Disclaimers : Les personnages ne sont pas à moi, je n'en retire que le plaisir de les mettre en scène.

Titre : Liens de sang II

Auteur : Ephemeris

Résumé : Heero, Duo et Hélène vivent une vie tranquille où ils travaillent dans l'anonymat, mais les choses se compliquent, des événements inattendus arrivent et une lettre étrange leur parvient, peut-être signe de mauvais augure.

Couples : 1x2x1

Genre : Un peu plus comme l'histoire originale de Gundam Wing, moins comme la première partie de cette fic, mais un peu quand même…

Rating : T

Warnings : Yaoi. Ceci est la suite de Liens de sang. Il va sans dire qu'il est préférable pour votre compréhension de lire cette première partie avant de commencer celle qui suit dans sa totalité.


Liens de sang II

Chapitre 2


Cela faisait maintenant près de deux semaines que Heero avait intégré l'équipe de la ferraillerie Howard et le patron en était plus que ravi. Il n'avait posé aucune question en le voyant arriver avec ses deux meilleurs employés, se disant que si c'était Duo qui le lui amenait, il était forcément compétent. En effet, il n'avait fallu à Heero qu'une petite heure sur une armure mobile pour convaincre totalement Fred de ses aptitudes. Ce dernier ne savait rien, il ne connaissait que son nom et un numéro de compte bancaire pour lui virer son salaire.

Le nouveau venu ne parlait pas beaucoup, ne s'adressait qu'en cas de nécessité aux autres employés et accomplissait un travail exemplaire. Tous étaient impressionnés par la facilité qu'il avait à manier les outils et à se faufiler dans le ventre des armures mobiles ; en le regardant à l'œuvre, ils se retrouvaient dans le même état d'esprit que lorsqu'ils avaient vu Duo travailler pour la première fois.

« Ils ont dû avoir le même mentor et il devait être balèze, » avait murmuré un des travailleurs à l'oreille de son voisin.

Ce n'était pas tout à fait exact, mais il était clair que le fait d'avoir eu à leur charge une armure mobile chacun avait poussé les deux anciens pilotes à en prendre soin et à développer leur habileté à les réparer, cela malgré la gravité les dégâts qu'elles avaient pu subir. Ainsi, Heero avait été accepté dans cette entreprise sans qu'une seule question ne lui soit posée, ce qui avait été également le cas de Duo plusieurs années auparavant.

Depuis ces quinze jours, Duo avait suivi avec grande attention le cheminement silencieux de Heero dans sa nouvelle tâche, à l'affût de tout signe de mal être, mais à sa plus grande surprise, l'étincelle dans les yeux de son amant qui s'était éteinte lorsqu'il avait perdu son emploi avait fini par réapparaître après quelques jours passés avec des armures mobiles.

Hélène avait vu ce changement également et elle était soulagée de voir son deuxième père se remettre aussi bien après un changement si soudain. Elle avait même l'impression qu'il était plus heureux ainsi et pensait souvent aux Gundams et à la vie que son père et Heero avaient vécue avant sa naissance. Elle en éprouvait une grande curiosité et ce qu'elle connaissait à travers les livres d'histoire et le peu que les deux hommes lui avaient raconté ne lui suffisait plus, mais elle n'osait pas en demander davantage, du moins pas dans le contexte dans lequel ils vivaient pour instant. Elle mit donc de côté sa curiosité et se concentrait sur son travail.

Un soir, après une longue journée, les trois employés se retrouvèrent à l'entrée de la ferraillerie, alors que bon nombre des travailleurs étaient déjà partis, et s'engagèrent vers le chemin de leur appartement. Le travail affluait de plus en plus chaque jour, mais ils traitaient chaque machine qui leur était confiée avec autant d'attention que si elle avait été en vie, le tout à un rythme parfait. Cette philosophie, Heero et Duo l'avaient appliquée pendant des années et ce dernier l'avait transmise à sa fille comme un héritage précieux.

