Note de fin de chapitre:
Quand j'ai commencé à écrire "Cabin fever", j'avais une autre fin en tête. Malheureusement au moment de l'écriture, mes doigts n'ont pas voulu collaborer avec mon cerveau. J'ai donc fini l'histoire un peu plus tôt que prévu.
Les reviews m'ont motivée et j'ai décidé de retenter l'expérience. Ca a été assez pénible, quelque part entre l'arrachage de dents (sans anesthésie) et l'accouchement de quintuplés... mais j'y suis arrivée.
Attention, la fin devient passablement slash ou du moins pré-slash; si vous n'aimez pas ou n'êtes pas d'accord MERCI DE NE PASlire la suite (inutile de lire quelque chose que vous n'appréciez pas). Rien de bien méchant cependant, ça reste une histoire classée T.
"Bonne nuit Neal, dors bien – tu l'as mérité. Désolé de t'avoir fait mal. Mais ça va aller, tout va s'arranger, tu verras."
Il recula et ferma la porte. Elizabeth était juste derrière lui.
"Oui, tout va bien aller, pour toi aussi," ajouta-t-elle.
Elizabeth le prit dans ses bras. "Allons dormir chéri, tu as l'air épuisé."
"Je le suis. La route a été semblé longue sans personne à qui parler."
"Veux-tu dire que la capacité de Neal à parler des heures durant t'a manquée?" le taquina Elizabeth.
Peter grimaça et jeta un œil à la porte fermée. "Notre secret ?" lui fit-il avec un clin d'œil.
Ils se changèrent pour aller se coucher et Peter poussa un long soupir de soulagement en s'installant sous les draps; il éteignit sa lampe, laissant uniquement celle d'Elizabeth fournir une lumière tamisée à la pièce.
Elizabeth se mit au lit et se pelotonna contre Peter ; elle avait encore besoin de se convaincre de son retour après les longues heures de frayeur. Elle lui caressa le bras d'un geste tendre.
"Je t'aime," murmura-t-elle.
"Je t'aime aussi." Peter la prit dans ses bras et l'embrassa avec ferveur.
Elizabeth lui rendit son baiser avec passion et Peter laissa sa main lui caresser le corps avec douceur. Elle se lova contre son corps avec un soupir de plaisir. La main de Peter avait atteint maintenant ses hanches et se dirigeait vers des parties plus intimes quand elle lui prit les doigts. Il la regarda un peu blessé. Elle croisa ses doigts sur les siens et porta la main à son visage. Elle embrassa les doigts un par un. Peter leva un sourcil interrogateur.
"Je veux que tu me fasses l'amour chéri. Je veux que tu sois passionné et fougueux. Je veux que tu me montres combien tu m'aimes ; je veux te montrer combien j'ai eu peur, mais j'ai besoin de toi tout entier et serein."
Peter la regarda un peu confus.
"Chéri, il faut que tu me parles. Tu dois me dire ce qui ne va pas."
Peter soupira. "Je te l'ai déjà dit. Ca a été un cauchemar dans cette cabane."
"Peter, je te connais. Tu te sens coupable et quoi que tu en dises, je sais que ce n'est pas seulement parce que tu regrettes d'avoir fait mal à Neal."
"Il n'aurait pas été blessé s'il ne travaillait pas pour moi, et puis c'est moi qui..." la voix de Peter se cassa, il avait encore du mal à en encore parler. "... ai brûlé son épaule."
"Je n'en crois pas un mot. Neal est parfaitement conscient des risques qu'il court en travaillant pour le FBI. Je pense même que ça l'amuse. Et tu sais parfaitement qu'il t'a pardonné, s'il y avait d'ailleurs quoi que ce soit à pardonner. Tu lui as sauvé la vie."
"Comme tout le monde ne cesse de me le répéter, encore et encore," répliqua Peter un peu sèchement.
"Parce que c'est vrai !" Elizabeth lui lâcha la main et se releva sur le coude pour le regarder dans les yeux. "Peter, s'il te plaît, parle-moi."
