Bien le bonsoir ^^

Alors bien entendu, on commence toujours par les remerciements, la politesse, c'est la base! En plus dans mon job, c'est comme une seconde nature, soooo, mille et mille merci de tout cœur pour vos encouragements! Je ne pensais pas que cette histoire plairait vu qu'elle est cliché! Je veux dire, hé le flic qui flirte avec le criminel non mais franchement! xD

Mais franchement, je vous remercie et j'espère que la suite vous plaira tout autant que le premier chapitre! Ensuite, il y a quelqu'un en particulier que je me fais un plaisir de remercier (non mais veuillez sincèrement me pardonner les petits compliments de trop, ne me prenez pas pour une hypocrite, je suis très sincère) pour son travail ainsi que sa proposition de devenir ma bêta, c'est (étant donné que je ne sais pas si je dois dévoiler ton nom face au monde, je ne dirais que ton pseudo) FujoshiChan8. Elle a fait non seulement un énorme boulot en me corrigeant (croyez-moi c'est pas de la tarte, je suis française mais je parle pas toujours français) mais en me donnant des conseils qui m'ont beaucoup aidés! Alors si vous avez droit à un chapitre de qualité, c'est grâce à elle, bénissez-là, moi j'ai déjà fait construit sa statue dans mon jardin (que je ne possède pas)!

Aussi, si vous bien suivi, vous savez que le premier chapitre s'est terminé quand on passait aux choses sérieuses (coquines, quoi), alors vous vous doutez-bien que ce chapitre est un avec des scènes - 18 ans, dites-moi d'ailleurs si j'ai perdu la main :'(

Bon allez j'arrête de parler, à plus ^^


« Merde, merde, merde ! »

Cet unique mot est le seul qui parvient à percer l'épais brouillard qui m'enveloppe intégralement.

Bien que ma conscience lutte de toutes ses forces pour reprendre le contrôle, mon cerveau, lui, lutte pour empêcher toute raison de me gagner afin de profiter de cet instant de folie, qui électrise chaque parcelle de mon corps.

J'aimerais parler. J'aimerais tant parler, ouvrir la bouche, tenter une manœuvre pour empêcher cette catastrophe de se produire, avant que toute ma vie en soit complètement anéantie mais seuls des gémissements et des murmures d'approbation franchissent mes lèvres. Un seul mot arrive à se former et à rouler sur ma langue - langue qui n'a pas encore été faite prisonnière par l'adversaire, un seul mot, simple et précis.

"- Encore"

Qu'il me touche et désire encore plus.

Difficile de faire plus explicite comme demande. Je n'arrive presque plus à penser. Je ne fais que chouiner et réclamer. Son corps contre le mien. Ce corps est si imposant, tout comme cet homme, une domination naturelle qui ne laisse place à aucun refus et n'exige que la soumission la plus totale. Ses doigts torturent, griffent, caressent, pincent chaque partie de mon corps qui n'est pas recouverte d'une barrière de textile. Je me languis dans ses bras. Je me tortille contre lui pour lui échapper, où l'attirer plus près je ne sais plus. Je n'ai plus de repère, le bon sens m'a quitté, m'a laissé tomber dans les bras d'un homme qui a tout bonnement décidé de se satisfaire de moi, sans nullement me demander mon avis. Mais il n'est pas compliqué de lire en moi : je le veux autant que lui.

Cette sensation de se perdre, de lâcher prise déferle dans mes veines et accroisse mon excitation à l'idée de m'offrir à quelqu'un je ne connais pas. A quelqu'un à qui je ne devrais pas me donner.

Est-ce ce feu brûlant que ressent Mikasa pour Annie? Alors qu'elle sait que ça ne mène nulle part?

Mikasa... Mikasa! Son nom me ramène à la vraie vie, à ma réalité où je suis juste un simple agent de la loi et où mon but est d'arrêter les criminels. Pas de me faire sauter dans le club de la meilleure trafiquante de drogue du pays.

Cette pensée envers elle perce violemment la bulle destructrice dans laquelle je me laissais glisser de mon plein gré.

C'est comme se réveiller d'un rêve incroyablement lucide. Je me prends une douche glacée, qui refroidit ma libido, celle-ci menaçant d'exploser, m'ordonnant de la laisser prendre les commandes sans tarder.

Je suis égaré entre deux feux, entre le désir brutal et incandescent et l'hésitation la plus sincère.

Céder où me battre?

Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je ne devrais pas faire ça, je suis en mission, je suis là pour un ami - un camarade à qui j'allais faire bouffer ses couilles si j'arrivais à me sortir de cet enfer n'aspirant qu'à me promette le meilleur des pêchés.

Ses doigts s'aventurent sur la peau de mon ventre. Des frissons apparaissent sous leur sillage. Il me soulève encore plus, son corps se rapproche encore du mien. Chaque cellule de mon corps a conscience de sa peau à proximité. Mes mains, quand à elles, s'acharnent à rester agripper à lui : l'une reste accroché à sa nuque, l'autre dérive lentement vers son torse. Ses ongles qui ne font que me taquiner, finissent par me griffer la taille.

Ça ne m'aide pas. Mais alors pas du tout.

Pourquoi, je devrais arrêter? C'est bon, dangereux et l'adrénaline, mon dieu l'adrénaline atteint son paroxysme quand un de ses doigts se pose sur mon intimité, l'effleurant et la titillant. J'avale une gorgée d'air, priant que cette nouvelle bouffée d'air m'apporte la réponse. Une nuit n'engage à rien mais j'ai vite appris qu'une heure pouvait tout détruire.

Je me mords la lèvre inférieure, en proie au doute quant à la décision que j'allais devoir prendre. La plus sage serait-elle forcément la meilleure? Non, il suffit que je prenne en compte les milliers de fourmillements qui crépitent sous ma peau pour le comprendre.

Le pire, c'est que cet homme, responsable de ma tourmente, ne cesse de me fixer avec une indifférence troublante.

Je suis là, dans ses bras, accroché à lui. Mon visage dans le creux de sa main alors qu'il plante ses ongles dans ma peau. Je tremble et j'entre quasiment en transe alors qu'il ne quitte pas des yeux, une seconde. Il y a des hommes qu'on ne peut pas ignorer et lui, en fait clairement parti. Il impose sa force d'un simple regard, sans pression. Il n'y a rien qui brise son visage sans émotion. Il est glacial et désarçonnant . Rien ne semble le toucher. Il est si impassible que je commence à perdre confiance, à douter du fait que cet homme si intensément puissant puisse me désirer, moi, un simple garçon à peine sorti de sa promotion. Son manque d'attention à mon égard fait pencher la balance en faveur de la raison, envers le choix de ne pas me mettre à genoux devant une tentation dangereuse.