Lorsqu'ils arrivèrent devant la porte, Hélène se précipita la première vers la salle de bain, réclamant une douche de toute urgence. Duo enleva ses chaussures avec un plaisir mal contenu tandis que Heero commençait à déboutonner sa combinaison de travail. En retirant les manches, il aperçut une lettre au sol et la ramassa. Elle lui était adressée et l'écriture lui semblait familière.

« Qu'est-ce que c'est ? » lui demanda Duo qui avait vu le regard perplexe de son amant.

« Je ne suis pas sûr, » répondit vaguement Heero avant d'ouvrir l'enveloppe pour en sortir la lettre.

Il lut le contenu sans qu'une expression ne passe sur son visage et, une fois arrivé à la fin, il replia la feuille de papier et la glissa dans son enveloppe d'origine. Duo l'interrogea du regard et Heero lui répondit enfin.

« C'est une lettre de Relena. »

« Encore ! » s'exclama Duo, incrédule. « Et qu'est-ce qu'elle dit ? »

« A peu de choses près, la même chose que la première lettre qu'elle a envoyé. »

Duo fronça les sourcils.

« Ca me plaît pas cette affaire. Pourquoi elle t'envoie des lettres personnelles pour te demander de faire un boulot plus ou moins officiel ? J'ai du mal à comprendre. »

Heero haussa les épaules et glissa la lettre dans le tiroir du petit meuble de l'entrée.

« Puisque sa proposition ne m'intéresse pas, je ne lui réponds pas. Et si je lui réponds pas, elle pourra toujours se dire que l'adresse qu'elle a n'est pas la bonne ou tout simplement comprendre que je n'ai pas envie de travailler de nouveau avec elle. »

Duo se leva, se planta devant Heero et passa ses bras autour du cou de son amant en souriant.

« Bon, si tu le prends comme ça, je n'ai plus rien à dire. »

Et il déposa un baiser sur ses lèvres avant de partir vers la salle de bain, criant à travers la porte à sa fille de se dépêcher de sortir. Heero regarda faire son amant en souriant et finit de se dévêtir.

-§-§-

Plus les jours passaient, plus le travail était important à la ferraillerie et la présence supplémentaire de Heero se faisait de plus en plus nécessaire. Lui, Duo et Hélène étaient énormément sollicités par Fred qui commençait à recevoir des armures mobiles d'officiers terriens qu'il confiait, forcément, à ses trois meilleurs employés. Ainsi, la petite famille faisait beaucoup d'heures supplémentaires et finissait souvent après la fermeture de l'entreprise.

« Franchement, t'exagères Fred ! » hurlait Duo à travers l'entrepôt lorsqu'il voyait les autres travailleurs rentrer chez eux alors qu'eux trois se tuaient à la tâche.

Un soir, alors que les employés commençaient à ranger leurs outils pour rentrer chez eux, Duo aperçut, du haut de l'armure mobile qu'il réparait, deux hommes vêtus de costumes d'officier terriens comme il en avait vu à la télévision. Depuis que Relena avait pris le poste de vice-ministre des affaires étrangères, des modifications avaient été apportées à la mode de l'armée. Etait-ce l'œuvre de la demoiselle ? Il n'en savait rien, mais le fait était que deux officiers venaient d'entrer dans la ferraillerie et qu'il ne comprenait pas pourquoi.

Il regarda autour de lui, mais sa fille avait le nez dans le ventre d'une bête de fer tandis que son amant était dans le cockpit d'une autre, ne laissant dépasser que ses pieds. Duo reporta son attention sur les deux nouveaux arrivants et vit Fred s'avancer vers eux avec un grand sourire sur le visage, sourire qui se crispa légèrement lorsque l'un des hommes s'adressa à lui. De là où il était, Duo ne pouvait entendre ce qu'ils disaient, mais suivit tout de même l'échange qui fut bref, le patron intimant les deux officiers à le suivre dans son bureau.

