Et voila la fin de mon two shot. Un très grand merci à Zumkalt pour sa review !
J'espère que cette fin vous plaira !
Jane, encore étourdie, regarda au-dessus d'eux et constata qu'ils avaient dévalés une pente d'une vingtaine de mètres et qu'ils étaient tout de même encore en vie. Elle regarda son frère et vit qu'il était inconscient. Elle se dégagea doucement de ses bras et constata que c'était un tronc qui les avait arrêté et que Roman se l'était pris en plein dans les côtes. Elle vit que chaque partie de son corps qui n'avait pas de vêtement était écorchée tout comme son frère. Elle comprit aussi que son genou avait pris un sale coup mais elle n'avait rien de cassé. Elle posa sa main sur les joues brûlantes du jeune homme mais il ne se réveillait pas. Elle entendit alors le bruit d'un cours d'eau et eu l'idée de récupérer de l'eau fraîche pour en passer sur le visage de son frère. Lorsqu'elle revint avec de l'eau, elle la passa à l'aide d'une compresse sur le front de Roman qui se réveilla, l'esprit embrumé à cause de la fièvre. Au même moment, un souvenir revint à Jane : elle et son frère étaient à l'orphelinat. Ian, à l'époque, avait attrapé une pneumonie et les gardes de l'établissement n'étaient pas vraiment du genre à prendre soin des enfants, ils devaient donc se débrouiller par eux-mêmes. Ils avaient ainsi autorisé Alice à s'occuper de son frère car même s'ils ne voulaient pas s'en charger, ce n'était pas non plus dans leur intérêt qu'il meure. Elle l'avait donc veillée des nuits entières et elle avait bien cru à un moment le perdre mais il avait tenu le coup. Alice ne pouvait que lui passer de l'eau fraîche sur le visage car c'était tout ce que les gardes l'avaient autorisée à faire. Jane revit la façon dont elle voyait son frère à l'époque, tout comme elle le voyait à présent : un gamin perdu, livré à lui-même mais elle ne voulait pas que cela reste ainsi. Roman méritait d'être heureux, ils le méritaient tous les deux. Certes, ils avaient accompli des actes répréhensibles et illégaux mais ils avaient vécu tant de malheurs. Il était temps que la roue tourne et cela commencerait à le ramener, en vie, au FBI. Elle reprit alors ses esprits quand elle le vit grimacer en tentant de bouger. Elle l'aida à s'asseoir et vit qu'il se tenait les côtes tout en ayant la respiration saccadée, signe d'une grande souffrance.
- Fais-moi voir, commença-t-elle.
- C'est rien…
- Tu n'es pas en position de force et pour continuer, j'ai besoin de connaître tes blessures. On n'avancera pas si tu me mens sur ton état.
Roman abdiqua et laissa faire sa sœur. Elle ouvrit le blouson et remonta sa chemise. Elle eut le cœur retourné en voyant l'état des côtes de son frère. Son flanc prenait déjà une couleur violet foncé, ce qui présageait plusieurs côtes cassées, voire une hémorragie vu la violence de la blessure. Elle comprit maintenant pourquoi sa respiration semblait laborieuse.
- Oh Roman…
- C'est impressionnant comme ça mais ça va aller.
- J'aimerai avoir ton optimisme. Tu n'aurais pas dû me prendre dans tes bras, c'est toi qui as tout pris.
- Je sais ce que j'ai fait. Au moins, un de nous deux s'en sort plutôt bien. Tu dois me laisser là et partir, je ne pourrais pas aller bien loin dans cet état. Je vais te retarder plus qu'autre chose.
- Regarde-moi bien, dit-elle en prenant le visage de son frère entre ses mains. Plus jamais je ne te laisserai, tu m'entends ?
- Tu l'as pourtant fait en te faisant effacer la mémoire alors qu'on s'était promis de veiller l'un sur l'autre.
- Quand j'étais Rémi, j'ai apparemment fait beaucoup d'erreurs que je n'ai pas l'intention de refaire. Tu es mon frère, je t'aime, et s'il le faut, je passerai le reste de ma vie à essayer de me faire pardonner de t'avoir abandonné.
- Tu ne me demandes pas pourquoi je ne t'ai pas tiré dessus comme Shepherd me l'a demandée ?
- Je n'en ai pas besoin. Je connais la réponse, dit-elle en voyant Roman froncer les sourcils afin de connaître la réponse. Elle n'aurait jamais dû te demander de choisir entre elle et moi.
- Comment l'as-tu su ?
