A/N: bonjour à tous, je suis vraiment ravie de vous retrouver pour cette mini-fic. Franchement, je me suis régalée à écrire ce chapitre et j'espère de tout mon cœur qu'il vous plaira et que je réussirai à vous faire tomber amoureuses de Raphael autant que je le suis. Pour vous situer, je tenais à vous dire que j'ai choisi d'utiliser le Raphael de la version 2014-2016 comme vous me l'avez conseillé :)
Bonne lecture !
Rappel: les TMNT ne m'appartiennent pas – tous les droits sont réservés à leurs créateurs
Il pensait son cœur de pierres, mais lors de cette nuit fraîche de septembre, son cœur avait tambouriné comme jamais auparavant. Il avait senti son sang pulser méchamment dans chaque parcelle de son corps, et ses yeux brillants s'étaient épris par la beauté de cette jeune humaine. Sa longue chevelure cuivrée tressée en épi sur le côté était sublimement coiffée d'un bonnet en laine couleur crème, contrastant merveilleusement avec son teint porcelaine. Une boisson chaude à la main, elle avançait tranquillement dans le froid de la nuit, chaudement vêtue d'un trench-coat couleur chocolat par dessus ses collants noirs. Seule et silencieuse, ses pas semblaient néanmoins cadencés par la musique qu'elle écoutait. Les joues chaudes et les yeux réduits à deux fentes dans l'obscurité de la nuit, Raphael n'était pas parvenu à détacher son regard de son corps menu. Elle paraissait fragile mais pourtant si forte à la fois que c'en fut déconcertant pour le jeune mutant. Ainsi l'avait-il suivie jusqu'à chez elle, vivant à l'ombre de ses pas.
Elle avait piqué sa curiosité au vif et le charme qu'elle exerçait sur lui, malgré elle, était délicieusement irréversible. Elle l'intoxiquait. Raphael ne comprenait pas pourquoi il s'était enchaîné à cette humaine, mais il prenait insensiblement conscience de la puissance de ce lien. Chaque soir, malgré lui, il se plaisait à trôner sur le toit voisin au sien, dans l'ombre de la nuit, alors qu'elle était paisiblement allongée sur sa balancelle. Dès lors que les étoiles étincelaient de mille feux, Raphael était présent pour guetter et protéger le joli minois fatigué de la demoiselle, dont les yeux luisaient sous le ciel bleu marine. Son regard était magnifique et ce, même si des cernes l'assombrissaient parfois. Aux yeux de Raphael, rien n'aurait jamais pu éteindre ses éclatants iris verts, lesquels avaient le pouvoir d'embraser son cœur. Raphael devenait dangereusement ivre de ce manège qui dura un peu plus de deux mois. Puis, l'automne s'installa tranquillement, peignant les rues de ses couleurs si chaudes : les feuilles des arbres brunissaient au fil des semaines, puis tombaient dans leur dernière danse sur les trottoirs.
Un soir de novembre, la belle inconnue s'assoupit pour la première fois sur sa balancelle, confortablement nichée sous un plaid d'un blanc cassé mais somptueux, lequel contrastait excellemment avec sa chevelure cuivrée, délicieusement décoiffée. Lorsque Raphael arriva sur le toit voisin pour veiller sur elle, comme il avait coutume de le faire chaque soir après le coucher du soleil, il fut éberlué de la voir les yeux clos, bercée sous les étoiles, mais tremblante comme les feuilles mortes des arbres. Pris d'un terrible pincement au cœur en la voyant trembler de froid, Raphael hésita un moment, puis, curieux, il escalada avec souplesse la façade de son immeuble, s'approchant de l'objet de ses désirs avec une prudence extrême. Rassuré de la savoir endormie, bien que regrettant amèrement de ne pas avoir pris le temps de se camoufler, il avança craintivement d'elle, sans oser la lâcher de ses yeux brûlants. Sa beauté naturelle l'époustouflait et faisait agréablement battre son cœur, mais elle n'était qu'un rêve inaccessible à ses yeux et Raphael en était pleinement conscient. Les mains moites – bien que gelées par le froid – et le cœur cognant contre les plaques pectorales de son plastron en kératine, il la dévorait de son regard intense, la trouvant encore plus belle et désirable de près.
