Bonjour, pour bien commencer l'année 2018, j'ai décidé de poster la chapitre 2 ! J'espère qu'il vous plaira.
Je suis presque sûre d'avoir reçu une review anonyme, mais... Impossible de la retrouver. En tous cas elle relevait le côté zen du chapitre 1, et en y réfléchissant, c'est vrai que cette fiction est plutôt zen, ayant moi-même un caractère calme est posé, j'imagine que ça se reflète dans mes écrits (surtout celui là au final) ! Je n'y avais pas du tout pensé en écrivant.
En suite c'était aussi à propos de l'absence de romance. En fait, mon paragraphe au chapitre précédent était surtout là pour rassurer les réfractaires, mais aussi les prévenir : oui il y a une certaine ambiguïté dans leur relation, ce n'est pas vraiment romantique mais ça s'y apparente.
Je voulais juste retranscrire ce lien si particulier qui les unit. Mais, si vous n'attendez comme moi que de les voir se jeter dans les bras l'un de l'autre, je suis en train de concocter une suite (avant même d'avoir fini VoySpi, je pense à une suite...) un peu plus romantique, huhu...
Sinon, l'image de couverture est provisoire, je compte en faire une nouvelle un de ces jours.
J'ai rajouté dans l'encadré le temps moyen de lecture (ça peut être utile), et l'équivalent en âge recommandé du rating.
Sur ce, bonne lecture.
- Chapitre 2 ;
- 3 476 mots (15 min.)
Rating : K+ (+9), pour mention de symptômes pas très sympas
Narrateur : Sasuke
Chapitre 2 — LE TEMPLE ROUGE
J'ai étrangement bien dormi. Oui, c'est étrange, parce que la dernière fois que ça m'est arrivé, je crois bien que mes parents étaient encore animés de la chaleur étouffante qui est propre aux Hommes qui vivent. D'après cette femme, les troubles du sommeil sont un des premiers effets des troubles spirituels en tous genres. Cette nuit, ni insomnies, ni cauchemars ne sont venus me tourmenter. C'est sûrement grâce à ce sceau incompréhensible sur mon unique poignet. Elle m'a avoué que je risquais d'avoir encore mal à la tête parfois, peut-être de légères nausées, ou des douleurs musculaires inexpliquées, mais qu'une grande partie des effets seraient atténués. La situation devenait fâcheuse, d'après elle. Je n'ai aucun mal à la croire : je commençais à avoir des hallucinations, des crises de larmes ou de panique, d'horribles hauts-le-cœur, et je baignais dans cet écœurement faible mais persistant qui m'apportait un sentiment d'opiniâtre satiété malsaine.
J'ai vu ce matin Shinme écrire des mots que je n'ai pas cherché à lire, par respect ou indifférence, sur une des feuilles blanches. Elle l'a ensuite pliée en avion, a dessiné un sceau dessus, et l'a lancée avec la force de l'espoir dans les airs. Aussitôt que tout le monde fut levé, nous avons repris la route. Nous sommes presque arrivés, paraît-il. J'entends Naruto discuter avec elle, hier déjà ils ont passé la journée à parler. Ils parlaient d'eux, ils parlaient de moi. Tout ça m'a fatigué, je ne fais pas confiance à cette femme, et Naruto ne devrait pas non plus. Elle a l'air trop parfait pour être honnête, c'est impossible qu'elle soit tout ce qu'elle prétend être. Cet imbécile face à moi l'a déjà adoptée, il est trop crédule et accorde sa confiance trop facilement. Je ne suis ici que parce qu'on m'y a obligé, je supportais bien tous ces effets indésirables seul. Malgré tout, je les écoute attentivement. C'est distrayant, et leurs voix paisibles s'accordent au paysage qui défile, là dehors.
« Alors, lance soudain Naruto, parle-moi de ton chéri qui t'attend à chaque fois.
― Enfin, elle rit légèrement, ce n'est pas "mon chéri" !
― Ah bon ? Tu as dit que c'était "ton amour", c'est pareil non ?
― C'est une femme.
― Oh. »
C'est tout ce que Naruto a répondu, mais j'ai peiné à l'entendre. C'était un « oh » presque muet, surtout formé par ses deux lèvres rapprochées en ronde. Je me suis moi-même retourné, surpris. Naruto se reprend vite, je n'ai pas bougé.
« Parle-m'en quand même. Elle est comment ?
― Ah... Elle est comme une pierre précieuse. C'est la plus belle des femmes, mais elle a un coeur de glace.
― Et tu aimes ce genre de personne ? demande-t-il sceptique.
