Kill your darlings - suite
Six mois. Six mois s'étaient écoulés. La loi des Super-héros battait toujours son plein; un recensement de toutes les personnes dotées de pouvoirs avait été mis en place; Captain America avait fondé La Résistance en ralliant de plus en plus d'alliés, chacun étant plus recherchés que jamais; son visage faisait souvent la une de nombreux journaux face à celle de Stark… et malgré cette proximité sur le papier, Tony ne l'avait pas revu depuis ce jour. Pas une seule fois. Ce n'était pas faute de forcer le destin. Certes il ne pouvait faire aucune mission sans l'accord de l'ONU, mais il y en avait bien une qui lui avait été assignée : arrêter les héros hors-la-loi. Cela aurait dû être facile, il y avait tellement de catastrophes dans ce monde, tellement d'occasions pour les résistants d'intervenir, tellement d'occasions pour le revoir… mais il ne l'avait jamais revu. Dans ses interventions, Tony avait rencontré de nouveaux visages, de nouveaux pouvoirs, de nouveaux mutants, pourquoi le grand leader rebelle aurait-il besoin d'intervenir, alors qu'il avait de si bons soldats ? Cette lutte épuisait Tony, elle ne rendait service à personne. Ils ne faisaient que continuer de représenter un danger pour les innocents, et entrainer des dommages collatéraux : les raisons-même pour lesquelles la loi des super héros était en place nom d'un chien ! Mais il sembla que Tony en avait perdu de vue ses objectifs initiaux. Il ne vivait plus que pour cette traque. Faire tomber Steven Rogers était devenu une ambition qui donnait un sens à sa vie de solitaire désorienté. Pepper avait fait une croix définitive sur lui, il en avait pris conscience. Tout comme il n'avait pas pu arrêter de sauver le monde, Tony ne pouvait pas arrêter cette chasse à l'homme, il ne raccrocherait jamais son armure. Il refusait catégoriquement de voir ce que ça voulait dire, de comprendre les raisons qui l'aimantaient à ses devoirs, devoirs qui incluaient toujours un Super Soldat odieusement parfait, odieusement meilleur que lui, qui avait trouvé les bonnes grâces d'Howard Stark comme jamais Tony n'aurait pu. De la haine, de l'admiration, de la frustration, de la jalousie, de la rancune, et tant de sentiments qu'il n'oserait nommer se bousculaient en lui. Un seul pour les résumer tous : obsession.
Ce jour là, Lorsque les forces de polices annoncèrent un incendie sur un haut building de la cinquième avenue, Tony enfila l'armure sans vraiment y croire. Comme si le Captain allait en personne gérer ce genre de problème domestique… mais il devait y aller : des mutants allaient forcément intervenir et donc, il devait être là pour les arrêter. Oui, son devoir avait pris une tournure malsaine, pourchasser les bienfaiteurs, mais il fallait garder à l'esprit que ces bienfaiteurs étaient des dangers publics. Iron Man rejoignit donc le bâtiment en danger par la voie des airs. Il le contourna, jaugeant les fenêtres ouvertes d'où s'échappait la fumée. Distinguant finalement une silhouette dans cette brume, il s'introduisit par l'une des ouvertures. La jeune femme présente se retourna vivement en entendant le bruit des réacteurs caractéristique de l'homme de fer. C'était Wanda. Elle n'avait plus l'air d'une gamine apeurée et avait sincèrement gagné en assurance. Son regard gris semblait lancer des éclairs et, ok, Tony était sincèrement ennuyé de se retrouver face à l'une des armes les plus puissantes du clan de la Résistance.
« Vous ne pouviez tout simplement pas laisser les pompiers faire leur job, n'est-ce pas ? »
« Au nom des vies que je viens de sauver avant que vous ne leviez le petit doigt, fiche-moi la paix Tony. »
« Je n'y suis pas autorisé, je le crains. Mains derrière le dos Wanda, tu es en état d'arrestation »
« N'est-ce pas plutôt les mains en l'air ? » nargua la mutante.
Tony pinça les lèvres derrière son armure, ennuyé qu'elle ait raison.
« Oui, non, pas pour toi. »
Wanda n'écouta évidemment pas, d'un mouvement, le plafond s'effondra sèchement sur Iron Man qui traversa le sol de plusieurs étages. Quel … inconfort. Sans compter qu'il crevait de chaud. Utilisant ses propulseurs, Tony remonta par l'ouverture qu'il avait fait dans les sols mais s'arrêta vivement avant d'atteindre celui de Wanda. Un champ magnétique de forme circulaire et de couleur bleuté était formé. Le mutant qui l'utilisait se trouvait peut-être en son centre pour se protéger de la chaleur et de la fumée. Même s'il n'y vit rien Tony saisit sa chance et fonça. Ainsi, la femme invisible traversa le mur et se retrouva à l'air libre, le corps écrasé sur le bâtiment d'en face. La blonde ne l'avait clairement pas vu venir, fragilisée, presque assommée, son corps se fit progressivement visible et son regard noir lança des éclairs à Iron Man. Oh, comme il connaissait cette colère.
