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Les vacances touchent presque à leur fin, j'ai enfin un peu de temps pour continuer mes fanfictions alors on est repartis pour un deuxième chapitre ! Dans l'idéal, j'aurais aimé publier un chapitre par semaine mais j'ai placé la barre trop haute ^^' Je vais quand même essayer de finir avant Octobre ! Voyons voir si Bakamura s'en sort mieux que moi...

Bonne lecture à vous !

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Jeu de regard - chap 2


Le chahut habituel au réfectoire animait la soirée et les petits nouveaux y prenaient part avec plus d'aisance : Haruichi se faisait titiller par des batteurs plus expérimentés que lui tandis que Furuya attisait les foudres d'autres camarades défenseurs, supportant les caprices du lanceur qui ne prenait pas son rôle de défenseur au sérieux. Étrangement, ce soir-là, Sawamura ne faisait partie d'aucune bande. Il mangeait sans grande conviction, la tête dans les nuages. Il n'entendait qu'un vague brouhaha derrière lui alors qu'il repensait à la veille. C'est alors qu'en déposant du riz gluant sur sa langue, il eût cette impression de sentir à nouveau cette langue qui lui était étrangère caresser la sienne. Il rougit et avala d'une traite son riz pour éloigner rapidement cette pensée de son esprit tourmenté. Il secoua la tête et se frappa les joues pour reprendre contenance. Attablé un peu plus loin, son ami aux cheveux rose le remarqua mais n'osa pas aborder le sujet du baiser, surtout en présence de leurs équipiers. De toute manière, Sawamura se leva à ce moment précis pour débarrasser son plateau et sortir de la cantine pour rejoindre ses deux aînés sur le lieu du rendez-vous ; avec beaucoup appréhension.

"Calme-toi. Kuramochi-sempai sera là."

Soudain, Eijun stoppa sa marche un bref instant avant de frotter frénétiquement ses cheveux.

-JE VAIS M'ENTRAÎNER AVEC LE DUO INFERNAL ! Y'A PAS DE QUOI ÊTRE CALME !

-Ferme-la, Bakamura. Ça va résonner dans tout le dortoir.

Avant d'avoir pu se retourner vers l'origine de cette voix, le lanceur traumatisé sentit le pied de son compagnon de chambré s'écraser dans son dos ; forçant le pauvre Sawamura à pousser un cri de douleur. Immédiatement, le cadet massa la zone endolorie, la larme à l'oeil, en se tournant vers son assaillant.

-Kuramochi-sempai ! Je dois lancer, ce soir !

-Fais pas ta fillette ! HYAHAHA !

Les deux individus firent route ensemble jusqu'au gymnase sous les jérémiades du cadet et les rires de l'aîné. Son intervention avait finalement détendu Eijun qui se sentit rassuré par sa seule présence. L'entraînement intensif qui l'attendait allait devenir un rituel mais il ne le savait pas encore...

-Je commençais à m'impatienter. Accélérez le mouvement, on a pas toute la nuit.

Ils venaient à peine de se présenter à l'entrée qu'ils subissaient déjà les remarques désobligeantes de leur capitaine, ce qui éreinta légèrement son camarade de classe.

-Tu rigoles ? C'est toi qui est en avance, abruti de binoclard !

-Sawamura.

L'entente de son nom en provenance du receveur tétanisa sur place le lanceur qui se cachait sans trop le vouloir derrière Kuramochi. Il bafouilla pour réponse.

-Ou-oui !

-Approche.

Certainement l'ordre que ce cher Eijun redoutait le plus : Devoir s'approcher de Miyuki. Il retint presque sa respiration et s'exécuta avec beaucoup d'appréhension. Son coeur battait à tout rompre. De la peur ? Peut-être bien. Du moins, c'est ce qu'il s'imaginait. La distance entre eux s'amoindrit rapidement jusqu'à ce qu'il tienne à quelques centimètres du receveur qui était accroupi devant le bac de balles. Surprenant Sawamura, Miyuki se leva immédiatement et fit un pas en sa direction en levant son bras droit en sa direction. Par réflexe, le lanceur eût un mouvement de recul mais la tension redescendit progressivement quand il réalisa que son partenaire lui tendait un gant pour gaucher.

-Tiens. Tête en l'air comme tu es, je savais que te prendre un gant n'était pas de trop.

S'attendant à entendre son cadet brailler pour lui avoir manqué de respect, un sourire en coin fit son apparition mais ce fût de courte durée : Eijun attrapa l'extrémité du gant à sa portée en détournant les yeux ; un air boudeur sur le visage. L'attitude si inhabituellement calme du lanceur au sang chaud intrigua Kazuya qui, sentant les doigts de son vis-à-vis tirer sur le gant tendu, tint fermement sa prise. Sawamura le réalisa mais ne regarda pas son receveur pour autant. Miyuki fronça les sourcils et insista.

