A l'aéroport de Philadelphie, Arizona Robbins patientait nerveusement après le coup de fil qu'elle venait de recevoir de la part d'Owen Hunt. Après avoir reçu le feu vert du conseil d'administration, il n'avait pas perdu de temps et avait immédiatement contacté la jeune femme. Il s'était contenté de lui annoncer sa venue à Philadelphie et ne lui avait révélé aucun détail supplémentaire. Il se doutait qu'une simple conversation téléphonique ne serait pas suffisante pour la convaincre de revenir. Tout ce mystère autour des raisons de ce rendez-vous intriguait Arizona. Ses huit mois passés au Seattle Grace n'étaient à présent plus qu'un lointain souvenir qu'elle s'efforçait d'enfouir au plus profond d'elle-même car dans sa tête, Seattle serait toujours associé à Callie et malgré tout l'amour qu'elle avait pu avoir pour elle auparavant, elle ne lui avait toujours pas pardonné. Son chagrin s'était certes atténué au fil des années mais pas sa rancune. Elle avait beau avoir conscience que Callie n'avait aucune responsabilité dans ce qui leur était arrivé, elle demeurait. Une jeune femme s'approcha en tirant sa valise à roulettes derrière elle et décrocha un sourire de la part d'Arizona qui s'empressa de venir l'embrasser.

- Je vois que je t'ai manqué, constata avec ravissement la jeune femme.

- Plus que tu ne le crois, lui confirma Arizona entre deux baisers.

Elle avait rencontré Lauren Boswell au Malawi près de quatre ans auparavant. Simple collègue au départ, Lauren avait su gagner son amitié puis percer la carapace dont elle avait paré son cœur après sa rupture avec Callie. Depuis deux ans, elles vivaient une histoire d'amour posée qui venait de survivre à huit mois de séparation, huit mois bien trop longs au goût de chacune. Après une série d'interminables baisers, elles allèrent récupérer le reste des bagages de la jeune femme puis prirent le chemin du parking pour monter dans la voiture d'Arizona. Durant le trajet jusqu'à l'appartement, Lauren observa longuement sa compagne qui lui paraissait soucieuse.

- Quelque chose ne va pas ?

Arizona tourna brièvement la tête vers elle, mieux valait lui dire la vérité.

- Le chef de chirurgie du Grey Sloan Memorial m'a appelée. Il vient me rendre visite demain pour me parler de quelque chose d'assez important d'après ce que j'ai compris.

- Tu crois que c'est en rapport avec ton ex ?

- Non, s'il y avait eu quelque chose, j'en aurais déjà eu vent par mes parents.

Elle activa la porte automatique du garage de l'immeuble avec une télécommande puis descendit se garer à sa place habituelle. Elle détacha sa ceinture en soupirant.

- Je ne sais pas ce qu'il me veut mais s'il traverse tout le pays, ce n'est pas pour rien. J'ai tiré un trait sur ma vie à Seattle et ma relation avec Callie, je n'ai pas envie de rouvrir certaines blessures maintenant.

Lauren prit sa main.

- Je suis là maintenant. Je serai à tes côtés quoique tu aies à affronter.

Arizona la remercia d'un sourire. Depuis leur rencontre, Lauren s'était imposée comme un soutien précieux qui lui avait réappris peu à peu à aimer la vie. A ses côtés, elle avait retrouvé son sourire mais surtout la force d'avancer et d'aimer ce qu'elle avait jugé impensable après le drame qu'elle avait vécu. La tragédie qui l'avait frappée à Baltimore l'avait rendue vulnérable, mentalement, elle n'était plus aussi forte qu'auparavant mais, protectrice, Lauren était devenue sa force, celle qui lui permettait de faire face aux difficultés.

- Je suis heureuse que tu sois là, lui avoua-t-elle du bout des lèvres.

- J'ai l'impression qu'il était temps que j'arrive.

Après un baiser, elles récupèrent les bagages dans le coffre puis empruntèrent l'ascenseur pour se rendre à l'étage où se trouvait l'appartement d'Arizona. Une fois dans le salon, elles retirèrent leurs vestes puis Arizona lui fit faire le tour du propriétaire avant de lui offrir un verre.

- Vraiment très sympa, en plus la vue est magnifique, complimenta Lauren en jetant un œil à travers la fenêtre du salon.

Arizona la contempla, totalement sous son charme. Un sourire aux lèvres, elle s'approcha et lui retira son verre de vin des mains pour le poser sur le comptoir de la cuisine.

