Salut, salut ! Alors voilà le premier chapitre ! J'espère que cette suite vous plaira. Alors je préviens, les deux premiers chapitres pourront peut-être vous paraitre un peu longs MAIS bientôt l'action arrivera. Le problème c'est que j'aime détailler les paysages, les sentiments et les pensées des personnages (surtout d'Astíriel) et donc le récit est rallongé. En plus, je ne fais pas des chapitres de plus de 3 000 mots car avant j'en faisais des de 5 000 et beaucoup de lecteurs décrochaient. Alors voilà, je m'adapte.

Enfin, bref !

Pour les reviews :

Elw : Coucou ! ^^ Alors merci beaucoup pour commencer, tu m'as l'air bien enthousiasme et tu sais quoi ? J'adore les lecteurs enthousiaste x) ! Le fait qu'Astíriel te plaise me fait très plaisir, au moins je ne suis pas trop tombée dans un cliché : je suis une elfe magnifique et surpuissante, princesse déchue d'un empire. Même si je les aime bien parfois ces fictions je voulais faire quelque chose de différent. Alors voilà ! Et je te sers la suite au passage ;).

Darkklinne : Ah merci pour les détails ! Si tu les aimes je pense que tu vas être servie, d'ailleurs tu risques de finir par les détester avec moi, j'en mets pas mal... Mais bon, tant pis ! ... Merci sincèrement pour le compliment sur ma manière d'écrire... je sais pas quoi dire du coup mais sache que je souris comme une idiote ! Merci, merci x) ! Effectivement, au moment de la mort de son père elle n'a qu'une cinquantaine d'année. Sachant qu'elle est née en... (petite recherche dans mes papiers) 925 du Troisième Age et que nous sommes en 978 elle à, (calculatrice !), 53 ans ! Tadam ! Mais c'est que tu es forte toi dis-moi x) ! Je voulais qu'elle soit assez jeune mais pas une petite enfant. Ce qui veut dire qu'elle est "mature" mais pas très stable on va dire. Ah pardon si les textes en gras te dérange mais j'ai vraiment peur que l'on ne réussissent pas à faire la différence entre le texte et les paroles parfois puisque je ne mets pas toujours de verbes introducteurs à la suite des pensées... Merci pour les infos sur les accords ! Je ferais attention du coup ;) C'est très gentil de me l'avoir dit !

Bonne lecture !


Chapitre 1 : Trésors cachés

Année 978 du Troisième Age, Bree.

Elle enterrait son père sous la pluie. Elle avait décidé d'attendre le lendemain pour commencer. Elle n'aurait pas été en état de le faire la veille juste après avoir vu les derniers instants de l'Homme, elle n'aurait pas pu s'y résoudre. Alors, elle le faisait maintenant même si son état n'était pas meilleur. Elle devait le faire, elle devait offrir une tombe digne de ce nom à Fréa et elle ne pouvait pas laisser son enveloppe charnelle dans la maison allongée dans un lit.

Elle avait débuté il y a plusieurs heures mais le trou ne semblait pas s'agrandir alors elle donnait des coups de pelle rageurs dans le sol pour exprimer son désespoir. L'eau infiltrée dans le sol lui facilitait la tâche en rendant la terre meuble mais la compliquait en créant une marre au fond du trou qui noyait ses chaussures. Elle donna un coup de pelle plus fort que les autres.

Elle ne pouvait compter sur les habitants, tous la haïssaient comme ils avaient haït sa mère. Ils les redoutaient et étaient terrifiés par leurs existences. A Bree, les elfes, les nains, les hobbits et les dragons n'étaient que des légendes et aucune de ces races n'existaient vraiment, du moins c'est ce qu'ils s'entêtaient à croire. Ils s'étaient reclus dans leur ignorance et leur autosuffisance d'Homme. Au contraire, Astíriel savait pertinemment que tout cela était réel, d'une part parce qu'elle en était la preuve vivante et de l'autre parce que sa mère lui racontait souvent des histoires vraies sur les peuples de la Terre du Milieu. Malgré tout, les habitants de Bree étaient butés et la présence des deux elfes ne passait pas inaperçue dans une ville où l'on ne croyait en rien.

