Je rappelle que l'histoire appartient à Mynxi, je ne fais que traduire.
Lien de la VO sur la chapitre 1 et dans mes favoris
Ensuite, je tiens à remercier toutes cells qui ont laissé une reviews, c'est très encourageant! Comme certaines l'ont remarqué, la traduction était publiée 2 fois, pas moi et par l'auteur, nous avons donc décidé de ne laisser que cette version.
Mynxi laisserai un message de son côté pour avertir les lecteurs que la suite se passe ici.
Réponse au reviews sans compte:
Isabelle : Merci à toi et bien sur que tu vas pourvoir lire la site, la voici!
Mmev: Effectivement la fic est très bien, tu pourras le découvrir dans la suite.
Et donc nous voici au chapitre, l'opération sauvetage de BELLA commence...
Chapitre 2
JPOV
Précédemment dans le chapitre 1
"Bon?" grogna Charlie.
Je passai mes doigts dans mes cheveux et cessai de me frotter la nuque. Dépité, je levai les mains et criai :
"Merde! Charlie! Je ne sais même pas quoi dire!" je ne savais vraiment pas, j'avais le cœur brisé, mais Bella...Bella n'avais pas seulement le cœur brisé, son âme était déchirée, brisée, torturée. Elle avait l'air d'un zombie.
J'ai fait le con, je sais. Qu'est ce que je peux dire à Charlie ? 'Désolé, j'ai juste prononcé le nom de Fuckward ce qui a provoqué chez votre fille une sorte de stress post traumatique? ' Non. Ou alors 'désolé, j'ai essayé de tuer votre fille pendant son anniversaire ce qui a engendré toute une série d'évènements qui ont fait ce qu'elle est aujourd'hui ? ' Je secouai la tête, essayant d'effacer l'image de Bella, là-haut, le regard vide, répétant 'il est parti '. Fuckward a foutu la merde et maintenant il n'est même pas là pour nettoyer ça.
« Charlie, je suis désolé. Je ne dirai plus jamais son nom, c'était un accident ! Je sais que vous avez dit qu'elle ne le supportait pas. Je suis désolé. J'essayais juste de lui expliquer que nous ne savions pas ce qu'il lui avait fait. »
Je soupirai fortement alors que de la tristesse et de la colère émanaient de Charlie. Cela semble être constant, du moins quand je suis dans les parages. Je sais que je dois bien faire les choses, pour Bella.
Bella ne mérite pas d'être cette coquille vide qu'elle est devenue. Savoir qu'elle est comme ça depuis 4 mois m'arrache les trippes. Ils ne pouvaient même pas nous appeler, Fuckward s'est assuré que nous changions tous de numéro de téléphone. Alice n'a jamais vraiment regardé son futur, si elle l'avait fait, elle aurait vu tout ça, nous aurions pu l'aider. Je n'arrive pas à croire que j'ai fait ça, tout est de ma faute. Je regardai Charlie.
Il continuait de fixer le sol, pleurant silencieusement. Il était presque aussi mal qu'elle, la seule différence, il parlait et communiquait. Ils avaient tous les deux besoin de dormir et de manger, particulièrement Bella. Je peux aider. Je vais aider. Je dois aider.
« Charlie, je sais que vous être en colère pour ce que j'ai causé aujourd'hui et je ne vous en veux pas. Je…j'ai juste fait une erreur mais je voudrais essayer d'aider. J'aimerais revenir demain matin. Comme c'est samedi et qu'il n'y pas cours, j'aimerais essayer de passer la journée avec Bella. Même si tout ce je peux faire c'est m'asseoir avec elle dans sa chambre et lui parler. »
Je me sentais comme si j'avais tout le poids du monde sur mes épaules.
Je savais que j'allais devoir appeler Carlisle cette nuit et leur faire savoir où j'étais et ce qu'il se passait. Ils ne seront peut-être pas contents mais j'ai besoin de conseils sur la façon d'aider Bella. Je soupirai lourdement et frottai mes genoux. Je jetai un regard à Charlie, il ressentait maintenant de la curiosité et du regret. La tristesse était toujours présente ainsi que la colère mais il réfléchissait à ce propos.
