Titre: "Élémentaire, mon cher"
Rating: K+ pour quelques scènes un peu violentes, angoisses...
Résumé:La guerre est finie, Voldemort est définitivement disparu, Ron est devenu Auror et s'est marié, Hermione se débat avec les Droits et tente de gérer son couple, Neville a disparu au Chili avec Luna, Rogue voudrait pouvoir enseigner dans le calme, et de se débarrasser de ses saletés de mioches, Remus, tente d'élever son enfant sans Tonks, Drago suit des gens dans la rue, et se passionne pour la médicomagie, Blaise compte les canettes dans la Tamise, une vague de meurtres de sorciers s'abat sur Londres... Et Harry dans tout ça? Eh bien, Harry a disparu.
Disclaimer: Tout ce p'tit monde ne m'appartient pas(dommage...), je rends les personnages à Mrs Rowling dès que j'ai fini de jouer avec, je ne touche pas d'argent sur cette histoire, elle est dans le but de vous divertir, et moi, de me faire la main en écriture, de vous faire plaisir, pardon!
Note introductive(À LIRE AVANT DE COMMENCER): Bonjour, bonsoir. Tout d'abord merci pour l'accueil de la fic', ravie de ça vous plaise. Pour la suite de l'histoire, je vais alterner les points de vue entre Drago et Harry, et parfois, le point de vue des autres protagonistes de l'histoire, tels que Neville, Hermione, Ron, Remus, Luna, Blaise, Rogue, ou encore McGonagall. Chacun aura son importance dans le périple que nos deux amis auront à affronter. Notre voyage abordera les thèmes de la magie noire, blanche, grise, la tolérance, l'amitié, l'amour, comment trouver sa place dans le monde, entre autres.
On m'a demandé le rythme de parution, eh bien, j'essayerais au mieux une fois par semaine, et de trouver un jour précis, au pire, je ne sais pas, comme indiqué sur mon profil, je traverse une période un peu difficile, qui influe sur mes envies, mon énergie, je veux dire par là, que ce n'est pas que je ne veux pas, mais que je ne peux pas. Voilà, bon on s'en fiche de ma vie perso, mais sur mon autre fic', j'ai eu deux périodes à vide, sans compter les examens.
Bien, histoire de bien commencer, promis, la prochaine fois, je bavarderais moins. Bonne lecture...
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Chapitre deux: là où l'on retrouve un vieil ami
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Là, il avait fait fort. Même très fort. Le Serpentard s'était écroulé de tout son long sur le sol, du sang sur la tempe gauche qui luisait à la lueur de la lune. Lui, il s'était juste contenté de suivre Greyback, prévoyant une attaque de sa part, avait sauvé un inconnu dans la rue, avait perdu son déguisement et s'était retrouvé face à son vieil ennemi. Qui n'avait, bien entendu, pas manqué de le reconnaître avant de perdre conscience. Harry maudit Merlin qui devait le regarder en ricanant là où il était. Il jeta une oeuillade à Malefoy, légèrement inquiet, et s'accroupit près de lui, le Serpentard ne semblait pas être trop blessé, à part ce coup à la tête, peut-être un peu préoccupant. Harry regarda autour de lui et reconnut avec surprise le quartier où il était. Non, c'était sûr, Voldemort avait soudoyé Merlin pour qu'il le fasse atterrir dans le quartier de Rogue, et qu'il sauve Malefoy des mâchoires de Greyback. Foutue vengeance, c'était tout à fait mesquin de sa part, dès qu'Harry serait mort, il enverrait Gryffondor pour se venger. Trêve de plaisanterie, il fallait qu'il emmène Malefoy en lieu sûr. Il se releva en boitant et attrapa sa canne. Même si le jeune homme n'avait pas arrêté de le provoquer pendant ses années d'études, Harry se sentait... Comme obligé de faire quelque chose pour lui.