Edlenn avait toujours caché ses petites oreilles pointues derrière des coiffures serrées et en faisait de même avec Astíriel qui avait continué à l'imiter après sa mort. Lorsqu'elle sortait, elle portait toujours un chignon ou une tresse qui plaquait ses oreilles effilées contre sa peau. La jeune elleth comprenait pourquoi sa mère agissait ainsi, elle ne voulait pas devenir le centre d'attention et créer un débat qui aurait de grandes conséquences ici. Etre les seules elfes parmi tant d'Hommes était dangereux. Elles voulaient être discrètes. Donc, ne sachant pas qu'elles étaient des elfes, les habitants les considéraient comme des sorcières. Astíriel pouvait vous dire de sources sûres que les rumeurs de ce genre n'étaient pas très avantageuses. Plus d'un jeune homme avait voulu la courtiser mais avaient renoncé en s'apercevant qu'elle était la « fille de la sorcière ».

Elle avait fini de creuser et, à présent, elle était partie chercher son père qu'elle avait enroulé dans les couvertures pour le déposer dans sa tombe. Elle avait pris soin de la creuser juste à côté de celle de sa mère pour qu'ils restent proches malgré leurs morts. Elle était au-dessus du trou et voyait l'amas de draps blancs au fond qui était déjà tâché par la boue et l'eau. Elle saisit la pelle et prit un tas de terre avant de le jeter au fond. Une larme lui échappa et se mélangea avec la pluie qui ruisselait sur elle. Elle serait sûrement malade et s'en fichait. Chaque tas de terre qu'elle mettait sur la tombe lui déchirait le cœur et s'accompagnait de souvenirs de ses parents, une myriade de souvenirs…

Il y avait eu les entrainements avec sa mère qui la mettaient à rude épreuve alors qu'elle s'acharnait sur elle afin de lui apprendre le corps à corps, le maniement des dagues, des épées et des arcs ainsi que les rudiments d'une bonne centaine d'armes afin qu'elle ne soit jamais dépourvue dans un combat. Pourtant Astíriel ne voyait pas l'utilité que ses apprentissages pourraient avoir…

Il y avait également eu ses cours tantôt avec son père tantôt avec sa mère, sur le maintien, les coutumes elfiques ou humaines, les mœurs, les langues et l'écriture et des tonnes de sujets barbants dont elle ne se souvenait plus.

Elle pouvait y ajouter les chevauchées à crue dans les champs alors qu'elle s'enivrait de la vitesse, accompagnée par les journées pique-nique et les cache-cache dans la forêt sous ses rires incessants et les sourires de ses parents. C'est à ce moment que sa mère lui avait appris plusieurs choses sur la nature comme la communication avec les arbres ou les espèces de plantes et d'animaux utiles.

Elle entendait encore les rares disputes de ses parents ou ses propres prises de tête suite à des crises existentielles comme lorsqu'elle avait voulu partir de Bree ou lorsqu'elle s'était rebellée contre sa mère qui lui disait de faire profil bas devant les humains. Elle se souvenait des pierres qu'ils lui lançaient comme des injures à sa personne.

Elle revivait une de ses fugues alors qu'elle n'avait eu que 20 ans suivie de l'attaque des orcs… Sa mère l'avait sauvée de justesse de leurs griffes et Astíriel restait profondément marquée par cet épisode. C'est à partir de ce moment que son entrainement s'était intensifié et qu'Edlenn n'hésitait plus à la blesser. Pour la renforcer…

Tellement de choses qu'elle en avait perdu le fil du temps… Tellement d'images, de sons et d'émotions… Tellement de vide à présent… Tellement de néant.