Ne pouvant plus rien voir, Duo tenta d'oublier ces deux hommes et reporta son attention sur l'armure mobile qu'il avait entre les mains. Il s'agissait d'une simple vérification, comme c'était souvent le cas depuis un moment, mais le garçon aimait bien vérifier si tout était en état de marche. Il se glissait dans le cockpit, posait les mains sur les manettes de contrôle et fermait les yeux, s'imaginant aux commandes du Deathscythe. Ce n'était qu'après quelques secondes qu'il se décidait enfin à ouvrir les yeux et vérifier le système du tableau de bord.

Il ne pouvait se le cacher, il avait aimé cette vie, ces deux années où il avait eu en main les commandes de ce Gundam avec qui il avait fini par ne faire plus qu'un. Quel déchirement cela avait été lorsqu'il avait dû le détruire ! Mais il l'avait fallu, pour la paix. Puis, il repensa à Howard qui, lorsqu'il l'avait revu trois ans plus tôt, lui avait proposé de lui construire une armure mobile semblable presque en tout point à son cher Gundam. C'était de la folie, mais depuis cette proposition qui avait failli mal tourner, il arrivait à Duo d'en rêver, de cette armure mobile promise.

Il finit par sortir du cockpit et se demanda si les deux hommes étaient toujours avec Fred. Il regarda dans la direction du bureau, mais comme il n'avait pas la capacité de voir à travers les murs, il se résigna à rester dans l'ignorance. Une voix l'interpella alors.

« Papa, tu as terminé ? »

Duo détourna le regard du bureau et rencontra celui de sa fille qui le regardait depuis le sol. Il lui fit un signe affirmatif et descendit du robot géant.

« Heero et moi, on a fini aussi. On va pouvoir rentrer. »

« Tant mieux ! On va finir par mourir de fatigue à force ! » s'exclama Duo. « Fred ! » hurla-t-il dans la direction du bureau de son patron comme il le faisait toujours.

L'homme sortit de la pièce. A première vue, il était seul, ce qui voulait dire que les deux officiers étaient partis, mais Duo lui trouva un drôle d'air sur le visage. Sans y prendre garde, il lança :

« On a fini nos armures mobiles respectives. On peut y aller ? »

Fred s'approcha un peu des deux Maxwell et les regarda d'une manière étrange. Heero arriva à ce moment-là et attendit la réponse de leur patron.

« Bien sûr, vous avez bien travaillé. D'ailleurs, restez chez vous demain. Vous avez besoin de repos avec tout le travail que je vous fais faire depuis quelques temps. Reposez-vous et revenez en force lundi ! » termina-t-il avec un sourire qui leur parut un peu forcé.

Duo voulut dire quelque chose à propos de ce sourire, mais ce que venait de dire son patron le frappa de plein fouet. Il réalisa qu'ils avaient tous les trois quartier libre jusqu'à lundi, ce qui faisait trois jours sans travailler.

« Trois jours sans avoir à se lever le matin pour aller travailler, trois jours à traîner au lit, dans mon lit si douillet avec… Avec Heero ! »

Cette seule pensée fit oublier tout le reste à Duo qui salua rapidement son patron et se dirigea vers la sortie en tirant avec lui sa fille et son amant. Une fois dehors et en route pour leur appartement, Hélène s'exprima enfin à haute voix.

« Un week-end de trois jours ! Je vais enfin pouvoir voir Alex ! Avec tout ce travail, ça fait une éternité qu'on n'a pas pu se retrouver. Je suis trop impatiente ! »

« Et moi donc ! » ajouta Duo. « Juste à y penser, j'en frissonne de bonheur ! »

Heero sourit à cette réplique et ne put s'empêcher de dire :

« Quoi ? Alex t'a manqué tant que ça Duo ? »

Le garçon reçut pour réponse un regard noir de la part de son amant qui n'en fut pas déstabilisé.

« C'est ça, fais le malin, tu vas voir ce que tu vas voir… »

« Oh, ça suffit vous deux ! Vous allez pas me gâcher cette pensée ! » lança Hélène que l'impatience de voir son petit ami rendait irritable, surtout face aux plaisanteries douteuses de ses deux pères.

