Chapitre 1:
Ronald Weasley, matricule 99W424. Condamné pour meurtres au 1er degré.
Sentence : 45 ans de prison, libérable sur parole dans 30 ans.
Harry se rendait compte petit à petit de tout ce qu'il avait perdu. Sa liberté, la possibilité de faire ses propres choix... Même celle de tracer son propre chemin. Il devait suivre son gardien. Et c'est son gardien qui lui dirait quand bouffer, dormir, pisser. Sa vie allait se résumer à la prison, à sa cellule. Sa minuscule cellule. Jusqu'à sa mort, il ne verrait plus que les murs de cette satanée cage. Il ne pourrait que tourner en rond à l'intérieur, en fait, cela serait certainement sa principale occupation, ce qui était profondément triste.
C'était le gardien Greyback qui l'avait accompagné, et durant tout le trajet, Harry avait essayé de ne pas réagir au regard brûlant du maton, qu'il sentait sur son cul. C'était dérangeant, vraiment. Il serrait les poings, se retenant de le frapper. Pour contrer son impulsivité, il avait baissé les yeux et marché sans faire attention à ce qui l'entourait, tournant quand on lui disait et montant les escaliers d'un pas rageur. Il aurait bien le temps de découvrir la prison plus tard.
Harry ne remarqua donc le jeune rouquin qu'une fois arrivé à sa cellule. Il s'assit sur le lit du dessus, posant ses maigres affaires à côté de lui, et jeta un œil discret à celui qui allait être son colocataire. Il devait avoir le même âge que lui, peut-être un peu moins, était légèrement plus petit, et ses vêtements de prisonniers semblaient trop larges pour lui. Le roux le fixait, un joyeux sourire au visage, et Harry grogna. Les gens trop heureux le rendaient nerveux.
« J'suis Ron Weasley. » se présenta le rouquin en tendant sa main.
Harry évalua cette paume devant lui, feignant l'indifférence. Pourtant intérieurement, il réfléchissant à toute vitesse. Serrer la main de quelqu'un en prison était totalement différent de l'extérieur. Une poignée de main ici avait de la valeur, scellait une amitié, instaurait une future complicité, confirmait une affaire, pouvait même mener à la mort. Il se devait de faire très attention.
Il observa alors plus longuement son camarade. Il avait un regard franc, dur, comme celui de quelqu'un qui en a déjà trop vu. Des cheveux roux qui lui tombaient devant les yeux, et un grand sourire, chaleureux. Il semblait fort et amical, mais pas vraiment dangereux. Le parfait camarade de taule. Et surtout, il se devait de le dire, le dénommé Ron était magnifique, et très bien fichu. Harry était homosexuel, il ne s'en cachait pas et trouvait le fessier du rouquin très à son goût.
« Harry. » répondit-il en lui serrant la main à son tour.
Le roux sembla souffler, visiblement soulagé, et parti à l'inspection de la petite cellule, sous l'œil inquisiteur de Harry. Elle était composée d'un lit superposé, d'un petit lavabo en métal surplombé d'un miroir crade, et juste à côté, dans le coin gauche de la pièce, une cuvette de toilettes trop basse pour y être assis confortablement. Suspendue au mur du fond, une étagère, pas solide pour un sou. Il y avait aussi une table, carrée, bancale, collée aux barreaux de leur cellule, entourée de deux chaises en fer.
Harry, de son côté, souffla et s'allongea, les bras derrières la tête. Le plafond semblait pouvoir s'écrouler à tout moment avec les nombreuses fissures incrustées, formant comme des arabesques plutôt relaxantes. Il aurait bien fait une sieste, cette journée l'avait épuisé. Malheureusement pour le repos du condamné, son colocataire se révélait être un bavard.
« T'as fait quoi ? Je sais que normalement on pose pas la question, mais je suis curieux, c'est dans ma nature. T'as fait quoi pour finir ici ?
- Et toi ? » grogna Harry.
Il y avait du mépris dans sa question. Il se doutait, vu la tête de l'autre, que ce qu'il avait fait ne devait pas être bien méchant. Il semblait trop joyeux pour être un mauvais garçon. Mais, voyant que la réponse tardait à venir, il se releva en soufflant et s'assit dans sa position initiale, observant de nouveau le roux. Surprise. Celui-ci avait perdu son sourire, et baissait honteusement les yeux. Tiens, Harry s'était trompé sur son compte.
« J'ai tué trois mecs.
- Pourquoi ?
- C'est pas important.
- C'était qui ? insista Harry, véritablement abasourdi. Le rouquin n'avait pas la gueule de l'emploi.
- C'est pas important non plus. Et donc toi, t'as fait quoi ? »
Son sourire aux mille dents blanches était réapparu, et le brun eut l'impression d'avoir inventé cette tristesse dans sa voix. Devant les yeux d'un bleu brillant, il eut un sourire énigmatique. De plus en plus impatient, Ron avança :
« Toi aussi t'as tué quelqu'un ?
- Pire que ça. » annonça dans une moue fière le brun, content d'entretenir le doute.
Parce que le doute engendrait la méfiance, la méfiance engendrait les rumeurs. Et à ce niveau, la prison est pire qu'une cour d'école. Les rumeurs fusaient, et s'il pouvait faire en sorte que tous les autres détenus se méfient de lui sans savoir pourquoi, il aurait tout gagné.
Mais c'était sans compter sur Ron, qui bien qu'il dû réprimer un léger frisson d'angoisse, reprit ses questions, avide de réponses :
« Comment tu as pu faire pire que tuer ? C'est pas possible. Tu as torturé quelqu'un ? Démembré ? Bouffé ?
- Tu as de l'imagination, Weasley ! ricana Harry. Ce que j'ai fait, c'est encore pire que tout ça. Je te le dirais peut-être un jour, si t'es sage.
- Mec ! Tu m'intrigues trop là ! Et appelle moi Ron. J'aime pas trop mon nom de famille.
- Pourquoi ?
- C'est pas important. » marmonna le roux.
Cette phrase, il en avait marre. Elle était chiante cette phrase, parce qu'elle sous-entendait tout le contraire. Mais il respectait le silence de Ron, car après tout, lui aussi avait ses secrets.
Un maton frappa de sa matraque contre les barreaux. Harry leva les yeux et croisa ceux de Greyback. Il frissonna devant son regard torve. Le gardien le reluqua tandis qu'il sortait de sa cellule, s'attardant sur son fessier en se léchant les lèvres. Il referma d'un coup sec les barreaux coulissants, et rejoignit ses collègues au centre du hall. Harry et Ron se mirent devant leur cage, les mains derrière le dos, la tête haute, alignés avec les autres prisonniers. Ils comprirent qu'ils devaient à présent attendre, car c'était l'heure du décompte, puis qu'ils iraient à la cafétéria.
Harry observa pour la première fois l'immense prison autour de lui. Il se trouvait dans le hall principal, à l'étage, et ne voyait que des cellules autour, en guise de murs. Au centre, il y avait un grand vide entouré de rambardes et l'escalier menant au rez-de-chaussée, qu'il pouvait apercevoir. C'était... monstrueux. Monstrueux et effrayant. Il leva les yeux vers le haut plafond gris, qui ne laissait passer aucune lumière. Pour un peu, il en serait devenu claustrophobe. La tête en l'air, il se sentit nauséeux.
