Disclaimer: Vraiment, si j'avais JKR devant moi, je lui demanderais pourquoi elle ne s'est pas arrangée afin que Cédric s'en sorte.
Note absolument inutile de l'auteur: Voilà la deuxième et tant attendue - lol, il y a à peine trois personnes qui lisent cette fic xD - partie de Foudre. Vous le devinerez en lisant cette partie, qu'au final, il y en aura surement quatre, et pas deux. Je préfère faire des chapitres de même taille que des trucs diamétralement opposés par leur taille. Je rigole tout seul parce que je me dis que Kiwi est actuellement au Japon, et qu'elle enragera de n'avoir pas été là au moment ou j'ai posté ceci. Encore merci pour vos reviews ^^.
Un grand merci à Jésus pour sa correction, et pour être toujours là, auprès de moi, à supporter mes délires et mes jérémiades, et SURTOUT, d'aller prochainement acheter TOYZ avec moi !!! Et je voulais vous prévenir, que si par hasard - puisque malgré l'amour que je lui porte, je ne peux m'empêcher de douter -, vous voyez apparaitre les prénoms Michel, David, Bernard, Gaétan, Ridge, Fred, Kevin, Robertina, Bill, Eric, James, Sylvie et Félix, il ne faudra croire rien de ce qui s'y rapportera - même chose pour les groupes allemands et les chauves. Je préfère vous prévenir au cas où.
Ce chapitre est plus court, mais il s'y passe plus de choses ^^
Note de la beta: Bonjour ! Desolée d'avoir pris tant de temps pour corriger. Jordy a fini depuis pas mal de temps mais moi je suis rentrée vendredi dernier, puis j'ai été occupée (qui a dit que Jésus passait ses journées à ne rien faire dans une crèche?) J'espère que j'ai bien corrigé une fois encore. En fait, je suis un peu fatiguée, donc rien ne va plus. YOUPI, demain je vois votre auteur préféré - ca fait un mois que je ne l'ai pas vu !- et nous parlerons de ROMEO, qui est très méfiant. Bref, GERANCE 8D comme il m'obligera à revenir vite, je vous dit à bientôt, et bonne lecture ^^
O(+Foudre+)O
Partie 2
Comprenait tout à présent. Demeurait un des meilleurs élèves de l'école, incluant de ce fait une grande intelligence, proche du génie sans toutefois y appartenir. S'était au départ dit que Krum lui avait donné rendez-vous le quatorze février simplement parce qu'il avait confondu avec le vingt quatre février (chose qu'a fait l'auteur xD), date de la seconde épreuve du tournoi. Ou bien que son esprit dérangé avait pris l'épisode du bal pour un signe de début relationnel, qui évidemment devait se démontrer le jour de la fête des amoureux. Mais aussi à cause de la lettre qu'il tenait entre ses mains.
S'était totalement trompé. En réalité, le bulgare lui avait dit ceci car ils se retrouveraient dans leur malheur, dans la même situation infernale que subissaient les gens possédant comme eux une beauté naturelle le jour de la saint valentin. S'était levé en n'ayant quasiment pas dormi de la nuit, l'arrivée de la prochaine tache le terrorisant, était descendu prendre son petit déjeuner, et à peine ses fesses s'étaient-elles posées sur le banc de sa maison qu'au moins une vingtaine de hiboux avaient amorcé leur atterrissage devant lui, l'empêchant ainsi de se saisir de la nourriture que son ventre demandait par des hurlements.
Eut le droit à toute sorte de choses. Des déclarations d'amour passionnelles, brulant et inébranlable. Des invitations salaces, sans aucune retenue à des pratiques qui auraient fait pâlir ceux possédant une grande foi en la virginité. De simples compliments physiques et moraux qu'il supposait issus de filles appartenant à son entourage amical. Des demandes de secret de beauté. Des encouragements pour la proche seconde tache. Des avertissements quant à cette dernière. Et puis cette lettre se démarquant de toutes les autres. Sa lettre à lui.
