A écouter : Ed Sheeran - Castle on the Hill
1823, la mode avait bien changé à Arkadia. Les femmes portaient de nouveau les corsets tandis qu'on leur demandait des jupes de plus en plus volumineuses, quitte à les doubler avec du carton. Pas très agréable, cela dit, mais la taille de la gente féminine devenait tout à coup encore plus fine. Le romantisme affichait ses couleurs en habillant les jolis chignons des jeunes filles d'un peigne espagnol orné de pierres.
Et même si Clarke appréciait les nouveautés esthétiques, il fallait avouer qu'elle avait beaucoup de mal à respirer avec ce corset bien trop serré. Pourtant, elle avait longuement observé les femmes de la cour en porter, lorsqu'elle était petite, elle avait toujours été très admirative. Aujourd'hui, elle venait d'avoir seize ans, et sa mère, la reine d'Arkadia, lui avait enfilé son premier corset. Oui, Clarke était une princesse, mais elle se fichait bien de ce rôle. Jamais elle n'imaginait qu'elle aussi, un jour, elle deviendrait reine.
En fait, elle était bien plus passionnée par le monde qui l'entourait. A Arkadia, toutes les légendes étaient vraies la magie existait, les démons, les dragons, et toutes les histoires qu'on pouvait nous raconter lorsque nous étions petits. Jusqu'à ses dix-sept ans, chaque adolescent allait à l'Ecole d'Arkadia, où chacun apprenait à maîtriser sa magie, mais aussi son animal totem. Les possibilités étaient nombreuses, mais lorsqu'elle naquit, c'est un aigle qui était venu à Clarke symbole de la sagesse, des esprits et de la conscience spirituelle. Il ne la quittait jamais, comme chaque totem à son maître. Le premier contact entre l'homme et l'animal créait un lien immuable entre les deux, et l'un ne pouvait vivre sans l'autre.
Cet après-midi-là, Clarke avait décidé de se promener dans le jardin du château, là où la famille royale résidait, à quelques pas de l'Ecole. Elle avait sa journée de libre, et tant mieux, puisqu'elle avait envie de profiter de son anniversaire au soleil, assise sur l'herbe verte. Hélio, son aigle, volait plusieurs mètres plus haut, avant de se poser aux côtés de la blonde, qui passa une main dans son cou directement. Elle adorait les yeux d'Hélio, ils étaient d'un vert émeraude qu'elle n'avait vu sur aucun autre animal auparavant.
« Joyeux anniversaire, Princesse. »
Elle sursauta. Clarke n'avait pas entendu arriver Bellamy. La jeune femme se retourna et le vit, un sourire un coin, les mains dans les poches avec son air nonchalant. Eblouie par le soleil, elle mit une main au-dessus de ses yeux, pour mieux apercevoir son visage. Le brun s'assit à ses côtés, suivi de Lipika, son lynx, le gardien des secrets. Hélio se rapprocha de Clarke, alors que Lipika grogna, menaçant ce dernier. Ils avaient pris l'habitude de s'effrayer l'un l'autre, comme s'ils se détestaient. Pourtant, Bellamy et Clarke se connaissaient depuis leur plus tendre enfance, et leurs animaux avaient ainsi grandi ensemble. La blonde soupira et posa une main rassurante sur les ailes de son aigle. Même s'ils ne s'appréciaient pas, ils ne s'étaient jamais battus.
« Je t'ai déjà dit d'arrêter de m'appeler Princesse. Clarke suffit, Bellamy. »
« Mais c'est ce que tu es, une Princesse, non ? »
Clarke leva les yeux au ciel. Il la taquinait, Bellamy savait qu'elle n'aimait pas avoir ce statut. La jeune fille ne répondit pas, et observa son ami, il avait les yeux rivés vers l'horizon la forêt au loin l'intriguait plus que quiconque. Puis, après quelques secondes, il détourna le regard et l'observa à son tour.