« Susan Storm. Aucun article de presse n'a jamais su honorer votre beauté. Veuillez excuser cette brutalité. Pour ma défense, je viens de gober vingt kilos de parquet et de moquette. »
« Anthony Stark. Aucun article de presse n'a jamais su honorer votre suffisance », articula t-elle difficilement en retour.
Et avant qu'il ne puisse se dire « J'en tiens une ! », Stark se prit un missile qui l'éjecta du périmètre. Un missile ? Pas vraiment. Juste un bon baiser de la torche humaine. Et si c'était ce Johnny qui avait foutu le feu au building ? Etonnamment, les renforts pour Stark étaient déjà là, il fut d'ailleurs surpris d'en relever autant en daignant baisser le regard : les pompiers, des forces de polices, Spiderman qui venait de foutre ses deux pieds sur la torche humaine en plein vol, Miss Marvel qui entra dans le bâtiment comme une fusée… Suspendu dans les airs, Tony resta un moment les bras ballants, stupéfait devant le nombre d'alliés et de résistants grouillant dans un même lieu, et pourquoi, nom d'un chien, un tel champ de bataille pour un simple incendie ? Avait-il raté un épisode, une déclaration de guerre ? Vu sa position, il aurait dû être un minimum informé si ce fut le cas … Les questions plus tard, sans doute, il retourna au front sans plus tarder. Et alors qu'on avait capturé tout juste trois mutants en l'espace de six mois (qui en plus de cela avait été libérés par la résistance), voilà qu'on venait d'en capturer deux en une seule journée : la guêpe et Deadpool. La présence de Wanda n'y changea rien. Enfin, si, elle changea un peu quelque chose, puisqu'elle démolit salement l'Iron Man avec son pouvoir complètement cheaté, avant de fuir avec ses autres comparses encore en cavale. Et alors que les secours venaient en aide à Tony, l'amertume le prenait à la gorge à nouveau.
Il ne l'avait pas vu.
On lui somma de soigner ses blessures et au moins de se reposer, lui qui ne voulait certainement pas mettre un pied à l'hôpital. C'est ce qu'il feignit de faire en battant en retraite dans son penthouse, au sommet de sa tour d'Ivoire. Débarrassé de son armure, lavé, habillé d'un simple t-shirt et pantalon de confort, et donc sans aucun artifice, il était de nouveau seul, livré à lui-même et ses propres démons. Il tourna en rond proche de son bar et se servit un verre de bourbon en s'amusant à imaginer de la compagnie. Ce qui était une idée stupide et grotesque puisqu'il voyait toujours la même chose dans ces moments là : la fine équipe des Avengers au complet comme autrefois. Natasha, Clint et Thor monopolisant le canapé, Bruce discutant avec James et Wanda, en face, Steve accoudé au bar à coté de lui et qui les observait aussi d'un œil bienveillant. Tous heureux pour on ne sait quelle raison, tous d'insidieuses illusions. Comme s'il s'attendait à voir son visage, Tony tourna la tête dans la direction où il imaginait le Captain. Son regard tomba sur le mur et même si ses yeux se firent humide, il jura sur sa vie, sur la tombe de sa mère, qu'il ne pleurerait pas. Sa mâchoire se contracta et il termina son verre d'un trait. Machinalement, sa main saisit ensuite son portable et il parcourut son répertoire. Son doigt s'arrêta sur le nom de Steve et il fut saisi par l'envie puérile de lui écrire, de lui reprocher un truc, de l'accabler, ou de lui dire quelque chose qui le ferait se sentir moins seul, quelque chose qui lui donnerait l'impression d'être entendu… C'est ce qu'il fit. Il contempla longuement son court message, pensif, son pouce appuya sur envoyer. Et il se maudit. Et il se rassura : Steve n'aurait jamais gardé ce numéro.
Il se trompait. Le captain ne s'était jamais débarrassé de ce numéro, et encore moins de ses anciens contacts. Comme s'il en attendait encore quelque chose, alors qu'il ne recevait plus d'appel depuis longtemps, Steve gardait ce portable toujours avec lui, tel un vestige du passé. Il ne s'était certainement pas attendu à le sentir vibrer un jour. Son cœur rata un battement lorsqu'il vit le nom de Tony s'afficher. Si son ancien camarade d'arme décidait de lui envoyer un texto, alors il ne devait pas considérer l'échange comme une menace, mais comme une forme de trêve. Un poids dans sa poitrine l'empêchait de se réjouir totalement… et s'il se trompait ? Inquiet, presque fébrile, le captain vérifia ce que Iron Man avait à lui dire. Son cœur se serra à la lecture de ces quelques mots : « Tu disais que tu serais là ». C'était peut-être un piège, une ruse. Mais il n'en avait cure. Oui, il avait dit qu'il serait là, et Tony lui demandait d'honorer sa parole. Steve le ferait donc, peu importe ce qu'il adviendrait, si ça se finirait encore aux poings, s'il finirait derrière les barreaux. Parmi tous les scénarios possibles, il y avait cette infime chance que Tony ait vraiment besoin de lui, car c'était le sous-entendu, le reproche même du message. Tu disais que tu serais là si j'avais besoin de toi, mais tu ne l'es pas. La minute qui suivit l'ouverture du message de Stark, le captain fut introuvable au QG de la résistance.