« 98M402 ! Tu fais encore une réflexion, et c'est le trou, d'accord ?! »
Il sorti de ses pensées et chercha la provenance de la voix. C'était une gardienne qui avait crié, la seule fille dans cet enfer de testostérone. Malgré sa minceur, elle paraissait plutôt forte, et agitait sa matraque dangereusement devant un prisonnier, celui qu'elle réprimandait. Lorsqu'il le vit, Harry en eut le souffle coupé.
Il est sublime. Ce fut sa première pensée quand il vit le blond, svelte, qui portait ses fringues de taules comme une gravure de mode. C'est un connard. Ce fut sa deuxième pensée, alors qu'il aperçut le visage droit, fin, beau, de l'autre. Et surtout son sourire hautain, son expression suffisante, ses manières provocantes, rendant folle la gardienne qui l'engueulait. Et ce superbe connard "habitait" dans la cellule en face de la sienne. Il était mal barré. Au moins, pensa-t-il en soupirant, il aurait une image pour se branler le soir.
La femme s'arrêta devant lui, puis devant Ron, annonça leur matricule d'une voix nasillarde que Harry détestait déjà, et enfin hurla "C'est bon !" avant de rejoindre les autres gardiens. Ils avaient l'air plus sympa les uns que les autres, tiens. Harry ne pouvait s'empêcher de fixer le blond, et celui-ci le remarqua. Il haussa un de ses sourcils parfaitement sculptés, puis lui sourit mystérieusement. Il semblait trop sûr de lui pour que le brun ait envie de faire connaissance.
En rang d'oignons, comme de bons petits zombies, ils furent escortés jusqu'à la cafétéria. Aux vues du silence des autres prisonniers, Harry comprit que c'était un de ces moments où il ne fallait pas faire de vague, au risque de se voir privé de dîner. Et mon Dieu, après cette journée éreintante, il avait faim. Même l'ignoble bouillie grise qu'on lui jeta sur son plateau lui donna envie.
La cantine était dirigée par des prisonniers d'un autre bloc. Il fallait faire ses preuves pour se voir accorder ce boulot de confiance, parce qu'un meurtre à ce niveau était facile. Un peu de poison dans la nourriture, un coup de couteau à viande bien placé, un jet d'eau bouillante, et un cadavre de servi. On pouvait aussi réduire à la famine un ennemi très facilement.
C'était peut-être la plus grande salle de toute la prison. Ce réfectoire servait pour toutes les unités d'Azkaban. Il y avait un nombre incalculable de tables et de chaises, rondes, carrées, rectangulaires. Le coin cuisine s'opposait à une estrade de l'autre côté de la pièce, car cette salle servait aussi de réception pour tout événement important.
Harry s'assit, suivit d'un Ron plus bavard que jamais. Il commentait tout, et cela commençait à fatiguer le brun. Autant que ça le distrayait, d'ailleurs. La voix enjouée de son colocataire avait quelque chose de rassurant, de vivant, c'était pourquoi il ne lui avait pas encore demandé de se taire.
Les nouveaux étaient souvent l'attraction du jour. Harry ne supportait pas les regards qui coulaient sur lui, et balançait des œillades meurtrières, afin de s'imposer un peu. Lui et Ron étaient installés à l'écart, les groupes s'étant déjà formés. C'était comme arriver à l'école en cours d'année, et attendre que des anciens fassent ami-ami avec toi. Mais en prison, il fallait faire beaucoup plus attention au choix de ses copains.
« Eh les mecs, vous trouvez pas que ça sent la merde par ici ? »
Harry ne les avait pas vu arriver. D'un coup, il était entouré, et la tension dans l'air devint palpable. Harry releva doucement la tête, reposant ses couverts en plastique. Tous les regards étaient fixés sur eux. L'heure de la première démonstration de force était venue.
Ce n'était pas après lui qu'ils en avaient. Les regards dédaigneux étaient tournés vers Ron, qui se faisait tout petit. Harry observa les nouveaux arrivants, et ce fut sans surprise qu'il tomba sur le blond. De près, il était encore plus beau, et ses yeux étaient presque gris. Il était accompagné de deux gros tas, plus dégueulasse l'un que l'autre, ainsi qu'un grand métis au sourire faussement sympa. Une parfaite bande de con, en somme.
« Ce serait pas notre petit roukmout qui pue comme ça ? T'as l'odeur du puceau pas frais. C'est de la crasse que t'as sur la gueule ? »
Et les deux gros qui rigolaient aux éclats, comme si cette humiliation était la meilleure blague du monde. Ron devenait de plus en plus rouge, baissant la tête honteusement sans rien dire. Harry fulminait, il détestait qu'on s'en prenne à plus faible, surtout si c'était un ami. Enfin, un gars qu'il trouvait sympa quoi. Mais ça ne l'étonnait pas que Ron soit directement pris pour cible. Le jeune homme était superbe, et inoffensif. La parfaite victime, et surtout, le parfait type pour baiser.
Le métis, qui se trouvait être aussi beau que le blond (Harry s'étonna de voir autant de bels hommes d'un coup, mais après un vif regard circulaire, il s'avéra que c'étaient pratiquement les seuls), le métis donc, s'assit à côté de Ron et passa son bras autour de son épaule, dans un geste semblant réconfortant. Harry se méfiait, une gueule d'ange cachait souvent un connard bien pire.
« Dray, arrête de l'embêter le pauvre, il est tout mignon. susurra-t-il en caressant le dos de Ron.
- Pourquoi, tu veux te le faire Blaise ? »
Ledit Blaise rigola, puis pinça assez fortement la mâchoire de Ron, lui tournant la tête vers lui pour le détailler minutieusement. Il coinça le bout de sa langue entre les lèvres, plissant les yeux et rapprochant son visage ravi de celui terrifié du roux. Il s'attarda sur ses lèvres, et persifla, un rictus mauvais collé au visage :
« Evidemment ! Regarde-le ! Il a une belle bouche de suceuse. J'ai besoin d'une puttana dans son genre. »
Ron devenait blanc à présent, comme profondément choqué. Il n'osait pas bouger, sa tête emprisonnée dans la poigne du métis qui se foutait clairement de sa gueule. En fait, à y regarder de plus près, il semblait presque au bord des larmes.
Harry ne pouvait pas supporter ça. Il se releva d'un bond, faisant face aux fouteurs de merde. Il était énervé, fatigué, presque au bord de la rupture. Vraiment, il ne fallait pas le faire chier.
« Lâche-le. » ordonna-t-il durement.
Le métis, au lieu de lui obéir, lui lança un sourire provoquant tout en maintenant la mâchoire de Ron entre sa main, serrant plus fort. Il était loin d'avoir peur, il avait eu affaire à plus grand, plus dangereux.
« Perché ? C'est ta copine ? Tu veux pas partager un peu ? »
D'un geste rapide, le métis lécha la bouche de Ron, puis gémit de satisfaction. Harry se pencha dangereusement vers Blaise, les lèvres serrées et les narines dilatées. Le brun s'approcha à quelques centimètres seulement de la face de l'autre, et planta sa fourchette contre la gorge de Blaise, l'enfonçant dangereusement. En rage, il gronda :
« Si tu le lâche pas tout de suite, je t'égorge. »
Le métis ricana mais obtempéra lorsqu'il sentit les piques de la fourchette pénétrer légèrement la peau fine de son cou. Il se releva doucement, rejoignant son acolyte blond, tandis qu'Harry rangeait son arme/couvert et se remettait à table, lançant un regard inquiet vers Ron qui n'avait toujours pas bougé. Il semblait comme en état de choc, et le brun se dit que la prison n'allait pas être facile pour lui. Enfin, s'il fallait qu'il le prenne sous son aile, pourquoi pas après tout. Quitte à passer sa vie dans ce trou, autant faire les choses bien.