Finalement, il hocha la tête, plus pour lui-même que pour moi, apparemment.
« Fiston, ce n'est pas de ta faute. Tu es juste un jeune homme apparenté au salaud qui a brisé ma fille. Tu ne nous a rien fait. Tout ce que je te demande, c'est de t'assurer qu'IL ne reviendra plus jamais ici. Je suis peut-être le chef de la police mais je ne garantis pas SA sécurité dans cette ville. »
Sa colère était de retour et ses yeux en feu montraient qu'il s'en occuperait lui-même. Bien entendu, je ne pouvais pas lui dire qu'il ne pouvait pas blesser mon ex-frère, mais à cet instant, j'espérais qu'il puisse.
J'acquiesçai. Je savais qu'il n'allait pas vouloir de mon aide mais je devais le faire.
« Monsieur, je sais que c'est la faute de mon idiot de frère. Nous ne savions pas qu'il l'avait abandonnée dans les bois. Nous ne savions pas qu'elle était comme ça. Mais je sais que je veux l'aider. Elle a fait partie de ma famille pendant presque un an. Nous avons tous pris soin d'elle, pas seulement LUI. S'il vous plaît, laissez-moi venir demain. Si les choses sont encore pire ou s'il n'y a aucun changement à la fin de la journée, je vous promets de ne plus vous embêter. Mais, s'il vous plaît, laissez-moi essayer. »
Je plaçai, autant que je le pouvais, mon accent du Sud dans cette demande, et lui envoyai un peu de ma sincérité afin de lui montrer qu'il n'y avait aucun doute sur ce que je voulais faire.
Il fixait toujours le sol, mais cette fois, il hocha la tête et parla rapidement :
« Je vois bien que ça signifie beaucoup pour toi et franchement, je ne sais pas quoi faire d'autre. J'essaye de ne pas aller dans son sens, de la faire manger quelque chose au moins une fois par jour, de la faire parler au moins une fois par jour.
Ses larmes commençaient à couler plus franchement et sa voix était tendue sur la fin.
« Je regarde ma fille se laisser mourir de faim, en silence. Je suppose que si tu peux l'aider, je te permettrai de venir les autres jours mais si je te demande de partir, tu devras le faire sans discuter. Je ne veux pas qu'elle aille encore plus mal. »
Plus mal ?
Comment pourrait-elle aller plus mal ? Il a déjà vu pire. La semaine où elle n'a pas voulu quitter son lit.
J'acquiesçai et me levai. Je devais sortir de cette maison, réfléchir et appeler Carlisle.
« Monsieur, je serai là demain matin à 9h et je prévois de rester la journée. Si j'arrive à la faire sortir, est-ce que ça vous va ? »
J'attendais. Au-delà de la tristesse, je perçus brièvement de la peur. Cela diminua avant qu'il ne parle. Pensait-il que je pourrais la blesser ? L'abandonner dans les bois comme LUI ? Pourquoi avait-il peur ?
« 9h c'est bien. Tu peux l'emmener dehors si elle y est disposée. Mais n'y crois pas trop, elle quitte la maison seulement pour se rendre au lycée. Et quoi que tu fasses, surtout ne l'emmène pas dans les bois. Je suis sur que tu comprends pourquoi. Les autres ne reviennent pas, n'est-ce pas ? » Me demanda-t-il, un soupçon de peur sur la dernière question. Alors c'était ça qui l'inquiétait. S'ils revenaient, LUI ou leur présence lui ferait encore plus de mal.
« Non Monsieur, personne ne revient pour le moment, mais je voudrais appeler mon père pour lui dire ce qu'il se passe. S'il décide de venir nous rendre une visite, est-ce que ça ira ? Je vous garantis qu'ils ne L'emmèneront pas s'ils viennent. IL est à l'école en Europe. » Honnêtement, je ne savais pas où était Fuckward mais Charlie avait besoin d'une raison qui ferait qu'il ne pourrait pas revenir avec le reste de la famille.