La tenait dans ses mains et la détaillait en n'osant l'ouvrir. Aucune preuve distinctive ne démontrait qu'elle avait été écrite par Viktor, et pourtant il en était persuadé. Sans doute parce qu'il sentait son odeur sur le papier, que cette lettre en était enduite sur toute sa structure, mais aussi car le bulgare, qui se situait pile en face de lui - caché par quasiment autant de hiboux que lui -, qui ne lui avait pas adressé un seul regard depuis qu'ils avaient discuté, lui accordait des petits regards en coin dès qu'il touchait cette lettre. Sentait son cœur commençait à battre un peu plus fort.
Contrairement à celles de ses admiratrices, l'ouvrit avec précaution, ne voulant faire croire de mauvaises choses à Viktor. Remarqua bien l'excellente qualité du papier, à la fois léger et rigide, pour qu'il se plie facilement sans être déformable par mégarde. Une fois l'enveloppe débarrassée de son scellé, sortit avec lenteur le contenu - après tout, ce pouvait également être un piège, une vengeance pour la rigidité dont il avait fait preuve pour lui dire qu'il n'avait plus rien à faire avec lui. Se trouvait à l'intérieur un petit bout de papier sur lequel était écrit à l'encre : "Je suis désolé si je t'ai blessé. Je t'aime."
Je t'aime. Cette courte phrase se répétait sans cesse au plus profond de sa tête. Tentait par tous les moyens de prouver qu'il était au milieu d'un rêve. Dut faire face à la réalité. Viktor venait en effet de lui faire une déclaration d'amour. Krum, son principal rival dans ce maudit tournois, sa première expérience homosexuelle, venait d'avouer des sentiments extrêmement particuliers. D'écrire des mots qu'on ne disait ou ne grattait pas négligemment avec sa plume sans en assumer les conséquences entrainées.
N'avait de toute façon qu'une méthode de confirmation. Regarda son rival. Le regarda. Le regarda un long moment, probablement cinq voire dix minutes, fermant les yeux le moins souvent possible. Vit, constata l'entière sincérité de la phrase. Le vit dans la manière avec laquelle Viktor le regardait, en fronçant un peu les sourcils, en lui balançant un regard noir. C'était une menace, son moyen de lui prouver qu'il ne plaisantait pas, et que lui n'avait pas intérêt à prendre ça pour une blague. Il ne voulait plus lui parler, mais il avait toutefois l'obligation de reconnaitre ses sentiments.
Ce fut assez étrange, car on ne lui avait jamais imposé de sentiments. Certes, Viktor ne l'obligeait pas non plus à assouvir ses désirs les plus pervers, mais il avait légèrement cette impression. Sans doute parce qu'en prenant conscience de son amour, se retrouvait irrémédiablement face à ses actes, retrouvant vers la nuit du bal de noël. Un mois et demi s'était écroulé depuis ce jour-là, et la mémoire lui était légèrement revenue. Parvenait à présent à revoir des images de ses ébats. Rougissait chaque fois qu'il se rappelait s'être trouvé en dessous.
Ne supportait plus de voir l'attrapeur professionnel le regarder ainsi. Se leva en laissant toutes les lettres sur la table puis sortit de la grande salle afin de rejoindre le parc. Passa entre temps par son dortoir, récupérant des vêtements épais, d'une matière spéciale conservant la chaleur que dégageait son corps au vu des degrés minimes régnant à l'extérieur. Une fois habillé comme il convenait, franchit la cour et rejoignit la végétation devenue blanche sous les flocons qui étaient tombés en grand nombre. Ceux-ci ne mirent d'ailleurs que peu de temps à envahir sa courte chevelure.
Contemplait le lac dont il n'osait imaginer la température. Commença à réfléchir. Avait couché avec un homme alors qu'aucune attirance envers la gente masculine ne s'était éveillée à l'intérieur de son esprit. Bien entendu, ne pouvait exclure la forte dose d'alcool, et son peu de résistance à ce genre de boisson, de son geste, mais était-ce une véritable raison? L'alcool excusait-il tout? Gardait toujours son sang-froid ainsi qu'un minimum de lucidité. Cela signifiait-il donc qu'il l'avait un peu désiré? Cela signifiait-il qu'il éprouvait une attirance envers Viktor?