Lorsqu'ils arrivèrent chez eux, Hélène se jeta sur le téléphone pour annoncer la bonne nouvelle à Alex alors que Duo ramassait le courrier. Il examina tous les plis que le facteur leur avait laissés et regarda ensuite Heero.

« C'est bon, la pétasse ne t'a pas envoyé une troisième lettre d'amour. »

« Je crois que si vous avez l'occasion de vous revoir, il faudrait vraiment que vous vous expliquiez tous les deux. Ca pourrait faire mal, mais que ce serait drôle ! »

Le regard de Duo se voila soudainement et il s'approcha dangereusement de Heero qui ne bougea pas face à cet assaut. Il passa un bras autour de la taille du brun et de son autre main, lui saisit la nuque.

« Je t'avertis Heero, ne t'avise pas de parler d'elle pendant ce week-end parce que je risque de ne pas contrôler ma colère. »

« Je te fais remarquer, Duo, que c'est toi qui a parlé de Relena en premier. »

« Qu'est-ce que je viens de dire ? »

Cette question resta en suspend, les lèvres des deux hommes, qui étaient déjà très proches, venaient de se rencontrer et luttaient à présent les unes contre les autres dans un baiser sulfureux. Les bras de Heero, jusque là pendants de chaque côté de son corps, remontèrent et s'enroulèrent autour de la taille de Duo, le rapprochant ainsi de son propre corps. Les deux hommes sentaient un sentiment d'extrême bien-être les envahir et s'oublièrent presque, mais une voix les fit revenir à la réalité.

« J'y crois pas ! Vous vous donnez en spectacle alors que je ne vais pas pouvoir aller rejoindre Alex avant demain ! Vous êtes vraiment cruels. Ne me montrez pas ce que je peux pas faire là tout de suite ! »

Ces derniers mots firent un choc à Duo qui se détacha instantanément de Heero en regardant sa fille prendre la direction de la salle de bain.

« Comment ça ce que tu peux pas faire ? Alex te fait ça ? De quel droit il se permet de toucher ma fille comme ça ! »

« Ta fille est majeure et c'est à elle de décider ce qu'elle fait de son corps ! » lui lança Hélène en atteignant la porte de la salle de bain. « Et pour la peine, je prends ma douche en premier, na ! »

Duo en resta sans voix. Il se tourna vers Heero qui était resté dans l'entrée, suivant l'échange avec le sourire. Il détailla le corps de Duo des pieds à la tête, corps qu'il connaissait par cœur et qui l'attirait comme un aimant. Il s'approcha de lui en silence et enlaça son amant tendrement. Duo lui rendit son étreinte qu'il savoura, oubliant tout, y compris sa fille qui, il devait bien l'admettre, était majeure.

-§-§-

Bien qu'Hélène aurait su profiter d'une bonne grasse matinée, elle ne put dormir autant que ce qu'elle avait cru, trop impatiente de retrouver son petit ami que son travail l'avait forcé à négliger dernièrement. Dans l'appartement silencieux, elle se prépara, prenant un grand plaisir à pouvoir coiffer ses longs cheveux autrement qu'en chignon négligé. Le résultat auquel elle arriva la laissa sans voix.

« Non, c'est pas possible. Je sais plus faire une raie droite maintenant ! »

Elle se battit avec le peigne qu'elle tenait à la main pour séparer ses cheveux de la manière qu'elle le voulait, mais ni le peigne ni les cheveux ne semblaient vouloir coopérer. Reposant l'objet à côté du lavabo, elle joignit les mains au niveau de sa poitrine et ferma les yeux.

« Esprit de Maman, entends ma voix. Donne-moi la force, insuffle en moi ton immense pouvoir… »

Puis, elle ouvrit les yeux et se saisit de nouveau du peigne. Elle le fit glisser sur son crâne et rabattit la masse de cheveux pris dans les dents du peigne avant de se regarder fixement dans le miroir. Un soupir de soulagement lui échappa lorsqu'elle vit la raie droite qu'elle venait de tirer sur le côté de sa tête.

« Merci, esprit de Maman ! » dit-elle avec un sourire.