Elle finit par laisser tomber la pelle sur le sol et lança un dernier regard à la tombe de son père. Elle tourna sensiblement la tête vers celle de sa mère qu'elle ne pouvait repérer que grâce à un pavé posé au sol qu'elle avait arraché au rues de la ville à la dérobée. Elle ferma les yeux et énonça une rapide prière en leur mémoire. Elle ne s'y attardait pas, elle n'était pas croyante, personne ne l'avait jamais convaincu et elle ne le faisait qu'en leur mémoire.

Elle tourna les talons et s'engouffra dans la maison. Elle jeta ses habits sales au sol et détacha ses cheveux pour enfiler une robe de nuit puis elle se jeta dans le lit près de la cheminée de sa chambre, allumée cette fois. Elle resta longtemps les yeux perdus dans le feu sans pouvoir trouver le sommeil. Ce n'est que la fatigue intense qui eut raison d'elle et la plongea dans un sommeil sans rêves.

Finalement, après quelques jours, elle choisit de se diriger vers leur modeste écurie. Elle était à l'autre bout de la cour et n'était constituée que de quatre murs et un toit en brique. Bien que petite, elle était sûrement en meilleur état et plus solide que leur maison. Enfin, sa maison maintenant… Elle posa un pied sur le sol en pierre et constata qu'il était recouvert de poussière et de saletés diverses. Elle le détailla d'un regard vide et pensa vaguement qu'elle devrait le nettoyer un jour.

Il n'y avait que quatre boxes dont un seul occupé et un qui servait de remise. Au fond, se trouvait un tas de ballots de paille. En passant devant la stalle qui était utilisée, un cheval à la robe beige et aux crins blancs s'approcha. Il tendit l'encolure pour attirer son attention et elle lui adressa un demi-sourire en lui grattant le bout du nez. Il tapa contre le bois avec son sabot.

- Doucement Pelith, je m'occuperais de toi après, souffla-t-elle au passage puis elle continua son chemin sans se préoccuper de l'étalon qui la regardait curieusement.

Elle s'empara des bottes de pailles et les bougea difficilement. Il ne fallait pas être un magicien pour voir qu'elle ne s'était pas entrainée depuis la mort de sa mère. Elle s'essuya le front avec le revers de sa manche de robe et s'accroupit près du sol. Une trappe se cachait sous la paille et apparaissait avec netteté entre les pavés de pierre. Astíriel prit la clé qui pendait autour de son cou et déverrouilla le cadenas. Elle agrippa la poignée et tira dessus. Le panneau de bois s'ouvrit en grinçant et en soulevant de la poussière et des résidus de pailles qui la firent éternuer. Elle balaya l'air devant son visage pour ne pas respirer les petites particules et attendit que le tout retombe au sol.

Finalement, elle se pencha pour apercevoir l'intérieur. Elle voyait le sol à moins de deux mètres de ses pieds. Le plafond ne devait pas être très haut. Elle regarda l'échelle moisie qui s'était écroulée par terre et vérifia que personne ne se trouvait derrière elle.

Elle sauta dans le trou et se réceptionna aisément et silencieusement sur le parquet. Sa robe retomba autour d'elle en entrainant une couche épaisse de poussière. La lumière ne parvenait pas dans le reste de la pièce à cause du toit de l'écurie qui la bloquait. L'elfe plissa les yeux et s'avança en prenant garde à ne pas butter contre un objet. Elle aperçut une torche dans un coin s'en approcha. Elle inspecta les alentours et l'alluma grâce à un nécessaire qui trainait sur le petit tabouret en dessous. Il était sans doute prévu pour cela. Elle regarda la flamme se former devant ses yeux avant qu'elle ne crépite et finisse par embraser la torche. Elle s'émerveilla quelques secondes devant le feu avant de s'en détourner. Le reste l'attirait bien trop pour qu'elle ne s'y intéresse pas.

