Bonsoir !

La suite de cette toute petite histoire, elle n'est pas encore finie, loin s'en faut. Elle n'a pas l'air de vous plaire, c'est un peu dommage dans le sens où elle représente plus pour moi que des fictions qui vous ont plu comme Par le jeu ou Ewie.

Mais ce n'est pas grave. Je me montre juste opiniâtre, une fois de plus. Elle sera postée jusqu'au bout, envers et contre vous =)

Voilà ma Josy, je te l'avais promis, qu'il y aurait d'autres choses que ce que tu avais déjà lu. Tu vas d'abord penser que non parce que tout le début t'est familier, mais promis, la fin de cette partie, tu ne la connais pas.

Disons que j'y vais par étapes ? D'abord un chapitre que tu connais, un, à moitié puis la suite sera une découvert (agréable, je l'espère).

Un petit clin d'œil et gros poutous à Eladora et Perlame au passage. Merci pour le travail incroyable que vous faites les filles.


Black Bryony. C'est le nom de leur maison.

Ron l'a achetée au lendemain de son réveil. C'est ce qu'il lui a dit la première fois qu'elle en a franchi le seuil avec lui.

Il a complètement aménagé cette maison qui leur ressemble tant. Un peu biscornue, certainement branlante, tout à fait à eux.

Le plus dur a été de remplir les bibliothèques massives qu'il a bâties sur les quatre murs de la pièce qu'il lui a choisie. C'est ce qu'il lui a dit.

La petite pièce au plafond pêche est orientée de façon à lui garantir la meilleure lumière dés que le soleil se déciderait à réchauffer leur ciel.

Et au Printemps, les rosiers et la glycine à sa fenêtre ouvrirait une brèche dans son monde d'étude vers leur jardin. Des rosiers anciens de Chine. Mousseline. C'était aussi le tissu de sa robe de mariage.


Pour l'heure, Ron ratisse les feuilles mortes d'un verdâtre écœurant qui tapissent leur pelouse. L'arbre que leur avait offert Neville avait grandi en quelques semaines et ses grandes feuilles bleues ont dodeliné sous le ciel d'été, ravissant leurs pupilles.

Mais maintenant que les feuilles ont viré au verdâtre et recouvrent chaque centimètre carré de leur jardin, elles brisent le moindre enchantement destiné à les déplacer.

Ron les maudit.


Hermione sourit, rajustant la couverture de laine épaisse qui l'entoure. Elle imprime un mouvement lent à la balancelle avant de piocher dans les bonbons aux papiers brillants posés à côté d'elle. Elle ferme les yeux alors que le petit morceau de paradis fond sur sa langue. Citron.

Elle n'ose même pas envisager le prix de ces petites douceurs qu'elle enfourne par poignées. Elle sait bien qu'elles proviennent de la meilleure confiserie de la ville mais c'est plus fort qu'elle.

—Et toi aussi, tu aimes ça, murmure-t-elle en caressant son ventre gonflé par quatre mois de grossesse.

Des feulements furieux la font soudain sursauter et elle se relève avec difficulté alors que Ron rejoint déjà le salon, baguette en main.

Quand elle atteint la pièce, une surprise de taille l'attend.

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Severus Snape et son mari regardent Teddy jouer avec un Pattenrond stupéfixé.

—Merlin tout puissant ! s'écrit-elle en se précipitant sur le malheureux animal.

Elle murmure un contre-sort et se saisit du chat désorienté, s'attirant les couinements mécontents de Teddy. Hermione met Pattenrond à l'abri sur une étagère avant de se tourner vers les deux hommes nullement touchés par la détresse de l'animal.

—Ron ! s'exclame-t-elle avec reproche.

Le grand homme roux hausse les épaules. Il n'y est pour rien.


—Je comprends mieux pourquoi votre cheminée n'est pas protégée, madame Weasley. Votre perfide animal se charge d'accueillir les invités à sa sauce.

—Sapristi, Severus ! Vous n'aviez qu'à vous annoncer ! pépie-t-elle, en colère.

Très peu déstabilisé, l'homme soulève Teddy et le cale maladroitement contre son torse.

—Harry est parti rendre visite à votre frère, annonce-t-il.

Son regard transperce Ron.