Peter se relaissa tomber sur l'oreiller, regardant le plafond. Il eut un petit sourire en repensant à Neal qui fixait le plafond de l'hôpital. Il ouvrit la bouche pour répondre mais aucun son n'en sortit. Il soupira en fermant les yeux.
"Chéri, ça ne peut pas être si terrible," murmura Elizabeth d'une voix douce.
Peter avala la boule dans sa gorge et se tourna vers elle. "Neal a été tellement courageux... Je pensais qu'il allait hurler à s'en déchirer les cordes vocales. Je ne veux même pas imaginer la douleur qu'il a dû ressentir. Mais il n'a crié qu'une fois, quand j'ai posé le tisonnier sur sa blessure. Ensuite il a mordu dans cette cravate comme si sa vie en dépendait. Il s'est contenté de gémissements et sanglots." Peter inspira profondément. "J'étais horrifié par la douleur que je lui infligeais, et tout à coup j'ai eu cette image de Neal en train de gémir... de plaisir cette fois... et c'était moi qui le faisais gémir." Peter rougit et ferma les yeux, il ne voulait pas voir l'expression de sa femme.
"Oh, mon chéri," s'exclama Elizabeth d'une voix triste. Elle lui donna un léger baiser et lui caressa doucement la tempe. "Je suis désolée."
Peter ouvrit les yeux surpris. "Désolée ?"
"Que tu aies pris conscience que tu étais amoureux de Neal dans de telles circonstances."
Peter se recula fronçant les sourcils. "Non, je ne..." Il était à court de mots.
"Si, tu l'es, et tout va bien chéri. L'amour est la plus belle chose qui existe au monde."
"Oui, et je t'aime toi."
"Ton coeur est assez grand pour nous deux."
"Je ne l'aime pas comme ça !" protesta Peter l'air horrifié.
"Oui, d'une certaine façon, tu l'es, mais tout va bien chéri. Vraiment. Tu as juste besoin d'y voir plus clair."
"Mais..."
"Peter, tu as poursuivi Neal pendant des années. Malgré ce qu'il était, ou peut-être à cause de tout ce qu'il était, tu l'admirais. Puis vous avez commencé à travailler ensemble. Tu as pu travailler avec son intelligence extraordinaire. Il est amusant, il est charmant, il a conquis tous les coeurs. Peter, il a réussi à se faire emmener au musée par le patron de ton patron ! Ce n'était qu'une question de temps avant que ton admiration ne se transforme en passion et... amour."
Peter la regarda soudain d'un air grave. "Ca fait combien de temps que tu as compris tout ça ?"
"Un moment, crois-moi. Vous vous tournez autour depuis si longtemps... Parfois, j'avais envie de vous crier dessus. De vous dire d'arrêter le jeu et de vous embrasser une bonne fois pour toutes."
"Vous ?"
"Oui, Neal est aussi amoureux de toi que tu l'es de lui. Peut-être même plus, car lui n'a pas peur de ses sentiments, il n'a pas peur d'aimer un homme."
Peter se mit à rire. "Il savait," dit-il.
"Savait quoi ?"
"Que tu savais..."
"Hein ?" C'était au tour d'Elizabeth d'être perplexe.
"Neal m'a dit qu'il avait eu des hommes dans sa vie. Bien sûr, je suis tombé de l'armoire. Puis il m'a dit que toi tu saurais."
"Je ne peux pas dire que je savais, plutôt que c'était plausible." Elle le regarda dans les yeux. "Apparemment vous avez eu des conversations plutôt surprenantes dans cette cabane."
"Celle-là en fait, c'était à l'hôpital."
"Et sa sexualité était un sujet comme les autres ?" demanda Elizabeth l'air sceptique.
"Non pas vraiment. En fait on a échangé des informations. Je répondais à l'une de ses questions, il répondait à l'une des miennes..." Peter fit une grimace.
"Que se passe-t-il ?"
"Je viens de me rendre compte que je n'ai pas respecté ma part de l'accord. Je lui ai... menti."
"Chéri... Tu passes ton temps à demander à Neal de ne pas te mentir..."
