Bond dans le temps de sept ans aujourd'hui ! Tim est donc ado et Tony adulte. Vous allez découvrir trois nouveaux personnages dont deux en direct de l'agence. C'est l'occasion d'en apprendre un petit peu plus sur l'Italien et ce qui lui est arrivé depuis la dernière fois.

Merci à vous pour les avis ! ... Anonym : Bien sûr que je me souviens de toi ! Les revieweurs fidèles, même quand ils disparaissent un certain temps, on ne les oublie pas ! Je suis ravie de te retrouver ici ! ... Oce : Si le McNozzo n'existait pas, que ce serait NCIS, je vous le demande ! Tu veux un doudou à leur effigie ? Arrylinda : Tiens une tête que je connais ! Contente de te retrouver ici. :) ... Erec, honoka fumi : Merci pour les mises en alerte ! J'espère que cette suite vous plaira !


Chapitre 2 – Les souvenirs d'un romantique

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Sept ans plus tard...

- Dites, les gars, je vous paye à rêvasser ? demanda la voix dure de Tom Morrow à ses trois salariés installés autour d'un pack de bières sur le sol bétonné du garage.

- Tu nous payes ? rétorqua du tac au tac Stan Burley bouteille à la main. Première nouvelle !

Le patron coula un regard mi-agacé mi-amusé vers son employé. Les répliques de ce genre, il en entendait mille fois par jour. Elles ne l'atteignaient plus. Les trois larrons qu'il avait sous les yeux en avaient fait un sport national depuis le premier jour de Tony chez eux.

Le plus jeune employé du garage était adossé contre la roue d'un 4X4 qui leur avait été livré deux jours plus tôt. Les réparations étaient terminées et le véhicule attendait que son propriétaire vienne le récupérer. Tony bossait avec eux depuis sa majorité, soit six années à l'entendre, lui et les autres, se lancer des vannes toute la journée.

Le dernier des trois compères se retenait tant bien que mal d'ajouter quelque chose à la remarque de Stan. Thomas Sullivan Magnum n'était pourtant pas le dernier à jouer au petit jeu de la phrase qui allait emmerder le patron. Mais la journée avait été chargée et il voulait bien abandonner la partie pour cette fois.

Stan fit un rapide résumé de leur travail du jour tout en tendant une bière à Tom Morrow. Tony en profita pour lui céder sa place contre la roue.

- Faut que j'y aille. On se voit lundi.

C'est à peine s'ils eurent le temps de le saluer. Il quittait déjà le garage l'air taciturne, sac sur l'épaule. Morrow chercha du regard des réponses auprès des autres.

- T'en fais pas pour le gamin, le rassura aussitôt Magnum. Tout va bien.

- Millan n'a pas...

- Non. L'affaire suit son cours. À ce rythme, il devrait bientôt avoir la garde de son frangin.

- Alors quel est le problème ?

- Elle, lâcha Burley sur le ton de l'évidence.

- Elle ? Tu veux dire la fille ?

- Tu connais quelqu'un d'autre dont le gamin a été amoureux ? Je sais qu'il sort souvent avec des filles, mais c'est pas comparable.

- Qu'est-ce-qu'il y a aujourd'hui pour qu'il soit comme ça à cause d'elle ?

- Ça fait pile sept ans.

- Oh !

C'était donc ça. Tom porta la bouteille à ses lèvres. Il comprenait mieux le silence quasi continu du gamin aujourd'hui.

Tony n'était pas du genre à se confier. En fait, ni lui ni les autres ne pouvaient vraiment dire qu'ils le connaissaient par cœur. Il doutait même que quelqu'un puisse affirmer une telle chose dans ce monde. Depuis la mort de John McGee et de sa femme, respectivement son beau-père et sa mère, Tony était renfermé. Il jouait les extravertis mais, au fond, ce qu'il donnait à voir n'était qu'un masque qu'il avait endossé.

Il n'avait pas été brisé par la mort du couple, pas plus que par la mort de son propre père quelques années auparavant. Ni la maladie qui avait emporté Anthony DiNozzo Senior, ni l'accident de voiture qui avait coûté la vie aux McGee ne l'avaient atteint jusqu'à le couper du monde. Il n'en avait pas été loin pourtant. C'est ce qu'ils avaient compris quand il avait évoqué à demi-mots ces périodes de sa vie. Mais il y avait Timothy.

Son frère était la raison d'être de sa vie. Il suffisait de voir ses yeux s'illuminer quand il parlait de lui pour le comprendre. C'était son Tim, celui sans qui la situation ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui.

Tony vivait pour son frère. Il restait au manoir pour lui. Avait un boulot pour lui. Ne montrait jamais qu'il allait mal pour lui. Qu'importe ce qui pouvait arriver, Tim passait toujours en premier.

C'était pour cette raison que Tony en avait demandé la garde. Il avait attendu longtemps avant de le faire. Il lui fallait une situation solide pour l'obtenir et Azel Millan était déterminé à l'en priver par tous les moyens. Perdre l'autorité légale sur Timothy que lui avait confié ses vieux amis, c'était perdre aussi un énorme capital. Azel Millan ne comptait pas se laisser dépouiller aussi facilement.

