Elle ne l'avait pas ouvert. Le parchemin. Elle l'avait gardé, dans la poche. Elle l'avait gardé durant sa journée de travail, elle l'avait gardé alors qu'elle prenait Henry à l'école, elle l'avait gardé durant son dîné devant la télévision avec Henry car on était vendredi et que vendredi c'était soirée film. Elle l'avait gardé alors qu'elle discutait au téléphone avec l'homme qu'elle fréquentait plus ou moins actuellement. Elle l'avait gardé alors même qu'elle allait se coucher. Mais elle n'avait jamais cessé de le toucher dans sa poche, ou de le sortir et de le triturer dans sa main. Comme un vieux jouer, comme un bibelot porte bonheur auquel on tient. Et ce soir, elle était là, au fond de son lit, le touchant machinalement devant ses yeux, sans l'ouvrir. Comme une crainte mêlée à de la curiosité. Son travail était la curiosité, seulement c'est la première fois que la crainte en faisait partie.

Elle trifouilla la petite sangle qui s'ouvrit légèrement et dans un mouvement elle le jeta sur sa pile de vêtement, entre agacement et peur. Mais pourquoi cette peur la prenait elle ? C'était un fou, forcément ! Cet homme qu'elle revoyait chaque fois qu'elle fermait les yeux, c'était un fou ! Il mériterait d'aller dans un asile, mais pourquoi la hantait-il ? Ce quelque chose peut-être, cette ...lueur dans son regard qui faisait qu'il croyait ce qu'il disait et qu'il serait capable de le lui prouver en l'amenant au loin combattre elle ne sait quel dragon, fantôme ou pirate. Pirate, en voilà une folie qui l'amusait. Se prendre pour le capitaine crochet. Quel ironie. Il n'était même pas dotée d'un crochet ! Puis d'après l'histoire, il n'était pas censé se trouver au pays imaginaire avec son monsieur mouche ?
Rageusement, elle se tourna dans son lit, s'ordonnant de dormir. Mais rien n'y faisait. Elle tourna, se retourna et encore. Las, elle se leva pour faire du ménage sauf que rien l'inspirait. Elle s'habilla et décida d'aller faire un tour dans le parc d'à côté. Avant de partir, elle plongea le parchemin dans sa poche. Impossible de quitter ce fichu papier.. Comme le plus d'un aimant attiré vers le moins. Elle s'installa là où elle avait l'habitude de pousser Henry quand ils faisaient de la balançoire. Avec amusement elle se souvint qu'un jour il avait voulu inverser les rôles et, qu'y ayant mis toute sa force, il l'avait projeté en avant, lui écorchant ainsi un peu les coudes et genoux. Ils en avaient bien ri.

Alors elle sortit le papier, l'observant avec anxiété. Et si cela changeait tout ? Et si ce petit bout de papier était la possibilité de retrouver ses parents ? Comment cet hurluberlu pourrait-il connaître ses parents ? Qu'est-ce qu'elle aurait aimé avoir des souvenirs pareils avec les siens. Même Henry, avec un demi-parent, a eu plus de chance qu'elle.. Il faut alors tenter sa chance.

Comme un pansement, elle l'ouvrit vite, et regarda ce qu'il y avait d'écrit.. Sa bouche s'ouvrit, lachant un son de surprise.

- C'est impossible...

-

L'arrivée au château de blanche neige et du prince charmant n'avait pas été de tout repos. Ils ont du s'affairer à tout nettoyer, remettre les meubles dans un état plus ou moins convenable, organiser les couchettes. Heureusement la magie de Regina aidait beaucoup. Quand un lit était en ruine, un coup de magie et il était à nouveau apte à accueillir pour dormir.

Le soir, hook ne dormait pas, et alla se balader dans les couloirs, espérant trouver un remontant, sa flasque étant vide. Il suivit un couloir, et découvrit une silhouette vêtue d'une chemise de nuit blanche.

N'est-il pas un peu tard votre majesté pour rêver devant une chambre vide ?

Snow sursauta, et se retourna, lui offrant un faible sourire, avant de replonger les yeux dans la chambre vide :

Cela devait être sa chambre... Elle aurait dû grandir ici.

Hook perdit alors de sa superbe, et ses yeux suivirent ceux de de la reine. Voilà ce qui pouvait relier un pirate à une reine blanche : l'amour. Un amour qui ne tarira pas. Un amour qui ronge, mais avec lequel on fait avec car il n'y a pas d'autres solution. Voilà quatre jours qu'ils étaient séparés, et ces quatre jours il n'avait cessé de penser à elle, comme promis. Et bien même il voudrait arrêter, il lui faudrait quitter le château, reprendre voile vers la mer, et le lobotomiser en lui arrachant le cœur.

Voilà à quoi il était rendu. A la souffrance dûe aux affres de l'amour. Mais qu'était l'amour d'un homme, face à celui d'une mère ayant perdu son enfant ?

D'un geste amical, il serra son épaule pour la réconforter.

On la retrouvera. Quiconque commencera à abandonner, sera une raison de plus pour moi de tout tenter pour la retrouver.

On croirait entendre charmant, sourit-elle.

S'il n'était pas son père, et qu'elle ne lui ressemblait pas tant, je me serais senti vexé.

Un léger soupir d'amusement céda à travers les lèvres de Snow, mais elle repartit très vite dans sa contemplation.