Steve n'avait plus la folie d'utiliser la moto et avait choisi une voiture aux vitres teintées pour effectuer le trajet vers son ami.
« Cap', c'est trop te demander de me dire où on va ? » soupira Sam.
La mâchoire de Steve se contracta légèrement tandis qu'il fixait la route. Effectivement, il devait quelques explications à son compagnon de route.
« Je ne suis pas sûr que tu vas me suivre sur ce coup… mais j'ai besoin de toi
— C'est si grave ? Si tu veux récupérer Deadpool et Janet, j'espère que tu n'as pas l'intention de ne compter que sur moi…
— Ce n'est pas ça, je … je réfléchis encore pour eux. On les récupérera. C'est autre chose.
— Je te suis, je te suis… mais à titre informatif, on est dangereusement proche du périmètre de Stark là…
— Je sais…
— … Crache le morceau Steve, ça pue cette histoire. »
Steve soupira et gara la voiture sur l'avenue. Son regard se releva vers la tour Stark et le Faucon déglutit.
« J'ai besoin que tu me déposes là-haut. »
Sam pouffa nerveusement de rire, puis reprit son sérieux en balançant un regard noir à Steve. Malgré tout le respect qu'il avait pour lui, là…
« T'es tombé sur la tête. Démarre, on se casse. C'est drôle cinq minutes ces conneries.
— Sam, je t'en prie. »
Le Faucon écarquilla les yeux en réalisant que ce n'était pas des conneries, que le Captain était très sérieux. Il comptait se rendre au sommet de la tour Stark, le domicile de Tony, ambassadeur de la loi des Super-héros, ennemi numéro 1 de la Résistance. Et il comptait y aller seul.
« Steve, tu poses un seul pied sur sa terrasse, et c'est toutes les alarmes de polices, forces spéciales, CIA et FBI qui vont faire un gospel à l'unisson comme une foutue messe ! T'es malade ?! »
Effectivement, s'il voulait passer par le toit, c'était justement pour esquiver au mieux la sécurité. Mais depuis la loi, et la position de Stark au gouvernement, ce ne devait plus être aussi simple. Steve avait anticipé cela et avait donc pris quelques précautions… assez primaires. Qui consistait à prévenir de sa venue. Donc quoiqu'il advienne, ils étaient fichus.
« Il ne se passera rien. Il sait que je viens. Je dois parler avec lui.
— Il sait ? Mais comment peux-tu être aussi certain que ce n'est pas un piège ?
— Je… ne saurais te dire… mais tu dois me faire confiance. Je ne te demanderai pas un tel service si ce n'était pas important… il a besoin de moi. Sam, peu importe ce qu'il se passe, ce qui nous sépare… c'est toujours mon ami.
— Cap', j'admire tes bons sentiments, vraiment, mais je crois qu'ils te perdront un jour. »
Tony sursauta légèrement en entendant son portable vibrer. Son cœur lui hurlait de se précipiter, mais sa fierté, deux fois plus gueulardes, lui intimait de ne pas se comporter comme un putain d'adolescent en crise hormonal. Soupirant, prenant le temps d'afficher un air blasé comme si ça avait de l'importance, il déverrouilla son téléphone. Le message était de Steve : Laisse-moi entrer. Il ne sut si son cœur venait de lâcher, ou si son arc lui jouait de sales tours, mais sa poitrine fut pris d'un sérieux vertige. Fermant les yeux, il ramena le portable contre son torse. Tony, concentration ! se fustigea t-il.
« Jarvis », dit-il en rouvrant calmement les yeux « Désactive le système de sécurité du bâtiment. »
Le bâtiment entier, carrément. L'homme avait beau être irrité contre lui-même, et sa propre stupidité, il ne reculerait pas.
« Ce n'est pas prudent monsieur. Etes-vous sûr ? »
Tony roula des yeux, excédé par son Intelligence Artificielle ridiculement plus intelligente que lui.
« Ce n'est pas une discussion » rétorqua le milliardaire.
