Sweet dreams come true (chapitre 2)

Sara avait rejoint son lit mais le sommeil ne venait pas. Elle était étendue au milieu de ses draps froissés et serrait les poings de frustration fixant le plafond. Des larmes coulaient le long de ses joues se mêlant à la sueur.

Il était une heure du matin entre les murs de Fox River. Une chaleur moite régnait à l'intérieur des cellules et dans tout le bâtiment. Malgré tout, l'atmosphère était plutôt calme. La majorité des détenus étaient endormis, rêvant de liberté et de femmes.

Michael, lui, ne dormait pas, tout occupé à ses pensées. Il n'avait cessé de tourner et retourner dans sa tête et dans tous les sens la brève conversation qu'il avait eu ce matin avec Sara. Ces quelques moments passés à l'infirmerie en compagnie du docteur Tancredi étaient de vraies bulles d'air dans cette lourde atmosphère carcérale.

Il avait étudié Sara de la même façon qu'il avait tout planifié pour sortir de Fox River. Michael s'était intéressé à elle pour deux raisons. Tout d'abord, parce qu'il serait en contact avec elle chaque jour pour ses prétendues injections d'insuline et qu'il ne fallait donc pas qu'elle le démasque. Deuxièmement, parce qu'elle était la fille du gouverneur, de ce gouverneur qui pouvait accorder sa clémence à Lincoln. Elle ne semblait pas en très bon terme avec son père, malgré tout peut-être avait-elle quand même une quelconque influence sur lui.

La théorie, c'était bien, mais pour prendre toute la mesure d'une personne, rien ne valait les travaux pratiques. Il s'était vite rendu compte qu'elle était bien différente de ce qu'il s'était imaginé. Il l'avait trouvée bien plus jolie que sur la photo d'un journal qu'il avait récupéré et qui ne lui rendait pas du tout justice. Au premier regard posé sur elle, une alarme s'était déclenchée dans sa tête. Au fil de ses visites à l'infirmerie, Michael avait découvert une femme intelligente et sensible qui repérait les moindres incohérences rapidement et avec laquelle il faudrait être très prudent. Et Il ne l'était pas suffisamment. Quelque chose en lui voulait qu'il baisse sa garde avec elle, afin qu'elle puisse voir qui il était en réalité.

Même lieu, même heure sensiblement…que tous les autres jours précédents. Michael attendait patiemment que Sara en termine avec son précédent patient. Il ne l'avait pas remarqué qui s'avançait vers la salle de soin. Elle profitait de ces quelques instants, alors qu'il ne la voyait pas, pour l'observer discrètement. Elle avait bien du mal à l'imaginer en braqueur.

Michael dut se sentir épié car il tourna la tête brusquement et leurs regards se croisèrent. Sara s'empressa de baisser les yeux.

« Bonjour Michael », fit-elle quand elle fut entrée.

« Bonjour Docteur »

Sara rougit sous l'intensité de son regard, se remémorant son rêve de la nuit dernière. Elle pria intérieurement pour qu'il ne l'ait pas remarqué.

Trop tard. Michael attribua cette rougeur à l'embarras créé par la conversation d'hier.

« Je vous ai mis mal à l'aise hier », commença Michael. C'était une simple affirmation, pas une excuse.

Sara, qui était en train de préparer son injection, releva la tête.

« Non, Michael », mentit-elle.

« OK », fit Michael d'un air entendu, un sourire se dessinant sur ses lèvres.

Cela la fit réagir.

« Ecoutez, Michael. Vous êtes un prisonnier et je suis votre médecin. Nos relations doivent se limiter à celles d'un médecin et de son patient. C'est ce que je m'efforce de faire. »

« Et ça marche ? », plaisanta Michael.

Elle ne put s'empêcher de sourire à son tour et s'exclama :

« Michael, vous êtes incorrigible. »

Elle fit une pause et détourna son regard.

« Mettez-vous ça bien dans la tête, Il ne se passera jamais rien. Il faut que vous cessiez d'agir comme ça. »

« Comme ça ? », répéta-t-il tandis qu'il lui prit délicatement la main, la caressant doucement avec son pouce.

« Oui, comme ça. », déglutit-elle, sous le coup de l'émotion.

« Michael »

« Sara »

« Pourquoi ne m'écoutez-vous pas ? »

Michael la cherchait du regard. Devant son absence de réponse, elle finit par relever les yeux. Il rapprocha ses lèvres des siennes, sans cesser de la regarder fixement afin qu'elle ne se dérobe pas.

« Pourquoi ne me repoussez-vous pas ? » la taquina-t-il, lui offrant également une porte de sortie.

Ce qu'il faisait était dangereux. Cela pouvait même compromettre son plan d'évasion, mais il ne pouvait s'en empêcher.

Malgré le temps qui pressait, le risque d'être surpris, le risque qu'elle ne s'écarte de lui, il prit tout son temps pour prendre ses lèvres avec douceur. Elle ne s'écarta pas, ne protesta pas, elle lui rendit même son baiser, chancelante et vaincue. Ils s'interrompirent quelques instants, savourant ce moment hors du temps où ils étaient ensemble. Puis Sara esquissa la première un geste pour l'embrasser à nouveau. Il esquiva, un sourire fendu à ses lèvres.

« Je croyais vous étiez une fille bien, docteur… », lui susurra-t-il, tout en lui lançant un clin d'œil charmeur. Puis il s'écarta définitivement. Elle n'eut pas le temps de répliquer quoique ce soit.

Katie fit alors son entrée dans la salle de soin. « Ces deux-là tardaient encore. » pensa-t-elle. Elle se demandait comment cette histoire allait bien pouvoir se terminer.