― J'aime tous les genres de personnes, mais je l'aime elle. Dès le premier regard, quand elle avait peut-être dix ans. Je suis un peu plus jeune qu'elle, de deux ans, alors à l'époque l'écart était assez important. Depuis que mes yeux, à l'époque j'en avais deux, ont plongé dans les siens, j'ai voulu faire fondre ce cœur de glace. Elle a les plus beaux yeux du monde, comme elle ce sont de magnifiques émeraudes.
― Je trouve les gens amoureux fascinants.
― C'est vrai que c'est merveilleux d'aimer quelqu'un. Je ne sais pas pourquoi je suis partie la première fois alors qu'il y avait un tel trésor à mes côtés. »
Je ne peux empêcher ses paroles de faire écho dans mon esprit à ma propre histoire. Quels que soient les yeux de cette femme, ils ne sont certainement pas aussi beaux que ceux de Naruto. C'est ce que je n'ai pu m'empêcher de penser quand Shinme a dit qu'ils étaient les plus beaux du monde.
« Tu l'aimes pour son physique alors ? demande Naruto.
― Ça joue sûrement. Ceux qui ne croient qu'en la beauté intérieure sont des menteurs, ou des aveugles. Je suis persuadée que l'apparence joue son rôle. Mais ce n'est pas parce qu'elle est la plus belle femme du monde que je l'aime. C'est parce que je l'aime, qu'à mes yeux elle devient la plus belle femme du monde.
― Tu as raison sur la fin. Mais je pense que l'apparence n'a pas tant d'importance. Quand on tombe amoureux, c'est d'une personne dans son ensemble.
― Et l'apparence, Naruto-kun, fait partie de cet ensemble. J'aime tout chez cette femme, tout ce que je vois, et j'aime aussi ce que je ne vois pas avant de le voir, et que je veux découvrir.
― C'est admirable, une telle confiance. »
C'est surtout naïf, idiot, inconscient, inconsidéré.
« Durant toute mon adolescence j'ai essayé de la séduire, mais finalement je suis partie.
― Mais pourquoi ?
― Je n'aime pas en parler. En tous cas quand je suis revenue, près de dix ans plus tard, je lui avais manqué, et elle a pleuré. Elle m'a tout dit avec son cœur, elle n'explicite jamais ses sentiments. »
Naruto m'a regardé, j'ignore pourquoi. J'ai juste haussé les épaules et détourné mon regard. Il a du penser que je ressemblais à cette femme, sur le plan moral. Ils ont continué à discuter des « personnes qui n'explicitent pas leurs sentiments », et Naruto s'est un peu trop souvent tourné vers moi à mon goût. Nos mollets se sont plusieurs fois heurtés, parfois à cause d'un caillou sur la route, d'autres fois à cause d'un mouvement trop brusque de l'autre agité. Nous sommes à l'étroit il faut dire, entre ces caisses et autres gros sacs, dans une si petite charrette. Ils arrivent finalement à un nouveau sujet de discussion.
« Et toi, Naruto-kun. Tu n'es pas amoureux ?
― C'est que... Je suis célibataire.
― Et il n'y a personne avec qui tu envisages de finir ta vie ? demande-t-elle malicieusement.
― Peut-être, mais... Non, il n'y a personne en fait.
― Je vois.
― Tu ne vois rien du tout, puisque je ne t'ai rien dit ! il s'énerve.
― Je vois, je vois... »
J'aurais aimé en savoir plus, j'admets, mais ils changent rapidement de sujet. Nous avons passé les derniers kilomètres à monter et ils n'ont parlé que de la pente qui était raide, et du panorama qui était magnifique. Ces deux faits sont certainement avéré, mais il n'est aucunement nécessaire d'en faire tout un discours, je ne comprends jamais ce qu'ont les gens à parler de choses évidentes. Nous sommes arrivés au Temple Rouge, enfin. Celui-ci est entouré de falaises et de petites montagnes, les nuages sont sous nos pieds. Le temple en lui-même semble immense. Il y a une salle principale par laquelle nous entrons, elle est très grande est encore plus haute. Il y a des dizaines de colonnes, et face à nous de grandes fenêtres. Une femme s'approche de nous. Elle est belle et grande. Sa peau est dorée, ses cheveux lavande, et ses yeux sont verts et durs, comme l'émeraude. Je m'étonne de leur profondeur, et de l'intensité de cette couleur. C'est surréaliste, mais ils ne sont effectivement pas aussi éclatants ni vifs que ceux de Naruto, d'un bleu mirifique. C'est certainement la femme dont nous à parlé Shinme plus tôt.