-Regarde-moi.

Cette simple demande fit écho dans l'esprit tourmenté du lanceur qui repensa à son insu à l'entrevue de la veille.

"C'est moi que tu dois regarder..."

"Ne regarde que moi..."

Ses yeux finirent par s'égarer sur les lèvres de son aîné. Lorsqu'il s'en rendit compte, Eijun hoqueta et arracha le gant des mains de Miyuki en tournant les talons pour se mettre en position. Kuramochi, en retrait, ne comprenait pas ce qui se passait mais préféra alléger l'ambiance en empoignant une batte à proximité.

-Un peu de nerf, j'ai envie de faire quelques swings avant d'aller au lit !

-En place. On va commencer par faire lancer Sawamura dans les mêmes conditions que lors du match contre Inashiro.

Tout en s'approchant pour se mettre en position, Kuramochi questionna Miyuki.

-Je dois me rapprocher de la zone de strike ?

Le receveur hocha la tête. Il s'approcha donc comme demandé, fléchit les genoux et tint sa batte bien droite près de sa poitrine. C'est là qu'il remarqua l'étrange attitude de son colocataire : Aussitôt que ses yeux déviaient sur le capitaine, il les reportait presque aussi vite sur le batteur. Il fronça légèrement les sourcils.

"Il s'est passé quelque chose entre eux, j'en mettrais ma main à couper."

-Bien. Sawamura. Tente une fork ball juste là.

Miyuki ouvrit son gant à quelques centimètres des genoux de Kuramochi. Eijun déglutit : C'était si proche de son équipier qu'il commença à trembler comme une feuille. Qu'adviendrait-il de son aîné, le coureur le plus rapide de Seido, s'il venait à le blesser à cet endroit ? Il s'imagina en boucle le drame qui pourrait ainsi se produire jusqu'à ce que Miyuki insiste.

-Essaie. Je ne te demande pas de réussir. Juste de me montrer tes limites. J'ai besoin de savoir.

Le capitaine semblait vouloir rassurer son cadet mais sachant pertinemment que ces paroles sortaient de la bouche qui l'avait embrassé maintes fois la veille n'avait pour ainsi dire que très peu d'effet sur Sawamura. Celui-ci fit abstraction de son receveur et lança à peu près là où il pouvait, évitant soigneusement de lancer trop près du batteur. Sa fork retomba en plein milieu, au pied de Miyuki qui la rattrapa de justesse avant qu'elle ne rebondisse. Il empoigna la balle et la renvoya à Eijun qui l'attrapa sans mal. Kazuya prit alors la parole sur un ton agacé.

-Tu as évité mon regard.

-Non.

-Tu l'as fait.

-Je te dis que non.

-Sawamura !

-FICHE-MOI LA PAIX !

Alors que le receveur à lunettes se levait pour s'approcher de lui, le lanceur anxieux envoya une straight ball qui effleura presque le visage de Miyuki qui en resta pétrifié alors que le cadet prenait la fuite. Les yeux ronds, il avait du mal à réaliser à la fois le fait que Sawamura venait de réussir à lancer si proche de lui alors qu'il n'avait pas réussi avec Kuramochi et le fait qu'il se défile. Outré par son comportement, il pesta en direction du vice-capitaine qui reposait sa batte à sa place.

-Va me le chercher ! J'en ai pas fini avec lui !

-Non, ce sera tout pour ce soir. Il ne reviendra pas.

Le jeune Miyuki articula ses lèvres mais aucun son n'en sortit lorsqu'il avisa le regard sévère de Kuramochi qui se rapprochait de lui.

-Qu'est-ce que tu lui as fait ?

Après la colère d'Eijun, le receveur dût faire face à celle de son camarade. Il reprit contenance et annonça avec un air innocent.

-Je l'ai embrassé.

Kuramochi grimaça, les yeux écarquillés, tout en ayant un mouvement de recul.

-TU AS FAIT QUOI ?!

-C'était le seul moyen pour qu'il se focalise sur moi et fasse abstraction des batteurs.

-MAIS QU'EST-CE TU RACONTES ?! Y'A D'AUTRES MOYENS PLUS ORTHODOXES !

-Tu penses ? Je trouvais que c'était le moyen le plus judicieux.

Kuramochi ferma les yeux, se pinça l'arrête du nez pour se calmer et baissa d'un ton.

-Tu es tordu, comme mec...

Flatté, Miyuki sourit de toutes ses dents en se frottant la nuque.

-Merci ! Hinhin !

-C'était pas un compliment !

Le batteur expira un bon coup et remit les choses dans leur contexte.

-Je ne suis pas certain qu'il ait complètement guéri mais ton acte débile va poser encore plus de soucis s'il n'est pas fichu de communiquer avec toi lors des matchs. S'il n'y a pas contact visuel, pas de confiance entre vous.

-Je lui ai pourtant dit de me regarder.