« Ce doit être agréable pour LUI de pouvoir voyager dans le monde pendant que mon bébé dépérit. » Il ricana.
Je ne peux même pas le blâmer. Qui sait ou IL se trouve et ce qu'IL fait. Cependant, je doute que ce soit ses meilleurs instants. A ce stade, j'espérais même qu'il soit plus malheureux que Bella. Ce dont je doutais. Elle est train de mourir, littéralement. LUI ne peut plus. Mais sur que je peux LE tuer. Je ne savais pas quoi réponde à sa dernière remarque alors j'ai seulement dit : « je suis désolé Monsieur. Je vous verrai tous les deux demain matin et je vous promets de faire tout ce que je peux pour que ce soit pour le mieux. »
Sur ce, je me dirigeai vers la porte et scannai une dernière fois les deux personne de cette maison. L'une était remplie de colère et de chagrin, et l'autre, je ne ressentais rien mais je savais, sans l'ombre d'un doute, qu'elle était détruite. Bella s'était calmé mais je pouvais entendre le léger craquement du lit alors qu'elle continuait de se balancer sur elle-même. Je soupirai. Je devais régler ça. C'était de ma faute après tout.
Charlie me suivit et ferma la porte derrière moi. Je montai dans mon pick-up, une Toyota Tundra noire de 2009, Toyota fait ce qu'il y a de mieux actuellement. Je restai là, quelques minutes, écoutant la maison. Charlie était retourné parler à Bella mais elle l'ignora. Le cœur lourd, je sortis de l'allée et me dirigeai chez les Cullen.
J'appelai Carlisle, il était aussi stupéfait que moi. Il promit de ne rien dire à Fuckward et je peux dire qu'il n'a pas vraiment apprécié que je l'appelle ainsi. Mais il n'avait réellement aucune idée de qu'il était arrivé à cette jolie âme. Je lui dis qu'elle ne mangeait pas, ne dormait pas et ne répondait même pas aux gens la plupart du temps. Il suggéra de lui demander si elle voulait travailler sur ses devoirs. Pourquoi pas puisque c'est la seule chose qu'elle fait. Ou alors, l'aider à faire le ménage.
Je lui demandai s'il pensait que je pourrais l'emmener quelque part mais nous n'étions pas sur de ce qui serait bien pour elle. J'optais finalement pour la librairie. J'espérai qu'elle me laisserait lui acheter un truc qui lui ferait plaisir. Je me sentais tellement impuissant. Alice aimait toujours que je lui achète quelque chose mais je savais que Bella n'aimait pas les cadeaux. Enfin, on verra bien ce que demain nous réserve.
Au moment où je parlais avec Carlisle, je pris une décision dont je ne lui parlai pas. J'allais y retourner cette nuit. J'allais aider Bella à dormir. Peut-être que cette seule chose sera le début de sa guérison. Une bonne nuit de sommeil. Je ne sais pas pourquoi je ne l'ai pas dit à Carlisle. Il aurait probablement été d'accord avec ça, que c'était quasiment indispensable mais, d'une certaine façon, je ne pouvais pas m'empêcher de penser que c'était un peu bizarre. Je prévoyais de me faufiler dans sa chambre au milieu de la nuit comme Fuckward en avait l'habitude. Seulement, j'avais un but, l'aider et non l'espionner.
Alors que je retournais chez elle à travers la forêt, je pensais encore à la façon de lui parler demain matin. La maison était silencieuse, les lumières éteintes, il était presque minuit. Je supposai qu'ils devaient dormir. Je crois que je devrais aider Charlie à dormir également. Il semblait qu'il en avait presque autant besoin que Bella.