Depuis le moment où elle avait eu assez de cheveux pour se les faire coiffer, Hélène avait toujours vu sa mère s'en donner à cœur joie et insister pour ne pas les couper de trop. Avec le recul, elle avait compris que ce désir qu'avait Hilde était en rapport avec la longue chevelure de Duo. Mais elle avait également compris que cet amour que sa mère avait pour les cheveux longs en devenait un autre point commun entre elle et son père et elle en était heureuse.

Une fois satisfaite de sa coiffure et de son maquillage léger, elle se rendit à la cuisine, laissant un mot sur la table à l'attention de Heero et Duo qui étaient toujours plongés dans un profond sommeil et sortit de l'appartement sans bruit. Lorsqu'elle arriva devant la porte de l'appartement d'Alex, elle se jeta sur la sonnette, mais se retint tout de même d'appuyer frénétiquement dessus et attendit qu'on vienne lui ouvrir, ce qui ne tarda pas.

« Mon amour ! » s'écria-t-elle en se jetant dans les bras de son petit ami. « C'est moi, c'est ton Hélène adorée ! Dis-moi que tu me reconnais, que malgré tout ce temps, tu n'as pas oublié mon visage ! »

Alex se mit à rire en la serrant contre lui.

« Même si j'avais oublié ton visage, ce genre d'exclamation ne peut venir que de toi, quoique ton père pourrait me tenir pareil discours, mais je sais encore faire la différence entre un homme et une femme. »

Hélène souriait, elle ne pouvait s'en empêcher tant elle était heureuse. Alex la fit entrer et ferma la porte derrière eux, lui promettant une journée exceptionnelle.

-§-§-

« Ne t'avise pas de bouger, » murmura Duo à l'oreille de Heero qui était collée contre sa bouche alors qu'il avait cru percevoir un léger mouvement.

« Ne t'en fais pas, je suis pas en état de bouger du tout, » répondit d'une voix similaire l'autre occupant du lit.

La veille, alors qu'un profond désir pour l'autre avait pris les deux hommes, la fatigue accumulée de l'immense surcharge de travail des dernières semaines les avait anéantis une fois ensevelis sous les draps, leurs peaux nues en contact sur la presque totalité de leurs corps. Ils avaient dormi ainsi et savouraient ce contact prolongé alors qu'ils émergeaient doucement des abysses du sommeil.

Ils s'étaient mutuellement enlacés, de la façon la plus naturelle qui puisse être, et ne se sentaient ni la force ni l'envie de briser cette étreinte. Peu à peu, leurs corps reprirent conscience, esquissant de faibles mouvements en symbiose avec l'autre, cherchant par tous les moyens de maintenir le contact. Puis, ce fut au tour de leurs voix de se réveiller.

« Je n'entends pas de bruit. »

« Ta fille a déjà dû partir. Elle n'en pouvait plus de voir son amoureux hier. »

« Moi aussi, j'en pouvais plus, mais là, je suis rassasié. »

Heero ne put s'empêcher de sourire et resserra ses bras autour de Duo, si cela était encore possible.

« Il faudrait quand même penser à se lever, » ajouta alors ce dernier, sans pour autant esquisser un geste pour se défaire de Heero.

« Hn, » reçut-il comme réponse, avec autant de réaction.

Mais alors qu'ils esquissèrent un geste dans l'exécution de cette idée, le frottement de leurs corps réveilla le désir qu'ils avaient éprouvé la veille et, les yeux mi-clos, ils cherchèrent la bouche de l'autre pour s'embrasser, fébrilement. Ce ne fut qu'une bonne heure plus tard qu'ils prirent la décision de se lever, mais une fois habillés, la distance qui les séparait resta mince, voire inexistante selon leur situation géographique dans l'appartement.

Ils prirent leur repas de midi assis côte à côte, leurs chaises presque collées l'une à l'autre pour pouvoir être en contact ; une main sur la cuisse, un bras autour des épaules de l'autre, deux genoux qui se rencontrent sous la table, le repas fut parsemé de petites attentions de ce type. Puis, ils firent la vaisselle ensemble, si près que leurs bras se caressaient sans cesse avec les mouvements de l'un qui lavait et de l'autre qui rinçait et essuyait.