« Bien monsieur Stark. »
Tony fit les cent pas chez lui. Plus les secondes défilaient plus il savait qu'il avait fait une grosse connerie, mais il devait l'assumer jusqu'au bout. C'était plus fort que lui, inexplicable, il avait besoin de le voir. Soudain, Tony se figea et tourna la tête vers sa terrasse, sans bouger, quand une ombre s'y glissa. C'était lui. Il fit coulisser la porte vitrée, privée de sa sécurité habituelle, et l'instant d'après, il était là, dans le séjour. Steve. Captain America. Les deux hommes s'observèrent un long moment avec prudence, chacun appréhendant le visage de l'autre, réapprenant ses traits. Steve fut le premier à rompre le silence.
« Ton message… »
Tony se détourna de lui, l'air de rien, pour aller se laisser tomber sur le canapé. Il aurait préféré qu'on l'oublie, ce fameux message.
« C'était une erreur, répliqua Stark.
— J'ai fait aussi vite que j'ai pu.
— C'est quand même trop tard.
— Je suis inquiet pour toi…
— Tu n'écoutes rien de ce que je dis ?! »
Steve marqua une pause, un léger sourire indulgent flottant sur ses lèvres. Effectivement, il avait ignoré toutes les remarques de Tony car, concrètement, la seule chose qu'il y avait à en interpréter, c'était qu'il ne voulait pas de lui ici. Et paradoxalement, Stark avait désactivé la sécurité pour lui laisser l'accès… ça en disait long, le Captain se raccrochait à ce constat là. Le blond fit quelques pas dans la pièce, on aurait cru qu'il allait s'installer sur le fauteuil, mais préféra rester debout pour faire face à Tony, lequel poursuivit :
« Si tu regardais la conjugaison des verbes de…. ce message envoyé par erreur, tu constaterais qu'il était déjà trop tard au moment où je l'ai écris.
— Que s'est-il passé Tony ?
— Mais toi bien sûr, tu n'en fais toujours qu'à ta tête, tu t'imagines que tu peux tout régler, tu fonces sans réfléchir. Je n'ai qu'un mot à dire et tu es cerné. Je pourrais te faire arrêter Cap, ce n'était pas judicieux de te précipiter dans la gueule du loup.
— Que s'est-il passé Tony ?
— Rien ! Il ne s'est rien passé ! » répliqua Stark en criant presque.
Cette sorte de pitié qu'il voyait dans le regard bleu de Steve lui était insupportable. Et il savait que réclamer sa présence comme il l'avait fait le plaçait dans une position de faiblesse. Le capitaine était trop foutrement parfait pour s'arrêter à ce genre de futilité, de s'intéresser à qui avait commencé quoi, mais pour Tony, c'était la fin du monde. Iron Man avait quémandé la présence de ce lâcheur comme un putain de mendiant qui crève de faim, alors qu'il n'était même pas soûl, qu'il était doté de toute sa lucidité ! Jamais il ne se le pardonnerait. Tony s'enfonça dans le canapé.
« Et arrête de me regarder comme ça, bon dieu de samaritain de merde… » soupira t-il en se couvrant les yeux de la main, las au possible.
Le capitaine s'exécuta et baissa la tête, pour faire plus simple.
« Tu me manques aussi », murmura Steve.
La poitrine de Tony fut secouée d'un rire silencieux. Il retira sa main, ses yeux sombres brillant de reproche se fixant sur le Captain.
« C'est pour ça que t'es là hein, pour me faire dire ce que je n'ai pas dit. »
« Ce n'est pas pour tes paroles que je suis là Stark, mais pour honorer la mienne. »
« Je n'ai pas besoin de toi ! » se borna le brun en détachant bien ses mots, pour que Steve les imprime.
L'intéressé hocha simplement la tête pour lui donner raison. Soit, si tu veux Tony. Il n'était pas venu pour se battre avec lui. Il n'était pas venu pour l'accabler ou pour le blesser. Devant le mutisme de Steve et sa docilité, Tony poursuivit sur le ton de la conversation, comme il savait si bien le faire :
« Je suis en pleine forme, pour tout te dire. Ma journée a été fructueuse. J'ai capturé deux de tes petits camarades cet après-midi, tout va bien dans le meilleur des mondes possibles »
Le Captain se douta qu'il cherchait à le provoquer, mais passa au-dessus, changeant d'ailleurs complètement de sujet.
« Tu avais un coquard quand on s'est quitté. Tu l'as toujours.
— Ce n'est pas le même œil »
Steve sourit légèrement à sa réplique. C'est vrai, ce n'était pas le même œil. Laissant le silence planer un moment, le Captain alla s'asseoir à côté de Tony. Penché en avant, les coudes négligemment appuyés sur ses genoux, il reprit, d'humeur assez songeuse :
« Ils ont pour ordre de n'attaquer que si c'est nécessaire. J'espérais que tu te montrerais indulgent là où tes collègues sont impitoyables mais, d'après ce qu'on raconte, tu ne laisses rien passer et c'est toi qu'ils redoutent le plus.