- On m'a peut-être effacé la mémoire mais il y a des choses qu'on ne peut pas expliquer. Tous les deux, nous sommes connectés et ça, même des années d'endoctrinement ne peuvent rien y changer.
Roman sourit à l'idée de retrouver enfin sa sœur bien aimée. Même s'ils avaient eu une enfance hors norme, ils avaient toujours été là l'un pour l'autre jusqu'à ce que Shepherd vienne mettre son grain de sel. En un sens, il s'en voulait d'avoir été faible et de s'être fait aussi facilement manipuler par cette femme qu'ils considéraient comme leur mère il y avait encore 24 heures. A présent, elle les voulait morts et ils devaient essayer de s'en sortir vivants même si les apparences n'étaient pas vraiment à leur avantage.
- On doit y aller, il faut absolument arriver à contacter des renforts.
- Je t'ai dit que je ne leur fais pas confiance.
- Tu préfères leur faire confiance ? dit-elle en montrant les agents de Sandstorm quelques mètres au-dessus d'eux.
Jane n'attendit pas la réponse de son frère et l'aida à se lever. Elle voyait qu'il serrait les dents, devant atrocement souffrir mais ils ne pouvaient pas perdre plus de temps. Ils firent quelques kilomètres dans le silence, rythmés par la respiration saccadée de Roman. Jane comprit que son état devait s'aggraver car il s'appuyait, probablement malgré lui, de plus en plus sur sa sœur mais pas un instant il ne se plaignit. Jane avait de la peine de voir cela car ça signifiait qu'ils connaissaient ce qu'étaient la douleur et qu'ils avaient appris à vivre avec. Qu'elle-même l'ai subie lui importait peu mais que son petit frère ait été obligé de le vivre, cela la rendait folle de rage. Elle devait absolument le convaincre de la suivre au FBI pour mettre fin aux activités de Shepherd. Elle allait devoir vraiment réfléchir à la manière dont Roman pourrait les aider afin d'obtenir une immunité, même partielle. Il avait malheureusement tué de sang-froid ces policiers et cela ne serait pas facile à faire oublier à Pellington. Peut-être parviendrait-elle à obtenir de l'aide de Weller ? Elle ne put y penser davantage puisque Roman avait la respiration sifflante à présente. Elle s'arrêta et l'aida à s'asseoir par terre. La jeune femme sortit une compresse qu'elle imbiba d'eau tandis qu'il essayait de réguler sa respiration. Elle lui sortit un autre antidouleur qu'il avala sans même protester. Elle lui passa la compresse sur le front et comprit que cela devait lui faire du bien car il ferma les yeux, tentant de profiter de ce petit instant de répit. Elle décida ensuite de voir l'évolution des hématomes sur les côtes de son frère en ouvrant le blouson mais tandis qu'elle s'apprêtait à remonter la chemise du blessé, ce dernier la stoppa en posant ses mains sur les siennes, lui intimant ainsi de ne pas aller plus loin. Jane fut surprise en premier lieu puis elle comprit que s'il ne voulait pas qu'elle voit ses côtes, c'était parce que les blessures étaient plus graves qu'il n'y paraissait et qu'il ne voulait pas l'inquiéter. La jeune femme ne préféra pas insister mais son inquiétude grandissait et pour la première fois, elle douta d'arriver à temps pour le sauver. Même si elle ne se rappelait pas de sa vie d'avant, elle savait qu'elle aurait tout fait pour son frère et réciproquement, voilà pourquoi il l'avait protégé en l'entourant de ses bras dans leur chute. Visiblement, se sauver la vie à l'un et l'autre était leur sport familial ! Ce fut pourquoi elle continua à le travailler au sujet du FBI :
- Roman, tes blessures sont sérieuses, on ne va pas pouvoir s'en sortir sans aide. Quand on arrivera là-bas, j'appellerai Weller, on n'a pas le choix.
- Tu sais ce que j'en pense.
- Ecoute, Shepherd nous veut morts et elle ne s'arrêtera pas tant que ce ne sera pas le cas. Tu la connais, tu sais qu'elle ne renoncera pas ! Elle a suffisamment d'agents pour s'occuper de nous tout en continuant la phase 2. Seule, je ne peux rien faire et je refuse de te laisser mourir.