Blanche ?

Elle se retourna. Son mari l'appelait. Elle le rejoint, et Charmant la guida vers la chambre non sans lancer un regard d'homme à homme, sans méfiance ni méchanceté, envers Hook.

Le marin s'avança dans la pièce, effleurant les meubles d'une main. « Tout ceci aurait été à elle sans la malédiction. Mais sans elle, nous ne nous serions jamais rencontré. Si j'avais pu garder un souvenir d'elle, autre que les sensations des moments passés... »

Tu l'aimes vraiment n'est-ce pas ?


Je dois te laisser un moment d'accord ? Pas de bêtise, tu peux regarder la télévision, et si je reviens trop tard, tu as le droit de commander des pizza, je t'ai mis 20 dollars sur le frigidaire. Mais tu restes ici d'accord ?

Le ton inquiet d'Emma parlant à son fils le dissuadait de contester. Il savait qu'elle avait quelque chose d'important à faire, mais comme à son habitude elle lui en parlerait une fois fait. Vivre à deux avait ses avantages. La complicité était plus grande.

Elle lui embrassa la tête et sortit assez vite. Depuis ce matin elle faisait des pieds et des mains pour joindre la police afin de faire libérer son « agresseur ». Et elle avait réussi à négocier une sortie pour 14 heures en payant sa caution.

Tout tournait dans son esprit, rien n'allait, rien n'était logique. Comment savait-il ? Comment a-t-il eu ce papier ? Comment... Trop de choses, bien trop.

Il était 14h05, elle était en retard et se dépêchait. Un livre à la main qui avait été abandonné dans le taxi, elle se précipita vers l'entrée alors que Hook sortait par la porte principale du commissariat.

Il descendit les marches et marcha vers elle, même sans son manteau de couleur voyante, il l'aurait reconnu, même au milieu d'une foule abondante il l'aurait reconnu. Les yeux bandés, sourd, il la reconnaîtrait. N'est-ce pas ça l'amour ? On finit toujours pas retrouver ceux qu'on aime.

Elle le menaça avec le parchemin :

Qu'est-ce que c'est que ça ?!

Bonjour, je vais très bien merc..

Qu'est-ce que cela signifie ?!

La couchette était un peu dur mais quand on a l'habitude de vivre sur un bateau on

Arrêtez de vous moquer de moi et répondez !

Il prit pause une instant, inspirant profondément :

Tout est vrai. Et je m'affaire à essayer de te faire recouvrir la mémoire.. Seulement la tâche n'est pas aisée.

Ah bon tiens c'est bizarre, un être humain qui a du mal à faire confiance ? C'est nouveau

Vous ai-je donné une raison de vous méfier ?

Emma se figea. Encore cette sensation. Celle qui parcours son corps quand il sort ce genre de phrases à la fois claire et ambiguë.. Elle le regarda dans les yeux. Il en profita pour se rapprocher, rétrécissant la distance entre eux.

Je sais qu'on vous a blessé, je sais que vous avez tenté de fuir un passé douloureux et misérable. Mais je ne veux que ton bien. J'essaie de t'aider, te sauver, et sauver tes parents. Tu es plus qu'Emma Swan, la new yorkaise. Tu es plus que la maman formidable de Henry. Tu es plus que la femme que.. que je connais... tu as un destin.

Elle baissa les yeux, ils étaient douloureux, en fait c'était son cœur qui souffrait. Quelque chose en elle voulait y croire car.. il ne mentait pas. Ou presque.

Plus que la femme que vous quoi ?

Il s'arrêta, interdit. Il n'osait répondre. Ses yeux fouillaient son visage, évitant absolument la source du pêché. Mais elle, elle comprit. Emma scuta ses lèvres, entre envie et inquiétude. Elle était sur ses gardes. Jusqu'à ce qu'elle relève ses yeux vers les siens. Ce bleu, profond, impénétrable.. Auquel pourtant elle semble avoir la clé pour lire. Lire l'intensité d'un sentiment qu'elle avait cru connaître mais qui n'est rien face à la réalité qu'il lui lance à la figure. Une réalité, où elle semble compter pour quelqu'un.
Hook ne bougea pas, il restait sur l'idée que le premier baiser était l'évidence d'un raté et qu'il faudra qu'elle boive cette fiole qu'il a dans la poche.. jusqu'à ce qu'elle s'avance, et dépose avec légèrement les pétales de la rose qui orne son visage, sur l'antre de ses désirs les plus profonds.

C'est alors, que le feu d'artifice commença.


Hook se releva et se tourna vers Neal. Ou du moins Baelfire pour lui.

Cela te surprend ? Qui n'aime pas Emma ?

Non sérieusement. Si c'est le cas, pourquoi m'avoir dit que tu t'effacerais ?

Hook s'arrêta en observant Neal avec insistance :

Pas égoïsme, je me suis enfuie avec ta mère par amour pour elle. Je ne souhaite pas voir dans les yeux d'Henry, la même lueur qui a animé ton regard quand tu as appris que j'avais été celui qui avait brisé ta famille.

Neal s'approcha du pirate. Celui-ci s'attendait à une remarque acerbe, et préparait déjà une réplique bien tranchée. Seulement les gens peuvent encore surprendre :

- Si elle était toujours amoureuse de mon père, elle serait restée. Le destin a tranché. Nous verrons qui de nous deux elle choisira.