Il ne pouvait pas débarquer à St-Mangouste comme ça, et ne savait pas où habitait le Serpentard. Et vu le quartier où il était. L'amener à Rogue était la seule solution, conclut-il avec un soupir. Et voilà, il était dans les ennuis jusqu'au cou. Il se jeta à lui et à Malefoy, un sort de désillusion, et s'avança dans les rues, le Serpentard sur son épaule, qui n'était pas très lourd mais qui pesait quand même son poids, sa jambe douloureuse ne l'aidant pas vraiment. Un sortilège de Lévitation l'aurait encombré plus qu'autre chose et il s'était résolu à le porter. Il ne mit pas longtemps à retrouver la maison de Rogue, saisi par l'appréhension et le doute, il s'arrêta devant la porte du professeur tant haï. Il risquait gros sur ce coup. Il se rendit à nouveau visible ainsi que Malefoy, le jeune homme grogna dans son inconscience. Il leva le bras, suspendit son geste un instant, et finalement toqua à la porte imposante. Il rabattit sa capuche sur lui et revêtit une autre apparence, Rogue ne tarda pas à arriver, l'air furieux d'avoir été visiblement dérangé en plein travail, puisqu'il portait un tablier, qui fut sûrement blanc autrefois, couvert de noircissures, de traces grises, de couleurs et de quelques trous provoqués par une potion particulièrement acide. Il tenait une paire de gants en peau de dragon à la main et le fixait comme s'il voulait que l'homme qui se tenait devant lui disparaisse à six pieds sous terre, jusqu'à ce qu'il aperçoive Malefoy sur son épaule. La fureur laissa place à l'inquiétude.
"Que s'est-il passé?
-Une bête l'a attaqué, Monsieur. J'y ai assisté un peu trop tard, mais il semble qu'il ne soit pas trop blessé à part à la tête. Il n'y a que vous qui ayez répondu à mon appel.
-M...Merci, balbutia Rogue en prenant son filleul délicatement. Monsieur...?"
Seul le vide lui répondit par un silence, l'homme avait disparu.
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Drago ouvrit péniblement les yeux, son corps semblait être rattaché des poids qui pesaient lourds, la sensation disparut au bout de quelques instants, et il put se redresser. Il était à Ste-Mangouste, jugea t-il, en observant le lieu de son regard acier. Une forme attira son attention, Severus était avachi sur un fauteuil, profondément endormi à en juger le petit ronflement qui s'échappait de ses lèvres. Une seconde. Severus Rogue ronflait? Drago émit un sourire satisfait. Les souvenirs affluèrent peu à peu, et cela inquiéta Drago. Devait-il dire que Harry Potter l'avait sauvé d'une mort certaine? Son orgueil lui clamait haut et fort que non, tandis qu'une voix murmurait quelque part que cela rassurerait ses amis, une autre intervint en lui conseillant de n'en parler qu'à Severus, et Drago était perdu. En même temps, il se voyait mal aller voir Granger et lui dire" je ne t'ai pas dit? Potter m'a sauvé de Greyback". Non, outrageusement ridicule, et Hermione s'inquiéterait trop, le souvenir de Potter rejaillirait encore un peu plus. Savoir que son ami était en plus dans la même ville que lui et qu'il n'allait pas les voir pour les rassurer n'était pas agréable, estima Drago. Alors à qui en parler? Parce que Drago ne pouvait pas garder ça pour lui, trop énorme. Le Serpentard avisa son parrain qui ronflait allègrement dans son coin. C'était la meilleure option qu'il avait. À moins que... Oui, possible. Mais quand même, en parler à Severus.
Sa tête se rappela à son bon souvenir, et il tâta précautionneusement le bandage qui enserrait son crâne, il se demanda distraitement combien de temps il était resté inconscient. Une porte s'ouvrit brusquement, faisant sursauter Severus qui faillit tomber de son fauteuil, Drago retint un grand peine un fou rire et vit avec surprise, Hermione entrer dans la pièce, trempée de pluie, le visage affolé, et les cheveux en bataille. Elle fondit sur lui comme s'il était une proie, si bien que Drago eut un instant de panique et tout le loisir de se calmer dans les bras enserrés autour de lui. Il n'avait pas eu vraiment le plaisir de ces étreintes avec ses parents, étant rigides jusqu'aux ongles, seule sa mère montrait parfois quelques signes d'affection, une bise, une main sur son bras, tandis que Lucius restait en arrière. Drago savait qu'elle l'avait aimé au fond de lui. Hermione finit par le lâcher sous le regard moqueur de Rogue, il était à présent quasiment aussi trempé qu'elle, et maugréant, il attrapa sa baguette et se sécha ainsi que Hermione.