Je grimpai dans l'arbre situé devant sa fenêtre pour vérifier à l'intérieur. Tout était noir dans la chambre mais je pouvais voir qu'elle me tournait le dos. Elle respirait profondément et son cœur était lent et régulier. Je supposai qu'elle dormait. Puis je les sentis, ses émotions. Alors je pouvais les ressentir quand elle dormait ? Et, Ho Mon Dieu ! Le voulais-je ? Désespoir, tristesse, peur, c'était puissant. Tellement puissant que je dus resserrer ma prise sur l'arbre, alors que j'essayais de reprendre le contrôle pour aider Bella.
Avant que je n'aie pu faire un autre mouvement et alors que j'étais assis dans l'arbre encore émotionnellement assommé, les sentiments devinrent plus intenses. Dieu du ciel ! Comment une personne peut ressentir ça et vivre ? Une partie de mon cerveau répondit à cette question. 'C'est impossible, elle ne vit pas. Elle existe à peine'.
Son rythme cardiaque et sa respiration augmentèrent. Un cauchemar. Charlie disait qu'ils étaient mauvais. Je ne pouvais toujours pas le contrôler, je ne pouvais pas l'aider. Je le voulais mais je n'arrivais à lui transmettre mes propres émotions, je ne sentais que les siennes et ça me paralysait. J'ai combattu dans des guerres et je n'ai jamais ressenti de telles émotions venant d'un groupe de personnes et encore moins d'un seul individu.
« Merde ! » murmurai-je. Je ne peux pas le croire !
Puis ça empira. PIRE ? PUTAIN !
« NOOOOOOOOOOOONNNNNNNNN ! S'IL TE PLAIT, NOOOOOOONNNNN ! » Bella cria, s'assit, droite dans son lit et commença à pleurer, bruyamment, puis je ne sentis plus rien. Le soulagement était immédiat quand elle contrôlait ses émotions. Je ne sais pas si elle savait qu'elle faisait ça. Elle ne devait surement pas savoir que j'étais là. J'écoutai.
Charlie aussi était réveillé maintenant mais il ne vint pas la voir. Il roula dans son lit et soupira. Il marmonna quelque chose que je ne compris pas. Son cœur battait plus vite de part la surprise mais ralentit rapidement. Il ne se leva pas. Il n'allait pas vérifier ?
Pas étonnant qu'il semble avoir besoin de sommeil, c'est toutes les nuits pareil. Il me l'avait dit mais rien de tel que le voir. Bella cessa de pleurer et je me rapprochai le plus près possible de la fenêtre. Je lui envoyai, autant que je pus les regrouper, une bonne dose de calme et de léthargie. Je l'assommai. Quand je fus sur qu'elle était dans les vapes et moi en contrôle, j'ouvris la fenêtre. Elle grinça mais je n'étais pas inquiet. J'ouvris la porte de sa chambre et fis la même chose pour Charlie. Je m'assis par terre, entre les deux chambres, m'assurant qu'ils étaient tous les deux détendus et qu'ils dorment pour le reste de la nuit. J'étais heureux d'avoir pu faire quelque chose. Bella n'a pas fait d'autres cauchemars cette nuit-là et Charlie a dormi calmement tout du long.
Je ne savais pas si Charlie devait travailler, il ne l'avait pas précisé quand je lui avais demandé pour revenir aujourd'hui, aussi, quand l'aube commença à poindre à l'horizon, je quittais, à contre cœur, la Résidence Swan. Je m'assurai qu'ils dormaient encore et sortis par la porte de devant. Pas besoin de sauter par la fenêtre alors que je savais que tout le monde dormait et qu'il n'y avait aucune chance qu'ils se réveillent et me trouvent.
J'allai me changer à la maison et attendis quelques heures. J'espère que Bella n'a pas eu d'autres cauchemars après mon départ. J'ai essayé de la maintenir aussi endormie que possible. Je restai assis là pendant des heures me demandant ce que j'aurais pu faire différemment. C'était ma faute. J'avais attaqué Bella et à cause de ça, Fuckward a ressenti le besoin de la quitter. Il a dit qu'il ne m'en voulait pas, que ça aurait pu être n'importe lequel d'entre nous, mais je sais, pourtant, qu'il était toujours inquiet à propos de mon contrôle.