"Je ne pouvais tout de même pas lui dire pourquoi je me sentais coupable !" cria Peter plus fort qu'il ne l'aurait voulu.
Elizabeth hocha la tête. "C'était sa question. Quelle était la tienne ?"
Peter rougit légèrement. Sur le moment la question semblait acceptable, il était inquiet. Maintenant qu'il avait eu le temps d'y penser, il se rendait compte qu'il avait été particulièrement indiscret, une question si personnelle que Neal n'avait aucune raison d'y répondre. Et pourtant, il avait répondu...
"Chéri..." insista Elizabeth.
"Quand nous étions à la cabane et que j'ai vu que sa blessure s'était infecté beaucoup trop vite, je lui ai demandé s'il avait une maladie immunitaire..."
"Peter !" Elizabeth était outrée.
"Je sais, je sais. Je me rends compte maintenant que je n'aurais pas dû. Il a failli m'arracher la tête."
"Et il aurait eu bien raison !"
"Oui, je sais chérie. Mais j'étais terrifié. Nous étions isolés par la neige, au milieu de nulle part, je pensais que mon meilleur ami allait mourir. Je n'avais pas vraiment les idées claires." Peter ferma les yeux, essaya de chasser la peur qui revenait.
"Shhh..." Elizabeth lui caressa doucement la joue. "Tout va bien, chéri. Il est sain et sauf, vous êtes de retour, tout est rentré dans l'ordre."
Peter inspira profondément plusieurs fois pour se calmer, puis adressa un sourire à Elizabeth. "A l'hôpital il m'a expliqué pourquoi il avait réagit violemment et qu'il avait des amants. Pendant un instant il a eu peur que ça ne me dérange."
"Mais ça n'est pas cas."
"Bien sûr que non. El, tu me connais mieux que ça !"
"Oui, je sais. Et comme je te le disais, j'en avais le pressentiment, donc s'il veut en parler, il doit savoir que ça ne nous pose aucun problème." Elle le regarda d'un air grave. "Tu sais qu'il vit vraiment mal le fait que tu te sentes coupable. Il n'arrive pas à comprendre et ça le mine. Il faut que tu lui parles, au moins lui avouer ce que tu m'as dit, et tu verras bien où cela vous mène."
"Mais El, je ne suis pas..."
"Quoi ? Gay ? Bi ? Chéri, ce sont des étiquettes, nous parlons d'amour. La plus grande force qui soit."
"Je ne suis pas sûr d'être prêt. Bon sang, je ne sais même pas si j'ai envie de ça ! J'étais tellement à vif dans cette cabane, ça n'était peut-être qu'une façon pour mon esprit de me permettre de faire face."
"Ou peut-être que parce que tu étais à vif, comme tu dis, tes barrières se sont effondrées laissant ton inconscient se révéler."
Peter enfonça la tête dans l'oreiller, se passant la main sur les cheveux. "Je ne sais. C'est tellement confus."
"Chéri, tu n'as pas à prendre de décision maintenant. Il faut que tu en parles avec Neal, voir où cela vous conduit. Tu n'as pas besoin d'aller plus loin. Peut-être que vous avez juste besoin de le reconnaître."
"Et comment te sens-tu par rapport à tout ça ?" lui demanda-t-il.
"Je ne sais pas trop. Je vois bien à quel point vous tenez l'un à l'autre, et je sais que je ne ferai rien qui puisse détruire ce lien. Ca ne veut pas dire que je sois enchantée à l'idée de vous imaginer dans le même lit..." Peter rougit vivement et elle ne put s'empêcher un sourire. "Et j'ai l'impression que tu n'avais pas pensé aussi loin... Voyons ce qu'il se passe."
Peter la prit dans ses bras et l'embrassa de toute son âme. Il ne savait vraiment pas ce qu'il avait fait pour mériter une femme pareille. Il la roula sur le lit en l'embrassant avec passion.
"J'espère vraiment que ses antidouleur sont efficaces, parce que ces murs ne sont en aucun cas assez épais..."
