Qu'est-ce que ce pauvre Sirius a vécu de si dur, pendant ses vacances ? Réponse tout de suite ! (attention, chapitre violent)

Chapitre 2

Sirius enfila sa robe de cérémonie de mauvaise grâce. S'il y avait une chose dont il n'avait absolument pas besoin, c'était bien d'une soirée chez sa cousine Bellatrix.

Mais Père avait décrété qu'il devait accepter l'invitation.

Et il ne valait mieux pas le contrarier en ce moment. La douleur lancinante dans son dos, là où la ceinture avait entamée sa peau, le lui rappelait suffisamment.

Il se rappelait de chaque détail de cette séance de « correction ». Après un long sermon sur les valeurs de la famille Black et l'irréprochabilité due à chacun de ses membres, son père lui avait demandé de se dévêtir. Son ton avait été assez sec pour qu'il se retienne de lancer quelque remarque ironique. Lorsque la lanière de cuir l'avait frappé dans un claquement sec, il avait décrété que cela lui était égal, que la douleur n'était rien, et que son fichu père n'avait qu'à aller se faire foutre.

Cela avait été de plus en plus dur, au fur et à mesure.

A la fin, il se mordait les lèvres jusqu'au sang, pour se retenir de le supplier d'arrêter.

Il n'avait pas supplié. Il n'avait pas pleuré non plus.

C'était au début des vacances. Par la suite, il avait prudemment évité son géniteur, remarquant avec irritation l'indifférence de Regulus. Sa propre mère semblait satisfaite du traitement qu'on lui avait infligé. Tous les mêmes, dans cette famille…

L'invitation de Bellatrix était arrivée juste après Noël. Elle organisait une petite fête, pour le réveillon du jour de l'an, et elle comptait y voir son cousin. Bellatrix avait un an de plus que lui, elle était en dernière année à Poudlard. C'était une Serpentard. Sirius la détestait.

Mais son père avait jugé convenable qu'il accepte l'invitation. Il se devait de fréquenter la bonne société, en tant qu'héritier de l'honorable famille des Black. La bonne société… Des sangs-purs imbus de leur supériorité, n'affichant que du mépris pour les moldus et tout ce qui y était rattaché.

Mais pour une fois, Sirius avait jugé préférable de ne pas se rebeller. Il n'avait pas besoin d'une autre correction.

Une fois habillé, il descendit dans le salon. Sa mère le détailla de la tête aux pieds, visiblement satisfaite. Il savait pourquoi. Il était beau, il avait de l'allure, une prestance toute aristocratique. Les quelques centimètres qu'il avait pris dernièrement, ses épaules plus larges, ses traits plus anguleux, indiquaient qu'il quittait vraiment l'enfance. Et l'homme qu'il deviendrait, que l'on devinait déjà en lui, avait de quoi satisfaire la mère la plus exigeante.

Son père, par contre, était froid et rigide. Leurs yeux se croisèrent, et Sirius ne put s'empêcher d'y mettre une lueur de défi. « Ne fais pas honte à notre famille, Sirius… prévint Mr Black d'un ton lourd de menace. Sinon… Tu le regretteras. »

Sirius ne répondit pas, et se dirigea vers la cheminée.

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« Sirius.
- Bella.
- Je suis contente que tu ais pu te libérer… »

Il embrassa sa cousine du bout des lèvres, et salua d'un signe de tête le petit ami de celle-ci, Rodolphus Lestrange, assis dans un fauteuil près de l'âtre. Celui-ci lui adressa un sourire qui ressemblait davantage à un rictus. Sirius choisit de l'ignorer.

« Où sont tes parents ?
- A leur propre soirée. Ils reviendront demain.
- Et les autres invités ?
- Ils sont déjà là. Nous n'attendions plus que toi, Sirius.
- Vraiment… »

Sirius regarda autour de lui, surpris. Il regarda Bellatrix. Un étrange sourire lui étirait les lèvres. Un sourire…carnassier. Sirius frémit malgré lui. Quelque-chose ne tournait pas rond. Tout son instinct lui criait de faire demi-tour au plus vite. Mais il se redressa. Sirius détestait avoir peur.

« Alors qu'attendons-nous ? » demanda-t-il simplement.