Les yeux de l'homme brillent d'un feu sombre alors que les deux anciens Gryffondors pâlissent. Les gazouillements du nourrisson peinent à briser l'épais brouillard de gravité qui est tombé sur la pièce.

—J'y vais, annonce Ron en passant un blouson de cuir par-dessus ses vêtements moldus.

Il embrasse brièvement sa femme. Elle ne le retient pas, et il disparait dans la cheminée sans délai.

—Restez prendre une tasse de thé, Severus.

C'est un murmure impuissant.


La bouilloire se met à chanter à l'instant où le silence commence à les étouffer. Même la douce présence de Teddy a commencé à s'estomper.

Hermione a beaucoup d'affection pour l'enfant. Comme le sien, il sera l'artisan de ce monde pour lequel ses parents se sont battus.

Ron et elle sont sans doute trop las. Ils en ont trop vu pour pouvoir croire encore que tout ira bien.

Certains mangemorts sont toujours en liberté et les idées de Voldemort ne se sont pas éteintes avec lui.

Personne ne suit jamais un dictateur dans sa tombe tant qu'il reste la moindre petite chose à laquelle se raccrocher.

Les convictions destructrices et meurtrières du Lord font partie de ces opiniâtres.

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La haine des moldus est ancrée dans la vie et dans le cœur de beaucoup de sorciers. Si tout semble aller mieux, c'est qu'il est de mauvais ton de laisser échapper ce genre d'opinions actuellement.

On se tait, on entretient cette vilaine petite monstruosité à l'abri des regards.

Alors Hermione n'y croit plus, pas plus que Severus qui ajoute un sucre à son thé.

Et pourtant, ils l'ont fait. Tout ça, ils l'ont fait pour leurs enfants. Pour ceux qui viendraient après. Ceux qui les oublieraient d'ici quelques siècles. Ceux qui recommenceraient.


—Pourquoi maintenant ? souffle Severus.

Elle relève la tête et pâlit de le voir aussi défait.

Ses sarcasmes. Sa haine d'enfant blessé. Elle les sait, les a touchés du doigt.

Il a été leur cible. Leur haine. Leur constante dans ce monde qui s'est écroulé.

— Je ne comprends pas, oppose-t-elle avec gentillesse.

Il déteste ça. Elle le sait. Elle prend un air toujours plus doux. Révolte-toi. Crache-la moi au visage cette douceur. Etrangle-la et réduit-la au silence. Fais-moi croire que tout est comme avant. Elle supplie le visage baissé devant elle.

—Moi non plus, avoue-t-il dans un soupir épuisé qui montre combien le problème a tourné et retourné dans sa tête.


Severus se targue d'être un fin analyste sous ses dehors acérés. Il les cultive, les dresse même toujours un peu plus. Ils lui évitent d'être parti prenant de sa propre vie.

Hermione se souvient du jour où Minerva McGonagall a laissé échapper que Severus n'avait toujours été qu'un spectateur du délitement ignoble de sa vie.

Jusqu'à Harry.


Maintenant, Severus peut le dire même si ce n'est encore qu'à demi-mots, et dans le secret de ses cachots. Harry a été sa perte depuis le début. Il le sait à présent.

Depuis la mort de Lily, il s'était interdit tout regard sur sa propre vie, se contentant d'y survivre.

Car qui sait quel méchant monticule boueux de regrets et d'horreur, il y aurait trouvé.

Et cet enfant avait foulé le sol du refuge de ses plus beaux échecs.

A Poudlard, il avait tourné le dos à son amie.

A Poudlard, Dumbledore avait promis de les mettre à l'abri.

Il y avait reçu la marque honnie.

Cet enfant qui tenait plus de l'épouvantail dépenaillé, lui avait renvoyé tous ses péchés. Et il était le fils de cette femme qu'il avait trop aimé.

Dés lors, Severus avait rendu œil pour œil, dent pour dent à cette chienne de vie qui l'avait aiguillonné une fois de trop. Et de tempête en naufrage, de houle en mer d'huile, il en est arrivé à aujourd'hui.


Assis dans cette petite cuisine où le tintement des cuillères dans les tasses se fait oppressant. A attendre son amant, en espérant son retour. En le suppliant en son for intérieur.

Il baisse les yeux sur la petite main de Teddy qui a attrapé son pantalon.

Harry ne tardera pas.

N'est-ce pas ?