond à quel point il l'aimait se faisant violemment ressentir.
Celui-ci soupira, ses jambes toujours nouées autour de son corps glissant un peu vers ses fesses, le faisant agréablement frissonner.
C'était un contact qu'il appréciait déjà, ses chevilles enfoncées dans sa peau, le corps de son petit ami accroché à lui pour ne pas perdre pied.
Il était enfin complètement en lui, mais aucun des deux ne bougea tout de suite, se laissant le temps d'apprécier le moment à sa juste valeur.
Parce que toutes les choses qu'ils avaient vécues, tous les moments douloureux qu'ils avaient traversés et l'étrange chemin qu'avait pris leur relation, tout avait eu pour but de les amener jusque là.
Jusqu'à cette union parfaite qui allait bien plus loin que celle de leur corps.
Plénitude.
C'est ce qu'ils ressentaient.
Un moment de calme et d'apaisement sans pareil qui bientôt laisserait place à un déferlement de passion et d'amour.
Naruto avait encore mal, son petit ami était très imposant et cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eu autre chose que ses doigts en lui, mais malgré cela, il se sentait euphorique.
Il en était sûr maintenant, il avait enfin trouvé sa place.
Alors doucement, il bougea le bassin, sans se décoller de son amant, le gardant toujours précieusement enfoui au plus profond de lui.
Sasuke haleta, se mordant la lèvre pour ne surtout pas céder à ses pulsions.
Voir le blond sous lui, aussi abandonné et désireux lui donnait envie de laisser ses instincts les plus primaires prendre le dessus, mais il tint bon, le gout de son sang se répandant sur son palet.
L'illustrateur bougea encore un peu, s'habituant doucement à l'imposante présence de son amant.
Celui soupira, sentant les chairs l'appeler, se resserrant délicieusement autour de lui.
Naruto réclama un baiser et Sasuke lui en offrit un immédiatement, le laissant sucer sa langue, l'allumant sans pudeur.
Ce fut comme un signal pour l'écrivain qui se retira presque complètement pour s'enfoncer à nouveau dans le corps offert.
Le rythme étai lent, comme une danse langoureuse mais néanmoins passionnée et Naruto ne savait plus où donner de la tête, les sensations déferlant dans ses veines, puissantes, affolantes et totalement jouissives.
Leurs deux peaux glissaient doucement l'une contre l'autre, les dents de Sasuke marquant sans relâche sa nuque et ses épaules, baisant son visage et ses lèvres avec quasi adoration, tandis que leurs bassins s'épousaient sensuellement, les menant irrémédiablement vers la jouissance.
L'écrivain enfouit son nez dans le cou de son amant, inspirant profondément son odeur, le chatouillant de ses mèches rebelles et ce dernier gémit à son oreille, faisant une de fois plus pulser son sexe.
Il mit ses mains dans les siennes, les plaquant sur le capot, de chaque côté de son visage et releva la tête pour pouvoir le regarder, gravant chaque détail, chaque expression dans un coin de sa mémoire.
Leurs yeux ne se lâchaient plus, leurs bouches se touchant presque, chacun avalant les soupirs de plaisir de l'autre.
Sasuke avait décris plusieurs fois ce genre de scène dans ses histoires ridicules, persuadé qu'une réaction aussi clichée ne pouvait exister que dans une mauvaise fiction, pourtant, ce qu'il vécut dépassa largement ce qu'il avait pu écrire.
Il jouit brusquement et brutalement, comme pris par surprise à l'instant même où Naruto lui souffla des mots qu'il pensait devoir encore attendre longtemps.
Un « je t'aime » murmuré qui le prit complètement au dépourvu, lui offrant un orgasme dévastateur alors que ses joues mouillées de larmes trahissaient son émotion.
C'était beaucoup trop à gérer, comme s'il comprenait enfin l'expression « mourir de bonheur ».
-Je ... je suis désolé…Haleta-t-il en se redressant difficilement. J'ai jouis avant toi et…
Il avait honte, son amant était encore dur et tendu et lui venait de se répandre en lui comme un adolescent lors de sa première fois !
Mais Naruto l'embrassa délicatement, amoureusement avant de le repousser doucement pour qu'il se retire.
Sasuke se releva, son regard accrochant au sperme qui coulait le long des jambes de son amant et ce dernier se leva en attrapant sa main.