"Ah... Le caractère fougueux des Gryffondors...", laissa échapper rêveusement Severus.
Hermione sursauta, elle ne l'avait visiblement pas vu. Elle lui lança un regard noir en retour.
"Et l'humour pince-sans-rire de notre bien aimé directeur de maison, lâcha t-elle. Ne l'oublions pas."
Son parrain prit une teinte rouge vif, énervé, sur le point de répliquer mais la sorcière ne soucia pas de lui.
"Comment vas-tu, Drago?, demanda t-elle alors qu'elle s'asseyait sur un autre fauteuil.
-Eh bien, j'ai mal au crâne, et j'aimerais savoir ce qui s'est passé depuis que je me suis écroulé comme un ivrogne sur le trottoir.
-Un homme t'a sauvé la vie contre Greyback probablement, t'a amené chez moi, et s'est enfui, résuma Rogue.
-J'ai toujours aimé la précision de tes résumés, commenta Drago en soupirant. Et toi, tu m'a ramené ici?
-Non, on a dansé la salsa, et on a bu de la vodka, comment, tu ne te rappelle pas? Mon pauvre Drago, je crains que ce coup au crâne t'ai enlevé quelques neurones, dommage, t'en avais plus beaucoup, fit Severus sur un ton mélodramatique. Évidemment que je t'ai ramené ici, triple buse."
Hermione pouffa de rire tandis que Drago foudroyait du regard son parrain qui fit comme si rien ne s'était passé.
"Et je pourrais sortir quand?, grommela le Serpentard.
-D'ici ce soir.
-Parfait!, se réjouit Drago. Comment est-tu au courant, au fait?, dit-il en questionnant du regard Hermione.
-Un médicomage a laissé entendre qu'il y avait eu une nouvelle attaque de Loup-garou, la rumeur a continué son petit chemin, je suis allé voir chez toi si tu étais là, sachant que tu passais ton dimanche chez toi, je ne t'ai pas trouvé. Je suis allée à l'hôpital et on m'a dit où tu étais. Tu n'imagine pas mon état de panique.
-Si", affirma Drago, sentant ses côtes douloureuses.
La sorcière eut le bon goût de rougir sous le ricanement de Rogue.
"Je vous ai confondu un instant avec Molly Weasley, Miss Granger.
-Oh vous, ça va, râla Hermione. Je préfère être démonstrative plutôt que froide et rigide."
Drago attendit la réponse de son parrain mais celui-ci se tut.
"Désolée, ce n'est pas ce que je voulais dire, rajouta précipitamment Hermione, catastrophée.
-Si, et vous avez eu raison, je ne suis plus votre professeur, Granger, souffla Rogue. Dites ce que vous pensez. Drago, je vais faire un tour, trop de bons sentiments dans cette pièce", ajouta t-il en disparaissant dans un tournoiement de sa robe noire.
Drago esquissa un sourire, Hermione regardait d'un air maussade la porte.
"La porte ne te fera rien, Hermione, plaisanta t-il.
-Ah non, ne commence pas toi, j'ai eu assez de cynisme pour la journée."
La porte s'ouvrit à nouveau, laissant passer un médicomage.
"Mr Rogue m'a indiqué que vous étiez réveillé", fit-il avec un sourire.
Il l'examina rapidement.
"Vous pourrez sortir ce soir, cependant, vous avez eu une commotion cérébrale, sans gravité, je vous rassure, je vous prescris une semaine de repos, vous avez une mine épouvantable, on a déjà envoyé un arrêt maladie à votre travail.
-Merci."
L'homme sortit juste après.
"Malgré tout ce qu'on a dit, tu es sorti, lui reprocha Hermione. Tu imagine ce qui se serait passé si l'homme n'avait pas été là?
-Je serais mort, répondit Drago sur un ton de récitation. Écoute, ça m'est légèrement sorti de la tête.