Se souvenait parfaitement avoir pris un plaisir assez élevé. Néanmoins ça, ça ne voulait dire grand chose. Car il était humain, alors qu'il s'agisse d'une femme, d'un homme - ou encore en cas de consommation d'alcool proche de la mort - ou d'un animal, il suffisait d'attouchements et de tendres caresses sur des zones érogènes pour que le plaisir apparaisse. Donc le fait qu'il s'agisse d'un homme ne signifiait rien à son plaisir, et il supposait qu'étant très célèbre, incluant par là l'accessibilité à un harem conséquent, la bulgare possédait une très bonne connaissance des mouvements et du lieu ou il fallait les accomplir.
Non, ce qui le préoccupait était plutôt le fait que ce soit lui qui ait commencé - si Viktor ne lui avait pas menti. Etant gentil et ayant ingurgité trois tonnes d'alcool, ce nectar du diable aurait pu faire atteindre à sa générosité son paroxysme, expliquant qu'il n'avait osé rejeter son rival - d'autant que ce dernier faisait, de par sa carrure, assez peur. Mais c'était lui qui avait posé ses lèvres sur celles du Durmstrang. Lui. Ne savait plus trop où il en était, et cela se prouvait par l'insensibilité que provoquait chez lui les paysages environnants, qui d'habitude lui réchauffaient le cœur.
N'eut de toute façon pas le temps de les regarder plus longtemps, de réfléchir plus profondément encore, sa montre l'avertissant du début imminent des cours (NDA: Je ne sais pas si cela tombe en semaine, mais ça ne m'arrange pas, alors je préfère que Cédric aille en cours, surtout que ce qui va suivre devrait vous plaire^^). Hâta ses pas, ayant oublié de prendre ses affaires pour les cours de la matinée. Soupira de soulagement lorsqu'il se souvint qu'il avait métamorphose et DCFM, deux matières qu'il affectionnait particulièrement et dans lesquelles il excellait.
Hélas l'auteur et ce cher bon dieu en avaient souhaité autrement - quelle bande d'enculés! - puisqu'une fois arrivé devant la salle de métamorphose, on annonça à toute la classe que le professeur Maugrey avait dû s'absenter, que les Serpentards subissant une punition collectif pour le boxon qu'ils avaient foutus dans leur salle commune, et que le professeur MacGonagall ne voulait pas les prendre pendant quatre heures sans pour autant les laisser se la couler douce, il fut décidé que les Poufsouffles prendraient la place des Serpentards en cours de potion.
Désespéra, tout en possédant une forte envie de suicide. Non seulement, on lui enlevait son cours préféré - quoique avec Maugrey, ce n'était plus tellement la joie -, on le remplaçait par un cours qu'il appréciait, certes, mais avec un professeur qu'il détestait. Et quel était le bouquet final? Car il y en avait en effet un. Avec qui les Serpentards partageaient-ils leur cours? Oui. Oui, allait s'adonner durant deux longues à la conception d'une potion qui ne lui servirait probablement pas dans le futur, et le tout avec lui. Merlin que sauter de la tour d'astronomie lui faisait envie.
Et cette folle envie devint plus forte encore au moment ou il vit l'expression qui se peignit sur le visage de Viktor dès son premier pas dans les cachots. De la colère. De la peur. De la gêne. Se sentait mal. Se sentait incroyablement mal à l'aise, simplement parce qu'il repensait à ce qu'il avait dit il y avait de ça un mois au bulgare. Ne réussissait à dire s'il s'agissait de regrets ou d'autre chose. En tout cas, ça l'énervait, ça lui faisait naitre une petite douleur au niveau du ventre, ça le rendait irritable, méprisable et méconnaissable.
La légendaire sévérité du professeur de potions se vérifia lorsqu'il enleva trente points à Poufsouffle pour leur retard d'une minute, alors qu'il savait pertinemment qu'ayant été prévenu à la dernière minute, arriver à l'heure était impossible. Ne prit pas part aux protestations de ses camarades de maison, occupé à éviter autant qu'il pouvait les regards sournois de son rival et compagnon d'une nuit. Regards qui s'intensifièrent lorsqu'il fut obligé, ses camarades ayant pris possession de quasiment toutes les tables libres, de s'asseoir à seulement une rangée de Viktor.