-Mais merde ! C'est ta faute aussi ! S'exclama le brun en se laissant entrainer. Me dire ça comme ça…
Le blond le fit entrer dans la voiture sans portière, le poussant sur la banquette en cuir, simplement posée verticalement à l'arrière, dépassant à moitié par le coffre lui aussi retiré.
L'écrivain s'assit sans un mot et Naruto lui sourit.
-Je t'aime… Répéta-t-il avant de le faire basculer, le forçant à s'allonger sur le dos.
Puis il s'agenouilla dans l'habitacle, déposant de légers baisers sur son ventre, sa langue s'enfonçant dans son nombril.
Le brun frissonna.
-Je ne pense pas pouvoir…
-Chut… L'interrompit l'illustrateur. Laisse-moi faire…
Il remonta vers son torse, laissant des trainés brulantes, s'attaquant aux tétons qu'il suçota et mordilla, faisant rouler entre ses doigts celui qu'il ne pouvait couvrir de sa bouche, l'éraflant du bout des ongles.
L'Uchiwa, gronda en s'accrochant au cuir et le blond lui offrit un sourire coquin en faisant remonter son genou entre ses jambes, le frottant contre son sexe toujours au repos.
Il tressaillit, le regard empli de désir de son amant contractant son bas ventre avec force.
Satisfait de le voir aussi tendu, Naruto recommença à embrasser sa peau, redescendant doucement jusqu'à sa verge qu'il entreprit de lécher comme une friandise, sa main s'attardant sous ses testicules, les massant avec application.
Peu à peu son pénis sembla reprendre vie et l'illustrateur la couvrit d'une quantité importante de salive qui glissa jusqu'à l'intimité de son amant ou il le poussa délicatement un premier doigt.
Sasuke se cambra en relevant la tête, juste à temps pour voir son sexe à demi érigé disparaitre entre les lèvres de son petit ami, tandis que sa phalange fouillait toujours plus loin en lui.
-Merde…
Ce fut tout ce qu'il réussit à dire alors que le désir reprenait vie au creux de son ventre et qu'il écartait plus largement les jambes, laissant le blond enfoncer un autre doigt en lui.
Assez rapidement, le doré trouva sa prostate, qu'il malmena sans hésiter, pompant sa hampe à nouveau dure avec gourmandise, émettant des bruits obscènes qui incendiaient les reins de son partenaire.
L'écrivain se concentra, rassemblant tout ce qu'il lui restait de neurones pour s'exprimer.
Il crispa ses doigts dans les cheveux de Naruto, tirant assez durement dessus pour lui faire relever la tête.
-Je veux…Aussi… Je veux te toucher aussi !
Agilement et avec une rapidité impressionnante, l'Uzumaki grimpa sur son corps, la tête toujours au dessus de son érection alors qu'il lui offrait ses fesses à hauteur de sa bouche.
Le blond semblait parfaitement savoir ce qu'il voulait et Sasuke était plus que prêt à lui offrir, désireux de lui prouver qu'il était capable de le faire hurler de plaisir.
Et alors que Naruto reprenait sa fellation, il écarta sans plus de cérémonie ses deux globes de chairs, laissant sa langue venir titiller l'anneau encore humide de sa semence.
L'illustrateur tressaillit, son gémissement faisant délicieusement trembler la verge de son petit ami coincée dans sa bouche et celui-ci pressa plus franchement son organe contre le petit trou qui l'appelait.
Il lapa les reste de son sperme, nullement gêné de se « gouter » ainsi et le doré cria en crispant une main sur sa cuisse.
Sasuke saisit son amant par les hanches, ses lèvres recouvrant complètement le trou qu'il suça, lui arrachant des suppliques semblables à des sanglots.
Le blond n'était plus capable de s'occuper du sexe de l'écrivain, peinant à trouver assez de souffle pour supporter le traitement que ce dernier lui offrait
Ses jambes tremblaient et ses ongles s'enfonçaient avec force dans le cuir et les jambes du brun, sa tête rejetée vers l'arrière, la bouche entre-ouverte dans l'espoir de trouver de l'air.
Peu à peu, la langue gourmande s'aventura plus loin, s'enfonçant complètement en lui et Naruto poussa un cri en se cambrant vers l'avant.