Exaspéré, Kuramochi éleva la voix en tirant sur le col de son équipier qui prit peur.

-COMMENT TU VEUX QU'IL TE REGARDE APRÈS CE QUE TU LUI AS FAIT ?! A SA PLACE, JE SERAIS MÊME PAS VENU M'ENTRAÎNER CE SOIR ! C'EST QUOI TON PROBLÈME ?! TU TE CROIS TOUT PERMIS PARCE QUE TU ES LE CAPITAINE ?! C'EST DE L'ABUS DE POUVOIR !

Pour conclure sa tirade, il bouscula Miyuki en lâchant prise et s'éloigna vers la sortie. Le binoclard, l'air grave, réajusta ses lunettes en écoutant les derniers mots de l'arrêt-court de Seido.

-Démerde-toi avec Bakamura mais tant que ça ne se sera pas arrangé entre vous, ne compte pas sur moi pour jouer le batteur d'entraînement.

Sans plus de cérémonie, il disparût dans la nuit noire. Seul dans le grand gymnase, le receveur baissa les yeux en serrant les poings. Les paroles de son camarade se répétèrent dans son esprit comme pour le marquer au fer rouge. La mâchoire serrée, il marmonna.

-T'es marrant, toi. Tu sais mieux que personne que je suis maladroit quand il s'agit de s'expliquer...

...

Kuramochi arriva à destination : Sa chambre. Il resta un instant immobile devant la porte en réfléchissant à ce qu'il allait dire ou faire. Est-ce qu'il devait jouer les innocents et demander ce qu'il se passait avec Miyuki ? Lui remonter le moral ? Le laisser dormir et faire comme si de rien n'était ? Les possibilités fusaient mais il fit son choix : Il tourna la poignée et pénétra dans l'enceinte de la garçonnière plongée dans le noir où seule le lampadaire à l'extérieur éclairait la moquette. Il leva les yeux vers le lit de Sawamura et reconnût sa silhouette emmitouflée dans sa couverture. Il l'observa un moment avant de s'approcher de son propre lit et y allumer sa lampe de chevet. Il retourna vers la porte qu'il ferma avant de rompre le silence nocturne.

-Tu dors, Bakamura ?

-Hmmmm...

-Tu veux en parler ?

Il ne reçut en guise de réponse qu'un silence qui ne dura que quelques secondes avant de voir la masse de tissu remuer. Le visage maussade d'Eijun, à moitié caché dans la couette, lui apparût alors ; le regard bas et lointain. Kuramochi s'assit au bord du lit, reposant ses avant-bras sur ses genoux tout en entrelaçant ses doigts en avant. Leurs regards se croisèrent enfin quand le cadet daigna s'ouvrir à son sempai.

-Tu es au courant..?

Kuramochi cligna des yeux. Il pesa le pour et le contre puis se dit qu'il valait mieux aller droit au but. Il hocha la tête en accompagnant le geste à la parole.

-Ouais. Je lui ai tiré les vers du nez.

Sawamura finit par baisser les yeux de nouveau avant de couvrir son visage avec la couverture. Sa voix étouffée par les draps parvint tout de même jusqu'aux oreilles du plus âgé.

-Mochi-sempai... Qu'est-ce que je dois faire ? Je perds mes moyens quand je m'approche de lui ou que je le regarde dans yeux...

-Tu as peur de lui ?

-Peur..?

Le lanceur traumatisé chercha sa réponse un moment avant de marmonner.

-Je... Je sais pas... C'est difficile à expliquer... Je trouve pas les mots pour décrire ce que je ressens...

L'arrêt-court de Seido fronça les sourcils. Il soupira sans retenue avant de finalement se mettre au lit. Une fois sous les draps, prêt à éteindre sa lampe, Kuramochi brisa une nouvelle fois le silence.

-Sawamura.

-Mmmh ?

-S'il se passe quoique ce soit, viens me voir. Je sais pas quelle mouche l'a piqué mais s'il retente quelque chose de déplaisant, je viendrai lui remettre les pendules à l'heure. Tu me suis ?

Un léger rire lui répondit. Les paroles suivirent.

-Merci, Mochi-sempai. Bonne nuit.

Kuramochi éteignit la lumière et se coucha. Allongé sur le dos, il croisa les bras derrière sa tête en ruminant cette soirée des plus étranges. Bien que décidé à protéger le pauvre première année, il était très préoccupé par le comportement étrange de son capitaine. Combien de temps cela prendrait-il avant de savoir ce que Miyuki avait en tête ? Ces questions incessantes eurent raison du vice-capitaine qui sombra dans un sommeil de plomb.

A SUIVRE...

Xx Katsunarusasu xX

Kuramochi vient à la rescousse ! Est-ce qu'il réussira à aider ce pauvre Eijun perdu ? Encore 15 jours de patience, je pense ! A très vite !