Le beau connard blond s'approcha d'Harry et lui sourit, plutôt sympathique pour une fois. Il s'arrêta devant lui, et annonça :
« J'suis Drago. Voici Blaise, Crabbe et Goyle. Je dirige le clan le plus influent d'Azkaban. J'veux que tu nous rejoignes. »
Tout en parlant, il avait tendu la main à Harry, dans l'optique d'une bonne et franche poignée de main. Il ne faisait pas souvent d'offre comme celle-là. Harry lui rendit son sourire et lui répondit d'une voix froide, détonnant avec son air chaleureux :
« Va te faire foutre. Je veux pas m'associer avec des connards. Dégage de ma vue. »
Drago laissa lourdement tomber sa main contre la table, dans un claquement sinistre. Le refus de Harry avait été vu de tous les autres prisonniers, qui s'esclaffèrent en grand bruit. Visiblement, on ne disait pas souvent non à l'immense con. Bah, une première fois, c'était toujours un moment difficile à passer. Très difficile, à en croire le visage fermé de l'autre, qui fixait le brun avec tellement de rage qu'il pouvait voir dans ses yeux la promesse d'atroces souffrances futures.
S'il n'y avait pas eu Ron, il les aurait sûrement rejoints. Rien que pour le cul du blond. Mais Ron était un gars sympa, un peu chiant, et il voulait faire son bout de chemin avec lui. Et même à l'extérieur, il détestait déjà la méchanceté gratuite, ça n'allait pas changer à l'intérieur de cette prison.
Drago, qui serrait les dents tandis que tout le monde se moquait de lui et de l'humiliation qu'il venait de subir, se pencha vers Harry, et lui grogna :
« Tu sais pas ce que tu viens de déclencher, connard. Je vais te crever. Tu vas chialer comme une fiotte tellement je vais te pourrir la vie.
- Je t'attends, mon chou ! »
Deuxième affront en cette voix suave et ce sourire dragueur. Drago ne pouvait supporter ça. C'était la première fois qu'on refusait de le rejoindre, la première fois qu'on se moquait de lui aussi ouvertement. Et tous les autres, ceux qu'il s'amusait à martyriser pour se distraire, s'en donnaient à cœur joie et riaient de lui. Il allait devoir donner une correction à pas mal de personne pour que tout le monde se souvienne de qui était le chef. Lui. Et il allait se faire un malin plaisir d'écraser ce connard de mes deux qui avait osé insinuer qu'il était une pédale.
« Je vais te détruire, sale tapette. » promit-il gravement.
Puis, sans plus de cérémonie, il sortit du réfectoire, suivi par sa clique. Harry se détendit lorsqu'il les vit passer la porte, ne s'étant pas rendu compte de combien il s'était crispé. Il lança un regard inquiet au roux, mais ne le dérangea pas. S'il voulait en parler, il n'aurait qu'à le faire quand il en aurait envie. Déjà qu'il venait de lui sauver le cul.
Tout appétit envolé, il écarta son plateau et posa ses coudes sur la table. Il fallait qu'il observe les autres à présent, car son numéro de force avait été vu par tous. Et maintenant, il devait voir qui serait avec lui, et qui serait contre lui. Il n'était pas dupe, lorsque le beau blond avait parlé de ce qu'il avait déclenché, il s'agissait d'une guerre. Si Harry venait vraiment de provoquer le mec le plus influent d'Azkaban, alors il y aurait des représailles. Il fallait qu'il s'entoure en plus vite.
Plongé dans sa contemplation, il n'entendit pas venir les nouveaux arrivants qui s'installèrent à sa table, le faisant sursauter. Bordel, il fallait qu'il fasse plus attention à l'avenir, il ne devait pas se faire surprendre comme ça à chaque fois. Il se tourna lentement vers les deux prisonniers qui les avaient rejoints.
Tout d'abord, il y avait un grand noir, plutôt impressionnant. Il semblait blasé, comme s'il était en prison depuis longtemps déjà (il semblait pourtant ne pas avoir plus de 25 ans). A côté de lui, un garçon plus frêle, plus doux. Un visage totalement innocent, il paraissait trop pur pour ce trou à rat. D'ailleurs, il semblait à peine majeur. Le petit était châtain, et avait le même sourire que Ron, à ceci près que le sien arrivait jusque dans les yeux, qui pétillaient de malice. Qu'est-ce que ce gamin faisait là ?
« Hey man, j'suis Dean, et voici Seamus. se présenta le noir doucement.
- Bonjour. souffla le petit, avec un accent irlandais très prononcé.
- Vous voulez quoi ? »
Harry était agressif, il le savait, il le voulait. Il ne connaissait pas ces gars, même si le petit n'avait pas l'air dangereux pour un sous, et il n'avait aucune envie d'avoir de nouvelles emmerdes. Il s'était déjà fait un ennemi alors que ce n'était que sa première journée, il ne voulait plus qu'on le dérange.
Le noir -Dean- ne s'en familiarisa pas, et répondit, toujours avec un calme étrange compte tenu de l'endroit où ils étaient :
« J'veux faire connaissance. T'as renvoyé chier Malefoy, alors je pense qu'on peut s'associer.
- Malefoy ? »
Harry se doutait que c'était le nom de famille du blond. Ce qui le gênait, c'est qu'il connaissait ce nom, il le connaissait bien même.
« Ouep, comme le juge Malefoy. C'est son fils. Personne comprend pourquoi il l'a pas fait sortir. Et depuis qu'il est là, cette crevure fait tout ce qu'il veut. T'es le premier à refuser son offre. Il va en faire une affaire perso, et tu vas avoir besoin d'aide. J'peux me joindre à toi. »
Harry réfléchit, se demandant si c'était une ruse ou non. Il ne voulait pas de traître dans son entourage. Mais une colère comme celle qu'il voyait dans les yeux du grand noir ne pouvait s'inventer. Et le petit mec à côté de lui, il semblait digne de confiance. Harry allait avoir besoin d'un clan pour aller contre le blond. Et ces deux-là étaient de parfaites premières recrues.
« C'est d'accord.
- Par contre j'ai une condition. » annonça Dean.
Harry grogna. Ça aurait été étonnant. Il hocha tout de même la tête, se demandant ce que le noir pouvait bien vouloir.
« Seamus a 18 ans. expliqua Dean en pointant le petit gars à côté de lui. Il est libérable sur parole dans trois ans. Il faut que ça se passe bien pour lui. Aucuns problèmes, rien. J'veux qu'il s'en sorte, qu'il ait une belle vie loin d'ici.
- Et donc ? demanda Harry, pas sûr de comprendre ce que l'autre voulait.
- J'veux que tu le protèges. Coûte que coûte. Il doit rien lui arriver. Tu lui demanderas rien, ni tuer, ni tabasser. Ça marche ? »
Le petit gardait les yeux baissés alors qu'ils discutaient de son sort. Il ne savait pas pourquoi Dean demandait ça, même s'il était jeune, il n'était pas fragile pour autant. Il en avait marre que le noir le materne. Harry ressentit d'ailleurs cet énervement émaner du petit irlandais, et se dit que ça pourrait lui être bénéfique plus tard. Mais pour l'instant, il devait accepter le deal que lui proposait le noir, ou sinon, il aurait de nouveaux ennemis et personne pour l'épauler.