— Tu parles de tes petits soldats ? Ravi de leur inspirer une telle crainte. Dis-moi. Que pensent-ils donc de toi, le grand Captain America qui se considère trop bien pour s'inviter à une bataille aussi importante que celle d'aujourd'hui ?
— Alors j'avais vu juste, vous nous tendiez un piège ? »
Steve tourna la tête vers lui pour le jauger avec prudence, voire avec méfiance. Tony fronçait légèrement les sourcils, dubitatif.
« Qu'est-ce que tu racontes, jamais on n'aurait foutu le feu à un bâtiment pour vos beaux yeux. »
Une ombre passa sur le visage du Captain. Tony se demanda s'il n'était pas en train de douter de lui.
« Ce n'était pas un incendie Tony, c'était une attaque terroriste que le FBI devait empêcher. Nous étions sur la même piste, mais quand nous sommes intervenus, il était trop tard. Ce qu'il y a de plus étrange, c'est que toutes les forces militaires sont arrivées après mon équipe, alors que nous avions les mêmes informations, et que l'attaque fut directement dirigée vers nous et non vers les fautifs. »
« Qui te dit que les fautifs n'étaient pas des mutants ? La torche humaine était sur place, le barbecue n'est-il pas sa spécialité ? C'est donc une accusation, Steve. Ainsi, c'est peut-être pour des réponses que tu es venu, au final... » Cette perspective, qui mettait de l'ombre sur le brave et parfait Steven Rogers, lui était préférable. Plus attrayante. « A tes yeux, le gouvernement et moi-même avons mis la vie d'innocents en danger pour le plaisir de vous attirer dans nos filets… Tu crois que je suis tombé aussi bas ? », acheva Tony en inclinant légèrement la tête sur le côté, un mince sourire cynique étirant ses lèvres.
« Je n'accuse personne, je ne dis pas que c'est ce qui s'est produit, mais je m'interroge sur vos méthodes. Vous profitez du fait qu'on fasse votre boulot pour nous pourchasser, et ça c'est déloyal. » S'il ne s'appelait pas Steven Rogers, il aurait plutôt dit C'est dégueulasse et il aurait eu raison. « Je ne parle même pas de ce recensement absurde et contraire à tous les principes de liberté... »
« Ce recensement est une nécessité. Sauver des vies, c'est le job des pompiers, des flics, de l'armée, pas le nôtre, sauf si on nous le demande. Notre job, c'est désormais de faire respecter la loi que tes camarades et toi vous amusez à enfreindre » Stark se leva, faisant les cent pas dans le séjour de sa demeure si grande, pour un homme si seul. « T'étais trop borné pour te ranger, Steve. Au nom d'une soi-disant liberté, tu rallies à ta cause de pauvres victimes vouées à finir derrière les barreaux. J'ai toujours cru que tu étais un idéaliste, mais je commence à me demander si tu n'es pas qu'un simple mégalomane trop fier et trop égoïste… »
« Tu te sentiras mieux, le jour où tu réussiras à t'en convaincre ? »
Tony émit un petit rire nerveux. Enfoiré.
« Va te faire foutre », dit-il en toute cordialité.
« Je ne vais nul part. »
Tony s'arrêta proche de la fenêtre et croisa les mains derrières le dos. Son regard amer admira la ville baignée de lumière étincelant dans la nuit, avant de fixer l'horizon. Il soupira et le silence s'abattit sur eux plusieurs secondes, apaisant les tensions.
« Six mois… murmura pensivement Tony.
— Dans trois jours, ça en fera sept…
— Tu ne serais jamais venu.
— Pour me faire incarcérer ? … J'attendais un signe. »
Tony ferma un instant les yeux. Etait-ce la vérité ? Il avait attendu, comme lui ? Il avait attendu ? Les deux avaient déjà été séparés longtemps, par le passé, mais jamais… en tant qu'ennemis. Cela changeait tout, y compris la manière dont chacun vivait l'absence de l'autre, le vide laissé, même s'ils n'en disaient rien, qu'ils n'osaient pas l'aborder par pudeur, fierté, crainte, ou stupidité. Stark rouvrit les paupières et se tourna vers le soldat pour lui jeter un regard morne. Steve était égal à lui-même, peu expressif, Tony n'aurait su dire quelle émotion il percevait dans son regard azur. De l'inquiétude, de la précaution, de l'incertitude aussi, peut-être.
« T'as un foutu culot Steve, de te pointer ici après tout ce temps, après tout ce que t'as fait »
L'interpellé détourna le regard un bref instant il n'était pas non plus venu pour assister à son propre procès. Lâchant un soupir d'agacement, il se releva et marcha vers Stark pour le rejoindre.