Je relâche mon étreinte et recule légèrement. Je ne peux aller loin, il me retient prisonnier de sa poigne. Un grognement me rappelle à son emprise, et sans détour, je plonge mes yeux verts dans ses yeux d'un gris comme je n'en ai jamais croisés. Mon souffle se bloque, et mes tremblements augmentent. Mon corps ne fait que tressauter entre ses bras, un corps qu'il arrive à tenir sans le moindre effort. Inébranlable, il m'observe d'une manière qui ne laisse pas de place à la discussion où au choix. Son visage n'affiche aucun désir, ni aucun sentiment lui ressemblant mais son regard... Son regard lui, me promet des choses, me transmet tout ce qu'il a l'intention de me faire subir, tous les touchers et les effleurements érotiques qu'il jure de m'infliger, sa décision de me prendre, envers et contre tous.

Contre mon avis.

Il me fait lentement réaliser que ce que je choisis n'aura, au final, pas d'importance. Il choisit pour moi. Il me prive de mon libre-arbitre. Il ne compte pas me laisser lui échapper, pas tant qu'il n'aura pas eu tout ce qu'il veut. Il ne me laissera pas m'en aller.

Sa détermination à me faire sien me percute comme un train : douloureux, et inévitable. Il ébranle toutes mes convictions et finit de détruire le peu de concentration que je venais de retrouver.

A cet instant, dans les bras d'un homme qui a la ferme intention de me dévorer sans répit, le reste s'efface et plus rien n'a d'importance.

Rien à part lui et moi, ainsi que notre désir animal, sans frontière.

Je dégage mon menton d'un mouvement brusque mais il ne réagit nullement devant mon geste. Il sait pertinemment que je ne compte plus m'enfuir, il a déjà compris que je ne le voulais pas. Je resserre mes bras autour de sa nuque et pose ma tête, dans le creux de son cou, respirant son odeur et accordant mon accord silencieux.

Il ne lui en faut pas plus.

Il me soulève complètement. Je ferme les yeux alors que je le sens nous déplacer. Ma respiration se fait de plus en plus lourde tandis que chaque pas qu'il fait ne fait que me rappeler ce vers quoi je me dirige. L'inconnu. La folie. Totalement soumis et sous son charme dévastateur, je me blottis contre lui un peu plus, un geste tendre qui n'a pas du tout sa place, ici. Mais je n'y peux rien, j'en éprouve le besoin. Il me fait peur. Le pouvoir qu'il exerce sur ma personne me terrifie et me séduit en même temps. Je me colle contre la peau ferme de son torse et je jurerais l'entendre grogner à mon geste.

Il se déplace toujours et j'ai l'impression d'entendre le compte à rebours d'une bombe à l'intérieur de mon crâne. Chaque pas qu'il fait alimente les frissons qui surgissent par centaines sur mes bras, mes jambes, mon ventre. Ce n'est plus qu'une question de secondes avant qu'on ne passe aux choses sérieuses. Il ralentit et s'arrête devant une porte et mon rythme cardiaque monte crescendo. Ça y est. On y est.

Il ouvre.

Inconsciemment, je me serre plus fort contre sa poitrine, alors que j'appréhende la suite. Il ne prête guère attention à ma soudaine peur et marche d'un pas décidé, sans appel. Il se fige un instant et la seconde suivante je suis arraché à lui avant d'être jeté sans ménagement sur une surface moelleuse qui s'avère être un canapé d'une taille colossale. Il est si gigantesque que l'inconnu qui me dévore du regard me semble à une distance trop grande. Détruite quand l'homme m'attrape brusquement la cheville droite et tire mon corps jusqu'à lui, m'enserre le bras pour éviter la répétition le bras et me soulève avec une force terrifiante. Il attrape ma taille et l'image d'un prédateur jouant avec sa proie me vient immédiatement à l'esprit. Ses deux mains se posent de manière impérieuse sur mes hanches et ses doigts filent à travers mon dos pour emprisonner ma nuque et la disposer de manière à ce que je ne puisse éviter son regard. Je bouillonne littéralement contre lui. Il semble fasciné par ma respiration erratique, mes tremblements et la frayeur que j'éprouve, là, maintenant à être complètement sous sa botte.

Pire, il apprécie. Je peux le sentir.

Un de ses doigts se balade librement sur ma peau et chaque endroit qu'il effleure me brûle avant de se changer en picotement agréable. Je me retiens de feuler comme un animal, satisfait des caresses que lui procure son maître. Je me presse contre lui, attendant.

Ses lèvres rugueuses s'écartent pour laisser filtrer une demande, qui n'en n'est pas réellement une.

- Danse. Danse pour moi. Excite-moi.

L'ordre qu'il me dicte met une minute à remonter jusqu'à mon cerveau embrumé. Puis la clarté de sa demande perce l'épaisseur du brouillard et me frappe de plein fouet. Désemparé, je me contente de le fixer, indécis, ne sachant pas quelle attitude adopter alors qu'il vient de m'ordonner de m'exhiber pour lui sans aucune honte. Mon hésitation ne le fait nullement douter de lui et de son emprise sur moi. Il me lâche, me laissant pantelant au milieu de la pièce tandis qu'il s'assoit avec élégance dans un fauteuil me faisant face. Il croise les jambes et darde ses orbes grises sur mon corps, patientant, à l'affût de ma reddition.

Ma bouche est sèche et un nœud se forme dans mon estomac. La nervosité s'éparpille à l'intérieur de mon corps et je m'interroge, je me tourmente, je me demande quoi faire, comment faire. Bien que tout ce que je ressens n'est rien d'autre qu'une impression d'être un lapin pris au piège, une douce excitation, une excitation m'étant étrangère, commence à se faire sentir. Je ne mentirais pas : l'idée d'exciter cet homme impitoyable, souffrant d'un manque d'intérêt à mon égard, m'est absolument grisante. Mieux, arriver à le rendre fou, à le pousser à une telle extrémité qu'il devienne hors de contrôle et qu'il n'exige plus que de me posséder, me dévore. Je veux voir autre chose que de l'impassibilité dans ses yeux, je veux le pousser à tomber le masque. Qu'il arrête de faire semblant de pas me trouver à son goût.