Sentit un regard perçant, emplit de mauvaises intentions, lui brulait le dos. Sentit celui-ci se tendre, prendre une droiture forcée, comme s'il espérait ainsi que sa barrière de défense psychique s'en voit renforcée. Sentit que cela ne servait strictement à rien, son malaise persistant. Sentit qu'il n'allait pouvoir tenir très longtemps dans ces conditions. Sentit que la chance n'était pas avec lui en ce funeste jour, puisque le directeur de la maison Serpentard décida de leur coller une évaluation pratique surprise en collaboration avec les élèves de Durmstrang. Inutile de dire avec qui ce foutu professeur le casa.
Détestait sa vie, détestait l'alcool et se détestait lui-même de ne toujours pas savoir pourquoi il ne cessait de se demander s'il espérait quelque chose entre lui et le bulgare. Après tout, Viktor était quelqu'un de gentil, d'attentionné, de fort et d'appréciable physiquement. La courte période de leur amitié avait été plus qu'agréable. Se revoyait rigoler devant les blagues du bulgare, revoyait leur complicité malgré la rivalité qu'imposait leur statut de champion, malgré leur écart de point pouvant éveiller de la jalousie en temps normal, et qui pourtant n'était jamais apparue.
Principalement, regrettait que ces bons moments ne soient plus d'actualité à cause de sa stupidité. Ne pensait pas complètement qu'il avait eu tort de mettre une certaine distance entre lui et l'attrapeur, histoire de prendre un peu de recul vis-à-vis des évènements; regrettait simplement de ne pas avoir su le faire d'une autre manière, plus douce, de ne pas avoir su contrôler correctement ses émotions. Le regrettait encore plus maintenant qu'il réalisait que le niveau de la potion imposée pour l'évaluation surprise demandait une parfaite entente entre les membres du duo, ainsi qu'une motivation certaine.
Hélas, la motivation n'avait aucune raison d'envahir son rival puisque selon ce qu'il savait, les élèves des écoles invitées n'obtenaient pas de note, seulement des appréciations, pour au final passer leurs examens dans leurs pays respectifs, ce qui incluait que ne possédant aucun risque de recevoir une mauvaise note, seulement quelques mots que son directeur changerait comme il lui convenait, Viktor pouvait s'arranger pour qu'il obtienne exprès une mauvaise note. Certes, ce n'était - n'est-ce pas? - dans les habitudes de son rival de se venger aussi méchamment, mais il était bien placé pour savoir qu'il n'était pas non plus dans ses habitudes d'être aussi froid avec quelqu'un, ce qu'il n'avait pourtant hésité faire.
Stressait. N'était pas un cancre en potions, mais ne possédait non plus un talent certain. Sa moyenne générale pouvait être excellente si les notes obtenues dans cette maudite matière ne venaient pas tout gâcher. Obtenir une mauvaise note de plus était un luxe qu'il ne pouvait pas se permettre. Ce fut cette raison qui lui procura un peu plus de courage et lui permit de lancer un regard suppliant au bulgare, qui ne mit guère de temps à en comprendre le sens. Celui-ci lui renvoya en échange un regard plus spécial signifiant presque : "Après ce que tu m'as fait, peux-tu m'expliquer pour quelle obscure raison j'accepterais de t'aider?". Et pourtant...
-Je ne veux pas t'entendrrre. Tu ne me parrrles pas, tu ne me rrregarrrdes pas. Tu te contentes simplement de me donner les ingrrrédients indiqués après les avoir préparés comme il convient; d'accorrrd? Moi, je les mélangerai et je surrrveillerrrai le feu et la régularité des mouvements de cuillèrrre.
Pensa au départ qu'en gros, allait se coltiner tout le sale boulot tandis que lui resterait assis sur sa chaise à siroter un jus de citrouille en toute tranquillité, avant de se raviser, et de se persuader que c'était déjà mieux que rien. Hocha la tête et ouvrit son livre de potions à la page qu'il fallait. Comme il lui avait gentiment été demandé, ferma sa bouche, se contentant de soigneusement découper certaines herbes, d'extraire le jus de certains fruits toxiques, de peser au milligramme près les éléments qui le nécessitaient. Dans un silence presque religieux.
Et au bout de dix minutes de silence, celui-ci se rompit...