« J'ai une condition moi aussi. Je demande rien à Seamus, et en échange, je peux te demander de faire tout ce que je veux. Même planter un mec.
- Ouep boss. »
Dean lui offrait l'opportunité d'avoir un homme de main. C'était parfait.
« C'est d'accord. »
Ils se serrèrent la main, scellant leur accord. Puis, Harry demanda :
« Ça fait combien de temps que t'es ici ?
- Deux ans de prison, et encore 23 à tirer. Mais dans notre unité, depuis environ deux mois.
- Notre unité ? »
Dean lança un regard circulaire, puis se pencha en avant. Il se lança dans une explication, la voix basse, sous l'oreille attentive d'Harry qui était avide d'en apprendre plus.
« L'unité de toi, moi, Malefoy et ses cons. C'est l'unité H. H pour Hogwart. C'est l'unité spéciale, dirigée par Greyback. »
A l'annonce de ce nom, Harry se tendit. Il s'était promit de ne pas se laisser approcher par ce vicieux, mais s'il était le chef du secteur, ça allait compromettre son plan. Il allait vraiment devoir faire attention.
« C'est un bloc genre expérimental. Dumby (c'est le surnom du directeur) a décidé de créer cet endroit spécial pour permettre une meilleure réhabilitation aux petits délinquants, en les faisant côtoyer des perpètes et des meurtriers pour pas qu'ils deviennent comme eux. Pour l'exemple, tu vois. Et les gars comme Seamus doivent apprendre de nos erreurs pour réussir leurs vies. C'est une idée à la con, parce que les petits délinquants deviennent souvent de vrais meurtriers et ils sortent jamais d'ici. »
Harry hocha la tête, comprenant bien le message sous-entendu : il faut protéger Seamus de cette mauvaise influence.
« Il y a qui dans notre putain d'unité ? »
Dean ricana, avant d'annoncer :
« Plein de beau monde. Les quatre mecs de tout à l'heure déjà. Malefoy, Zabini, Crabbe, Goyle. Les deux gros sont cons comme leurs pieds, mais faut se méfier du rital. Il a l'air de suivre Malefoy, mais il est dangereux. Ensuite, -se tournant vers la droite et désignant une table- il y a Black et Lupin. Black est sympa. Par contre, Lupin, t'approche pas. On dit qu'il a bouffé ses parents. Littéralement, bouffé. C'est pour ça qu'il est ici. Et enfin, -désignant un grand homme qui sortait de la cafétéria- Rogue. Ce mec est un serpent, il obtient toujours ce qu'il veut sans se salir les mains. Un vrai connard. Il traîne avec Malefoy. Sinon, il y a toi et le rouquin...
- Ron. rectifia rapidement Harry.
- Ouai. Des autres nouveaux qui sont arrivés en même temps que vous, mais j'en sais pas plus. Et aussi, y'a Dubois et Jordan. Ils sont cool, ils te refilent toute la came que tu veux si t'as de quoi payer. Et Higgs, tu l'as pas vu parce qu'il est au trou. T'approche pas de lui, il traîne avec Malefoy et c'est un putain de psychopathe.
- C'est tout ? demanda-t-il en observant le réfectoire empli de prisonniers, plus d'une centaine.
- Non, mais c'est les plus importants. On est environ 30 dans l'unité H. C'est la plus petite. On peut se mélanger avec les autres secteurs, pendant les repas ou à la salle de sport. Sinon, c'est entre nous mon pote. Avant, on était tous dans d'autres unités, plus grandes. Malefoy dirigeait déjà pas mal de monde, et là, il dirige l'unité. »
Harry eut un petit sourire. Sa vie s'annonçait peut-être plus palpitante qu'il ne l'aurait pensé. Lui qui craignait de pourrir dans son trou, condamné à l'ennui à perpétuité, se voyait affublé d'une mission dès son premier jour. Il allait détruire Drago Malefoy et prendre sa place. Peut-être le baiser aussi.
Il se tourna vers Ron, Dean et Seamus. Le noir lui souriait d'un air entendu, tandis que le petit picorait dans le plateau presque intouché de Ron. Il n'avait plus bougé depuis le départ du blond, et n'avait rien mangé ni rien dit. C'était une affaire à mettre au clair. Lui qui avait été si bavard au début.
Le temps du dîner étant terminé, ils furent escortés avec plus ou moins de violence jusqu'à leurs cellules. Celle de Dean et Seamus étaient juste à côté de la sienne.
« Extinction des feux ! » hurla la voix ignoble de la gardienne.
Un grand bruit, comme une sorte de claquement sec, et toutes les lumières s'éteignirent en même temps. Allongé sur son lit, Harry se permit de souffler, relâchant la pression qui allait à présent être constamment sur ses épaules, dans cet univers clos et étouffant. Sa première nuit en Enfer. Pour un peu, il en aurait chialé.
Drago Malefoy se réveillait de mauvaise humeur. La routine. Il se réveillait de mauvaise humeur, descendait lourdement de son lit et pissait. Le bruit réveillait Blaise Zabini, qui contrairement au blond, respirait la joie de vivre. Il était six heures du matin. C'était les lumières qui les réveillaient, puis les hurlements des gardiens. Une putain de fanfare qui rendait Drago maussade pour le reste de la matinée. Pas qu'il soit de meilleure humeur ensuite, mais il lui arrivait de rire durant l'après-midi.
Ses journées défilaient comme du papier musique, ordonnées, sans fausses notes, toujours pareilles. Elles se ressemblaient tant qu'il aurait voulu un calendrier pour se rappeler du nom du jour. Les prisonniers ne voyaient jamais l'extérieur. Ne ressentaient jamais la chaleur du soleil ou la morsure du vent frais. Ils n'avaient pas de week-end de repos, pas de putain de grasse matinée.
Le réveil s'effectuait tous les jours à six heures. Les lumières s'allumaient dans un bruit de claquement, puis la gardienne Parkinson leur hurlait de se lever de sa voix irritante comme craie sur tableau noir. La vie à Hogwart prenait vie doucement, sous les grognements et les menaces de morts de prisonniers mécontent d'être levés aux aurores. Ils s'habillaient sommairement, enfilaient souvent juste leurs slips, et attendaient quelques minutes que les matons ouvrent leurs cellules. Ensuite, il y avait le premier décompte des prisonniers, pour vérifier qu'aucun s'était fait planter pendant la nuit, ou, encore plus rare, s'était évadé. Drago était toujours dans un état vaseux à ce moment-là, entre le rêve et la réalité. Quelquefois, il en oubliait même qu'il était en prison.
Après que les gardes-chiourmes aient brayé tous les matricules, Blaise le traînait jusqu'à la douche commune. Ils avaient une heure pour se laver et sentir bon. La salle de douche avait des allures de vestiaire, en plus crade et beaucoup plus sécurisé. C'était un ensemble de cabines individuelles, sans rideau ni porte. L'eau qui y coulait était tiède pour les chanceux premiers, glaciale pour le reste. Ils entraient tous à la file indienne, leur bouteille de savon dans une main et leur brosse à dents dans l'autre.