Derrière un ordre rabaissant, je perçois un défi, un défi émoustillant, dangereux mais amusant. Ce défi réveille mon esprit de joueur invétéré, mon esprit de compétition. Rien ne serait plus jouissif de mettre cet homme-là, à mes pieds. Oui, je peux le faire.

Alors j'exécute son ordre.

Mon corps se met légèrement en mouvement, commençant mon numéro pour séduire mon adversaire. Ce n'est guère brillant. Ni sexy. Malgré mon envie forte de gagner, je suis crispé et mes membres aussi. Je me dandine aussi vulgairement qu'un canard et la comparaison n'est pas flatteuse du tout. Seigneur, je suis tout bonnement ridicule. Mais je ne renonce pas, je persiste, je ne me laisse pas démonter par mon manque évident de sex-appeal. J'ose croire qu'il passe outre ce début catastrophique, qu'il se concentre sur le désir que j'ai pu lui inspirer dans l'autre pièce, coincé entre lui et ce mur. Qu'il a encore envie de moi comme j'ai envie de lui. Parce bien que je me sente humilié, là, il suffit que je croise son regard pour que toute ma peau entre en ébullition. Je voudrais qu'il ressente le quart de ce qu'il me fait ressentir.

Je ferme les yeux, faisant abstraction de lui et son aura magnétique. J'oublie que l'homme le plus torride de la planète ne me quitte pas des yeux et je me laisse glisser dans l'ambiance, une ambiance aux milles promesses. En ne pouvant plus le voir, je suis plus sûr de moi, moins timide et surtout moins empoté. Je ne me dandine plus, et je me déhanche sensuellement. Du moins, à mon humble avis impartial. Lentement, je laisse ma main droite faire son chemin sur moi, effleurant ma peau en feu, puis arrêter sa course sur mon ventre qui se tortille. Du bout de mon index, j'effleure délicatement la peau dissimulée sous ma chemise, puis défait trois boutons pour qu'il ait une vue dégagée de ma taille. Je ne sais pas ce qu'il en pense mais j'espère fortement que ça lui plaise.

Je n'enlève pas ma chemise. Quelque chose me dit que ça ne lui plairait pas, qu'il voudrait s'en charger lui-même. A la place, je m'autorise un autre geste audacieux en déboutant mon jean. Je languis, je patiente avant de passer directement au dessert, je caresse la peau juste à quelques centimètres au-dessus de mon sexe, je joue avec cette zone sensible avant d'amorcer une descente vers une zone encore plus sensible de tout mon corps. Mes doigts plongent dans mon boxer, touchent mon sexe et je me cambre sous le flot de sensations qui en résulte. Je n'ai jamais été aussi excité de ma vie. Je n'ai jamais réagi comme ça non plus.

- Touche-toi encore.

Je frémis au son de sa voix dominante. Mon cœur s'accélère alors que des frissons apparaissent le long de mon dos. Je suis plus qu'heureux de répondre à son souhait et ma main touche de nouveau mon membre qui grossit de plus en plus. Je gémis involontairement, et j'ignore si c'est à cause de mes attouchements où le fait qu'il m'ordonne de me toucher devant lui qui me fouette encore plus le sang. Je danse de manière lente et je me caresse de cette même manière. Je le fais exprès. Je veux qu'il se languisse, que l'impatience de me voir aller plus vite le brûle aux tripes. Se sentir observé est bandant, je ne me connaissais pas ce petit côté exhibitionniste, mais bon Dieu, j'adore ça! J'en veux plus! On dirait que le temps semble être suspendu, alors que je continue à danser.

Je n'entends rien à part mon souffle, je ne sens que sa présence qui enveloppe toute la pièce et je me laisse bercer par l'ambiance électrique qui nous englobe lui et moi.

Je me décide à accélérer quand ma main est sauvagement écartée et qu'un bras saisit ma taille avant de me retourner violemment. Je me réveille sur le champ, sortant de ma torpeur et en ouvrant les yeux, je retiens un glapissement en le sentant, derrière moi, dans mon espace personnel. Jamais personne n'a été aussi près, sauf peut-être Reiner qui ne connaît pas la notion d'espace privé. Mon pouls s'affole au contact de son torse contre mon dos. Il colle son bas-ventre contre mes fesses et je jurerais que celles-ci deviennent sensibles à un point que je n'ai jamais connu. Je ne bouge plus, je reste immobile, incertain de la suite des événements. Même si son érection me laisse une petite idée de comment tout ça va se terminer.

Je me laisse aller contre lui, ma tête retombe sur son épaule. Un feu crépite au fond de moi, détruisant tout sur son passage, il est impatient, tout comme moi, d'être rassasié. On se croirait dans une fournaise. Mais j'aime ça, j'aime la chaleur étouffante qui nous enveloppe ainsi que sa chaleur à lui qui se répand contre moi. J'ai un petit sursaut quand je sens sa main posée sur ma taille descendre là en bas. D'un geste paresseux, il prend mon sexe dans sa main et un râle sort de ma bouche. C'est d'autant plus délicieux que je sens son autre main, caresser mes fesses.

On dirait qu'il explore le terrain, qu'il veut connaître ce qu'il s'apprête à prendre.

Je décale doucement ma tête de façon à pouvoir voir ses yeux. Je veux les voir.

Son regard reflète un désir dur, primaire qui me fait de l'effet à m'en rendre fou. Mon souffle meurt dans ma gorge alors que je ressens sa main, posée, . Un simple contact qui fait exploser une myriade de sensations, toutes plus délicieuses les unes que les autres. C'est meilleur, meilleur que ma main, c'est meilleur de sentir la peau de ses doigts saisir mon sexe, ses doigts possessifs, comme si ça lui appartenait.