« Alors ? Dans un an tu devras choisir. Magie blanche, ou magie noire ? »
« Tu le sais très bien... »
A la fin de son apprentissage à l'Ecole d'Arkadia, chaque élève devait choisir sa vocation : magie blanche, ou magie noire. Bien sûr, cette dernière était très mal vue, et ceux qui rejoignaient les ténèbres étaient chassés du royaume pour rejoindre la forêt. Mais parfois, la magie noire était tellement puissante qu'elle choisissait son hôte avant même que le contraire ne se fasse.
Clarke était destinée à la magie blanche sa mère était Reine, elle était Princesse, son totem était un aigle, elle n'avait jamais commis d'infraction au sein du Royaume, n'avait jamais eu de mauvaises intentions.
« Bien sûr que je le sais. Comme tu sais ce que moi, je deviendrais. »
Mais toute cette sagesse, Bellamy n'en avait pas hérité. C'était un homme bon, inévitablement, mais il y avait parfois des moments où il ne contrôlait plus rien, où sa colère prenait le dessus et qu'il laissait la violence l'envahir. C'était très impressionnant, effrayant, aussi. Clarke avait quelquefois eu peur, lorsque ça lui était arrivé, à l'Ecole, mais jamais elle ne l'avait montré. Elle était sa plus vieille amie, peut-être la seule, d'ailleurs. Les autres élèves avaient tendance à fuir ceux qui montraient des signes de magie noire.
« Tu peux lutter contre, Bell. »
Parce qu'elle ne se voyait pas mener le reste de sa vie sans Bellamy à ses côtés, Clarke gardait l'espoir qu'il ne succombe pas à la magie noire, que ce n'était pas impossible. A vrai dire, elle ne se souvenait pas avoir vu quelqu'un résister aux ténèbres, un jour. Elle savait que c'était déjà arrivé, Lincoln était devenu une légende à Arkadia désormais, mais la lutte contre les ténèbres était si difficile qu'il s'était noyé dans l'étang, près du château. Clarke ne l'avait jamais rencontré, il avait vécu une centaine d'années avant elle.
« Il est rare de lutter contre sa vraie nature, Princesse. Mon totem est un lynx, je l'aime intensément mais il est parfois le vice, tu n'as qu'à regarder avec Hélio. Lipika baissa les oreilles, touchée. Je suis constamment en colère. Et pour finir, mes parents ont tous deux choisi la magie noire. »
« La magie n'est pas héréditaire, idiot. »
Clarke fronça les sourcils, elle était vexée. Parfois, elle avait la sensation d'être la seule à vouloir que Bellamy ne reste dans le royaume, et qu'il ne vive pas parmi les démons. La sensation d'être la seule à se battre. Le brun baissa les yeux, la culpabilité l'envahissant. Il détourna le regard et fixa de nouveau un point imaginaire devant lui.
« Et puis quoi, même si je parviens à vaincre ce truc, tu penses vraiment que j'ai envie d'abandonner ma famille ? Mes parents m'attendent dans la forêt depuis longtemps, Clarke. Est-ce que tu t'imagines ce que c'est, d'avoir un enfant, qu'on te l'enlève pour qu'il aille dans cette fichue Ecole, et de n'avoir la possibilité de le revoir seulement s'il choisit le même chemin que toi ? Il avala difficilement sa salive, sa vue devenait trouble par les larmes. Je ne les ai même pas connus. C'est facile pour toi, ta mère est la Reine, tu ne crains rien. »
La jeune fille soupira, il n'avait pas tort, mais elle se sentit tout de même blessée. Malgré tout, elle le comprenait. Clarke posa une main hésitante sur celle de son ami, qui la serra entre ses doigts.