-Légèrement ?
-Eh, t'es pas ma mère!, riposta Drago sur un ton indigné. Je me passerais bien de tes sermons!
-J'espère que Rogue le fera pour moi, alors, fit Hermione, furieuse. Tu as failli mourir!
-Je le sais, merci!"
Le bruit de la porte s'ouvrant stoppa la dispute, et les deux amis se retournèrent en même temps, les yeux lançant des éclairs. Ron et Blaise qui étaient entrés se figèrent aussitôt.
"Eh bien, quelle ambiance, lâcha Blaise. Laisse-moi deviner, elle t'engueulait parce tu as oublié la menace qui pèse sur nous?
-Oui, ça me tout à fait possible, approuva Ron en hochant de la tête. C'est le genre d'Hermione, ça. Sérieusement, tu rivalise avec ma mère quand tu te dispute. On vous entendait du bout du couloir.
-Et même peut-être de l'escalier", grimaça Blaise.
Drago éclata de rire devant Hermione qui avait rougi à l'allusion de la mère de Ron. Les deux amis suivirent rapidement ainsi que Hermione, finalement. Ils discutèrent quelques minutes, Drago résumant la situation, et ils furent rassurés sur son état. Hermione et les garçons finirent par partir. Rogue les remplaça rapidement.
"C'est ça, tes amis?, grogna l'homme.
-Oui, c'est mes amis", répondit Drago en souriant.
Des vrais, des purs.
"Tu es resté attendre qu'ils partent?", s'étonna Drago.
Severus prit en flagrant délit d'affection, balbutia quelque chose d'inaudible et s'assit. Il fixa Drago de son regard inquisiteur.
"Ils tiennent à toi, ça se voit. Tu as de la chance de les avoir.
-J'ai eu aussi de la chance que tu sois là, sans toi, je ne sais pas si j'aurais pu me détourner de l'avenir que Père m'avait imposé."
Rogue ne répondit pas mais une lueur de gratitude luisait dans son regard. Il se réinstalla plus confortablement dans son fauteuil.
"Au fait, tu ronfles, et pas qu'un peu.
-Toi aussi", répliqua Severus.
L'assurance de Drago se dégonfla comme un ballon.
"Zut, je pensais que je tenais un scoop.
-Eh bien non."
Son parrain l'observa pensivement, son regard coula vers le bandage et revint vers ses yeux.
"J'ai l'impression que tu n'as pas tout dit.
-Et ton impression est bonne, soupira le Serpentard. L'homme qui m'a sauvé, c'est..."
Et voilà, il y était.
"Harry Potter."
Son parrain émit un son étouffé au nom.
"Pourquoi ça ne m'étonne pas?, maugréa Rogue.
-Je pense qu'il m'ait choisi en particulier, il avait l'air aussi surpris que moi."
Ils se turent, chacun plongé dans ses réflexions.
"Donc, il est vivant, réfléchit Severus.
-Quel sens de déduction! Vraiment!, fit Drago en faisant mine d'applaudir.
- Tais-toi, ça vaudra mieux pour ta santé.
-Serait-ce une menace?, rebondit Drago sur un ton faussement effrayé.
-J'ai longtemps pensé qu'il était lâche, lâcha Rogue au lieu de répondre. Comme son père. Finalement, je crois qu'il se démarque beaucoup de ses parents.
-Il n'a pas été élevé par eux, remarqua Drago.
-Oui, déjà, il y a ça, mais aussi la prophétie.
-La fameuse prophétie, grinça Drago.
-Tu ne la connais pas? Tu as vécu un an avec lui pourtant.
-Nous n'étions pas amis, corrigea le Serpentard. Disons que nous nous évitions le plus possible, malgré le voyage. C'est mieux passé avec Blaise, je crois. Quand on était ensemble, on échangeait le strict minimum de paroles.
-Cinq adolescents plongés en pleine guerre avec pour mission de retrouver des Horcruxes... L'Ordre a été fou de vous laisser partir.
-Tu dis ça mais ça t'a plut de diriger Poudlard.
-Oh oui, ricana Severus.
-Bref, on en a déjà parlé. Alors la prophétie?
-Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche... Il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois... Et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore... Et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit... Celui qui détient le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres sera né lorsque mourra le septième mois...
-Tu-Sais-Qui a désigné Potter comme son égal?, fit Drago, abasourdi, après un silence.
-Oui.
-C'était quoi son pouvoir.
-L'Amour."
Drago ne fit pas de commentaires là-dessus, un peu sonné par les révélations de son parrain.
"Qui a fait cette prophétie?
-Trelawney."
La prof de Divination?
"Et c'est grâce à ça, qu'elle a été engagée comme professeur.
-Wahou, je vais de surprises en surprises, formula Drago en écarquillant les yeux.
-C'est pour ça que ça ne m'étonne pas qu'il ai disparu, ce que j'avais pris pour de la lâcheté, était du désespoir, enfin, je crois. N'importe qui aurait craqué."
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Harry saisit sa canne et la fit tournoyer dans ses mains, la regardant pensivement puis leva les yeux vers son interlocuteur, un fin sourire sur le visage.
"Très bien, filez-moi une cinquantaine de sachets d'Herbe Galloise, une dizaine de Jarwell, et une vingtaine également de Siffleuse. Je vous paie en liquide bien entendu."
L'homme le gratifia d'un sourire satisfait.
"Très bien, Monsieur Raven, fit-il sur un ton bourru. C'est toujours un plaisir de faire affaire avec vous.
-Avec vous aussi."
Après avoir échangé ces courbettes, Kirken se leva et disparut dans une autre pièce. Harry fouilla dans une poche de son manteau et en sortit un porte-feuille muni de griffes acérées, qui se rétractèrent quand le Gryffondor plongea sa main dedans, retirant une bourse remplie de Gallions. Kirken revint, portant une valise ressemblant à une mallette. Harry se leva prestement, sa canne à la main, et la bourse dans l'autre. L'homme lui tendit la mallette en échange de la bourse qu'il dévorait déjà du regard. Harry vérifia le contenu tandis que son interlocuteur ouvrait la bourse.
"Merci bien, Monsieur Raven, prononça respectueusement Kirken. J'espère que vos affaires continueront à prospérer avec la même efficacité.
-J'espère également, mon vieux Kirken, passez le bonjour à votre famille, répondit Harry avec un clin d'oeil.
-Oh, je n'y manquerais pas, Monsieur", ricana Kirken.
Harry salua l'homme et sortit discrètement de la pièce, il parcourut le couloir miteux de l'immeuble, toujours boitant de la jambe gauche, et s'engouffra dans l'escalier qui l'amena au rez-de-chaussée. Le Gryffondor transplana aussitôt après, se réceptionnant maladroitement sur le sol inégal, la mallette toujours dans sa main. Il entra dans un immeuble à l'aspect austère et un peu vieillot, la couverture parfaite et idéale pour quelqu'un comme lui, salua la concierge qui nettoyait consciencieusement la rampe de l'escalier, Harry était certain de l'avoir vu faire la même chose le matin en partant. La concierge répondit avec joie au salut puis retourna à sa tâche, frottant avec entrain le bois qui allait finir par être usé. Il appuya sur le bouton de l'ascenseur, attendit quelques instants, le regard distraitement posé sur un tableau assez moche, et monta dans l'engin qui le déposa devant sa porte. Il entra, jeta ses clés sur une petite table et s'écroula sur son fauteuil, massant sa jambe douloureuse. Il eut une pensée pour Malefoy, et la chassa aussitôt, il avait fait ce qu'il fallait.
Il entreprit ensuite de se dévêtir de son manteau lourd, et de ranger la précieuse drogue dans un coffret à l'abri des regards. Préoccupé, il jeta un coup d'oeil à une blessure qui s'étalait sur son épaule, une blessure en forme de morsure... Elle était encore douloureuse et une peur s'insinua dans son esprit. Ses mains se glissèrent dans ses cheveux machinalement, ils retrouvaient leur apparence normale ainsi que son visage. Son visage de couverture était celui d'un homme de plus de trente ans, le visage mince et fin, les cheveux noirs et ébouriffés(la métamorphose ne pouvait rien dans son "cas désespéré" comme l'avait fait remarquer Ron alors qu'ils étudiaient la métamorphose humaine en sixième année), des yeux gris perçants. Il avait l'air d'un homme ordinaire, des vêtements simples, et une canne à la main. Il n'attirait pas l'attention mais un sortilège de Glamour lui permettait de gagner la sympathie des hommes avec qui il travaillait. Pour les autres gens, il était brocanteur, dénichant des meubles magiques rares, pour ses associés et clients, il était Passeur.