J'aimerais dire que ce qui va suivre sera doux et lent. Mais je ne me fais pas d'illusion. Parce que ça ne le sera pas. L'atmosphère étouffante, saturée d'envie, de brutalité, de sexe dans sa forme la plus primitive renforce l'excitation qui me terrasse, tout entier. Il ne fait aucune tentative, sa main ne bouge pas, au contraire, il prend son temps et admire ce qu'il a attrapé, en l'occurrence, moi. Il commande, j'attends mais rien ne se passe. Son plaisir malsain de me faire languir me rend fou et une rage violente s'empare de moi. Une rage que je ne me connaissais pas. Peut-être est-ce dû à toute cette frustration accumulée mais je n'ai plus suffisamment de patience pour attendre. Je veux qu'il me touche, je veux qu'il fasse quelque chose. Je veux qu'il me prenne. Maintenant! J'ai relevé son défi, à lui de respecter son engagement. Toutes ces choses qu'il m'a promis avec ses yeux, je veux tout ça et il est clair qu'il ne me le donnera pas facilement.

Dans ce cas, j'irai me servir moi-même.

Pris d'une frénésie suicidaire, je passe mon bras autour de son cou et réalise la chose qui me fait le plus envie depuis un moment: je me mets à mordre son cou. Fort. Puis je le mordille et le lèche, dans une tentative désespérée de reprendre les rênes. Mes dents quittent sa peau pour attaquer la peau de sa joue gauche que je mordille avec possessivité. J'ondule contre son corps, qui depuis le début, me met dans tous mes états. Ma main saisit la sienne, celle qui est posée sur mon sexe, dans le but d'exercer une pression plus forte. Il brise vite ma confiance en moi. La main qui tâtait mes fesses, attrape violemment mes cheveux avant de les tirer en arrière. Je lâche prise et l'implore du regard. Il est inexpressif au premier abord mais est contrarié. Je ne combats pas, je me laisse faire alors que sa main raffermit sa prise sur ma tête. Il plaque ses hanches contre les miennes, m'intimant d'un seul regard de ne surtout pas bouger et de le laisser faire. Ses gestes débordent de luxure à un point tel que je rougis sur le champ.

Il imprime un va-et-vient sur mon membre et je me cambre une fois de plus, mais contre lui cette fois. Il me branle de façon violente, impitoyable. Il se sert, il s'impose, il exige de moi une parfaite soumission.

Je succombe à son toucher, pris d'une fièvre qui m'ébouillante de plus en plus à chaque minute qui s'écoule. Je me tortille sous ses caresses et gémis alors que je croise son regard inébranlable, intouchable. Tout ce qu'il m'inflige ne semble pas l'émouvoir tandis que moi, je ne fais que subir ses gestes autoritaires. Ses doigts libèrent ma chevelure et passe en dessous de ma chemise avant de remonter jusqu'à un de mes tétons qu'il emprisonne entre ses doigts avant de le pincer et le tordre si délicieusement que mes jambes se referment sur sa main alors qu'une nouvelle vague de plaisir s'abat sur mes sens.

Il arrête aussitôt et sa main saisit brutalement ma gorge alors qu'il sépare avec rage mes jambes, en glissant son genou, près de mon entrejambe. Je m'arrête de respirer quand je croise son regard menaçant. Puis il attend sans bouger. Son aura intimidante m'entoure, me lacère les poumons.

Son visage se rapproche du lobe de mon oreille, alors que je patiente en suspens, légèrement craintif. Son souffle me brûle. Ses lèvres s'écartent et laissent échapper une phrase :

- Écarte les jambes.

Un simple ordre, un grognement qui veut tout dire.

Soumets-toi. Laisse-toi faire. Ne te refuse pas.

Une peur me prend aux tripes alors que je m'aperçois que je veux faire tout ce qu'il exige.

Putain, c'est terriblement excitant de ne pas pouvoir le voir intégralement, mais plutôt de le sentir derrière moi, contre moi.

Pour finir de m'achever, il murmure :

- Ne réfléchis pas. Ça ne servirait à rien, parce que très bientôt, je serais en toi. Et la seule chose que tu voudras, c'est que je te prenne toute la nuit.

Je me liquéfie à ces paroles.

Tout en lui transpire l'autorité, la dominance, le contrôle. C'est un homme à qui on obéit et à qui on ne refuse rien. Je n'aurais pas pu passer à côté d'une telle personne, j'en prenais conscience. Suis-je pour autant content de lui faire servir de distraction, d'aventure ? Je ne pense pas. Pour autant, je ne me suis jamais autant senti possédé par un quelqu'un et il ne m'a même pas encore embrassé.

Seigneur, je désire ardemment qu'il m'embrasse, que sa bouche dévore la mienne.

Je ne peux pas voir sa bouche mais je l'imagine, sur la mienne. J'avale une bouffée d'air. Je ferme mes yeux, pour mieux ressentir l'objet de mes convoitises sur la peau de mon oreille. Je suis littéralement obsédé par ses lèvres. Je suis attiré par les milliers de sensations uniques qu'elles semblent me promettre de me faire vivre. Si le propriétaire décide de me les offrir. Je n'ose pas ré-ouvrir les yeux, embarrassé qu'il puisse surprendre mon envie de sa bouche, mon envie de lui. Qu'il puisse le lire dans mes yeux. Mais la timidité est vaincue par l'impatience et je relève la tête, affronte son regard, sans dissimuler mon air de provocation.

Je te défie de m'embrasser. Je te défie de me soumettre entièrement à toi.

Le coin de sa bouche se relève imperceptiblement devant ma rébellion ridicule puis la lueur amusée disparaît pour laisser place à quelque chose de plus sombre. De plus dangereux.

De la luxure d'une indécence à en couper le souffle.

L'inconnu ouvrent ses lèvres tout doucement avant de faire courir ses dents contre la peau du petit creux de mon cou jusqu'à remonter sur ma gorge offerte, effleurant et brûlant tout sur son passage. Ses dents saisissent une parcelle de ma peau et la mordillent avec une sensualité écrasante. Le bout de sa langue sort et je sens sa pointe tracer une ligne imaginaire jusqu'à mon menton. Ce n'est pas écœurant, bien au contraire. Ce geste érotique descend tout droit, là en bas. Ses caresses se font plus intransigeantes.

Puis, ses lèvres, s'écrasent avec une sauvagerie sans limite, sur les miennes.

Mon cou m'élance à cause de l'angle bizarre qu'il forme pour mieux l'embrasser, mais la douleur passe au deuxième plan. Non rien ne compte à part sa bouche qui dévore avec voracité la mienne, docile et appréciant cette férocité. J'attrape ses cheveux à mon tour et serre quand sa langue force le barrage de mes lèvres sans difficulté. Je ne veux pas résister, je n'en n'ai pas envie. Ma langue ne perd pas une minute et part aussitôt rencontrer sa jumelle invasive. Je ne peux retenir un frisson alors que nos langues se caressent avec brutalité. Je l'embrasse en me pressant plus contre son corps tandis qu'il en fait de même. C'est féroce, acharné, dur. Son baiser est carnassier, sans pitié et ne fait pas de prisonnier. Le feu alimenté en moi, grandit encore risquant de tout brûler sur son passage.