Sasuke griffa légèrement ses côtes, le ramenant vers lui, le faisant presque asseoir sur son visage, tandis qu'il continuait de le pénétrer aussi loin que possible.
Le corps entier de l'illustrateur fourmillait, le sang montant violemment à sa tête, son corps à deux doigts de briser sous l'intensité du plaisir ressenti.
Il se crispa durement, presque douloureusement, pris de tremblements puissants puis soudainement toute la tension qui enflammait son bas ventre explosa et il jouit sur le torse et le ventre de son amant.
Ce dernier le relâcha et il se laissa tomber vers l'avant, s'allonger sur lui, la tête près se son érection, sans se soucier de son sperme qui lui collait à la peau.
Sasuke lui laissa quelques instants, caressant ses fesses, le faisant frissonner puis il finit par passer un bras sous son torse alors qu'il se redressait en position assise.
Naruto était installé sur lui, ses genoux de par et d'autre de son corps, enfoncés dans le cuir, ses fesses caressant son sexe dur et fièrement dressé.
L'écrivain embrassa sa nuque, son épaule, puis son dos, le regard toujours ancré vers le bas, incapable de se détacher du cul parfait de son amant.
Celui-ci se releva très légèrement et son sexe humide glissa entre la fente, lui arrachant un grognement d'impatience.
L'Uzumaki tourna la tête vers lui et leurs regards s'accrochèrent pour ne plus se lâcher.
L'illustrateur descendit doucement sur la hampe, frottant simplement contre le gland, les mains de son petit ami crispées sur le canapé, craignant de le forcer à s'empaler s'il prenait le risque de le toucher.
Puis enfin, Naruto saisit l'érection pour la diriger lentement vers son orifice.
Sasuke se mordit la lèvre, allumé par la vision de son sexe pénétrant son amant, le sentant à nouveau s'ouvrir juste pour lui.
C'était toujours aussi chaud et étroit.
Toujours aussi fantastique.
-Je t'aime… Gémit-il en l'enlaçant avec tendresse, sa bouche contre sa nuque.
Le blond couina en se laissant retomber complètement sur les genoux de son amant, son sexe pleinement serré en lui.
Il ne se souleva pas tout de suite, bougeant simplement de l'avant vers l'arrière, utilisant le membre de son homme pour chercher cette zone si particulière qui lui ferait voir les étoiles.
Pour l'instant il ne faisait que la frôler, envoyant des décharges électriques le long de sa colonne.
D'abord doucement, il se releva un peu, glissant sur la verge tendue et l'écrivain le saisit par les hanches pour l'aider, chacun se retenant d'accélérer les choses.
Il fallait commencer lentement, laisser l'impatience les gagner.
Et soudain, la prostate de l'Uzumaki fut percutée de plein fouet, il cria en se cambrant, donnant ainsi le signal pour un corps à corps plus soutenu.
Sasuke souleva le bassin, accompagnant chaque mouvement de son amant, prenant bien soin de ne jamais dévier de la petite tâche qui faisait hurler ce dernier.
Naruto descendait et montait de plus en plus vite, les ongles de son hommes enfoncés dans ses hanches alors qu'il le pilonnait sans relâche, bien loin de la douceur qu'ils avaient partagé jusque là.
Ils n'allaient plus tenir longtemps.
L'illustrateur balança la tête en arrière, gémissant sans retenu et le brun planta ses dents dans le creux de son épaule en tirant sur son piercing au téton.
Le doré était à nouveau dur et il était certain que son amant pouvait à nouveau le faire jouir sans avoir à le toucher.
Mais sentant qu'ils étaient tous les deux à bout de force, le blond échappa à regret de la prise de l'écrivain, se laissant tomber à genoux dans l'habitacle pour se mettre à quatre pattes devant son homme, qui ne réfléchit même pas, s'enfonçant d'un coup sec en lui.
Sasuke était incapable de ralentir, ses mouvements secs et brutaux poussaient le corps de son amant vers l'avant à chaque coup, sa tête cognant contre le dos du siège conducteur.
Naruto avaient posé ses mains à plat sur la moquette et l'écrivain le retenait par les hanches, leur rythme toujours plus effréné.
Le brun gronda, sentant l'orgasme se rapprocher et son partenaire cambra le dos, le poussant à percuter plus durement encore sa prostate.