O(+VKCD+)O
Encore. Encore et - malheureusement - toujours cette immonde sensation de déjà vu. Haïssait ça. Haïssait de se retrouver une fois de plus dans l'infirmerie, avec un trou noir dans le cerveau, rien que des impressions invérifiables dans l'immédiat. Haïssait d'avoir tous ses vêtements alors que des draps recouvraient son corps. Haïssait cette vieille odeur de sirop pour la toux et autres produits médicamenteux. Haïssait ces lits grinçants, surement aussi usés pour que l'infirmière entende dès qu'une personne tentait de s'échapper, le moindre mouvement faisant hurler les ressorts rouillés, audibles jusqu'au fin fond de la foret interdite.
Que faisait-il là - et en se posant la question, renforça involontairement sa sensation de déjà vu. Mit bien moins de temps que la dernière fois pour vérifier qu'il était absolument seul dans le lit. On ne savait jamais. N'étant pas un génie des potions, aurait pu se tromper dans les ingrédients et créer une mixture avec des effets légèrement aphrodisiaques qui l'auraient poussé à se jeter sur un bulgare qu'il estimait avoir suffisamment traumatisé depuis le temps. Fort heureusement, son lit n'accueillait que sa propre personne. Souffla, se calma et reposa sa tête sur le doux oreiller blanc.
-Cedrrric?
Merlin le faisait-il exprès? Le karma s'arrangeait-il pour qu'il paye durement la seule faute de son existence qu'il considérait comme grave? C'était le même ton que le matin de ce funeste épisode de sa vie. Le même ton teinté d'inquiétude, à la différence que cette fois, y décernait une part de rancœur, découlant justement de cette inquiétude. Devait avoir fait quelque chose de terrible pour faire peur à Viktor. Se retourna pour faire face à son interlocuteur, qui lui était assis sur une chaise, à bonne distance de son lit.
-On n'a pas... demanda-t-il, hésitant.
La sévérité qui se dessina sur le visage du bulgare lui prouva que non, ainsi que sa stupidité à avoir ne serait-ce qu'une seconde à cette possibilité. Comment Viktor, garçon d'une extrême intelligence, aurait-il pu tirer profit d'un de ces autres moments de lucidité douteuse? Avait déjà fait cette erreur une fois, et les conséquences s'était avérées particulièrement douloureuses pour lui. Se maudissait d'avoir posé la question, augmentant par ce processus la haine déjà grande que lui vouait son rival. Décidément, ce n'était pas, mais alors vraiment pas sa journée. Détestait tout. Détestait quasiment d'être né.
-Pourquoi diable suis-je à l'infirmerie?
Et quand les derniers sons de sa voix s'estompèrent, vit une chose magnifique, qui lui avait manqué. Viktor souriait - soit parce qu'il prenait également conscience que tout se déroulait comme la dernière fois, soit parce qui l'avait amené dans cet endroit attirerait des probables années de moqueries de la part de toute personne y ayant assisté. Mais c'était beau. Le sourire de Viktor avait cet effet apaisant sur les gens, envoutant, qui faisait tomber quiconque le croisait sous son charme. N'y faisait pas exception. Dénota toutefois que ce sourire lui avait manqué. Grandement manqué, dirait-il même.
-Tu m'avais déjà dit que tu n'étais pas trrrès bon en potions, mais de là à confondrrre une plante quasi inoffensive avec une plante quasi morrrtelle, il y grrrande différrrence, ne penses-tu pas? Inutile que je t'explique la suite dans les détails : tu m'as donné le mauvais ingrrrédient, qui évidemment ne s'accorrrdait absolument pas avec ceux déjà présents dans le chaudron, ce qui a fini par s'achever au trrravers d'une explosion qui nous a tous deux prrropulsés violemment contre le murrr derrrièrrre, nous évanouissant tout en intoxiquant la moitié de la salle. Et le prrrofesseurrr je ne sais plus quoi te fait savoirrr que tu as gagné une semaine de rrretenue, ainsi que la perte de trrrente points à ta maison.