J'écarte les jambes, conformément à son souhait. Il lâche mon sexe mais je m'en fiche pas mal.

Je le subis avec plaisir et redouble d'ardeur. Je mordille sa lèvre inférieure brièvement avant de m'attaquer de nouveau à sa bouche. Il gronde contre moi et ça ne fait qu'exacerber mon désir.

Mon esprit se fait brumeux sous l'intensité de ce baiser qui ravage tout et mes jambes finissent par lâcher. Je glisse doucement vers le sol, l'entraînant avec moi. Toujours dos à lui, je suis dorénavant coincé entre ses jambes, tournant désespéramment la tête pour pouvoir continuer à l'embrasser. Cela ne suffit plus. J'arrache ma bouche à la sienne et me retourne prestement, pour lui faire face. N'ayant plus aucun obstacle, je me jette sur ses lèvres à nouveau. Il grogne et empoigne durement mes fesses. Il les malaxe une fraction de seconde avant de les soulever. Il me force à passer mes jambes autour de sa taille et à m'asseoir sur lui. Je ne me fais pas prier.

Nos halètements sont les seuls bruits qui se font entendre.

Sentir son érection contre la mienne me fait perdre la tête. Je bouge mon bassin contre le sien, me frotte langoureusement contre lui. Il répond en soulevant ses hanches pour mieux partir à la rencontre des miennes. Nos déhanchements lascifs alimentent la tension sexuelle qui en devient presque douloureuse. Je gémis contre sa bouche. Le baiser a fait déserté toute trace de sensualité et de séduction. Il n'y avait plus de place à la patience. Tout n'était plus qu'une question d'impatience. Il veut me posséder violemment et je veux qu'il me possède violemment. Aucune trace de douceur. C'est du sexe à l'état primaire. Il durcit encore plus contre moi à cause de nos mouvements saccadés et maladroits. Je quitte ses lèvres et pose mon front contre son épaule alors que je me balance d'avant et en arrière sur son érection.

- Merde!

Il ne dit rien de plus mais ce mot veut tout dire. Je lui fais de l'effet. Un putain d'effet.

Il me débarrasse à une vitesse impressionnante de ma chemise. Il n'enlève pas totalement mon pantalon, il se contente de tirer dessus pour laisser mes fesses à l'air libre. Je veux aussi sentir sa peau contre la mienne. Je déboutonne sa chemise alors que mes doigts tremblent. Contrairement à lui, je ne lui ôte pas, je me contente juste de l'écarter de ses épaules. Mes mains s'aventurent sur son torse. Je défais sa ceinture, empressé. Je passe aussitôt ma main dans son boxer, mais ne vais pas plus loin. Avant que je ne réagisse, il enroule ses doigts autour de mon sexe et se penche pour prendre un de mes tétons dans sa bouche. J'écarquille les yeux. En même temps, son bassin augmente la friction entre nous. J'ai envie de crier mon plaisir mais je me retiens.

Naturellement dominant, il reprend le contrôle. Je comprends qu'il m'a laissé faire à ma guise mais que désormais, c'est lui qui se charge de la suite.

Sa main libre parcoure en vitesse mon corps et s'arrête une fois de plus sur mon cul. Ses doigts jouent avec ma peau jusqu'à ce que l'un d'entre eux se pose sur mon intimité. Je ne me raidis pas au contraire, je pousse mes fesses contre ses doigts, impatient qu'il poursuive. Je ne suis ni plus ni moins qu'un chat en chaleur entre ses mains expertes mais peu importe. Sans douceur, il pousse son doigt à l'intérieur de moi. Je ne peux ignorer la douleur qui se fait sentir mais les autres sensations qu'il me procure, balayent tout. Il n'attend pas et son doigt se met rapidement à bouger en moi, sans prendre en compte mes gémissements plaintifs. Il fait aller et venir son doigt rapidement avant d'en faire rentrer un deuxième. Son impatience se fait ressentir. C'est bon mais douloureux. Je me mets à me bouger en rythme. Je presse fiévreusement ma bouche contre la sienne tandis qu'un troisième doigt se fait un chemin à son tour. Je n'éprouve plus de douleur, juste du plaisir. Mes fesses bougent contre ses doigts, suppliant qu'il aille plus vite, où qu'il passe aux choses sérieuses.

Le plaisir est démentiel. Je n'arrive plus à répondre à ses coups de bassin. Je me tortille sur lui, je subis toutes ses attaques. Je m'accroche à lui, à ses épaules alors qu'il suce plus fort sur mon téton. Il lèche et mordille, caresse le bout de mon sexe avec flegme. Ses doigts en moi se font plus intrusifs et mordants. Le claquement de son bassin contre mes fesses se fait plus implacable. Et sentir son érection magnifique frotter contre mon cul brise définitivement la derrière barrière de ce qu'il me reste de raison. Je la perds. La chaleur dans mon bas ventre est à la limite de la combustion spontanée. Le plaisir monte, tout comme les sensations et je suis prêt de ma limite, prêt à exploser. Je gémis, je pousse des petits cris ; je supplie :

- Plus. Plus, s'il vous plaît !

Mes supplications le laissent indifférent. Il n'y prête aucune attention, il n'y en a que pour lui et son plaisir de me voir fou de plaisir entre ses bras. Il me touche, me rend dingue à un point tel que le besoin de l'avoir en moi, n'est plus une envie, mais une douleur physique. Il m'entraîne toujours plus au bord avant de faire demi-tour. J'ai envie de pleurer comme un enfant à qui on refuse son jouet. Je suis impuissant face à lui et ça commence vraiment à m'énerver.

- Dis-moi exactement ce que tu veux. Dis-le.

Son ton laisse entendre que ça l'amuse. Je l'amuse.