Cet instant était craint par tous les petits nouveaux, immanquablement. La peur pour leur vertu les empêchait de se laver correctement. Puis, au bout de quelques minutes, ils se rendaient compte qu'ils ne craignaient rien, tous étaient encore trop fatigués pour tenter quoique ce soit. Oh non, des douches, ils n'avaient pas vraiment à se méfier. Par contre, de tout autre recoin sombre de la prison, là oui. Seulement, les nouveaux baissaient leurs gardes après le passage des douches où ils étaient ressortis indemnes. Pauvre d'eux.
Drago adorait l'eau chaude, très chaude. A l'époque où il était libre, il ressortait souvent de son bain de luxe la peau rougie par la chaleur. Et il prenait toujours un temps fou à se préparer, à prendre soin de chaque parcelle de son corps. On pouvait dire que, depuis un an qu'il était en prison, ses habitudes avaient énormément changé. Pourtant, il se débrouillait pour avoir l'eau tiède, avant tout le monde. Mais ce n'était tout de même pas pareil, et puis vachement moins parfumé.
Lorsqu'il ressortait de sa douche, il avait l'esprit clair. Il rejoignait Blaise qui l'attendait devant les portes, et se dirigeait jusqu'au réfectoire, prendre l'ignoble bouillie du matin. Et ce matin-là n'échappa pas à la règle, à l'exception près qu'il était encore extrêmement fatigué. Il n'avait pas beaucoup dormi, se tournant les méninges pour trouver un moyen de se venger de l'autre connard de brun et de tous ceux qui s'était foutu de sa gueule la veille au soir.
Il était le roi. Hogwart, c'était son quartier. Depuis quelques mois qu'il était ouvert, Drago avait réussi à y faire régner son ordre. Mais, hier soir, alors qu'il venait asseoir son pouvoir sur les nouveaux et recruter pour son clan, un petit con avait refusé son offre. Pire encore, il l'avait humilié, devant tous les prisonniers présents au self. Il fallait qu'il y remédie, qu'il trouve un moyen de le détruire, de l'écraser, de lui faire bouffer de la terre. Sans pour autant le tuer, il n'était pas un monstre tout de même. Et il avait déjà un avertissement comportement.
Drago s'assit en grand prince à sa table, celle le plus à gauche de la salle, et défia du regard tous ceux qui osaient le regarder. Il était d'une humeur massacrante ce matin. Et ceux qui le connaissaient bien baissèrent la tête devant lui, sachant qu'il lui était possible d'en tabasser un juste pour se défouler. Goyle, un de ses monstrueux gardes du corps (il fallait toujours quelqu'un de fort et d'idiot pour se protéger) lui posa son plateau de nourriture devant lui, et s'éloigna sans bruit. Drago Malefoy n'aimait pas le bruit.
« Tranquillo, mon ami. » s'exclama Blaise en enfournant une grande bouchée de ce qui semblait être du beurre de cacahuètes. Le métis avait remarqué que le blond en face de lui bouillonnait de rage sur sa chaise.
« Il va morfler, ce petit con. Je vais lui faire bouffer sa langue. » grogna le blond.
Drago fit un mouvement de menton pour désigner Harry Potter et Ron Weasley, qui venaient de pénétrer le réfectoire. Blaise tourna lui aussi sa tête vers les deux nouveaux. Le brun passait négligemment sa main dans ses cheveux tout en lançant un sourire suffisant autour de lui, comme en terrain conquis. A côté de lui, plus petit, le roux baissait la tête, l'air pas trop rassuré. Décidément, ce mignon petit timide donnait l'envie à Blaise de le bouffer tout cru.
« Mio Dio, il est trop bandant pour son propre bien.
- Qui ? » s'inquiéta Drago.
Il connaissait les penchants de son "ami", qui aimait la chair fraîche. Plusieurs fois, il avait abusé, souvent très violemment, de jeunes prisonniers incapables de se défendre. En fait, Blaise avait été responsable de deux suicides depuis qu'il était arrivé en prison (c'est à dire environ un an). Il violait les nouveaux, qui ne le supportaient pas et mettaient fin à leurs jours. Le métis s'en foutait, il y avait toujours de nouvelles proies qui arrivaient, bien insouciantes.
Mais cette fois-ci, le brun était sa proie à lui. C'était lui, Drago Malefoy, qui allait s'occuper de le détruire. Peut-être que lorsqu'il en aurait fini, il le donnerait à Blaise pour qu'il se vide les couilles, mais pas avant.
Enfin, ça n'avait pas d'importance puisque l'italien le rassura tout de suite :
« Le rouquin à la gueule d'ange. J'veux le baiser putain.
- Pas maintenant. ordonna le blond. Tu le baiseras, mais pas aujourd'hui. Avant, je dois trouver un moyen d'écraser l'autre.
- Tu peux demander à Higgs de te refiler une de ses pilules, il sort du trou aujourd'hui. Il m'a dit que ses nouveaux petits bonbons te font tomber raide en un minute. »
Drago acquiesça, se grattant le menton. Un cacheton qu'on vend comme de la came, et l'instant d'après, il sera mort. C'était une possibilité, rapide et efficace. Mais bien moins amusante. Le brun promettait d'être un vrai problème, et surtout un défi de haute taille. Sa victoire n'en serait que plus grande s'il lui laissait le temps de prouver ce qu'il valait, le tuer maintenant ne lui apporterait aucune satisfaction. Il voulait se distraire.
Le blond sentit une présence à ses côtés, et se tendit immédiatement en serrant son ridicule couteau en plastique. Il souffla quand il se rendit compte que c'était Severus Rogue, un membre de son clan, lui aussi un vrai maître dans l'art de l'empoisonnement. Il était accompagné d'un jeune homme, aux cheveux châtain clair et possédant une énorme cicatrice lui barrant la joue droite. Il avait l'air d'un type de la middle class, qui avait eu une enfance difficile et qui avait tout fait pour ne rien montrer. Une petite frappe, qui se retrouvait en prison et qui ne voulait surtout pas montrer qu'il était profondément effrayé.
« Theodore Nott. se présenta-t-il sans sourire. J'suis là pour meurtre. J'suis dans la cellule de Rogue, j'veux vous rejoindre. »
Drago planta son regard gris glacial dans celui du nouveau, le fusillant sur place, et attendit. Le silence se fit autour d'eux, alors que Nott lui rendait son regard. Ils attendirent en se fixant, les yeux des autres membres du clan braqués sur eux, attendant eux aussi. Au bout d'une minute, Nott baissa la tête, vaincu. Il se prépara à l'humiliation qu'il allait subir, mais il n'en fut rien. Au lieu de ça, il entendit Malefoy annoncer :
« Bienvenue à toi, Nott. Severus t'expliquera comment marche mon clan. Mais fais attention : me défit plus jamais comme tu viens de le faire. Tu me dois obéissance et respect.
- Tu te la joues trop mon pote. » se moqua une voix inconnue derrière Drago.
Le blond se retourna en se levant d'un geste vif, prêt à massacrer le con qui venait de se foutre de sa gueule. Tous les autres de son clan s'étaient levés aussi, pour le défendre et l'aider. On ne se moquait pas de Malefoy comme ça. Celui qui avait osé le faire allait être défiguré à la fin de la journée.
Enfin, c'est ce qu'ils pensaient. Au lieu de ça, Drago se coupa dans son élan quand il vit l'auteur de la phrase. Il desserra les poings et se figea. En voyant le blond complètement bloqué avec l'air ébahi, celui en face ricana :
« Eh ben Malefoy, on est devenu un homme ?