- Tu sais ce qui l'est encore plus ?, lui demanda-t-elle d'un ton charmeur en posant ses mains sur ses hanches.

Leurs lèvres se joignirent pour un baiser langoureux. Leur désir fut aussitôt attisé après huit mois d'abstinence mais leurs gestes restèrent tendres. Elles avaient toute la nuit pour se retrouver. Lauren l'adossa doucement contre le mur en prolongeant leurs baisers puis ses lèvres se focalisèrent sur le cou de sa petite amie. Lentement, elle le suçota sensuellement, n'hésitant pas à jouer de sa langue pour accentuer les gémissements qui s'échappaient de la bouche d'Arizona. Lorsque leurs caresses se firent plus intimes, Arizona guida sa compagne dans sa chambre et célébra son retour à sa manière.

Assise dans son siège d'appoint, Sofia s'appliquait à manger ses spaghettis à la bolognaise que lui avait cuisinés sa mère lorsqu'on sonna. Callie ordonna à sa fille de continuer à manger sagement son plat et alla ouvrir. Sa petite amie, Sonia Carson, lui présenta le repas du soir avec un grand sourire.

- Pizza et bière, ça te va ?

Flash-Back

Arizona et Callie venaient d'achever leur première semaine en tant qu'internes à l'hôpital John Hopkins. Alors qu'elles sortaient des Urgences, Arizona glissa son bras autour de celui de Callie et posa sa tête sur son épaule.

- Je suis épuisée.

- Ce n'est que le début, ça va être comme ça tout le long de notre internat.

- Quand je serai résidente, je me vengerai. Tout ce que je n'aurai pas envie de faire, je le donnerai à mes internes !

Callie rit légèrement.

- J'ai pas la force de cuisiner ce soir, pizzas ça te va ?

Arizona approuva ce choix. Elles passèrent dans la pizzeria la plus proche et ajoutèrent deux bières à leur commande. Elles rentrèrent ensuite à l'appartement qu'elles louaient ensemble. Callie posa leur repas sur le comptoir tandis qu'Arizona retirait sa veste.

- Tu sais ce que j'ai fait toute la journée ? Des sutures !, se lamenta la blonde en s'asseyant sur un tabouret. Notre résidente me déteste vraiment !

- Et c'est ça qui t'a fatiguée ?, la taquina sa petite amie en se mettant à son aise.

- C'est comme si je n'avais rien fait, c'est ennuyant !

Callie la rejoignit et s'assit à côté d'elle. Elle ouvrit la boîte et coupa la pizza en plusieurs parts.

- Et bien moi je suis allée au bloc assister à une laminectomie pratiquée par le Docteur Clayton. Je n'ai fait qu'observer mais c'était passionnant !

- Je te déteste ! Je te déteste pour avoir été au bloc et pour me l'avoir dit !

Callie rit en lui servant une part sur une serviette en papier.

- Tu n'as rien à m'envier, je te rappelle que c'est toi qui as eu l'honneur de pratiquer la première appendicectomie. Tu es l'interne la plus prometteuse.

- C'est pas ce que pense Hahn. Mais cessons de parler d'elle, raconte-moi plutôt ton opération !, l'incita-t-elle, les yeux brillants de curiosité.

Tout en dînant, Callie se fit un plaisir de lui rapporter en détails l'expérience qu'elle avait vécue. Le déroulement de l'opération, ses impressions, son intérêt pour la chirurgie orthopédique qui se confirmait, rien ne fut oublié si bien qu'Arizona eut l'impression d'avoir été à ses côtés. Elle lui raconta ensuite sa propre journée et en particulier ses altercations avec leur supérieure puis Callie l'invita à renouer avec une de leurs anciennes habitudes d'adolescentes lorsqu'elles avaient eu une mauvaise journée. Elle se dirigea vers la chaîne-hifi qu'elle alluma puis saisit la main d'Arizona pour l'inviter à se défouler en dansant.

- Cette soirée me fait vraiment du bien, avoua Arizona lorsque la musique prit fin.

- Dans ce cas, une fois par semaine, on se fera une soirée bière et pizza où on se lâchera sur notre résidente et nos titulaires !

- Deal !

Elles scellèrent cet accord en cognant leur bouteille de verre puis burent une gorgée de bière. Cette soirée hebdomadaire se transposa rapidement dans leur lit les semaines suivantes. C'est ce qui leur avait permis de tenir durant tout leur internat.