Là, il se produit une chose si inenvisageable, qu'aucun d'eux n'avait pu le prévoir. Suite à son long monologue, le bulgare s'était tut, regardant le capitaine des Poufsouffles. Ce dernier, vexé par les moqueries, lui avait renvoyé l'observation, en y ajoutant une pointe de reproche. Ne surent combien de temps exactement cela dura. S'étaient regardés, et avaient ri ensemble, pile au même moment. Pourquoi? Parce que c'était drôle, qu'on se moquait toujours des plus idiots, et que la stupidité dont avait fait preuve Cédric dans la réalisation de cette potion était d'un grandiose niveau.
-Si ça se trouve, c'est toi qui n'est pas doué pour réussir à mélanger, ou qui n'a pas su contrôler l'intensité du feu.
-Désolé de te décevoirrr, Diggorrry, mais le prrrofesseurrr a vérifié, histoirrre de ne pas donner la mauvaise punition à la mauvaise perrrsonne - ce qui est plutôt bizarrrrre d'après ce qu'on m'a rrraconté surrr lui. Parrr conséquent, tu demeurrres le seul et unique fautif, finit-il avec un autre de ses sourires charmeur.
Puis le silence. De nouveau. La gêne. Le manque de sujet de conversation entrainant l'immédiat départ d'un des deux, autrement dit le seul capable de marcher. Vit donc le bulgare reprendre sa froide expression faciale, apte à affronter la troupe de harpies qui se jetterait sur lui dès son premier pas posé dehors. Devait faire quelque chose, non? Venait de produire une explosion et avait blessé, certes légèrement, son rival. Des excuses s'imposaient, le savait, et afin de les présenter correctement, interpella l'attrapeur juste avant qu'il ne franchisse la porte de sortie.
Evidemment, c'était bien plus simple de le dire que de le faire. Avait peur, peur que les excuses qu'il souhaitait présenter ne soient que du vent, que Viktor, encore trop touché par la manière dont il s'était fait rejeter, ne les prennent pas en considération et les lui renvoient en pleine face, avec une certaine violence. Reconnaissait toujours ses erreurs et présentait automatiquement les excuses qui s'y rapportaient en conséquence, mais il n'était pas dit que les autres les accepteraient avec simplicité. La peur demeurait la première sensation capable de le paralyser.
Se trouvait ridicule. Venait d'appeler le bulgare pour ne rien lui dire. D'ailleurs, celui-ci continuait de le regarder, attendant qu'il parle, qu'il dise quelque chose, pour au final se rasseoir à sa place. Comprenait que ce que Cédric cherchait à lui dire n'était pas simple, démontré par ce geste révélateur de stress consistant à s'entortiller les doigts entre eux. Le champion de Poudlard était quand même quelqu'un de timide. Fixant l'attrapeur des yeux, espéra que ce dernier comprenne qu'il lui faudrait peut-être une peu de temps pour ouvrir la bouche, lui demandant ainsi s'il avait en avait à tuer.
-Tu souhaites sans doute me prrrésenter des excuses?
Sourit. N'était pas choqué qu'on puisse en arriver à cette conclusion. Son incapacité à cacher le sens de sa pensée avait longtemps été un handicap, jusqu'à ce qu'il découvre que ce pouvait être fort utile pour avouer des choses difficiles. Bien sûr, la personne en face de lui devait faire preuve d'un certain sens de la déduction. Viktor avait sans doute compris que l'unique raison pour laquelle Cédric avait pu le retenir malgré le malaise subsistant entre eux - quoiqu'une partie s'en fût effacée suite à leur bref moment de rigolade - était des excuses.
-Je ne sais pas par où commencer, avoua-t-il.
Il y avait tellement de choses à dire. Ne voulait pas se contenter d'offrir de simples excuses. Souhaitait donner les raisons exactes d'une telle décision, et Merlin qu'elles étaient nombreuses. Les présentait parce qu'il s'était rendu compte qu'une prise de recul n'avait pas à se faire d'une si froide manière. Les présentait parce que depuis noël, s'apercevait petit à petit que son geste s'expliquait par une attirance que l'alcool s'était contenté de dévoiler au grand jour. Les présentait parce que l'aveu des sentiments que lui portait Viktor l'avait touché plus qu'il n'avait pu l'envisager. Les présentait pour se faire pardonner sa lenteur d'esprit.