- Putain de merde ! Marcus Flint ! Putain ! »
Il se jeta sur lui et l'enlaça brutalement, ledit Marcus répondant à son étreinte en s'esclaffant. Ils se serrèrent sous l'œil étonné des autres prisonniers, qui ne savaient plus comment réagir. Ils attendirent la fin de ce qui semblait être des retrouvailles, et Blaise se rassit pour finir son repas en souriant. Il aimait bien quand du nouveau monde arrivait. Il jeta un regard à Nott, la nouvelle recrue. Il était très beau, et aurait sûrement pu l'intéresser, mais il le trouva bien fade à côté de la pureté du roux. Bordel, il fallait qu'il le baise, et vite.
Drago et Marcus s'assirent côte à côte, faisant se décaler Crabbe (son autre gros protecteur), qui se retrouva donc debout, son plateau en main, un air idiot et totalement perdu sur le visage. Le blond ordonna que l'on aille chercher un plateau pour Flint, et s'exclama :
« Bordel, Marcus, qu'est-ce que tu fous là ? Il travaillait avec moi dehors. expliqua sommairement Drago à ses camarades qui ne comprenaient plus trop ce qui se passait.
- Une bagarre qui a mal tourné. J'en ai tué un, ils m'ont coffré pour 25 ans. J'pourrais sortir dans 20. Et toi, pourquoi t'es toujours ici ? On pensait tous que ton père allait te sortir de là. Les gars t'attendent dehors.
- Tu le connais, c'est un vrai con. Il veut pas que les gens le soupçonnent de favoritisme ou d'une connerie dans le genre si son propre fils va pas en prison alors qu'il le mérite. Ça serait moche pour sa carrière de juge. »
Marcus hocha la tête en signe de compréhension, tout en faisant une grimace. Le père Malefoy était un vrai connard. Ils se connaissaient depuis quelques années déjà avec Drago, eux deux travaillant dans plusieurs affaires plutôt glauques. Marcus était là le jour où le blond s'était fait attraper, il avait failli y passer aussi. Et puis là, une erreur de débutant, un coup de poing mal placé, et il était envoyé à la case prison. Avec lui et Drago en cage, il se demandait qui allait diriger dehors. Enfin, même si les gars foutaient la merde à l'extérieur, il n'en avait finalement rien à faire, il allait passer au moins 20 ans ici. Et il savait que le blond en avait pris pour 15. Mieux fallait s'inquiéter de l'intérieur, c'était là qu'allaient être leurs vies à présent.
Blaise, qui n'avait jeté qu'un léger coup d'œil au nouvel arrivant -même s'il avait pu remarquer qu'il avait les dents de traviole-, reporta son attention sur le roux. Celui-ci mangeait à l'opposé de lui dans la salle. Il semblait dégoûté par la nourriture, ce qui ne l'empêchait pas de se goinfrer, ce que le métis trouvait adorable.
« Je pourrais me le faire quand Dray ? » demanda-t-il brusquement, plus qu'impatient.
Le blond suivit le regard de l'italien, se demandant de qui il parlait, puis sourit mauvaisement. Il tourna la tête vers son acolyte de toujours qu'il venait de retrouver, et dit :
« Bon Marcus, tu reprends du service, j'ai un problème. Un petit con m'a fait chier hier, et il faut que je me venge.
- Qui c'est ? » questionna le brun très intéressé.
Drago le lui montra du doigt, et Flint partit dans ses réflexions, sous l'œil amusé du blond. Ça lui rappelait le bon vieux temps, quand ils organisaient des casses ensemble. Et il attendait impatiemment le plan de son ami, qui avait toujours été plus sadique que lui. Drago préférait la souffrance psychologique, tandis que Marcus avait un faible pour la bonne vieille torture physique. Tout ça mélangé aboutissait souvent à quelque chose de pas mal.
« Comment il s'appelle ?
- J'sais pas. avoua le blond. J'sais pas qui c'est, ni ce qu'il a fait.
- J'm'en occupe si tu me laisses une journée. proposa Marcus en se frottant les mains. Il avait hâte de repartir au travail.
- T'as jusqu'à midi. Je veux tout savoir de lui et de ceux avec qui il traîne, de pourquoi il est là, ce qu'il aime et ce qu'il déteste. »
Ils se serrèrent la main fièrement. Les affaires reprenaient pour eux, ça allait être géant. Surtout que la prison, paradoxalement, et un terrain de jeu beaucoup plus libre que l'extérieur. Ils pouvaient même corrompre quelques matons qui fermeraient bien gentiment les yeux sur leurs activités. Finalement, cette journée s'annonçait bien meilleure qu'elle n'avait commencé, pensa Drago en finissant son eau.
Il sentit du mouvement à côté de lui et regarda Severus partir. Leur amitié tenait plus d'une collaboration cordiale qu'autre chose, mais il s'avérait être un précieux alliés lorsqu'il le fallait. Rogue était de quatre ans son aîné, et en prison depuis plus longtemps que lui, mais il l'avait tout de même rejoint, acceptant de travailler pour lui, bien qu'il ait exigé d'avoir une certaine liberté.
Drago se pencha sur la table, et se mit à chuchoter d'une voix autoritaire à tous ses soldats, qui s'étaient avancés eux aussi pour écouter les ordres :
« Marcus, tu trouves les infos. Démerde-toi comme tu peux, je sais que t'es rapide pour ça. Crabbe et Goyle, tabassez deux-trois mecs pour montrer à tout le monde que c'est encore moi qui fais la loi ici, et que ce qui s'est passé hier n'était rien. Blaise, tu touches pas au roukmout.
- Cazzo ! s'exclama l'italien mécontent.
- Tu le touches pas Zabini, sinon je te refais la gueule. insista Drago. Tu attends Higgs, dès qu'il sort du trou tu lui dis de venir me voir. Nott -il se tourna vers le nouveau- tu restes dans le coin et tu fais profil bas. Je te donnerais une mission cet aprèm pour que tu me prouves ta loyauté. Te fais surtout pas remarquer. »
Tous acquiescèrent en même temps, et ils se levèrent d'un seul mouvement, sous l'œil fier de Drago. Il est content de ses hommes. La guerre allait pouvoir commencer, il n'avait plus qu'à prévenir Rogue.
Après le petit-déjeuner venait le travail. Les prisonniers devaient travailler, obligatoirement, c'était la loi. S'ils refusaient, ils pouvaient être envoyés au trou pendant plus d'un mois. C'était chiant, ça durait toute la matinée, mais il fallait le faire. Surtout que certains secteurs pouvaient permettre d'avoir du pouvoir sur les autres. Comme travailler aux cuisines par exemple, ou comme Drago, à la poste.
Les lettres avaient une réelle influence sur les prisonniers. Ils pouvaient tuer pour quelques mots de leur famille. Drago, ainsi que Blaise et Severus, dirigeaient la poste, la réception du courrier. Ils étaient chargés de vérifier qu'aucun colis suspect n'arrivait à la prison. Cela leur permettait de lire l'intégralité des lettres, et de découvrir pas mal de petit secret sur leurs compatriotes. Comme la fois où Severus avait intercepté le colis contenant une peluche, car celui qui devait la recevoir ne pouvait dormir sans. Rogue lui avait alors ordonné de couper l'index d'un de ses ennemis s'il voulait revoir sa peluche. Et ça avait fonctionné, si bien qu'une semaine plus tard, l'infirmerie accueillait un homme dont il manquait la main entière. Severus n'en avait pas tant demandé, mais il en fut plutôt heureux.