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Drago hésitait encore alors qu'il était devant la porte de Lupin. Il se tenait là, tremblant de nervosité. Le Serpentard n'avait jamais été tendre envers lui quand il avait été professeur à Poudlard, parce qu'il était un idiot, et n'avait jamais parlé vraiment à cet homme qui peut-être l'intimidait. Il avait toujours l'air triste et épuisé malgré le sourire qu'il affichait souvent, et n'avait été que réellement heureux dans les bras de sa femme. Nymphadora Tonks, dit Tonks, parce qu'elle détestait son prénom, et cousine par sa mère, décédée dans la bataille de Poudlard. Depuis, Drago ne l'avait pas beaucoup revu. Il avait été là au procès de Rogue, se souvint-il, et au mariage entre Ron et Hermione.
Mû par une étrange énergie, il avait envie de retrouver Potter, il avait une dette envers lui, et il voulait surtout savoir ce qu'il s'était passé. Lupin était certainement le mieux placé pour ça, Hagrid ayant disparu avec sa dulcinée dans les montagnes, il ne savait où. Et raviver le souvenir de Potter aux autres serait trop douloureux, ce serait sûrement le cas avec Lupin, mais il préférait de loin affronter le regard ambré de l'homme que les yeux tristes d'Hermione. Il avait un enfant, se remémora difficilement Drago, comment s'appelait-il déjà? Terry... Non, Teddy. Un enfant aux cheveux d'un bleu presque turquoise. Il se rendit compte qu'il était planté devant la porte de Lupin depuis un certain moment, et que les gens le regardaient avec un air curieux. Il frappa à la porte doucement, et n'attendit pas longtemps avant d'entendre des pas. La porte s'ouvrit, laissant place à Remus Lupin, qui le regardait, partagé entre l'amusement et la curiosité.
"Je me demandais quand tu allais te décider, s'amusa l'homme. Voyons, ça fait vingt minutes que tu es là, je t'observais par la fenêtre.
-J'avais quelques doutes quand au bien de mon geste, avoua Drago, soulagé que Lupin ne lui soit pas hostile dès le début.
-J'avais compris, eh bien, entre donc", proposa Lupin avec un léger sourire.
Lupin avait encore gagné des cheveux gris, constata t-il. Sans compter les cernes. Il avait l'air bien plus vieux que son âge. Drago entra dans la maison, presque timidement. L'endroit était plutôt propre, mais on voyait que Lupin n'avait pas beaucoup de moyens, des lambeaux de papier peint pendaient tristement au mur, laissant apercevoir le mur à nu. C'était décoré simplement, et avec goût, tout de même. Lupin le conduisit dans une pièce qui lui servait sûrement de bureau, l'homme avait un goût prononcé pour les livres puisqu'une énorme bibliothèque s'étalait sur les murs, remplie de livres et de parchemins.
"J'ai travaillé un temps chez un libraire, chaque fin de semaine, on pouvait emporter un livre de son choix, expliqua Lupin devant l'air admiratif de Drago qui regardait les livres à la reliure tantôt dorée, tantôt argentée, noire, et plusieurs couleurs encore. Puis, j'ai hérité un peu de Sirius et de James.
-Sirius... Comme Sirius Black?, questionna le Serpentard, les sourcils froncés. C'est un oncle éloigné.
-Oui, acquiesça Lupin en hochant de la tête.
-On m'a juste expliqué qu'il était en fait innocent, parce que c'était Queu... Pettigrow qui a trahi les Potter.
-C'est cela", approuva l'homme, plus sombrement.