« J'aimerais avoir vraiment le choix. Mais je ne peux pas tout laisser tomber sous prétexte que tu es là. »
« Qu'est-ce que tu viens de dire ? »
Il avait lâché cette phrase comme une bombe, pourtant c'était tout réfléchi. Bellamy regarda la blonde dans les yeux. Depuis leurs treize ans, peut-être, lorsque le brun s'était décidé à ne plus vouvoyer la Princesse, ils savaient l'amour qu'ils avaient l'un envers l'autre. C'était évident, ils n'en avaient jamais parlé, parce qu'ils n'en ressentaient pas le besoin. Chacun vouait une confiance aveugle envers l'autre et les mots n'auraient servi à rien. Et puis, Bellamy avait tant de respect envers elle qu'il n'avait jamais rien tenté. Même si cette phrase ne disait rien d'absolument explicite, Clarke avait compris, et c'était peut-être la première fois que Bellamy avouait simplement les choses. C'est à ce moment-là qu'elle comprit vraiment l'ampleur des évènements, et que même avec toute la volonté du monde, elle ne pourrait jamais rien y changer.
Six mois après cet après-midi dans l'herbe, Clarke se baladait au bras de sa mère dans le marché du village. Elle adorait les odeurs qui émanaient des différents stands des commerçants, et vivre simplement, aussi. La Reine avait tendance à ne pas sortir du château, excepté ce jour-là, et Clarke se sentait normale, comme une villageoise qui achetait ses fruits chez Mr Kane. A sa gauche, la blonde vit des enfants essayant d'expérimenter leur magie en soulevant des objets par télépathie, puis rire aux éclats. Elle aussi, elle était passée par là, et dire qu'aujourd'hui, ses pouvoirs ne pouvaient plus grandir...
« Oh, Clarke, regarde qui est là. »
La blonde détourna le regard et observa devant elle. Finn Collins, le fils d'un riche comte, mais aussi un ami de l'Ecole. Clarke et Finn étaient promis depuis des années, à ses dix-sept ans, elle savait qu'ils devraient s'unir. Il était gentil, intelligent, beau, symbole de la magie blanche, son totem était une louve, et par-dessus tout, il l'aimait. Pouvait-on lui reprocher ? Clarke était magnifique. Cependant, elle avait un profond respect pour Finn, l'appréciait réellement, mais rien qui ne pouvait égaler l'amour qu'elle ressentait envers Bellamy. Le jeune homme attrapa la main de sa dulcinée et l'embrassa tendrement.
« Malheureusement, il m'est impossible de rester, ma douce. Mais j'espère vous revoir bientôt. »
Clarke sourit sincèrement, et laissa passer Finn derrière elle. Une fois parti, la Reine s'empressa de vanter les qualités du jeune homme. Seulement, sa fille ne l'écoutait déjà plus, elle repéra Bellamy, au loin, qui vendait ses épices. L'adolescent l'observait, un sourire triste sur le visage.
« Je vous rejoins plus tard, mère. »
La Reine soupira et leva les yeux au ciel. Bellamy, évidemment. Elle aussi savait la vérité à propos des sentiments de Clarke, mais il était hors de question que le prince appartienne aux ténèbres. Elle ne voulait pas cela pour sa fille, ni pour son royaume. La femme redoutait le moment où le garçon aurait dix-sept ans, et qu'elle verrait sa fille lui dire adieu. Ensuite, elle sècherait ses larmes tandis que Clarke se forcerait à aimer un autre garçon en vain. Elle n'était pas heureuse à l'idée de faire souffrir l'adolescente, mais parfois, la royauté était tout aussi importante. Et les règles du royaume étaient strictes, elle ne pouvait pas prendre trop de risques.
Clarke arriva à hauteur de Bellamy, son sourire toujours collé au visage, alors qu'il s'empressa de lui envoyer une pique.
« Heureuse d'avoir croisé ton futur mari ? »
« Bellamy..., elle soupira »
« Ça va, tu n'as pas à te justifier, je sais. C'est décidé depuis des lustres, de toute façon. Et puis je n'ai plus que quelques mois à vivre ici. »
Nerveux, Bellamy mélangea certaines de ses épices, sans même réfléchir. Clarke posa une main rassurante sur son bras, comme elle le faisait pour rassurer Hélio.