Fin du Flash-Back

La voix de sa compagne ramena Callie à la réalité. Il lui arrivait de penser occasionnellement à Arizona mais depuis le matin-même, elle eut l'impression que le monde avait conspiré contre elle pour la rappeler continuellement à sa mémoire.

- Callie, ça va ?, lui demanda Sonia, inquiète devant son manque de réaction.

- Euh oui, pardon. J'adore la pizza, lui répondit-elle d'un léger sourire avant de la laisser entrer.

Sonia alla déposer ses courses sur le comptoir puis s'approcha de Sofia qu'elle embrassa sur la joue en caressant ses cheveux.

- Bonsoir Sofia !

Un sourire se dessina sur les lèvres barbouillées de bolognaise.

- Tu veux pâtes ?, lui demanda la petite fille en prenant des spaghettis avec sa main.

Sonia rit et lui fit reposer la nourriture avant d'essuyer sa main avec son bavoir.

- Non merci, je vais manger des pizzas avec ta Mama.

Elle embrassa le front de Sofia puis se tourna vers sa compagne.

- J'espère que je ne te dérange pas.

- Non pas du tout. Je termine de donner son repas à Sofia et on dîne ensemble une fois que je l'ai mise au lit. On a quelque chose à fêter, lui révéla-t-elle d'un grand sourire.

Sonia esquissa un sourire agréablement surpris. Callie avait réussi à éveiller sa curiosité. Elle retira sa veste qu'elle déposa sur le dossier du canapé puis s'assit sur une chaise du comptoir. Callie et elle se fréquentaient depuis bientôt un an. Elle avait rejoint l'équipe du Seattle Grace Mercy West deux ans auparavant. En tant que chirurgienne en traumatologie, elle avait souvent été amenée à travailler avec Callie. Le charme de la jeune femme avait tout de suite opéré sur elle mais son histoire passée avec Arizona Robbins avait freiné ses initiatives. Pas un jour ne passait sans qu'un membre du personnel n'évoque devant elle l'amour inconditionnel que la jeune chirurgienne avait voué à son ancienne compagne. Il lui avait fallu rassembler tout son courage pour oser lui proposer d'aller boire un café un matin. Après quelques hésitations, Callie avait finalement accepté et leur café avait débouché sur un premier rendez-vous qui avait été suivi de nombreux autres avant que leur relation ne devienne officielle.

Flash-Back

Leur journée avait débuté par un appel leur signalant un effondrement d'immeuble en ville. Callie, accompagnée de Sonia, s'était rendue sur le terrain pour pratiquer une amputation sur un jeune père de famille dans des conditions difficiles. De retour à l'hôpital, elles avaient procédé ensemble à l'opération et se lavaient à présent les mains.

- Maintenant, il va falloir qu'il apprenne à vivre avec une seule jambe mais il va pouvoir serrer son fils dans ses bras ce soir et ça, je pense qu'à ses yeux ça n'a pas de prix.

Sa voix était teintée d'émotion et Sonia en devina aussitôt la raison.

- Tu penses à Mark, n'est-ce pas ?

- Oui, lui répondit-elle en essuyant les larmes qui venaient de se former aux coins de ses yeux, il me manque. J'aurais voulu que Sofia ait la chance de grandir auprès de son père.

Sonia caressa son dos.

- Je suis certaine que de là-haut, il veille sur vous et est très fier de toi. Tu es une maman formidable.

Callie sourit légèrement.

- En parlant de Sofia, je vais appeler la baby-sitter pour qu'elle vienne la chercher. Ce soir, je veux qu'on passe la soirée ensemble. Aujourd'hui, je me suis rendue compte à quel point tu tenais à moi et à quel point je tenais à toi également... Tu n'as pas hésité une seule seconde à me suivre dans cet immeuble malgré le danger.

- Il était hors de question que je te laisse y aller seule alors qu'on t'avait pourtant dit que le site n'était pas encore sécurisé.

- Je sais, je peux être têtue parfois quand je suis persuadée d'avoir raison et je l'ai été en m'obstinant à penser que lorsqu'Arizona reviendrait d'Afrique, on aurait peut-être encore une chance mais aujourd'hui, elle a avancé là-bas et je dois faire de même..., déclara-t-elle en se rapprochant d'elle. Je ne peux pas continuer à m'empêcher d'être heureuse alors que tout ce dont j'ai envie maintenant, c'est t'embrasser...

