Reprise des cours
Le réveil sonna. Il était 6:45, et les cours reprenaient aujourd'hui. Izuku s'étira en baillant, et éteint l'engin bruyant qui l'avait tiré du sommeil. Il prit quelques affaires et se rendit aux douches communes pour faire un brin de toilette. Il repensa en rougissant à ce qu'il s'était passé à cet endroit le samedi soir. Depuis, il n'avait pas revu Shoto, et il pensait que le garçon l'évitait. Il espérait qu'il ne regrettait pas ce qu'ils avaient fait, et qu'il ne comptait pas le laisser en plan, maintenant qu'il avait réalisé qu'il lui plaisait. Il l'avait embrassé quand même... Et pas qu'une fois ! Ça voulait quand même dire quelque chose ! Et puis, ils avaient... Deku rougit de plus belle et se passa de l'eau froide sur le visage, pour calmer ses émotions. Il se dit que ce qui était arrivé ne pouvait pas être dû au hasard, et il se promit de parler à son "ami", pour mettre les choses au clair. S'il le croisait... S'il ne le fuyait plus. Ce qui était encore un autre problème. Il soupira et sortit prendre son petit déjeuner. En chemin, il croisa Uraraka qui lui lança un grand sourire.
- Salut Deku ! Ça va ? Tu as passé de bonnes vacances ?, lança la jeune fille,
- Bonjour ! Très bien. Je me suis entraîné quasiment tous les jours, le temps était vraiment radieux. Et toi?, répondit-il,
- Je suis allée rendre visite à ma famille du côté de ma mère, à la campagne. Ça faisait longtemps que je ne les avais pas vus !
- Oh c'est bien, tu as de la chance…
- Oui, ça m'avait manqué...
- Alors, prête à revoir un Aizawa-sensei encore plus aimable que d'habitude? la taquina-t-il,
- M'en parle pas! Je l'ai croisé ce matin, il avait vraiment l'air de mauvaise humeur..., dit-elle en esquissant une grimace.
Ils arrivèrent à la cuisine, où presque tout le monde profitait de ces derniers instants de liberté. Ils prononcèrent un bonjour général, et s'attablèrent avec les autres. Deku finit les gaufres de sa mère et avala un bol de lait chaud, et son amie coupa une énorme tranche de brioche pour accompagner sa confiture de fraise et son jus de pomme. Une fois rassasiés, ils retournèrent chacun dans leur chambre, enfilèrent leurs uniformes, se brossèrent les dents, et se rejoignirent sur le perron pour faire le chemin ensemble. Depuis qu'ils habitaient à l'internat, ils avaient pris l'habitude de se retrouver tous les matins, et rapidement, une petite routine bien huilée s'était installée. Kirishima disait qu'ils ressemblaient à un vieux couple et qu'Ochako devait être amoureuse de lui pour accepter de le suivre partout comme ça. Mais Izuku se fichait bien de ce que les autres en pensaient et appréciait ces moments seul à seule avec sa meilleure amie. Même si en y réfléchissant, il aurait bien aimé les passer avec Todoroki. Il rougit encore à cette pensée.
- Deku? Deku? Tu m'écoutes?, l'interpella la jeune fille
- Heu oui, tu disais ?
- Tu ne m'écoutais pas, répondit Uraraka en soupirant,
- Je suis désolé, je pensais à autre chose, balbutia-t-il en rougissant pour la troisième fois de la journée.
- Toi, dit-elle en le pointant du doigt, tu me caches quelque chose. Elle plissa les yeux, soupçonneuse, et ajouta : Tu crois que je n'ai pas remarqué ton air rêveur et tes pommettes rosées ? Tu es sûr que tu n'as rien omis en me racontant tes vacances?
- Je ne vois pas de quoi tu veux parler, nia-t-il, rougissant de plus belle,
- C'est ce qu'on va voir, le menaça-t-elle en souriant.
Le jeune homme ne répondit pas, mais frémit par avance. Il savait qu'Uraraka était une vrai diablesse, quand il s'agissait de lui tirer les vers du nez, et il priait pour qu'elle ne devine pas trop vite ce qu'il se tramait. Pas avant qu'il ait parlé à Shoto.
La journée passa, sans qu'il ait eu le temps de discuter avec le garçon. A chaque fois qu'il le voyait, il s'approchait de lui, l'interpelait, mais l'autre disparaissait aussitôt, prétextant avoir des choses importantes à faire. Izuku commençait vraiment à s'inquiéter et il se promit d'aller le voir dans sa chambre après le dîner. Au moins, là-bas, il ne pourrait pas lui échapper.
Vers 22:00, il se dirigea vers sa chambre. Il s'arrêta sur le seuil et hésita. Il se força à respirer calmement pendant plusieurs secondes, puis frappa trois petits coups délicats. Il entendit son ami se lever et la porte s'ouvrit. La première chose qu'il remarqua était que le pyjama bleu à rayures qu'arborait le jeune homme était le même que celui qu'il lui avait enlevé le soir de leur incartade. Il sourit à cette pensée.