Elizabeth rit doucement et lui retourna son baiser avec fougue.
Elizabeth était en train de préparer le petit déjeuner, le bacon promis rissolait dans la poêle. Peter arriva derrière elle et l'entoura de ses bras ; il posa son menton sur son épaule la regardant tourner un pancake.
"La nuit dernière était..." sa voix s'éteint, il ne trouvait pas les mots adéquats.
"Oui... tu devrais peut-être te perdre plus souvent dans les bois..."
"Je suis sûr que je peux trouver un moyen."
"Mais on devra sans doute faire isoler les murs..."
Neal s'éclaircit la gorge annonçant son arrivée et le couple sursauta, les joues rouges.
"Je suis content que les antidouleur soient efficaces..." murmura-t-il.
Peter lui lança un regard noir, le défiant de poursuivre, et Neal eut le mérite d'avoir l'air un peu gêné.
"Bonjour Neal !" s'exclama Elizabeth d'une voix joyeuse. "Comment te sens-tu ce matin ?"
"Beaucoup mieux, merci."
Peter le regarda et quitta la cuisine sans dire un mot. Neal le suivit du regard puis se tourna vers Elizabeth.
"Qu'est-ce que... ?"
"Aucune idée mon chou", répondit-elle en secouant la tête. "Tu veux du café ?"
"Oui, merci."
Elle lui servit une tasse. Peter revint dans la cuisine portant son écharpe. Il se dirigea vers Neal et l'aida à la mettre sans dire un mot.
"Je pensais d'abord prendre ma douche et la remettre avant de partir," expliqua Neal doucement.
"Si on pouvait éviter de répéter la scène du dîner," grommela Peter.
"Désolé."
L'humeur joyeuse tomba et Neal but son café en silence. Peter mit la table et ils s'assirent autour du petit déjeuner. Neal prit ses médicaments sans qu'on lui fasse la moindre remarque et attaqua son repas avec appétit.
"Ca fait plaisir de te voir manger, Neal." Elizabeth rayonnait.
"C'est absolument délicieux et j'avais faim. Merci beaucoup pour ta peine."
"Ca n'est rien. Je suis contente que tu te sentes mieux."
"Oui, beaucoup mieux. Je vais vite prendre une douche et j'appelle un taxi."
"J'ai dit que je te conduisais," dit Peter.
"Non, ne te dérange pas. Je vais bien."
"J'ai dit que je te conduisais."
Neal regarda Elizabeth qui lui fit un minuscule signe de la tête, il n'insista pas.
Une fois le repas terminé, il se leva pour aider à débarrasser la table, mais Elizabeth l'arrêta. "Ca va aller. Va t'habiller. Je suis sûre que tu as hâte de rentrer chez toi."
Neal monta dans la salle de bain. Il avait le droit de prendre une douche, mais il devait nettoyer sa blessure et remettre un pansement. Cela s'avéra plus compliqué qu'il ne l'aurait cru.
"Merde," s'exclama-t-il quand il laissa tomber l'antiseptique et les compresses.
On frappa discrètement à la porte. "Neal, as-tu besoin d'aide ?" demanda Peter.
Il failli répondre sèchement puis s'aperçu qu'il ne pourrait pas se débrouiller seul. "Oui," admit-il.
"Je peux rentrer ? Tu es décent ?"
Neal roula les yeux. Après ce qu'ils avaient vécu, c'était le cadet de ses soucis. "Oui, tu peux rentrer."
Peter entra et vit les produits sur le sol. Il secoua la tête et les ramassa. "Neal, pourquoi n'as-tu pas demandé de l'aide ?"
Le jeune homme haussa une épaule d'un air penaud et Peter s'approcha de lui. "Assieds-toi, je m'occupe de ça."
Il refit le bandage rapidement et aida Neal à mettre une chemise puis son écharpe.
"Tu ne vas jamais pouvoir y arriver seul," s'exclama soudain Peter.