« Tu n'es pas le seul à qui cela fait du mal. »
Depuis qu'ils s'étaient avoués leurs sentiments, il y a six mois, Bellamy et Clarke ne cessaient de s'envoyer des preuves plus qu'explicites de leur amour. La jalousie, les mots, les gestes parfois, même peu concrets. Sans qu'il n'ait le temps de répondre, Bellamy s'abaissa et fit une révérence, la Reine arrivait derrière Clarke.
« Majesté. »
« Bellamy, elle sourit sincèrement. Et si nous y allions, Clarke ? Il est bientôt l'heure du déjeuner. »
Clarke ne broncha pas et acquiesça, lançant un dernier regard triste envers celui qu'elle aimait.
A l'Ecole, tout le monde était sur les nerfs, l'échéance se rapprochait. Nous étions en novembre, et dans un mois, à la fin de l'année, ce serait la grande Cérémonie du Choix. Tous les élèves de dernière année –y compris la Princesse- avaient dix-sept, ce qui les obligeait donc à choisir leur chemin.
Ce jour-là, c'était la pagaille dans la salle du déjeuner, John Murphy avait laissé la colère s'emparer de lui. Il faisait partie des personnes destinées à la magie noire, et un ami de Bellamy. Alors qu'ils mangeaient tous les deux, les yeux de John s'étaient embués de noir et, tentant d'attraper son verre, il le cassa en mille morceaux. Bellamy sursauta, il ne l'avait jamais vu agir ainsi. Il savait qu'il ne se contrôlait pas, et resta impuissant face à la détresse de son ami. Son totem, un serpent, commença à s'agiter à son tour. John se leva, sa tête lui tournait, il mit les deux mains sur ses oreilles, tentant de ne plus entendre ses voix assourdissantes. Toutes les lumières s'éteignirent, et désormais, la salle entière s'était retournée vers l'adolescent. Ce n'était pas la première fois que chacun voyait cela, c'était plutôt fréquent, en fait. A chaque fois que les ténèbres choisissaient un hôte, c'est comme ça que cela se déroulait. Bellamy baissa les yeux, il ne voulait certainement pas voir la descente aux enfers de son ami. Alors, une fumée noire et épaisse entoura le corps de John, ses yeux devinrent rouge sang, son serpent s'enroula autour de son bras et il s'effondra au sol. C'était fini.
Les lumières s'allumèrent de nouveau, et le cours du temps reprit. Pour la plupart, du moins. Bellamy resta statique, et regarda les professeurs emmener le corps de John à l'extérieur de l'Ecole. La prochaine fois qu'il se réveillerait, il serait dans la forêt. Bellamy laissa échapper une larme, la seule. Puis, il tourna la tête et regarda à sa droite, plus loin, Clarke ne l'avait pas lâché une seconde. Sur ses lèvres, il lut « Je suis désolée ».
Le soir, avant d'aller se coucher, alors que sa mère l'aidait à défaire son corset, Clarke était encore bouleversée par l'évènement du déjeuner. Certes, elle avait déjà vu des élèves descendre dans les ténèbres, mais c'était la première fois que cela touchait quelqu'un qu'elle connaissait de si près. Ce n'était pas particulièrement son ami, elle ne lui avait parlé que quelquefois, mais se souvenait encore d'une personne aimable, quoique mystérieuse. La Reine remarqua le trouble de sa fille, puisqu'elle brisa le silence.
« Quelque chose te tracasse, ma chérie ? »
« John Murphy est parti, aujourd'hui. »
« Et où est-il allé ? »
« Dans la forêt. »
Clarke baissa la tête, submergée par l'émotion lorsqu'elle revit le visage de Bellamy se décomposer. Sa mère soupira légèrement, désolée, et attrapa une épingle pour détacher le lacet dans le dos de la blonde.