Mon contrôle n'était pas le problème. Le problème était de faire avec la soif de six vampires présents dans la même pièce. C'est ça ! Pourquoi ne l'ai-je jamais compris avant ? Ho Mon Dieu ! Tout ce temps, je canalisais leur soif en même temps que la mienne. C'est pour ça que c'était si difficile quand nous étions au lycée. Nous étions tous là, ensemble, dans ces classes étroites et chauffées. Saint Enfer ! Je dois appeler Carlisle.
Ca peut attendre. Je regardai mon téléphone et vis qu'il me restait 10 minutes avant qu'il ne soit 9h, je devais y aller. Je peux l'appeler dans la nuit. Je pris mon pick-up et me dirigeai chez Bella.
J'espérais, qu'en arrivant, tout le monde irait bien et tout serait normal mais, bien sur, je savais que ce ne serait pas le cas et, honnêtement, j'avais peur. Peur de lui faire plus de mal. Peur de contrarier Charlie, encore. Peur de ne pas pouvoir arranger tout ça. J'aurais peut-être du appeler Alice. Elle aurait pu regarder et voir ce qui fonctionnerait ou pas. Alors que je réfléchissais à ça, debout devant la porte, elle s'ouvrit.
Je n'avais pas frappé mais je suppose que Charlie avait entendu ma voiture quand je me garais. Mais ce n'était pas Charlie à la porte. C'était Bella. Elle se tenait là, regardant à travers moi. Je savais qu'elle me voyait mais me reconnaissait à peine. Ses cernes n'étaient plus aussi profonds, je savais donc que dormir avait été bénéfique pour elle mais elle semblait encore absente. Elle ne dit rien mais s'écarta de la porte pour me laisser entrer.
Je la contournai, notant que je ne captais aucune de ses émotions. Eveillée, elle était vraiment comme morte à l'intérieur, mais dans son sommeil, la douleur prenait le dessus. Charlie était dans la cuisine à faire frire des œufs et hurla depuis là-bas : « bonjour ! » Il semblait presque heureux. Je mettais ça sur le compte d'une bonne nuit, également.
Je soupirai, au moins, cela avait l'air d'avoir aidé.
Bella me regarda une seconde, plutôt à travers mois, alors qu'elle fermait la porte. Elle retourna au salon, prit un chiffon et commença à nettoyer la tablette de la cheminée, reluisante, incluant les bibelots et les photos posées dessus. Je criai un « bonjour » en retour à Charlie et suivis Bella dans le salon.
Elle se comportait comme si je n'étais pas là. Bon 'rien ne va ici ', pensai-je ironiquement.
« Bonjour Bella, comment a été la nuit ? » elle s'arrêta à la fin de ma question. Elle semblait réfléchir à la réponse mais ne se tourna jamais vers moi.
« Mieux. » murmura-t-elle.
J'étais si excité d'avoir obtenu une réponse que j'aurai presque dansé au milieu du salon des Swan. Sa voix était éraillée à cause de son manque d'usage, même en murmurant, j'entendais l'effort qu'elle devait faire pour parler. Mais elle a répondu. Elle m'a reconnu et à répondu !
« Petit déjeuner ! » cria Charlie de la cuisine « Bella, Jasper, venez ! »
Bella continua de nettoyer quelques secondes de plus avant de soupirer lourdement et de poser le chiffon. Elle alla dans la cuisine et s'assit sur une chaise, face à Charlie. Elle ne regarda personne et ne dit rien. Comme je la suivais, Charlie se tourna vers moi.
« Petit déjeuner Jasper ? » me demanda-t-il.
J'avais deux options : 1, j'ai mangé à la maison et non merci, ou 2, m'asseoir et manger cette nourriture repoussante. Aussitôt que j'y pensais, je savais ce que j'allais dire.
« Etes-vous sur d'en avoir assez Charlie ? J'ai mangé quelques toasts à la maison mais ces œufs sentent bons. »
Ca marchait, Bella me jeta un regard. J'allais manger, pour elle. J'allais manger pour qu'elle me prête attention. Et j'allais en détester chaque seconde, mais ça en vaudrait la peine si son regard était pour moi et non dans le vide.