Un hurlement strident interrompit le silence gêné, Drago sursauta, et vit une forme floue teintée de bleu pareille à un bolide, foncer vers Lupin. Il faillit lui dire ne pas rester planté là avant de voir que c'était son fils.
"J'ai réussi à changer mon nez de forme!, s'exclama le gamin, sans se rendre compte qu'il y avait un invité.
-Magnifique!", applaudit Lupin, un sourire lumineux s'étendant sur son visage.
Il ébouriffa tendrement les cheveux bleus de son fils qui sautillait un peu partout avant de voir Drago, le garçon stoppa net tout mouvement, et le regarda, les yeux grands ouverts.
"C'est qui?
-Drago Malefoy, un... Ami.
-Alors c'est mon ami, déclara Teddy autoritairement. Il est à moi.
-On ne possède pas les gens, corrigea Lupin. Et ce sera ton ami, s'il le veut."
L'enfant prit une moue boudeuse, très vite remplacée par une expression de joie.
"Tu v'nir? Voir mes dessins!
-Euh..., hésita Drago avant d'appeler Lupin au secours, du regard.
-Plus tard, Teddy, soupira Lupin. Va jouer un peu avec Patmol."
Devant l'air interloqué de Drago, Lupin expliqua.
"C'est son chien en peluche. C'était le surnom de Sirius, ajouta t-il après que Teddy fut parti à nouveau en courant. Tu veux quelque chose à boire? Un chocolat chaud?
-Euh, oui, volontiers, Professeur. Merci.
-Je ne suis plus ton professeur, souffla Lupin en levant les yeux au ciel, et tu peux m'appeler Remus et me tutoyer. Assieds-toi sur l'un des fauteuil, hésite pas à enlever les livres", ajouta t-il en partant vers la cuisine.
Drago souleva une petite pile de livres, posa son manteau sur l'accoudoir et s'assit confortablement sur le fauteuil en soupirant d'aise. Il était encore un peu fatigué, un bandage enserrait toujours sa tête et Lupin devait se poser nombre de questions sur sa blessure. Le Serpentard regarda autour de lui, encore un peu mal à l'aise, il détailla les livres, la plupart traitaient de Défense Contre les Forces du Mal, de Métamorphose, Sortilèges et autres matières enseignées à Poudlard. Drago vit qu'ils partageaient le même goût pour les Runes, il trouva quelques titres de romans moldus, des classiques, et quelques pièces de théâtre de Shakespeare, et même de Molière, dont quelques uns en français, constata le Serpentard avec surprise. Lupin revint peu après, deux tasses fumantes sur un plateau avec quelques gâteaux.
"Merci, Pro... Remus."
Drago se tendit légèrement, alors que Lupin le scrutait, le même genre de regard qu'avait Severus parfois. Ils dégustèrent les gâteaux pendant quelques instants, dehors, la pluie recommençait à tomber, assombrissant la pièce. Lupin se leva et alluma une lampe qui installa une atmosphère douce dans le bureau.
"J'aime bien la pluie, fit finalement Lupin. C'est apaisant.
-Je dirais que ça dépend si on est en dessous, ou bien au chaud, à l'intérieur", lâcha Drago qui regardait la pluie d'un air maussade.
Lupin pouffa de rire, ce qui allégea un peu la gêne qu'il y avait entre tout les deux.
"Vous... Tu m'étonnes beaucoup quand même, prononça doucement Drago alors que Lupin le regardait avec intérêt. Je ne t'ai pas franchement beaucoup facilité la vie à Poudlard, on s'est à peine parlé après, et tu es là, à m'accueillir comme si de rien n'était.
-Tu as une façade que tu maintiens à grand peine, trop occupé à maintenir l'ensemble, tu ne vois pas les fissures qui se forment. Tu es quelqu'un de profond, ton éducation aristocratique t'oblige à jouer les grands ducs, mais je sais que tu peux être tellement différent quand tu le veux. La preuve, tu viens me voir, oh, tu as quelque chose en tête, je sais, ça a sûrement un rapport avec ton bandage. Il n'y pas si longtemps que ça, tu m'aurais ignoré. Je suis content que tu t'es détourné du joug de Voldemort. Pour moi, ça démontre de la volonté, étant donné ton éducation. Et en plus, tu ne mets plus de gel dans tes cheveux, je dois bien avouer que ça te donne un air moins hautain."