Bellatrix le conduisit hors du salon, et ils descendirent une volée de marches, suivis de Rodolphus. Sirius trouvait cela de plus en plus étrange. « Tu donnes tes réceptions au sous-sol ? demanda-t-il, d'un ton qu'il voulait insouciant.
- Avance, tu verras bien ! répondit Rodolphus.
- Qui est invité ?
- Que des gens fréquentables, rassure-toi, cousin.
- Fréquentables… répéta Sirius. Des sangs-purs, c'est ce que tu veux dire ?
- Exactement. Aucun de tes amis n'est là, donc… » Sirius se crispa. Et il regretta de ne pas avoir pris sa baguette avec lui.

Ils entrèrent dans une salle fermée par une lourde porte de bois barrée de fer. La porte de l'une des nombreuses caves du manoir de Bellatrix. Sirius s'arrêta net, tandis que son cœur se mettait à battre plus vite.

La pièce était simplement éclairée par quelques bougies, dont la lueur vacillante éclairait des murs ancestraux, suintant l'humidité. Au milieu de la salle étaient dressées des tables, formant un U, la table centrale faisant exactement face à la porte d'entrée.

Dix personnes étaient assises à ces tables. Mais il ne pouvait pas voir leurs visages. Toutes portaient des cagoules.

Des cagoules noires.

Sirius recula d'un pas, mais Rodolphus le poussa en avant, sans ménagement.

« Qu'est-ce que… commença Sirius.
- Nous n'attendions plus que vous, Mr Black », répondit une voix légèrement étouffée par l'étoffe de la cagoule. Sirius se tourna vers celui qui avait parlé, et qui présidait de toute évidence à la table. « Pour quoi faire… ? demanda Sirius, les lèvres sèches, craignant d'entendre la réponse malgré tout.
- Votre procès, Mr Black. » Mon procès ?! C'est une blague ?!

Il ne pouvait pas s'enfuir. Rodolphus, dans son dos, barrait l'unique sortie. Il ne lui restait plus qu'à faire face, avec toute la dignité possible. Il se redressa et fit quelques pas dans la pièce. « Mon procès ? De quel crime m'accuse-t-on ? » Sa voix ne tremblait pas, c'était au moins ça. « D'humilier et de torturer l'un de vos condisciples, répondit l'homme en face de lui.
- Vous êtes malade… murmura Sirius. Qui êtes-vous, d'abord ? Est-ce une façon normale de s'adresser aux gens, avec une cagoule sur la tête ?
- Vous n'avez pas à connaître notre identité. Nous sommes vos juges – et vos bourreaux si vous apparaissez bien comme le coupable que nous croyons que vous êtes.
- Mes juges ? Vous n'êtes que des lâches, même pas capables d'assumer vos convictions à visage découvert ! Je…
- Endoloris ! »

Une souffrance telle que Sirius n'en avait jamais connue s'empara de lui. Il tomba à genoux sur le sol, hoquetant de douleur. Le sorcier en face de lui abaissa sa baguette.

« Vous ne parlerez que lorsque l'on vous y autorisera ! Ne recommencez pas ! Ce que vous venez de goûter n'est qu'un avant-goût de ce qui vous attend, si vous vous avisiez de nous manquer encore de respect !
- Respect… grimaça Sirius, découvrant les dents avec dégoût. Je ne vois pas en quoi vous méritez mon respect !
- Endoloris ! »

Une nouvelle vague de souffrance le tordit en deux. Il s'affala sur le sol, respirant furieusement pour retrouver son souffle, coupé par la douleur.

« Intraitable, je vous l'avais dit… sourit Bellatrix.
- Nous allons lui apprendre les bonnes manières, ma chère Bella. Faites entrer la victime. »

Sirius ramena ses jambes sous lui et leva les yeux vers la porte qu'ouvrait Rodolphus.