Elle vit à cet instant le doute dans les yeux de son frère. Elle avait marqué un point et savait qu'elle était à deux doigts de le convaincre. Elle ne préféra pas insister, laissant son frère réfléchir à la seule option qu'ils avaient. Elle s'apprêtait alors à l'aider pour se relever quand elle croisa son regard. Elle n'eut pas le temps de réagir qu'il la tira vers lui tandis qu'une balle siffla à son oreille droite pour aller s'échouer plus loin derrière eux. Elle ne perdit pas un instant et se leva, se retourna et alla vers le tireur qui se trouvait à quelques mètres d'eux et l'attaqua immédiatement, ne laissant pas le temps à son assaillant de tirer à nouveau. Elle savait qu'il n'était pas seul et que ses compagnons n'étaient pas loin, le coup de feu leur indiquant ainsi leur position. Il n'y avait pas un instant à perdre.
Roman eut dans l'idée de se lever pour donner un coup de main à sa sœur mais avant qu'il ne fasse le moindre geste, il se retrouva avec le canon d'un pistolet sur sa tempe. Il reconnut un des agents de Sandstorm qu'il avait lui-même formé :
- Tu veux me tuer Oliver ? Tu as intérêt à ne pas te louper.
- J'ai eu un bon prof, répondit-il.
- Comme c'est mignon. Ne jamais hésiter Oliver, je croyais te l'avoir appris.
Avant que le soldat ne puisse répondre, Roman se saisit de la culasse du pistolet et la démonta d'un geste sec et précis, rendant ainsi l'arme inutilisable. Profitant de l'effet de surprise, Roman se saisit de son couteau à la ceinture et le planta dans la carotide de son adversaire. Ce dernier tomba à terre, se vidant de son sang tandis que Roman se tenait les côtes en grimaçant. Une fois la vague de douleur passée, il ouvrit les yeux, juste à temps pour apercevoir Jane briser le cou du tireur. Frère et sœur se regardèrent, fiers de s'être sortis de ce faux pas ensemble. La jeune femme ne perdit pas un instant, récupéra le fusil du tireur et ses munitions alors que Roman remontait le pistolet et prit les deux chargeurs en possession de l'agent. Jane revint vers lui, l'aida à se lever et ils repartirent, sachant que les suivants ne devaient plus être loin à présent.
Au bout d'une heure, ils arrivèrent enfin au fameux commerce qui était en réalité une clinique vétérinaire. Jane et son frère voulurent entrer par la porte de derrière mais elle était fermée, tout comme l'établissement tout entier. Ce n'était pas cela qui allait arrêter la jeune femme ! Elle défonça la porte et revint vers son frère pour l'aider à entrer. Elle le traina jusqu'au bloc où elle l'y allongea. Elle lui récupéra une petite bouteille d'eau et la porta à sa bouche. Le liquide frais fit du bien à Roman qui était à présent aux portes de l'inconscience, ce que comprit Jane immédiatement.
- Hey, Roman, reste avec moi !
- Désolé… fatigué…
- Je sais. Je vais appeler Weller, il va venir nous chercher mais en attendant, on aura peut-être nos amis de Sandstorm qui vont nous attaquer. Je vais te soigner.
- Je ne dirai rien au FBI…
- Tu dois les laisser t'aider.
- Je ne suis pas dupe. J'ai tué ces policiers et indirectement, tes collègues dans notre repaire. Je ne sortirai jamais de prison… enfin si jamais je vais en prison.
Jane ne répondit pas, sachant malheureusement que son frère avait raison mais elle n'avait pas le choix. Elle allait devoir trouver une solution pour ne pas que la CIA l'emmène et lui fasse subir les tortures qu'elle-même avait vécue. Dans l'urgence, elle devait soigner son frère qui souffrait atrocement. Elle alla dans l'armoire à pharmacie et récupéra tout ce dont elle avait besoin. Elle revint vers son frère.
- J'ai trouvé des antibiotiques, dit-elle en les lui injectant. Je ne peux pas te donner d'antidouleur trop puissants sinon tu vas sombrer dans l'inconscience et…
- Je dois rester éveillé au cas où ils nous attaqueraient.
Sa sœur fit oui de la tête, peinée de ne pouvoir le soulager. Malgré tout, elle l'aida à retirer le blouson et la chemise et se retint de ne pas paraître bouleversée en voyant le corps meurtri de son jeune frère. Elle ne perdit pas un instant et nettoya ses plaies, mit des compresses propres sur ses blessures et serra une bande sur ses côtes. Lorsque Roman se rallongea, il était complètement vidé de toute énergie. Jane s'en aperçut et jugea qu'il était temps qu'elle parle de son idée à son frère :
- Roman, j'ai peut-être une idée mais je ne ferai rien sans ton accord.