« J'ai fait ce que je dois. Je me bats pour ce que je crois juste. Tout comme toi. »
Ce coup de poing que Tony avait souvent rêvé de lui coller sur cette parfaite dentition, il le lui balança enfin à cœur joie. Autrefois, il se retenait pour ne pas risquer de perdre le Captain, aujourd'hui, il l'avait déjà perdu. Il n'avait plus rien à perdre. Pour un humain non dopé, et qui couvrait des blessures savamment cachés par ses habits, Stark avait une sacrée patate. Steve en recula, surpris, et chuta sur les vilaines marches menant à l'espace du bar. Loin de le prendre en pitié, Stark s'avançait déjà, l'empêchant de se relever.
« T'es allé trop loin ! » pesta le philanthrope en lui envoyant cette fois son gauche. Ce fut sans compter l'agilité du Captain, qui arrêta son poing dans sa main, puis l'autre, Tony tomba à moitié sur lui et son genou s'écrasa sur le rebord de la marche, la douleur le fit serrer les dents. Il n'était plus à un bleu près cela dit. Steve ne faisait que se défendre, et ne portait aucune attaque. Furieux, mais pas démonté pour autant, Tony poursuivit avec hargne : « Vous êtes tous allés trop loin ! Comment ça doit se finir ? Avec ma mort ? Avec la tienne ? … Qu'est-ce que t'attends pour cogner ?! »
Les yeux du Captain reflétaient une forte détermination, et un peu de tristesse, si l'on y regardait bien, un peu de tristesse…
« Je sais ce que tu veux, Tony. Je ne te laisserai pas faire cette fois.
— Et qu'est-ce que je veux ? »
Il avait cessé de se débattre pour essayer de lui en coller une, et attendit la réponse, le regard brillant de défi.
« Tu veux me convaincre que je suis la source de ton malheur, et me chasser pour que je vive avec ça sur la conscience. Tu te venges. »
Le regard du génie s'éteignit aussitôt. La pression exercée sur les bras du Captain retomba d'un coup. Tony semblait s'être dépossédé de toute force, il n'était en cet instant pas plus dangereux qu'un cadavre. Peut-être même avait-il blêmi. Steve relâcha ses mains et celles-ci restèrent suspendues dans les airs un instant, avant que Tony ne se relève lentement et les laisse retomber le long de son corps, le regard bas.
« C'est ce que tu penses ? Tu crois… que je t'ai envoyé ce message pour que tu repartes avec une piqûre de rappel ? »
Steve ne se releva pas tout de suite. Repliant légèrement les jambes, il posa les coudes sur ses genoux, fixant le bout de ses propres godasses.
« J'espérais qu'il en soit autrement mais… je ne vois rien d'autre » Il releva les yeux vers Tony, blessé, las : « Tu me méprises… »
« Non... », répondit spontanément Stark.
Le visage de Steve exprima une légère surprise d'abord, puis une forme… d'espoir ? Il attendait la suite. La voix de Tony était restée en suspens comme s'il allait poursuivre, et c'est effectivement ce qu'il comptait faire à la base. Seulement, son regard sombre affronta celui du Captain quelques secondes avant de se détourner.
« Non. » conclue t-il simplement.
Il y eut un silence gêné entre eux. Tony recula d'un pas. Steve se contentait de l'observer, comme s'il attendait quelque chose. Un signe, peut-être, un autre signe. Ce silence était atroce, le brun s'entendait penser, sa conscience lui intimait de dire ce qu'il avait sur le cœur. Cette même conscience lui disait que c'était de sa faute, et que s'il avait perdu Steve, c'est parce que quand il avait fallu ouvrir sa gueule, lui qui savait si bien le faire, il n'avait rien dit.
« La seule chose que j'ai jamais voulue… c'est que tu restes », reconnut-il tout bas, presque comme s'il avait espéré que Steve ne l'entende pas. Mais il l'avait entendu.
Stark avait l'impression d'avoir fait un faux pas. Non, il aurait vraiment dû se taire cette fois ! Ses mots ne pourraient plus rien changer, il se réveillait trop tard. Steve ne semblait pas lui en vouloir, il se redressa lentement, un pauvre sourire sur les lèvres.
« Je suis là, Tony »
Stark releva les yeux et planta son regard méfiant dans celui de Steve, qui dégageait une tendresse à lui crever le cœur. Le blond s'avança doucement vers lui et Stark recula.
« Et où seras-tu demain ? » attaqua t-il, en reculant au gré des pas que Steve faisait vers lui.
— C'est toi qui as lancé cette chasse, soupira le soldat.
— Non, c'est le gouvernement. Celui contre lequel tu t'opposes. On était dans la même équipe et tu as tout gâché.
— J'ai tout gâché ? Tu as signé ce traité tout seul !
— Natasha était avec moi.
— Mais pas Clint, ni Wanda, ni…
— Si tu m'avais suivi, ils auraient tous suivi aussi !