"J'appellerai Mozzie. Il fait une bonne infirmière." Une très bonne infirmière même, pensa Neal. Il avait été contraint par la force des choses d'apprendre à soigner leurs blessures, plus ou moins importantes. Il détestait les hôpitaux et était capable de traiter la plupart de leurs accidents.
"Je n'en doute pas..." Peter l'imaginait assez bien. Il n'avait jamais trouvé de traces du passage de Neal dans un hôpital toutes ces années ; il avait du mal à croire que le gamin avait pu aussi chanceux.
Neal boucla ses affaires et descendit au rez-de-chaussée. Elizabeth lui avait préparé un sac avec des provisions pour quelques jours.
"Tiens, tu n'as qu'à les mettre au micro-ondes et tu auras à manger. Je t'en enverrai d'autres dans quelques jours."
"Merci Elizabeth, mais il ne fallait pas te donner tout ce mal. Je vais m'en sortir."
"Tu as besoin de manger et se préparer des repas avec une seule main n'est pas aisé. Oh, et pas de vin !" avertit-elle en levant un doigt menaçant.
Peter grimpa les marches de la maison de June vers l'appartement de Neal et ouvrit la porte. Son partenaire suivait d'un pas lent, en se demandant pourquoi l'appartement terrasse n'était pas au rez-de-chaussée... heu… non, ça ça n'allait pas être possible. Fichus médicaments... Il ferma la porte derrière lui et s'y laissa tomber, les yeux fermés.
Peter sentit son coeur se serrer et s'approcha de lui. La bouche de Neal était légèrement entrouverte, si attirante... Peter ne put résister. Il posa ses lèvres sur celles de Neal et l'embrassa doucement. Il sentit Neal se raidir de surprise, puis se détendre avant de répondre à son baiser. Ils s'embrassèrent avec douceur, lentement, prenant le temps de découvrir leurs bouches respectives. Quand ils se séparèrent les yeux de Neal étaient presque noirs, reflétant à la fois plaisir et surprise. Peter se recula se sentant coupable tout à coup. Il avala sa salive et pinça les lèvres, il pouvait encore y sentir le goût de Neal.
Il prit le sac de provisions d'Elizabeth et se dirigea vers la cuisine pour ranger les boîtes. Il entendit Neal pousser un léger soupir et se diriger vers le canapé. Peter s'occupa dans la cuisine pendant un long moment. Il rangea les Tupperwares, posa un verre sur le comptoir, ouvrit une bouteille d'eau pour Neal, sortit les médicaments du sac. Il rangea le sac de voyage dans un cas et jeta un dernier oeil à l'appartement pour s'assurer que tout était en ordre. Regardant partout, sauf vers Neal.
Il se dirigea vers la porte et tourna la poignée.
"Tu me quittes sans un petit baiser d'adieu ?" demanda Neal à voix basse.
Il avait conscience que Peter n'était pas prêt, mais il ne pouvait pas le laisser partir comme ça. Il eut un soupir intérieur de soulagement quand il entendit la porte se refermer et le parquet craquer sous les pas de Peter. L'agent s'assit à l'autre bout du canapé. Ils restèrent silencieux un long moment. Neal savait que Peter ne parlerait pas le premier.
"C'est pour ça que tu te sentais coupable ?" demanda Neal les yeux rivés sur la table basse.
Il sentit Peter s'agiter sur le canapé mal à l'aise.
"Tu sais, je n'ai jamais cru à tes explications, te sentir coupable parce que tu m'avais fait mal. Je me suis donc douté qu'il y avait autre chose. Quelque chose de si... difficile à admettre que tu ne pouvais pas en parler. Alors j'ai attendu, j'espérais que tôt ou tard je finirais par comprendre. Je dois avouer que je ne m'attendais pas à ça..." ajouta-t-il avec un petit sourire. "C'est à cause de ce que je t'ai dit à l'hôpital ?"
Peter fit une grimace.
"Alors, Elizabeth savait ?" Neal laissa passer quelques minutes de silence. "Tu sais, tu peux prendre la parole quand tu veux..." Neal regarda enfin Peter.