Rogue. Rogue entra, vêtu de sa plus belle robe noire, et s'arrêta devant la table, à deux pas de lui, sans même lui jeter un regard. Sirius sentit un rire sombre franchir ses lèvres. « Snivellus… fit-il.
- Tu ferais mieux de te taire, Black… prévint Rogue, d'une voix presque douce.
- Ainsi, c'est donc toi la cause de toute cette mascarade ! Grotesque !
- Mr Severus Rogue, ici présent, accuse Sirius Black de tortures morales et physiques, perpétrées sur sa personne durant l'année scolaire à l'école de Poudlard. Avez-vous quelque-chose à répondre à cela, Mr Black ? »

Sirius s'assit et considéra un instant ses « juges », et Rogue. Il était sans doute plus raisonnable de se taire. Mais Sirius n'avait jamais su être raisonnable.

« Rien, répondit-il. Ah si ! Oui, j'ai botté le cul à ce prétentieux de Snivellus, oui, je l'ai humilié, battu quand j'en avais l'occasion, oui je l'ai foutu à poil devant l'école, et je n'en éprouve aucun remord ! Je recommencerais même, si j'en avais l'occasion ! » Rogue frissonna, mais garda le silence. « Parce qu'il représente tout ce que je déteste dans ce monde, poursuivit Black, crachant presque ses mots. Comme vous tous ! »

Il y eut un silence, lourd de menaces. Sirius lançait un regard de défi aux dix personnes attablées. « Je vois… dit finalement celui qui s'était érigé en juge. Vous ne niez donc pas les faits…
- Allez vous faire foutre !
- Endoloris … Je vous avais prévenu, Mr Black. Il est hors de question que vous nous manquiez de respect… »

Rogue regarda Sirius se tordre de douleur sous les effets du sortilège impardonnable, les yeux agrandis par la surprise. Avec… fascination… ?

« Bon, reprit le juge, reposant sa baguette sur la table. Puisque nous sommes d'accord, il reste à prononcer la sentence… L'accusé est déclaré… ?
- Coupable, répondirent les neuf autres.
- C'est très bien. Mr Rogue est-il satisfait du verdict ? » Rogue acquiesça d'un signe de tête un peu raide. « Bien… approuva l'homme. Accusé, levez-vous… »

Sirius se redressa sur ses coudes. Tout son corps le brûlait, jamais il ne s'était senti aussi mal auparavant. Et lui qui avait trouvé les coups de ceinture de son père douloureux… ! Il n'avait jamais connu la douleur auparavant. Il venait de le comprendre.

Rodolphus le prit sous les bras et le tira violemment vers le haut pour le redresser. Sirius se releva tant bien que mal, sur ses jambes tremblantes.

« Cette cour vous condamne à subir à votre tour les humiliations et les violences que vous avez fait endurées à Mr Rogue ici présent.
- La loi du Talion, c'est ça… marmonna Sirius, les mâchoires crispées.
- Histoire de vous faire passer l'envie de recommencer… Vous allez apprendre à vos dépends que Mr Rogue a quelques amis de pouvoir, tout disposés à le protéger…
- T'as besoin d'être protégé, Snivellus ?! lança Sirius à Rogue. Pauvre bébé…
- Ta gueule, Black ! lança Rogue, très pâle.
- Suffit ! coupa le juge. Vous serez donc battu et violé, pour l'expiation de vos crimes ! »

La stupeur manqua jeter Sirius à terre. Qu'avait-il dit ? « Battu et violé » ? C'était une blague, n'est-ce pas ? « Attendez ! s'exclama-t-il. Qu'est-ce que cela veut dire ?!
- Quel mot n'avez-vous pas compris, Mr Black ? demanda le juge, d'une voix doucereuse. « Battu » ? « Violé » ?
- Vous n'allez pas faire ça !
- Vous êtes-vous gêné, avec Mr Rogue ?
- Je ne l'ai jamais violé !
- Vous l'avez déshabillé devant vos pairs ! Humilié et traîné dans la boue ! Vous méritez un châtiment à la mesure de vos crimes ! »

Rodolphus le jeta violemment sur le sol, un sourire mauvais sur les lèvres, et tira sa baguette de sa poche. Sirius se redressa vivement, cherchant une issue par où s'enfuir. « C'est inutile, mon garçon… soupira le juge. J'ai dressé des barrières autour de cette pièce. Tu ne pourrais même pas franchir la porte. Allons ! Accepte la sentence, ce n'est qu'un mauvais moment à passer… »

Sirius encaissa le doloris lancé par Rodolphus avec stupeur. Cela ne pouvait pas être vrai, il faisait un cauchemar… Mais un cauchemar ne pouvait pas lui causer tant de souffrance. Recroquevillé sur lui-même, il laissa la douleur le quitter peu à peu, lorsque Rodolphus leva le sort. Une terrible nausée le saisit. Il bascula sur le côté pour vomir, ce qui arracha un petit rire aigrelet à Bellatrix.