-Tu n'as pas besoin de me prrrésenter des excuses pourrr ça. Je pense êtrrre aussi fautif que toi.
-Faux... Je n'avais pas à...
A quoi? A lui dire d'aller se faire foutre simplement car il n'avait pas su que la découverte d'un homme au physique avantageux à ses côtés lui avait permis d'envisagé que l'orientation sexuelle qu'il avait choisi n'était pas forcément celle à laquelle il avait pensé? Oui. C'était stupide, car il était intelligent, qu'il aurait dû lui dire qu'il lui fallait du temps pour s'y faire au lieu de lui assener un coup de poignard en plein cœur. Egoïste car il n'avait pensé à lui, n'essayant pas une seconde d'envisager les désastreuses conséquences que subirait la personne se trouvant tout aussi concerné que lui.
-Si. Je n'aurrrai pas dû venirrr te voirrr alorrrs que tu encaissais encorrre le contrrre-coup de ce qu'il s'était passé. Je n'aurrrais pas dû venir pourrr te fairrre des rrréclamations, tu ne m'appartiens pas. La rrréaction que tu as eue était plausible et parrrfaitement justifiée.
-Tout est allé tellement vite... En général, les gens apprennent à se connaitre, découvrent une affinité particulière, l'exploitent puis couchent ensemble. Nous avons sauté deux étapes au minimum, et je crois qu'un tel franchissement était trop conséquent pour moi. Ca a provoqué une sorte de chamboulement qui a inversé l'ordre de passage des étapes en question, parce que l'affinité particulière a surgis après les ébats.
Merlin. Venait carrément d'avouer au grand jour qu'il ressentait bien un petit truc à l'égard du bulgare, qui lui écarquillait les yeux de stupéfaction. Avait beau ne pas savoir faire preuve de discrétion, là, était allé peut-être un peu trop loin. Justement, c'était le genre de choses qu'il préférait qu'on devine plutôt qu'il confesse ouvertement. Ses mots semblaient être lourds de signification puisque de nouveau, le silence régna. Mais ce devait en être trop pour Viktor qui, fatigué de devoir toujours tout comprendre alors que les choses pouvaient être dîtes sans fioritures, prit la parole:
-Je sais que c'est difficile d'assumer ce qu'on est, Cédric, je ne saurrrais te dire combien de temps il m'a fallu... Alors je te prrropose un truc simple : Laisse-moi une pérrriode d'un mois, durrrant laquelle nous ne serons pas en couple, mais en essai - si je puis ainsi dirrre. Après ce mois, librrre à toi d'accepter de continuer ou pas... Bien que je ne doute pas de ma capacité à te convaincrrre de suivrrre la même rrroute que la mienne, dit-il en souriant.
-Quelle prétention!
Détestait les personnes prétentieuses. Etait l'exemple même que la prétention n'était pas nécessaire, puisque sans jamais se vanter de ses exploits auprès de ses amis et de toute l'école entière, en avait reçu le respect. C'était pour cette raison, par exemple, qu'il détestait le fils Malfoy, dont la seule qualité était un langage soutenu et une certaine capacité à trouver des mots capables de rabaisser un homme plus bas que terre. Ne détestait néanmoins pas les lèvres de Viktor sur les siennes, ce geste signifiant la close de leur pacte. Et cette douce sensation qui l'envahit lui confirma qu'il avait fait le bon choix.
-MON INFIRMERIE N'EST PAS UN LIEU OU LE REGLEMENT PEUT-ÊTRE VIOLE MONSIEUR KRUM! DEGUERPISSEZ ET LAISSEZ MONSIEUR DIGGORY SE RETABLIR, hurla l'infirmière.
Voilà, tout pourrait se finir ainsi - et dieu sait que ça me ferait du travail en moins -, mais je n'ai pas envie que les lecteurs pensent qu'au final, Cédric finira par mourir quelques mois après. Voilà pourquoi j'ai le plaisir de vous annoncer qu'il y aura sans doute encore deux parties, et peut-être, je dis bien peut-être un épilogue. Tout dépendra de mon état. N'oubliez jamais à quel point je vous aime et qu'il ne faut jamais croire ce que peut dire Jésus.