C'est évident. Il sait ce que je désire et moi aussi. Mais l'admettre, c'est comme signer totalement mon abdication. Et ça, je ne le souhaite pas réellement. M'aplatir devant lui ne serait pas une bonne idée, je le sais. Si je le fais, plus jamais je n'arriverais à gagner un minimum de son respect. Mais étrangement, le masochiste Eren me susurrait à mon oreille que ça ne serait pas si mal. Je veux toujours tout savoir, tout contrôler, ne jamais être surpris par l'imprévisible. Et là, c'est l'aventure qui m'attends. Une aventure électrisante et séduisante, promettant une extase que je ne connaîtrais jamais ailleurs. Laisser cet inconnu prendre définitivement le contrôle sur moi est terrifiant. Mais je le veux.

Alors je dépose les armes, armes que je n'avais pas vraiment prise pour me défendre :

- Je... je te veux en moi. S'il te plaît. J'ai besoin de toi en moi, maintenant !

Je préfère fermer les yeux, je ne veux pas voir la suite. Je mourrais de honte si je le voyais se moquer de moi. Cet homme si puissant et magnifique. Mais à la place, il me renverse avec empressement et le tapis moelleux du sol épouse les courbes de mon dos. J'ouvre un œil hésitant, pour l'apercevoir s'approcher de moi, tel un fauve impatient. Il retire mon pantalon, sans délicatesse et arrache presque mon caleçon en voulant lui faire subir le même sort. Il se place au-dessus de moi, me dominant de son imposante carrure. Je ne suis plus effrayé tout comme lui n'est plus indifférent. Il ne l'est clairement plus.

Je l'observe avec mes deux yeux désormais, fasciné par ses mouvements à la fois maîtrisés et malhabiles. Il baisse son pantalon à son tour mais ne l'enlève pas, il garde au niveau des genoux.

Une chose qui aurait pu être considérée comme prétentieux, je veux dire le mec qui prends pas la peine de se dévêtir complètement, c'était carrément avouer que je ne serais qu'un simple coup mais quelque chose ne va pas du tout chez moi, parce que ça ne le rend que plus diablement érotique et sexy à mes yeux.

Sans me quitter du regard, il attrape mes chevilles et les posent chacune à son tour, sur ses épaules. Il s'installe entre mes jambes, collant son sexe contre mes fesses. Il se penche et mord l'intérieur de mon genou gauche. J'en frémis. Je suis sa main qui disparaît au niveau de son entrejambe et j'étouffe soudainement. Il va me prendre. Ça va vraiment arriver.

Et au lieu d'avoir peur qu'un inconnu dans un club aux mœurs tout sauf catholiques, un homme qui avait manqué de m'étrangler qui plus est, s'apprête à me prendre, je tremble d'envie. Mais bon sang, je n'ai jamais autant désiré quelque chose de ma vie.

Son visage se rapproche dangereusement du mien et son souffle se répercute sur ma peau alors qu'il me pénètre d'un seul coup.

- Aaah!

La douleur est fulgurante. Elle m'étrangle, me tord le ventre et se répand dans tout mon corps. Je passe mes bras autour lui et griffe son dos. Il plante ses ongles sur mes cuisses qu'il tient fermement. Je pensais qu'il bougerait tout de suite mais il n'en fait rien. Ça me laisse estomaqué. Cet homme se sert, il ne demande aucune autorisation et il est évident qu'il y en a que pour son plaisir. Il me l'a prouvé jusqu'à présent. Mais curieusement, il est immobile et attend. Je ne suis pas pour autant dupe. Bien entendu, pour un homme de sa trempe, il n'éprouverait aucune satisfaction si il ne pouvait pas voir le plaisir qu'il offre sur le visage de son partenaire. Ce n'est pas par charité, c'est par orgueil. Il veut me voir perdre l'esprit à chaque coup qu'il me donne.

C'est tout.

Je me détends, j'essaye rapidement de me débarrasser de la douleur lancinante. Je veux qu'elle s'évapore au plus vite pour qu'il commence à bouger. Bien plus important que la douleur, c'est incroyable de le sentir à l'intérieur de moi, il prend toute la place. Je crains de me sentir vide quand il me quittera, alors que je me sens complet à cette minute précise.

Une longue minute s'écoule dans le silence, un silence quelque peu interrompu par nos respirations bruyantes. Il me regarde. Je le regarde. L'atmosphère est si lourde et brûlante que des larmes me montent aux yeux malgré moi.

Je ne sais pas qui craque le premier. Lui ou moi. Ni qui est le premier qui commence à bouger son bassin. Mais peu importe parce que la sensation qui en découle me coupe le sifflet et me transporte dans les airs. Ou au paradis. Je ne sais guère. Il grogne face à ma réaction ou à l'effet que ça lui procure d'être moi, je ne sais guère non plus, mais toute trace de patience et de fausse courtoisie disparaît. Il s'enfouit en moi si ardemment que j'en suis ébranlé. Il me pénètre sans ralentir et prendre de pause, ni jouer avec mes sens comme il le faisait jusque-là. Ses hanches claquent contre ma peau, et je peux déjà sentir des marques rouges faire leur apparition.

J'ai le souffle coupé.

Mon bassin bouge malgré moi et part à la rencontre de ses coups de reins primitifs, sans pitié. Ses va-et-vient vont toujours plus loin, plus loin en moi me poussant de plus en plus au bord de l'inconscience. Mon dieu, il me prend de façon impitoyable et le pire, c'est que ça me plaît, j'en demande plus, je veux qu'il me ravage plus! Je m'accroche à lui, le supplie, lui mordille l'oreille alors que mes yeux se perdent de plus en plus dans un état brumeux. Je chuchote à son oreille :

- Plus fort. Prenez-moi plus fort...

Ma prise se fait lâche et je retombe mollement sur le tapis, les mains posées sur son torse avant qu'elles ne glissent. Ses mouvements augmentent en intensité. Son regard est féroce, il me dévore physiquement tout comme il me dévore mentalement.

A travers le brouillard qui voile mes yeux, je vois son regard se poser sur ma bouche, l'observant avec une lueur lubrique. J'ignore ce qu'il m'imagine faire avec ma bouche mais visiblement, ça l'excite au point que je le sens encore grossir à l'intérieur de moi. Je tressaute à cette constatation. Une lueur passe dans ses prunelles et je le vois se pencher dangereusement vers moi et sens son souffle bouillant sur mes lèvres qu'il regarde avec une convoitise déconcertante...

Je ne rêve pas.

Il me touche. Pour de bon. Il est en train de me toucher, il est sur moi, il est en moi, il est partout.