« Il était ton ami ? »
« Pas vraiment. C'était celui de Bellamy. Je suis tout ce qui lui reste. »
L'adolescente regarda Hélio, posé sur la coiffeuse en face de Clarke, il arbora un regard triste et tenta de réconforter sa maîtresse en s'approchant un peu d'elle.
« Je sais à quel point Bellamy peut être important pour toi, Clarke. Mais tu sais que ce n'est pas possible, tu es promise au fils du marquis. »
« Je me fiche de Finn, mère. Je ne l'aime pas. »
« Mais c'est bien trop dangereux de faire un mariage d'amour dans ton cas ! Il appartient à la magie noire, il est simple épicier tandis que Finn t'apporterait la sécurité et la stabilité. C'est un homme fiable. »
« Et je l'apprécie réellement, mais je ne lui apporterais jamais autant que ce qu'il désire. »
La Reine soupira, et pour éviter le conflit, Clarke lui demanda gentiment de la laisser, prétextant la fatigue. Sa mère n'insista pas, et laissa la blonde seule, elle savait que c'était un sujet difficile pour elle. Lorsque la Reine sortit, Hélio se mit derrière Clarke et continua à lui détacher son corset avec son bec, il était délicat, faisant attention de ne pas blesser le dos de sa maîtresse. Lorsqu'il eut terminé, elle le remercia et une passa une main sur ses ailes. Ensuite, elle ne tarda pas à aller se coucher.
Dans son sommeil, Clarke rencontra quelqu'un qu'elle ne connaissait pas, une fille de son âge. Elle était brune, avait des yeux bleu clair et était réellement magnifique. La jeune fille avança vers Clarke, et lui chuchota : « Tu peux le faire, Clarke. Sauve-le, sauve ma famille. »
Clarke se réveilla en sursaut, tremblante et en sueur. Hélio se réveilla à son tour et posa sa tête contre la joue de la blonde, la rassurant immédiatement. Elle comprit tout de suite, cette jeune fille, c'était Octavia, une ancêtre de Bellamy, c'était une Blake. C'était aussi la femme que Lincoln aimait, lorsqu'il avait lutté contre la magie noire. Elle n'avait que peu de fois entendu parler d'elle, mais jamais elle n'avait pensé que c'était peut-être elle qui l'avait sauvé. Pas elle, mais son amour pour lui.
Désormais, Clarke en était persuadée, Bellamy pouvait rester au royaume. Ce qu'elle avait vécu cette nuit-là, ce n'était pas un simple rêve, c'était un vrai signe. Après le départ de John Murphy, Bellamy avait quelques peu pris ses distances avec Clarke. Déjà, parce qu'il avait envie de rester seul, il le vivait comme un deuil, et il se disait que plus tôt il s'éloignait d'elle, plus ce serait facile de la quitter une fois que ce serait son tour de partir. Seulement, Clarke n'avait certainement pas l'intention de le laisser partir.
Un soir, alors que la neige avait entièrement recouvert le royaume, elle avait enfilé sa cape de fourrure et avait marché pendant une trentaine de minutes, simplement pour aller le retrouver à l'épicerie. Elle n'y était allée que très peu de fois, la plupart du temps, c'est Bellamy qui allait au château c'était bien plus spacieux, et plus luxueux. Quand elle frappa à la porte en bois, la nuit était déjà sur Arkadia, et la neige continuait de tomber à une vitesse folle. Clarke entendit les pas se rapprocher, et se demanda à chaque seconde si elle avait pris la bonne décision. Mais quand elle aperçut les yeux noirs de Bellamy, elle ne douta plus.