« Bien sur qu'il y en a assez. Je n'étais pas certain que tu aies à manger chez toi donc j'en ai fait en plus. » Déclara Charlie, fier de lui. Une partie de la colère et de la tristesse qu'il projetait la nuit dernière avait disparu, remplacée par l'espoir. Espoir.
Charlie servit une toute petite part à Bella. Je suis sur que les humains sont censés manger plus que ça à un repas. Ce n'était que des œufs et des toasts en plus. Puis il me donna une part trois fois plus grosse que Bella et enfin il en prit une, un peu plus petite que la mienne. Il en restait encore une portion. Je regardai Bella. Elle soupira et prit sa fourchette.
Elle étudiait sa nourriture et la regardait un moment. Elle était si maigre. Comment pourrais-je la faire manger ? Une idée me vint mais je ne sais pas si ça marchera. Evidemment, j'avais la nourriture devant moi et j'allais la manger mais pas si pouvais l'éviter.
« Bella, est-ce que quelque chose ne va pas avec le déjeuner, quelque chose dont je devrais être au courant ? » lui demandai-je en plaisantant. Charlie jeta un regard vers moi mais commença à manger sans rien dire. Bella cessa de picorer dans son assiette et leva un œil vers moi. Gagner ! Un autre regard direct. Elle braqua son regard sur mon assiette et moi durant une seconde. Je pris la fourchette dans ma main et hésitai devant les œufs. Je la questionnai, arquant les sourcils et retournai à mon assiette.
Il y eu une lueur dans ses yeux. Si je n'avais pas été un vampire, je l'aurai surement manquée tellement ce fut bref. Elle ne dégageait toujours aucune émotion et il n'y avait aucune expression sur son visage mais elle répondit, juste un peu plus fort que tout à l'heure :
« Ils sont bons, essaye. » je la regardais avec amusement. Elle me défiait.
On pouvait être deux à jouer à ce jeu.
« Darlin', comment sais-tu qu'ils sont bons ? Tu ne les as pas goûté toi-même. Je ne sais pas si je peux avoir confiance en ton jugement. » Je faisais en sorte d'accentuer mon accent du sud et un ton amusant. Je lui lançais un défi. J'allais manger seulement si elle mangeait. Et je pouvais dire qu'elle voulait me voir manger. (N/T : je garde volontairement Darlin', ça colle vraiment au personnage de Jasper)
Elle retourna à son assiette, sans expression, attrapa un morceau d'œuf et le porta à sa bouche. Je la regardais entourer la fourchette de ses lèvres roses pâles et la faire ressortir. Je doute que ce soit censé être érotique mais je ne pouvais m'empêcher de me sentir un peu excité en la regardant. Immédiatement, je me sentis mal de penser ça à propos de Bella, surtout dans la situation actuelle, mais je l'imitai.
Je pris un bout d'œuf et le mangeai juste une seconde après qu'elle ait reposé sa fourchette dans son assiette. Maintenant elle me regardait. C'était sinistre d'avoir ses deux yeux morts fixés sur moi mais au moins elle me regardait, plus comme si je n'existais pas. Elle prit un autre morceau, en silence, et je suivis. Nous nous regardions, bouchée après bouchée. Charlie aurait très bien pu ne pas être dans la même pièce. Il n'a jamais dit un mot. Je pouvais sentir sa curiosité, même sa joie à nous voir manger ensemble, bouchée par bouchée. C'était un défi silencieux et je l'acceptais avec joie.
Quand elle eu fini ses œufs alors que mon assiette était encore presque pleine, je la pris et lui donnai la moitié de ma part sans la quitter des yeux. Elle m'a vu le faire, du coin de l'œil mais n'a rien dit. Elle remangea. Charlie était confus, heureux, fâché et triste. C'était un véritable buffet d'émotions et j'étais content qu'elles ne soient pas toutes négatives.