L'autre obéit, semblant savoir quel angle et mouvement adopter pour le faire hurler, comme s'il connaissait déjà son corps par cœur.
L'Uchiwa se courba vers l'avant, léchant le dos recouvert d'une fine couche de sueur de son amant avant de suçoter sa nuque, laissant une énième marque de plus.
L'Uzumaki couina et son petit ami se sentit soudainement frustré.
Bien que leur position soit excitante, il voulait voir le blond, le voir au moment ou le plaisir l'emporterait.
Alors à son tour, il changeant de position, tournant rapidement l'illustrateur sur le côté, une jambe repliée vers le haut.
Ainsi l'angle permettait toujours une pénétration profonde et en plus il avait une vue parfaite sur le visage ravagé par le plaisir de son amant.
Celui-ci avait à peine sentit le changement, bien trop pris par les sensations incroyables que le brun lui offrait.
Sasuke n'avait plus conscience de rien, seulement de l'expression de pure débauche de son homme, des bruits indécents que leurs corps faisaient et des mots obscènes que le blond lui hurlait, envoyant toujours plus loin sa raison et son self-control.
Ses oreilles bourdonnaient, son sang bouillonnait presque douloureusement et son corps tendu à l'extrême réclamait plus que jamais la libération.
Naruto l'attrapa à nouveau par sa chaine, réclamant un baiser et l'écrivain se pencha un peu, tirant sur ses cheveux pour échange bruyant, passionné et vulgaire.
Leurs langues se cherchaient sans douceur, les coups brutaux de Sasuke ne facilitant pas l'échange et un long filet de saliver leur échappa, coulant le long de leur corps.
L'Uzumaki s'essuya, suçotant son pouce de manière obscène en regardant son partenaire droit dans les yeux et ce dernier gronda avant de tirer violement sur son anneau pour se venger.
Le blond couina, se cambrant en rejetant la tête en arrière et Sasuke comprenant que la fin n'était pas loin, saisit son érection pour le masturber rapidement.
Naruto enfonça ses ongles dans l'une des fesses de son amant, réclamant sans honte et à pleine voix des « plus fort » et « plus loin » alors qu'il jouait avec ses tétons durs et rougis.
Sasuke lui n'avait que le prénom de son petit ami à la bouche, le répétant inlassablement, tel un mantra alors qu'il obéissait à toutes ses demandes, puisant dans ses dernières ressources pour lui offrir ce qu'il avait de meilleur, comme pour le remercier de s'abandonner entièrement à lui.
L'Uzumaki creusa le dos, mordant son bras alors qu'il se crispait, la boule au creux de son ventre explosant enfin, emportant tout sur son passage.
Il jouit dans la main de l'écrivain et le sentant se resserrer par à-coup autour de son membre, ce dernier poussa encore un peu en lui avant de se laisser submerger par la violence de l'orgasme qui le faucha.
Naruto sentit la semence de son homme l'emplir à nouveau et il soupira en ouvrant doucement les yeux, se laissant basculer sur le dos au passage.
Sasuke le regardait, le même air béat que lui sur le visage et ils se sourirent.
Puis le brun porta sa main jusqu'à ses lèvres, léchant le sperme du blond encore présent entre ses doigts.
L'Uzumaki le regarda faire avant de se relever en position assise, joignant sa langue à la sienne autour de ses phalanges.
Enfin, ils s'embrassèrent, presque paresseusement, l'écrivain attirant son petit ami contre son torse, une main dans le creux de ses reins et l'autre sur sa nuque.
-Je devrais aller boire un café avec mes ex plus souvent ! S'amusa l'illustrateur.
L'autre baissa la tête vers lui, les sourcils froncés et il ne put s'empêcher de rire.
-Tu étais vraiment inquiet ?
Sasuke détourna le regard, mordillant sa lèvre.
Naruto se redressa sur les genoux, caressant doucement sa joue.
-Je t'aime… Souffla-t-il tendrement en l'embrassant. Je suis amoureux de toi et uniquement de toi, tu n'as pas à avoir peur…
L'écrivain lui rendit son baiser, effleurant délicatement sa nuque du bout des doigts.
-Tu ne me quitteras jamais ?
Le blond l'enlaça plus fermement.
-Je ne te laisserais jamais partir !