À peine une cinquantaine de centimètres les séparaient, et Raphael semblait ne pas réaliser la puissance de l'attraction qu'elle exerçait sur lui. Bien qu'envoûté et littéralement sous le charme, il ne parvenait ni à admettre, ni à tolérer ses sentiments les plus intimes auxquels il se sentait éperdument soumis : il méprisait ce sentiment désagréable qui le rendait faible et vulnérable, et il haïssait la beauté de cette jeune humaine qui agissait sur lui comme une drogue à laquelle il était intoxiqué.
Attiré vers elle comme un aimant, il s'approcha au rythme des battements de son cœur en la brûlant du regard, puis il vérifia que la fenêtre qui séparait le toit de sa chambre fût bien verrouillée, avant de se glisser derrière la balancelle à pas de loup. Accroupi derrière elle, ses yeux brillaient de curiosité à l'égard de cette humaine qu'il trouvait redoutable, alors qu'il l'observait profondément derrière les barreaux froids de la balancelle, le regard luisant au clair de lune. Jamais il ne s'était approché aussi près d'un être humain et cette proximité le fascinait autant qu'elle le déconcertait. Il ne parvenait pas à décoder les sentiments qui faisaient battre son cœur aussi douloureusement, mais ils étaient d'une pureté sans égal. Animé par ses envies, sans la lâcher de son regard perçant et brûlant, il se redressa avec prudence et prestance, puis il se pencha par-dessus la balancelle pour empoigner son doux plaid de ses trois doigts tremblants. Son regard brillait de mille feux et, priant intérieurement pour ne pas la réveiller, il tira le plaid le long de son corps avec une tendresse infinie jusqu'à recouvrir son épaule mi-nue. Son cœur s'affola lorsqu'elle soupira dans son sommeil et, pris de sueurs froides, il se réfugia craintivement derrière le dossier métallique de la balancelle, en position fœtale. Les yeux bas et plissés, il pinça fébrilement ses lèvres en jetant des regards curieux mais incroyablement méfiants vers elle. Terriblement soulagé ne plus lire aucune forme de froid ou de mal-être sur son visage endormi, il autorisa un imperceptible sourire à étirer le coin de ses lèvres sèches et balafrées.
Pour la première fois, il réalisa la folie réelle de ses actes : il tournait autour d'elle comme un lion – enragé et affamé à la fois – depuis presque deux mois, et il se trouvait effroyablement ridicule ; pourtant, il se surprenait à beaucoup aimer ce jeu dangereux. Ses sentiments lui paraissaient complexes et indéchiffrables, mais ce soir-là, même sans les comprendre, il accepta de se soumettre à eux le temps de quelques minutes. De cette manière, il profita que la peau froide et blafarde de la belle endormie fût anesthésiée par le vent hivernal pour caresser sa joue du bout de son index chevrotant et incertain. Bouleversé et étourdi par ce contact charnel qu'il n'avait jamais eu l'occasion d'expérimenter autrefois, il écarquilla ses yeux émeraude en tâtonnant rêveusement et curieusement sa joue douce et fraîche, néanmoins agréablement gorgée de chaleur humaine. Désarmé, ses joues s'enflammèrent alors qu'il la dévorait inlassablement de ses yeux luisants, la caressant du bout de ses doigts gelés avec convoitise.
Après une tendre et langoureuse caresse qu'il dévia de sa joue jusque dans la douceur de sa chevelure emmêlée, il retira vivement sa main lorsqu'il aperçut ses paupières trembler. Sans réfléchir, effaré à l'idée qu'elle eût pu le voir, il s'échappa pour s'évanouir dans la nuit. Maudissant sa précipitation et ses allures pataudes, il éprouva une vive culpabilité, se sentant terriblement idiot : elle était si belle et lui, si hideux. Il ne méritait pas d'avoir osé poser son regard sur elle, persuadé d'avoir violé sa plus tendre intimité par ces regards et ses caresses. Se hâtant de se réfugier sous une plaque d'égout, il se sentit soudain misérable, honteux et monstrueux.
Brusquement arrachée à sa rêverie, la jeune humaine se redressa vivement en agrippant fiévreusement sa joue, les lèvres entrouvertes et sèches. Une magnifique grimace crispa son visage et elle enroula son plaid autour d'elle pour se réchauffer, sans comprendre la raison de ce réveil si soudain qui la laissa perplexe.