Ça dépassait Tom que les McGee aient confié leurs enfants à ce requin des affaires. Il présumait que l'homme avait dû jouer incroyablement bien la comédie pour obtenir une telle place. À la mort de ses soi-disant amis, il n'avait plus été de même. La réalité avait repris ses droits. Tony et Tim s'étaient retrouvés cantonnés dans une chambre sous les toits de leur propre maison et les Millan avaient investi les lieux.

Sans sang bouillait quand il pensait à la situation des deux frères. Mais il ne pouvait rien y faire. Azel était un homme puissant. Pour avoir tenté de s'opposer à lui, plus d'un y avait perdu ce qu'il possédait. Tony lui-même avait failli perdre Tim. Il faisait profil bas depuis et misait sur la patience pour obtenir ce qu'il désirait le plus au monde : son frère et une vie loin des Millan.

- Vous l'avez rencontrée ? questionna Stan.

Tom reprit pied sur terre un instant pour fournir une réponse négative, à l'instar de Magnum. Non, ils ne l'avaient pas rencontrée. Personne ne l'avait fait. Mais il aurait bien aimé savoir qui était la mystérieuse fille qui avait fait chavirer le cœur de Tony.

C'était arrivé avant qu'il bosse au garage. Il leur avait fallu du temps pour reconstituer toute l'histoire, il leur en manquait d'ailleurs des morceaux, mais ils avaient une bonne idée des événements d'il y a sept ans.

Ils s'étaient rencontrés dans un centre commercial. Enfin, rencontrés n'était pas le terme approprié. Pour être exact, ils s'étaient percutés. Lui voulait échapper à son faux-jeton de « demi-frère » et ses amis, elle tentait de fuir un dragueur assidu.

Il imaginait bien la scène du choc, les deux jeunes gens tombant au sol au milieu des passants, leurs regards qui se croisaient... son côté romantique ne pouvait s'empêcher de sourire à l'image. Sourire qu'il s'empressa de faire disparaître au plus vite. Il était le patron d'un garage, pas un type fleur-bleue. Ses employés n'avaient pas besoin de savoir qu'il était celui qui aimait les comédies romantiques à la maison et que c'était sa femme qui aimait les films d'horreurs. Sa réputation aurait été ruinée.

Il ne connaissait pas le nom de la fille. Pour tous, c'était « elle ». Elle n'avait jamais dit son nom au gamin et il ne lui avait jamais dit le sien. Il ne savait pas trop pourquoi, mais ça rendait leur histoire encore plus belle.

Après leur rencontre musclée, ils s'étaient relevés en vitesse, prêts à repartir dans leur course. Tony avait dit qu'il entendait Burdy hurler après lui en usant de termes joliment fleuris. Tout le centre commercial avait dû en profiter. Il n'était pas le seul qu'on cherchait, un regard pour la fille les avait mis d'accord. Ils s'étaient élancés ensemble dans une autre direction.

Leurs poursuivants semés, ils s'étaient séparés. Pour se promettre de se retrouver le soir autour d'une pizza du resto italien du coin. Les jours suivants avaient dû les voir sur un petit nuage.

Tony n'avait jamais raconté ce qui s'était passé. Ils avaient saisi que leurs rencontres s'étaient multipliées. Au fil des jours, ils étaient tombés amoureux, comme bien d'autres avant comme après eux. Tom aurait bien voulu savoir à quoi ressemblait Tony à ce moment là. Ses yeux devaient alors s'illuminer constamment plutôt que dans les seuls moments où il pensait à Timothy. Le gamin devait être heureux. Il aurait voulu voir ça.

Personne dans son entourage n'avait manqué la séparation de Tony et de sa belle, il y a sept ans aujourd'hui. Jenny, la nièce d'Ada le leur avait raconté, son amie Paula l'avait confirmé, après son départ, c'était un fantôme. Heureusement qu'il y avait eu Tim.

La belle n'habitait pas la ville. En fait, elle n'habitait pas le pays. Sa présence ici n'était que temporaire. Tony le savait, mais ça n'avait pas empêché la douleur d'être là quand elle était partie. Tom n'osait pas imaginer dans quel état elle devait être mais ça ne devait pas être terrible non plus. De ce que chacun avait compris, ce n'était pas un premier amour pour l'un comme pour l'autre, c'était le grand amour. Enfin, Tom voyait les choses comme ça. Ce n'était pas parce qu'ils avaient dix-sept ans qu'ils n'avaient pas pu trouver la bonne personne. Il connaissait bon nombre de couple qui s'étaient rencontrés au lycée et qui, vingt ou quarante ans plus tard, étaient amoureux comme au premier jour. Il en était sûr, entre elle et lui, ça avait dû être l'évidence. Pas le coup de foudre au premier regard, non, juste l'évidence qui s'était révélée à eux au fil des jours. Il trouvait ça d'autant plus dommage qu'ils se soient perdus.


Un avis ? Parce qu'un Morrow romantique, vous avouerez que c'est pas commun ! Surpris de le voir dans un garage avec Stan et Tony ? On les retrouvera plus tard dans l'histoire, idem pour Paula et Jenny. Quant à Magnum, le personnage est là à la demande de Washington-Jones. ^^


Nouveaux personnages de la série mentionnés/apparus : Stan Burley, Paula Cassidy (agents spéciaux), Tom Morrow et Jenny Shepard (anciens directeurs du NCIS).

Magnum : Thomas Sullivan Magnum est le héros de la série Magnum dont Tony est fan. Son créateur est aussi celui de NCIS.