Drago rejoignit donc son secteur de boulot, qui se trouvait à l'extérieur du bloc H, près de l'entrée d'Azkaban. Il fut ravi de constater que le maudit brun n'avait pas été affecté avec lui. Il ne l'aurait pas supporté, et un bain de sang, surtout en ce moment, n'était pas acceptable.
Le procureur Fudge avait découvert que la prison engloutissait une grosse part de l'argent de l'État. Pour y remédier et supprimer les dépenses qu'il jugeait inutiles, il avait envoyé une de ses assistantes, Dolores Ombrage, pour travailler sur place en collaboration avec le directeur de la prison, Albus Dumbledore. Cette petite femme potelée faisait preuve d'une intransigeance souvent injuste à l'égard des prisonniers, qu'elle considérait comme des sous-merdes. C'était d'ailleurs elle qui avait décrété que les idiots de prisonniers n'avaient pas besoin de la télévision, l'installer coûtant trop chère pour les êtres ignobles qu'ils étaient. Aussi, s'il n'y avait ne serait-ce qu'une effusion de sang incontrôlée aujourd'hui, alors qu'elle s'entretenait avec le directeur pour de nouvelles mesures supprimant encore des droits aux détenus, ça serait la fin. Pour une question d'argent, elle serait capable de tous les mettre en isolement, avec un repas par jour et une douche par mois.
Le jeune Malefoy fut donc très heureux de ne pas voir le brun, ne sachant pas s'il aurait pu se contrôler. Il se posta sur sa chaise, et commença sa lecture de magazine. Drago ne se fatiguait pas à travailler, il s'était décidé superviseur. Il avait donc demandé à avoir une chaise en hauteur pour pouvoir observer le travail des autres, tout en feuilletant un vieux journal qui traînait là depuis pas mal de temps. Il était daté d'un an déjà. Les prisonniers n'avaient, en dehors des lettres, des visites et des coups de fils, pas de contact avec l'extérieur. Pour lui qui avant, adorait se renseigner sur la politique ou même plus banal, les sorties cinéma, le changement avait été rude. D'un point de vue psychologique, les prisonniers étaient maltraités par le gouvernement. Mais comme la majorité était aussi con que leurs pieds, ils ne le remarquaient pas.
La matinée passa avec une lenteur insupportable, lui qui attendait le midi (et le compte-rendu de Marcus) avec impatience. Ils s'étaient tout de même bien amusé lorsque Blaise avait intercepté le courrier destiné à Zacharias Smith, une belle lettre de rupture de la part de sa charmante femme. L'italien surtout avait bien ri, informant les autres que le petit Smith ne lui avait jamais dit que sa femme lui manquait quand il lui suçait la queue.
Après un rapide décompte (Drago détestait vraiment son putain de matricule), ils furent escortés jusqu'au réfectoire, où le blond rejoignit prestement sa table, tandis que Goyle allait lui chercher son plateau repas. Ce midi, ils avaient le droit à une part de gâteau au chocolat en dessert.
« Bordel, je déteste la couture ! » grogna Flint en s'asseyant sans grâce au côté de Drago, tout en suçant son doigt.
Il montra sa maigre blessure, qui ne saignait déjà plus, sous l'œil indifférent du blond qui balaya la nouvelle d'un geste de la main, signifiant qu'il s'en foutait. Il voulait savoir autre chose que les déboires insignifiants de son vieil ami. Il releva tout de même :
« T'étais à la couture ? Tu dois en savoir pas mal alors, y'a que des commères là-bas.
- Ouai, j'en ai d'ailleurs pas mal appris sur ton pote, le rital. ricana Marcus en montrant Blaise du doigt, qui venait dans leur direction avec son éternel sourire.
- Comme quoi ? »
Ça ne l'intéressait pas plus que ça, mais il connaissait Flint. Il aimait faire attendre avant de déballer les choses vraiment importantes, et le brusquer ne faisait que retarder encore plus.
« Ton pote, c'est un putain de suceur de queue. Il a baisé presque tous les gars de l'unité H, et d'autres aussi. C'est un gros psychopathe, si le mec veut pas lui bouffer la queue, il le tabasse et l'oblige.
- Il aime pas qu'on lui dise non. Drago haussa les épaules, il savait déjà tout ça.
- Il en a envoyé une vingtaine à l'hôpital à cause de ça ! Merde Dray, il est pas net ton pote.
- Ciao amici ! s'exclama Blaise en s'asseyant en face du blond, son plateau rempli de plusieurs parts de gâteau, sûrement "emprunté" à d'autres prisonniers.
- Marcus te trouve pas net.
- Je le suis pas. répondit fièrement l'italien. Je suis même carrément fou. Mais t'es fou aussi Flint, sinon tu serais pas ici. »
Ce dernier lui sourit de toutes ses dents pourries, puis pencha la tête sur le côté pour observer le métis. Ce qu'il venait de dire était bien vrai, et il aimait bien les gens comme lui. Ça promettait d'être amusant. Peut-être qu'il pourrait même lui apprendre quelques trucs, car au cours de sa vie, à chaque fois qu'il avait torturé quelqu'un, il n'avait jamais abusé sexuellement. Pourtant, vu ce qu'il avait entendu, c'était une assez bonne méthode pour obtenir ce que l'on voulait et en prime, se vider les burnes.
Theodore arriva, suivit de Severus et des deux gros tas, et le silence se fit à table, alors que tous les regards convergeaient vers l'informateur du jour. Celui-ci fit une moue satisfaite, heureux d'être au centre de l'attention, et commença :
« Il s'appelle Harry Potter, il a 20 ans. Il supporte pas grand-chose. Il a expliqué qu'il détestait l'injustice, et qu'il a pas aimé que tu te foutes de la gueule de son pote. Mais j'en sais pas plus sur lui.
- Pourquoi il est là ?
- J'sais pas. Personne sait. Même les gardes-chiourmes en savent rien. Juste qu'il a pris perpète, et que le directeur leur a demandé de toujours le surveiller. »
Merde. Il n'était pas vraiment plus avancé. A part son nom et le fait qu'il ne supportait pas l'injustice, chose qui prônait ici à Azkaban, c'était un flou total. Il tapa rageusement son point contre la table. Putain, il détestait ce sentiment de ne rien savoir.
Blaise se lécha les lèvres et se pencha vers Marcus :
« Tu en sais plus sur le rouquin ?
- Ouai. rigola Flint. C'est Ronald Weasley, mais il veut qu'on l'appelle Ron, et il déteste son nom de famille. Il a 20 ans aussi, et a pris pour minimum 30. On dirait un faible comme ça, mais en fait, il est là pour meurtre. Il a tabassé à mort trois de ses frères. Je sais pas pourquoi, je sais juste que sa sœur s'est faite coffrée en même temps que lui, pour complicité de meurtre. Il lui reste ses parents et deux de ses frères à l'extérieur.
- Il mio puttana è un uomo, miam... ronronna Blaise en lançant un regard affamé en direction du roux, qui le vit et frissonna de peur.