Ils passèrent le reste de la journée dans le salon, à moitié couchés sur le canapé, Duo appuyé sur Heero. Ils savouraient tous deux cette proximité qu'ils aimaient tant et qu'ils n'avaient pas eu l'occasion de partager depuis un certain temps. Les rideaux de la fenêtre étant ouverts, ils regardèrent la lumière décliner en fin de journée.

« Je pense à un truc soudainement, » annonça Duo en jouant avec les doigts de Heero. « Si la gamine de Treize n'avait pas eu la folie des grandeurs il y a vingt ans, on se serait peut-être jamais revus. »

En prononçant ces dernières paroles, il se resserra un peu plus à son amant qui répondit d'une voix neutre.

« Qu'est-ce qui te prend de penser à ça d'un coup ? En plus, il y a rien qui nous dit qu'un autre événement quelconque ne nous aurait pas amené à nous revoir, conflit ou pas. »

Duo sembla réfléchir quelques secondes avant de reprendre.

« Je suis juste vraiment heureux de voir qu'après être né dans la guerre, avoir grandi dans la guerre et t'avoir rencontré dans la guerre, on puisse maintenant vivre tous les deux ensemble dans la paix. »

« Parce qu'avoir ta fille dans les parages, tu appelles ça avoir la paix ? » me put s'empêcher de plaisanter Heero.

Duo sourit un peu plus à l'évocation de sa fille alors qu'une autre pensée émergeait dans l'esprit de son amant.

« Mais n'oublie pas que si Hilde n'avait pas pensé à ton bonheur à ce moment-là, on ne serait probablement pas ensemble aujourd'hui. »

« Tu as raison. Hilde était vraiment quelqu'un de bien. Si j'avais dû épouser une femme, je l'aurais choisie elle. »

« Duo, tu devrais pas parler de mariage devant moi, tu pourrais me tenter. N'oublie pas les lettres enflammées que j'ai reçues récemment de mon ancienne maîtresse. »

Duo se releva d'un coup à cette remarque, sans pour autant rompre le contact avec Heero, ses deux mains posées sur le torse de son amant.

« Ah, tu avoues ! Elle a bien été ta maîtresse ! »

« Et à quel moment veux-tu qu'on ait pu être amants ? » lança Heero qui s'amusait des réactions de Duo. « J'étais plus souvent avec toi qu'avec elle pendant la guerre et je ne l'ai revue que pour la délivrer des griffes de Mariemeia. Et juste après ça, Hilde m'a obligé à m'occuper de toi. »

Duo afficha une mine boudeuse.

« Même pas un petit coup entre deux armures mobiles ? »

Heero fit non de la tête.

« Mais tu aurais bien voulu. »

Le même geste lui fut proposé comme réponse. Le sourire revint sur son visage.

« Alors, tu n'aimes que moi. »

« Tu crois qu'on aurait cette conversation si ce n'était pas le cas ? »

Ils échangèrent un regard complice et Duo reprit sa position initiale alors que les bras de Heero se resserrèrent un peu plus autour de lui. Mais l'ambiance qui s'était installée fut rapidement rompue par la porte d'entrée qui s'ouvrit brusquement, suivie de pas sonores sur le sol et d'une voix tonitruante.

« Je suis rentrée ! »

Ils tournèrent légèrement la tête et virent apparaître Hélène, un air radieux sur le visage et une pile de papiers à la main.

« Ma chérie, tu aurais pu faire un peu plus de bruit en rentrant, on ne t'a pas entendu, » dit sarcastiquement son père.

Il se reçut une pile de prospectus publicitaires sur la tête en guise de réponse.

