Ron était dans sa chambre essayant de terminer le devoir de potion que le professeur Rogue leur avait donné pour les vacances de Pâques. Cela faisait une semaine qu'il bloquait dessus et il commençait sérieusement à paniquer, en effet il ne lui restait plus que quelques jours pour l'achever.
— Pff ! Hermione n'est franchement pas sympa ! Elle pourrait m'aider quand même. Juste un peu, un minuscule chouïa ! Je vais me retrouver en retenue avec Rusard ou pire, avec Rogue, tout ça parce que madame estime qu'elle m'aide trop.

En effet, deux jours auparavant il avait envoyé une lettre à Hermione pour lui demander de l'aide pour son devoir. La réponse avait été aussi rapide à revenir que cinglante. Elle lui avait envoyé une Beuglante, la première qu'il n'eut jamais reçue de la part d'un ami. Complètement tétanisé par l'enveloppe rouge, il ne l'ouvrit pas à temps. Elle s'enflamma et parla d'une voix de stentor :

Ron ! J'en ai vraiment ras-le-bol que chaque fois qu'il y a un devoir un peu difficile, tu me demandes les réponses ! Si tu veux la réponse au devoir tu n'as qu'à regarder dans le livre ! Tout y est expliqué, alors ne me dérange plus pour des choses aussi futiles et simples à résoudre que ce devoir de potion ! J'aimerais beaucoup profiter de mes vacances, à Édimbourg, avec mes parents, sans avoir à penser à l'école !

Ron se secoua, repenser à ce courrier lui était douloureux. Il avait l'impression que les mots d'Hermione avaient été gravés dans sa chair au fer rouge. Il baissa les yeux sur le manuel de potion où été sensé se trouver les réponses, mais il n'y croyait plus. Depuis qu'il planchait sur son devoir, il l'avait lu en long, en large et en travers. Sans succès. Elle avait beau jurer ses grands dieux que tout y était, il n'y croyait guère.

Excédé, il jeta violemment le manuel contre le mur. La goule, réveillée par le bruit se mit à frapper avec force sur la tuyauterie. Entendant le vacarme et devinant que ce n'était pas près de s'arrêter, il regretta aussitôt son geste.

Il se leva et descendit dans la cuisine.

— Tiens, tiens... Tu as enfin décidé de sortir de ta bulle? Se moqua Fred.

— La ferme.

— Oh, Ron le Préfet va nous mettre une retenue ! Dit Georges.

Faisant la sourde oreille aux sarcasmes des jumeaux, il sortit se réfugier dans le hangar à balais. Il prit son vieux Brossdur 5 et s'envola.

Il n'avait pas de lieu précis en tête, il voulait seulement trouver quelque chose sans savoir quoi exactement. Au bout de quelques heures, il sentit qu'il était allé assez loin, voire même trop loin. C'était le crépuscule quand il atterrit dans une banlieue de Londres, pensant être tout près de chez son meilleur ami Harry Potter, il se précipita vers la maison portant le numéro quatre. Arrivé devant il s'aperçut de son erreur, complètement vidé d'énergie face à sa solitude, il se mit à errer sans but dans les rues, les yeux rivés vers le sol et les pieds trainant. Puis après ce qui lui sembla une éternité, alors qu'il ne s'était écoulé même pas une heure, il leva le nez ayant cru entendre un bruit. Il se raidit et tendit l'oreille, comme il ne perçut rien à part la légère brise qui venait de se lever, il se mit à tourner sur lui-même.

C'est en voyant soudain le gros 4X4 rutilant qu'il identifia tout de suite l'endroit où il se trouvait. Il était devant chez les Granger. Devant chez sa meilleure amie. Il fut pris de vertiges en reconnaissant les lieux et fini par s'écrouler.

Soudain, il ouvrit les yeux.

Hébété, il regarda autour de lui et poussa un soupir de soulagement. Tout allait bien, ce n'était qu'un mauvais rêve. Encore un peu endormi, il se leva et partit se débarrasser de la sueur qui lui collait le pyjama, telle une deuxième peau aux couleurs des Canons de Chudley. Revenant à son lit, il se mit à contempler ses affaires d'un air mélancolique.

— Que de solitude, que de tristesse ! Personne n'est là pour moi. Point de demoiselle, chantonna-t-il, point de tendres embrassades ni de douces caresses. Pourquoi diable, n'ai-je le droit de profiter de pareilles douceurs ? Parfois j'ai le sentiment d'être maudit.

Après avoir achevé sa toilette il descendit prendre son petit déjeuner, lui qui avait l'espoir de pouvoir être seul avec ses pensées étant donné que le soleil commençait seulement à poindre, il en fut pour ses frais... Pour preuve, une fois au rez-de-chaussée, il resta bouche-bée devant le spectacle qui se déroulait devant ses yeux...

— Mais...Mais...Qu'est-ce que vous faites là ?

L'entendant parler tous se retournèrent. Ils le regardèrent comme s'il était devenu amnésique ou fou.

— Eh bien Ronnie, dit sa mère, on a cru que tu ne te lèverais jamais ! Il est grand temps que vous partiez.

Les jumeaux, ainsi que la benjamine de la famille, pouffèrent en entendant le surnom dont leur mère avait affublé le pauvre Ron.

— Eh bien ! S'impatienta son père, ne reste pas planté là ! Va chercher ta cape, nous sommes pressés.

— Hein ? Fit Ron.

— Allons, allons ! Le pressa Arthur

— Mais pourquoi ai-je besoin de ma cape ?

— Non d'un chaudron ! C'est incroyable, bizarre, étrange...

— Georges, le coupa Molly, suffi.

— Dites, interpella Ron qui ne comprenais absolument rien, ça vous ennuierais de me dire ce qui se passe à la fin ?!

Toute la petite assemblée se tourna vers lui et fut ahurie de voir qu'il était sincère en disant qu'il ne saisissait pas de quoi ils étaient en train de parler.

— Mais Ron...Voyons... Commença Georges.

— Tu n'as quand même pas... Dit Fred

— Le jour que nous sommes aujourd'hui, acheva Molly.

— Pardon ? Demanda Ron qui ne voyait toujours pas.

— LE MATCH ! Dirent-ils tous en chœur.

Le jeune homme était tellement abasourdi, d'avoir pu oublier une chose pareille, que sa mâchoire sans décrocha presque. Toutes les personnes présentes dans la pièce hurlèrent de rire devant sa mine déconfite.

— Bien ! cria Arthur après avoir retrouvé un peu de sérieux ; maintenant que Ron a semble-t-il retrouvé la mémoire, je pense que nous devrions partir... Sinon nous allons être vraiment en retard.