« Clarke ? Mais qu'est-ce que tu fais là ? Rentre, tu es glacée... »
La blonde ne se fit pas prier et entra dans la modeste maison. Tout était petit, mais chaleureux, il y avait des bougies allumées dans plusieurs coins. Bellamy partit quelques instants, et revint avec une large couverture pour envelopper son amie. Hélio alla se caler auprès de la cheminée, Lipika ne le repoussa même pas, peut-être bien trop fatiguée.
« Il est tard. Je sais que la Cérémonie des Choix est demain, mais si tu es venue pour me convaincre de quoi que ce soit, sache que ma décision est déjà prise. »
« Je ne suis pas venue pour ça. J'avais simplement envie de te voir. Excuse-moi si je t'ai réveillé. »
Bellamy acquiesça, il était content de la voir. Il était toujours content de la voir. Le brun l'invita à s'asseoir sur le sofa, et elle se cala auprès de lui.
« Tu as prévenu la Reine, au moins ? J'aimerais ne pas avoir les gardes du royaume à ma porte demain matin... »
« Est-ce qu'on pourrait juste tout oublier ? La Reine, la magie, le royaume et simplement penser à nous ? Je n'ai pas envie de parler d'autre chose. »
L'adolescent fut surpris, mais ne dit rien. Il se contenta de lier ses doigts à celui de la Princesse, et elle sourit. Sans même réfléchir, la jeune fille brisa la distance entre eux et l'embrassa. C'était la première fois, avec Bellamy comme avec n'importe qui d'autre. Elle n'avait jamais embrassé qui que ce soit d'autre avant cet instant, et elle ne regrettait pas d'avoir attendu tant de temps, Bellamy était le seul à qui elle avait envie de donner cet engagement. Le brun resta sans bouger quelques instants, avant de lui rendre son baiser. Il passa ses doigts dans les cheveux de la blonde, profita de son parfum. Lui aussi, il avait attendu ce moment depuis des années. En réalité, ça n'avait rien à voir avec ce que Clarke avait pu lire dans les livres, il n'y avait pas de papillons dans son estomac, ni de feux d'artifices. Mais quelque chose d'évident, de naturel.
Hésitante, la jeune fille retira la couverture autour d'elle et envisagea de dégrafer son corset, trop gênée pour regarder Bellamy dans les yeux. Il posa une main sur la sienne.
« Clarke, tu es sûre de toi ? On n'est pas obligés. »
Mais elle était sûre de ce qu'elle faisait, et elle en avait envie. Alors, le brun l'embrassa de nouveau, et ils s'allongèrent tous les deux sur le sofa, sachant ce qui les attendait cette nuit-là...
Le lendemain matin, Clarke était partie plus tôt, bien avant que sa mère ne se réveille, et elle s'était faussement remise dans son lit avant que la Reine ne vienne frapper à sa porte. Elle n'y avait vu que du feu. Elle était loin de regretter ce qu'elle avait vécu cette nuit, ça avait été merveilleux, Bellamy avait été merveilleux. Mais la Reine ne devait jamais apprendre qu'elle avait succombé au pêché avant son mariage, qui, de plus, était destiné avec Finn.
C'était le grand jour, celui de la Cérémonie des Choix. Dans la salle immense, elle vit Bellamy s'asseoir près des autres garçons. Clarke n'avait jamais compris pourquoi ce jour-ci, les garçons et les filles devaient être séparés. Le rituel était simple : chaque élève passait un par un, l'adulte présent devait enfiler un bracelet de fer à l'adolescent qui choisissait la nature de sa magie. Si l'élève n'était pas réellement destiné à la magie choisie, le bracelet devenait rouge, et il était directement banni du royaume pour aller dans la forêt, c'est pourquoi il était important de savoir écouter réellement son destin, et son envie. Si le choix était bon, le bracelet se teintait de vert.