Sasuke comprit à sa réponse que son amant pensait encore que s'ils devaient un jour se séparer, ce serait forcement lui qui serait abandonné.
Alors il le serra fort, lui transmettant tout son amour, se promettant qu'un jour Naruto comprendrait qu'il était la personne la plus précieuse au monde à ses yeux.
Ils restèrent enlacés à se câliner un moment avant que le froid et le manque de place ne les poussent à bouger et décidant de remettre la recherche des clés à demain, ils pénétrèrent dans la villa par la porte du garage.
Main dans la main et complètement nus ils se figèrent en entendant du bruit provenant de leur salon.
Pourquoi leurs amis étaient encore ici ?
Sasuke soupira, attrapant son sac de sport à sa droite pour enfiler un pantalon de jogging et tendre un caleçon et pull extra large à son amant.
Ils s'avancèrent, restant quelques instant sans voix.
Karin et Hidan s'envoyaient comme à leur habitude à moitié en l'air dans un de leurs fauteuils, Sakura était en train de masser ou plutôt tripoter Ino, allongée sur leur moquette, Sasori était comme toujours debout face au tableau de Deidara accroché près de la cheminée, Neji était vautré dans un canapé semblant parler à son sexe, Gaara envoyait des fléchettes sur sa tablette et Shino frottait leur table basse comme si un génie allait en sortir.
-Mais qu'est ce que…
Sasuke ne savait même pas comment réagir.
-Ah bein ce n'est pas trop tôt ! S'exclama Shino en relevant la tête vers le couple.
Il se mit debout, fouillant dans sa poche tout en se dirigeant vers eux.
Il plongea son regard dans celui de Naruto et l'écrivain soupira, s'attendant à une reprise des hostilités.
Lui qui pensait que les choses étaient en bonne voie…
-Dessine-moi des portraits ! Ordonna presque le professeur en tendant son portable au blond.
Surpris, l'autre cligna des yeux et Shino grogna en lui fourrant le téléphone dans les mains.
-Lui là, dessine-le moi !
L'Uzumaki baissa la tête, faisant défiler les images du dossier, son visage exprimant toute sa stupeur.
Curieux, Sasuke pencha la tête pour voir ce dont il s'agissait avant de réagir comme son amant.
-Ca n'a rien de pervers, ok ? Déclara le professeur. Il n'y a rien de sexuel ou de malsain !
Le couple ne dit rien, toujours aussi perdus et l'autre insista.
-Ce n'est pas comme si je te demandais une poupée gonflable ou un truc du genre hein ! Je veux juste un tableau, comme tu l'as fait pour Sasori !
-Hey je suis juste un amoureux de l'art ! Rétorqua le mannequin sans quitter la peinture qui le fascinait des yeux.
Shino ignora sa réponse et Gaara bondit presque jusqu'à lui, semblant avoir eu une illumination.
-Mais c'est une excellente idée ça ! S'exclama-t-il. Moi aussi je veux un tableau de Hinata !
Le professeur le repoussa.
-Ne dis pas n'importe quoi ! Gronda-t-il. Maintenant je vais vraiment passer pour un pervers alors que ça n'a rien à voir !
-Tu as ton téléphone plein de vidéos et de photos d'un gamin dont tu demande le portrait, bien sûr que c'est pervers !
Les deux amis entamèrent un débat sous le regard mi dépité mi abasourdi de Naruto et Sasuke, jusqu'à ce que Neji n'intervienne à son tour.
-Naru, tu fais des dessins c'est ça ? Tu as déjà peint des modèles hein ? Questionna-t-il. Est-ce que l'un d'eux à déjà eu une érection, est ce que c'est fréquent ? Normal ? Banal ?!
-Voilà, ça c'est un pervers ! Intervint Shino.
L'écrivain se pencha à l'oreille de son amant.
-Tu es toujours sûr de ne pas vouloir me quitter ? Souffla-t-il. Parce que là je comprendrais…
-Crois moi, c'est pour ça que j'ai mis si longtemps à me déclarer…
Ils se sourirent et Sasuke se rapprocha de son homme.
-Plan B ? Questionna-t-il.
-Plan B ! Acquiesça le blond.
Et immédiatement le brun souleva l'illustrateur pour fuir vers les escaliers afin de rejoindre leur chambre.
Le trio infernal les suivit bien évidement et Sasuke leur balança plusieurs babioles en chemin.