- De quoi parles-tu ? demanda-t-il, curieux.
- Nous savons tous les deux que tu ne diras rien et que le FBI te traitera comme un terroriste. Mais ils seront ralentis si jamais tu ne te souviens de rien, continua-t-elle en montrant la fiole de ZIP.
- Tu veux m'effacer la mémoire ?
- Contrairement à ce que vous m'avez fait, je te laisse le choix mais réfléchis un moment : si tu ne te rappelles de rien, le FBI sera plus clément et Shepherd n'aura plus rien à craindre de toi. Et puis avec Weller, nous pourrons te protéger et je serai là à chaque étape, tu ne seras pas seul.
- Je te perdrai encore une fois, je le refuse !
- Il n'est pas question de moi, là, mais de toi ! Je te demande de me faire confiance. Je vais m'occuper de toi, comme je l'ai toujours fait.
- Tous nos souvenirs vont être effacés…
- Je ne vais pas t'injecter une dose massive de ZIP. Je pense qu'à moyen terme, tu récupèreras tes… nos souvenirs, contrairement à moi. Ensuite on avisera.
- Et qu'est-ce que tu diras au FBI ?
- Que tu ne voulais pas coopérer et que le seul moyen de te ramener était de t'effacer la mémoire.
- Dans un sens, tu diras la vérité. Mais si je ne leur suis d'aucune utilité, je ne resterai pas au FBI, tu le sais aussi bien que moi.
- Alors on arrêtera Shepherd grâce à toi.
- Comment ?
- Tu vas te rappeler des souvenirs, on pourra certainement s'en servir pour l'arrêter.
- Et donc, aider le FBI ?
- Tu me fais confiance ?
Il devait admettre que cette question avait été sans réponse au début de cette journée puisque Roman n'était pas parvenu à saisir à qui était vouée l'allégeance de Jane. Il comprit que Shepherd, depuis toujours, avait trouvé une faille dans l'esprit du jeune homme et l'avait exploitée. Depuis le moment où Rémi s'était faite effacer la mémoire, quelque chose s'était brisé en lui et l'avait rendu vulnérable. Shepherd l'avait rapidement comprit et en avait ainsi profité pour terminer l'endoctrinement, parvenant même à le faire douter de sa sœur ! Mais après avoir vécu tout ce qu'il s'était passé tout au long de cette journée, il devait bien admettre qu'il devait accorder le bénéfice du doute à Jane. Il hocha alors timidement la tête.
- Bien... Maintenant, repose-toi.
- Tu couvres mes arrières, demanda-t-il à moitié endormi.
- Comme toujours, répondit-elle en lui souriant.
Roman sourit. Rémi avait pour habitude de toujours lui répondre cela, comme quoi les habitudes avaient la vie dure. Il essayait de réfléchir à la question. Sa sœur semblait avoir murement cogitée à cette situation et il voulait la croire mais il avait tout de même cette méfiance envers le FBI. Cela faisait des années qu'avec Rémi ils faisaient tout pour contrer le gouvernement et là, Jane lui demandait de rentrer dans la cage aux lions, ne sachant pas vraiment à quelle sauce il allait être mangé car il savait pertinemment qu'il ne serait pas accueilli à bras ouverts, même amnésique. Il se rappela tout de même que sa sœur avait confiance en Weller. Il savait que Shepherd l'avait gardé à l'œil depuis des années, ce n'était pas pour rien ! La douleur se faisant de plus en plus présente, il avait du mal à se concentrer, ce que comprit la jeune femme.
- Je vais appeler le FBI, en attendant, repose-toi, dit-elle en passant tendrement sa main dans les cheveux de son frère.
Il n'en fallut pas plus à Roman pour sombrer dans un sommeil plus que mérité. Sans attendre, Jane trouva un téléphone et appela Weller :
- Nom de dieu Jane, où es-tu ? Comment vas-tu ? répondit Weller en mettant le haut-parleur.
- Je vais bien, je suis avec Roman. Comment vont les autres ?
- Reade est blessé mais son pronostic vital n'est pas engagé, répondit Zapata.
- Douze de nos agents sont morts, continua Nas.
- Tu as dit être avec Roman ? demanda Kurt.
- Shepherd lui a demandé de me tuer mais il n'a pas pu. Il a été blessé et il a voulu qu'on aille dans une planque de Sandstorm mais ils nous sont tombés dessus. On s'en est plus ou moins bien tiré mais Roman est gravement blessé. Nous ne pouvons plus fuir, il ne le supportera pas. Localisez-nous via cette ligne fixe et venez nous chercher.