— Ils ne méritaient pas cet accord ! Aucun de nous ne le méritait ! Après tout ce que nous faisons pour protéger les autres, personne n'avait le droit de nous mettre sur le banc de touche, pas même toi ! »
En plus d'arriver à court d'argument, Tony réalisait qu'il avait fait un sacré chemin et se rapprochait dangereusement du mur. L'éventualité de se jeter par la fenêtre lui traversa l'esprit. La meilleure défense étant l'attaque selon Tony, il ne lâcha pas le morceau.
« J'emmerde ta foutue fierté et ton sens du devoir Steve, je les emmerde ! Je t'emmerde ! »
Son agressivité n'empêcha en rien le Captain de gagner du terrain. Le but de celui-ci était de le mettre dos au mur, plus dans le sens figuré que littéral, il n'empêche que Tony se retrouva bel et bien coincé.
« N'est-ce pas pour ces qualités que tu m'appréciais ?
— Mon cul ! Ce sont elles qui nous ont séparé.
— Et ton obstination dans tout ça ?
— Je me suis plié à la demande du Conseil !
— Plié ? »
Un éclair de colère traversa le regard de Steve et Tony fut content de l'y voir, c'était plus simple à contempler que l'affection qu'il lui portait. Le problème, c'est que même dans la colère, il la sentait, son affection. Même quand les poings du soldat serrèrent son t-shirt comme s'il s'apprêtait à le soulever et lui faire traverser le mur, il sentait. Le fait qu'il l'attrape de la sorte fit prendre conscience à Tony que, pour ce règlement de compte qu'il avait inconsciemment attendu depuis des mois, il était sapé comme un clochard. En pyjama. Contrairement à Steve, qui était foutrement beau et bien coiffé. Comme il était agaçant avec sa perfection…
« Si tu ne voulais pas non plus de cette loi, tu serais parti avec moi ! Je te connais Tony ! Tu me reproches d'avoir brisé l'équipe parce que j'ai refusé de céder, mais toi non plus, tu n'as pas cédé. Il faut deux personnes pour un désaccord, Stark. »
Tony attrapa fermement ses poignets, tentant d'écarter ses mains. Il réalisa cependant qu'il ne plaçait pas tous les efforts qu'il aurait dû. Il était capable de beaucoup mieux. Le poids de la tristesse et du manque était bien plus lourd à supporter qu'il ne l'aurait cru. Et il était plus en colère contre lui-même, de faire preuve d'une telle faiblesse, que contre Steve, d'être égal à lui-même. Sa gorge s'était nouée et il sentait les larmes lui monter aux yeux malgré tous ses efforts pour les refouler. Et il en avait juste marre, de cet état de lopette, d'être au bord de la rupture chaque instant qui l'éloignait du soldat, d'être au bord de la crise de nerf devant un Steve trop parfait qui gardait son sang-froid.
« Soit, je suis responsable aussi » Même s'il murmurait, la voix de Tony ne contenait pas moins de rage. « Et après ? Cet échange ne nous mène à rien, il n'y a personne à convaincre, rien à faire, c'est trop tard, on ne pourra jamais retourner en arrière. Tu n'aurais jamais dû venir »
Les mains de Steve consentirent enfin à lâcher son haut, mais ce fut pour mieux encadrer son visage. Face à cette proximité, le pouls de Tony s'accéléra et il pria pour que son ancien ami ne s'en rende pas compte, même si cet espoir était d'une stupidité sans nom.
« Mais je suis là. On n'est pas obligé de se disputer, on n'est pas obligé de parler de tout ça. Je voulais te voir, voilà ce qui a motivé ma venue. Et toi, pourquoi m'as-tu envoyé ce message Tony ? »
Le brun resserra sa prise sur les poignets de Steve, mais celui-ci ne broncha pas. Il faisait chier avec sa tolérance à la douleur, cet enfoiré !
« Je te l'ai dit : c'était une erreur !
— Qu'est-ce qui t'a poussé à la commettre ? »
Mais putain de merde ! L'iron Man était officiellement en panique sans savoir exactement pourquoi. Steve n'était pas là pour lui faire de mal.
« Ecarte-toi ! ».