Elle acheva sa phrase en plaçant ses mains sur le visage de Sonia et l'embrassa.

- Je veux nous laisser une chance…

Sonia avait attendu ce moment avec impatience aussi fut-elle plus que ravie de cette déclaration et surtout de ce baiser. Elle posa ses mains sur les hanches de Callie pour la rapprocher d'elle et captura ses lèvres. Leur relation venait de devenir officielle.

Fin Flash-Back

Quand Sofia eut terminé de manger, Callie lui essuya la bouche puis la libéra de son siège.

- Tu vas faire un câlin à Sonia pendant que Mama range tout ?

Elle embrassa sa joue puis la confia à sa compagne.

- Chupo !, réclama Sofia en pointant du doigt le haut du meuble où reposait l'objet.

Callie attrapa la tétine qu'elle y avait posée avant le dîner puis après l'avoir nettoyée, la tendit à sa fille en la retenant, n'entendant pas le mot qu'elle attendait.

- Qu'est-ce qu'on dit ?

- Mèci Mama !

Sofia mit sa tétine en bouche puis regarda sa mère débarrasser son repas. Sonia ne put s'empêcher de sourire. Ses débuts avec Sofia avaient été difficiles. Elle avait d'abord été sur la réserve et se cantonnait à sa mère en sa présence. Dans les pires moments, elle se mettait même à pleurer. Sonia avait dû faire un certain nombre d'efforts pour se faire accepter progressivement par la petite fille en allant à son rythme ce qui avait touché particulièrement Callie. A présent, Sofia ne la repoussait plus mais elle s'attachait à ne pas empiéter sur sa relation avec sa mère, notamment au moment du coucher où elle les laissait toujours en tête à tête.

- Tu dis bonne nuit à Sonia mon Cœur, tu lui fais un gros bisou ?, demanda Callie quand elle eut fini son rangement.

- Bonne nuit !

Sofia retira sa tétine et déposa un baiser sur sa joue. Sonia fit de même puis Callie prit Sofia dans ses bras et l'emmena dans sa chambre où elle la borda en lui lisant un conte. Lorsque sa fille tomba de fatigue, Callie ferma le livre qu'elle posa sur la petite table de nuit et remonta la couette sur Sofia. Elle déposa un dernier baiser sur sa joue puis éteignit la lumière après avoir mis la veilleuse. Elle sortit de la chambre en tirant la porte doucement derrière elle.

- Alors, Blanche-Neige s'est réveillée cette fois ?, lui lança sa compagne avec amusement.

- Non, la pomme a toujours le même effet, elle s'est endormie au même moment. Je crois qu'elle ne saura jamais la fin surtout si elle s'entête à vouloir reprendre l'histoire du début à chaque fois.

Sonia sourit puis se souvint que Callie avait une nouvelle à lui annoncer.

- Alors, qu'est-ce qu'on a à fêter ?, la questionna-t-elle avec curiosité.

Callie se dirigea vers le réfrigérateur d'où elle sortit une bouteille de champagne puis se tourna vers sa compagne en souriant, maintenant volontairement le suspens.

- Tu as devant toi le nouveau chef du service de chirurgie orthopédique !, finit-elle par lui révéler fièrement.

La joie et la même fierté illuminèrent aussitôt le visage de Sonia qui vint la prendre dans ses bras.

- Mes félicitations ! C'est génial !

- Merci, depuis le temps que j'attendais ce poste !, s'exclama Callie sans pouvoir masquer son excitation. Ce vieux Chang est enfin parti à la retraite !

Elle déboucha la bouteille et remplit deux coupes dont une qu'elle tendit à sa compagne.

- A ta promotion !

- A nous deux !, rectifia Callie en lui souriant avant de boire une gorgée.

Sonia fut touchée d'être associée à ce toast. Depuis quelques semaines, leur relation prenait un nouveau tournant. Callie s'ouvrait de plus en plus à elle et l'intégrait totalement dans sa vie ce qui n'était pas tout à fait le cas auparavant. Elle avait le sentiment de progressivement former un vrai couple avec elle et ce sentiment était inestimable. Callie sortit des couverts et des assiettes qu'elle posa sur le comptoir puis elles s'installèrent sur des tabourets afin de dîner.

- J'ai quelque chose à te dire… Mon père a fait un don à l'hôpital dans le but de faire revenir Arizona qui cherchait à financer un programme d'échanges avec l'Afrique..., lui apprit-elle en lui servant une part de pizza.