- On arrive, tiens le coup !
- Une minute, dit Jane.
- Quoi ? rétorqua Kurt.
- Je n'ai pas entendu Patterson. Où est-elle ?
- Elle est allée voir Borden, répondit Zapata.
- Non, non, non ! Il est avec Sandstorm !
- Tu en es sûr ? insista Weller.
- Certaine ! Il faut la retrouver !
- Zapata, prends une équipe et va la retrouver. Jane, avec Nas on vient vous récupérer !
Jane raccrocha, peu rassurée du fait que Patterson soit probablement en danger. Elle revint vers son frère qui avait à présent une respiration lente et régulière, signe d'un sommeil réparateur. Elle s'assit à côté de la table et prit sa main dans les siennes en attendant qu'on vienne les secourir.
Roman était assis à un bureau dans une pièce au fond d'une salle de boxe. Il regardait les factures qu'il avait et fit les chèques correspondants puis les mit sous pli. Une fois cela fait, il prit une pile de documents qui semblaient correspondre à des formulaires d'inscription pour la salle. Il s'apprêtait à les enregistrer dans son logiciel quand il vit sa sœur qui le regardait, appuyée sur le chambranle de la porte.
- Tu m'as fait peur ! Tu fais moins de bruit qu'un ninja !
Jane sourit, amusée par la remarque de son frère tout en l'approchant. Elle lui fit un câlin et s'assit en face de lui :
- Je suis tellement fière de toi. Tu as réussi à t'en sortir et voilà, maintenant tu es le gérant de cette salle de boxe de quartier et ça te va comme un gant, sans vouloir faire de jeu de mots !
- C'est surtout grâce à toi et à Kurt.
- Oh, tu l'appelles Kurt maintenant ? dit-elle moqueuse.
- Ecoute, toi tu l'appelles chéri alors je crois que je peux l'appeler Kurt !
- Je doute qu'il le prenne bien si tu l'appelles aussi chéri ! Et la tienne de chérie, elle va venir te rejoindre ?
- Patterson m'a dit que vous aviez eu un cas difficile aujourd'hui. Elle finit la paperasserie et elle vient ici. Pourquoi n'irions-nous pas diner en ville tous les quatre ce soir ?
- En voilà une bonne idée !
Il se leva alors et serra fort sa sœur dans ses bras, comme jamais il ne l'avait fait puis il desserra leur étreinte et lui sourit. Soudain, des coups de feu retentirent. Le bureau se transforma peu à peu en clinique vétérinaire. Il reprit ses esprits et comprit qu'il avait rêvé. Il entendait que cela tirait autour de lui et vit sa sœur dans son champ de vision : elle se trouvait devant une fenêtre en train de tirer à vue sur les agents de Sandstorm. La voyant ainsi se démener, pour le protéger, lui fit comprendre qu'elle tiendrait parole quand elle disait qu'elle veillerait sur lui. Il s'assit difficilement et chercha l'arme qu'il avait subtilisée plus tôt à leur adversaire et s'en saisit. Tandis qu'il s'apprêtait à rejoindre Jane, ils entendirent les sirènes leur signifiant ainsi que les renforts étaient arrivés. Frère et sœur se regardèrent, sachant que le jeune homme devait prendre une décision, et maintenant ! Roman fit oui de la tête à Jane qui ne perdit pas un instant et sortit la fiole de ZIP tandis qu'il s'allongeait sur la table. Elle prit une seringue, la remplit et revint vers son frère.
- Je t'aime Roman.
- Moi aussi Rem… Jane.
Il lui sourit et elle lui injecta le produit. Il repensa alors au moment où les rôles avaient été inverses. Lorsque la mémoire de sa sœur avait été effacée, il avait été à ses côtés, lui tenant la main, même si Shepherd avait essayé de l'affecter à une autre tâche, il avait fait en sorte de se trouver là lorsqu'on lui avait injecté le ZIP. Il se rappelait de son regard presque effrayé mais tout de même déterminé. Il se dit alors qu'elle avait vraiment changé et qu'elle était devenue une meilleure personne. Peut-être en serait-il lui aussi capable ! Tandis qu'il sentait le produit se diffuser dans ses veines, il entendit au loin les agents du FBI s'annoncer et défoncer la porte puis il devina la main chaude de Jane passer tendrement sur son front puis dans ses cheveux. Il s'endormit au doux contact de sa sœur qui, il en était maintenant convaincu, prendrait soin de lui quoi qu'il arrive.