L'agent avec les yeux fixés sur le genou de Neal. Le jeune homme y jeta un oeil, se demandant s'il avait quelque chose sur la jambe. Puis il se souvint de la façon dont Peter avait mis la main sur son genou avant de lui demander de le laisser cautériser sa plaie. Un truc avec les genoux ? Non, probablement pas. Mais il ne pouvait pas le regarder en face pour le moment, et ses pieds étaient hors limite en raison de l'émetteur et de ce qu'il impliquait. Tout compte fait, les genoux étaient un bon compromis.
Peter s'éclaircit la gorge et choisit une réponse facile.
"Elle savait. Enfin, pas vraiment, mais elle m'a dit que cela ne la surprenait pas le moins du monde."
"Tu as une femme intelligente."
"Elle est... nous sommes... enfin, ça ne nous pose aucun problème."
"Je sais."
"Pourquoi ne m'en as-tu jamais parlé avant ?"
"L'occasion ne s'est jamais présentée. 'Ca y est, je sais qui a falsifié le testament. Ah au fait, je suis bi'... ça aurait été un peu bizarre non ?"
"Quand tu as découvert que Diana était lesbienne..."
"Arrête Peter, ça faisait genre deux heures que j'étais sorti de prison. Je n'allais pas te révéler un truc aussi personnel à ce moment-là !"
"Oui, bien sûr," admit Peter avec un geste d'excuse.
Ils laissèrent passer quelques minutes de silence. Nul ne savait comment poursuivre la conversation.
"Que s'est-il passé ?" demanda finalement Neal.
Peter inspira profondément comme s'il s'apprêtait à plonger en eaux profondes, ce qui finalement n'était pas loin de la vérité.
"Quand j'étais en train de..." allez, ça n'est qu'un mot "... cautériser ta blessure, tes gémissements m'ont fait pensé à..." Peter rougit.
Neal ouvrit la bouche en un "Oh" silencieux.
"J'étais tellement confus, ça n'avait pas de sens. Et je n'allais certainement pas en parler."
"Tu m'as menti à l'hôpital."
"Oui, et je te demande pardon." Neal hocha la tête acceptant l'excuse. "Je n'étais pas prêt."
"J'imagine que tu as eu une longue conversation avec Elizabeth hier soir." Neal pencha la tête en regardant l'agent et sourit. "Je parie qu'elle ne t'a pas laissé la toucher avant d'avoir tout avoué."
Peter rit doucement. "Tu lui as demandé de me parler, pas vrai ?"
"J'avoue."
"Alors... les hommes ?" demanda Peter après un moment. Neal leva un sourcil. "Je ne juge pas. Je suis juste curieux. Il te suffit de battre des cils une fois pour que toutes les femmes tombent à tes pieds. J'ai toujours pensé qu'être bi, contrairement à être homosexuel, était plus un choix."
"Celui de justement de ne pas faire de choix. Tout vouloir... Ne pas contrôler ses impulsions ?" Ajouta Neal utilisant d'un ton légèrement moqueur le reproche que lui faisait souvent Peter.
"Je ne m'en suis jamais douté. La façon dont tu dragues toutes les femmes..."
"Que veux-tu que je te dise ? Tu sais que j'aime les choses qui brillent. Les femmes ont tendance à briller."
"Et les hommes ?"
"C'est plus physique, plus brutal. J'aime l'action et la puissance. Cette impression qu'il n'y a pas de limites." Peter fronça légèrement les sourcils. "Avec une femme tu ne peux pas t'enfoncer trop loin ou tu peux lui faire mal. Avec un homme, tu as l'impression que tu peux toujours continuer." Peter rougit violemment. "Et j'ai le sentiment que tu ne demandais pas autant de détails..." ajouta Neal avec un sourire taquin.
Peter se leva du canapé et se dirigea vers la fenêtre, admirant la vue à un million de dollars dont il ne se lassait pas. Il n'avait aucune idée où ceci les menait. Il aurait peut-être dû mettre Neal dans un taxi et garder la bouche fermée... à tous les sens du terme.
"Alors, pourquoi m'as-tu embrassé ? Ne vas pas croire que je m'en plaigne..."