-Mais s'il vous plait les gars, vous ne pouvez pas m'abandonnez comme ça ! Gémit Neji.
Naruto rit.
-Tu sais, un artiste doit forcement d'une manière ou d'une autre aimer son modèle pour pouvoir être inspiré ! Lâcha le blond au moment même où Sasuke refermait la porte.
L'écrivain verrouilla consciencieusement la chambre avant de déposer son homme et de le regarder avec attention.
-Donc tu as aimé tes modèles ?
L'Uzumaki secoua la tête avant de s'éloigner un peu.
-C'est drôle parce que je n'ai jamais peint Gaa ou Ren… Souffla-t-il. Je n'ai eu qu'un seul modèle à vrai dire…
Sasuke l'écoutait, crispé par sa mine rêveuse.
-Un Don Juan têtu et puéril, qui adorait la danse et que je ne pouvais m'empêcher de trouver fascinant…
Le brun tressaillit, son cœur se décrochant de sa poitrine.
-On ne s'était jamais parlé et pourtant sans comprendre pourquoi je le dessinais souvent, même après avoir quitté la fac, même encore aujourd'hui…
L'écrivain effaça rapidement la distance qui le séparait de son amant, le saisissant par les épaules.
-Attends tu veux dire que… Enfin c'est m…mo…
-Comment tu disais déjà, un coup de foudre à retardement ?
-Putain, on est vraiment deux idiots ! Gémit l'Uchiwa.
L'illustrateur secoua la tête.
-Non, notre timing était parfait ! Rétorqua-t-il. Ca n'aurait jamais fonctionné si on s'était lancé avant !
Sasuke acquiesça avant de s'emparer des lèvres de son amant, décidé à ne plus jamais perdre la moindre seconde.
Hélas, l'infernal trio ne voulait pas abandonner, et ils frappèrent tous en cœur à leur porte.
Le brun soupira en appuyant son front contre l'épaule de son blond.
-Je vais les tuer.
-Dis toi que c'est un bon entrainement pour lorsque l'on sera parents !
Sasuke releva la tête, croisant le regard brillant de Naruto, comprenant que ce n'était pas complètement une plaisanterie.
-Dans ce cas là je veux bien faire un effort ! Sourit-il en enlaçant son amant.
-Non mais peut être que tu peux me faire une figurine grandeur nature ! Lança la voix mortellement sérieuse de Gaara.
-Je ne suis pas un pervers ! Cria celle de Shino. Un stalker oui mais pas un pervers ! Il n'y a rien de mal à encourager les artistes contemporains !
Naruto se détacha de Sasuke en riant et ils rejoignirent la porte de leur chambre pour l'ouvrir, passant devant l'album que le blond avait si ardemment désiré et qui symbolisait quelque chose de bien plus puissant et précieux qu'un rêve illusoire lié à une histoire vouée dés le départ à l'échec.
L'illustrateur avait avoué à son amant que c'était le jour où il lui avait offert le vinyle qu'il avait compris que sa relation avec Ren était terminée.
Qu'il avait comprit qu'il finirait par tomber irrémédiablement amoureux de lui et qu'il ne pourrait plus jamais envisager aimer quelqu'un d'autre.
Que c'était ce jour là qu'il avait su qu'il passerait le restant de ses jours à ses côtés.
Alors évidement, Sasuke lui avait trouvé une place de choix, ne manquant pas de remercier l'homme qui l'avait poussé à l'acheter.
En fait l'employé de la boutique avait vu juste, lorsqu'il s'agissait d'amour, Vlad avait toujours raison.
L'écrivain sourit en serrant la main de son amant.
Oui, dieu merci c'était lui qui avait eu tord.
-Non mais les gars, vous ne comprenez pas, je vais devoir empêcher ma queue de bander ! Hurla soudainement Neji. La dernière fois que j'ai réussi ce miracle j'étais en primaire !
Naruto pouffa alors que Sasuke ouvrait la porte, tombant directement sur le regard extrêmement sérieux de Shino.
-Ok, peut être que je suis un stalker à tendance obsessionnelle !
L'écrivain soupira.
Est-ce que Vlad avait aussi une solution pour ça ?
Musique : "My skin" cover de Delariyo
Voilà, j'espère que vous n'êtes pas trop déçus!