« Allons, cousin ! dit-elle, moqueuse. J'aurais pensé que tu te montrerais plus résistant que cela ! Endoloris ! » La douleur, encore. Moins violente, toutefois. Dans un recoin de son esprit, Sirius se fit la réflexion que sa cousine ne maîtrisait pas encore très bien le sort.

« Déshabille-le ! »

Rodolphus fut sur lui en quelques pas et le débarrassa de sa robe de sorcier, sans qu'il trouve la force de lui résister. Il tremblait de tous ses membres, encore sous le coup du sortilège. Le contact de la pierre froide sous son corps nu le saisit brusquement, et une vague de panique le submergea.

Alors qu'il se demandait ce qui allait lui arriver, une lanière de cuir s'abattit sur lui, faisant jaillir son sang. Il se mordit les lèvres. Résister à cela était à sa portée, se répétait-il. Il n'allait pas flancher, il refusait de crier. Il croisa le regard de Rogue. Ses yeux noirs posés sur lui étaient brûlants. Un demi-sourire étirait ses lèvres minces. Sirius aurait voulu lui renfoncer ce sourire dans la gorge. Et curieusement, cette pensée lui permettait de supporter la douleur.

Il se raccrocha désespérément à sa haine. Sa colère lui permettait de ne plus penser à ce qu'il subissait.

Tout, autour de lui, ne fut bientôt plus qu'un brouillard rouge. Du sang coulait de son visage tuméfié, il en sentait le goût métallique sur sa langue. Et son corps était maintenant si douloureux qu'il était incapable de juger de son état. Il lui semblait juste qu'il était en miettes.

Deux mains robustes le saisirent et le redressèrent. Il battit des paupières pour chasser le sang qui coulait dans ses yeux. Le juge avait croisé les mains devant son visage, dans une attitude pensive. « Mr Rogue, dit-il. En tant que victime, vous avez parfaitement le droit de participer à la… punition… de Mr Black…
- Je m'en remets à vous pour cela. Je ne me salirai pas les mains de son sang… » Sirius cracha vers lui. On le poussa alors en avant sur le sol.

« Tu y arriveras, Rodolphus ? » demanda Bellatrix, d'un ton presque badin. Lestrange ricana. « Je crois, oui, ma chérie… Peut-être n'as-tu pas remarqué, mais ton cousin est… vraiment très beau… »

Il y eut quelques gloussements. Sirius sentit un frisson glacé le parcourir. Il hésitait à comprendre ce que Lestrange voulait dire.

Il sentit un bras lui encercler la taille et le soulever légèrement de terre. On voulait le mettre à genoux.

Non.

On ne pouvait pas lui faire ça ! Il n'avait que seize ans ! On ne pouvait pas lui imposer ça comme punition !

Il se tendit brusquement, pour se libérer de l'étreinte de Rodolphus, chercha à se retourner pour le frapper. Celui-ci se mit à rire. « Le petit lion se réveille… remarqua-t-il.
- Lâchez-moi ! cria Sirius, retrouvant brusquement sa voix. Vous n'avez pas le droit ! Ne me touchez pas !
- Ces mots ont donc un sens pour toi, Black… ? » demanda Rogue.