- Contrôle-toi Zabini. »
Drago leva les yeux au ciel, agacé par le comportement du métis. Le plus souvent, cela l'amusait, mais c'était la première fois qu'il le voyait faire une fixette sur quelqu'un, qu'il trouvait d'ailleurs insignifiant, et ça l'énervait. Même si ça allait sûrement se révéler utile pour son plan, qu'il commençait déjà à créer.
« Ensuite, y'a Dean Thomas, mais tu le connais déjà. continua Marcus. Il est là depuis deux ans, pour meurtre. Il a pris sous son aile Seamus Finnigan, un petit irlandais à peine majeur. Une proie facile, il est là pour trafic de drogue dans son lycée. Il a pris minimum trois ans, et depuis un mois était dans le centre de détention pour mineur jusqu'à hier. Ils l'ont foutu là parce qu'il est majeur depuis moins d'une semaine.
- C'est lequel ? » demanda Drago.
Marcus lui montra un petit bonhomme du doigt, et il entendit Blaise siffler. Il fallait le reconnaître, le jeune irlandais était vraiment bandant. Il avait encore une bouille enfantine, mais un corps de jeune homme alléchant. Et un sourire éclatant, qui donna presque immédiatement envie à Drago de le tabasser. Le blond remarqua aussi qu'à côté de Finnigan, mangeait deux gars qu'il connaissait.
« Donc Jordan et Dubois les ont rejoints aussi, merde. Pour la came, va falloir trouver d'autre fournisseur. Faut vraiment que Higgs arrête de faire des conneries, y'a que lui qui a assez de contact à l'extérieur. maugréa Drago. D'ailleurs Blaise, il est où ?
- Tranquillo ! calma le métis. Il sort tout à l'heure, après les visites. »
Drago acquiesça et finit son repas. Puis, il informa :
« J'veux que vous restiez pas loin cette aprèm. Surveillez le bloc, j'veux pas de problème. Je vais avec Flint pour qu'on réfléchisse à un plan. Réunion après les visites dans ma cellule. Et bordel Blaise, trouve Higgs. »
Vers 17h30, tous les hommes de Drago se trouvaient de sa cellule, attendant ses ordres. Crabbe et Goyle surveillaient l'entrée. Il y avait Marcus, qui se tenait assis à côté de lui dans le lit du haut, Blaise, allongé sur son propre lit en bas. Nott se tenait un peu en retrait de Severus, essayant de paraître confiant. C'était tout de même une première pour lui, qui était arrivé hier. Et enfin, adossé nonchalamment aux barreaux, Terence Higgs.
A le voir, on aurait dit un fou. Et il l'était. Il avait les cheveux roux, avec les pointes teintes en vert, la peau extrêmement blanche recouverte de tache de son. Il avait aussi de grands yeux rieurs, d'un noir profond, et pour finir un sourire encore plus énorme que celui de Blaise. Mais si le sourire du métis était moqueur, dragueur et dangereux, celui de Higgs ne semblait pas naturel. C'était tout en dent, mauvais, sans aucune joie, lui donnant un sérieux air de psychopathe. En fait, pour tout dire, il était sûrement le pire d'entre eux. Et pourtant, il n'était condamné que pour un simple trafic de drogue, aggravé cependant, qui lui valait encore un an de prison minimum.
Drago soupira tandis que Marcus demandait le silence. Puis il expliqua d'une voix :
« Nous avons un plan pour se venger de Potter et le détruire. Nott, tu vas enfin pouvoir faire tes preuves. »
Theodore avança vers Drago et écouta, prenant bien compte de ce qu'il allait devoir faire.
« Potter déteste l'injustice et la méchanceté gratuite, on va lui en donner. Il s'attend à ce qu'on attaque lui ou le roukmout, alors on va les laisser tranquille. Personne y touche. Blaise, je veux que tu tournes toujours autour de Weasley, tu le harcèles. Mais tu le touches pas. Tu attends ton tour, je te jure que tu pourras le baiser bientôt.
- Ok ! Ça va être amusant. rigola Blaise, tout content de pouvoir se rapprocher de sa proie.
- On va s'attaquer à l'irlandais. Sa gueule d'ange me revient pas. C'est un jeune qui a rien fait, y'a pas pire comme injustice. Potter va péter un câble, et là, ça deviendra intéressant. Mais faut pouvoir l'approcher, parce qu'il y a toujours ce putain de Thomas qui reste avec lui et qui le protège. Donc Higgs, j'veux que tu me trouves un truc pour foutre Thomas dans les vapes.
- Pour le tuer ? demanda Terence en écarquillant les yeux de joie.
- Non, juste l'assommer, le temps qu'on s'occupe de Finnigan.
- Oh. murmura Higgs, visiblement très déçu, en baissant la tête. D'accord, j'peux t'en avoir dans une semaine.
- Parfait. »
Le blond se tourna alors vers Nott, et lui expliqua d'une voix autoritaire :
« C'est toi qui vas t'occuper de Finnigan. Dans une semaine, dès qu'on aura la came pour Thomas.
- Je devrais faire quoi ? » Il essayait de ne pas montrer son appréhension.
Drago et Marcus échangèrent un regard entendu en se souriant, puis le blond dit :
« Tu prendras Crabbe avec toi, pour qu'il t'aide.
- Faudra que tu emmènes l'irlandais dans un coin sans personne, et que tu fasses gaffe. continua Marcus. Faut pas qu'il crie, faut pas qu'il se sauve.
- J'veux que tu le tabasses. fini Drago. J'veux que tu le tabasses, et ensuite, j'veux que tu le baises. Tu vas le détruire, ce pauvre p'tit gars de 18 ans. Ça sera la pire injustice que le Potter n'aura jamais vue. C'est bon pour toi ? »
Il se tourna vers Nott, qui avait ouvert la bouche de surprise. Il était choqué par ce qu'il devait faire. Le blond lui demandait vraiment de... ? Voyant l'air amusé de Malefoy, il comprit qu'il était sérieux, et aussi qu'il ne l'en croyait pas capable. Nott releva alors fièrement la tête, et annonça, se voulant aussi arrogant que le blond :
« C'est bon pour moi. J'peux même vous dire qu'il aimera ça. »
Drago lui lança un sourire radieux et ils se serrèrent la main. Les troupes se dissipèrent, chacun retournant à leurs occupations, qui se résumaient à la salle de sport ou aux jeux de cartes. Le jeune Malefoy sorti de sa cellule et s'appuya des deux mains sur la balustrade. Les cellules étant au premier étage, il pouvait voir les prisonniers en bas, qui passaient leur temps libre dans la salle télé, dépourvue de télévision (merci Ombrage). Il sentit Marcus se placer à sa droite et Blaise à sa gauche. Tout en fixant Potter et sa bande, assis autour d'une table et jouant gentiment à la belote, il ricana. Puis, il proclama :
« La guerre est déclarée. »
Traduction :
Italien - Français :
Puttana : Pute
Perché : Pourquoi
Tranquillo : Calme
Mio Dio : Mon Dieu
Cazzo : Putain
Ciao amici : Salut les amis
Il mio puttana è un uomo : Ma pute est un homme
En espérant que ce chapitre vous ait plu. De mon côté, je suis très contente d'avoir retrouvé des anciennes lectrices. Merci à toutes celles qui m'ont laissé les reviews, ça me booste énormément. D'ailleurs pour les silencieux, n'hésitez pas, un petit mot fait toujours plaisir !
ICI CE N'EST PAS UNE PLATEFORME INTERRACTIVE POUR RIEN !
A la semaine prochaine !