« J'ai passé une superbe journée ! Il faisait tellement beau qu'Alex m'a emmené faire le tour de la colonie. On est allés au cinéma et… Attendez, ne me dites pas que vous êtes restés là toute la journée ! Quel gâchis ! »

Tout en parlant, elle triait le courrier qu'elle avait à la main et, une fois que tous les prospectus furent mis de côté, donna une lettre à chacun des deux hommes, en gardant une à son nom à la main. Duo s'était relevé et ouvrait son courrier alors que Heero faisait de même.

« Chère enfant, les adultes aiment parfois rester dans l'intimité de leur chez-soi. Nous sommes donc restés à l'intérieur aujourd'hui, mais nous sortirons sûrement demain. Et ce n'est pas de tes affaires d'abord ! » termina Duo en sortant la lettre de l'enveloppe qu'il venait d'ouvrir et sur laquelle il tourna le regard.

A peine vit-il le logo en haut à gauche de la feuille qu'il blêmit. Il descendit un peu le regard et trouva son nom et l'adresse de l'appartement inscrits, puis plus bas, le message qui lui était adressé et qu'il commença à lire.

Monsieur Duo Maxwell,

En raison de conflits politiques qui ont été contenus jusqu'à aujourd'hui mais qui commencent à prendre des proportions inattendues, le gouvernement, associé aux Preventers, vous fait l'honneur de réquisitionner vos compétences de pilote et de technicien militaire.

Veuillez vous présenter dans les plus brefs délais au quartier général des Preventers à l'adresse indiquée ci-dessous. Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de nos meilleurs sentiments.

Chang Wufei, Chef des Preventers

« Papa, tu as un problème ? »

Duo ne comprenait pas, il ne voulait pas comprendre. Cette lettre n'avait aucun sens. Pourquoi venait-on le chercher vingt ans plus tard ? Heero, qui venait de lire sa lettre à lui, affichait un air grave et se pencha légèrement sur l'épaule de Duo. Lorsqu'il vit le logo des Preventers, il lui prit la lettre des mains et la lut à son tour. Hélène les regardait faire sans comprendre et vit Heero fermer les yeux un instant avant de prendre la parole.

« On aurait pu s'y attendre. »

La voix de Heero fit sortir son amant de ses pensées qui tourna le regard vers lui.

« On a reçu la même lettre Duo. Je suis appelé aussi. Mais je suis étonné que de telles lettres aient été envoyées par le service postal ordinaire. »

« En fait, » intervint Hélène, « j'ai trouvé ce matin trois accusés de réception dans l'entrée et je suis passée à la poste les récupérer avant de rentrer. J'aurais pas dû ? »

« Tu ne pouvais pas savoir, mais maintenant, on a plus le choix. »

« On a toujours le choix, » s'écria Duo. « Pourquoi on irait se mettre au service du gouvernement pour faire la guerre de nouveau ? »

« Rien ne nous dit qu'il s'agisse d'une guerre Duo, » tenta de le calmer Heero.

« Ah ouais ? Tu ferais intervenir d'anciens pilotes de Gundams dans un petit conflit politique toi ? »

Duo se leva brusquement du canapé et fit quelques pas dans le salon.

« Quand je pense que Howard m'a proposé de me prendre dans son groupe de rebelles il y a trois ans, si j'avais pu imaginer ça… »

« Papa, » dit doucement la jeune fille.

Duo s'approcha d'elle.

« Je sais que tu as bien grandi et que tu es capable de t'occuper de toi, mais je n'aime pas l'idée de te laisser seule ici à nous attendre. »

La jeune fille releva un regard perdu vers son père qui se figea. Dans sa main, elle tenait la lettre qui lui était adressée et la lui tendit.

« Moi aussi, je suis appelée par les Preventers. »


A suivre…


Note de l'auteur : Oui, ça fait un moment que j'ai pas trop écrit, mais je termine toujours mes chapitres de manière cruelle, veuillez m'en excuser. Si vous saviez à quel point je suis heureuse de me remettre à l'écriture ainsi ! J'espère que cet élan de joie de ma part vous profite autant ! Ce chapitre annonce le début de problèmes et d'affrontements virulents. A très bientôt donc avec la suite, je suis très inspirée et motivée en ce moment !

-Ephemeris-