« Tu es rentrée, dit l'inconnue. Lequel est malade ? »
Je sens qu'on me pousse en avant. J'ai l'impression de n'être qu'un enfant sous le regard austère de cette femme, mais je ne baisse pas le mien, que je sais rivaliser sans peine. Ses paupières se plissent, je pense qu'elle se sent offensée, peu m'importe. Elle désigne Naruto et demande s'il est « l'autre ». Shinme approuve, je n'aime pas cette façon de nous traiter.
« Il n'est pas tard, on peut commencer tout de suite. »
J'aimerais bien. J'imagine que plus tôt nous auront commencé, plus vite j'en aurai fini avec toute cette histoire. On nous mène dans une salle éloignée, Naruto discute encore avec Shinme. Ces deux-là s'entendent trop bien, ce n'est pas normal : ils sont sensés se connaître depuis avant-hier au soir. La salle en question est plus petite et sombre, c'est plus intime, agréable. Il y a des tatamis au sol, un petit bassin à droite et de grandes tapisseries à gauche. Il fait trop sombre pour que j'en perçoive les motifs, de fins rideaux couvrent la fenêtre. En suivant les instruction de Shinme, Naruto et moi nous installons en tailleur, dos à dos.
« Toi Sasuke-kun, dit-elle, tu as sûrement déjà pénétré à la surface de l'âme des autres, grâce à ton Sharringan.
― Hm.
― Et toi Naruto, tu es sûrement déjà allé en toi, notamment pour maîtriser ton bijuu.
― C'est vrai. Et Sasuke s'est déjà retrouvé face à Kuurama, aussi grâce au Sharringan.
― C'est bien. L'endroit où est enfermé le Kyuubi est l'espace de stockage, je vous en avait déjà parlé.
― Oui, acquiesçons-nous ensemble.
― Aujourd'hui c'est en Sasuke-kun que vous allez voyager. Le Sharringan ne vous sera donc pas vraiment utile, vous vous rendrez sous forme de projeté spirituel dans son âme.
― J'ai rien compris, à partir de « en Sasuke ».
― Ce n'est pas grave, dit-elle. Vous allez atteindre la surface de l'âme de l'un de vous grâce à la méditation. Naruto-kun, toi qui maîtrise le senjutsu, fais attention de ne pas aspirer l'énergie de la nature. Tu n'en as pas besoin. Pénétrer l'âme est un exercice d'introspection. Le surdéveloppement sensoriel qu'apporte le senjutsu risque de te distraire et te réveiller.
― D'accord. Euh... Comment on saura du coup si on est dans la surface de Sasuke ou la mienne ? C'est pas clair cette histoire.
― Usuratonkachi, dis-je à mon tour. Lors de notre dernier combat nous avons communiqué à travers nos âmes, tu as oublié ?
― C'est super, rebondit-elle, dans ce cas Naruto-kun tu dois déjà avoir une idée de ce à quoi ressemble la surface de l'âme de Sasuke-kun ! Si ça peut vous aider, la surface de l'âme est habituellement lumineuse et étoilée, mais les âmes torturées comme celles de Sasuke semblent vides et obscures.
― Oui ! fait-il tout à coup ; Je m'en souviens, oui.
― Parfait. Si vous méditez correctement et réussissez à entrer en résonance l'un avec l'autre, ce dont je ne doute pas, vous arriverez alors tous les deux sur les deux surfaces à la fois. Il vous faudra vous concentrer sur celle de l'âme de Sasuke-kun, et rapidement vous y enfoncer pour ne pas être éjectés.
― Qu'arrive-t-il si nous sommes éjectés ? je demande, méfiant.
― Il faudra recommencer, mais ce processus est épuisant, je vous conseille de réussir rapidement. »
Elle nous explique ensuite ce qu'est un projeté spirituel : une sorte de clone qui n'utilise pas de ninjutsu et qui reflète l'âme. Elle explique que l'apparence du projeté spirituel est instable, surtout pour les gens torturés. Il ne serait donc pas étonnant de voir l'un de nous devenir soudain enfant, vieux de cent ans, ou difforme. Ce sont d'après elle les changements les plus fréquents. Shinme restera dans la salle, afin que nous puissions communiquer et qu'elle puisse nous donner des indications, si nécessaire. Elle nous a clairement annoncé qu'elle ne savait pas à quoi s'attendre. Les âmes sont toutes différentes, surtout les parties intérieures, et encore plus les âmes torturées, personne ne sait donc précisément ce qu'on trouvera là-bas. Je n'aime pas qu'on dise de moi que je suis un torturé, mais j'imagine bien les supplices que couvrent ce sceau sur mon seul poignet. Il paraît que Shinme devra le défaire avant l'introspection. Le but de ce sceau est de masquer les effets du trouble de mon esprit, pour ce faire il bloque l'esprit en lui-même, hors, c'est ce que nous voulons atteindre. D'après Shinme, tant que je serais en méditation, je pourrais moi-même ignorer tous ces effets, en restant cependant vigilant et concentré.