Quand son tour vint, Clarke n'angoissa pas. Le bracelet devint vert, bien évidemment, elle était la Princesse, et forcément pour la magie blanche. L'adolescente à côté de Clarke reçu le bracelet, et prononça « Noir », il devint vert. Jamais elle n'aurait cru que cette fille, si douce et si gentille, voulait appartenir à la magie noire. Elle ne comprenait pas pourquoi on voulait en arriver là, peut-être sa famille habitait-elle dans la forêt ? Si le bracelet avait accepté son choix, c'est qu'elle était sûre d'elle. Clarke frissonna. Après plusieurs heures, c'était le tour de Bellamy. On lui enfila le bracelet de fer, et la blonde sentit que ses mains devenaient moites, Hélio se rapprocha d'elle pour la rassurer. S'il décidait de rejoindre sa famille, elle ne le reverrait plus jamais, mais elle lui avait en quelques sortes dit au revoir, la veille.
Les secondes avant qu'il ne prononce le mot qu'elle attendait n'avaient jamais été aussi longues.
« Blanc. »
La salle entière fut surprise, tout le monde savait que la famille de Bellamy était dans la forêt, et qu'il avait toutes les caractéristiques d'appartenir à la magie noire.
Ensuite, Clarke arrêta de respirer lorsqu'elle patienta que le bracelet choisisse. Le bracelet ne mentait jamais, il savait ce que les magiciens devaient faire.
Et il devint vert. C'est à cet instant que les feux d'artifices explosèrent à l'intérieur de la jeune fille, et tous les papillons s'envolèrent. Là était son réel désir, appartenir à Bellamy pour l'éternité, gouverner le royaume à ses côtés, ils deviendraient les vraies icônes de la magie blanche. C'était fini, tous ses doutes étaient révolus.
Lorsque la Cérémonie se termina, Clarke sortit directement respirer l'air frais, et sentit deux bras autour de sa taille. Elle se retourna, et ne fut pas surprise de voir Bellamy.
« Tu as choisi de rester. »
« Tu te souviens, quand tu es venue au marché avec la Reine ? Et que tu as croisé Finn. »
« Oui. »
« C'est là que j'ai su. Je n'aurais jamais supporté de te voir avec qui que ce soit d'autre, même un homme honnête comme lui. Je t'aime, et ma vie est ici. C'est toi, ma famille. »
Clarke enlaça Bellamy, elle se moquait bien des regards autour d'elle. La Princesse et l'épicier. Elle l'aimait, c'était irrévocable. La blonde observa Lipika dans les yeux, ils étaient d'un bleu azur, le même qu'Hélio, elle ne devait plus se poser de question.
« Il nous reste encore quelque chose à régler. Ton mariage avec Finn, soupira Bellamy »
« Je n'en suis pas sûre... »
Clarke et Bellamy se retournèrent, ce dernier les regardait, un sourire triste sur le visage. Bien sûr qu'il savait, il l'avait toujours su. Et Clarke se douta qu'il comprenait, qu'il ne lui en voulait pas. Finn les saluèrent gentiment, la blonde se promit d'aller lui parler dès qu'elle en aurait l'occasion. Après tout, Bellamy était sa seule chance d'être heureuse.
BONJOUR. Heeeey oui, Adventure of a Lifetime reprend, étant donné que j'ai aussi créé ma fiction ("Les Deltas", pour celles qui ne connaissent pas), j'ai décidé de tout remettre en route. Bon, en même temps, c'est que le deuxième OS alors voila voilà.
Pour celui-là, j'avais envie de changer totalement d'atmosphère et de faire un truc ancien, sur les dragons, la magie, les princesses tout ça. Alors, je suis désolée si c'est un peu trop guimauve, mais fallait que je le fasse haha. En attendant, n'hésitez surtout pas à me dire ce que vous en avez pensé, si quelque chose vous a plus, déplu, lâchez vous !
Et je le redis, si une envie d'OS vous tient à coeur, n'hésitez pas à me la proposer, ça me ferait très plaisir de faire des "commandes" :)
Je vous embrasse,
Charlotte.