La pièce était entourée de torches qu'elle s'empressa d'allumer avec la première pour avoir une meilleure vision. Elle était tout en bois et faisait bien 20 m². Elle ne pensait pas que ce fut aussi grand. Ses yeux furent immédiatement attirés par un mannequin habillé près d'une table. Elle fit quelques pas dans sa direction et se posta devant. C'était un ensemble de voyage qui semblait fait pour une femme. Elle plissa les yeux et passa sa main sur le vêtement. C'était un pourpoint en cuir noir marqué de plusieurs dessins abstraits à ses yeux. Elle chercha d'autres objets et les rassembla sur la table contre le mur derrière le mannequin. Elle n'en croyait pas ses yeux. Il s'agissait d'une véritable mine d'or !

Elle examina un à un les trésors qu'elle avait trouvé et se pinça les lèvres. Tout cela avait appartenu à sa mère. Avait-elle le droit de les prendre comme s'ils étaient siens ? Elle s'interrogea longtemps avant de se dire que de toute façon ils étaient ici et qu'elle pouvait se permettre de les utiliser tant qu'elle ne les abimait pas.

Prise d'un élan de joie, elle se déshabilla afin d'enfiler l'ensemble d'habits qui était semblable à ceux des hommes et pourtant taillé pour une femme. Elle enfila le pantalon en tissu noir moulant et les bottes faites dans le même cuir que le pourpoint. Elle passa ensuite un premier haut assez fin, et près de la peau, noir qu'elle recouvrit par une tunique verte forêt épaisse et chaude. Le pourpoint trouva naturellement sa place par-dessus le tout. Il n'avait pas de manche et protégeait son cou, son dos et son abdomen. Il était assez court pour que ses hanches soient libres de tous mouvements. C'était pratique surtout pour se battre ou monter à cheval. Elle n'avait jamais porté de tels habits, les hommes avaient raison de s'habiller ainsi, c'était bien plus convenant que les robes et les couches de tissus dont les femmes se paraient. La tenue fut complétée par des bracelets de forces en cuir noir. Elle tourna sur elle-même et fit quelques mouvements de combat à main-nues pour tester la souplesse de l'ensemble. Elle fut extrêmement surprise, les habits étaient d'une légèreté incomparable et épousaient chacune de ses formes pour l'accompagner dans ses déplacements. Elle s'immobilisa.

Astíriel loucha sur la ceinture et l'arc sur la table. Elle pinça ses lèvres mais ne put résister à son envie. Elle passa la ceinture à sa taille d'où pendaient deux fourreaux en cuir. Elle s'approcha des deux dagues longues et contempla leurs lames argentées. Elle n'avait jamais vu ce métal et les inscriptions qui y était incrustées étaient en elfique. Elle prit le temps de les déchiffrer si elle ne s'était pas trompée, il y avait écrit « Erynaur » et « Nirnaeth » qui voulaient dire respectivement « Feu de forêt » et « Lamentation » en Sindarin. Quel poésie, pensa-t-elle ironiquement. L'arc présentait le même type de fabrication. Il était d'une finesse et d'une légèreté à couper le souffle. L'elfe rentra les deux dagues dans leur fourreau respectif et s'empara de l'arc. Elle le banda avec une facilité déconcertante et relâcha la corde qui vibra dans le vide sans lui renvoyer d'onde désagréable le long du bras. Une grande première ! Un sourire niais apparu sur son visage alors qu'elle reposa l'arc pour s'emparer de ses dagues et faire quelques mouvements avec. L'air siffla contre le métal.

Après quelques heures, elle se déshabilla et fouilla de nouveau la salle. Elle trouva un sac de voyage, un carquois, une bourse et un coffret tous complètements vides. Sa dernière trouvaille fut une cape noire tirant sur le vert avec une broche argenté dans le même métal que ses armes. Elle l'essaya et fut enchantée de voir qu'elle avait une capuche. Elle reposa son butin sur la table et l'admira.