- Je peux entrer ?, demanda Deku d'une voix sautillante,
Todoroki s'écarta pour le laisser passer, et referma derrière lui. Un silence plutôt gênant s'installa.
- Alors ? Tu as une raison valable de venir me déranger à cette heure ?, l'interrogea le fils d'Endeavor,
- Je suis désolé. Si je t'embête, je peux revenir une prochaine fois, répondit son camarade, en se balançant d'un pied sur l'autre, prêt à repartir,
- Nan c'est rien, reste.
Izuku se dit que c'était un signe favorable et reprit confiance en lui. Il s'avança et rassembla tout son courage:
- Je suis venu pour savoir si tu..., enfin, si jamais ça t'intéresserait de, heu... être un peu plus qu'un ami?
Un long silence lui répondit. Il reprit, très mal à l'aise devant ce manque d'enthousiasme:
- Vu ce qu'il s'est passé samedi soir, j'avais pensé que peut-être...
- Je ne sais pas ce que tu as pu t'imaginer, mais oublie ce qui est arrivé, c'était une bêtise de ma part. Je suis vraiment désolé de t'avoir induit en erreur, ça ne se reproduira plus.
Izuku sentit les larmes lui monter aux yeux. Son comportement et son ton cassant étaient tellement en contradiction avec ce qu'il lui avait laissé entendre deux jours auparavant. Il ne s'attendait vraiment pas à ce revirement de situation.
- D'accord, je comprends, excuse moi de t'avoir embêté, ajouta-t-il en tentant de sourire et de retenir ses larmes, ce qui ressemblait plus à une affreuse grimace, bonne nuit Todoroki.
Midoriya partit, en essayant de cacher sa peine au fond de son coeur, mais aussitôt arrivé dans sa chambre, il fondit en larme. C'était trop dur à encaisser. Il y a une semaine encore, il pensait qu'il aimait les filles, puis, en trois jours à peine, il avait appris que les hommes l'attiraient aussi, et qu'il aimait sûrement Shoto, puis il s'était fait froidement rejeter par ce dernier.
Le lendemain, il hésita à aller en cours. Son moral était au plus bas. Il savait que s'il croisait le regard du beau jeune homme, il ne pourrait pas s'empêcher de pleurer à nouveau. Mais pour ne pas inquiéter sa meilleure amie, il décida de se composer un visage joyeux, et de faire comme si de rien n'était. Mais c'était sans imaginer ce qu'il allait voir en sortant du bâtiment.
Il rejoignit Uraraka sur le perron, et ils avancèrent jusqu'à l'école. Deku n'avait pas déjeuné, alors il décida d'aller chercher un sandwich à la cantine. Quand il revint, son amie lui fit une confidence :
- Hier on a fait une réunion post-rentrée entre filles dans la chambre de Mina, et devine ce qu'on a découvert ?
- Je suppose que vous avez encore parlé de garçons ?
- Oui! Et j'ai tiré les vers du nez à Momo...
Deku eu un élan de compassion pour sa pauvre camarade.
- Et qu'est-ce qu'elle t'a dit?
- Elle nous a avoué qu'elle a demandé à Todoroki de sortir avec elle dimanche ! C'est pas génial ?
Il sursauta en entendant ces mots.
- Et qu'est-ce qu'il a répondu ?, répondit-il, d'un air détaché,
- Oui, évidement ! Ça faisait longtemps qu'on se doutait qu'il se passait quelque chose entre ces deux là... Tu pourrais faire une mine plus gaie quand même ! C'est génial pour eux.
- Oui tu as raison c'est vraiment super, j'irai les féliciter!, répondit-il d'un air faussement enjoué.
Au fond de lui, il se sentait encore plus brisé que la veille. Il avait espéré que Shoto reviendrait vers lui, que c'était une méprise, qu'ils s'étaient mal compris. Mais il s'était mis en couple avec elle le lendemain de leur petite histoire. Cela prouvait que ce dernier n'en avait rien à faire de lui. Il n'avait plus qu'à oublier, comme il le lui avait conseillé. Mais c'était vraiment malhonnête de sa part de lui faire ça. Si c'était Momo qu'il aimait, il n'aurait pas dû laisser les choses déraper comme ça avec quelqu'un d'autre. Midoriya était dévasté et en voulait au garçon de l'avoir mis dans cet état. S'il ne l'avait pas touché ce soir-là , il aurait été franchement heureux de voir un couple se former, mais là, il avait juste envie de retourner pleurer en position fœtale dans son lit.
La sonnerie retentit, et les deux élèves se dirigèrent vers leur classe en courant. Ils n'avaient vraiment pas envie d'être en retard et de se faire gronder par leur professeur principal. Cela aurait rendu cette journée encore plus désagréable.