Il releva la tête. Rogue le dominait de toute sa taille, juste au-dessus de lui. En tendant la main, il pouvait même toucher le bas de sa longue robe noire. Rogue se pencha, un sourire mauvais sur les lèvres, les yeux brûlants de haine. « Combien de fois vous les ai-je dit, ces mots, à Potter et toi ?! Combien de fois vous ai-je demandé de me laisser tranquille ?! » Il tendit une main longue et fine vers lui et le saisit par les cheveux, lui tirant la tête vers l'arrière. « Tu t'en fichais, hein, Black ?! La souffrance de cet idiot de Snivellus ne comptait pas, puisque toi tu t'amusais ! »

Sirius sentit une colonne glacée lui geler les entrailles. Méritait-il vraiment ce qui lui arrivait ? Il avait fait souffrir Rogue. Il l'avait fait gratuitement. « Non, pas gratuitement ! protesta-t-il en lui-même. Ce type est un pourri, adepte de magie noire ! Il est dangereux ! » Il secoua la tête pour se libérer de la poigne de Rogue, mais celui-ci serra plus fort.

« A moi, maintenant, de jouir du spectacle de ton humiliation ! gronda Rogue. Lève-les yeux ! Je veux voir ton regard quand Rodolphus te prendra ! »

« Non ! cria Sirius, ruant violemment. Lâchez-moi ! » Il se débattit de plus belle, dans l'étreinte de Lestrange.

Mais Rodolphus le tenait fermement, et s'appuyait sur lui de tout son poids. Et lui avait mal, si mal… Les doloris qu'il avait reçus l'avaient vidé de toute son énergie, il se sentait si faible…

D'un coup de genoux, Lestrange lui écarta les jambes. Sirius se mordit les lèvres et ferma les yeux. Il ne voulait plus voir le visage de Rogue penché sur lui. Celui-ci tira davantage, lui tordant le cou douloureusement. « Ouvre les yeux ! ordonna Rogue. Tout de suite ! »

Le ton de Rogue était si tranchant qu'il obéit. De nouveau, les prunelles d'onyx se rivèrent dans ses yeux, et il put y lire toute sa haine, et son dégoût. Ainsi qu'une satisfaction sauvage.

D'une brusque poussée, Rodolphus entra en lui. Une intense douleur lui vrilla les hanches. Il eut l'impression d'être coupé en deux.

Et il hurla.

De souffrance, d'impuissance, de colère, de désespoir.

Et ses cris devinrent sanglots, sans qu'il puisse rien y faire, tandis qu'il subissait les coups de boutoir de Lestrange. Les yeux vissés dans ceux de Rogue, mais il ne le voyait plus.

Rodolphus se répandit en lui avec un grognement bestial et s'arracha de lui presque aussitôt. Il s'affala sur le sol, secoué de sanglots.

Il avait mal. Il se sentait humilié et sali, irrémédiablement. Il aurait préféré mourir.

« Tu veux le faire, Severus ? » proposa Bellatrix.

Moment de flottement. Sirius serra les poings. Non, pas encorePas par lui

Rogue fit un pas vers lui et le poussa du bout du pied. « Non… dit-il lentement. Je crois qu'il a compris… »

Dans un froissement de robes, le juge se leva de sa table et les rejoignit au centre de la pièce. Il se pencha vers Sirius. « Est-ce sûr ? demanda-t-il doucement. Mr Black ?
- Réponds-donc, Black… » l'encouragea Rogue.

Sirius acquiesça rapidement de la tête, incapable de parler.

« Très bien ! La séance est donc terminée ! »

Tous se levèrent et quittèrent la salle, les uns derrière les autres, sans un regard pour la forme recroquevillée qui sanglotait sur le sol.

Rogue resta. Il considérait Sirius d'un air satisfait, et se repaissait visiblement de sa souffrance.

Sirius le sentit. Et cela réveilla sa colère. Une colère sourde, qui annihila très vite tout autre sentiment. Il ne pensait plus à la douleur, à l'humiliation. Il n'y avait plus que de la colère.

Il ravala ses sanglots subitement et se força à s'asseoir. Il ramena ses jambes contre lui et les entoura de ses bras, frissonnant. Il inspira profondément pour se calmer. Et parvint finalement à poser les yeux sur Rogue.

« Tu es satisfait, Snivellus ? » demanda-t-il. Il vit avec soulagement que sa voix ne tremblait pas. Il avait repris le contrôle de lui-même. « C'était… distrayant… répondit Rogue.
- Tu me le paieras… Un jour, tu le paieras…
- Ah oui ? J'attends de voir ça avec impatience… Tu sais, Black ? Tu es… pathétique… ! »

Rogue quitta la pièce, sans un regard derrière lui.