Il avait visé juste en quelques phrases, nom d'un Scroutt à Pétard, les larmes lui venaient aux yeux. Honteux, il fit semblant d'avoir une poussière dans l'oeil afin de les faire disparaître du regard ambré.
"Merci.
-Pas de problème.
-Tu aurais pu faire psychomage, nota Drago, toujours envahi par ses émotions.
-J'aurais pu, fit pensivement Remus.
-Gouvernement de merde, grogna Drago.
-C'est agréable à entendre, répondit doucement le plus vieux. Je suis tout à fait d'accord. Toi aussi, tu pourrais faire quelque chose de meilleur.
-Tu as un boulot en ce moment?, questionna Drago.
-Je fais quelques gardes de nuit, par ci, par là, éluda vaguement Lupin d'un geste de la main. Bien arrêtons de tourner autour du pot, on ne va pas s'en sortir comme ça. Que t'est-il arrivé?"
Le changement de sujet surpris Drago.
"J'ai été attaqué par Greyback", annonça t-il.
Les mains de Lupin se crispèrent sur ses genoux. Une peur passa furtivement dans ses yeux, et il se frotta son épaule droite, nerveusement. Drago lui laissa le temps de digérer la nouvelle.
"C'est lui qui vous a mordu, en déduisit Drago.
-Oui, souffla Remus. Et ensuite?
-Harry Potter m'a sauvé", révéla Drago, les yeux rivés sur son ancien professeur, attendant la réaction.
Qui ne tarda pas à arriver. Lupin lâcha la tasse qu'il tenait, elle s'écrasa dans la moquette, Drago nettoya l'incident tandis que Remus le fixait, abasourdi.
"H... Harry?"
Drago hocha de la tête, gêné. Lupin tremblait comme une feuille, plusieurs expressions passèrent sur son visage, angoisse, peur, soulagement, tristesse, curiosité... Il était plus pâle que d'ordinaire, ce qui lui donnait un teint blafard.
"Que... ?
-Je ne sais pas, coupa le Serpentard. C'est pour ça que je viens ici, afin de le connaître un peu plus, et savoir si vous pouviez m'aider.
-Je... Bien sûr."
Le jeune homme lui résuma la situation, Lupin avait repris un peu de couleurs et semblait pris par l'excitation de retrouver Potter.
"Comment était-il?
-Il n'avait pas l'air bien, pâle, barbe de plusieurs jours, cernes, yeux un peu erratiques, une cicatrice en plus sur son visage, cheveux ébouriffés et sales, pas en bonne forme, quoi", répondit Drago.
Lupin médita ces paroles, un air inquiet sur le visage. Drago ne savait pas vraiment quels étaient la nature des liens entre Potter et lui, il savait juste que Harry était le parrain de son fils. Remus était le dernier des Maraudeurs, remarqua t-il. Le dernier qui pouvait faire figure d'une sorte de père, ou plutôt d'un oncle.
"Je ne vois pas comment le retrouver, déclara t-il finalement. Il va falloir s'organiser un peu.
-Papa!", hurla une voix.
Teddy entra dans la pièce, expression contrariée, ses cheveux viraient un tantinet sur le violet, nota Drago.
"J'ai faim, on peut manger?
-Tu as oublié quelque chose..., le réprimanda Remus.
-S'il te plaîîît..., ajouta le garçon, sur un ton suppliant.
-Très bien. Drago, tu reste manger, décréta Lupin. On va faire simple: pâtes."
Hébété, Drago se laissa tirer par la manche, et se fit guider jusqu'à la cuisine par un garçon bien excité.
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Et voilà, un nouveau chapitre. Les choses se mettent en place doucement, quelques aperçus de la vie d'Harry Potter pour titiller votre curiosité. J'espère que ça vous a plu, que c'est à peu près cohérent dans l'ensemble, que ce n'était pas trop sombre, et trop mal écrit.
À bientôt les amis.
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L'auteur de fanfiction est une espèce qui se nourrit de reviews, pensez-y!