Tony tendit le bras sur le côté, voulant frapper du poing l'alarme à sa droite, près de la porte – ce qui était toujours plus rapide que d'appeler Jarvis. Sauf que le Captain arrêta sa main de la sienne, et l'écrasa contre le mur. Bien. Ne restait que Jarvis, au final. Mais l'appel de Tony resta coincé dans sa gorge : Steve approcha son visage et déposa doucement le front contre le sien, les paupières closes. Le cœur du brun fut prit de vertige et il resta figé, sonné. Sa respiration saccadée se mêla un instant avec celle de Steve, qui était plus sereine. Le regard sombre de Tony se vidait de sa rage tant la confusion le prenait d'assaut. Comment peux-tu être aussi calme alors que tu souffres autant que moi ? Steve rouvrit les yeux et la tendresse dans ses prunelles si claires apaisait les doutes de Tony. S'il en avait encore la présence d'esprit, il se révolterait de cette manipulation, mais il restait juste… là. Après l'avoir longuement observé, comme s'il avait attendu un mouvement de rejet, la main qui bloquait celle de Stark entremêla les doigts aux siens et celle sur sa mâchoire glissa doucement sur sa joue. C'est Tony qui ferma les yeux cette fois, mais de dépit, en réalisant qu'il n'avait ni la force, ni le courage, ni même la volonté de le repousser, de lutter, de fuir. Le soldat hésita une courte seconde devant la résignation de son ami. Laissant à son tour ses doutes de côté, il scella leurs lèvres et une larme dévala la joue de Tony. Ce dernier accepta de se laisser bercer par cette étreinte, car son cœur portait trop de douleur, et que ce baiser semblait venir de loin, de trop loin. De longues secondes, leur bouche se caressèrent, jusqu'à ce que la langue de Steve, cet hommes si coincé, se glisse entre les lèvres du playboy. Révoltant. Acceptant l'intrusion, Tony le prit à son propre jeu et l'entraina dans une danse sensuelle et endiablée en attrapant fermement son col et en collant son corps au sien. Ils s'embrassèrent encore et encore. Par ces baisers fiévreux, chacun renvoyait à l'autre toute la frustration, la colère, la peine, l'amour, la haine, le manque qu'ils s'étaient mutuellement infligé et dont ils cherchaient désespérément à se libérer. Bien sûr, il n'en fallait pas plus pour enflammer les sens de quelqu'un aussi peu expérimenté que Steve. Ce qu'il y avait sans doute de plus triste, c'était que Stark lui-même prenait probablement un peu trop de plaisir à cet échange, qu'il sentait son excitation grimper et ce, non pas grâce à une femme. Il laissa un soupir de plaisir s'échapper de ses lèvres tandis que le blond couvrait son cou de baisers humides. L'espace d'un court instant, il crut qu'il allait céder, s'abandonner complètement à cet homme. Tout son être appelait Steve, agonisait pour Steve. Mais à ce jeu, il était hélas le plus résistant. Tony rouvrit les yeux.
« Jarvis. L'alerte. », dit-il froidement, et l'alerte fut déclenchée.
Steve se redressa aussitôt, son regard interloqué retrouva celui de Stark qui étincelait d'une lueur moqueuse, presque perfide. Il ne croyait pas en avoir la force, mais c'est ce qu'il venait de faire : il avait trahi Steve Rogers. Ce n'était pas prémédité, mais il l'avait fait. Le blond lui jeta un regard noir et affirma :
« Tu n'es qu'un merdeux impulsif. »
« Impulsif, dis-tu… et si tout ceci n'était qu'un autre piège ? » le défia Stark. « Entends bien… »
Sa bouche, fendue d'un fin sourire en coin arrogant, se rapprocha de celle du soldat.
« Je te hais, Steve »
Steve le toisa alors avec une insistance intrusive, perçante, clairvoyante, et il arracha aux yeux sombres de Tony la vérité que celui-ci n'avait jamais osée lui dire, cette vérité que le blond avait été trop correct pour prendre de lui-même. Au diable la droiture devant ce traitre de Stark, il savait désormais. Un mince sourire victorieux étira les lèvres du soldat, malgré son désavantage, et il voulut rompre les petits centimètres de distance qui séparaient leur bouche. Seulement, le brun détourna aussitôt la tête. Loin d'en être embarrassé, Steve en profita pour glisser les lèvres contre son oreille.
« Tu mens » y murmura t-il tout bas et un long frisson parcourut l'échine de Stark.
Un vide suffocant s'empara de sa poitrine lorsque le Captain fit volte-face pour courir vers la terrasse. Tony le suivit du regard et il crut que Steve était en train de sauter de cette putain de tour. Il aperçut, tardivement, que le faucon était là pour le rattraper, un faucon qui avait l'air furieux mais Tony s'en foutait. Il était absent. Sa fierté le flattait d'un bien joué, mais son cœur saignait, il avait mal, il frotta son arc car celui-ci semblait vouloir sortir de sa poitrine, mais ça, ce n'était que son imagination. Pantelant, Tony se laissa glisser contre le mur et tomba mollement au sol, la respiration courte. Il remonta sa main. Ses doigts tremblants effleurèrent son cou, puis ses propres lèvres où il sentait encore les baisers brûlants de Steve. Il ferma alors les yeux et écrasa la paume contre son visage, prostré. Tony n'avait pas menti. Il haïssait Steve avec toute la force et le désespoir dont il était capable. L'ennui, c'est qu'il l'aimait plus encore.
Suite et peut-être fin ! Encore une fois, je ne fais que selon l'inspiration :')
Merci à vous pour vos petite reviews sympas en tout cas, c'est toujours très encourageant.