Bella ne finit pas son assiette et j'arrêtai, comme elle. Charlie ne disait rien. Une fois terminé, Bella se leva, prit son assiette et jeta les œufs dans le broyeur de l'évier. Je me levai derrière elle avec mon assiette, elle se retourna et me la prit sans rien dire ni même me regarder. Charlie nous regarda et attrapa sa propre assiette. Elle fit la même chose avec celle-ci. Il en fut surpris donc je présume que ce devait être nouveau pour elle de faire ça.
Je jetai un œil à Charlie et il me sourit, d'un sourire sincère, et hocha la tête en signe d'approbation. Il quitta la pièce en silence et partit à l'étage. Bella rinça la vaisselle et la laissa dans l'évier. Ses yeux morts perforaient mon âme et je me sentais presque mis à nu. Elle cherchait quelque chose mais quoi ?
« Bella, voudrais-tu que je t'aide pour la vaisselle ? » dis-je lentement en regardant l'évier. Elle continuait simplement de me fixer, comme si je n'avais rien dit. Alors, essayant de deviner ce qu'il se passait dans sa tête, je tentai de répondre à une question silencieuse, pas certain de ce à quoi elle pensait.
« Oui…les œufs étaient dégoûtant. Et ce sera pire quand je devrais les recracher plus tard. » Je faisais en sorte que mon accent soit fort et ma voix teintée d'humour.
Un autre éclat dans ses yeux, plus prononcé. Celui-ci, n'importe qui l'aurait vu. Elle revenait à la vie, lentement mais surement. Il y avait autre chose dans ses yeux. Je pense l'avoir vu. Une envie. Peut-être, pas sur. Elle était encore tellement éteinte. Tout ce que je voulais, c'était la prendre dans mes bras et faire partir tout ça. Je fis un pas vers elle, nos poitrines se touchant presque. Elle recula la tête pour me regarder mais n'avait aucune émotion, aucune expression.
Doucement, je posai ma main droite sur bras. Je ne voulais pas encore la contrarier. Elle avait repoussé Charlie hier soir. Je ne pourrais pas supporter qu'elle me repousse aussi. Je me sentais déjà si mal qu'elle soit comme ça. Je touchai légèrement son bras et elle ne fit aucun mouvement en arrière aussi je répétai la même chose avec ma main gauche. Je frottai doucement ses bras de haut en bas pendant quelques instants et elle continuait de me regarder, simplement.
Je supposais qu'il était mieux de lui demander avant de faire quoique ce soit d'autre. Je ne voulais pas qu'elle se recule. Je voulais l'aider. Je voulais qu'elle sache que j'étais là pour elle.
« Bella, Darlin', est-ce que je peux te serrer dans les bras ? » j'attendais une réponse, retenant ma respiration. Elle me regardait, seulement.
Une minute passa et je continuais de masser doucement ses bras puis finalement, elle avança vers mois et mis ses bras autour de ma taille, sa tête sur ma poitrine. Je soupirai et l'enveloppai dans mes bras d'acier. Elle se mit à pleurer. Je ne sais pas si c'était bien ou pas. Elle ne braillait pas comme la nuit dernière, elle pleurait. Je murmurai « Chut, je suis là. Tu vas bien. Tout ira bien Darlin'. » Je l'ai chuchoté encore et encore, attendant qu'elle se reprenne. J'allais la calmer mais pensai que peut-être elle avait besoin de ça. Si ça durait trop longtemps alors je l'apaiserai. Pour l'instant, j'étais prêt à la laisser faire elle-même.
Elle s'accrochait à moi. Si j'étais un gilet de sauvetage, elle pouvait être sacrément sure que je la sauverais volontiers. Alors que je l'étreignais, je pensais qu'en moins de 24 heures, je l'avais aidée à passer une bonne nuit et manger un repas décent.
Je sauverai Bella.
Si vous voulez aussi un gros calin de jasper, vous savez ce qu'il vous reste à faire!
La suite arrive ce WE!