- Tu m'as caché tellement de chose mère. Comment pouvais-tu posséder tout cela ? Pourquoi ne m'as-tu jamais rien dit ? murmura-t-elle pour elle-même. J'aurais tellement aimé avoir le temps de découvrir tous tes secrets…

Elle fit demi-tour et remonta dans l'écurie en se tractant au rebord de la trappe qu'elle referma à clé. Elle ne voulait surtout pas risquer que quelqu'un découvre tout cela. L'équipement qui se trouvait en bas valait certainement une montagne d'or et bien qu'elle ne veuille absolument pas le vendre, une autre personne n'hésiterait sûrement pas. Elle remit donc la paille à sa place afin de masquer l'entrée et l'objet à son cou en-dessous de sa robe. Elle avait un sourire accroché au visage. Le premier depuis la mort de son père. Son petit entrainement ponctué de trésors cachés l'avaient réjoui, et puis, elle n'avait pas tant perdu la main que ce qu'elle croyait. Elle repassa devant Pelith et lui adressa un regard enjoué.

- Demain, toi et moi allons aller nous balader, chuchota-t-elle en l'embrassant sur le chanfrein. Mais avant, un peu de ménage s'impose.

Elle profita de sa poussé de zèle pour s'emparer d'un balai et entamer un grand nettoyage. Elle sortit les ballots de paille et les reficela correctement puis vida la sellerie qu'elle balaya comme le couloir. Un tas de saleté s'entassait devant la porte. Elle regarda le battant coulissant cassé et sortit de ses gonds avec intérêt. Elle le réparerait plus tard ainsi que certains endroits de sa maison. Calmement, elle tria l'entièreté de la sellerie, graissa les cuirs, lustra les fers et lava les brosses qu'elle replaça sur les étagères et les portants propres. Elle finit par passer un coup dans les box vides et reposa son balai. Elle contempla son travail, les mains sur les hanches, fière d'avoir utilisé son après-midi à bon escient. C'est sur cela qu'elle rentra pour se laver et se coucher. Elle voulait partir tôt le lendemain.

La forêt était en vue. Ils étaient partit tôt ce matin et personne ne les avaient retenus aux portes. Ils avaient suivi le chemin en direction du Nord qui se dirigeait vers la forêt. Il n'était pas très emprunté à cette heure et ils avaient pu se balader sans rencontrer âme qui vive. Cela convenait à l'elleth qui avait détaché ses cheveux pour une fois. Ils cascadaient dans son dos et suivaient librement ses mouvements. Le creux de la plaine où ils se trouvaient remontait et bientôt, elle eut une vue plongeante sur le bois de Chet. Les arbres s'alignaient parfaitement à quelques kilomètres de là comme si un être leur avaient interdit de franchir une ligne. Le voyage leur avait déjà pris la matinée. Elle sourit et profita du moment.

Elle sentit les sabots de Pelith s'emballer sous elle. Elle ne le retint pas. Il démarra et fila comme le vent. Elle vit la plaine se faire avaler sous les foulées de sa monture. La vitesse était l'une de ses sensations préférées, sentir le vent fouetter sa peau et ses cheveux claquer derrière elle était grisant. Elle avait ce sentiment de puissance et de liberté inouïe. Elle ferma les yeux accordant sa confiance totale à l'animal qui dévalait la pente et lâcha les reines avant d'étendre ses bras en croix. Elle sentit Pelith accélérer à cause de sa soudaine liberté et elle ne l'en empêcha pas. Elle attendit qu'il s'arrête de lui-même près des arbres et descendit de son dos. Le chemin entrait dans la forêt à quelques mètres sur leur droite.