Peter pouvait entendre le sourire dans la voix. Il se tourna vers son ami. "Franchement ? Aucune idée. Je ne savais pas comment aborder le sujet..."
"D'où le silence pendant le trajet en voiture..." murmura Neal.
"Quand tu t'es effondré contre cette porte... Mon instinct protecteur a bondit. Tu avais les yeux fermés, la bouche entrouverte..." Peter haussa les épaules, tous les deux savaient ce qui avait suivi.
"Heureusement que j'étais appuyé contre cette porte. J'ai bien cru que mes jambes allaient se dérober. Je ne m'y attendais vraiment pas."
"Tu m'as retourné mon baiser pourtant"
"C'est toi qui a commencé."
"Oui, mais tu as répondu," répéta Peter, d'un ton presque accusateur.
"Oui, et je ne vais certainement pas m'en excuser. Tu embrasses divinement bien, je n'ai personne depuis très longtemps, je ne suis pas au mieux de ma forme et je tiens à toi beaucoup plus que je ne devrais sans doute. Donc oui, j'ai répondu à ton baiser, et j'espère vraiment que ça ne sera pas le dernier."
"Je n'ai jamais embrassé un homme auparavant."
"Ca, ça ne me surprend pas vraiment."
"Neal, je ne sais pas où tout ceci va nous mener. Je ne sais pas si j'en attends quelque chose. Je ne sais pas si je suis prêt. Ca me dépasse complètement."
"Nous n'avons pas besoin de trouver une réponse aujourd'hui Peter. Nous avons tout notre temps. Je serai toujours là, émetteur ou pas." Neal le regarda d'un air grave. Il en pensait chaque mot. Il attendrait que Peter prenne une décision.
Ils restèrent assis dans un silence confortable. Neal laissa tomber sa tête en arrière, les yeux fermés. Il sentait le sommeil le gagner à nouveau. Qu'y avait-il dans ces fichus médicaments ?
"Divinement bien ?" demanda Peter avec un sourire un peu suffisant.
Neal fit une légère grimace.
"Elizabeth serait sans doute d'accord avec toi..." confirma Peter avec un sourire amusé.
"Ne soit pas trop fier de toi. Attends que j'aille mieux." Neal poussa un long soupir, il était épuisé. Il fallait qu'il aille se coucher ou il allait s'endormir sur le canapé ce qui n'était sans doute pas une bonne idée. Il était déjà assez endolori, inutile d'être en plus inconfortable.
"Peter, viens au lit ave moi." Il sentit Peter se tétaniser à ses côtés. "Détends-toi, tu ne crains rien. Je ne pense pas être capable d'aller jusqu'à mon lit tout seul, alors crois-moi il ne va rien se passer... s'il doit se passer quoi que ce soit un jour." Il regarda Peter avec douceur. "Nous devrons reparler de tout ça quand je ne serai pas à moitié dans le coma à cause des médicaments. Je ne suis même pas sûr de vouloir que ça aille plus loin." Il posa sa main sur le genou de Peter. "Ce que je veux c'est m'allonger et te sentir à mes côtés, que tu me protèges comme tu l'as fait dans la cabane."
"Je peux faire ça," répondit Peter d'une voix douce.
Ile se leva et aida Neal à se mettre debout. Il chancela légèrement et Peter le tint un instant, puis l'accompagna vers le lit. Neal enleva ses chaussures et se glissa sous la couverture. Peter s'installa à ses côtés.
"Embrasse-moi," dit Neal en tournant son visage vers lui.
Peter obéit, sentit un soupir satisfait s'échapper des lèvres du jeune homme. Neal lui rendit son baiser puis ses lèvres cessèrent de bouger. Peter ouvrit les yeux et se recula légèrement. Neal s'était endormi. Il le regarda quelques minutes, écarta une mèche de cheveux de son front puis se relaissa tomber en arrière.
Ils avaient besoin de temps. Pour parler, pour guérir, mais ils avaient tout le temps qu'ils voulaient.
Fin (vraiment cette fois)