Nous commençons enfin. Il y a d'abord quelques petits préparatifs à faire. Shinme nous recommande de nous mettre torse-nu, pour être plus à l'aise. Naruto obtempère mais je préfère refuser, je garde mon haut. Sans poser de question, elle respecte mon choix. J'ai quand même posé ma veste d'ANBU, et nos armes ont déjà été déposées à l'entrée du temple. L'autre femme entre dans la salle, elle a une boîte dans les mains. Sans nous regarder elle s'approche de Shinme, et lui remet la petite boîte en bois peint.
« Les voilà.
― Merci, répond Shinme, avant de demander pleine d'espoir : Tu restes avec moi ?
― ... Non.
― Oh. elle semble déçue ; Tu viendras me voir, quand même ?
― Sans doute. »
Le visage de notre guide s'est éclairé de bonheur, alors que celui de l'autre femme demeurait clos. Shinme ouvre la boîte tandis que la femme repart. Elle nous tend à chacun un pendentif suspendu à un fil rouge.
« Ils vous aideront à entrer en résonance, dit-elle, et à vous concentrer l'un sur l'autre.
― Eh ! fait alors Naruto ; Pourquoi c'est moi qui devrait avoir le Yin alors qu'il représente la femme ?
― C'est le Yang que tu as, Naruto, réponds-je trop exaspéré d'une telle puérilité.
― C'est Sasuke qui a l'énergie passive parce que c'est dans son âme que vous devez pénétrer.
― ... Ah. »
Shinme s'attache les cheveux en une queue haute, et lorsque Naruto lui demande, elle explique que c'est pour ne pas être gênée. Elle nous demande de nous remettre en place et de porter les pendentifs. Nous sommes dos à dos, mon Yin est noir et a la tête en bas, le Yang de Naruto est blanc et a la tête en haut. Après ça, nous commençons. Je dois fermer les yeux et me concentrer sur mes émanations de chakra, mes sentiments, Naruto doit se concentrer sur moi. On m'attrape le bras, Shinme me demande de ne pas résister, ce que j'avais fait de façon purement instinctive. Je me détends, elle doit retirer le sceau, c'est vrai. J'angoisse un peu, elle s'en rend sûrement compte parce qu'elle ne le fait pas tout de suite, elle attend que je me concentre à nouveau.
Sasuke !
Le sceau a probablement été retiré, j'ai accédé d'un coup à l'âme de Naruto, en même temps qu'un vertige me prend. Je me souviens de cet endroit, c'est toujours aussi chaleureux, je voudrais y rester. Il est face à moi et s'approche doucement. Peut-être qu'il court, je ne saurais le dire. Je suis debout, mais ce vertige a été si soudain que je n'ai pu m'empêcher de vaciller. Un de mes genoux tombe pour me retenir. J'ai l'impression suffocante que mon corps pèse cent fois son poids habituel, et que l'air alentour m'étouffe et m'écrase lentement.
« Est-ce que ça va ? »
Naruto s'est approché, inquiet. Mon malaise s'est envolé aussitôt. Je le regarde, je ne sais pas quoi lui répondre alors je me tais. Je crois qu'il attend sincèrement une réponse, parce qu'il est un peu bête. Mon corps est toujours en tailleur là où je l'ai laissé, le temps s'écoule de la même manière qu'ici, je n'ai pas trop l'habitude.
« Concentre-toi d'avantage sur toi-même, dit-il, c'est dans ton âme qu'on cherche à entrer. »
J'ai soudain l'impression de me réveiller, alors que nous sortons de l'âme de Naruto. C'est sûrement ce que Shinme a appelé « se faire expulser », je n'ai pourtant pas l'impression d'être resté si longtemps que ça. Elle nous explique que rester à ne rien dire où ne rien faire à la surface de l'âme d'autrui est compliqué. D'après elle, si les âmes de deux personnes se connectent, c'est principalement pour communiquer. Cette expulsion est sûrement due aussi à un manque de concentration.