Il n'y aucun bruit autour. Ou plutôt, je n'entends rien d'autre que mes gémissements, que sa voix qui tremble et lâche des soupirs, et que le bruit de nos corps qui s'emboîtent si parfaitement, toujours plus vite et plus fort. Les battements de mon cœur sont si erratiques que c'est presque douloureux. J'ai mal. J'aime ça. J'ai envie que ça s'arrête. Je veux qu'il ne s'arrête jamais. Les vagues de plaisir sont indescriptibles, j'ai peur que mon cerveau ne subisse un court-circuit sous cette tornade de sensations. Il sait comment me toucher, comment me faire gémir, comment s'amuser avec mon corps.

Je ne suis plus qu'un flot de désirs.

Je me consume littéralement.

Le plaisir m'étouffe, m'étreint tel un serpent et ressert son étau de plus en plus autour de moi.

- Ahh!

Un petit cri m'échappe et de justesse, j'évite de me mordre la langue. Mes pieds se crispent douloureusement sous un de ses énièmes coups de rein trop puissant et d'une précision alarmante, effrayante, si rigoureuse pour mon pauvre cœur qui n'a jamais le temps de redescendre la pression qui monte toujours plus rapidement de seconde en seconde. C'est tout bonnement fou que j'arrive encore à prendre conscience de mon corps et des détails qui nous entoure. Je suis arrivé à une limite où le plaisir m'a complètement bousillé les neurones, je suis incapable de parler, de réfléchir, de penser. La seule chose que je suis encore apte à faire est pousser des gémissements et des cris incompréhensibles, et ce contre ma volonté.

Je brûle de partout.

C'est insoutenable. Je fonds, je ne plus que de la gelée dans ses mains.

Le piège se referme délicieusement, je suis une proie, une proie ravie d'avoir été attrapée par son prédateur. Un prédateur qui ne me tue pas, non mais qui m'empoissonne à petit feu, avec son venin et ce, dans le but de me rendre totalement addictif et de ne plus avoir envie de vivre sans ce poison aphrodisiaque. C'est bon, terriblement bon, dangereusement bon. Ma gorge est complètement irritée à cause de mes cris et de ma respiration difficile. J'ai de plus en plus de mal à m'accorder une micro-pause pour reprendre mon souffle convenablement. Je voudrais toujours respirer de cette façon, à la limite de suffoquer, d'être sur le point de tomber du bord de la falaise, ce petit moment, juste avant où tout n'est adrénaline, un moment où on se croit invincible, à même d'affronter l'inconcevable.

C'est ma faute. Je suis trop con. Je suis vraiment très très con. Je n'étais pas assez sur mes gardes. Je n'ai pas fait assez attention, j'ai relâché ma vigilance. J'ai cru que ça serait un jeu d'enfant, d'entrer ici, et de repartir ni vu ni connu. Mais cet endroit, ce lieu, c'est malsain. La rumeur est vraie. J'avais tort de ne pas y croire et désormais, je regrette amèrement de m'être jeter dans l'antre du Diable comme ça, sans faire attention ni prendre la moindre précaution. C'est trop tard pour faire machine-arrière. Et je ne le veux plus maintenant. Je ne le veux plus. Je ne veux pas redescendre sur terre, j'ai presque envie de pleurer en sachant que ce que nous sommes en train de faire en cet instant précis, à une fin et qu'elle est proche.

Dans un effort surhumain, je tends ma main droite, sans trop savoir pourquoi je le fais, dans l'espoir d'arriver à saisir, ne serait-ce qu'un petit bout de lui. Je n'arrive pas bien à le distinguer, ma vision est trop floue, je ne perçois que sa silhouette à travers le voile brumeux qui couvre mes yeux. Mon bras retombe mollement, il est trop faible. Je n'ai plus de force et son odeur me monte à la tête.

Tout en lui est un poison.

Seigneur, comment j'en suis arrivé là?

Qu'est-ce que je fais ici?

Pourquoi suis-je ici déjà?

Je n'arrive plus à me souvenir de rien. Je devrais être horrifié mais ça me laisse impassible. Là, je m'en moque pas mal. Qu'il me prenne encore et encore et que plus rien ne nous dérange. Seigneur, il ne se moquait pas de moi quand il me disait que tout ce que je souhaiterai, c'est qu'il continue à me prendre jusqu'à la fin de la nuit. C'est tout ce que je veux. Mais mon corps ne répond pas aux commandes et me trahit, à mon grand désespoir.

Mon bas-ventre est en surchauffe. Il risque l'implosion et les effets qui en résulte promettent d'être des plus torturantes et merveilleuses. Je suis prêt à venir, à laisser tout le plaisir accumulé à sortir. Il s'en aperçoit et je sens une pression inattendue sur ma gorge. Une pression qui au lieu de m'alarmer, décuple le plaisir et aiguillonne mon désir. Mon torse se soulève et s'abaisse à un rythme effréné. Le poids sur ma gorge m'étouffe délicieusement. J'éprouve une furieuse envie de jouir, d'exploser et qu'il explose à son tour à l'intérieur de moi, en moi, je veux le sentir perdre pied.

Sans que je le vois venir, sa bouche capture la mienne, avec une voracité dépourvue de douceur. Sa langue prend par surprise la mienne avant d'entamer une danse érotique avec elle. Je laisse passer un gémissement entre nos lèvres collées l'une à l'autre. Aussi vite qu'il avait pris inquisition de ma bouche, il la relâche et mordille sensuellement mon menton.

Mon dieu, je suis proche de venir! Encore! Plus!

- Monsieur?

Je me fige instantanément. Lui aussi. Quelqu'un vient de frapper à la porte.

Qui que ce soit, je ne sais pas qui de l'inconnu ou de moi comptait le tuer de la façon la plus horrible possible. Je grogne, dévoilant mon mécontentement. Pour sa part, je sens la poigne de sa main serrer davantage mon cou.

Ne recevant aucune réponse de la part de je ne sais qui, il refait une tentative. Tentative qui me percute comme un ouragan quand je l'entends prononcer ce qui suit:

- Monsieur Ackerman?

La bulle éclate. Mon cœur éclate. Mon pouls éclate. Tout éclate. Je ne ressens plus rien. Plus de plaisir, plus d'envie. Ma tête est vide. Un mot se fraye un chemin, cavale et brise les obstacles afin que je l'entende :

Ackerman.

Comme Levi Ackerman.