Elle s'approcha du cheval, retira la selle de son dos et lui enleva son filet qu'elle posa contre un tronc. L'étalon était à présent totalement libre. Il s'ébroua et partit au triple galop au loin. Elle sourit en le voyant ainsi puis s'assit attendant qu'il revienne vers elle. Il ne tarda pas à la frôler à toute vitesse et elle siffla aussi fort qu'elle le pu alors qu'il était de nouveau loin. Le cheval fit une embarder pour revenir vers elle et s'arrêta juste devant son visage. Elle se retrouva le front à quelques centimètres de son chanfrein et elle capta la respiration hachée de l'étalon. Elle regarda ses yeux d'un air de défis.

- Ne joue pas à cela avec moi Pelith, tu vas perdre, dit-elle en elfique avant d'attraper une mèche de crin décolorée de l'animal et de se hisser sur son dos avec souplesse.

Avant même qu'elle ait pris place, il s'élança dans une direction hasardeuse et elle se laissa porter sur son dos à crue. Profitant de ce sentiment vivifiant qui la parcourait, elle donna une impulsion à son bassin et se retrouva debout sur la croupe de l'étalon. Il continua tout droit et elle fixa l'horizon, sûre d'elle. Sans qu'elle s'y attende, il tourna et elle perdit l'équilibre. Heureusement qu'elle était une elfe, elle retomba sur ses pieds malgré que sa robe faillit la faire basculer. Elle regarda Pelith revenir vers elle au petit trop, la queue redressée signe de fierté.

- Heureux de me faire tomber ? grogna-t-elle. Je vais te montrer moi ce que ça fait ! cria-t-elle en s'élançant à sa suite.

Le cheval s'ébroua et partit loin d'elle avant de jouer à s'écarter lorsque sa main s'approchait. Ils ne revinrent que le soir même en vue des portes de Bree. Elle était au petit trop sur le long du chemin et finit de rattacher ses cheveux aux abords des portes. Elle attrapa furtivement ses rênes et repassa sa monture au pas.

- Vous ne pouvez pas rentrer, lui dit un garde en se positionnant devant elle pour arrêter son cheval. Elle arrêta Pelith pour ne pas écraser le malheureux et fronça les sourcils.

- Comment ça ? demanda-t-elle amèrement.

- Il est tard, je ne laisse pas les gens suspect entrer en ville à cette heure.

- Je ne vois personne de suspect ici alors je pense que vous devriez vous décaler, menaça-t-elle. Il sortit son arme de son fourreau dans un tintement métallique et Pelith piaffa sur place, perdant patience.

- Veuillez reculer, ordonna-t-il. Elle ne bougea pas.

- Mon cheval et moi-même perdons patience. Je vous serais gré de ne pas me refuser l'accès à la ville plus longtemps. Il allait répliquer mais elle darda son regard dans le sien. A moins que vous ne souhaitiez être maudit, cracha-t-elle. Le temps joua en sa faveur et une bourrasque de vent se leva dans son dos faisant voler ses cheveux autour de son visage.

Intimidé, le garde hésita avant de se décaler vers la droite, laissant ainsi à Astíriel toute la place qu'elle désirait pour passer. La jeune elfe talonna son cheval qui repartit au trot à travers les rues jusqu'à sa maison. Elle rentra sa monture dans les écuries, la pansa puis partit se coucher. La journée l'avait éreinté, elle devait avouer que depuis plus d'une semaine, vivre sans une autre présence la dérangeait. Elle entendait des bruits qui n'existaient pas et elle s'imaginait que des intrus infiltraient sa demeure à chaque ombre qu'elle croisait. Sa solitude lui pesait déjà.


Alors ? Qu'en pensez-vous ? Je sais qu'il y a beaucoup de descriptions dans ce chapitre mais je voulais détailler le quotidien de notre elfette alors voilà. Dites-moi ce que vous inspire ce chapitre ! Merci de lire et à tous ceux qui m'envoie (ou m'enverront des reviews) c'est ce qui donne envie d'écrire parfois ^^

A bientôt !