« Il vous faut impérativement vous concentrer sur le projeté spirituel que vous aurez envoyé dans l'âme de Sasuke. Alors, vos corps entreront dans une sorte d'hibernation demi-consciente, et tout deviendra plus facile. »
Nous recommençons, et cette fois je me sens clairement dans deux endroits à la fois. Trois si je compte la pièce du temple où je suis assis. Je suis debout dans deux grands espaces vides, l'un est froid, l'autre est chaud. Naturellement, j'ai envie de me concentrer sur la chaleur, mais je me retiens. Je devine que l'espace chaud est l'âme de Naruto, tandis que le froid est la mienne. J'ouvre les yeux, il fait noir. Le sol est lisse et semble recouvert d'une fine pellicule d'eau, qui ne mouille pas. On ne dirait pas de l'eau, c'est un liquide poisseux. Je ne sais pas ce qui me fait penser ça : il n'a pourtant pas d'odeur. J'entends le bruit que fait Naruto sur cette surface singulière. Il a l'air lumineux dans toute cette obscurité.
« Alors, nous y sommes ? demande-t-il.
― Il semblerait.
― Comment fait-on pour s'enfoncer, maintenant ? »
Je hausse les épaules : je ne sais pas. Le projeté spirituel de Naruto est exactement celui qui est assis dos à moi, avec son bandeau et sa veste de jounin. Je n'en suis même pas étonné. Je me penche pour analyser la texture de ce liquide à mes pieds, mon propre projeté porte une grande cape noire, elle est encombrante mais me convient. J'ai tendu la main vers le sol alors que je m'accroupissais, j'ai tendu la gauche un peu par automatisme parce que je suis gaucher et qu'on ne s'habitue jamais vraiment à l'absence d'un membre. La surprise m'a éjecté pour la deuxième fois. Je suis de retour à la réalité, ma respiration est saccadée et je me sens paniqué. Le bras que j'ai tendu vers ce sol répugnant, il était gris et rachitique. Tout fripé, sale, squelettique, mais surtout il était bien là. Je porte ma main à mon bras, qui écrase aussitôt ma manche contre mes côtes : elle est vide. Doucement, je me calme alors que les autres s'inquiètent.
« Sasuke, est-ce que ça va ?
― Que s'est-il passé ? »
Me tournant face à eux, je les interromps et demande à Naruto comment lui est apparu mon projeté spirituel. Il cligne plusieurs fois des yeux avant de raconter :
« Normal. La première fois quand on s'est vus dans mon âme tu n'avais pas changé, et la deuxième fois quand on était dans la tienne non plus. Tu avais un âge normal, et tu portais une longue cape noire qui cachait tout ton corps, on n'en voyait que les pieds et le bas des tibias. Tes pieds étaient normaux aussi. En suite, à un moment donné tu t'es penché pour ramasser un truc ou je ne sais quoi, et ton bras est sorti de la cape. Il était très maigre, mais je n'ai pas eu le temps de bien voir, tu as disparu tout de suite après, et puis j'ai été éjecté. »
Lui aussi, il l'a vu. Je resserre ma prise sur ma manche, il n'y a rien que du tissu dans ma poigne, alors pourquoi ?
« Il est également fréquent de retrouver des membres amputés sur le projeté spirituel. Soit celui qu'il devrait être, soit changé, je vous avais prévenus : l'apparence du projeté est instable. La surprise ou la peur que la découverte de ce membre a provoqué chez toi, Sasuke-kun, a dû t'éjecter.
― Hm.
― Et pour moi alors ? J'ai à peine eu le temps de le voir, la surprise n'était pas si forte.
― C'est vrai. Mais tu étais dans l'âme de Sasuke-kun sans lui, et sa propre surprise t'a éjecté également. La peur provoque souvent une fermeture soudaine de l'esprit. »
J'appréhende un peu mais ai réussi à me calmer, nous nous replaçons et encore une fois, recommençons.
Alors ? Avez-vous aimé ? On entre pas encore tout à fait dans le vif du sujet, c'est surtout le chapitre des longues explications, mais promis : la prochaine fois ça commence vraiment ! On sera vraiment dans l'âme de Sasuke, et c'est un chapitre que j'aime beaucoup. Je le trouve poétique.
Personnellement, les "kun" de Shinme m'ont un peu saoulée, mais j'ai eu la flemme de les retirer xD ...
N'hésitez pas à laisser un petit (ou grand) commentaire, j'y répondrai avec plaisir.
Bonne année, bonne santé ; et rendez vous au prochain chapitre :
La Bibliothèque du Savoir