Comme l'homme qui contrôle la ville, est l'ennemi public numéro un de toute forme de police, le pire criminel cruel et abominable de la ville.

Le Diable de Trost.

Je suis en train de me laisser baiser par le monstre qui hantait mes cauchemars quand j'avais à peine six ans.

Non. Non. C'est pas possible. Je ne peux pas... Ça ne se peut pas, c'est.. c'est impossible! Je ne parviens pas à rassembler mes idées, je n'arrive pas à réfléchir. Je sors d'un long rêve érotique qui s'éclipse pour devenir un cauchemar. Un cauchemar épouvantable. Mon esprit est retourné, charcuté, anéanti. Je n'arrive pas à réagir, je suis paralysé. Paralysé de comprendre que je suis dans les bras du pire, en train de faire l'impensable. Que je l'ai laissé me toucher. Je me crispe. La panique monte. L'angoisse monte. Je ne réagis plus du tout, on pourrait me croire dans un coma éveillé. Comme quand on réalise qu'on vient de faire la plus grande connerie de toute sa vie.

Je n'arrive pas à prendre conscience de ce qui se passe.

Tandis que je panique sans sentir quoique ce soit de mon corps, seul ma vue reste opérationnelle. Je le vois sans vraiment le voir. Il ne me prête pas attention, il contemple la porte close. Il semble agacé. Irrité. Mais difficile à voir sur son visage de glace.

- Quoi?

La voix hésite une seconde avant de reprendre:

- Mademoiselle Hal a besoin de vous. Elle a un problème.

A ces mots, le visage de l'incon- de Levi Ackerman se transforme. L'impassibilité, l'air sensuel n'est plus. C'est un nouveau visage qui se montre, un visage que je n'avais jamais vu sur personne. Un air de cruauté sans égale, une haine sans nom, une colère écrasante, je ne sais pas comment décrire ce que je vois. Mais je sais ce que c'est. Le visage d'un criminel. J'en avais déjà vu mais sans aucun doute, celui-ci serait le seul à me fournir des cauchemars jusqu'à la fin de mes jours.

Ses yeux se posent sur moi et je sursaute, terrifié. Je suis un flic, je ne peux pas avoir peur. Mais là, c'est différent, j'ai beau avoir dépassé la vingtaine, quelqu'un ne peut rester de marbre quand son cauchemar d'enfant, se trouve sous ses yeux, adulte ou non. Je ne vois plus rien dans son regard, plus de désir, plus d'envie. Il est froid et vide. C'est là que je percute qu'il a toujours la main sur ma gorge.

Putain, il a la main sur ma gorge! Tout à l'heure, je me fichais qu'il manque de me tuer mais là, là putain, je ne m'en fiche pas du tout! La réalité est de nouveau là, et elle n'est pas, mais alors pas du tout, plaisante. Je me renferme alors qu'il bouge sa main qui emprisonne mon cou. Il me lâche. Mais la façon dont il me libère est pire. Il me pousse brusquement et ma tête heurte durement le sol. Je grimace. Il se retire de moi violemment, m'arrachant un cri de douleur, qui ne l'atteint pas. Il n'en n'a rien à foutre.

Il se relève et me considère un instant avec une froideur qui s'insinue dans mes tripes.

Puis il ordonne:

- Entre!

La porte s'ouvre et un homme baraqué fait son apparition. Il m'aperçoit et écarquille les yeux, avant d'inspirer. Ouille, visiblement, il s'en veut d'avoir foutu en l'air le plan cul de son patron. Pour ma part, j'hésite entre lui demander de m'épouser où lui baiser les pieds.

Il se racle la gorge, risquant un regard vers l'autre personne présente de la pièce. Levi Ackerman est de nouveau habillé. Si ce n'est que l'encolure de sa chemise est encore négligemment ouverte. Il abat son regard mortel sur son bras droit? - je ne sais pas avant de poser ce même regard intimidant sur moi. Puis d'un geste dédaigneux, presque comme si je n'étais rien d'autre qu'un cafard, il lui donne une autre directive:

- Fous-moi le dehors.

Abasourdi par ce que j'entends, je ne vois pas l'autre approcher. Tout se passe rapidement et pas au ralenti comme dans les films. Il m'attrape fermement le bras. Puis il me tire direction la sortie. Je me débats, peu désireux de savoir ce qu'il va faire de moi. Je lui donne des coups mais il ne me regarde même pas. C'est là que j'envisage de me battre pour de vrai, mettant en pratique ce que j'ai appris à l'académie. Mais mon instinct me dicte de réfléchir et d'être prudent. Ça ne serait pas une excellente idée de dévoiler mes capacités à l'homme le plus dangereux de toute la ville. Pire, au monstre de mon enfance. Je me laisse donc faire docilement. Dans un élan désespéré, je me tourne vers lui, vers cet homme. Je ne compte pas lui demander de l'aide. Non. Je ne sais juste pas quoi penser. Levi Ackerman est assis sur son fauteuil de velours. Ses yeux de prédateur impartial ne me quittent pas jusqu'à ce que je disparaisse de sa vue définitivement.

Je suis nu, en érection, et un homme m'entraîne dans des couloirs que je ne reconnais pas. Dans le genre de plans foireux, je ne crois pas avoir connu pire que ça. On ne passe pas par la même salle principale dans lequel je me trouvais tout à l'heure. On emprunte un chemin qui m'est totalement étranger. Je panique intérieurement. Il faut que je me défende. Sérieusement. Maintenant! Au diable, la prudence, je ne veux pas crever et qu'on retrouve mon cadavre à poil dans ce putain de club! Jean se ferait de joie de se marrer à mes funérailles, ainsi que Ymir. Pas question de laisser ça arriver!

Je m'apprête à le retourner sur le dos juste après lui avoir détruit la mâchoire avec mon coude quand il ouvre ce qui ressemble à une porte de secours. La température glaciale de la nuit me couvre la peau de frissons. Et là, il me jette dehors. Et ce n'est pas une expression, il me jette littéralement dehors. Il me lance quelque chose à la figure avant de claquer la porte.

J'arrache le tissu de mon visage pour me rendre compte que c'est mon caleçon. Trop aimable.

Hébété, je fixe la porte silencieuse alors que je suis à genoux sur le bitume, complètement nu, mon caleçon à la main, perdu dans les rues sombres de la ville de Trost.

Ah et surtout, toujours en érection.

Fuck.