- Oh… Il y a des chances qu'elle revienne s'installer ici alors, en déduisit Sonia sans pouvoir masquer sa déception.

Callie confirma d'un hochement de tête puis prit sa main devant son inquiétude évidente.

- Je préfère te le dire moi-même avant que tu ne l'apprennes par les bruits de couloir et que tu te fasses de fausses idées. Notre histoire est terminée depuis longtemps et son retour ne changerait rien.

- Tu ne m'as jamais dit pourquoi vous vous étiez séparées…

Aussitôt, le visage de Callie s'assombrit et elle relâcha sa main pour jouer avec sa fourchette.

- Je n'ai pas envie d'en parler.

- Je sais à quel point elle reste une personne importante pour toi, peu importe ce qu'il s'est passé entre vous. C'est pour ça que j'ai peur même si je te fais confiance. Je sais que s'il doit se passer quelque chose entre vous, tu me le diras car tu es une personne franche et honnête, je n'en ai aucun doute mais je ne peux m'empêcher de me dire qu'il y a une chance infime que vous retourniez ensemble si elle revient ici. Les gens m'ont tellement parlé de vous deux lorsque je suis arrivée !

- Je n'ai aucune intention de me remettre avec elle, affirma-t-elle d'un ton plus sec qu'elle ne l'aurait voulu. Je suis bien avec toi, c'est grâce à toi que j'ai survécu ces derniers mois. Tu étais là pour me soutenir lorsque Mark est décédé, pas elle. Tu aurais pu fuir mais tu ne l'as pas fait, contrairement à elle. Tu as été tellement patiente, compréhensive, même avec Sofia. Ça m'a vraiment touchée. Tu as su nous conquérir toutes les deux, elle t'adore maintenant.

Callie lui sourit tendrement et posa ses lèvres sur les siennes. Après le dîner, elle attira sa compagne dans sa chambre pour lui témoigner physiquement toute l'affection qu'elle lui portait. Alanguie dans ses bras après l'amour, elle ne put s'empêcher de se remémorer le dernier moment qu'elle avait partagé avec Arizona.

Flash-back

Arizona se brossait les dents dans leur salle de bain. Depuis le seuil de la porte, Callie l'observait avec tristesse. Depuis plusieurs mois, leur relation se détériorait lentement, à peine s'adressaient-elles la parole en dehors du travail. Les cris ou le silence absolu étaient devenus leur quotidien. Lorsque Callie avait appris que sa compagne avait gagné le Carter Madison, elle ne s'était pas réjouie. Cette récompense inattendue représentait désormais une menace permanente pour leur relation. Chaque jour, elle vivait dans l'angoisse qu'Arizona accepte de partir vivre trois ans en Afrique et ne mette ainsi définitivement fin à leur relation. Elles avaient eu une vague discussion lors de l'obtention de la bourse mais depuis, Arizona fuyait le dialogue et se murait dans le silence. Désespérée, Callie s'avança et glissa ses bras autour de sa taille.

- Je t'aime Arizona…, lui murmura-t-elle au creux de l'oreille en captant son regard à travers la glace. Je suis sincèrement et profondément désolée… Je te demanderai pardon chaque jour s'il le faut mais s'il te plaît, parle-moi… Tu n'es pas la seule à souffrir, je souffre aussi et si je te perds…

Sa voix se noua d'émotion à cette simple pensée.

- J'ai besoin que tu crois en nous parce que je peux croire en nous pour nous deux mais ça ne sera pas suffisant… Alors je t'en prie… ne nous abandonne pas…

Callie déposa un intense baiser sur sa tempe puis alla se coucher. Lorsqu'Arizona vint s'allonger à son tour, elle lui tourna le dos, comme chaque soir. Callie la fixa avec tristesse mais refusa une fois de plus d'abandonner. Elle vint se coller contre elle et passa un bras autour de sa taille afin de maintenir un lien, même infime, avec elle. Le lendemain, elles ne firent que se croiser au détour d'un couloir et le soir venu, lorsqu'elle était entrée dans leur appartement, Callie avait eu un mauvais pressentiment. Elle s'était alors dirigée vers la chambre et avait découvert que les affaires d'Arizona avaient disparu. Quand elle était revenue dans le salon, elle avait aperçu un objet brillant sur le comptoir : le collier qu'elle lui avait offert pour leur première Saint-Valentin. Arizona venait de partir en Afrique et de rompre ainsi avec elle.

Fin Flash-back